Bonjour, bonsoir ! Merci pour toutes les reviews et les encouragements ! C'est toujours un plaisir de vous lire, d'être soutenue, même tacitement et cela m'encourage encore plus pour continuer et écrire la suite !

Encore un petit chapitre ici, j'avoue que je me suis octroyée une semaine de glandouille avant un été riche en activités, vous m'excuserez … Mais je crois que ce ne sera pas trop difficile avec ce que ce chapitre vous réserve … Il va plaire à beaucoup, je pense … ^^ J'ai vraiment hâte de lire vos retours !

J'en profite pour vous prévenir : dès demain je partirai en colo, avec un cahier pour écrire, mais sûrement pas mon ordinateur (quoique, je me tâte … Mais je n'aurai de toute façon pas beaucoup de temps), donc je ne pourrai pas publier et ce pendant un mois (retour le 6 août !). Je vous demande donc de la patience ! En attendant, je vous invite à lire mes quelques OS et ma fiction « Endoctrinement » qui est complète (à trouver sur mon profil).

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 78

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Rémus essayait de laver Harry et ce n'était pas une sinécure. L'enfant était encore très excité, il fallait dire que la journée avait été riche en émotions. Le festival avait été comme dans les souvenirs du loup-garou. La musique avait été excellente et variée, les petits numéros comiques, de magie, de jonglage et d'équilibristes les avaient beaucoup impressionnés ou fait rire, les saynètes qui contaient mille et une légendes magiques leur en avaient mis plein les yeux, tout avait été merveilleux pour Harry comme pour eux.

Il y avait mangé et avait profité de la musique, mêlée aux odeurs de grillades et aux couleurs vives des circassiens. Le spectacle final, mélange d'artifices et de sculptures de feu, leur en avait mis plein les yeux, les oreilles et les narines. Tous leurs sens avaient été servis, même le toucher pour Harry. L'un des jongleurs de massues avait accepté de l'initier brièvement. Depuis, l'enfant ne cessait de leur demander s'il pouvait apprendre à en faire.

- Tiny, tiens-toi tranquille, je t'en prie ! Tu as encore plein de mousse dans les cheveux !

- Mais Moony, je me les suis lavés hier !

- Oui, mais je te rappelle que tu t'es roulé par terre tout à l'heure et tu avais plein de paille et beaucoup de nœuds. Et avec les odeurs de fumée, même tes vêtements vont directement aller au sale.

Harry râla un peu pour la forme, mais, en vérité, il adorait toujours autant se faire dorloter par ses tuteurs. Les mains de Moony étaient douces et caressantes sur son crane. Il se sentait vraiment bien avec lui. Comme avec Ley, d'ailleurs, puisque l'Auror participait tout autant à son quotidien depuis qu'il avait emménagé avec eux.

Rémus rinça rapidement ses cheveux et l'envoya se sécher. Pendant ce temps, il alla défaire les draps et redresser ses oreillers. L'enfant ne tarda pas à venir. La douche avait dû lui faire du bien, il était plus calme et la fatigue commençait à se faire ressentir. Il se frottait les yeux et sa bouche ne tarda pas à s'étirer pour bailler. Kingsley l'accompagnait, sa serviette sur l'épaule.

- Aller, Tiny, l'appela Rémus. Au lit ! Tu dors debout …

- Zouh ! Ajouta l'Auror derrière lui en le poussant gentiment.

Encore nu comme un ver – s'il faisait l'effort pour la journée, il ne supportait toujours rien pour la nuit – Harry trottina jusqu'à son lit. Une fois bien installé, Rémus et Kingsley vinrent le border et l'embrasser.

- Fais de beaux rêves, mon ange, murmura Rémus en quittant la chambre.

- Bonne nuit, mon grand, renchérit Kingsley en fermant la porte derrière lui.

Les paupières de Harry papillonnèrent une seconde avant de se fermer définitivement pour la nuit, plongeant l'enfant dans le sommeil. Les deux adultes rejoignirent le salon, s'installèrent sur le canapé et Kingsley leur prépara une petite infusion qu'il fit venir à eux. Posés, ils laissèrent un silence confortable s'installer.

La journée avait été longue et ils étaient fatigués eux aussi. Rémus avait le corps endolori et seul l'entraînement régulier de l'Auror lui donnait un avantage, mais il se sentait tout de même fourbu. Ils soupirèrent de concert et cela les fit rire. Ils se jetèrent un coup d'œil complice et leurs regards restèrent accrochés.

Kingsley savait ce qui retenait Rémus, mais ce dernier avait fini par lui donner son autorisation tacite lors de leur dernier échange. Il semblait prêt et l'Auror n'allait pas passer à côté de sa chance. Dans un geste lent, mais assuré, Kingsley s'avança et se pencha sur son ami. Ce dernier s'était figé lorsqu'il comprit l'intention de son vis-à-vis.

Ça allait vraiment arriver, l'homme à ses côtés se rapprochait encore de lui, ses mains étaient venues se poser sur ses joues, encadrant sa tête, comme si leur propriétaire voulait l'empêcher de s'enfuir. Chose qui ne venait absolument pas à l'idée de Rémus. Son cœur battait à cent à l'heure et ce fut au ralentit qu'il vit les derniers centimètres être franchis.

L'auror posa doucement ses lèvres sur celles rosées de Rémus. Une sorte de sentiment de plénitude le prit et il ferma les yeux. Le chaste baiser dura une poignée de secondes pendant lesquelles les deux hommes se perdirent totalement.

Lorsque Kingsley se recula, ses yeux restèrent clos encore quelques infimes secondes, comme pour savourer le moment.

- Ça faisait si longtemps que j'en avais envie, murmura-t-il en rouvrant ses paupières.

Rémus s'apprêtait à répliquer, mais l'Auror l'en empêcha en glissant l'une de ses mains sur sa bouche. Il lui sourit doucement, avec compréhension.

- Je sais ce que tu crains. Je te jure que je ferais ce qu'il faudra pour que ça n'arrive pas. Et même si ça devait tout de même se produire, je te fais le serment que rien ne changera pour toi et Harry. J'ai même déjà modifié mon testament. S'il devait m'arriver malheur, tout vous reviendrait au petit et à toi.

- Ley, ne dit pas de pareilles choses !

Malgré lui, Rémus sentit son cœur se réchauffer. Il se sentait un peu coupable pour cela, il ne souhaitait pas qu'il arrive quoi que ce soit à son ami, il voulait qu'il vive longtemps et auprès de lui de préférence, mais il était tout de même soulagé. Viendrait ensuite la question d'en parler à Harry, mais il ne voulait pas y penser tout de suite.

Secouant la tête pour chasser ses mauvaises pensées, il offrit un sourire resplendissant de gratitude et d'un petit quelque chose en plus, saupoudré d'une bonne dose d'affection. Kingsley ne put résister une fois de plus et s'empara à nouveau des lèvres si douces de son ami. Devait-il l'appeler autrement maintenant ?

Rémus se laissa envahir par la sensation de bien-être et serra compulsivement la chemise de l'Auror entre ses mains. Lui aussi en avait envie depuis un certain temps. Réaliser enfin ce geste si simple et pourtant au combien important était libérateur et enivrant.

Leurs lèvres bougèrent et le baiser s'approfondit. La passion les prenait doucement, par vagues. Ils ne se séparèrent que par manque d'oxygène, la respiration haletante. Leurs fronts se collèrent ensembles, sans qu'ils ne se quittent du regard et ils éclatèrent de rire. C'était finalement si peu le bonheur.

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Le lendemain matin, lorsque Rémus se leva, il descendit encore un peu dans le brouillard. Peu à peu les souvenirs de la veille lui revinrent et il rougit brutalement. Cependant, il n'eut pas le temps de se poser de questions. Alors qu'il arrivait au bas des escaliers, il découvrit une scène des plus simple, mais qui vint immédiatement réchauffer tout son être. Kingsley était là, attablé, à prendre son petit déjeuner et lui souriait.

Il s'avança doucement, savourant le fait d'être seul avec l'autre homme. Plus aucune peur, plus aucune appréhension, plus aucune angoisse ne venait lu serrer les tripes. Il se sentait bien, tout simplement. Il s'approcha encore un peu, jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres. Puis, il se pencha sur lui et cueillit ses lèvres.

- Bonjour, murmura-t-il dans son oreille.

L'Auror, heureux que Rémus ait fait le premier pas, signe qu'il était réellement prêt pour que leur relation s'approfondisse, glissa ses bras derrière son dos et répondit :

- Bonjour toi !

Il enfouit son visage dans le ventre de son compagnon – cette seule idée lui envoya des papillons dans le ventre – et inspira profondément son odeur. En retour, Rémus lui passa ses doigts dans les cheveux et soupira de bien-être. Un énorme poids s'était enlevé de ses épaules. Il avait encore un peu de mal à croire qu'il se soit réellement trouvé un compagnon, mais il ferait tout pour que ça se passe au mieux.

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Harry était sans cesse en demande de plus d'informations sur le fonctionnement de la magie. Filius lui donnait déjà trois heures de cours supplémentaires par semaine, Kingsley complétait avec de l'histoire de la magie le soir et Rémus faisait avec lui de la pratique quotidienne pour lui enseigner les sorts de la vie courante. Il prenait toujours plaisir de découvrir toutes les capacités d'une baguette magique.

Cependant, ses tuteurs voyaient bien que demander de l'aide à Albus se faisait de plus en plus urgent. Harry, d'après son professeur de sortilèges, était vraiment limité dans sa progression à cause de sa pratique particulière. Ce fut donc tous ensembles qu'ils allèrent voir le directeur la semaine suivante.

- Entrez ! Bonjour mon garçon, comme tu as grandi ! Rémus, Kingsley, bienvenu. Installez-vous je vous prie.

Albus désigna trois fauteuils confortables tout juste invoqués – il était encore le meilleur pour cela – et pris place dans le sien, de l'autre côté de son bureau.

- Qu'est-ce qui vous amène, demanda-t-il avec bonhomie.

Rémus toussota et pris la parole :

- Nous souhaiterions que vous puissiez donner quelques cours à Harry.

Il expliqua en détail les raisons de cette demande atypique, même si ça ne lui plaisait pas que le directeur ait autant de pouvoir – car la connaissance donne plus de pouvoir que n'importe quoi d'autre – il ne pouvait faire autrement puisque le vieux sorcier était vraiment le mieux placé pour instruire Harry.

- Nous savons que vous avez beaucoup de responsabilités et très peu de temps à nous accorder, mais peut être pourrions-nous faire au moins un essai, auquel je pourrais assister afin de poursuivre l'enseignement moi-même … Si vous me donniez des pistes de travail ou des livres appropriés, sûrement serais-je en mesure de me débrouiller …

Rémus tenta de défendre leur projet et leur demande comme il le pouvait. Albus avait tant de travail et de choses à gérer, si peu de temps libre à sa disposition et moins encore à leur accorder. Seulement, il savait aussi combien l'intérêt du directeur était porté sur son pupille, quand bien même il faisait son possible pour l'en tenir éloigné. Il jouait donc sur la corde sensible, il n'était pas dit qu'il n'ait pas, lui aussi, quelques coups dans son sac. Il n'avait pas été vert et argent, mais un Maraudeur et, à présent, proche de l'un des plus rusés et tenaces Serpentard. Severus serait fier de lui.

Albus, dont les yeux s'étaient mis à briller au cours de l'entretien, se tenait droit derrière son bureau, les mains jointes sous son menton, les oreilles tendues vers ses invités. Évidemment, le cas de Harry Potter lui importait beaucoup et il suivait avec intérêt ses progrès dans le monde sorcier.

- Je pourrais sûrement m'arranger pour octroyer une heure par semaine à notre jeune apprenti, consenti faussement le directeur.

Il savait que Rémus surveillait son petit comme une potion sur le feu, ses arguments étaient aussi faux et mielleux que sa propre « bonne volonté » à le recevoir comme élève. C'était de bonne guerre. Tous deux savaient ce que pensait l'autre, ce n'était que de la poudre aux yeux pour conserver une certaine bienséance devant le sujet de leur conversation.

Ils finirent par s'accorder sur les modalités que prendraient ces cours et le beau petit monde quitta le bureau directorial, laissant Albus seul à sa méditation. Le cas de Harry était vraiment particulier. Il essayait de démêler le faux-semblant du vrai, mais l'enfant avait une histoire complexe et un destin hors du commun. Il ne cessait de se demander ce qui était le mieux à faire.

Parfois, il se répugnait à mettre en danger la vie d'un si jeune enfant, mais rapidement l'enjeu lui revenait et il lui incombait de prendre en compte le plus grand bien. Donner une plus grande espérance de vie au plus grand nombre et tenter de contrebalancer en offrant à Harry la meilleure vie possible en attendant, même s'il s'était déjà trompé. Prendre de si grandes décisions était l'apanage des grands hommes, mais personne ne pouvait se targuer de n'avoir jamais fait d'erreurs.

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Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos retours !

À bientôt et bonnes vacances !