Disclaimer : Toujours pas à moi :) Je ne fais que les emprunter pour notre bon plaisir !

Rated : M, l'histoire traite de thèmes lourds.

Note : un chapitre un peu différent, j'espère qu'il vous plaira quand même ! N'hésitez pas à me laisser un commentaire :)

Chapitre 14 :

L'un d'entre eux devait le dire. Ils devaient admettre, à voix haute, la réalité de la situation. Ça aurait pu être Clint ou Natasha. Ça aurait pu être Vision qui oubliait parfois que la vérité pouvait blesser. Néanmoins, ce fut Sam qui prit cette dure responsabilité. Ce fut Sam, parce qu'il tenait à son ami.

- Ils sont peut-être morts, Steve.

- Non.

Steve refusait de le croire ou même simplement de l'envisager. Il lança un regard à la volée et tous les avengers cherchèrent à l'éviter. Ce fut suffisant pour que Captain America comprenne qu'ils partageaient tous l'idée que Sam. Ils croyaient tous, sincèrement, que Bucky et Wanda étaient morts.

- Non. Répéta-t-il.

- Wanda n'a jamais été particulièrement sportive … Et elle était épuisée ce soir-là. Elle a pu se noyer.

Natasha avait dit cela d'une voix douce comme si elle tentait de raisonner un enfant. Tony compléta un peu plus abruptement :

- Et il avait un bras en moins … même s'il s'en est sorti. Il a pu disparaître et on mettra des années avec de remettre la main dessus.

- Non. Il n'aurait pas laissé Wanda. Ils sont ensembles.

- Alors ils sont morts ensemble, Captain. On ne peut pas poursuivre les recherches.

La voix de Tony n'avait pas cillé en lâchant cette bombe. Les deux hommes se firent face un moment dégageant la même quantité de colère. Steve était outré que l'on puisse simplement envisager d'abandonner des amis ainsi. Il l'avait déjà fait, lui murmurait une petite voix dans sa tête. Il avait abandonné ce qu'il croyait être un cadavre. Le résultat ? Son meilleur ami avait été torturé durant des décennies. Plus jamais. Il ne recommettrait pas la même erreur une nouvelle fois. Bucky était vivant. Et Wanda devait l'être aussi. Bucky n'avait pas pu la laisser mourir comme ça. Il refusait d'y croire. Quoiqu'il y ait eu entre eux, au moment fatidique, ça avait dû compter.

- Je n'arrêterai pas de les chercher.

- Très bien ! Pendant que New York, Miami, Orlando, Chicago et toutes les villes entre ici et Denver tomberont, vous n'aurez qu'à sonder l'océan. Avant que vous ayez fini, tout sera ravagé d'une part à l'autre du globe ! Par contre, vous ne pouvez pas entraîner tout le monde là-dedans ! Il faut réagir ! Il faut que les Avengers réagissent, Captain !

- Je l'ai déjà abandonné une fois. Je ne recommencerais pas. Allez-y. Sauvez le monde. J'ai ma propre mission.

Tony passa le verre épais qu'il tenait d'une main à l'autre. Que contenait-il ? Du scotch peut-être ? Il ne savait même plus. Peu importe, il l'envoya valser rageusement contre un mur dans un fracas surprenant. Le mur de la tour en avait vu d'autres. Ils étaient rentrés ici pour la nuit. Ils avaient réussi à convaincre Steve de rentrer avec eux. Alors que la ville était attaquée, il repartait en direction de l'océan. Il survolait les débris et autre décombres à la recherche de corps. Il en trouvait. Il en trouvait beaucoup même. Des corps d'ennemis abandonnés à la pourriture. Ceux qu'il ne trouvait pas, c'était Bucky et Wanda.

- Bien ! Très bien Captain. Parfait ! Vous voulez jouer à ça ? Je vous remplace.

- Quoi ?

- Vous n'avez qu'un corps et vous n'êtes pas … moi. Donc demain, vous allez protéger la ville. Vous allez être Captain America. Vous allez redonner espoir aux habitants de ce pays. Et pendant ce temps-là, je vais envoyer toutes mes ressources quadriller ce putain d'océan jusqu'à ce que je vous les ramène. Mais entendons-nous bien, Captain. Tous ces gens que je ne sauverais pas, ce sera de votre faute.

- Pourquoi ? Pourquoi est-ce que vous feriez ça ?

- Parce que je suis Iron Man. Et vous, vous êtes Captain America.

Tony n'en rajouta pas plus. Il partit, rageur, colérique et pourtant satisfait. Il avait été dans les rues, il avait été sauvé ces gens qui peuplaient sa ville. Il avait vu la détresse, la colère, l'incompréhension. Ils pensaient que Captain America leur en voulait tellement qu'il les avait abandonnés. Lui, le symbole même de leur pays, leur avait tourné le dos. La culpabilité pour fardeau, ces gens se faisaient tuer par des monstres inconnus et ils pensaient le mériter… Non, il fallait que cela cesse. Il fallait vraiment que cela cesse. Steve devait se dresser face à la prochaine vague d'ennemi. Il devait se tenir entre eux et la population. Il devait redevenir leur bouclier, leur Captain. Sans espoir, ce peuple qui se faisait massacrer n'aurait strictement aucune chance.

Si pour que Captain America y aille, Tony devait passer ses nuits comme ses journées sur un ordinateur, peu importe. Enfermé dans son laboratoire, le scientifique repassa en revue ce qu'ils savaient. La première attaque avait été foudroyante. Des armées d'entités inconnus s'étaient abattues sur l'héliporteur qui était au large des Etats-Unis, au-dessus des eaux internationales. Ils n'étaient pas spécialement la cible. Tous les avions sur leurs passages avaient subi le même traitement. Les villes avaient été ravagé. Les habitants armés l'avaient défendu avec autant de hargne que leurs super-héros, mais ça n'avait pas suffi. La première vague abattue avait laissé place à quelques heures d'accalmies avant qu'une nouvelle vague n'arrive, puis une autre et encore une autre. Chaque jour, elles se succédaient sans relâche alors que de leurs côtés, ils ployaient, ils tombaient, ils mourraient. Bientôt, il n'y aurait plus personne pour freiner l'avancer de cette armée dans les terres.

L'attaque avait été rude sur l'héliporteur. Clint, Natasha et Sam avait été blessé, mais du point de vue de Stark, ils s'en étaient bien sorti. Après tout, deux disparus et tous les autres avaient survécu. Ce n'était pas si mal ! Pas mal du tout même, si comme Steve le pensait, Wanda et Bucky étaient toujours vivant. A présent, sa tâche était simple : il devait les retrouver.

Les courants marins avaient pu les faire dériver loin, mais bien-sûr, Captain avait déjà chercher dans cette direction. Habituellement, il serait passé par une couverture satellite, mais le ciel était tellement couvert que c'était purement impraticable. La méthode du Captain qui consistait à survoler la zone était sans doute la meilleure, mais seul face à un océan aussi immense, c'était inutile.

Il se mit alors à coder rapidement un sous-programme de nettoyage de l'océan. Ses armures devraient aller repêcher les corps autant les humains que les monstres, qui sait, il découvrirait peut-être des choses utiles. Mais surtout, dès que le ciel se dégagerait, il pourrait repérer finement la moindre épave, le moindre élément suspect et s'il avait déjà nettoyé le plus gros des décombres, il ne perdrait pas du temps inutilement.

Il eut envie de rire, d'un rire bruyant, d'un rire tonitruant. Retrouver le soldat de l'hivers qui avait mis Steve, Hydra, le gouvernement américain, Black Panther et tant d'autres en échec durant des mois et des mois … Oui, aucun problème, il allait le retrouver en quelques minutes. Après tout, ça ne se perd pas un ancien soldat à moitié dingue et une pauvre orpheline possédant des pouvoirs quasi divins ! Non. Ça ne se perd pas. L'un avait pris ses parents et il avait rendu l'autre orpheline. Il avait une histoire aussi morbide que personnelle avec eux. Alors, non, mille fois non, il ne pouvait pas les égarer. Alors où étaient-ils si ce n'est loin, en dessous de la surface ?

Au petit jour, il eut envie de vomir alors qu'il tournait le dos aux affrontements, aux cris et aux larmes, pour aller chercher des fantômes. Quand il rentra le soir et qu'il vit les cadavres qui s'empilaient. Il rendit le contenu de son estomac.

Le lendemain, il repartit en sachant pertinemment, les morts, les blessés et les meurtrissures qui viendraient balafrés la ville à son retour. Ses mains tremblaient. Son cœur loupait des battements dans sa poitrine. Lorsque la nuit tomba, il revint avec l'envie de mourir. Il avait tellement honte.

Le sur-lendemain, les larmes s'accumulaient sous ses paupières alors qu'il se détournait et s'éloignait du futur champ de batailles. Sa poitrine était tellement serrée. Il connaissait ça à présent. Il savait déjà que ce n'était pas un empoisonnement. Non, tout juste une crise d'angoisse qui pesa lourdement sur sa cage thoracique tout le long de la journée. Au petit soir, il pleura comme un enfant devant les corps mutilés.

Au bout d'une semaine, il se prit à fuir Captain America pour éviter de lui mettre son poing dans le visage. Au bout d'un mois, il se retrouva à le chercher pour le supplier … Par pitié, qu'on lui permette d'abandonner et de rejoindre les champs de batailles. Mais Steve lui répondit seulement :

- Je peux vous remplacer.

Et Tony eut envie d'hurler. Depuis que le Captain avait rejoint le combat, le peuple américain retrouvait courage. S'ils ne parvenaient pas à trouver la source de leurs problèmes, la population avait pu s'éloigner des lignes de front et le Captain était à présent à la tête d'une véritable petite armée. Tony n'était pas un bon représentant pour ces soldats. Il leur avait tourné le dos après tout. Captain America était vraiment l'homme de la situation, il était leur symbole. Seulement, pour le garder loin de la seule bataille qui l'intéressait, il fallait que Iron Man s'en charge … Alors le lendemain, il retourna une nouvelle fois au milieu de cet océan de malheurs où ne flottait plus le moindre décombres.