Quelques jours étaient passés, Daisy commençait à réellement afficher les effets de ses nuits passées à dormir grâce au stock de potions de sommeil sans rêves. Elle avait retrouvé des couleurs et de l'entrain, même si son visage restait toujours fermé et ses yeux tristes. On approchait peu à peu de la fin Septembre et donc du départ pour Paris des septièmes années. Daisy c'était enfin décidée à participer réellement aux cours, faisant gagner quelques points à sa maison et elle avait repris ses habitudes de trainer à la bibliothèque le soir.

Cette journée-là justement, elle y était et comptait bien y rester jusqu'au couvre-feu, lisant des livres de généalogie. Elle savait qu'elle était originaire d'une famille sang pure non inscrite à l'index, et donc par conséquent, que son statut lui avait souvent été contesté. Elle voulait voir jusqu'à quel point, elle savait à peu près tout ce qu'il y avait à savoir sur les Ironwood, par contre elle ne savait quasiment rien sur la famille de sa véritable mère. Retrouver son nom de jeune fille avait été une sinécure dans les carnets et les journaux de son père, la majeure partie ayant été saisie par les Aurors, exception faite de ceux qu'elle avait prélevé avant leur arrivée. Elle avait justement avec elle, l'un d'eux, celui qui parlait de Calpernia, sa belle-mère.

En menant ses recherches, elle découvrit que Calpernia Ironwood était née De Valette, une famille Française au sang pur. Elle comprit tous ces cours de langue française qu'elle avait eu, étant plus jeune, ainsi que les interminables séances à étudier la bienséance. Des méthodes moyenâgeuses et totalement obsolètes, mais sa famille avait toujours vécu dans le passé.

Elle ne trouva pas de traces d'un autre sorcier De Valette dans les livres de Poudlard, ça ne la surprit que peu, elle se trouvait sur les îles Britanniques, les livres de l'école mentionnaient surtout les familles sorcières locales. Une idée germa dans sa tête : profiter du voyage à Paris pour aller consulter les archives Française. En tant que descendante des De Valette, du moins officiellement, elle en avait le droit. Elle apprit aussi dans le journal qu'elle possédait, que Calpernia Valette était arrivée en Angleterre accompagnée d'une ses plus vieilles amies, amie qui fut témoin de ses noces et qui fut marraine de Josh, jusqu'à sa disparition pendant l'année 1979, ne réapparaissant que pour ses propres funérailles, dans un cercueil, fin aout 1980.

- Antaria Saunières… Grogna Daisy en fermant le carnet pour le ranger dans son sac.

Elle entreprit ensuite de remettre à leur place, les différents livres sur la généalogie qu'elle avait utilisés, sans rien trouver de probant. Puis en se penchant, elle entendit le professeur Rakepick et la bibliothécaire : Mme Irma Pince, en train de débattre sur un sujet qui lui tenait à cœur, dans l'entrée de la Bibliothèque. Elle sourit à l'ironie, la bibliothécaire qui faisait la chasse au moindre bruit, était en train de tenir un débat houleux avec un professeur dans son "sanctuaire".

- Une honte pour cette école, accepter les enfants des Mangemorts, après tout ce qu'il s'est passé. Déclara Patrica.

- Allons Patricia… ça pourrait être pire, un professeur pourrait aider un élève à enfreindre plusieurs fois le règlement. Répondit Irma de manière sarcastique.

- Espèce de…

- Faites attention à ce qui va suivre, Patricia. Lui intima Mme Pince.

Daisy choisis ce moment pour faire son apparition, se dirigeant vers la sortie. Elle savait qu'elle les interrompait, mais c'était voulu. Ses deux parents avaient été Mangemorts, ça ne fait pas d'elle un mage noir pour autant. Elle fixa Rakepick de ses yeux bleus, la tristesse se muant en colère.

- Un problème, Miss Ironwood ? Demanda Rakepick hautaine.

- Mme Pince, puis-je parler librement d'un professeur ? Demanda Daisy.

- Faites donc, Miss Ironwood. Mais je vous prierais de ne pas le faire trop fort pour ne pas déranger ceux qui travaillent encore.

- Merci. Elle fixa Rakepick. C'est à cause de gens comme vous que les Mangemorts pourraient réapparaitre. A trop répéter aux gens qu'ils sont mauvais, ils finissent par le devenir. Dit-elle, légèrement énervée, avant de reprendre sans laisser Rakepick en placer une, continuant de vider son sac. Je croyais que Poudlard était un lieu d'enseignement, mais avec des professeurs comme vous on aura qu'une nouvelle génération des mages noirs et une nouvelle guerre.

- Comment ose-tu ? Tonna Rakepick. Trente points en moins pour Serdaigle.

- Sans vouloir vous offenser, Patricia. Miss Ironwood a dit vrai, je vais lui rendre les points que vous lui avez retiré. Néanmoins je ne lui en donnerais pas de supplémentaires, même si elle les mérite, étant donné qu'elle n'a pas respecté ma demande.

Mme Pince fit signe à Daisy de filer de la bibliothèque. En marchant, Daisy compris un peu mieux le comportement du professeur Rakepick à chaque cours de défense contre les forces du mal. Elle refusait les réponses de chaque enfant de Mangemort, voire cherchait le moindre prétexte pour leur retirer des points, juste parce qu'elle les détestait. Elle grogna, elle savait qu'avoir tenu tête à une brise-sorts comme Rakepick n'était pas l'idée du siècle, mais elle refusait de continuer à supporter de se faire insulter pour les crimes de ses parents. Elle sera le poing, sa colère ressortant un peu, un des effets secondaires d'avoir retrouvé des nuits correctes de sommeil en étant aussi chamboulée, est que maintenant elle avait les nerfs à fleur de peau.

- Non mais qui a pu nous coller une prof pareille ? Grogna-t-elle.

- J'entends que Patricia Rakepick est toujours autant aimée. Ricana une femme.

Daisy s'arrêta et releva la tête. Une femme ayant une vingtaine bien entamée, très surement dans les âges du professeur Gray, se tenait devant elle. Cette dernière était assez grande, avait des cheveux noirs mis longs, coiffés en arrière, et des yeux violets qui fixaient Daisy. La brune remarqua immédiatement que la femme portait une tenue de sorcier noire ressemblant beaucoup à celles des élèves, exception faite qu'elle était en pantalon et n'avait aucune couleur de maison. Elle ne portait pas de cravate comme les élèves et avait sa baguette à sa ceinture comme le professeur Rakepick, Daisy remarqua néanmoins un bracelet aux couleurs de Serpentard.

- L'analyse est terminée ? Continua de ricaner la femme. Tu te demandais quoi ? Qui je suis ? Elle secoua son bracelet. Si je suis une Serpentard authentique ?

- Et bien… Juste la première question.

- Quelle timidité, je suis presque déçue. Dit-elle sarcastique. Dire que Sofia m'avait assurée que tu es une grande gueule. Elle tendit sa main. Merula Snyde.

- Daisy Ironwood. Répondit-elle en serrant la main.

- Il parait qu'on doit causer, mais pas ici.

Snyde guida Daisy à travers le château, cette dernière prenant le temps de poser son sac de cours dans son dortoir en passant. Elles traversèrent la grande cour, qui était encore peuplée d'élèves attendant la dernière heure pour retourner dans leurs dortoirs, puis le grand pont de pierre. Pendant leur traversée du château, Merula offrit son plus beau sourire à Argus Rusard. Ce dernier roula des yeux, espérant de tout cœur que je calvaire de l'époque Gray ne revienne pas. Une fois le grand pont traversé, Snyde offrit son bras à Daisy et elles Transplanèrent.

Elles réapparurent dans une vieille église Moldue, abandonnée depuis des siècles, dans les montagnes encerclant Poudlard. C'était une ruine n'ayant plus de toit depuis longtemps, il ne restait plus les murs qui étaient rongés par le temps. Toute la partie gauche était remplie d'urnes funéraires, Daisy senti qu'elles étaient scellées magiquement. La partie droite accueillais des tombes, scellées elles aussi, idem pour la Nef qui en accueillais deux.

- Ou sommes-nous ? Demanda Daisy.

- Dans une église Moldue, abandonnée depuis des siècles.

- Oui ça je l'ai remarqué, mais pourquoi sommes-nous là ?

- Sofia m'a parlé de tes… Petits problèmes de deuil.

Daisy soupira, comme si venir dans une église pleine de tombes allait l'aider à faire son deuil. Elle s'intéressa néanmoins aux sépultures. Commençant par les urnes, chacune avait un nom et une gravure symbolisant leur baguette dessus. Elle les lu, un à un, observant ces noms qu'elle ne connaissait pas. Ben Cooper, Angelica Cole, Liz Tuttle, André Egwu, c'était les noms sur les quatre urnes. Elle remarqua qu'elles avaient toutes été fleuries récemment.

- On a pu négocier avec leurs familles pour conserver leurs baguettes. Elles sont toutes dans les urnes.

- C'était vos amis ?

- On a tous laissé quelque chose dans cette maudite guerre… Soupira Merula. Ces quatre-là, je les ai haïs longtemps… Pourtant au final, j'ai été fière de combattre à leurs côtés.

Daisy continua, vers les deux tombes les plus proches de la Nef, remarquant à nouveaux les noms. Barnabé Lee et Chiara Lobosca. Elle regarda Merula.

- Barnabé était un ami… Soupira Merula. Mais il était issu d'une famille comme la tienne, alors on lui a offert une sépulture ici. Chiara c'est différent, elle aussi avait de la famille dans les rangs de Voldemort, mais elle était avant tout un Loup Garou.

Daisy resta silencieuse, se remettant un peu en question. Depuis la rentrée elle crachait son mal-être à tout le monde, elle n'était pas la seule à avoir perdu du monde. Elle se dirigea dans la Nef, regardant les deux dernières tombes.

- Rowan Khanna, sans doute l'amie la plus proche de Sofia. Commenta Merula. Une casse pied notoire qui voulait devenir fabricante de baguettes.

- J'en connais une qui aurait adoré la connaitre… Soupira Daisy.

Elle ne dit rien en voyant la dernière, comprenant tout de suite qui venait fleurir ces tombes. Elle était au nom de Béatrice Haywood. Elle était la seule à ne pas avoir de baguette gravée dessus, la jeune adulte s'interrogea mais ne dit rien.

- Un conseil… Ne parle jamais de Rowan et Béatrice à certains de tes professeurs.

- Je ne suis pas idiote… Soupira Daisy en cherchant la gravure manquante.

- Béatrice est la seule à être enterrée sans sa baguette. C'est Penny qui l'a.

Daisy ne dit rien, elle comprit ce que ces professeurs avaient perdu eux aussi. Leurs amis étaient tous enterrés ici, comme elle avait enterré son frère derrière le manoir familial, avec ses parents. Elle finit par regarder la grande tombe située juste à l'entrée, il n'y avait aucune forme pour un cercueil. Juste une stèle. Elle s'approcha pour la lire.

« Maudits soient nos traitres : Ismelda Murk, Felix Rosier et Jane Court. Puissiez vous être damnés à jamais pour nous avoir attaqué dans le dos et avoir causé la mort de la plupart de ceux qui reposent ici. »

Merula se mit à la hauteur de Daisy qui contemplais la stèle. Elle soupira alors que l'élève lui lançait un regard interrogateur.

- Tout est dessus… Elle soupira. Cette église nous a servi de QG. Quand Poudlard a choisi de se défendre on c'est tous réunis, on voulait prendre l'armée de Voldemort à revers et causer le plus de dégâts possibles. Elle marqua une pause en voyant Daisy qui assimilait les informations. Hélas pour nous… On a été trahis par Ismelda… Elle a rameuté ses deux potes mages noirs, qui avaient été nos préfets pendant notre scolarité, et le temps qu'on réagisse, on avait déjà quatre morts, dont Rowan et Béatrice, et une baguette brisée.

Daisy, qui n'était pas idiote, comprit tout de suite que ça avait été la baguette de Haywood, qui avait été brisée. Elle-même n'en revenait pas de la sauvagerie de cette attaque, quatre morts d'entrée de jeu, elle regarda les tombes. Trahis par quelqu'un en qui ils avaient confiance, Merula semblait être très perturbée après cette explication. La encore, Daisy avait deviné pourquoi avant même qu'elle le dise.

- C'est moi qui avais ramené Ismelda, on était de vieilles amies, même un peu plus… Soupira-t-elle. Et elle m'a trahie pour son Maitre… Elle pensait surement que vu mon ascendance, je prendrais surement part à son attaque…

- Vous êtes une fille de Mangemorts ?

- Les Snyde étaient des fidèles de Voldemort pendant la première guerre oui. Ils n'ont pas survécu à Azkaban.

- Alors vous savez ce que ça fait… Soupira Daisy.

- Oui je le sais… Elle la fixa dans les yeux, comme si elle arrivait à lire en elle. Et tu ne devrais pas le garder pour toi… Un jour où l'autre ça te pètera à la gueule si tu le garde.

- Pardon ? Demanda Daisy, tentant de feindre l'ignorance.

- Tu sais très bien de quoi je parle.

Daisy soupira, évidement qu'elle le savait. Mais c'était une réalité qu'elle refusait d'admettre et dont elle refusait de parler. C'était trop lourd encore, même si le passé de ses professeurs, particulièrement de Merula l'avait touchée. Elle comprit pourquoi Gray l'avait envoyé vers Merula, cette dernière était réellement la seule à pouvoir la comprendre dans tout Poudlard.

Elle s'apprêta à répliquer quand elles entendirent le « clac » d'un Transplanage. Penny, Sofia et Tulipe venaient d'entrer avec un homme roux. Ce dernier leur sourit, Merula se renfrogna en le voyant.

- Weasley. Dit-elle, neutre.

- Je vois que tu n'as rien perdu de ta politesse légendaire. Dit-il avec un petit sourire. Tu ne me présente pas à ta nouvelle amie ?

- Charlie, je te présente Daisy Ironwood, elle a vécu une épreuve… Similaire à la mienne.

- Je vois… Enchanté, Miss Ironwood. Dit-il avec un sourire. On s'est croisés à la bataille en Mai non ?

- Oui… Soupira Daisy.

- Mes condoléances pour votre frère, j'imagine que malgré ce qu'il était devenu… Il était quelqu'un de bien dans le fond.

Daisy fit un sourire des plus protocolaire au Dragozoologiste des Weasley. Il venait d'appuyer sur une plaie ouverte qui avait encore du mal à se refermer. Merula l'entraina dehors afin que les autres puissent se recueillir sur les tombes, patientant sur un banc de pierre. La jeune femme regarda la plus âgée, se posant quelques questions sur sa relation avec le rouquin.

- Ça me semble tendu…

- Charlie comme tous les autres… Morts ou vivants, c'était des amis de Sofia. Pas les miens.

- Vous étiez là que pour elle ? Pas les autres ?

- J'étais surtout une adversaire à l'époque pour eux. On était jeunes et cons… Soupira Merula. C'est après notre sortie de Poudlard que tout a changé, Sofia a donné un grand repas dans le vieux domaine des Gray. Elle m'y a invité, ce fut mon ticket d'entrée dans leur groupe, je n'en suis jamais partie depuis, même si on c'est tous dispersés aux quatre coins du globe.

- Il manque tant de monde ? Demanda Daisy.

- Certains ont quitté l'Angleterre après la guerre, voire même avant.

Daisy écouta l'histoire de ceux étant partis. Il en restait peu en Angleterre, voire même en Europe. Le massacre de la quasi-totalité de leur groupe lors de la bataille de Poudlard ayant été très dissuasif. Néanmoins elle apprit que Talbott Winger, l'Auror chargé de son dossier, en était lui aussi. Cette nouvelle ne réjouis pas réellement la jeune adulte. Elles Transplanèrent vers l'extrémité du pont de Poudlard quand Merula en eu marre d'attendre les autres. En traversant l'édifice de pierre, Daisy dévisagea son interlocutrice.

- Je suis sûre de vous avoir déjà vue… Soupira Daisy.

- Tu étais trop jeune pour t'en souvenir, je connaissais tes parents.

- Et vous ne pouviez pas me le dire plus tôt ?

- Ou était l'amusement ? Demanda Merula en souriant. Je préférais t'en laisser te souvenir.

- Et donc ?

- J'allais chez les Ironwood pendant mon enfance, très souvent. J'ai même bien connu ton frère, quand il est entré à Poudlard j'entamais ma cinquième année.

- Vos parents étaient amis avec les miens…

- De longue date en effet.

- Je vois…

- Tu devrais aller te reposer, on reparlera de tout ça un jour. En attendant réfléchi surtout à ce que je t'ai dit.

- J'y penserais…

Daisy retourna, penaude, vers la salle commune de Serdaigle. Elle fut accueillie par une Danika qui était énergique. La brune, qui était encore retournée, ne gouta pas réellement à l'enthousiasme de son amie.

- On va être libérés un Week-End pour retourner dans nos familles. Le professeur Haywood veux qu'on achète chacun au minimum une tenue Moldue.

- Génial… Soupira Daisy.

- J'ai pensé que tu pourrais venir chez moi. Déclara la châtaine.

- C'est gentil… Mais je ne suis jamais vraiment allée, chez des…

- Chez des Moldus ? Elle sourit. Ne t'en fait pas, mes parents sont briefés sur ce qu'ils ont le droit de savoir ou pas. De plus, leur contact au Ministère a étendu leur autorisation pour que j'ai le droit de raconter… Ce qui m'est arrivé… J'avais besoin de parler cet été…

- Je suppose que je n'ai pas le choix ?

- Pas vraiment, tu m'as sauvé la peau. Maintenant c'est à moi de te sauver de la déprime.