Disclaimer : Toujours pas à moi :) Je ne fais que les emprunter pour notre bon plaisir !

Rated : M, l'histoire traite de thèmes lourds.

WARNING ! : euh … comment vous dire ça … Violence + sang + gore + horreur + immonde … Je ne sais pas … Sincèrement, si vous êtes sensibles et bien, ne lisez pas en mangeant ? Ou après avoir avoir mangé ? :-x

Chapitre 16 :

Желание. Le désir. Le désir de liberté. Le désir que cela cesse un instant, même pour une seule seconde ou moins que ça. Le désir d'un instant de répit. Le cri dans sa gorge se fit plus roque, plus dur, plus colérique aussi. La colère était de partout dans son corps. Il se débattit contre la poigne des soldats, l'un d'entre eux jeta son poing deux fois dans sa mâchoire l'ensuquant légèrement. Ce n'était pas des coups normaux.

Ржавый. Rouillé. Le mouvement qui se bloquait, son esprit qui ne parvenait plus à pourchasser la moindre pensée. C'était simplement une constatation sur le tréfond de son âme. Il se débattit un peu plus fort. Il était hors de question que cet homme poursuive sa litanie et qu'il ne fasse ressortir le monstre des profondeurs. L'homme rouillé. L'homme qui rêvait d'un répit et qui le trouvait dans l'absence de conscience. Jamais. Plus jamais.

Семнадцать. Dix-sept. Un rappel, une menace, le nombre de procédure qu'on avait appliqué avant que son corps et son esprit ne cède totalement. Dix-sept. Le nombre d'acte qu'il suffirait pour le briser de nouveau. Il y en avait d'autres, mais il n'avait jamais tenu au-delà du chiffre fatidique.

Рассвет. Aube. Il le sentait qui montait en lui. Il cédait du terrain. Bientôt, il ferait pleinement jour et lui, il serait comme aveuglé. Incapable de reprendre conscience. Le soleil de plus en plus haut et sa conscience qui s'amenuisait. Wanda. Wanda était là, quelque part. Il devait rejoindre Wanda. La prise était dure dans ses muscles, implacable, il ne put bouger.

Печь. Fourneau. Il hurla à s'en déchirait la gorge et d'un geste vif parvient à planter son poing dans la machoire de l'un de ceux qui le retenait. Il cilla à peine. C'était définitivement des optimisés, comme lui, peut-être meilleur que lui et dans tous les cas plus nombreux. La chaleur l'envahit, c'était comme une fièvre dévorante qui couvrait son corps de frisson.

Девять. Neuf. Le nombre de procédure habituelle, pour le remettre à zéro, pour que le Soldat de l'hivers oublie Bucky. Il ne voulait pas. Il lutta de toute ses forces, mais les mots qui sortaient à présent de sa gorge dans des cris inarticulés sonnaient russes. C'était déjà en cours, c'était presque fini et peu importe qu'il hurle ou qu'il se débatte.

Доброкачественный. Bénin. Ce n'était pas grave. Tout allait bien. Il pouvait céder. Il pouvait se laisser aller. Ce serait plus simple ainsi, plus à propos. Il fallait juste accepter. Il remua encore. Il se débattit pendant le mot faisait des ravages dans son esprit.

Возвращение на родину. Retour à la maison. De retour dans la patrie. Sa patrie d'adoption, celle qui lui avait offert une nouvelle naissance. Il devait juste accepter de retourner en son sein. Ce n'était pas grave. C'était bénin. C'était doux, loin des procédures, loin des douleurs et des menaces. C'était simple comme rentrer chez soi.

Один. Un. Sa respiration se coupa. C'était le moment. Plus qu'un. Une nouvelle naissance qui laissait place à une mort. Il rua contre leurs mains, hurla qu'il était vivant dans un russe un peu trop parfait. Il hurla son nom aussi. Il hurla de toute ses forces. Wanda.

Грузовой. Wagon à marchandises. Une brève de sensation de chute et se fut finit. Bucky était mort, en lambeau, quelque part au fin fond de son esprit. Il s'était détendu sous leurs doigts et son regard vide ne roulait plus dans ses orbites. Bucky était retourné à la glace et lui, il était là.

- Soldat ?
- Я готов отвечать.

L'homme, un militaire se retourna vers l'équipe soignante et leur offrit un bref sourire avant de leur dire :

- Il est à vous.

Bucky ne bougea pas alors que les docteurs s'approchaient doucement. Ils auraient aimé plus que quelques mots, mais leur supérieur semblait sûr de lui et les autres soldats avaient relâché leur étreinte.

L'un d'entre eux, avec sa jolie blouse blanche et son air épuisé pour drapeau, s'approcha rapidement de son bras pour évaluer les dégâts. Il trouva la fine membrane que Stark avait déposé là. Il n'avait pas la moindre idée de comment la retirer sans arracher des plaques entières de bras. Tout le système interne devait être mort, mais ils avaient travaillé à cette éventualité depuis des mois à présent. La nouvelle prothèse lui arracherait un peu plus de chaire, qu'importe.

- Puis-je l'endormir pour la procédure ?
- Не.

L'homme frémit devant tant de cruauté, mais il ne remit pas sa parole en doute, se contentant d'ordonner au soldat de l'hivers de rejoindre la pièce où ils allaient l'opérer à vif. Le docteur Youri Bok rentra à sa suite. Sans attendre, il débuta ce qu'il avait appelé « la procédure ». Une amputation. Une nouvelle amputation pour repartir sur une base saine. Du bout des doigts, il retraça les cicatrices multiples qui couraient de partout sur son muscle pectoral et son épaule. Il poussa le métal, dévoilant des blessures. Qu'importe, il allait trancher par ici. Il observa une seconde le visage du soldat. Il n'avait pas bougé alors qu'une barre était en train de se glisser entre son corps, bien vivant, et la prothèse froide.

- Alexandre, veuillez l'attacher.

L'assistant sembla comme se réveiller. Il n'avait pas encore osé s'approcher davantage. Il n'avait pas encore osé passer les sangles qui viendraient immobiliser le soldat sur la table d'opération. Il se mit aussitôt en mouvement, glissant les bandes épaisses tout autour du corps raide, puis il serra peu à peu le tout, ajoutant de la tension jusqu'à ce qu'elles s'impriment fortement dans son corps.

- Pince.

Il tendit ce qu'avait demandé Youri. Ils en avaient parlé ensemble. Ils avaient répété les gestes comme on répète une chorégraphie. Néanmoins, ils avaient tous les deux eu espoirs de pouvoir anesthésier intégralement leur patient. Opérer à vif était le genre de chose totalement inconsidérés. Ils n'étaient pas devenus médecins pour une telle barbarie.

La pince crissa comme le métal et bientôt, un autre genre de bruit se fit entendre alors que Youri tranchait les connexions et commençait à remonter dans le corps. La sueur apparut sur les tempes et le front du soldat. La douleur vrillait en lui, surchargeant son organisme d'informations. Il ne s'évanouit pas. Chaque coup de scalpel, chaque mouvement, chaque incision, il sentit absolument tout.

Il ne demanda pas que cela cesse, déjà, parce qu'un soldat n'a pas a demandé quoique ce soit. Mais aussi parce que les neuf procédures étaient sans doute pires que ça. Que cet homme ravage son corps. Qu'importe. Ce n'était rien. Rien de plus que de la chaire et du métal.

Quand cela fut terminé, Youri alla nettoyer ses mains pleines de sang puis il vomit dans l'évier qui laissait couler un filet d'eau froide. Il vomit encore et encore jusqu'à ce que son estomac soit vide, puis il tenta de maîtriser les haut-le-cœur qui continuait de secouer son corps impitoyablement. Dans son dos, le Soldat de l'hivers se redressait. D'autres soldats l'attendaient pour le conduire à la salle d'eau où il devrait se rendre plus présentable avant de participer aux premiers tests.

En se redressant de la table où il avait été maintenu avec force, le soldat tremblait à peine. Il avait fini par hurler pendant une partie de la procédure. Des cris de bêtes. Des cris de douleurs. Inarticulés. Il n'avait jamais demandé grâce. Déjà debout, il repartit en sillant à peine.

Accroché à son évier, le docteur s'en rendait malade. Comment avait-il pu en arriver à commettre de tels actes ? Il regarda son apprenti du coin de l'œil. Le jeune médecin était blafard. Il tremblait plus que leur patient qui repartait avec son escorte. Si jamais Youri montrait le moindre signe de perte de motivation, il mettait tous ses proches en danger. Ce fut la raison pour laquelle il laissa l'eau emporter les preuves de son malaise avant de se redresser et de dire dans le plus parfait des russes :

- L'opération est totalement succès. Félicitations, Alexandre.

Et ce soir-là, en se couchant sous une couverture épaisse qui ne suffirait jamais à le réchauffer, il se prit à penser aux chiens de combat qui le dévorerait un jour ou l'autre s'il ne parvenait pas à s'enfuir assez vite ou assez loin. Il ne fuirait pas. Telle était sa condamnation. Il resterait là, à tenir son poste malgré le dégoût pour sauver tout le monde et à la fin, il serait jugé, condamné et ses proches subiraient le même sort.

De l'autre côté du complexe, le soldat était enfermé dans une cuve. L'épuisement sur ses traits était évident et le contrôle mental trop faible encore aux yeux de son bourreau. La glace envahit l'habitacle, saisissant avec une violence rare le corps du soldat. Sa respiration se coupa alors que la mort le prenait. Encore une fois. Sa dernière pensée, confuse, fut un prénom dont il ne saisit ni l'origine, ni la portée. Ce prénom c'était « Wanda ».