Bonjour, bonsoir !

Merci pour toutes les reviews et les encouragements ! Le nombre de reviews baisse lentement mais sûrement … :'( J'espère que cette histoire vous plaît toujours autant !? Voici un grand chapitre avec plein d'événements qui viennent trompés la quiétude de nos petits héros ! D'ailleurs, il y aura une petite pause dans les publications à Noël, vous ne pouvez pas m'en vouloir pour ça ! ^^

J'espère que cette suite vous plaira !

Sur ce, bonne lecture !

.


Chapitre 87

.

Ron et Harry progressaient tous deux difficilement à travers les sous-bois. Ils avaient assez facilement réussi à fausser compagnie au garde-chasse. Ron avait prétexté être un vrai Gryffondor et pouvoir s'en sortir seul dans la forêt. Hagrid s'était laissé avoir et ils s'étaient évincés. Ainsi, Harry avait pu reprendre sa forme humaine et tenir compagnie à son ami.

Ronald et Drago s'étaient battus dans les couloirs et lamentablement fait prendre par Rusard averti par sa chatte. Harry s'était proposé pour l'accompagner. Il déplorait cette querelle, mais ne voulait pas s'en mêler. Moony lui avait dit que c'était une sage décision, alors il s'y était tenu, malgré les récriminations de ses deux amis qui, chacun, voulait obtenir son soutien.

Drago était resté avec Hagrid et Crocdur, trop peureux pour se désolidariser d'eux, tandis que Ron prenait la tangente. Harry les avait suivis en cachette sous sa forme de renardeau. Quand le rouquin et Drago – chacun leur tour, mais de manière très différente – lui avaient annoncé qu'ils avaient une retenue dans la forêt interdite et que leur travail était d'aider le demi-géant à retrouver une licorne blessée, voire son agresseur, il n'avait pas réfléchi deux fois.

Harry voulait absolument en voir une depuis qu'il avait lu le manuel de Newt Scamander et était désolé qu'un monstre s'en prenne à elles. Ce ne pouvait être autre chose, i avait lu que ces créatures étaient « les plus pures qui puissent exister ». Il avait longuement interrogé plusieurs de ses professeurs pour comprendre les notions de « bien » et de « mal », surtout en ce qui concernait la vie, lui étaient encore un peu obscures.

Il avait rassemblé un bon corpus d'avis sur la question et avait appris qu'au-delà de la classification de dangerosité et celle populaire de « créature de lumière » ou « des ténèbres », il y avait dans le monde magique des êtres plus proches de la magie que d'autre. De façon totalement objective, comme les sorciers avaient de la magie et les moldus non, il y avait des animaux sans et d'autres avec. Mais en plus de cela, il y avait aussi des sorciers plus puissants et des moldus plus sensibles à la magie, aux énergies. C'était aussi le cas des créatures.

Les licornes étaient des êtres de magie, littéralement. Leur sang, leurs crins, leu corne, leurs sabots, étaient tous des éléments très importants dans les rites, potions, baguettes et étaient des éléments constituants de ces deux dernières. C'étaient des créatures très puissantes, mais totalement inoffensives et innocentes, très dures à observer, car rares et farouches. C'était la raison pour laquelle Harry voulait tant en voir une.

La nuit était profonde et sous le couvert des arbres, la lumière de la lune filtrait à peine jusqu'au sol. Malgré ce qu'il avait dit à Hagrid, Ron était bien heureux d'avoir son ami à ses côtés. Il y avait ici des créatures bien plus dangereuses que des licornes. La preuve en était qu'elles étaient victimes d'autres dont ils étaient à la recherche.

Enfin, pas vraiment, Ron avait seulement pour consigne de retrouver la bête blessée, en espérant qu'elle soit toujours vivante et d'envoyer des étincelles rouges dès que ce serait le cas. La suite appartenait à Hagrid et au directeur, selon ses résultats. Sûrement que, s'il s'agissait d'un danger important, des mesures seraient prises. Auquel cas, de nouvelles prérogatives seraient prises pour la sécurité des élèves.

Harry et Ron progressaient tous deux au hasard, seulement éclairé par une lanterne, discutant de tout et de rien, spéculant sur ce qu'ils découvriraient. Jusqu'à ce que l'un d'entre eux remarque qu'une brume épaisse les entourait et la fumée qui se formait à la sortie de leur bouche lorsqu'ils parlaient.

- Je n'aime pas ça, commenta Ron en frissonnant.

- C'est étrange, il faisait plutôt bon aujourd'hui. Ce n'est pas naturel, fit Harry.

Cela inquiéta plus encore Ron qui commençait à regretter de s'être éloigné de la présence rassurante du garde-chasse.

- Tu crois que c'est à cause de ce qui a attaqué la licorne ? Demanda le rouquin dans un murmure étranglé.

- Je ne crois pas, lui chuchota Harry en réponse.

C'est alors qu'un infime bruissement se fit entendre de l'autre côté d'un épais buisson. Les deux garçons se figèrent. Ron recula d'un pas alors que son ami en faisait un en avant. Le Gryffondor voulu le retenir, mais c'était trop tard. Le petit brun était passé à travers les fourrés.

Après une seconde d'hésitation, Ron le suivit, ne voulant pas rester seul, quitte à affronter la chose qui se cachait là. C'est là qu'il découvrit la licorne. Son corps blanc, presque luisant dans le noir, étendu à même le sol recouvert de mousse, au pied d'un immense arbre sûrement centenaire, offrait une scène tragique à la vue des deux enfants. Au-dessus d'elle était penché un homme enveloppé dans un large manteau sombre. Du moins, avait-il cru que c'était un homme, car lorsque la silhouette se retourna, il s'avéra que la chose sous le manteau n'avait rien d'humain, elle flottait dans les airs.

Une espèce de spectre recouvert d'une cape aux pans déchiquetés se dressait devait les deux jeunes garçons. Ron oublia toute consigne de signaler sa découverte par des étincelles rouges et, pris de panique, se mit à hurler, lâchant sa lanterne avant de s'enfuir. Laissant son ami derrière lui, accablé de maux de tête incroyablement forts qui ne put rien faire d'autre que de la tenir serrée entre ses mains dans l'espoir vain que la pression endiguerait la douleur vive. Il s'écroula à genoux et sa bouche s'ouvrit en un cri muet. Il était complètement paralysé par la souffrance.

Il avait clos ses yeux, les paupières fermement serrées, ses poings venus se poser dans un geste d'atténuation ou de recherche du soulagement qui ne servait évidemment à rien. Il avait horriblement mal, comme si un éclair traversait son crâne, ou qu'un étau le serrait à en emporter les sens, le laissant impuissant devant son adversaire. Il lui fut impossible de savoir combien de temps s'écoula, perdu dans la douleur.

Heureusement, les cris de son ami avaient signalé sa position et, rapidement, du secours apparu. Cela eu pour effet de faire fuir le spectre avant qu'il n'agisse vraiment. La terre trembla sous ses pieds et un bruit sourd résonna.

Ce n'est que plusieurs minutes plus tard que Harry sortit de sa torpeur. Il découvrit alors une foule autour de lui. Il fut heureux et reconnaissant de trouver Moony et Ley. Par contre, il fut sidéré de trouver un centaure. Car c'était bien une créature mi-homme mi-cheval qui discutait avec ses tuteurs sous ses yeux. Il cligna plusieurs fois des paupières, comme tentant de sortir d'un rêve ou d'un cauchemar particulièrement étrange. La douleur refluait à l'arrière de son crâne, mais il se sentait groggy.

Il ne remarquera la présence de Hagrid que lorsqu'il lui mit une couverture sur le dos et le souleva dans ses bras. Il s'aperçut alors qu'il tremblait de tout son corps. En vérité, il était complètement hagard. Il voyait la scène comme un spectateur, déconnecté de la réalité en simple témoin.

Ce fut dans un état second qu'il se fit raccompagner au château et il dut s'endormir en chemin, car il ne se rappela pas de la suite.

.

- C'est ma faute …

- Mais non, Rém …

- J'aurais dû mieux le préparer, lui dire que la forêt était dangereuse. Il ne pouvait pas savoir, on avait l'habitude d'y aller pendant les pleines-lunes et il s'y est souvent promené avec son père … Et je lui ai donné ce bouquin à lire, je n'ai fait que l'encourager !

Rémus soupira et Kingsley le prit dans ses bras. Il lui embrassa la tempe et retint son propre soupir. Ce n'était réellement pas la faute de son compagnon et ce n'était pas totalement la faute de Harry non plus. Il y avait eu une convergence d'événements qui avaient créé une situation dans laquelle deux enfants s'étaient trouvés en danger. Hagrid avait sa part de responsabilité, mais Albus qui avait autorisé cette punition aussi. Et surtout, cette chose dans la forêt était le protagoniste principal à incriminer.

Harry avait retrouvé sa chambre après un rapide passage à l'infirmerie. Il dormait encore et récupérait de sa nuit, encore sous l'influence d'une potion de sommeil sans rêve. Il n'aurait aucune séquelle de sa rencontre, si ce n'était son état psychologique. Rémus et Kingsley attendaient son réveil avec impatience pour avoir sa version des faits. Ron leur en avait déjà délivré une, mais le jeune Gryffondor, dans sa panique avait eu un black-out. Il ne se souvenait plus de rien après avoir quitté Hagrid.

.

Ce ne fut que deux heures plus tard que Harry se leva. Il apparut dans leur salon la mine basse et le pas traînant. Il était mortifié et, il devait l'avouer, encore terrorisé. Rémus, se tenait de dos, ne l'avait pas encore vu et, plongé dans ses pensées, ne l'avait pas entendu non plus. En revanche, Kingsley, lui, avait tourné la tête au son de la porte et s'était levé en l'apercevant.

Avisant le visage défait de l'enfant, l'Auror ouvrit les bras en une invitation évidente. Harry n'hésita qu'une seconde. Il fonça dans ses bras et fondit en sanglots.

- Je suis désolé ! Pardon … Je suis désolé !

Kingsley souffla des « chut » en lui procurant des caresses dans le dos ou dans ses cheveux et le serrant dans ses bras forts.

- Tout va bien, Harry. Tu es en sécurité maintenant et nous ne sommes pas en colère.

Harry renifla et releva la tête, le visage baigné de larmes. Il jeta un œil vers Rémus qui s'était levé entre temps, mais qui n'avait pas osé bouger. L'homme lui offrit un sourire, maigre, mais réconfortant tout de même. L'enfant répondit malgré son corps encore secoué de sanglots, puis posa sa tête sur le large torse de Kingsley.

Une poignée de minutes plus tard, ils étaient tous les trois attablés devant leur petit déjeuner. Harry avait retrouvé quelques couleurs, mais ses yeux gardaient les traces de ses pleurs.

Quand ils eurent tous mangé à leur faim, Rémus s'éclaircit la voix et fit doucement, mais avec un ton assuré.

- Je crois qu'il faut que nous discutions.

Aussitôt, Harry se figea. Ses épaules se crispèrent et il attendit la suite avec appréhension.

- Il y a peu de temps, je t'ai demandé de nous prévenir, Kingsley ou moi, de l'endroit où tu allais, le sermonna Rémus. Je t'ai dit qu'il était important que nous sachions où tu es tout le temps, car on ne sait jamais ce qui peut arriver.

L'enfant baissa la tête, penaud. Sa culpabilité augmenta encore lorsque son tuteur assena :

- Je crois que tu savais parfaitement avoir une mauvaise idée en voulant suivre Ronald Weasley dans la forêt interdite.

Et il appuya particulièrement sur le mot.

- Je pense que c'est précieusement pour cela que tu n'as prévenu personne alors que c'était exactement ce qu'il fallait faire.

Harry sentit de nouveau les larmes monter sous les justes invectives. Comme il se sentait lamentable d'avoir délibérément omis de prévenir ses tuteurs sur ses plans pour la soirée. Sur le moment, il s'était dit que ce ne serait rien de grave. Ron était bien là avec l'autorisation de Hagrid et donc du directeur.

- Tu as onze ans, Harry. Tu es bien loin d'être en mesure de pouvoir envisager tous les dangers. Tu es trop jeune pour faire ce que tu veux quand tu veux, expliqua Rémus conscient que ce pouvait être difficile à concevoir pour lui.

Kingsley poursuivit :

- Les enfants, et ce jusqu'à la fin de l'adolescence, vers seize ans voire plus tard, ne sont pas capable d'envisager tous les possibles d'une situation. C'est impossible, même pour quelqu'un élevé dans la société depuis sa naissance. C'est biologique, ton cerveau, ton corps et ton esprit ne sont pas encore matures. Ils se construisent encore, si tu préfères.

Harry, qui avait relevé la tête, intéressé par l'explication, acquiesça pour signifier qu'il comprenait.

- C'est pourquoi les adultes sont responsables des enfants, Tiny, fit Rémus plus doucement. Tu n'imagines même pas la peur que nous avons eu lorsque nous avons appris que tu étais encore dehors à la nuit tombée. Et plus encore alors qu'il fut avéré que tes derniers pas menaient vers la forêt.

- Je suis désolé, Moony. Je vous promets que je ne recommencerai plus. Je suis vraiment désolé.

À ces mots, Rémus se leva, contourna la table et vint serrer Harry dans ses bras.

- J'ai eu si peur de te perdre, lui murmura-t-il. Je serais terriblement triste si ça arrivait. Je ne sais pas si j'y survivrais, confia-t-il.

Kingsley les rejoignit et les enveloppa de ses bras, les enserrant contre lui dans une étreinte chaleureuse et réconfortante. L'incident était clos.

Les deux hommes avaient convenu que si Harry ne demandait rien, ils ne diraient rien de plus. Et, si jamais il posait la question, ils leur répondraient seulement que la licorne avait survécu. Rien de plus.

.

Rémus avait tenu à dire sa façon de penser quant aux retenues des élèves bien trop dangereuses et avait tenu un sermon au directeur. Accompagné de Kingsley et Severus qui n'en pensaient pas moins, ils avaient fait front ensemble. Albus avait fini par abdiquer et reconnaître que la simple présence de Hagrid ne constituait pas une sécurité suffisante pour affronter les créatures de la forêt, surtout en pleine nuit.

Ils discutaient à présent d'un sujet qui en découlait, mais qui n'avait pourtant rien à voir.

- Vous dires que la licorne a posé sa corne sur le front de Harry ?

- C'est Firenze qui me l'a dit, confia Kingsley au directeur. Il était sur les lieux avant nous. Il affirme que la licorne était debout et a posé le bout de sa corne sur le front de Harry, à l'endroit précis de sa cicatrice.

- La cicatrice de Harry a-t-elle changée d'aspect depuis ? Demanda le directeur.

Rémus et Kingsley se lancèrent un regard, semblant communiquer et débattre sur la suite. Devaient-ils tout confier au directeur ? Ce fut Kingsley qui répondit :

- Elle est toujours présente, mais …

Il soupira et reprit :

- Elle semble saine. Jusqu'à présent elle était encore marquée comme si elle datait de la veille. Maintenant, elle ressemble à n'importe quelle cicatrice qui remonte à plus de dix ans.

Cette annonce imposa un lourd silence au bureau directorial. Les quatre hommes méditaient sur les raisons d'un tel changement.

Ce fut Severus qui le brisa :

- Albus, vous avez promis ne plus rien cacher au sujet de Harry. Si vous avez quelque chose à nous dire, c'est le moment.

Rémus et Kingsley le foudroyèrent du regard pour le persuader de ne pas les entourlouper. Le directeur soupira, se frotta l'arête du nez, prit le temps d'astiquer ses lunettes et, après un autre soupir, prit la parole. Il semblait soudainement avoir pris de l'âge.

- J'ai supposé que, lors de cette nuit d'octobre 1981, Voldemort n'a pas totalement raté son plan.

Il prit une longue pause et, cette fois, il n'y avait aucune volonté de faire de l'emphase. Le sujet était plus que sérieux et il importait de peser ses mots. D'ailleurs, personne ne le pressa.

- Vous connaissez tous les trois la prophétie. Je pense que la cicatrice de Harry était bien plus qu'un simple stigmate physique de son attaque. Cette nuit-là, en plus de marquer le bébé comme son égal, Voldemort lui a transmis quelque chose. Je ne sais pas encore quoi, exactement, mais c'est bien plus qu'une part de ses pouvoirs comme je l'ai longtemps supposé.

Albus soupira fortement.

- Harry est un Fourchelang, nous l'avons découvert, mais était-ce la seule chose que lui ai transmis Voldemort ? Je suis loin de le penser et ce nouvel élément vient appuyer ma théorie.

Severus cherchait au plus profond de ses souvenirs un élément sur le Seigneur des Ténèbres ou la magie noire qu'il aurait pu oublier et qui permettrait de mettre un peu de lumière sur la situation. Cependant, rien ne vint. Rémus était attristé de n'avoir rien vu plus tôt au sujet de la cicatrice et Kingsley, les sourcils froncés, essayait de mettre de l'ordre dans toutes les données qu'il avait recueilli à propos de cette fameuse nuit. Seulement, de toutes ses capacités d'Auror expérimenté, il ne pouvait rien ajouter qui puisse expliquer quoi que ce soit de plus. Tous les trois étaient démunis et le directeur ne se sentait guère mieux.

- Voyez s'il y a du changement du côté de Harry, ordonna Albus. Dans son comportement, dans ses humeurs, s'il fait des cauchemars … Ce genre de choses.

Mécaniquement, les trois hommes hochèrent de la tête.

- S'il y a la moindre chose, puisse-t-elle vous sembler insignifiante, rapporter la-moi et tenez-vous mutuellement au courant.

Nouvel hochement.

- Peut-être devrions-nous le confronter « par hasard » à Quirinus, proposa-t-il.

- C'est hors de question ! Se révolta alors Rémus. Il se remet à peine de son attaque !

- Ce serait pourtant un indice important à relever, fit Albus.

Avant que le loup-garou ne proteste à nouveau, Severus proposa :

- Attendons un peu. Si vraiment c'est nécessaire, nous aviserons.

Rémus grogna, mais n'ajouta rien.

- D'ailleurs, releva Kingsley qui avait jusqu'alors été plutôt silencieux. Cette attaque n'était pas anodine Harry nous a confié avoir ressenti la même douleur que lorsqu'il croisait Quirrell, justement, mais de façon bien plus prononcée.

Il lança un regard de connivence et poursuivit :

- Il a décrit, je cite : « une silhouette avec un long manteau en lambeaux, qui flottait au-dessus du sol comme les fantômes du château ». Je ne connais aucune créature qui correspond à pareille description. Il y avait quelqu'un ce soir-là dans la forêt. Quelqu'un qui avait déjà tué une licorne pour, de toute évidence au vu des traces laissées, boire son sang.

Kingsley reprit une goulée d'air avant de planter son regard dur dans celui du directeur.

- Était-ce lui ? Demanda-t-il brutalement.

Un autre silence vint planer quelques longues secondes dans le bureau. Quand presque une minute fut écoulée, Albus répondit d'un ton tout aussi dur, comme le chef de guerre qu'il avait été et qu'il était prêt à redevenir d'un instant à l'autre.

- Je pense effectivement que Voldemort à la capacité de se déplacer sous forme spectrale, ais il semble que nous ayons maintenant une réponse.

Cette fois, le silence fut aussi épais que la peau d'un dragon. Kingsley et Albus s'affrontaient encore du regard, l'Auror mettant le directeur au défi de lui cacher encore quelque chose de si important.

- Combien de secret de cette envergure gardez-vous encore ainsi, Albus Dumbledore ?

- Bien plus que je ne le voudrais, concéda le vieux sorcier sans ciller.

Il n'ajouta rien, signifiant bien qu'il ne devait rien à l'Auror, qu'il ne dirait rien de plus que ce qu'il voulait bien transmettre. Il avait été un maître dans son domaine, il était un excellent et puissant sorcier, il avait vaincu l'un des plus grands sorciers du siècle, il avait gagné plusieurs titres prestigieux, non sans raisons et avait été le chef de l'Ordre du Phoenix.

Évidemment, il avait de nombreux secrets. Il en emporterait sûrement la plupart dans la tombe. Il avait vécu plus d'un siècle et, même s'il vieillissait indubitablement, il avait encore de la ressource et toutes ses capacités pour mener une autre guerre s'il le fallait.

Severus savait tout ça et, parce que Kingsley ne l'ignorait pas non plus, il désamorça facilement la confrontation. Il se leva, ce qui attira l'attention de tous, poussa un souffle à peine perceptible et annonça qu'il avait du travail. Sans un mot de plus, il quitta les lieux.

Rémus qui avait suivi le mouvement de son ami par réflexe et s'était levé aussi, soupira et, la main sur le bras de son compagnon, l'encouragea à sortir à son tour. D'un même geste, les deux hommes se dirigèrent vers la sortie. Cependant, juste avant de franchir la porte, l'Auror se retourna une dernière fois vers Albus et lui dit :

- Nous sommes tous concernés par cette affaire.

Puis il quitta la pièce, Rémus dans son sillage. C'était à la fois un avertissement et une main tendue. Le directeur n'avait pas à gérer la situation seul. Voldemort et son plus que probable retour concernait l'Ordre tout entier, Harry et son entourage, ainsi que toute la société sorcière du Royaume-Uni. En tant que citoyens anglais, membre de l'organisation secrète, Auror du ministère et tuteur de l'enfant, il était au cœur de la situation. Il voulait et devait être au courant de tous les éléments. Albus devait l'informer du moindre indice. Au moins concernant la sécurité de son pupille.

C'était non négociable.

.

- Enfin, le week-end, soupira Kingsley en s'affalant dans le canapé.

Il fut rapidement rejoint par Rémus qui apporta avec lui deux verres de Whisky-Pur-Feu.

- Merci ! S'exclama l'Auror.

Ils trinquèrent tous les deux et burent une première gorgée du liquide ambré. Cette dernière leur brûla agréablement la gorge et ils en soupirèrent de contentement.

- Quelle semaine de fou, commenta Rémus.

- Je n'en veux pas deux comme celle-là, confirma Kingsley.

- Merlin, non !

La veille, les journaux avaient titré la découverte du Basilic au nord de l'Ecosse. Heureusement, Poudlard était une école assez isolée et le serpent géant n'était pas passé par Pré-au-lard. L'enquête du ministère avait conduit les langues de plomb sur la piste de la créature assez facilement. Munis d'une potion qui attirait le monstre – toute créature à ses faiblesses et l'instinct animal face à des phéromones était impuissant – ils avaient réussi à capturer la bête dans un sac plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur pour le conduire jusqu'en Antarctique.

Personne n'avait pris le risque de la combattre, les ordres n'étaient pas de la tuer, seulement d'écarter le danger. C'était ce qui avait été fait. Le Basilic n'avait finalement fait que peu de dégâts, à peine quelques animaux sauvages et une ou deux créatures magiques. Ce qui était un moindre mal en ce qui pouvait concerner une créature de cette envergure.

- Je pense que cette semaine restera l'une des plus agitées et stressante que j'ai vécu, avoua Kingsley.

Et de sa part, ce n'était pas peu dire. Cela montrait combien Harry avait investi son cœur. Rémus hocha de la tête, reprenant une gorgée de sa boisson. Puis se laissa doucement glisser jusqu'à l'épaule de son compagnon.

- Je suis heureux de ne pas avoir eu à l'affronter seul …

L'Auror souleva son bras et entoura le loup-garou de son étreinte, y trouvant tout autant de réconfort que Rémus. Il n'ajouta rien, mais n'en pensait pas moins. Ils soupirèrent de concert, se sentant apaisés par la simple présence de l'autre.

Il était bon de pouvoir compter sur quelqu'un au quotidien.

.


Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos retours !

À bientôt !

.