On l'a demandée, elle arrive, la cuisine de Demyx !

Coucou tout le monde ! Vous allez bien ? Moi oui blablabla la vie blablabla le théâtre blablabla et tout !

Merci à Blizzart pour son commentaire sous l'OS précédent !

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Focus : Demyx

Rating : K+

Genre : Family/Romance

La cuisine bordélique de Demyx

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Certains auraient appelé ça le chaos, mais Demyx préférait et de loin parler de bordel organisé. Mine de rien, il s'y retrouvait, il savait où trouver ce dont il avait besoin, entre les piles de casseroles et les pots de farine, d'herbes aromatiques et d'épices. Ça ne ressemblait à rien, ou alors peut-être à un souk arabe, c'était plein de couleurs et d'odeurs qu'on distinguait mal les unes des autres, mais si on devait choisir, on dirait que ça sentait bon.

Demyx, il n'était pas grand-chose, il ne faisait pas grand-chose, il s'éparpillait sans cesse, et son énergie débordante n'avait jamais vraiment trouvé de socle. Il était né dans une famille moyenne, il se souvenait de l'odeur de la blanquette de veau de sa mère.

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« Demyx ! Le supérieur de ton père vient à déjeuner, tu n'as pas une chemise à mettre ?

— Hm ?

— Et ne fume pas à l'intérieur !

— Mais Papa le fait !

— Patrick ! Patrick ?

— Mon amour ?

— Tu veux bien dire à ton fils d'aller dehors pour fumer ? Tu lui donnes un mauvais exemple. Oh, donne-moi la crème qui est dans le frigo.

— J'ai plus de chemise propre.

— Ah, Seigneur, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! Surveille la blanquette, je vais t'en trouver une, tu vas voir.

— Demyx, ta mère te dit de ne pas fumer à l'intérieur.

— Mais je dois surveiller la blanquette.

— Chérie ! Chérie ! Il dit qu'il doit surveiller la blanquette, du coup, je le fais pas sortir ?

— Surveille la blanquette toi, alors !

— Ah ça non ! Demyx, tu as un briquet ?

— Maman !

— Quoi ?

— Le four sonne, je coupe le feu ?

— Oui ! Ah, je t'ai trouvé une chemise ! Patrick ! Ne fume pas dans la cuisine !

— Mais Demyx le fait !

— Vous êtes impossibles. Demyx, va poser la blanquette à table et enfile ça.

— Dis, Maman …

— Oui ?

— Vu que j'ai ça dans les mains et que le boss de Papa débarque bientôt, on est d'accord que c'est le moment le moins risqué pour moi pour faire mon coming-out ? »

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En fait, Demyx avait tout du bonhomme ordinaire, préadolescent il avait commencé la guitare, comme une bonne partie de ses camarades, mais lui n'avait jamais arrêté, et peut-être bien que le vrai tournant de sa vie avait été cette blanquette de veau qui aurait retenu sa mère de le gifler si jamais elle en avait eu envie, et ce patron qui l'aurait empêchée de lui répondre dans le feu de l'action, forcée qu'elle avait été d'attendre la fin du repas pour revenir à ce sujet.

Toujours était qu'à partir de ce moment, sa mère avait un peu changé. Elle n'était pas devenue méchante, ou quoi que ce soit du genre, plutôt, elle avait transposé sur lui les plans qu'elle avait fait pendant sa grossesse avant de savoir qu'il serait un garçon, et dans sa vision genrée des choses, le coming-out de Demyx avait permis de partager quelques moments supplémentaires ensemble. Dans la cuisine.

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« Maman, t'as pas besoin de stresser autant.

— Mais je veux que tout soit parfait ! Tu ne sais pas ce que c'est, toi, hein, tu te fiches de faire bonne impression ! Regarde ta dégaine débraillée … Oh, le guacamole ! Sors les avocats du frigo, mais où est-ce que j'ai rangé ce paprika ? Ah, le citron aussi.

— Tout va bien se passer. T'es plus stressé que lui, sérieusement.

— C'est parce que je stresse pour deux ! Ah, mon fils, qu'est-ce que tu m'épargneras, on se le demande ! Tu es sûr qu'il aime le guacamole ?

— Tout le monde aime le guacamole. Et avec tout ce que tu as prévu, même s'il n'aimait pas ça il aurait de quoi manger trois repas.

— Tu as fini de couper le pain ? Alors, il me reste à faire …

— J'écrase les avocats, regarde où en est le rôti.

— C'est fait. Oh, je n'arrive pas à croire que tu me présentes quelqu'un. Je suis tout chose ! Tu n'as pas sorti le citron ?

— Si, si, juste à côté de toi.

— Ah, je n'avais pas vu. Voyons, guacamole … les oignons ! Combien de temps ?

— Il est midi et quart. Mais il n'arrivera sans doute pas à trente.

— Déjà si tard ! Oh, j'espère que ça lui plaira. Mon petit Demyx se trouve enfin quelqu'un et … Oh, comme tu me fais voir des choses, toi, de toutes les couleurs. Maintenant, je comprends pourquoi le drapeau de la gay pride est un arc-en-ciel !

— Maman, tu pleures ?

— Ce sont les oignons, mon chat. »

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Oui, ça devait être dans ce méli-mélo d'émotions que Demyx avait appris à se repérer dans une cuisine, à faire la différence entre le paprika et le piment à l'odeur, entre une clémentine et une mandarine rien qu'au toucher, à farfouiller et à créer. Comme ça qu'il avait appris que certains lieux ne sont pas propices à l'intimité mais le deviennent.

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« J'ai faim. Et il est trois heures. Tout est fermé.

— J'habite pas loin, si tu veux.

— Vrai ? T'as des pâtes ?

— Si tu crois que je vais faire des pâtes à un invité, tu me connais pas. J'ai de quoi faire un vrai repas.

— Mec, je te vénère, c'est bon. »

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« Je peux entrer ? Vas-y, tu prépares quoi ?

— C'est un secret. Reste à la porte !

— Putain, c'est le bordel ici.

— Eh, j'ai dit reste à la porte !

— Et je suis rentré. Oh, de la sole ! Trop génial ! Putain, t'as une friteuse ?

— Sors de là, c'est bientôt prêt.

— Tu veux pas que je t'aide ? En fait, non. Ça sent bon. Sa mère, j'ai la dalle.

— Pourquoi tu m'as embrassé ?

— Hm ? Pour te remercier ?

— OK, je vais te faire à manger tous les jours.

— Sérieux ?

— Je sais pas … Toi, sérieux ?

— Sérieux.

— Sérieux. »

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Et Demyx aimait bien, en vrai, que sa cuisine soit en bordel, et un peu chaotique et pas du tout dans l'ordre, comme les souvenirs qui se mélangeaient dans sa tête et comme sa vie, et puis au final il s'y retrouvait, et peu à peu les autres s'habituaient, repéraient un peu la logique de l'agencement des ustensiles, naviguaient un peu difficilement mais tout de même dans son chez lui aux odeurs de friture, d'ail au four et d'épices du sud.

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« On a fait tout le reste de ton appartement, il ne reste plus qu'à ranger la cuisine.

— Oh non, c'est pas la peine !

— Mais c'est un bordel monstre ! Tu ne peux pas laisser ça comme ça !

— Mais tu peux pas rentrer !

— Pourquoi ?

— Parce que. C'est MA cuisine.

— Mais mon chat, je suis déjà rentrée dedans.

— J'ai dit non !

— Enfin, ne fais pas l'enfant.

— Mam –

— Oh. Bonjour Vanitas.

— Euh, salut.

— Je vous recommanderai d'enfiler au moins un caleçon. Dans une cuisine, c'est plus hygiénique. »

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Alors Demyx laissait sa cuisine en bordel, puisqu'il avait toujours une bonne excuse pour ne pas la ranger. Et finalement, une tasse de thé dans la main de sa mère, un café dans celle de son amant, et un chocolat chaud dans la sienne, ils appréciaient tous le moment, son incongruité et sa fantaisie.

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Et voilà ! Je crois que j'aime plutôt bien cet OS, comme ça va vite j'espère qu'on comprend bien tout !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Des bisous !