Disclaimer : Toujours pas à moi :) Je ne fais que les emprunter pour notre bon plaisir !

Rated : M, l'histoire traite de thèmes lourds.

note : c'est un peu un chapitre bilan … Histoire de voir où l'on en est à l'extérieur ! Je me suis régalée à l'écrire et j'espère qu'il vous plaira même si on ne voit ni Bucky, ni Wanda.

Chapitre 22 :

Steve ne frémit pas en entendant les balles siffler non loin. C'était des snipers alliés. Il avait pris l'habitude d'être ainsi couvert avec Bucky. Bucky était un excellent sniper, sans doute pas le meilleur mais il était bien assez bon pour le sauver, encore et encore. A chaque fois qu'il entendait ce bruit, si caractéristique, il repensait à son compagnon d'arme et ami, il repensait à leurs missions ensembles, … Alors son cœur se serrait à l'idée d'être là au lieu d'être en train de les chercher, mais Tony avait peut-être raison au fond.

Lorsque Steve avait gagné les rues, le peuple était désespéré. Ils se tenaient tapis dans leurs maisons, cherchant à les défendre individuellement. Les barricadant de leur mieux. Mais la défense était molle, désorganisée et le peuple, abattu. Ce jour-là, lorsque le ciel se noircit d'envahisseurs, d'ennemis meurtriers, les cris qui avaient résonné n'étaient pas pleins d'angoisses. Ils étaient comme abasourdis et soulagés à la fois. Quelqu'un avait crié :

- Captain America. Il est là !

C'était un homme d'âge mur qui avait prononcé cette phrase avant de s'écrouler, en larmes, tout en demandant « pardon ». Ce fut à ce moment-là que Steve avait compris, mieux que jamais, ce que c'était « Captain America ». Un symbole, une entité qui le dépassait totalement, un espoir aussi. Ces gens n'avaient pas besoin de Steve Rogers mais de Captain America. Ils avaient besoin de leur symbole et leur héros. Alors Steve était resté.

Très rapidement, les choses s'étaient organisées puis, ils avaient commencé à apparaître. Ce n'était pas ses anciens compagnons d'armes, il y avait bien trop longtemps qu'ils étaient décédés malheureusement. C'était leurs enfants, leurs petits-enfants, des générations qui avaient grandi en entendant parler de lui et qui aujourd'hui décidait de rejoindre le front où il tenait position. Avant même de comprendre, il s'était retrouvé à la tête d'une petite armée. Les snipers couvraient les hauteurs, protégeant les unités les plus avancées et les renseignant sur les mouvements de l'ennemis. Des soldats, des volontaires et des fous en tout genre, car il fallait l'être pour se déplacer dans ces rues, protégeaient les habitations … Lorsque les vagues d'ennemis se calmaient, ils évacuaient les familles vers des abris, abris en cours de construction pour la plupart. C'était surtout des parkings souterrains entièrement réaménagés et sécurisés. D'autres genres de vétérans, des personnes qui ne pouvaient plus ni courir, ni crapahuter dans les rues en protégeaient les entrées. Les fauteuils roulants et béquilles, les blessures invisibles qui détruisaient un homme tout aussi bien que n'importe quel obus, elles ne les empêchèrent pas de se mettre en travers des entrées, derrière des barricades.

Captain America ne les avait pas appelés, il ne les avait pas convoqué et il n'avait pas pris la peine de faire l'un de ces grands discours de motivation à base de « j'ai besoin de toi ». Mais il était là et ça suffisait à leur donner tout le courage du monde.

Alors bien-sûr, Steve n'était pas insensible à leur effort. Il trouvait ça beau de bien des manières. Il était tout particulièrement ému par l'entraide qui s'organisait. Néanmoins, les balles des snipers étaient aussi un rappel constant. Bucky et Wanda avaient disparu. Son ami s'était encore une fois évaporé. S'il n'avait pas eu véritablement confiance en Tony pour remplir la mission de les chercher au moins aussi bien que lui et peut-être même mieux, il n'aurait jamais tenu. Jamais aussi longtemps, mais chaque minute qui passait était un peu plus difficile que la précédente. Souvent il se retrouvait ainsi, perdu dans ses pensées, ses regrets et son amertume. Sam le surprit en se mettant à parler, juste à côté de lui.

- Steve ?

- Hum ?

- Il y a du grabuge dans la ville d'à côté. Natasha dit qu'ils ne tiendront pas sans renfort.

- Rejoins-les. Emmène tous les combattants que tu peux avec toi, prenez l'un des hélicoptères.

- Est-ce que tu viens ?

Steve réfléchit rapidement. Il se tenait au milieu d'une ville en décombre. Les assaillants avaient été particulièrement rudes par ici, sans qu'ils n'arrivent à découvrir pourquoi. Peut-être s'étaient-ils lassés finalement ou peut-être que ce n'était qu'une diversion pour mieux revenir.

- Pas aujourd'hui. S'ils arrivent, on ne reviendra jamais à temps, je préfère assurer les choses.

- Ok, profites en pour dormir alors. Tu as l'air épuisé.

Epuisé, le super soldat l'était. Ce n'était pas tant qu'il ne parvenait pas à prendre de pauses. Non, en faites, les envahisseurs avaient soudé la population, mais ils avaient fait plus que ça. Hulk était réapparu et tout les petits supers héros des environs s'étaient dressés un peu plus fièrement eux-aussi. Spiderman avait tissé une énorme toile et on disait qu'il réussissait à lui tout seul à bloquer certaines des plus grandes vagues. Alors au final, Steve n'avait qu'une petite série de front à gérer et il pouvait se permettre de dormir, de prendre du repos, de se laisser aller à la fatigue pour revenir plus fort encore. Le problème, c'était que dès qu'il fermait les yeux, il les voyait.

Ça commençait toujours de la même manière. Wanda et Bucky étaient dans l'héliporteur en pleine attaque. La jeune femme lui criait :

- Va aider Sam ! Je m'occupe de trouver Bucky ! Ne t'inquiètes pas pour lui.

Et lui, comme un idiot, il acceptait pourtant dans la suite de son cauchemar, il ne s'éloignait pas. Il la suivait, incapable de bouger, de réagir ou de la prévenir. A force de crier son nom tout en errant à travers les couloirs, Wanda trouvait le soldat. Le bruit des explosions à l'extérieur étaient violents et Bucky dérapait, il se perdait dans les flashbacks. A le voir se tapir, comme pour se mettre à couvert alors qu'il n'était ciblé par aucun ennemi direct, Steve comprenait. C'était comme une révélation et pourtant c'était quelque chose que Tony avait dite il y avait si longtemps qu'il aurait dû l'intégrer depuis. Il l'entendait encore, mais ce n'était pas le cas de Wanda.

- Son cerveau a grillé trop de fois ! C'est un danger public et vous le savez. Ok, ok, je tairais l'évidence. Je resterais spectateur pour vous voir vous écraser ridiculement sur la réalité, Captain.

C'était comme un ultime avertissement. Bucky était fou. En le voyant relever le visage, avec ses yeux vitreux, Steve se demandait comment il avait pu ne pas le voir avant. Bucky avait perdu l'esprit. Alors il essayait de la prévenir, mais sa voix ne parvenait pas à sortir. Il n'arrivait pas à lui hurler de s'éloigner et Wanda s'approchait. Lorsqu'elle se trouva a porté de main, Bucky attrapa son cou et le serra. Avant qu'ils ne puissent faire quoique ce soit, un craquement sec résonnait. C'était le cou de Wanda qui se brisait comme une allumette. Elle tombait, raide morte, alors qu'à l'extérieur les explosions s'enchainaient et que le vaisseau sombrait, s'écrasant. La sensation de chute était envahissante et lorsqu'ils touchèrent le sol, ils volèrent. Bucky était toujours vivant, coincé sous un débris trop important. Il hurlait tout en se débattant, oubliant les blessures qu'il s'infligeait. Fou furieux. Les ennemis étaient relativement loin de lui, mais l'héliporteur coulait lentement alors qu'il restait coincé. Tout doucement, l'eau envahit le couloir et Steve était toujours incapable de faire quoique ce soit. Alors il resta, là, immobile à regarder son meilleur ami se noyer.

Lorsqu'il se réveillait en sursaut, il voulait tout sauf se recoucher. Il acceptait tout sauf d'y retourner. Parfois il se disait que Tony avait raison. Ils étaient tous les deux morts, c'était la théorie la plus logique qui soi après tout. Ce n'était ni bizarre, ni dément, ils étaient plusieurs à s'être fait vraiment très peur ce jour-là. Ils étaient morts et en étant égoïste, il faisait perdre du temps à Tony et par la même, il l'empêchait de sauver un grand nombre de personne. C'était injuste et cruel de sa part et pourtant … Pourtant c'était important. Pourtant si Tony arrêtait, il irait les chercher à sa place.

Puisqu'il n'y avait exceptionnellement plus d'ennemis à cette heure-ci et qu'il ne voulait définitivement pas dormir pour l'instant, il décida d'aller aider autrement. Ce qu'il avait à faire, ce n'était pas quelque chose de « sympathique ». C'était du pillage, vulgairement. Une partie de la ville avait été particulièrement éprouvée et ils avaient fini par l'abandonner. Plus personne n'y allait, c'était trop dangereux. En cas de nouvelle vague, cela voulait dire que l'on se retrouvait pris d'assaut directement, sans position sécurisée, sans renfort, sans rien du tout. En soit, ils auraient pu essayer de reprendre cette partie de la ville, mais après de longues et pénibles conversations, ils avaient préféré se regrouper sur une petite surface pour plus facilement la protéger. Quelques gros parkings souterrains et des lignes de maintenance un peu de partout. Ils creusaient pour relier les différents pôles. Bientôt, ils auraient une véritable petite ville souterraine digne de ce nom.

Le plus gros problème, en dehors de la sécurité, des maladies et des morts, c'était les ressources. Alors quand il le pouvait, Captain America filait dans ces zones décharnées et il pillait ce qui existait encore. Dans l'un des bâtiments à l'extrême limite de la zone, il avait stocké plusieurs énormes sacs à dos, des soldats, bien courageux, venaient les chercher lorsqu'ils étaient pleins dans un jeu de relais étranges.

Steve ne rentrait pas dans les boutiques de luxes, dans les bijouteries ou les banques. Par contre, il avait déjà fait le tour et vidé la quasi-totalité des pharmacies et leurs souterrains. A présent, il continuait avec les cabinets médicaux en tout genre. Dans les appartements individuels, il vérifiait les boites à pharmacie. Il cherchait du lait premier âge, de l'aspirine, des antibiotiques et des traitements plus complexes encore que ce soit pour les maladies de cœurs, les problèmes de tyroïdes ou de diabète. A l'intérieur des parkings aménagés, on manquait de tout, d'eau et de nourriture bien-sûr, mais également de confort, de quoi avoir chaud, … Transporter des couvertures de survie, ce n'était pas dur. Elles tenaient dans de petites pochettes, Natasha leur en avait ramené des stocks complets. Mais faire dormir un bébé emmailloté dans une couverture de survie, c'était loin d'être idéal. Transporter des lits, des sommiers, des matelas, lorsque les ennemis pouvaient revenir à tout instant, c'était plus délicat. Les plus courageux sortaient des abris dès que le ciel semblait s'éclaircir et ils pillaient les bâtiments aux alentours. A présent, ils n'avaient plus rien à rapporter en dehors du mobilier … Ces gens là n'étaient pas inactifs, loin de là même. Ils avaient construit les fortifications, des bacs pour épurer l'eau de pluie et de véritables jardins potagers s'étendaient de partout où la lumière le permettait. Ils voulaient survivre. Vraiment.

Dans la pire partie de la ville, Captain courrait. C'était devenu une habitude, parmi les denrées dont ils manquaient drastiquement, il y avait toujours le temps. Alors il se dépêchait, il trouva finalement un bâtiment administratif contenant une immense cantine. Il y pénétra, enjambant les décombres et les pans de murs, pour trouver leur stock. Là il put remplir son premier sac de sachet de riz, il l'installa sur son dos et entreprit de remplir le second qu'il porterait de façon ventrale. Puis, le troisième et le quatrième serait à bout de bras. Le problème était moins le poids que la place. Dès qu'il le put, il repartit en courant jusqu'au point de relais où il déposa son paquet. Du riz et des pates. Là, il tira un rideau pour signaler aux collecteurs qu'il avait apporté des choses. Le trajet total de la cantine au point de relais faisait plusieurs kilomètres, mais il y retourna aussitôt. Le riz, les pâtes, les denrées premières étaient importantes bien-sûr. Mais le moral l'était tous autant alors ramener du chocolat en poudre, des biscuits, des épices, c'était important même si ce n'était pas particulièrement vital. Les abris avaient beaux essayer de faire pousser des choses, il faudrait peut-être des années avant qu'ils ne soient autosuffisants s'ils le devenaient un jour. En attendant, l'apport de ressources extérieurs était nécessaire.

C'était ce genre de pensée qui détruisait un peu plus Steve. Des années ? Oui, ils étaient partis pour vivre dans un nouveau monde. Les premiers jours après l'attaque, alors qu'il était encore en mer à chercher Bucky et Wanda, les autres avaient tenté de déterminer d'où venait les ennemis, vers qui remonter, comment trouver le chef et l'éliminer. Seulement voilà, ils n'avaient rien trouvé de concret ou plutôt si : ils pouvaient déterminer les zones d'attaques et leurs horaires. Sans vaisseau spatial ou plutôt sans une flotte tout entière ils ne pouvaient rien de plus. L'ennemi venait par vague d'autres planètes du système. Comment ? Pourquoi ? Ils n'en savaient rien. Et ils n'avaient pas de flottes. L'attaque était tellement massive qu'elle avait déjà détruit et désorganisé entièrement les armées du monde entier. Les missiles, tout ce qui aurait pu réellement aider, avait été détruit lors de la toute première vague.

C'était à ce moment qu'ils l'avaient compris pour la première fois. Ils ne pourraient pas les arrêter. Ils pouvaient juste y résister et sauver des vies. Rien de plus.