Bonjour, bonsoir !

Merci pour toutes les reviews et les encouragements ! Chapitre 80, déjà ! Si on m'avait dis qu'un jour j'écrirai autant et, surtout, que je le publierai ! Je ne l'aurais pas cru ^^ Chapitre dans lequel on change de décors … J'espère qu'il vous plaira !

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 80

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Le 18 avril arriva vite et le début des congés de Pâques avec. Pour l'occasion, Harry allait passer quelques jours chez les Weasley. Rémus avait été un peu réticent, mais Kingsley et Sirius avaient su le convaincre d'essayer l'expérience. Severus avait grimacé, mais n'avait pas manifesté son avis.

Il avait finalement été décidé que le petit y resterait du samedi au mercredi. Harry ferait donc quatre nuits à l'extérieur, cela semblait raisonnable. Et il pourrait toujours être rapatrié d''urgence si ça se passait mal. Les jumeaux avaient pour mission de veiller sur lui et de toujours suivre les règles qui avaient lieux à Poudlard, à savoir : ne jamais faire de blagues qui pouvaient retomber sur Harry, que ce soit directement ou indirectement. Les deux frères avaient juré et Harry avait sauté de joie.

Depuis la nouvelle, le petit était extatique et attendait son départ avec impatience. La veille, la valise avait été faite avec soin. Rémus couchait à présent l'enfant et lui faisait les dernières recommandations :

- La famille Weasley est une famille nombreuse, murmura-t-il à Harry alors qu'il lui caressait les cheveux doucement après l'avoir correctement bordé. Fred et Gorge ont quatre autres frères et une sœur.

Harry, les yeux grands ouverts, n'ayant pas sommeil du tout, trop excité par l'anticipation de son départ prochain, écoutait avec attention.

- Je connais la plupart d'entre eux, lui indiqua Rémus. Arthur, le père de famille, travaille au ministère de la magie. C'est un homme très gentil auprès de qui tu pourras discuter de presque tout. Molly, la mère, est une femme au foyer qui a beaucoup de caractère et qui passe tout son temps à s'occuper de ses enfants qu'elle élève presque seule, de sa maison, ainsi que de son jardin. Elle adore cuisiner, tu verras, tu devrais bien manger !

L'enfant, sous les draps, gloussa à cette remarque. Il avait hâte de rencontrer la famille de ses amis, mais une part de lui appréhendait aussi beaucoup. Ce serait la première fois qu'il passerait la nuit loin de son tuteur. Il essayait de se rassurer en pensant qu'il dormirait avec ses amis, mais ce n'était pas vraiment la même chose et un infime sentiment d'angoisse persistait dans son esprit.

- Tu as déjà rencontré Ronald et Percy, les plus jeunes garçons Weasley qui sont encore à Poudlard.

Harry acquiesça, reconnaissant les noms et y associant des visages qu'il avait déjà croisé, même s'il ne leur avait jamais adressé plus que quelques mots. Des salutations qu'il avait émises à leur encontre lorsque les jumeaux les lui avaient présentés.

- Je ne sais pas s'il y aura Bill et Charlie, les deux aînés de la fratrie. Ils ont déjà leur propre emploi et ne réside plus dans la maison familiale. Mais peut être seront-ils de passage pendant les vacances … En tout cas, tu rencontreras sans doute la cadette, Ginerva. C'est la seule fille de la fratrie. Elle doit avoir un peu moins d'un an que toi, il me semble.

Rémus se gratta la tête, essayant de se souvenir de ce que lui avait dit un jour Molly, mais il finit par hausser les épaules. L'information ne lui revenait pas.

- Bref, abrégea-t-il. Les Weasley sont une grande famille. Ce sont des sangs-purs, comme ton ami Drago, mais ils fréquentent les moldus … Le métier de Arthur est très étroitement lié à eux. Donc, dans la société sorcière de haut-rang, ils sont considérés comme « traître à leur sang ».

- Pourquoi ? Demanda Harry très intrigué, les sourcils froncés.

Rémus soupira et tenta d'expliquer :

- Les vieilles familles sorcières se prétendent de lignée « pure », c'est à dire jamais mêlées à des moldus. Ce qui est évidemment impossible … Enfin, c'est compliqué. En tout cas, ce genre de déclaration est fausse. Dans toutes les familles sorcières on retrouve du sang moldu, peu importe à quel degré.

Il balaya cette remarque d'un geste de la main et poursuivit.

- Ces vieilles familles sorcières qui se font appeler « sangs-purs », pensent majoritairement que les moldus sont des êtres inférieurs, comme les créatures magiques ou les « sangs-mêlés » ceux qui se sont mélangés aux moldus, ou, pire, les « né-moldu », les sorciers nés de parents moldus.

- C'est possible ? Demanda Harry, ingénu.

- Bien sûr, répliqua Rémus. Ta mère, Lily, était une « née-moldue ! Et n'écoute pas tout ce que l'on peut entendre à leur sujet, ta mère était très douée en magie. Bien plus que bon nombre de sorciers qui se disent « sangs-purs ». Enfin …

Rémus sourit à son pupille. Le petit avait une moue assez adorable, mélange d'émerveillement et de profonde réflexion. C'était assez amusant à observer.

- Pour en revenir aux Weasley, reprit le loup-garou. C'est une famille considérée comme peu fréquentable par la haute société sorcière. Principalement parce qu'en plus d'être des « traîtres à leur sang », ils sont aussi assez pauvres. Ça n'a évidemment rien à voir avec leur gentillesse ou leur éducation. Tu seras très bien reçu, je n'en doute pas un instant, mais je ne veux pas que tu sois blessé d'entendre de mauvais mots à leur encontre. Et il est évident que tu te comporteras correctement chez eux !

Rémus fit semblant de faire les gros yeux et Harry s'empressa d'acquiescer.

- Oui, Moony, fit-il promptement.

Il ne doutait pas du bon comportement de son pupille, il voulait juste détendre un peu l'atmosphère et préparer Harry à sa prochaine aventure. Et puis s'il pouvait servir de frein aux bêtises des jumeaux pendant ses quelques jours de présence, ce ne pourrait être que bénéfique à la famille Weasley.

Après quelques derniers point à aborder avant le départ du lendemain, Rémus embrassa son pupille et quitta sa chambre en lui souhaitant « bonne nuit ». Lui aussi appréhendait ces quelques jours. Peut-être même plus que Harry lui-même. Il rejoignit donc Kingsley dans le salon, l'Auror saurait le rassurer. Et il voulait sentir ses bras forts autour de lui.

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Rémus avait conduit Harry et les jumeaux jusque sur le quai de la gare. C'était aussi la première fois que le petit prendrait le train. Le loup-garou était un peu anxieux à ce propos aussi, mais il devait avouer que l'enfant avait tout de même onze ans et, même s'il n'avait pas eu une enfance traditionnelle, il pouvait faire un certain nombre de chose seul.

Kingsley, à ses côtés et une main sur sa taille, l'embrassa sur la tempe et lui murmura à l'oreille :

- Ne t'inquiète donc pas tant.

Rémus frissonna, encore peu habitué à cette proximité.

- C'est un grand garçon, poursuivit l'Auror. Et il ne part pas non plus à l'autre bout du monde. Molly et Arthur n'hésiterons pas à donner un coup de cheminette pour la moindre petite chose. Il est bien entouré.

Après un soupire, Rémus acquiesça et ils s'en retournèrent, quittant la gare avec le train fumant dans leurs dos. Heureusement, le loup-garou n'était plus seul.

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Harry s'amusait comme un petit fou. Fred avait amené un jeu de carte et ils enchaînaient les parties. Lee était avec eux, bien entendu, ainsi qu'une jeune fille noire de peau, amie des jumeaux. Elle jouait au Quidditch dans la même équipe et avait le même âge, lui avaient-ils expliqué. S'il se souvenait bien, son nom était Angelina. Elle était plutôt sympathique.

Le voyage avait été long, c'était vrai, Moony l'avait prévenu, mais les jumeaux avaient bien su le distraire et détourner son attention. Ils avaient beaucoup joué, discuté, tout le monde avait été gentil et avait pris soin de lui. Lee lui avait même montré la nouvelle boite de Antoinette. L'araignée dormait paisiblement à l'intérieur.

À cet épisode, Angelina avait quelque peu fait la grimace. Apparemment, elle n'aimait pas beaucoup les animaux à huit pattes. Pourtant, Harry, lui, les trouvait fascinants. Comme à peu près tous les animaux, en vérité. Seuls les batraciens n'avaient que peu d'intérêt pour lui, encore que, s'il existait quelques espèces sorcières, il ne serait pas contre les étudier.

Après le repas, consciencieusement préparé par Rémus avant son départ, il avait fait un petit somme sur l'épaule de George. Le roulement du train et sa digestion – son pique-nique avait été assez conséquent – l'avaient rendu somnolent et c'était naturellement que son ami lui avait proposé de faire une petite sieste. Fred avait même mis sa veste sur son dos pour qu'il soit au chaud.

Lorsque le célèbre Poudlard Express arriva en gare, à Londres, les jumeaux avaient déjà redescendu leurs valises des portes bagages et en avaient fait de même avec celle de Harry. Puis, ils avaient tous attendu que le train s'arrête et commence à se vider pour se lever à leur tour et suivre le flot d'élèves qui rejoignaient les quais et leurs parents.

Dans cette marrée humaines, Harry se sentit tout petit et un peu mal à l'aise. Il n'aimait pas beaucoup les foules, elles le rendaient agoraphobe. Heureusement, Fred et George le tirèrent rapidement à l'écart. Cependant, son répit fut de courte durée, car là où ils le menèrent, il y avait un rassemblement de personne encore assez important. En tout, les jumeaux compris, il y avait neuf rouquins qui l'entouraient. Apparemment, la famille Weasley serait au grand complet.

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Installé au sol entre ses deux amis dans la chambre des jumeaux sur deux matelas collés, Harry peinait à s'endormir. Il avait vécu trop de nouvelles choses en une seule journée, les images tournaient encore dans sa tête. Il avait été très bien accueilli, comme Moony lui avait dit. L'étreinte chaleureuse de Molly, le long discours rigolo d'Arthur, la présentation de tout le monde, puis l'arrivée dans la maison familiale.

Le Terrier, puisque ses habitants l'appelaient ainsi, était une maison biscornue très étrange, mais incroyablement conviviale. Dans le salon, il y avait des fauteuils, poufs et canapés pour une douzaine de personnes et la table, dans la salle à manger, pouvait en accueillir au moins une vingtaine. Pourtant, tout était étriqué, vieillot, usé et pas toujours dans le meilleur état, mais les couleurs vives et chaudes, les tissus, les bibelots et photos, tout rendait cet endroit agréable et charmant.

Molly et Ron avaient posés beaucoup de questions au moment du repas, le soir. Heureusement, les jumeaux les avaient arrêtés, il voulait bien reconnaître que sa vie sortait du commun des sorciers, mais il en était arrivé à avoir la gorge sèche tellement il y avait de choses à dire et expliquer. Et puis, il n'allait tout de même pas raconter toute sa vie, ça prendrait trop de temps ! Finalement, la mère de famille et son fils avaient cessé, s'étaient excusés et avaient changés de sujet.

De ce qu'il avait compris, Bill, l'aîné, était un expert en sorts et travaillait pour une banque. Harry n'avait pas manqué de lui poser quelques questions sur son métier. La magie le fascinait réellement. Cependant, celui qui l'avait le plus impressionné était Charlie. Harry ne savait même pas ce qu'était un dragon. Lorsqu'il avait demandé ce que c'était, la benjamine l'avait un peu regardé de travers, mais Fred l'avait défendu en expliquant à sa petite sœur que c'était une chose normale puisqu'il n'avait pas grandi dans le monde sorcier, ni dans le monde moldu où il aurait pu entre le mot, u moins présent dans les légendes.

À la suite de cette petite explication, la jeune fille avait violemment rougi et s'était excusée. Harry avait haussé les épaules et n'avait pu s'empêcher d'interroger le dragonnier et lui demander de décrire ces créatures et leurs caractéristiques. Ce fut ainsi que se termina la soirée. Tout le monde écouta avec plaisir les aventures de Charlie en Roumanie avec ses amis, les bêtes gigantesques, cracheuses de feu et couvertes d'écailles si dure que ni un sort ni une épée ne pouvait les transpercées.

Harry frissonna à ce souvenir. Ces histoires avaient été fantastiques, l'étaient-elles littéralement ? N'était-ce que fantasme ou était-ce la réalité ? Harry se jura de le découvrir et de faire des recherches à ce propos.

Soudain, il sentit George bouger dans son dos. Il s'immobilisa un instant, s'assurant que son ami dormait profondément. Quand ce fut le cas, il se permis de souffler. Il réalisa, en jetant un œil au réveil des jumeaux, qu'une autre heure était passée tandis qu'il pérégrinait dans ses pensées. Il se recala alors contre Fred, ferma les yeux, soupira une ultime fois, puis plongea doucement dans les bras de Morphée, rêvant de dragon, de Quidditch et de rouquins en pagaille.

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Le lendemain matin, Harry fut réveillé bien avant ses compagnons de couche. Il s'extirpa de leur étreinte, prenant garde à ne pas gêner les jumeaux. Il semblait qu'il ait servi de doudou à ses deux amis. Ces derniers étaient couchés en chien de fusil, chacun un bras entourant le petit brun. Harry attrapa donc l'un deux et le souleva doucement pour le déplacer. Puis il fit de même avec le deuxième et se leva promptement. Il fut amusé de constater que l'écart créé entre les deux corps alanguis par l'absence du sien, fut rapidement comblé lorsque Fred roula et que George repositionna son bras comme précédemment. C'était maintenant Fred le doudou.

Une fois sur le pas de la porte, Harry tendit l'oreille pour essayer de capter un bruit. En bas, dans la cuisine, il pensait entendre de la vaisselle cognée. Timidement, il descendit les escaliers. Il espérait bien faire, il avait toujours fait ainsi avec Moony et Ley.

Il s'avérait que c'était la salle à manger qui était occupée. Ron se tenait là, une brioche à la bouche, un bol de lait dans la main droite et un verre de jus dans la gauche. Pénétrant d'un petit pas, Harry attira immédiatement l'attention de l'autre garçon et rougit.

- Bonjour, murmura-t-il.

Le rouquin face à lui dégluti, lâcha son bol, récupéra le morceau de brioche et fit peu gracieusement :

- B'jour ! Installe-toi !

Et, aussi tôt, il reprit son repas. Harry fut un peu déconcerté, mais fit comme demandé. Il s'assit à table.

Ce n'est qu'une poignée de minutes plus tard que Ron finissait enfin sa brioche. Le garçon regarda son invité, pencha la tête de côté et demanda :

- Tu manges pas ?

- Euh … Je veux bien, s'il te plaît.

Ron fronça les sourcils.

- Bah sert-toi !

Harry sursauta. Les règles de cette maison étaient peut être différentes de celles qu'il connaissait. Moony l'avait prévenu à ce sujet aussi. Tout le monde ne faisait pas pareille chez lui.

Timidement, il tendit la main et se saisit d'une brioche. Elle était moelleuse et encore chaude. Il l'approcha doucement de sa bouche et mordit dedans. C'était délicieux.

- C'est bon, hein ?

Il sursauta à nouveau. Ron face à lui affichait un immense sourire.

- C'est maman qui l'a fait. Elle se lève toujours avant tout le monde pour préparer le petit déjeuner. Si tu veux, il y a du lait dans le frigo, des fruits dans la corbeille, de la confiture maison, évidemment, du bacon, dans la poêle, là-bas …

Le garçon désigna plein de choses, parlant de ce qu'il pouvait prendre, que sa mère avait confectionné. Il semblait ne plus vouloir se taire, mais sa voix était plutôt agréable à entendre et elle emplissait l'espace. Il mangea alors tranquillement, appréciant tous les mets qui lui étaient présentés.

Il ne mangea jamais autant que ce matin-là.

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Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos retours !

À bientôt !