Disclaimer : Toujours pas à moi :) Je ne fais que les emprunter pour notre bon plaisir !

Rated : M, l'histoire traite de thèmes lourds.

WARNING ! : … vraiment warning ? :-x Vraiment, vraiment.

Chapitre 18 :

Ses membres étaient encore raides et son corps gelé, en hypothermie lorsqu'il fut soumis au jet puissant. L'eau n'était pas chaude et pourtant, elle le brulait. Le jet était brutal, le projetant contre le mur, derrière lui. Ça ne faisait que commencer. Son corps grelotait, cherchant à regagner une température décente lorsqu'il fut attaché le long d'une table. Son esprit ne parvenait absolument pas à faire le point. Où était-il ? Une serviette fut négligemment jetée sur son visage. Elle sentait le sang.

Il saignait. Son bras saignait. Son bras absent. Non, c'était il y a longtemps. Il y avait plus de sang que ça et ça sentait aussi, la transpiration et la neige. Là c'était différent. Une odeur de détergent. L'eau coula sur son visage à travers la serviette et bientôt il se mit à suffoquer, cherchant de l'air mais ne trouvant que l'eau. Il se noyait. Il se noyait encore et encore. A chaque fois la serviette était retirée, un peu, vaguement, le temps d'un hoquet douloureux et elle revenait.

Son corps se révoltait, se blessant contre les liens. A l'extérieur, un discours se mit à résonner, un discours en russe. Que disait-il ? Bucky n'arrivait pas à se concentrer assez pour en comprendre le sens. Était-il là ? Sans doute pas. D'où venait-il ? Est-ce qu'il connaissait ça ?

Il toussa plus fort, s'étranglant, les larmes s'accumulèrent à ses paupières, involontaires et incontrôlées. Son corps le lâchait. Il avait mal, le long de sa gorge, dans ses poumons et de partout ailleurs. La torture cessa. Ou peut-être pas. Ou peut-être qu'il était parti ailleurs dans sa tête. Où était-il ? Il ne voyait rien mais il reconnut la texture du caisson dans son dos et le froid, le fusilla. L'instant d'après ou peut-être des semaines, des mois, des années, la brûlure de la naissance, encore. Le jet crachant sa lave en fusion, la table à nouveau, la noyade, encore, le froid de partout et le caisson. Le caisson. Le froid. La brulure. La noyade. Le caisson … La glace. La lave. L'eau. Encore. Encore. Encore. Où était-il ? Combien de temps s'était-il écoulé ? La glace. Encore. Encore. Encore. Qu'ils le laissent à la mort. Pitié. Qu'ils le laissent mourir une bonne fois pour toute. Le froid le mordit, le figeant dans cette expression d'effroi.

A l'extérieur, un scientifique passa au rapport. Sur les dernières vingt-quatre heures, le sergent Barnes avait subi huit fois la procédure. Il la subirait encore seize fois de plus avant qu'on lui offre ce qu'il devait désirer plus que tout. Un instant de répit.

- Les équipes tournent-elles correctement ?

- Huit équipes différentes ont été employé. Seize autres équipes sont prévus.

Le soldat était aveuglé pendant toute la procédure, mais il était capable de reconnaître une personne sur d'infimes détails. A la fin des roulements, il ne devait plus avoir la moindre idée de la date. Il ne devait plus avoir le moindre repère temporel. De l'avis du scientifique, une seule procédure suffisait, mais si on lui ordonnait d'en faire mille, il en aurait fait subir mille à ce pauvre corps de plus en plus affaibli et à la conscience détruite.

La lave, encore, qui se répandait sur lui, forçant le sang à circuler à nouveau dans ses veines. Sa peau était sensible, douloureuse, irritée. Ses mains tremblaient. Ses mains. Deux mains. Pourquoi avait-il deux mains ? Bucky entrouvrit les yeux. L'eau lui faisait mal. Il fut traîné jusqu'aux chocs électriques, son esprit fut soumis aux ars de douleur, il hurla, encore et encore.

- Soldat ?

Bucky eut un instant de doute, aussitôt, le technicien relança les décharges. Sans le mors entre les dents, il se mettait en danger. Une partie de son esprit le savait. Il fallait faire … Il fallait … Où était-il ? Il convulsait. Il ne voyait plus rien, il se sentit partir et l'instant d'après, il revint à lui soumis à multiples coups violents.

- Soldat ?

Il tenta de pousser les mots dans sa gorge, mais les chocs reprirent avant qu'ils ne sortent. Qu'aurait-il dit ? Le résultat aurait sans doute été incohérent. Au moment même où les personnes qui observaient la scène eurent l'impression qu'il faiblissait, qu'il était prêt à offrir quoique ce soit pour que cela cesse, ils firent un signe de tête et une aiguille s'enfonça dans son corps.

- Attachez le plus solidement. Conseilla l'un d'entre eux.

Le temps que les techniciens aient serré les dernières sangles, le sergent Barnes, leur soldat, commença à leur donner du fil à retordre. Il remuait. Il tentait activement de se dégager alors que les hurlements lui déchirer la gorge. Il se blesserait contre ses liens : peu importe. Ils ne lui injecteraient pas le contre-poison avant que sa gorge ne laisse plus rien échapper d'autres que des croassements indistincts. Ça arriverait. Ça arriverait tôt ou tard.

Les scientifiques, les gardes et les techniciens quittèrent la pièce, la fermant à double-tour : au cas où. Dans la poitrine de Barnes, son cœur s'emballait avec des hoquets balbutiants. Par moment, il ralentissait avant de repartir, bondissant d'effroi. Il était attaché. Il ne pouvait pas bouger et ils étaient là, tout autour de lui. Ce n'était pas possible. C'était encore son cerveau pourri qui lui jouait des tours, se dit-il dans un sursaut de lucidité, mais ils étaient là, un peu trop réel pour qu'il puisse se convaincre du contraire. Ce n'était que la drogue. S'il avait été pleinement lucide au moment de l'injection, il aurait peut-être pu être assez auto-discipliné pour ne pas en devenir fou. Mais lucide, il ne l'était plus depuis bien trop longtemps.

Il y avait un bébé qui pleurait dans un coin. C'était tout juste un nourrisson. Couvert de sang. Sa mère était une jolie jeune femme blonde comme les blés portant un petit tailleur qui essayait de la faire passer pour plus riche qu'elle ne l'était. Elle se tenait à quelques mètres de lui. Par terre. Eviscérée. Il le savait même si ça position, désarticulée au possible cachait son ventre. Il le savait car c'était son couteau qui s'était enfoncé dans sa chaire, l'invitant à répandre ses boyaux hors de son corps. Elle n'était pas morte sur le coup. Il fallait du temps pour ces choses-là avec ce type de blessures. Il voulait qu'elle fasse du bruit pour que son mari se lève, qu'il vienne et observe sa femme, agonisante, et leur petit, qui pleurait encore. A l'instant où il passerait la porte, il tuerait l'enfant, il regarderait l'horreur se peindre sur son visage puis, tranquillement, il l'achèverait parce que telle était la mission. La mère remua jusqu'à se lever, traînant ses entrailles à sa suite. Attaché, Bucky se mit à hurler plus fort encore tout en tentant de se dégager. Il n'y arrivait pas. Le bébé ne pleurait plus. Son cou s'était ouvert, il y avait du sang de partout. Le mari était dans un angle, déjà mort. Et elle, elle avançait toujours alors que l'autre côté du lit, une autre voix hurlait.

- PITIE ! PITIE !

Des coups de feux, d'autres voix et elle qui avançait toujours. Il s'en souvenait. Elle était déjà morte. Il était resté assis dans l'ombre, à la regarder souffrir. Elle disait …

- Mon bébé. Ne faites pas de mal à mon bébé.

Il sursauta alors que ses cheveux blonds frôlèrent son visage. Elle était en train de le lui chuchoter directement à l'oreille, provoquant mille frissons. Mon bébé. Ne tuez pas mon bébé. Il trembla plus fort, suffoquant presque alors que son cœur ne suivant pas le rythme et que les visions d'horreur s'enchaînaient. C'était lui. C'était lui qui avait fait tout ça. Elle embrassa sa joue et lui chuchota :

- Tu n'oses pas me regarder ? Tu préfères m'entendre chanter ? Comme tu veux. Après tout, c'est toi qui as le pouvoir. Tu es tellement fort. PITIE ! Pas mon bébé ! Pitié ! Ah !

Il suffoquait. De l'autre côté de la porte, par un hublot, un technicien regardait de temps à autre. Le Sergent Barnes était seul dans la pièce, entrain de hurler et de se débattre contre ses propres démons intérieurs. Ça prendrait du temps. Beaucoup de temps, mais il en ressortirait affaiblit et malléable au possible. Il referma le hublot au bout d'un moment. Voir ce genre de terreur sur le visage d'un soldat de l'hivers, d'un soldat froid et éteint habituellement, c'était dérangeant. Ça avait beau se présenter sous la forme d'un flacon, c'était le diable sous forme. Voilà tout.

- Avez-vous préparé la pièce suivante ?

- Oui, tout est prêt pour les deux protocoles suivants. Les équipes se reposent pour pouvoir enchaîner.

- Bien. Elles devraient avoir quelques heures. Si elles ont besoin d'une pause, qu'elles le fassent savoir. Nous le mettrons en caisson. C'est encore tout à fait possible à ce stade.

Les scientifiques se firent un sourire entendu, pour le moment, l'épuisement ne les aidait pas plus que ça. Viendrait un moment où cela s'ajouterait pleinement aux tortures en cours. Pour leur part, ils venaient de gagner un repos bien mérité, alors ils s'éloignèrent avec l'impression du travail bien fait alors que derrière eux, la porte fermement close ne parvenait pas à étouffer les cris.