Hé, voici la suite ! Je pense que les chapitres resterons relativement court — pas trop tout de même — histoire que je puisse en poster plusieurs par semaine. Peut-être un tout les deux/trois jours selon l'inspiration et mes disponibilités, qu'en dites vous ?
Dans ce chapitre: rencontre plus poussée avec les personnes qui peuplent la vie de Harry/Darius depuis son arrivée en Australie. Quelques scènes du quotidiens histoire de vous donner un début d'idée de la dynamique du groupe. J'espère que ça vous plaira !
En attendant, places aux RàR:
Cleo: merci pour ta review, je suis content que le prologue t'aie plu et espère que cette suite sera à ton goût.
Adenoide: beaucoup de questions qui trouverons (peut-être) réponse dans ce chapitre. Le reste sera à découvrir bien évidemment, au fil de l'histoire, mais ne t'en fait pas, tout sera expliqué à un moment donné ! Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira.
Maudinouch: merci beaucoup pour ta review (:
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Sans transition, place à la suite !
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CHAPITRE 1 : LE LOUP ET LA BERGERIE.
"Est-ce que c'est vraiment nécessaire?"
"Es-tu très sérieusement en train de me demander ce que je crois que tu es en train de me demander ?"
Darius ouvrit la bouche, très probablement pour larguer le long discours qu'il avait préparé.. puis la referma très rapidement devant le regard que lui adressait la femme d'un âge certain. Que vouliez-vous ? Parfois l'envie de vivre avait tendance à l'emporter sur sa fierté.
Ou peut-être était-ce parce que personne n'avait jamais réussi à dire non à cette femme ?
"Tu verras, ça va changer ta vie mon garçon."
"Ça va me pourrir la vie, oui," qu'il grommela dans sa barbe fournie.
La taloche qu'il prit derrière la tête lui fit rentrer bien rapidement la tête dans les épaules sous le rire grave et rauque de son patron-père-tuteur-légale, non loin.
"Allons," dit ce dernier en venant passer un bras sur les épaules de sa bien-aimée. "J'ai entendu tes gars se plaindre au garage, soit disant que tu utilises une antiquité pour diagnostiquer.."
"Une antiquité ?! Ce sont eux les antiquités !"
Ils ricanèrent.
"Bien sûr mon chéri," dit Ma. "Quoique tu dises."
Darius haussa un sourcil, un infime espoir filtrant dans son regard.
"Vraiment ?"
La tape gentille qu'il reçut pourtant sur son épaule termina de lui indiquer qu'il pouvait bien se brosser. Charles O'Hara n'irait sûrement pas risquer ses plumes. Contredire sa charmante épouse ? Certains avaient essayés.
Dieu sait ce qu'il était advenu de ces types-là.
"Compte là-dessus et bois de l'eau, gamin," sourit-il.
Personne ne disait non à Ma.
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"Putain de technologie," râla-t-il plus tard, lorsque le couple âgé eut déguerpi de son atelier.
Il tenait bien trop à la vie pour oser ne serait-ce que faire mine de penser à jurer devant la vieille femme. Dieu sait qu'elle savait parfaitement se servir d'un rouleau à pâtisserie (ou d'une clé de douze, au besoin.. !). Il les maudissait autant qu'il les aimait. N'était-ce pas dingue ?
Darius maltraita les touches de son clavier comme un pivert, son arbre. Dans son dos, les gars étaient d'ores et déjà en train de rire à ses dépens, ne connaissant que trop bien sa réputation avec tout ce qui appartenait de près ou de loin, à la technologie. Dieu sait comme vous n'aviez qu'à lui mettre un smarthphone ou quelque chose d'équivalent entre les doigts, pour que l'appareil cesse de fonctionner.
L'ordinateur en question ne tarda guère: il s'éteignit soudainement, emmenant avec lui dans les abysses profondes de l'Internet: les données du jour.
"Putain de technologie," réitéra Darius Carter.
Il fit signe à un des types de ramener sa fraise, tout grognon qu'il était désormais.
"Un souci patron ?" demanda l'homme dont la chemise de travail indiquait Angus.
C'était un quarantenaire bronzé et blond comme les blés au sourire tranquille et dont les bras étaient plus larges à eux-mêmes que la silhouette entière de Darius. Un des ours avec lesquels il travaillait, ami et collègue à la fois.
"Le souci c'est cette fichue chose!"
"Bien sûr, boss," sourit Angus. "Ça n'a absolument rien à voir avec le fait que tu ai débranché le câble ?"
Dans sa main pendait le suscité câble. Un câble qui amena un froncement de sourcils au jeune patron. Comment diable cette chose avait pu se débrancher d'elle-même ? Ce n'était pas comme s'il avait galéré à le brancher plus tôt. Il leva les bras au plafond, donnant l'air de s'adresser à un dieu quelconque.
"Oh et puis occupez-vous en, je passe mon tour pour aujourd'hui."
Et il attrapa son chapeau suspendu au porte manteau derrière la porte du bureau, le vissa sur sa tête et tourna les talons.
"Je prends une pause," déclara-t-il à l'intention du reste de l'équipe.
Un type qui devait être d'origine amérindienne secoua la tête, un rictus moqueur fleurissant à même ses lèvres. Il fut sifflé par le rouquin penché par dessus la mezzanine dont la barbe devait au moins faire concurrence, à celle des viking comme on en voyait dans les contes:
"Hé Tanner ! Douze minutes," lança-t-il à son collègue, le sourire canaille.
"Putain d'Irlandais," rétorqua le susnommé Tanner.
Son portefeuille fut dégainé et de ce dernier, un joli billet suivit, qui fut agité sous le nez du barbu roux dont la chemise de travail indiquait en bleu décousu Maddox.
Ce qui suivit fut perdu dans un joyeux brouhaha qui devint rapidement inaudible aux oreilles de Darius. Pourtant, sa mine sombre avait déjà laissé place à un quelque chose de plus tendre et détendu. Adossé contre le mur arrière du garage, il écouta ses collègues se chamailler au sujet de paris injustes et des vikings qui ne pouvaient avoir raison parce que merde, ce sont des foutus barbares, pas des foutus voyants ! C'est quoi le piège Madds, sérieux ? Tu le paies, avoues ! C'est une conspiration ?! tout en allumant ce qui causerait très certainement sa perte d'ici quelques années: une cigarette.
La fumée blanche et opaque lui masqua momentanément la vue lorsqu'il la souffla après avoir longuement tiré sur le bâton de nicotine.
La vie était belle. Il avait à ses côtés trois bons amis — même si trois abrutis aurait été plus juste, selon les jours — un boulot qu'il adorait et tant pis si la fichue technologie ne voulait pas de lui. Il n'avait pas besoin d'elle pour faire tourner son commerce, pardi.
Et non, il n'était bien sûr pas en train de bouder un appareil exempt de la moindre vie. C'était très peu lui.
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L'ombre fronça les sourcils sans vraiment se soucier vis-à-vis des rides d'expressions qui finiraient sans nuls doute aucun, par s'incruster de manières définitive sur son visage si elle continuait à exprimer son mécontentement via des mimiques aussi flagrantes. Elle avait d'autres chats à fouetter, pour reprendre cette expression si fichtrement moldu. Et parlant de ces derniers.. L'ombre ne les comprenait pas. Elle ne comprenait pas pourquoi l'objet de son attention passait ses journées penché au dessus de grosses boîtes de métal à marmonner toutes sortes de jurons plus ou moins colorés et/ou vociférer contre les trois abrutis qui, d'après ce qu'elle avait comprit, travaillaient pour lui.
Cela la faisait tiquer bien sûr. À commencer par le fait qu'il s'agissait-là d'un travail manuel ennuyeux et que le petit pote Potter était supposé être un foutu sorcier et donc par extension: agiter sa baguette magique pour un oui ou pour un non.
C'était bien connu, après tout: les sorciers étaient de gros feignants.
Vous aviez de la vaisselle à faire ? PAF ! Coup de baguette magique. Un repas à préparer ? BIM ! Coup de baguette magique. Du ménage à faire ? Magie ou elfe de maison ; les sorciers avaient alors largement le choix tant qu'ils n'avaient pas à mettre la main à la pâte.
Ainsi, si l'ombre pouvait concevoir que l'Élu du monde magique soit passionné de.. peu importait ce qu'étaient ces choses immondes, colorées et métalliques, elle ne comprenait pas pourquoi il n'agitait pas sa baguette pour les réparer au plus vite. C'était, un : un gain de temps considérable, deux : qui disait plus de temps, disait plus de réparation et donc, plus de rentrée d'argent (puisqu'il s'agissait d'un commerce, apparemment) et l'ombre avait encore des tas de raisons à exposer sur le pourquoi du comment Harry aurait dû agiter sa fichue baguette magique. Il était un sorcier, le sorcier, alors pourquoi s'abaissait-il à.. tout ça ?
L'ombre croisa ses bras sur sa poitrine. Elle se dit qu'elle aurait dû y réfléchir à deux fois avant de se mettre en tête d'enquêter sur tout ça, notamment sur la raison pour laquelle le sorcier le plus célèbre d'Angleterre était en train de se la couler douce au fin fond du trou du cul du monde, alors que le monde magique lui était..
Un homme à la peau sombre et aux longs cheveux noirs manqua de la percuter tant elle était plongée dans ses pensées.
"Héé !" brailla ce dernier. "J'ai un faim de loup, qui se dévoue pour aller chercher un truc à grailler ?"
Une rumeur couru dans la boutique et l'ombre, discrètement, réitéra son sortilège de désillusion, accroupi derrière les vestiges brunies de ce qui devait être une vieille auto prostré non-loin de la grande ouverture du garage.
"Ta mère se dévoue avec joie, Yakari !" Rétorqua un autre homme en filant un coup de coudes dans les côtes du premier.
Le susnommé leva une main contre son torse dans un geste des plus théâtrale et l'ombre se dit qu'il avait l'air ridicule ainsi, avec son visage exprimant une douleur feinte.
"Et moi qui pensais que tu était mon ami, tu n'es en faite qu'un vieux raciste ? Dariuuuuuuussss, pétition pour virer cet Homme des Cavernes !"
"Pétition pour que vous la mettiez en veilleuse," intervint un grand blond, les poings sur les hanches et le regard sombre.
"Mais j'ai faaaaaaaaaaim," geignit l'un.
"Moi aussiiiiiiiiiii", geignit l'autre.
"Je suis entouré par une bande de gamins," grommela l'Élu du monde sorcier en faisant rouler sa chaise de bureau hors de ce dernier. "Dites, ça vous dérangerez de la mettre en sourdine ? Certaines personne essaient de bosser, ici. "
L'ombre feignit de se faire vomir devant tant de simagrée puis, elle prit sa décision.
Il était grand temps qu'elle intervienne. Vraiment grand temps.
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Darius avisa le trio satisfait et souriant en face de lui. Il se demanda comment il avait fini par venir bosser dans un trou pareil avec des abrutis pareil. Il se demanda comment il avait pût devenir ami avec des types aussi tordu. Il se demanda pourquoi il ne pouvait s'empêcher de les aimer de tout son cœur alors que clairement, aucun de ces types ne méritaient son affection.
"Je vous déteste," asséna-t-il au fameux trio, le majeur levé et une moue colérique de fichée sur ses lèvres.
Les trois hommes levèrent les yeux au ciel dans un mouvement parfaitement synchrone.
"T'es un gros menteur, Carter. Tu nous aimes trop."
"Tu nous aimes plus fort que la tarte aux pommes."
"Tu nous aimes tellement que tu vas aller nous chercher nos victuailles."
Angus, Tanner et Maddox, plus fier que des buffles, virent ébouriffer la tignasse de leurs jeune patron. Si un vulgaire client avait été présent, nuls doutes qu'il ce serait demandé s'il n'y avait pas comme un abus d'autorité, dans le sens où: les plus vieux semblaient constamment emmerder le plus jeune. Un œil extérieur se serait outré d'entendre des noms d'oiseaux voler toute la sainte journée au sein même du garage. Un œil extérieur aurait probablement fait appel à un psychiatre ou quelque chose dans le même goût, songeant qu'il n'y avait pas moyen pour que l'un de ces hommes soit totalement sain d'esprit. Seulement, pour le quatuor, tout cela dénotait d'une parfaite normalité. C'était leurs routine, leurs dynamique, la façon qu'ils avaient de se montrer leurs affection.
"Je vous déteste," répéta Darius Carter en tournant les talons.
Des rires moqueurs accueillirent son départ et Darius Carter se jura de ne plus jamais essayer de décider qui irait chercher le repas du midi à coup de pierre, feuille, ciseaux.
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"Ça alors, vous ne risquez pas de crever de faim," lança une voix alors qu'il bataillait avec ses sacs en plastique pour y faire rentrer la nourriture qu'il venait d'acheter dans la supérette du coin.
Une femme s'était glissée derrière lui sans même qu'il s'en rende compte. Ce n'était pas de coutume que les gens puissent le surprendre, fût-il sur le point de mettre un terme à la vie d'un vulgaire sac en plastique. Il prit sur lui pour ne pas aboyer au visage de la pauvre femme qui n'avait sûrement rien demandé à personne. Jeter sa frustration au visage des autres n'avait jamais été un truc auquel il s'était jamais adonné.
"Pardon ?"
"Les sandwiches, je veux dire. Voyons voir.. Thon, dinde rôtie, jambon fromage et — végétarien ? Et bien. Ce sont des goûts comment dire.. Intéressant pour un seul homme."
Abandonnant le combat face aux fichus sacs, Darius daigna finalement redresser la nuque, calant tout son bazar sous un bras en soufflant allègrement. La femme fut détaillée d'un coup d'œil rapide : grande, malicieuse, pâle, plus jeune, brune, des yeux bruns.
"Alors ?"
Darius cligna des yeux, sortant rapidement de ses pensées.
"Alors ?" répéta-t-il un peu bêtement, ce qui déclencha un rire amusé chez son interlocutrice.
Il trouva le son adorable, sans qu'il ne puisse l'expliquer.
"Vous comptez vous empiffrer tout seul ou je peux vous en piquer un ?"
"C'est une drôle de manière de demander un rendez-vous."
"Un rendez-vous ? Pas le moins du monde très cher, il se trouve que je suis simplement affamée et qu'il est bien évidemment, de mon devoir d'aider tout un chacun à se débarrasser d'un excédent de nourriture. Surtout quand ce tout un chacun s'apprête à tirer une croix sur son régime végétarien," s'amusa-t-elle en jetant un nouveau coup d'œil vers le tas d'emballage pauvrement calé sur un bras recouvert de flanelle.
Le moins que l'on puisse dire, c'était que celle-là était un drôle de numéro. Darius dus bien admettre qu'en plus d'être attrayante, elle était doté d'un sens certain de l'humour, comme pouvait certifier la lueur mutine dans le regard noisette.
"Loin de moi l'idée de vouloir briser votre petit jugement préconçu, mais malheureusement ces sandwichs ne sont pas tous pour moi. Enfin, je dis malheureusement, mais c'est plutôt heureux que personne ne m'ait encore forcé à avaler.. ça."
Inutile de préciser qu'il était en train de pointer du menton, le sandwich en haut de pile. Celui exempt de la moindre viande. Bon sang, avait-il l'air d'un fichu lapin ? L'inconnue se mit à rire lorsqu'un mouvement trop brusque envoya valser le fameux repas végé, en direction du sol. Un repas qui fut sauvé in-extrémi par cette drôle de femme — décidément.
"Joli réflexe," complimenta l'homme sur un sifflement admiratif.
Son interlocutrice eut l'air de ronronner, un instant durant.
"Disons que j'ai pratiqué un sport dans ma jeunesse qui demandait adresse et rapidité."
Elle replaça le paquet tout juste sauvé, avec le reste de ses confrères. Par-delà la rue, un type baraqué et plus roux encore qu'une armée de carotte bien cuite, les héla, demandant si par tout les dieux, t'es parti nous les préparer en chine nos sandwichs ? Ramène ton cul, tes hommes vont finir par se bouffer et.. POSE ÇA ABRUTI, C'EST P.. un reste de cacophonie qui se perdit dans l'antre aux automobiles.
Ce n'était, en outre, pas vraiment le genre d'intervention qui donnait envie aux femmes de rester dans les environs. Les manières hommes des cavernes, que ce soit pour plaisanter ou non.. Et pourtant.
"Et bien," s'amusa la femme. "Ça m'a l'air sympathique tout ça, j'espère pour vous que vos employés ne vont pas réellement se dévorer entre eux."
Darius s'étouffa dans un rire.
"Si seulement," murmura-t-il plus pour lui-même qu'autre chose.
Peut-être même qu'il adressa un regard noir au grand dadais roux en train de se chamailler avec son pote de l'autre côté de la rue.
"Astoria," fit soudainement la femme, tendant devant elle, sa main parfaitement manucurée.
"Pardon ?"
"Greengrass. Astoria Greengrass. Est-ce que vous voulez sortir boire un verre ce mercredi ?"
Darius ne sut pas quoi répondre à cela.
