Disclaimer : Toujours pas à moi :) Je ne fais que les emprunter pour notre bon plaisir !
Rated : M, l'histoire traite de thèmes lourds.
Note : un chapitre court … mais que j'espère intense !
Chapitre 15 :
Bucky avait plongé un certain nombre de fois et sans doute parcouru bien des kilomètres. Il avait réussi à ramener différentes choses sur leur petite île et l'océan avait déposé d'autres choses encore sur leur plage. Leur collection de bouteilles en plastique augmentait. Ils en avaient à présent cinq. Elles étaient à moitié enterrés pour éviter qu'elles ne se renversent et pour qu'elles restent fraiches. Ils étaient forcés de se rationner, mais il pleuvait assez souvent pour que la soif ne soit pas un trop gros problème à présent. Le temps qu'ils vident leur réserve, ils pouvaient la reconstituer.
La plus grosse évolution venait de l'abri. Le léger renfoncement creuser dès le premier jour avait été un peu agrandit et une pile de déchet varié venait à présent bloquer le plus gros des courants d'air alors qu'une bâche servait de toit. Ils avaient poussé le vice jusqu'à créer une légère pente pour que l'eau s'écoule dans les bouteilles ouvertes.
A présent, quand il pleuvait, ce qui arrivait assez souvent, ils se blottissaient l'un contre l'autre. Les nuits les plus froides, ils se permettaient de consommer un peu de combustible pour allumer un feu. Ils faisaient alors cuire les crabes et autres crustacés qu'ils avaient capturé. Depuis peu, Bucky remontait également des algues comestibles. Ce n'était pas beaucoup. Ce n'était pas assez. Mais ils ne mourraient pas.
Si l'isolement pesait lourd sur l'esprit de la jeune femme, Bucky semblait y être insensible. Par moment elle avait l'impression que même si elle restait totalement silencieuse, l'homme ne s'en rendrait même pas compte. Elle n'en était pas certaine pour autant et chaque jour, elle tentait d'ouvrir la conversation pour faire passer le temps un peu plus vite.
- C'est quoi ton film préféré ? demanda-t-elle soudain.
Bucky ne remua pas d'un pouce, mais son visage sembla se troublait légèrement et au bout d'un certain temps il demanda :
- Pourquoi ?
- Pourquoi pas ? Nous pouvons discuter.
L'envie de le secouer tout en lui hurlant qu'il pouvait lui répondre l'étreignait, mais Wanda se maîtrisa. S'énerver, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus censé à faire. Bucky resta pensif un long moment avant de secouer la tête pour dire « non ». Peut-être ne voulait-il pas discuter ou peut-être ne se souvenait-il d'aucun film. Dans le doute, Wanda reprit doucement :
Pietro adorait aller au cinéma quand on était petit. A l'époque il tenait à peu près en place … ensuite, le monde allait juste trop doucement pour lui. Les films étaient d'une lenteur terrible tout comme moi. Enfin, avant … avant tout ça, il voulait toujours voir le même film idiot. On l'avait vu dans une petite salle, puis il avait tenu à ce que l'achète. C'était un dessin-animé qu'on passait sur la télévision. La cassette était tellement vieille que l'image n'arrêtait pas de sauté et elle était même décolorée par endroit. Ça parlait d'une moufle.
Wanda éclata d'un rire sans joie. Pietro lui manquait terriblement. Elle se rappelait un peu trop bien ces heures qu'elle avait passé à moitié endormi près de la télévision qui repassait encore et encore le même film. Elle s'endormait sur ses genoux.
- Et toi ?
Elle sursauta à la question de Bucky. Elle ? Quel film aimait-elle ?
- J'en sais rien. Un peu de tout en faites. J'aimais surtout découvrir, voir de nouvelles choses. Je crois que je n'ai souvent revu le même film de moi-même. Peut-être qu'on pourrait voir un film un de ces quatre .. Quand on sera sorti de cette île infernale. Est-ce que ça te plairait ?
- Je ne sais pas. Finit-il par répondre doucement.
Il n'arrivait pas à prononcer grand-chose à voix haute, mais au plus les jours s'écoulaient en compagnie de Wanda et au plus ses pensées parvenaient à se faire fluide. Il se perdait moins dans sa tête et il se prit à se demander ce qu'il aurait aimé faire avec Wanda. Voir un film rempli d'effet spéciaux et autres bizarreries, c'était trop étrange. Le peu qu'il en avait vu l'avait profondément angoissé. Pas parce que cela semblait trop vrai. Non, simplement car cela rajoutait encore une couche supplémentaire d'étrangeté à son univers. C'était de trop. Tout était déjà bien assez bizarre.
Alors quoi ? L'emmener au cinéma. Non. A un bal dansant ? Il aimait les bals autrefois, il y a longtemps, à une époque où on l'appelait Bucky comme aujourd'hui. Il n'était même pas sûr que ce genre de lieu existe encore et raviver des souvenirs ce n'était quelque chose qu'il désirait. Ses souvenirs lui étaient pénibles. Devoir se concentrer pour démêler le passé du présent était une torture, autant se l'éviter. Il pourrait l'emmener dans un restaurant. Un endroit où l'on ne servirait ni des algues, ni des crabes, ni des fruits de mers. Un bon restaurant où elle pourrait commander tout ce qu'elle voudrait pour se remplumer. Wanda maigrissait au fil des jours. Ils n'arrivaient pas à se nourrir correctement tout le deux.
Bucky se rendit compte que ses pensées avaient encore dévié juste avant qu'une autre révélation ne le frappe. Cinéma, bal, restaurant. Il voulait emmener Wanda dans des endroits où pouvait aller un couple. Dans des endroits où il aurait conduit une jolie fille pour la courtiser.
Est-ce qu'il la voyait vraiment comme ça ? Est-ce qu'il avait le droit de la voir comme ça ? Steve ne serait pas content. Il eut envie de rire en se disant que simplement se rendre compte de ce qui pouvait déplaire à Steve, c'était déjà un sacré progrès qui pourrait lui faire plaisir.
Alors Bucky l'observa du coin de l'œil. La sorcière rouge était jolie. Un visage fin, creusée par la famine du moment. Des yeux en amande. Un air délicat. Tout en elle transpirait la douceur en dehors de cet éclat dans ses pupilles. Ce petit détail qui la faisait prendre des décisions et si tenir. Une sensation étrange se réveilla dans son ventre le prenant de court. Du désir. De l'envie. Il n'avait plus ressenti une telle chose depuis des années maintenant et ce fut suffisant pour lui faire perdre pied.
Wanda avait l'habitude de ces moments de silence. Elle connaissait son regard qui devenait trouble. Il fallait souvent beaucoup de temps avant de pouvoir reprendre ce qu'elle nommait presque ironiquement « une conversation », alors elle n'en fit pas grand cas.
Elle retourna faire un tour de l'ile. Un énième tour, l'eau charriait beaucoup de déchet, tellement que s'en était affligeant et pourtant c'était aussi ce qui les aidait à survivre. Elle marchait lentement et n'hésitait plus à s'asseoir dès qu'elle se sentait faiblir. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Des semaines. Peut-être des mois. Elle aurait dû compter se disait-elle de temps à autre avant de se dire que ce n'était peut-être pas plus mal ainsi. Le poids des jours lui paraissait insurmontable, angoissant, non pire que ça, ça lui paraissait terrifiant.
Rester seule avec Bucky ne l'angoissait plus depuis longtemps, sans lui, elle serait morte à de nombreuses reprises. Elle pensait encore à ça, lorsqu'elle vit le point noir au loin. Ami ou ennemi ? Elle n'en avait aucune idée mais au point où ils en étaient, la captivité serait peut-être mieux que l'île ? Si seulement il y avait eu des arbres, un point d'eau fraiche, quelques fruits … la situation aurait été différente ! Elle courra jusqu'au soldat tout en lui montrant ce qui semblait être un petit avion, puis sans la moindre hésitation, elle émit une gerbe de pure magie en direction du ciel. L'éclat rouge raya le ciel le faisant presque paraître bleu azur par contraste.
L'appareil s'approcha de plus en plus et lorsqu'il fut assez prêt, Wanda avait perdu toute envie de sourire. Elle n'avait pas la moindre idée de qui était aux commandes, mais une chose paraissait évidente : ce n'était pas un allié.
Elle se prépara à l'affrontement tout en se demandant si elle pourrait extraire le pilote de là et lui voler son engin. Malheureusement, il ne s'approcha pas suffisamment, préférant contacter des renforts. Avant que la nuit ne soit complètement tombée, ils étaient encerclés, fait comme des rats. Bucky était tendu comme un arc, le regard fou et le cœur un peu trop calme. Si c'était Hydra … S'ils disaient ces mots. Le cauchemar allait recommencer et il ne savait pas comment l'éviter. Alors il lâcha, comme une supplique :
- Je voudrais t'emmener au théâtre.
Elle lui jeta un regard entre terreur et incompréhension, puis ce fut le chaos et finalement, la séparation. Qui criait ? Le son était hors de lui. Qui criait ? C'était lui qui criait comme ça ? Ce cri le fit frémir. N'entendaient-ils ? N'entendaient-ils pas la promesse de mort qu'il leur offrait ?
Note de fin : Et voilà qui clos le petit arc de l'île, j'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Oh et on prend les paris ? C'est qui, qui les a attrapés !?
