Bonjour, bonsoir !
Merci pour toutes les reviews et les encouragements ! Et particulièrement aux plus fidèles qui me suivent depuis le début, ou qui m'ont attrapé en route mais qui tiennent la route ^^ J'ai l'impression que plus ma fiction grandie, moins il y a de nouvelles personnes à la lire (au vu des stat, c'est ce que j'en déduis …) Mon histoire est-elle trop longue ?
Bref. Pour ceux qui sont content de me retrouver toutes les semaines (ou toutes les deux semaines pour mes lecteurs de « Réapprentissage » uniquement), ravie de toujours vous avoir parmi nous ! J'espère que ce chapitre vous plaira !
Sur ce, bonne lecture !
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Chapitre 83
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Severus était arrivé en début de soirée. Suffisamment tôt pour que Harry et lui aient le temps de se lancer dans la confection d'une potion. L'enfant lui avait montré les ingrédients qu'il avait cueilli plus tôt et le professeur fut fier de lui. Il avait bien retenu toutes les recommandations qu'il lui avait donné et les avait respectés à la lettre.
Ils étaient à présent tous les deux penché sur un gros chaudron à touiller une substance visqueuse et grisâtre en discutant à voix basse. Rémus et Kingsley avaient essayé de se mêler à leur conversation, mais ils étaient vite repartis, ne comprenant rien à leur jargon. Le loup-garou suspectait qu'ils aient fait exprès, car les deux potionnistes avaient ricané à leur départ et s'étaient remis à discuter avec ferveur en chuchotant, penchés l'un vers l'autre.
En vérité, Severus et Harry les avaient bel et bien évincés. Ils discutaient et appréciaient de n'être que tous les deux. Le sujet les touchait personnellement et, que Rémus ne se vexe pas, ils préféreraient ne pas avoir de public. Même si Harry pourrait en reparler plus tard avec ses tuteurs, pour l'instant il profitait de la présence de son homme en noir.
- Lily était une sorcière brillante et, même si les potions ni étaient pas sa matière de prédilection, murmura Severus avec affection ?
- Laquelle était-ce ? Sa matière de prélidéction ?
- Prédilection, reprit le maître des potions amusé. Les sortilèges, répondit-il ensuite.
Harry afficha un grand sourire.
- Après Moony et toi, Fiyus est mon professeur préféré ! Commenta Harry.
Severus renifla, un sourire en coin apparaissant sur ses lèvres.
- Nous sommes tes seuls professeurs.
- Non, il y a Albus aussi. Lui, je ne l'aime pas beaucoup.
Severus grimaça.
- Je peux le comprendre.
- Et je sais aussi que la dame-chat est professeur et elle me fait un peu peur, continua Harry.
- La « dame-chat » ? Demanda Severus en fronçant les sourcils. Oh, Minerva ! S'exclama-t-il étonné. Le professeur McGonagall, la professeure de métamorphose.
Un sourire carnassier apparut un bref instant sur le visage de son collègue. Jamais on ne lui avait dit le préférer à la directrice des Gryfondor. C'était une bonne revanche sur James Potter pour lui. Mais il effaça vite son expression pour se concentrer sur le fils de son ancien ennemi. Il s'était juré de ne plus le médire pour le bien de Harry.
- Enfin, tout ça pour te dire que tu as hérité du génie de ta mère et …
L'homme hésita une petite seconde, puis prit sur lui et se lança :
- Je n'aimais pas beaucoup ton père, mais je peux reconnaître qu'il était aussi un élève excellent, particulièrement en métamorphose, justement. Sûrement est-ce aussi pour cela que cette discipline est innée chez toi.
Les premiers mots avaient failli lui arracher la bouche, mais il ne pouvait mentir et le petit cherchait à connaître ses parents biologiques. Il avait apparemment fait quelques cauchemars à ce sujet, Rémus lui en avait parlé. Il était normal qu'il veuille en savoir plus.
Un léger silence régna un instant avant que Harry ne murmure :
- Mon papa me manque.
Severus releva la tête et constata que l'enfant avait le visage baissé, lui cachant sûrement ses yeux mouillés. Harry avait montré jusque-là un incroyable courage. Il avait surmonté la mort du renard la tête haute, avec beaucoup de maturité et ils avaient été un trompé par son stoïcisme. Peut-être que l'enfant n'avait pas correctement fait son deuil, finalement.
- Harry, fit Severus en plaçant une main sur son épaule. Si tu veux parler de quoi que ce soit, sache que Rémus, Kingsley et moi sommes là pour toi. Veux-tu parler un peu de ton père ?
L'enfant acquiesça timidement. Severus voulu couper le feu sous la potion, mais Harry l'arrêta :
- Non ! Je voudrais finir.
L'homme hésita, mais le petit lui fit un regard de chien battu.
- Je ne voudrais pas gâcher d'ingrédients et nous pouvons parler en même temps.
Severus hocha doucement la tête et recommença à brasser. Le petit attendit un peu et se lança :
- J'aime beaucoup Moony, vraiment ! Et Ley et toi aussi !
- Je ne remettrais jamais ça en doute, aucun de nous ne le ferait. Ta relation avec Fox était particulière et nous le comprenons tous parfaitement, Harry. Il t'a recueilli et a pris soin de toi pendant de longues années.
Harry renifla, laissant l'adulte mettre des mots sur ce qu'il ressentait.
- Tu as vécu avec lui tellement d'année que tu en as oublié avoir été un petit garçon. Il est évident que de vivre si soudainement, même avec toutes nos précautions, dans un monde étranger te donnerait des difficultés.
Severus s'appliqua à relever le visage de son jeune apprenti pour lui dire dans les yeux :
- Nous avons tous été très agréablement surpris par tes capacités d'adaptation. Tu es très courageux et fort. N'en doute jamais.
Harry lui offrit un pitoyable sourire et renifla peu gracieusement. Aussitôt, Severus sortit un mouchoir de sa poche et le tendit à son élève.
- Merci, bredouilla l'enfant.
Puis il se moucha bruyamment.
- Pardon, fit-il penaud.
Severus plissa les lèvres et lui donna une pichenette sur le front. Harry gloussa alors un peu ils reprirent leur travail. L'enfant n'avait pas dit grand chose, mais les mots de l'adulte posés sur ses pensées lui avait fait le plus grand bien. Il avait été rassuré aussi, aucun de ses tuteurs ne prenait mal le fait qu'il ait eu un père qui lui manquait encore aujourd'hui.
Pendant plusieurs minutes le professeur surveilla son apprenti. Quand il fut assuré que les idées noires avaient quitté l'esprit du gamin, il recommença à énoncer les différentes propriétés des ingrédients utilisés.
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Le petit coup de blues était passé et tout le monde était attablé, assis devant de succulents plats cuisinés par Rémus. Le loup-garou était un véritable petit cordon bleu.
Les discussions allaient bon train, lorsque, soudain, Harry s'exclama :
- Et là il a crié « De toute façon je m'en fou ! » et Molly a crié aussi après lui, mais je n'ai pas compris …
- D'abord, l'interrompit Rémus. On ne dit pas « je m'en fou », mais « je m'en fiche », voire « je n'en ai cure », bien que cette expression soit un peu désuète. Celle que tu viens d'utiliser est très familière et ne s'emploie qu'avec des amis. En aucun cas je ne veux t'entendre la prononcer avec nous ou d'autres adultes. C'est entendu ?
- Oui, Moony.
- À la limite, tu peux l'utiliser avec tes amis, mais si tu pouvais conserver un vocabulaire et une syntaxe parfaite comme tu t'emploies à le faire depuis que tu apprends à parler, je préférerais. Ensuite, Fred et George ne sont pas méchants, mais ils peuvent blesser. Parfois, il faut savoir s'arrêter.
Rémus jeta un rapide coup d'œil à son voisin. Severus avait les lèvres pincées, mais n'affichait aucune émotion. Il ne savait pas si c'était un bon ou mauvais signe.
Soupirant discrètement, il poursuivit :
- Ron est le dernier d'une grande fratrie où tous ses aînés ont accompli des choses et ils se sent certainement déjà peu confiant. Il n'est pas la peine d'en rajouter.
- J'ai remarqué, oui, fit Harry avec une mine attristée. Mais Fred et Geroge ne lui font pas tant de blagues que ça ! En fait, ils visent un peu tout le monde … Et, tu sais, je suis sûr qu'ils aiment leur frère ! Je les ai déjà vu lui parler et l'aider lorsqu'il a eu du mal avec ses devoirs de potions !
- Eh bien tant mieux, assura Rémus ignorant le reniflement qu'avait eu son voisin à la dernière phrase de son pupille.
Si les jumeaux étaient de très bons élèves dans ce domaine, la preuve en était leur réussite à créer toute sorte de potions aux effets plus rocambolesques les uns que les autres, ce n'était pas le cas du cadet qui avait beaucoup de lacune dans sa matière.
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La fin des vacances arriva bien trop vite du goût de Harry. Il voulait encore profiter du jardin sans limites, du temps libre qu'il avait et qu'il pouvait partager avec ses tuteurs. Ces quelques jours avaient vraiment été très agréables. Il s'était ressourcé, il en avait besoin. De se reposer aussi. L'air de rien, à Poudlard, il avait toujours quelque chose à faire. Et être sollicité à ce point était réellement fatigant. C'est pourquoi il aurait aimé que cela dure encore un peu. Pourtant, il savait bien qu'il ne servait à rien de râler. Les vacances étaient terminées, il devait reprendre ses cours à l'école.
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Comme à l'aller, ils avaient emprunté la cheminée du directeur pour faire le voyage. Rémus, Kingsley et Harry regagnaient donc leurs appartements en traversant les couloirs de Poudlard. C'est ainsi qu'ils croisèrent un groupe de Poufsouffle.
- Bonsoir Harry, messieurs, les salua l'un d'entre eux.
Harry releva la tête et tomba dans un regard bleu sombre.
- Anthony ! Sean ! Comment vous allez ?
Les deux jeunes hommes sourirent et lui répondirent agréablement.
- Ça fait plaisir de te revoir, fit Sean.
Anthony acquiesça et le petit brun répondit à leur geste. Ils échangèrent quelques mots et se donnèrent rendez-vous pour une prochaine fois avant de se séparer et de repartir chacun de son côté.
- Qui sont-ils ? Demanda Kingsley.
- Ce sont Anthony Summers et Sean Stebbins, ils nous ont aidé, Drago et moi, à faire le bonhomme de neige dans le parc !
L'Auror acquiesça et chercha dans sa mémoire s'il avait déjà entendu ces noms, mais ils ne lui disaient rien.
- Ce sont de bons garçons, intervint Rémus, devinant ses intentions.
Kingsley lui lança un regard inquisiteur et il répondit d'un sourire complice. L'Auror lui donna un léger coup d'épaule avant d'attraper sa main et de la serrer entre ses doigts. Main dans la main, suivis de près par Harry, ils regagnèrent la tour Serdaigle.
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Harry était assis à la table de la salle à manger, face à Rémus qui avait étalé plusieurs instruments face à lui.
- Il est temps que tu commences à étudier certaines choses un peu plus abstraites. Je sais que Severus t'a présenté des problèmes complexes avant les vacances, nous allons voir aujourd'hui quelques concepts qui relèvent des mathématiques, mais qui ont trait à la physique. La physique est une science qui tend à expliquer les phénomènes observés dans la nature.
Rémus sortit alors un livre de la pile devant eux, le feuilleta rapidement avant de lui présenter une double page couverte de schémas.
- Ceci est la planète Terre.
Ainsi débuta une longue série de cours de physique auxquels se mêlaient aussi quelques notions de géographie, d'astronomie, de chimie ou encore de médecine. Harry apprit ainsi le cycle de l'eau, les différentes parties du corps humain, les phénomènes telluriques, tectoniques et météorologiques, le fonctionnement des forces etc.
Certaines choses lui parurent beaucoup plus abstraites que la magie elle-même. D'autre, en revanche, le passionnèrent telles que le corps humain et les sciences naturelles de manière générale. Comprendre la complexité de l'équilibre fragile de l'environnement, le fonctionnement d'un muscle ou encore les théories de l'évolution et de la sélection naturelle le fascinaient.
Rémus fut heureux de lui transmettre cette sensibilité qu'il avait sur les questions écologiques au sens large du terme. Kingsley, lui, poursuivit ses cours d'histoire, mais y ajouta des notions de sciences humaines sur la sociologie, l'ethnologie, la littérature, etc. Evidemment, il faisait attention à ce que tout reste à portée de compréhension de l'enfant, mais Harry était toujours heureux d'apprendre de nouvelles choses qui pourraient l'aider à comprendre le monde. Qu'il soit sorcier, moldu, animal ou végétal, car finalement, les quatre étaient liés et si l'un dysfonctionnait, c'était l'ensemble des êtres vivants qui en pâtissait.
De leurs côtés, Albus, Severus et Filius perpétuaient leurs cours aussi. Le directeur allait toujours plus loin dans l'étude de la magie, le maître des potions lui enseignait les mathématiques et l'art subtil des potions. Tandis que le maître en sortilèges, lui, enseignait la lecture et l'écriture en continuant de l'entraîner. Harry apprenait ainsi avec lui le théâtre et la poésie, écrivait tous les jours pour gagner en rapidité, fluidité, en efficacité, de sorte à ce qu'il soit bientôt prêt à prendre des notes de façon autonome lors d'un cours dicté.
Le mois de mai fut ainsi ponctué de sorties dans la forêt, de devoirs à rendre après recherches, Rémus voulait aussi le rendre autonome dans son travail, et d'expériences en tous genres, telle qu'une sortie au British Museum.
Là-bas, Harry y avait découvert l'art avec un grand A. Les tableaux, moldus, ne bougeaient pas comme ceux de Poudlard, mais dégageaient tellement de choses qui les rendaient presque vivant, Harry avait adoré. Il avait alors demandé à avoir une pratique régulière d'art plastique. Chose que Kingsley et Rémus lui avaient facilement accordé. Ils avaient seulement réduit le volume horaire de certains cours, de sorte à ce que tous soient équilibrés dans son emploi du temps de la semaine.
L'enfant avait maintenant presque plus de cours que les élèves de Poudlard, ceux de cinquième et septième année mis à part. Seulement, les siens avaient pour format quarante-cinq minutes plutôt que soixante ou cent-vingt. Ce qui lui permettait de ne jamais s'ennuyer ou de se lasser, exception faites de ceux requérant un temps plus long, comme la réalisation de certaines potions, ou les sorties à l'extérieur de l'école.
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Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos retours !
À bientôt !
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