Bonjour, bonsoir ! Merci pour toutes les reviews et les encouragements ! Comme promis, la suite ! J'espère qu'elle vous plaira !

Je n'ai pas pu écrire beaucoup cette semaine, pas de chapitre d'avance pour cette fiction, donc je verrai si il y en aura un pour la semaine prochaine ou s'il faudra attendre la suivantes ... Avec l'approche du concours, j'ai des semaines hyper chargée ... :P

Sur ce, bonne lecture !

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Chapitre 92

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Harry était véritablement sous le choc. Voilà près d'un an qu'il avait réintégré le monde des humains, celui des sorciers plus particulièrement, et malgré tous les progrès qu'il avait fait, il ne pouvait admettre qu'une telle violence soit possible. Jamais il n'avait été confronté à un tel combat, à une telle pression, à de tels risques.

Son parrain était resté dans le coma sept jours avant d'en sortir avec une légère perte de mémoire et une clavicule fracturée. Il avait dû prendre une semaine de congé supplémentaire pour se remettre vraiment. La première était évidemment passé comme congé maladie. Après un repas passé avec son filleul, il était reparti se reposer chez lui.

Drago était resté amorphe pendant plusieurs heures après qu'on lui ai demandé de prendre de si grandes responsabilités, même après injection d'une potion calmante. Responsabilités qui n'auraient jamais dû peser sur les épaules d'un enfant de douze ans. Douze ans, il avait vécu cette lourde soirée le jour même de son anniversaire. Harry le plaignait sincèrement, sachant toute l'importance qu'avait cet événement dans la vie humaine.

Dans quel monde imposait-on ça à des enfants ?

Pendant un moment, il avait envisagé de fuir, purement et simplement. Retrouver sa vie d'avant, où la seule question qui importait était de savoir ce qu'il allait manger dans la journée. Cependant, cette idée n'avait pas fait long feu. Son père renard était mort, il n'avait plus personne qui l'attendait dehors. Au contraire, Moony, Ley, Sev et tous les autres faisaient partie de ce monde. Il y avait certes vécu des moments éprouvants, mais il avait aussi connu la joie, le bonheur et l'amour. Il ne pouvait abandonner tout ça derrière lui.

Les jumeaux étaient venus s'excuser dès le lendemain des faits. Harry n'avait pu leur répondre. À ce moment-là, il était encore trop engoncé dans son traumatisme, en état de choc. Rémus les avait écoutés, leur avait dit ce qu'il en pensait et les deux frères étaient repartis. Ils n'étaient pas repassés depuis.

Moony avait réussi par deux fois à le sortir de leurs appartements. Il avait répété que sortir prendre l'air lui ferait du bien et il n'avait pas eu tort, mais aussitôt de retour à l'intérieur, ses pensées moroses revenaient l'assaillir. Ses cours avaient été suspendus, aussi n'était-il plus autant occupé dans la journée. Ses tuteurs lui avaient donné de quoi peindre ou faire des potions basiques seul et il n'y avait guère qu'à ces moments-là que ses idées noires se faisaient moins pesantes.

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Un jour, deux semaines après les événements, Severus l'avait invité à se joindre à lui lors d'une de ses sorties. L'homme avait bien vu l'était dépressif dans lequel Harry se trouvait et il voulait le distraire un peu, le temps d'un dimanche après-midi, n'ayant pas cours.

C'était le premier jour d'été, le jour le plus long de l'année. Ce vingt-et-un juin était ensoleillé et une douce température enrobait toute l'Écosse. Harry et Severus marchaient tous les deux, côte-à-côte, profitant du soleil estival. Ils longeaient la forêt, s'éloignant du château en direction opposée au village de Pré-au-lard, là où la nature reprenait vraiment ses droits.

Ils portaient leurs chaussures à la main, marchant pieds nus dans l'herbe épaisse. Harry avait hésité à se transformer, mais Severus avait fait l'effort de l'invité, alors il voulait faire l'effort de vraiment lui tenir compagnie. Ils discutaient donc tranquillement, de potions, évidemment.

- Vois-tu cette masse en haut de l'arbre, Harry ?

Severus pointait quelque chose du bout du doigt. L'enfant plissa les yeux et, cachant le soleil d'une main essaya d'apercevoir ce qui lui était désigné. Au sommet d'un arbre, une sorte de boule en forme de goute pendait sur une branche. Elle était jaunâtre foncé, tendant vers le brun et semblait aussi grosse qu'un souafle, la balle de Quidditch.

- Tend l'oreille, lui intima l'homme en fermant les yeux.

Harry l'imita, essayant de se concentrer sur un son qu'il devait percevoir. En cette saison, il y avait beaucoup d'oiseaux qui chantaient. La brise légère faisait jouer les branches et il pouvait aussi entendre quelques animaux, notamment beaucoup d'insectes. Cependant, après plusieurs secondes à se laisser immerger dans les bruits environnants, il perçu un bourdonnement.

- Tu entends ? Murmura Severus.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Harry, prenant naturellement le même ton que l'adulte.

- C'est un essaim d'abeille. Ce que tu vois là-haut est une ruche. À cette heure, les abeilles sont encore en pleine activité. Nous allons devoir les enfumer pour les apaiser.

- Pourquoi ?

- Pour récolter le miel !

- Le miel vient de là ? S'exclama Harry.

Il avait bien évidemment goûté ce met depuis son arrivée à Poudlard, mais jamais personne ne lui avait dit comment il était fait, d'où il venait. Il ne s'était d'ailleurs jamais posé la question.

- Le miel est, très exactement, de la bave d'abeille, expliqua Severus avec un sourire amusé par la grimace de l'enfant à cette révélation. Elle le produise en allant butiner des fleurs et en récoltant le pollen. C'est de là qu'elle tire tout le sucre.

- Est-ce que tu utilises du miel dans les potions ? Demanda alors curieusement Harry.

- Non, le miel est naturellement un antibiotique, un antiseptique et un antibactérien. Nul besoin d'ajout ou de transformation pour en tirer ses bienfaits ! Ça te dit d'en récolter ?

Aussitôt, les yeux de l'enfant s'écarquillèrent et un immense sourire vint fleurir sur ses lèvres.

- On peut ?

- Bien sûr, puisque je te le propose !

C'est ainsi que les deux compères s'attelèrent à la dure et minutieuse tâche de la récolte du miel. Severus enfuma d'abord l'essaim pour endormir les abeilles et qu'elles ne les attaquent pas, ou qu'elles ne se blessent pas. Ensuite, d'un sort, il décrocha tout doucement la ruche et la descendit à leur portée. Quand ce fut fait, Harry eut un peu peur, mais sous les recommandations et arguments rassurants de l'adulte, il osa s'approcher un peu. Là, Severus scalpa la tête de la ruche dans un angle très légèrement incliné.

- Tu vois ces alvéoles, ce sont les abeilles qui les ont construites, ce sont de formidables bâtisseuses !

Severus lui expliqua les différents rôles qu'avaient chaque membre de l'essaim au sein de la communauté. Les abeilles étaient des insectes très intelligents et organisés. La hiérarchie était bien établie et toutes y avaient un rôle fondamental. Il lui dit aussi combien leur mode de communication, appelé « danse des abeilles » était complexe et original.

Heureusement, le potionniste avait toujours avec lui quelques fioles et même, pour l'occasion, quelques bocaux. Ils purent remplir un petit bocal du miel doré.

- Cette couleur est due à la période de récolte. Ce miel est un printanier, l'été ne fait que débuter, les arbres vont peu à peu se gorger de pollen et le nouveau miel sera plus fort et, par conséquent, plus foncé que celui-ci.

Severus sortit deux agitateurs de sa robe et en tendit un à Harry. Avec le sien, il récolta un peu de miel dans leur bocal de récolte, juste une petite dose, et la porta à sa bouche. Aussitôt, ses paupières se fermèrent de plaisir et il poussa un petit gémissement.

Harry regarda avec fascination la réaction de l'homme face à lui. Ce miel semblait être un délice. Sans attendre, il plongea son propre agitateur dans le pot et y pris une petite quantité de la substance sirupeuse et dorée. À peine l'eut-il posée sur sa langue, qu'une expression similaire à celle de l'adulte pris forme sur son visage. Ses joues en rougirent de plaisir.

- C'est délicieux ! S'exclama-t-il.

- N'est-ce pas ? Devons-nous partager cette gourmandise ? Demanda Severus avec un air mutin que Harry ne lui avait jamais vu.

L'enfant pouffa de rire et une main sur sa bouche, le regard complice, il murmura :

- Pouvons-nous garder ça pour nous ?

- Bien-sûr ! Affirma le directeur de la Maison Serpentard. C'est le produit de notre découverte !

- Ce ne serait pas très généreux de notre part, fit remarquer Harry après réflexion.

Il semblait se poser la question avec beaucoup de sérieux.

- Si tu veux, nous en garderons un peu pour le faire goûter à Rémus et Kingsley, qu'en penses-tu ? C'est un bon compromis ?

Harry le regarda dans les yeux, y réfléchissant une seconde, puis un large sourire envahi son visage.

- Oui ! C'est une solution acceptable ! Affirma-t-il.

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Harry était retourné au château de bien meilleure humeur et plus joyeux que ces derniers jours. Il avait raconté avec enthousiasme sa petite excursion à ses tuteurs et leur avait fait déguster sa récolte.

Rémus et Kingsley furent heureux de le voir à nouveau si souriant. Cette journée annonçait un renouveau pour leur pupille. La fête du solstice d'été, dans le monde moldu avait été remplacée par la fête de la Saint-Jean. Dans le monde sorcier, elle était surtout devenue un prétexte à la célébration. Dans les milieux populaires, il s'agissait de danser autour du feu toute la nuit, mais chez les plus conservateurs, de nombreux rites avaient encore lieux.

La plupart des Sangs-Purs, par exemple, profitait de cette longue journée pour ressourcer leurs demeures en protections magiques, pour offrir à leurs héritier un petit présent et, à la nuit tombée, faire des offrandes à la magie en se réunissant sur les points importants de convergence magique et d'études astronomiques protohistoriques, tels que Stonehenge pour les plus puristes.

Le couple avait décidé de marquer le coup avec un bon repas dont il laisserait une part sur l'un des archéoastrono-sites proche du château. Harry fut très excité face à ce programme et les aida à tout préparer.

Ce fut ainsi que tous les trois se mirent à la cuisine.

- Casse trois œufs dans le saladier, Tiny.

L'enfant se saisit d'un œuf sur la table et tapa avec sur le récipient. Il plongea ensuite ses deux pouces dedans, comme lui avait déjà montré Moony, puis écarta ses deux mains pour laisser tomber le blanc et le jaune au fond du saladier. Il recommença l'opération trois fois et attendit les nouvelles instructions.

- Verse 150g de sucre, 150g de farine et 150g de poudre de noix de coco, lui indiqua Rémus.

Kingsley et lui se chargeaient du plat principal, tandis que Harry poursuivait le dessert. L'entrée, du chou rouge émincé en fines lamelles, était déjà prête et attendait sur un coin du buffet.

- Mélange bien le contenu du saladier, il faut que ce soit homogène, tu te rappelles ce que cela signifie, Tiny ?

- Oui, Moony. Homogène veut dire que tout doit être mélanger jusqu'à ce qu'on ne distingue plus ce que le saladier contient.

- Bien, le félicita Rémus.

Et tout content de lui qu'il fut, l'enfant prit le temps de bien touiller sa mixture. Kingsley fit une pause dans la surveillance de sa poêlée de rissolés forestière pour mettre un peu de beurre à fondre.

- Ley, il me faut 150g de beurre ! Demanda Harry.

- Ça arrive, ça arrive, bonhomme !

L'homme attendit une petite minute et prit la poêle dans lequel le beurre avait fondu pour la verser dans le saladier.

- Tu as bien mis 150g ? Demanda confirmation l'enfant.

- Oui, chef ! S'exclama Kingsley.

- Du beurre demi-sel ?

- Oui, chef !

Harry pouffa et reprit sa manœuvre. Quand son mélange fut bien homogène, il versa le tout dans un moule rond et indiqua à ses tuteurs qu'il fallait maintenant le cuire :

- Quarante minutes à 180° !

- Oui, monsieur, fit Rémus en prenant le plat.

Il le mit au four, comme indiqué, puis retourna à ses haricots-verts. Il ne voulait pas les laisser cramer. Aussi, s'appliqua-t-il à ajouter une noisette de beurre et à remuer le contenu de sa casserole. Kingsley, qui surveillait la poêle voisine, profita de sa proximité pour lui embrasser le cou. Rémus ressentit une certaine chaleur à ce geste et sourit, mais resta concentré. Ils avaient presque terminé, il ne fallait pas tout rater maintenant.

Une petite heure plus tard, le repas était prêt et ils avaient enfiler leurs manteaux. Les soirées étaient encore très fraîches et ils allaient sûrement passer un petit moment dehors. Ainsi, bien vêtus au chaud, le panier comportant leur repas et quelques couvertures préparé, ils sortirent de Poudard.

- Où allons-nous, exactement, demanda Harry.

Rémus et Kingsley lui avait expliqué que l'endroit se situait hors des murs de l'école, mais ils n'avaient pas été très précis quant à leur destination.

- L'endroit s'appelle L'Anneau de Brodgar. C'est un site mégalithique Nord-Écossais qui se trouve sur l'île dans le comté d'Orkney. Il est constitué d'un cercle de pierres de plusieurs mètres de haut et est âgé de plus de deux mille ans. Tu verras quand nous arriverons, il est placé en haut d'une butte, un promontoire idéal pour observer les étoiles. C'est ce qui le rend si particulier.

Cette description donna encore plus envie à Harry de découvrir le site.

Lorsqu'ils atteignirent les portes de l'école, Kingsley demanda à son compagnon et leur pupille de prendre chacune de ses mains. Rémus, lui, tenait le panier et Harry se laisserait porter par le transplanage d'escorte.

Arrivés sur les lieux, ils marchèrent un petit kilomètre pour rejoindre le tumulus. Ils n'étaient pas les seuls sorciers à venir, mais ils n'étaient pas trop nombreux non plus, il y aurait de la place pour tout le monde. Ils trouvèrent une petite place à l'intérieur du cercle et y étendirent l'une des couvertures apportées.

Après leur repas, bien serrés et au chaud sous les autres couvertures, ils s'affalèrent un moment dans l'herbe. Rémus conta quelques histoires, Kingsley évoqua quelques souvenirs et Harry posa beaucoup de questions auxquelles ses tuteurs n'avaient pas toujours la réponse. En somme, ils passèrent une très agréable soirée.

Ce fut somnolent alors que l'heure avoisinait les minuits, qu'ils rentrèrent se coucher.

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Merci pour votre lecture, j'espère que ça vous a plu, j'attends vos retours !

À bientôt !