Disclaimer : Toujours pas à moi :) Je ne fais que les emprunter pour notre bon plaisir !

Rated : M, l'histoire traite de thèmes lourds.

Chapitre 23 :

Un genou au sol, il restait passif dans une position précaire et pourtant totalement immobile. Les micros mouvements pour rester en équilibre étaient si discrets qu'il n'avait pas l'air d'en faire comme si le soldat de l'hivers s'était soudain transformé en une véritable statue de glace. Cela faisait plusieurs heures déjà qu'il tenait ainsi alors que la fatigue était éreintante. On lui avait dit de ne plus bouger alors il obéissait tout simplement.

C'était un peu étrange, cette immobilité parfaite au milieu de ces soldats qui courraient dans tous les sens et de ces scientifiques, un peu trop occupés à se disputer en hurlant à moitié. Certains parlaient russes, d'autres répondaient dans d'autres langues mais tous semblaient se comprendre.

- Ils ne sont pas prêts !

- Si tout est détruit, ils n'auront jamais à l'être. Est-ce que c'est ce que vous voulez ?

- S'ils montent et rejoignent l'ennemi, ce ne sera pas mieux ! Vous êtes inconscients !

Ils s'arrêtèrent un moment, se dardant méchamment du regard. Plusieurs scientifiques défendaient des positions drastiquement opposées et le problème était bien-sûr qu'elles étaient toutes des plus défendables. A l'extérieur, la guerre qui faisait rage sur toute la surface du globe venait de s'abattre sur eux. S'ils voulaient préserver leur mode de vie, ils devaient se défendre. S'ils voulaient jouer la sécurité, il suffisait de condamner la base et d'abandonner la partie civile qui était à l'extérieur. Hydra y perdrait de très nombreux appuis, ce serait une défaite, mais le genre de défaite dont on peut se relever. Enfin, s'ils voulaient se défendre, ils pouvaient décider d'envoyer plus ou moins d'optimisés en sachant que certains pouvaient leur faire défaut au pire moment.

- Et lui ? balança l'un d'entre eux en montrant le soldat de l'hivers du doigt.

- Lui, pourquoi pas, à la limite … Mais il faudra qu'il reste sous surveillance et qui sait ce qui peut se passer là-haut.

- Qu'il soit armé et envoyé. Demander à des gardes de le surveiller.

Aussitôt, l'un des gardes se mit en mouvement alors que le gradé qui gérait le plus souvent le soldat de l'hivers donnait ses ordres. L'ennemi était déjà sur eux, il était trop tard pour jouer aux snippers, alors il fut autorisé à prendre des armes à courtes portées et une série de couteau. En russe, le supérieur lui aboya ses consignes que le soldat mémorisa sans difficulté. C'était l'une des rares choses qu'il parvenait à retenir sans mal. Sa mission. Il aimait avoir des missions, quelles soient courtes ou longues. Il aimait y penser, s'y rattacher et quand il se sentait partir, il suffisait qu'il repense à sa mission pour se sentir mieux. Plus serein en tout cas.

Un patch lui fut collé au creux du bassin, sous sa ceinture. Il ne demanda pas ce dont il s'agissait, parce qu'un soldat n'a pas à poser de questions. C'était tout aussi simple que ça. Il ne tressaillit pas, lorsque la porte du grand ascenseur s'ouvrit et que les bruits de guerre éclatèrent dans ses oreilles, parce qu'un soldat est prêt à faire face à n'importe quel ennemi. Il n'eut pas le moindre doute avant de se mettre lui-même à tirer, parce qu'un soldat tue les ennemis désignés. Ce n'était pas bien difficile, en faites, c'était même d'une incroyable facilité. Il aimait que les choses soient simples.

Les gardes qui étaient censés le suivre étaient lents, pas assez entraînés et vraiment pas préparés à combattre à ses côtés, mais ce n'était pas un souci. Il avait reçu l'ordre de tuer autant d'ennemis que possible, rien de plus. Eux, ils devaient le suivre. Ce n'était pas sa mission que de les garder à côté, alors il fila, se battant à son propre rythme et les laissant se débrouiller.

Au-dessus de la base souterraine, il y avait deux étages de parkings enfoncés sous terre puis encore un étage en dessous de la surface, destiné aux pièces de sécurités. Au-delà, c'était le dôme. C'était un hôtel immense composé de pièces de communes dédiées aux soins et d'appartements. La surface externe du dôme était faite d'un alliage particulièrement résistant mais laissant passer la lumière. A chaque étage, cette face externe était longée par un long couloir, comme un chemin de garde. Les appartements étaient réunis au centre, derrière les salles de soins, ainsi, les habitants étaient les derniers exposés en cas de problème. Pour des raisons de bien-être et de confort, entre chaque appartement se dressait un potager fleuri. C'était des lieux de repos et de beauté qui permettaient aux habitants de bénéficier de fenêtres avec une vue sur la nature.

De ce dôme aussi immense que beau, Bucky ne vit pas grand-chose. Les combats se concentraient sur le toit et sur quelques points de fragilités du dôme qui avaient été brisés. Il courut jusque là et n'hésita pas une seconde avant de faire feu entre les autres soldats. Il visait juste et il n'éprouvait ni doutes, ni remords. Les ennemis avaient une allure étrange et lorsque les balles les atteignaient, ils paraissaient étrangement mous, comme s'ils étaient spongieux. Peu importe. Bucky déblaya l'une des ouvertures et avança jusqu'au bord. Il y avait près de dix mètres de vides, ce n'était pas impossible à franchir. Il fallait juste se réceptionner correctement, répartir le choc, rouler, … Mais une fois au sol, il serait plus loin de l'action et ses armes n'étaient pas destinées à ça.

Il observa le dôme, de légères marques séparées les plaques. Ce n'était presque rien et pourtant, ce fut ce qui le décida à franchir le pas et à se jeter de l'autre côté de la paroi. Dans les étages c'était la panique ce qui rendait toute progression difficile et le plus gros du combat se déroulait au sommet. Il suffisait de monter et c'est ce qu'il fit, s'accrochant aux marques de fers qui formaient de petits dénivelés sur près d'un centimètre. C'était suffisant. A l'arrière, il entendit les gardes qui criaient, mais il ne s'en soucia pas davantage. Ils n'avaient qu'à le suivre après tout.

Quand il fut assez haut pour que le dénivelé soit plus confortable, il se retourna comme s'il n'avait pas peur de tomber et peut-être n'avait-il réellement aucune crainte. Là, il s'installa simplement sur la surface externe du dôme, y posant ses fesses et leva son arme pour tuer un maximum d'ennemis. Il avait deux portes de sorties logiques s'il attirait trop l'attention. La première, une fissure dans le dôme, sur la plaque d'à côté. La seconde : le vide devant lui. Il suffirait de sauter.

Néanmoins, les ennemis étaient surtout occupés par le toit. Là, c'était une grosse dizaine de personnes, des combattants dignes de ce nom qui s'étaient installés sur l'héliport. De temps à autres, le soldat de l'hivers pouvait voir des manifestations qu'il ne comprenait pas émaner de ce toit. Des gerbes d'énergies, des volutes rouges qui déplaçaient ou broyaient leurs ennemis. Cela semblait plutôt efficace.

Comme il s'y attendait, son premier problème fut le manque de munitions. Sous sa position, les cadavres s'empilaient quelques mètres plus bas. Il était diablement efficace, mais il devait se rééquiper, alors il passa la fissure après l'avoir légèrement élargie à grand coup de pied et se mit en quête d'une arme ou au moins de munitions compatibles. Ce n'était pas bien difficile. Les rares ennemis qui avaient réussi à pénétrer le dôme avait fait un carnage chez les gardes et autres soldats. Les civils devaient, pour la majorité, être terrés dans des pièces fortifiées. Il attrapa une arme, puis une seconde et une troisième. Il les dépouilla de leurs munitions et reprit son ascension. Lentement mais surement, il gagnait le toit.

Sur le chemin, il trouva quelques civils blessés cherchant à regagner les bunkers promis, quelques étages en dessous. Il les contourna sans y faire plus attention.

- Pitié ! Pitié aidez-nous !

Le soldat s'éloigna, levant son arme et abattant les ennemis. Il disparut par un escalier de service abandonnant cette famille. Ils n'étaient pas sa mission, tout simplement. Arrivés en haut, surgissant au milieu des combattants il fut mis en joue par un garde qui protégeait cette entrée puis l'homme souffla en comprenant que ce n'était rien de plus qu'un humain. Le soldat de l'hiver ne s'en formalisa pas et gagna une position qui lui permettait de faire ce qu'il devait.

Il se concentrait surtout sur les ennemis. Ils volaient. C'était étrange, presque ridicule et pourtant, l'ennemi venait du ciel et il suffisait de l'abattre. Le recul de son arme, répété inlassablement depuis plus d'une heure à présent, allait finir par lui laisser une marque dans l'épaule, mais ce n'était rien. Il en avait l'habitude, en faites, il trouvait ce contact étrangement réconfortant.

Autour de lui, les autres semblaient faiblir et tout particulièrement la femme, celle qui faisait bouger l'énergie rouge. Par moment elle s'écroulait littéralement. Il la surveillait, sans y faire plus attention que ça, pour savoir quand est-ce qu'elle ne le couvrirait plus. Il n'aimait pas ce genre de surprises. Il préférait les armes à feux, elles étaient généralement plus fiables. Lorsqu'elle s'écroula totalement, un garde vient l'aider à se reculer du bord, le temps qu'elle se repose.

Ce fut à ce moment-là que Wanda, totalement épuisée, vit Bucky. Il était là, tirant rafales sur rafales avec cette absence de toute émotion plaquée sur le visage. Ce n'était pas Bucky. C'était le soldat de l'hivers, un soldat qui ne l'avait sans doute même pas reconnue.

Autour d'eux, le ciel s'obscurcit. Des gardes géraient les réapprovisionnements en munitions mais également en eau et en nourriture. Bucky n'avait rien accepté en dehors des balles. En l'observant, Wanda remarqua qu'à chaque tir, l'un des ennemis tombait. Son arme n'avait pas l'air des plus précises et pourtant, il faisait mouche à chaque fois. Le soldat de l'hivers était létal.

Durant la moitié de la nuit, ils repoussèrent l'ennemi, puis alors que le dernier d'entre eux tombait, Bucky tourna les talons pour rejoindre sa base opérationnelle. Elle n'osa pas l'interpeller. Il passa simplement devant elle, sans lui jeter le moindre regard. Elle tremblait tellement qu'un soldat eut pitié d'elle et l'aida à descendre à son tour. C'était la peine. C'était l'épuisement. C'était la colère aussi. Elle avait combattu et tué pour Hydra. C'était la première fois, mais elle comprenait que c'était lourd de conséquence. Elle avait l'impression d'être marquée au fer rouge, comme si elle venait d'embrasser la pire des causes.