De retour, avec un peu de retard sur mon rythme prévu, pour un nouveau chapitre.

Aujourd'hui, un peu de passé de Daisy et la présentation du père exemplaire qu'elle a eu.


Daisy avait définitivement horreur de ce sortilège. La Légilimancie, utilisée par Talbott était invasive et l'obligeait à revivre certains passages horribles de sa vie. Elle se revit récupérer la canne de son père dans le grand bureau pendant le mois de Juin. Les baguettes utilisées à la bataille étant déjà saisies, elle savait qu'elle avait du temps avant que les Aurors viennent fouiller chez ses parents. Elle posa la canne sur le bureau, méthodiquement elle retira le pommeau qui était jumelé avec celui de la baguette qu'elle posa devant le corps de l'objet. Elle prit un moment pour observer la baguette de son père. Elle était faite en bois d'If, connu pour son pouvoir de vie et de mort, avec un cœur en crin de Sombral, choisissant ceux qui la côtoie. Une baguette de mort pour un meurtrier, elle correspondait parfaitement à son père. Bien plus que la baguette de Cerisier, qui par un coup du sort s'avérait être la jumelle de celle de Daisy.

Elle fit venir sa propre baguette qui était contenue dans sa manche, elle la pointa sur celle de son géniteur. Elle expira, elle connaissait le sortilège, du moins sa théorie, elle l'avait étudié pendant des heures dans des livres. Elle savait quoi faire.

- Prior Incanto.

La baguette cible trembla, soudain une âme en sorti. Daisy savait qu'elle n'était pas suffisamment douée pour remonter très loin dans les sortilèges utilisés avec cette baguette. Le dernier en date était forcément le tristement célèbre sortilège de la mort. Elle scruta l'âme sans un mot, c'était celle d'une grande femme aux cheveux longs, vêtue d'une grande robe, elle avait un visage angélique et un regard perçant. Dans un sens, Daisy avait l'impression de se voir avec plus de cheveux, même si l'aspect fantomatique l'empêchait de déterminer les couleurs, tout était en nuances de blanc. La revenante lui sourit, un sourire chaleureux et aimant.

- De toutes les personnes existantes… Il fallait que ce sois toi qui me libères de cette baguette… Déclara la revenante.

- Qui êtes-vous ? Demanda Daisy.

- La dernière victime de la baguette de Julius Ironwood, tuée après avoir mis au monde mon second enfant.

- Quand ? Quand ça s'est produit ? Demanda la brune en scrutant l'apparition qui commençait déjà à s'estomper.

- Le 25 Aout… 1980.

- Alors père n'a pas utilisé cette baguette depuis… Non ! Qui êtes-vous ? Dites-le-moi ! Tonna-t-elle en commençant à perdre pied.

- Je disparais… Daisy… Soupira le fantôme qui s'estompait. Trouve mes restes… Je suis en Ecosse… Utilise la pierre de mémoire du laboratoire et révèle la vérité… Elle fixa la vivante dans les yeux. Je suis tellement fière de toi…

A ces mots, le fantôme disparu. Daisy qui craignait d'avoir comprit qui était cette apparition, tenta encore et encore le sortilège sur la baguette. Seul un petit nuage vert en sorti à chaque fois, le fantôme ne revint pas, il avait disparu à jamais. Elle s'assied un moment dans le grand fauteuil de son père, prenant le temps de réfléchir, puis elle réassembla la canne qu'elle remit dans son emplacement caché. C'était à contrecœur bien sûr, mais elle savait que les Aurors viendrais fouiller toute la maison. Elle prit cependant le risque d'emmener avec elle les carnets de son père, qui étaient conservés dans un petit coffre caché dans le plancher. Elle Transplana dans son appartement et entama son étude, une étude qui allait la mener vers la découverte la plus terrible de toute sa vie.

Daisy revint à elle face à Talbott Winger, qui était secoué par ce qu'il avait vu. Elle serra les poings, prête à frapper l'Auror, se moquant pertinemment des lois ou de sa propre situation.

- Pourquoi vous m'avez fait revivre ça ?! Tonna-t-elle.

- Je suis navré Daisy… Soupira Talbott.

- Non vous ne l'êtes pas ! Est-ce que vous savez ce que ça fait que de voir sa vraie mère avouer qu'elle a été assassinée après vous avoir mis au monde ?!

- Je devais comprendre… Affirmer que vous n'étiez pour rien dans le vol de la baguette de votre père…

- Et bah vous savez maintenant ! Je n'ai pas volé cette baguette !

Elle se leva et brandit l'ordre de réquisition qui trainait sur le bureau. Lui mettant sous le nez, il ne l'avait jamais vue comme ça, ses yeux avaient viré au noir sous les émotions. Même sa magie réagissait, faisant voler quelques volutes de poussière autour de ses pieds.

- Qui est celle qui réclame la baguette en Cerisier ?! Dites-le-moi !

- Une Auror du Ministère Français… Elle dit avoir ce qu'il lui faut pour me renvoyer en Angleterre, si je ne lui remets pas la baguette.

- La baguette en Cerisier contient la seconde plume d'Oiseau Tonnerre, elle est jumelle de la mienne… Je veux savoir qui la veut !

- C'est marqué dessus, c'est une Auror baptisée Lucille Saunières… Je n'en sais pas plus…

- Saunières ? Demanda la brune en écarquillant les yeux.

Elle s'abbatit dans le fauteuil, elle avait déjà lu ce nom. C'était celui du fantôme, celui de sa véritable mère. Elle avait une sœur qui était Auror, mais pourquoi ne s'était-elle pas manifestée ? Pourquoi un ordre de réquisition alors que sa petite sœur était ici, à portée de main ?

- Vous allez lui remettre je suppose… Soupira Daisy.

- Je l'ai fait ce matin.

- Et vous n'avez pas jugé bon de m'emmener ? Grogna la brune.

- Pourquoi je l'aurais fait ?

- Lucille Saunières ! Tonna Daisy. Vous avez lu les carnets ou non ?! Elle se leva de nouveau, prête à exploser.

- J'en suis aux expériences sur les vampires.

- Alors il va falloir que vous explique tout ! Et ça se dit Auror…

- Miss Ironwood, baissez d'un ton je vous prie. Je reste votre principal soutient ne l'oubliez pas.

Daisy prit le temps de respirer, se calmant petit à petit. Il avait raison, certains des collègues de Talbott, moins conciliants, voulaient la mettre en détention préventive au Ministère. Elle le fixa de ses yeux bleus, pour la première fois depuis qu'il avait repris le dossier en juillet, il vit autre chose que le vide. Il avait été remplacé par la colère.

- Il y a 20 ans, Calpernia Ironwood a fait venir une de ses amies de France. Une certaine Antaria Saunières. Elle le fixa. D'après le journal de Calpernia elle-même, cette Antaria rentrait tous les étés en France pour passer du temps avec sa fille scolarisée à Beauxbâtons, jusqu'à l'été 1980.

- Cette fille est surement l'Auror qui voulait la baguette… Soupira Talbott.

- J'en suis même sure. En 1980, Antaria Saunières qui avait déjà disparue depuis plusieurs mois, a mis au monde une fille dans le plus grand secret. Elle versa une larme. Avant… Avant…

- Avant de se faire tuer.

- Il… Il y a pire… Elle essuya son visage. Toute ma vie j'ai vu mon père utiliser une baguette qui lui résistait, une baguette qu'il considérait comme son plus grand trophée… Elle était faite en bois de Cerisier, avec un cœur en plume d'Oiseau Tonnerre. La baguette d'Antaria Saunières…

Talbott s'assied, il venait de donner l'héritage direct de Daisy à une autre Auror. Même si cette dernière était sans doute affiliée à sa cliente, il n'en demeurait pas moins qu'il ne devait rien à cette étrangère. Il observa la brune verser des larmes, la Légilimancie l'avait secouée, mais elle le fixa, les yeux larmoyants.

- Finissez…

- Quoi ?

- Réutilisez la Légilimancie… Regardez le reste… Je ne résisterais pas…

- Daisy…

- Faites-le !

Il pointa à nouveau sa baguette sur la tête de la jeune femme. Il n'en avait plus envie mais il savait qu'il valait mieux ne pas risquer ses foudres. Même s'il était Auror, il se méfiait d'une femme en colère, il en portait des cicatrices pour le prouver. Elle se souffla, se détendant au maximum, elle savait combien l'intrusion pouvait être douloureuse mentalement. Puis elle le fixa, lui montrant qu'elle était prête. Il lui offrit un regard désolé.

- Legilimens !

Daisy se retrouva plongée dans ses souvenirs, cette fois en Ecosse, sur une rive sordide du Loch Ness. Elle s'approchait un grand rocher entre des arbres, elle savoir quoi faire, elle avait lu tout ce qu'il fallait pour ouvrir cet endroit dans les carnets de son père. Elle profitait du temps estival de la mi-juillet, sachant qu'elle entrerait surement dans un musée aux horreurs ensuite. Puis quand elle se senti prête, elle pointa sa baguette sur le rocher.

- Revelio.

Le rocher disparu, laissant apparaitre une trappe. Elle s'y glissa après l'avoir déverrouillée magiquement. Derrière celle-ci, il y avait des marches qui descendaient vers un laboratoire bâti dans la roche. A l'intérieur il y avait des bocaux contenant les restes de nombreuses créatures, des tables de recherches avec beaucoup de sang caillé venant des créatures disséquées ici. Elle se rendit jusqu'au étagères où elle trouva le journal de Calpernia, elle prit le temps de le lire, découvrant toute son histoire depuis le départ de France. Ressentant presque de la pitié pour elle, du moins jusqu'à ce qu'elle découvre qu'elle avait trahis sa plus vieille amie, pour une histoire de pureté du sang.

En reprenant ses fouilles, elle découvrit ce dont le fantôme avait parlé : la pierre de mémoire. D'un simple mouvement de baguette, elle la remit en marche, voyant toutes les expériences de son père. Expériences qu'il revisionnait surement à chaque fois qu'il voulait s'améliorer. Elle remonta jusqu'à la date du 25 Aout 1980.

Les formes fantomatiques et les bruits prirent corps dans le laboratoire. Elle vit Calpernia, assise dans la salle principale, en train de triturer une branche de Sureau. Attendant que la femme dans la pièce à côté ne cesse de hurler, la haine était visible sur son visage, mais aussi le regret.

- J'avais espoir que tu la bannisses… Murmurait-elle. Pas que tu lui fasses ça…

Elle ne continua pas quand le cri d'un bébé se fit entendre. Daisy descendit jusqu'à l'autre salle qui était plus basse de quelques marches. Elle vit alors la femme tuée par la baguette de son père, ce dernier avait posé sa canne à pommeau non loin. La femme était attachée à la table d'accouchement, elle venait de mettre au monde sa fille. Daisy vit qu'il avait déjà la baguette en Cerisier à la ceinture, il l'avait déjà volée. Calpernia se décida enfin à faire son apparition, détachant son ancienne amie du lit d'accouchement et intimant à son époux de donner le bébé à sa mère. Antaria caressa les cheveux du nouveau-né, lui offrant un sourire maternel. Cet enfant n'avait que quelques minutes, mais elle l'aimait déjà. Calpernia s'en retrouva attendrie, elle se revoyait avec son Josh trois ans plus tôt.

- Cal… Laisse moi partir avec ma fille… Soupira Antaria.

- Tu sais que je ne suis pas décisionnaire Ria…

- Pourquoi as-tu révélé ce que je suis… Pourquoi ? Demanda la nouvelle mère.

- Je n'avais pas le choix…

- On a toujours le choix, Cal…

- Ça suffit. Grogna Ironwood.

- Je vois ta chute… Julius… Soupira Antaria, avant que ses yeux ne se révulsent. Une marguerite ayant fêté ses 18 printemps, amorcera la chute de celui qui pensait être proche de Jupiter.

Elle toussa et ses yeux redevinrent normaux. Julius lui répéta la prophétie qu'elle venait de dire, la nouvelle mère lui offrit alors un sourire de défi, jouant sa dernière carte.

- Ria… Je connais ce regard et ce sourire… Ne joue pas à ça… Je t'en prie… Soupira Calpernia.

- Je nomme ma fille… Daisy. Déclara Antaria, sans quitter Julius du regard.

Julius machinalement confia l'enfant à la sache femme, lui intimant de sortir. Calpernia s'approcha de son époux alors que ce dernier prenait sa baguette cachée dans la canne. Elle tentait de l'empêcher d'approcher d'Antaria, mais rien n'y faisait. Il pointa la baguette vers la jeune mère. Daisy adulte qui était témoin de la scène, porta ses mains à son visage, incapable de bouger, elle ne voulait pas voir ça.

- Julius s'il te plais… Laisse la partir.

- Je ne laisserais pas cette prophétie se réaliser, tu m'as provoqué une fois de trop… Saunières.

- Mon troisième œil a parlé, Julius. Quoi que tu fasses, tu ne pourras rien changer à ton destin.

- Avada Kedavra !

Même si ce n'était que des apparitions, en écartant ses doigts qui étaient sur ses yeux, Daisy vit bien le cadavre de sa véritable mère. Elle avait été tuée pour avoir défié son père, cet homme qui l'avait violée, pour la tuer une fois l'enfant mis au monde. Elle vit Calpernia prendre une mèche de cheveux sur le corps, elle le cachait mais elle pleurait son amie.

- Que fais-tu ? Demanda Julius.

- Une mèche de ses cheveux sera parfaite dans ma nouvelle baguette…

- Et tu vas la faire fabriquer par qui ? Tu sais comme moi qu'Ollivander refusera de travailler le Sureau.

- Tu n'es pas Rosbif pour rien… Soupira Calpernia. Ollivander n'est pas le seul fabriquant de baguettes au monde.

- Je sais, dois-je te rappeler que la mienne viens de chez Grigorovitch ?

- Et bien c'est lui que j'irais voir.

Elle sorti avec la mèche de cheveux, Daisy compris alors beaucoup de choses. Des créatures magiques proches des humains, il n'y en avait que très peu dont les cheveux étaient utilisés comme cœur de baguette. Elle comprit aussi pourquoi la baguette de Calpernia s'était immédiatement accordée à elle, en plus de sa victoire, une part de sa véritable mère continuait de vivre à l'intérieur.

En remontant, elle fit éclater la pierre de souvenirs, sous le coup de l'émotion. Elle voulu prévenir les Aurors de sa découverte, mais la curiosité l'emporta. Elle fouilla les placards, jusqu'à tomber sur des bocaux qui contenait des restes humains, ceux de sa mère. Elle se remémora les paroles du fantôme, puis elle fit venir sa baguette dans sa main, ses sentiments agressifs prenant corps sur tous les autres.

Sa mère était réduite à l'état de morceaux de viande dans des bocaux, de simples sujets d'étude. Elle laissa exploser sa rage.

- Bombarda Maxima !

Le placard contenant les restes de sa mère explosa dans un vacarme retentissant. Puis vint le tour du laboratoire. Elle s'attaqua aux piliers de soutient, au mobilier, a tout. Quand les explosions ne lui suffirent plus, elle invoqua des flammes, encore et encore, noyant le laboratoire sous un déluge de feu. Quand elle en sorti, elle regarda les flammes gagner l'extérieur, seul symbole de sa rage.

Elle resta ici pendant des heures, à regarder les flammes s'échapper par la trappe, à regarder l'endroit où était née, bruler. Elle pleurait toutes les larmes de son corps, même si elle connaissait enfin la vérité, elle était trop dure après ce qu'elle avait déjà vécu. Le seul réconfort venait du fait qu'elle avait une sœur quelque part. Son regard qui avait encore un peu de vie en entrant ici, était devenu complètement vide et froid. Cet endroit l'avait achevée.

Elle entendit le « clac » d'un Transplanage, mais ne bougea pas. Elle se doutait que sa colère avait attiré des Aurors. Après tout elle était surveillée. Elle senti alors une veste être posée sur ses épaules, puis un grand métis s'accroupi devant elle, lui cachant la vue des flammes.

- Je suis l'Auror Talbott Winger.

- Mhhh… Grogna Daisy.

- Je suis désormais en charge de votre dossier.

- Alors embarquez moi… Soupira Daisy en tendant ses poignets.

- Je n'ai pas pour habitude d'emprisonner des innocents.

- Je viens de détruire des preuves.

- Et bien on en trouvera d'autres, qui vous innocenterons de cette perte de temps. Il sourit. J'ai tout lu sur vous, Daisy Ironwood. Je sais que vous n'êtes pas comme vos parents, ensemble on arrivera à le prouver.

La brune revint à elle après ce dernier souvenir. Elle fixa à nouveau Talbott, elle avait totalement oublié ce premier contact entre eux deux. Il plongea son regard dans le bleu de Daisy, il était silencieux, mais elle pouvait toujours voir qu'il la soutenait.

- C'est toujours d'actualité ?

- Bien sûr. Je suis un homme de parole. Dit-il en souriant.

- Je suis prête à vous aider… Mais je vous demande qu'une chose en retour…

- Je vous écoute.

- Epargnez tout ça à Danika Rooks… Je ne veux pas la mettre en danger.

- Demandez-moi tout ce que vous voulez sauf ça. J'ai étudié votre entourage et votre amie Née-Moldue sera prête à tout pour rembourser sa dette envers vous.

Daisy soupira, évidement que Danika était prête à tout pour l'aider… Et c'est ça qui lui faisait peur. Elle refusait de mettre qui que ce soit en danger dans la poursuite de ses chimères.


En espérant que ce chapitre vous ai plu, rendez vous la semaine prochaine pour la suite.
N'hésitez pas à donner votre avis, je les lis tous et y répond au début du chapitre suivant :)