Bonjour, bonsoir !
Merci pour toutes les reviews et les encouragements ! Encore un très long chapitre (merci les heures d'étude à l'internat ^^ Remarque, ça contre-balance l'heure que j'ai passé à faire de la philo avec une élève de term, jeudi, jusqu'à 23h!)
J'espère qu'il vous plaira …
Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 82
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Moony avait été le chercher chez les Weasley et Harry lui avait sauté dessus. Il avait adoré son séjour chez ses amis, mais ses tuteurs lui avaient incroyablement manqué. Surtout leurs câlins et leurs odeurs. Dès que le loup-garou avait franchi le seuil de la maison, Harry lui avait foncé dessus et avait plongé son nez dans son cou. Moony lui avait alors passé ses bras autour de son petit corps et l'avait serré contre lui.
-Toi aussi tu m'as manqué, Tiny.
Il avait salué la famille, les avait tous remercié pour leur accueil et leur générosité, puis, après avoir obligeamment accepté un thé avec de petits gâteaux, ils repartirent ensemble chez Kingsley.
- Il est où Ley ?
- Il travaille, mon cœur. Il rentrera ce soir, vers 18h, comme d'habitude.
Harry acquiesça et se lova contre le torse de son porteur qu'il n'avait pas quitté depuis leurs retrouvailles. Moony sourit, enfouit son nez dans la broussaille qu'était les cheveux de son pupille, et trouva une place où s'asseoir car l'enfant n'était pas si léger. C'était la première fois qu'ils se quittaient aussi longtemps et, malgré tous les bons moments qu'il avait passé avec son compagnon, l'absence de l'enfant les avaient beaucoup touchés.
Comme prévu, l'Auror rentra chez lui après son travail. Le même scénario se produisit alors. Harry courut vers lui et ne le lâcha plus à son tour. Ils passèrent ainsi le repas, à se raconter joyeusement leurs activités du week-end et du début de semaine. Hélas, l'Auror n'avait pu prendre beaucoup de congé et avait préféré les réserver pour les jours où Harry serait présent, à partir du lendemain.
À l'heure du couché, Harry quémanda leur présence à tous les deux et les deux hommes ne rechignèrent pas à prendre place près de lui, prenant un temps pour se retrouver tous les trois. Moony raconta une histoire, Ley mima maladroitement avant de faire apparaître son patronus. Là, Harry fut en extase devant la si belle magie.
- Comment tu as fait ça ?
Ley le regarda avec un grand sourire, joua de son sourcil et chuchota d'un air mutin :
- Secret d'Auror !
Et il fit un clin d'œil. Rémus leva les yeux au ciel, amusé. Harry, lui, avait des étoiles dans les yeux. Le cheval lumineux fit un tour de la chambre avant de s'évaporer.
- Encore ! Demanda l'enfant.
L'Auror éclata de rire et relança le sort.
La soirée fut un doux moment de bonheur où chacun profita de la présence de sa famille. Car tel était le sentiment qu'ils avaient : ils étaient une famille.
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Le lendemain, Harry était en train de déjeuner lorsque le courrier arriva.
- Tiens, Tiny. Cette lettre est pour toi.
L'enfant récupéra l'enveloppe, essuya sa bouche et ses mains, puis s'appliqua à l'ouvrir délicatement.
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Drago Malfoy
Manoir Malfoy
Wiltshire, Angleterre
Le jeudi 23 avril 1992,
Cher Harry Potter,
J'espère que cette première semaine de vacances dut agréable.
Excuse ce début de lettre un peu formel, j'avais mon père au-dessus de l'épaule …
As-tu bien passé ces derniers jours chez les Weasley ? Est-ce vraiment comme on le raconte ? Dis-moi tout ! Je suis très curieux à ce sujet … Mon père ne dépeint pas un très joli tableau de cette famille qu'il appelle « traître à leur sang », ils sont des sangs-purs, mais je n'ai pas compris en quoi ils étaient des traîtres. As-tu une idée ?
Bref. Personnellement, ces premiers jours furent ennuyeux. J'ai fait mes devoir, naturellement, et maintenant je m'ennuie, si tu savais ! Tu ne voudrais pas me distraire ? Me raconter une anecdote croustillante sur les Wealsey, ou bien sur n'importe quoi !
Ne pourrais-tu pas m'inviter ? Je sais, excuse-moi, c'est très impoli de ma part. Ne tiens pas compte de ces dernières lignes.
J'ai tout de même l'espoir que tu me répondes !
Mes sincères salutations amicales,
Drago Malfoy.
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- Eh bien … Ça n'a pas l'air d'être la grande forme chez les Malfoy ! Commenta Kingsley.
Puisque Harry avait encore du mal avec la lecture, il lisait toujours à voix haute et buttait parfois sur certains mots. Ses tuteurs l'aidaient alors. Ce fut donc naturellement que les deux hommes suivirent les plaintes de Drago.
L'enfant avait encore les sourcils froncés. Il était intrigué par les mots employés.
- Ça veut dire quoi « traître à son sang » ? Demanda-t-il avec soucis.
Rémus soupira, tandis que Kingsley passait une main sur son visage.
- Ce sont de vilains mots pour qualifier les sorciers de sang pur qui fréquentent les moldus. Arthur travaille avec eux et tout le monde sait que les Malfoy n'aiment pas beaucoup …
Rémus toussota.
- C'est un euphémisme !
- Certes … Les Malfoy n'aiment pas du tout les Weasley. Cette rancune dure depuis plusieurs générations, je ne sais même pas si l'origine de cette mésentente est encore connue de leurs descendants, mais cette rivalité est comme une tradition … Un principe pour tous.
Harry essayait de saisir le sens des paroles de ses deux tuteurs, mais il devait avouer qu'il était perdu. D'abord, les conventions sorcières lui étaient encore assez étrangères et le vocabulaire employé le laissait aussi songeur.
- C'est quoi un « euphémisme » ? Demanda-t-il alors.
- Oh ! S'exclama Kingsley penaud, toujours surpris de l'ignorance de Harry quand il était capable de grandes capacités de réflexions, mais qu'il ne comprenait pas un simple mot. C'est vrai que j'oublie souvent que tu peux encore avoir du mal avec certaines expressions, excuse-moi.
Harry lui sourit et Rémus expliqua :
- Un euphémisme c'est dire quelque chose d'une intensité moindre à la réalité. Par exemple, dire que les Malfoy n'aiment pas beaucoup les Weasley est trop faible pour exprimer ce qu'il en est réellement. C'est un euphémisme. Il aurait été plus juste de dire que les Malfoy détestent les Weasley. Comprends-tu ?
Harry acquiesça, mais ajouta :
- Ce ne sont pas tous les Malfoy ! Drago ne sais même pas pourquoi son père insulte les Weasley !
- C'est vrai, nous devrions faire la distinction, mais tu dois savoir, Tiny, que les traditions, de même que les idéologies se transmettent de générations en générations. Expliqua Rémus.
- C'est ce qui fait de la société sorcière une société si rétrograde et … arriérée ! Ajouta Kingsley.
Harry resta silencieux un long moment, finissant son petit déjeuner perdu dans ses pensées.
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Plus tard dans la journée, alors qu'il ressassait la lettre de son ami, il posa finalement la question qui le dérangeait à ses tuteurs :
- Moony, est-ce que je pourrais inviter Drago à venir ici quelques jours ? Demanda-t-il timidement.
- Je ne sais pas, il faudrait voir avec Kingsley ce qu'il en pense …
Tous deux se tournèrent vers l'Auror qui avait la tête plongée dans un dossier. Il s'était mis sur la table de la salle à manger pour être physiquement avec Rémus et Harry, mais il se perdait dans son travail et occultait de son esprit tout ce qui n'était pas affaire judiciaire. Aussi mit-il quelques secondes à relever la tête et à se reconnecter avec son environnement.
- Pardon, vous disiez ?
- Harry demandait s'il pouvait inviter son ami Drago, je voulais savoir ce que tu en pensais … Après tout, nous sommes encore tes invités …
- Pourquoi pas ! Mais vous êtes autant chez vous que moi, nous sommes une famille.
Il plongea son regard dans celui de Rémus et celui-ci rougit.
- J'apprécie que vous me demandiez mon avis, ajouta-t-il. Et il me paraît que cette idée est faisable. Elle serait bénéfique au jeune Malfoy et Harry pourrait s'amuser avec quelqu'un de son âge ! Qu'en penses-tu Rémus ?
Harry se tourna vers lui, les yeux suppliants.
- Oh, ne me fait pas ces yeux-là, Tiny. Ton père avait les mêmes et j'en suis immunisé, ça ne sert à rien, fit-il en pouffant au manège de son pupille.
Il se tourna vers Kingsley et, après quelques secondes de discussion muette, il donna son accord à Harry.
- Tu peux lui dire qu'il peut passer quelques jours, ou un après-midi … à la maison, finit-il en murmurant.
Il était très ému car, pour la première fois depuis des années, il avait un foyer confortable et une famille qui y vivait. Mais Harry n'entendit rien, il criait déjà de joie et sautait autour de lui.
- Dis le lui dans ta réponse, proposa Kingsley.
Harry acquiesça, se dirigeant déjà vers sa chambre pour récupérer du papier et une plume.
- Severus viendra manger demain soir, peut-être pourraient-ils s'arranger pour arriver en même temps ? Préviens-le.
L'enfant prit le temps de hocher la tête puis avala les marches quatre à quatre. Une petite minute plus tard, il redescendait avec son nécessaire à correspondance. Kingsley fit une place à l'enfant sur la table et Harry y disposa son matériel. Rémus l'aida alors à rédiger sa lettre, puis Hedwige fut mise à contribution pour effectuer la livraison de la missive.
Harry n'eut pas à attendre longtemps pour avoir sa réponse. Sa chouette revint à peine une heure plus tard avec une réponse. Négative.
- Il dit que son père a refusé car la demande n'a pas été faite en bonne et due forme. Que nous aurions dû demander directement à son père. Que c'est ainsi que doivent se faire les choses lorsqu'on est poli et bien élevé. En conséquence, il refuse, lu Rémus en diagonale.
Harry lui avait demandé de la lui lire puisqu'il était occupé à faire une potion et avait les mains pleines de substance peu ragoutante. Il fut déçu, il aurait adoré voir son ami et, surtout, lui montrer sa chambre, sa maison, un autre aspect de sa vie. Depuis qu'il avait envoyé sa demande, il s'était imaginé vivre ce qu'il avait vécu chez les Weasley avec Drago, mais en mieux puisque ça aurait été chez lui, avec ses tuteurs. Dormir ensemble, passer toute la journée à jouer, papoter de tout et de rien, apprendre ensemble et se connaître encore un peu plus.
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Ce soir-là, Sirius fit une apparition.
- Je voulais voir Harry, j'ai une pause pour l'instant, mais je suis d'astreinte toute la semaine, donc je ne pourrai pas rester.
- Ne te justifie pas, voyons. Entre, l'invita Kingsley. Tu es toujours le bienvenu ici, Siri !
Sirius sourit, heureux d'être si bien accueilli, pénétra dans le salon et trouva Harry sur le tapis devant la cheminée qui dessinait sous l'œil distrait de Rémus, perdu dans ses pensées.
Kingsley le guida jusqu'à eux et tira Harry de son œuvre :
- Regarde qui est là, Tiny !
Aussitôt, Harry se retourna et, à la vue de l'homme, afficha un immense sourire. Et il vint immédiatement à sa rencontre.
- Bonjour Paddy !
- Bonjour mon grand, comment vas-tu ?
- Très bien ! Et toi ? Que fais-tu là si tard ? Ça ne va pas ? S'inquiéta soudainement l'enfant.
- Si, si ! S'exclama Sirius avec un ton rassurant. Tout va bien ! Je venais juste voir comment va mon filleul favori !
Il éclata de rire, celui qui ressemble à un aboiement de chien, ce qui mit du baume au cœur à Rémus, à qui ça faisait toujours plaisir de voir son ami en bonne santé et de bonne humeur.
- Je suis ton seul filleul, fit remarquer Harry avec perplexité.
- Evidemment, c'est pourquoi tu es mon favori !
Sa blague tomba à l'eau quand il comprit que Harry ne saisissait pas le second degré.
- C'est une plaisanterie, Harry, lui expliqua Rémus en venant au secours de son ami qui ne savait plus quoi faire ni que dire.
Un éclair de compréhension traversa le visage de l'enfant et il pouffa. Sirius fut soulagé et ils purent passer une petite heure à discuter, jouer aux cartes et se raconter leurs journées.
Harry était toujours curieux à propos du métier d'Auror. Kingsley lui racontait souvent ce qu'il faisait, mais il avait remarqué que certains soirs il ne lui disait pas toute la vérité. Après tout, le métier d'Auror n'était pas un métier facile et, souvent, Ley revenait avec la mine maussade. Rémus et lui faisaient alors tout leur possible pour lui changer les idées et le réconforter. Généralement, ces soirs-là, les deux adultes n'allaient se coucher que très tard dans la nuit après avoir longuement discuté. Harry avait bien tenté une fois de rester éveillé pour écouter leur conversation. Pas qu'il soit impoli ou trop curieux, il était simplement soucieux. Mais cette fois-là, les paroles de Kingsley lui avaient fait mal au cœur tellement ce qu'il décrivait était horrible et il ne put rester discret. Il avait été surpris et grondé, s'il était tenu à l'écart de ce genre de choses, c'était pour son bien. Et Harry ne pouvait que regretter.
Après cet épisode, les deux adultes s'appliquaient toujours à poser un sort de silence sur le salon de sorte à ce que l'enfant n'entende rien, même par inadvertance. Parfois, Ley partait plusieurs jours pour de longues missions. Ça arrivait rarement, mais ces jours-là, Harry dormait généralement avec Moony. Ils se rassuraient ainsi tous les deux.
Sirius, lui, n'était pas encore tout à fait Auror et ses missions ne le mobilisait jamais très longtemps. Sauf quand il était d'astreinte, mais il ne faisait alors que de la paperasse et attendait « au cas où » dans les bureaux, si besoin il y avait de donner l'alarme. De toute façon, Harry ne s'en apercevait pas vraiment puisque son parrain ne vivait pas avec lui. Il racontait toujours de drôles d'anecdotes, comme cette fois-là où, pendant un contrôle routinier, son groupe tomba sur un dealer de potions.
Ce dernier avait tellement paniqué, qu'en sortant sa baguette de sa manche dans le but de répliquer face aux Aurors, celle-ci lui échappa des mains dans une ridicule cascade. Le dealer meurtri dans son honneur avait alors tenté de s'enfuir, oubliant que la porte était fermée*. Sirius était mort de rire et Harry devait avouer que c'était assez grotesque. Burlesque, avait dit Moony.
L'heure passa vite et Sirius dut repartir. Sur ce, il fut temps de se mettre à table et Moony put présenter son poulet basquaise, recette favorite d'un colocataire qu'il avait eu des années auparavant. Il n'en avait jamais oublié les composants et appréciait la ressortir de temps en temps. Cela plut d'ailleurs énormément à son compagnon et leur pupille. Compagnon qui vint l'embrasser pour le remercier avant de se figer brusquement.
Rémus jeta un coup d'œil à sa droite, où se tenait Harry, mais celui-ci continuait de manger comme si de rien n'était. Il n'avait pu passer à côté du geste, pourtant. Les deux hommes étaient directement face à lui.
Incroyablement gêné, Rémus décida qu'il était temps pour LA conversation.
- Hum, Harry …
L'enfant releva le nez de son assiette et l'interrogea du regard
- Nous avons quelque chose à te dire, Kingsley et moi. Il est important que tu sois attentif quelques minutes.
Harry acquiesça et posa ses couverts tandis que ses tuteurs prenaient place face à lui. Rémus s'éclaircit la gorge, mais ce fut finalement Kingsley qui prit la parole.
- Harry, tu sais combien nous t'aimons, n'est-ce pas ?
Après un hochement de tête de l'enfant, il poursuivit :
- Depuis quelques temps nous formons une vraie famille. Nous vivons ensemble, cette maison est devenue votre maison, comme je suis chez moi à Poudlard avec vous.
Harry afficha un sourire éblouissant à ces mots. Rémus et Kingsley lui rendirent son geste et le loup-garou prit la suite :
- Kingsley et moi avons très longtemps été amis, cela fait des années maintenant que nous nous connaissons. Cependant, depuis ton arrivée dans notre vie, tout à été chamboulé … En bien ! Le rassura-t-il immédiatement en levant les mains, ne voulant pas que Harry n'interprète mal ses propos. T'avoir à nos côtés au quotidien est un éternel bonheur, Tiny. Ley a raison lorsqu'il affirme que nous formons une famille. À présent, nous pouvons vraiment nous appeler comme tel.
Il jeta un coup d'œil à son compagnon et annonça :
- Ley et moi nous sommes beaucoup rapprochés à ton contact et nos sentiments l'un envers l'autre ont évolués.
Il marqua une pause pendant laquelle il se saisit de la main de l'Auror qu'il posa sur la table, à la vue de l'enfant.
- As-tu compris ? Demanda Ley pour être certain que l'enfant ait compris tous les enjeux de cette conversation.
- Oui ! S'exclama Harry, ne semblant pas gêné le moins du monde. Je le savais depuis longtemps, ajouta-t-il avec un sourire heureux en haussant les épaules.
Rémus rougit tandis que Kingsley fronçait les sourcils. Évidemment, le loup-garou avait compris. Il bénéficiait des mêmes avantages.
- Tu l'as senti, n'est-ce pas ? Demanda-t-il tout de même à l'enfant.
Harry acquiesça encore, puis retourna à son repas. Kingsley, sa main toujours serrée par celle de son compagnon désormais officiel, secoua la tête.
- Eh bien, au moins, ça, c'est fait !
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Le lendemain, la météo était particulièrement clémente. Il faisait encore frais et le vent soufflait un peu, mais couvert d'un simple manteau, le temps était agréable. Le soleil était au rendez-vous et chauffait doucement l'atmosphère.
Harry proposa alors une balade au grand air. Marcher dans la nature était toujours l'un de ses passe-temps préférés. Surtout qu'à cette saison, quelques éléments pouvaient être ramassés pour servir dans les potions. Et comme Severus arrivait le soir même, Harry avait dans l'optique de récolter quelques ingrédients bien frais. Et puis être entouré de ses deux tuteurs était toujours un bon moment à passer. C'est ainsi qu'ils se préparèrent tous les trois pour sortir.
- N'oublie pas de bien fermer ton manteau, Tiny. Je sais que tu es moins sensible au frois, mais tout de même. Je n'aimerais pas, et toi non plus, que tu attrapes froid.
- Oui oui, Moony … Mais pas l'écharpe !
Rémus leva les yeux au ciel.
- Oui, pas l'écharpe. Aller, en route !
Kingsley ouvrit la porte et Harry s'élança dehors. Rémus saisit sa main, plongea son regard ambre dans celui noir de suie de l'Auror, lui sourit et, ensemble, ils s'avancèrent à l'extérieur. Avoir dit les choses clairement à Harry les soulageaient tous les deux. Enfin, ils étaient totalement libres de se montrer au grand jour.
L'enfant avait craqué au bout de dix minutes et s'était transformé en renardeau. Il gambadait maintenant devant ses deux tuteurs, courant après les mulots, les papillons et autres bestioles.
- C'est bien qu'il prenne du temps pour se reposer, remarqua Rémus. Il travaille beaucoup pour apprendre comment fonctionne la société sorcière.
- Et il a aussi ses cours de magie avec Filius et Albus ! Ses cours de potions et de mathématiques …
- Toi qui lui enseignes encore l'histoire …
- Toi qui lui apprends toutes ces petites choses qui font le quotidien et les traditions.
- Et il sait lire de mieux en mieux, tu as vu hier …
Kingsley acquiesça avec un sourire fier.
- Ce petit est vraiment exceptionnel ! Murmura Rémus.
L'Auror pouffa.
- Tu n'es pas très objectif sur le sujet, mais je dois avouer que tu as raison. Même si je ne suis pas mieux placé …
Kingsley gloussa en serrant la main de Rémus. Ce dernier appuya un instant sa tête contre son épaule et l'Auror en profita pour embrasser ses cheveux.
- Plus le temps passe et plus je l'aime et je m'attache à lui, confia le loup-garou en chuchotant.
Kingsley passa son bras autour de ses épaules et l'attira à lui pour une étreinte.
- Moi aussi, murmura-t-il à son oreille. Tout comme je t'aime un peu plus chaque jour …
Rémus releva la tête et plongea son regard brillant d'émotion dans celui de son compagnon. De sa main libre, il attira le visage de l'Auror à lui et lui embrassa doucement les lèvres.
Ils furent interrompus par la présence de Harry à côté d'eux.
- Dis, Moony, tu peux m'aider à porter ça ?
Les deux hommes se séparèrent, se penchèrent vers lui et explosèrent de rire. L'enfant était barbouillé de boue, les cheveux plus en désordre que jamais. Il avait les bras pleins de plantes de toutes sortes.
- C'est pour les potions, précisa-t-il.
- Je m'en doutais, fit Rémus encore hilare.
Il fit léviter tout le paquetage et Harry commença à trier :
- Celle-là, il faut les tenir la tête en bas. Sev dit que cela maintient leur sève plus longtemps et elle est précieuse pour de nombreuses potions, expliqua-t-il d'un ton docte.
Kingsley et Rémus suivirent ainsi les prérogatives pour chacune des espèces de plantes, qu'elles soient sous forme de feuille, racine, fleur, ou pied complet. Ils respectèrent scrupuleusement les recommandations de conservation, puis se virent subir un cours avancé sur l'importance de bien séparer certaines essences sous peine de changer leurs effets lors de la conception de la potion.
Un instant, Kingsley se pencha vers Rémus et lui murmura :
- S'il ne devient pas un génie en potion dès sa première année de classe, je mange ma robe d'Auror !
À cette remarque, Harry lui lança un regard mécontent. Aussitôt, l'homme distrait repris sa posture droite et acquiesça à chaque nouvelle information débitée par Harry. Mais dès que l'enfant fut reparti dans son monologue, il lança un clin d'œil complice à Rémus.
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Pendant ce temps, sur les terres de Poudlard, dans une grande cabane en bois, un œuf faisait siffler le feu dans lequel il reposait. Un homme immense s'en approcha et l'attrapa avec une pince en métal, protégé de ses gants. Le géant posa son fardeau sur sa table à manger et attendit, ému, que le dragon sorte son museau de sa coquille.
Le garde-chasse attendit plusieurs minutes et observa avec attention le petit défaire ses entraves, jusqu'à être totalement libéré.
- Bonjour Norbert ! Murmura-t-il avec émotion.
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* Anecdote tirée de faits réels, voir la vidéo du voleur à main armée aux USA.
Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos retours !
À bientôt !
