Pyk, 289 AC
Après les victoires de Stannis à Grand Wyk, et Barristan à Vieux Wyk, la bataille qui scellera le sort des Greyjoy à lieu à Pyk. Les troupes royales débarquent en force dans la ville principale des Îles de Fer. Robert, voulant montrer au royaume entier sa puissance, fait débarquer de puissants engins de siège, détruisant la ville, sans aucune pitié. L'un des fils de Balon trouve la mort dans l'effondrement d'une tour. Dans les brèches créés par les catapultes, les soldats de Robert s'engouffrent et affrontent les Fer-Nés. Mais ils sont bien trop nombreux et les catapultes bien trop meurtrières pour que les hommes de Balon puisse remporter la victoire. Lui-même se bat, vaillamment, mais arrive un moment où il ne peut que se résoudre à rendre les armes. Il ordonne à ses hommes de cesser le combat, et regarde Robert et Ned avancer, sur leurs chevaux, vers lui. Leurs armes, un marteau et une épée, sont couvertes de sang, du sang des partisans de Balon. Sans demander son reste, le seigneur Greyjoy s'agenouille et baisse la tête, prêt à recevoir le coup de grâce. Il murmure une prière mais, à sa grande surprise, le marteau ne s'abat pas sur sa tête:
« Allons, allons... je ne vais pas vous tuer, Lord Balon » Robert rit avant de se tourner vers Ned. Solennellement, le seigneur de Winterfell prend la parole:
« Notre Roi Robert vous fait part de nos conditions pour accepter votre reddition: il veut qu'un certain nombre d'enfants Fer-Nés soient emmenés, dès notre départ de vos îles, sur le continent pour y être élevés par nos soins. Votre fils, Théon, viendra avec moi. Par ailleurs, en réparation pour avoir lâchement incendié la flotte de Lord Tywin à Lannisport, votre fille Asha épousera son fils Tyrion. Pour preuve de votre loyauté, elle sera emmenée, avec votre fils Théon »
Balon tremble légèrement en écoutant les conditions de Robert, mais il sait qu'il n'a d'autre choix que de les accepter.
« Vivra t'elle à Winterfell? » demande-t-il prudemment.
Ned secoue la tête:
« Elle ira à Castral Roc, comme otage, tout comme votre frère Aeron et, quand elle aura saigné, elle épousera Tyrion. Que dites-vous? »
Balon ferme les yeux un instant: il y a presque un an, il avait quatre enfants. Maintenant, il doit dire adieu aux deux derniers qui lui reste. Mais au moins, ils sont vivants, tout comme ses frères et lui-même.
« J'accepte vos conditions, mon Roi » finit-il, signe de sa loyauté.
Robert attrape ses épaules pour le relever, et l'enlace brièvement.
« Allons fêter ça avec un banquet et un tournoi » crie t'il à ses hommes qui l'acclament bruyamment.
Ned part très vite à Winterfell, et Balon regarde, la mort dans l'âme, sa fille se débattre furieusement quand Lord Tywin la fait s'avancer jusqu'à son bateau. Pourront-ils lui pardonner un jour? Ou seront-ils tellement traumatisés que tout leur sang de Fer-Né aura disparu de leurs veines? Balon ne peut qu'assister, impuissant, à la destruction de sa maison.
Peyredragon
À la proue du navire, Stannis guette les hautes tours de Peyredragon. Il a laissé Davos chez lui, au cap de l'Ire, et en a profité pour faire la connaissance de sa femme et de ses enfants. Elle veut un sixième enfant, et Davos annonce à son seigneur qu'ils comptent l'appeler Stannis, en son honneur, si ce sera un mâle. Celui-ci est particulièrement ému, malgré le fait qu'il n'ait jamais pensé que quiconque appellerait son fils après lui. Davos a fait preuve d'une loyauté sans faille, et d'une bravoure peu commune pour un ancien contrebandier. Jamais homme n'a plus mérité le titre de chevalier, lui dit Stannis en le quittant le lendemain matin, et il jurerait avoir vu une larme briller dans les yeux bruns de son ami.
À présent, toutes ses pensées sont tournées vers Serena et, alors, qu'il aperçoit enfin les remparts de sa forteresse, et l'attroupement sur les quais du port, il ne peut ignorer le petit garçon brun qui fait des grands signes, et la femme qui lui tient la main, un petit paquet dans ses bras. Mon enfant, pense Stannis, son cœur bondissant dans sa poitrine. Un enfant bien vivant, se surprend-il à remercier les dieux, les Sept en qui il ne croit pourtant plus depuis tellement d'années. Il se reprend: ce n'est pas eux qu'il doit remercier. C'est Serena qui a mit au monde cet enfant, c'est lui qui a déjoué le plan de Victarion, c'est Robert et Ned qui ont pris Pyk. La gloire et la déchéance sont à imputer aux hommes, pas aux Dieux. Et il compte bien honorer sa femme, sourit il. Les hommes abaissent les voiles, et rament pour accoster. Ils ont tous hâte de retrouver leurs familles, et le bateau est très vite à quai. Stannis laisse ses hommes retrouver leurs familles, souriant en les voyant les étreindre et les embrasser. Que serait-il sans eux, sans ces vaillants soldats qui le suivent depuis le siège d'Accalmie? Rien. Quand le dernier soldat a mit pied à terre, alors que la foule l'acclame, il sourit à son peuple, serre quelques mains, mais n'a d'yeux que pour ceux, gris et brillants, de son épouse. Jon fend la foule pour sauter dans ses bras, et Stannis rit en le lançant dans le ciel, exactement comme il l'avait fait avec Renly en rentrant à Accalmie après la rébellion. Ce souvenir donne la nausée à Serena, qui se rappelle que c'est ce jour-là qu'était mort son fils. Et maintenant, Stannis accueille sa première fille. Quelle ironie du sort. Le seigneur pose le petit garçon à terre et lui tend quelque chose qui fait hurler de joie Jon. Il court vers sa mère, Stannis le suivant, et lui montre le petit bateau en bois que Stannis a sculpté. Serena lui sourit en disant qu'il est très beau, et sent les bras de Stannis l'enlacer, ses mains calleuses prendre son visage, et sa langue s'enfonce dans sa bouche sans qu'elle puisse dire quoi que ce soit. Puis, après un long baiser passionné, il regarde le bébé qu'elle tient dans ses bras.
« Qu'elle est belle » s'extasie t'il en caressant les soyeux cheveux noirs.
« Elle me ressemble » Serena plaisante, mais Stannis lui lance un regard brûlant de désir et murmure:
« Oui, beaucoup »
Serena sourit et pose délicatement le bébé endormi dans les bras de son époux avant de partir vers la forteresse.
Ils partagent, pour la première fois depuis près d'un an, un repas en famille: ce n'est pas très commun chez les familles nobles du Sud, mais Stannis a été trop habitué à Winterfell, et aime cette tradition. Jon lui raconte ses progrès durant son absence, et Stannis lui narre les batailles qu'il a menées. Serena ne l'en dissuade pas: Jon sera un commandant lui aussi, et il a tout à apprendre de son père. À la fin du repas, une domestique va coucher le bébé, et Keynaa donne son bain à Jon. Ses parents lui souhaitent bonne nuit, Stannis lit sa traditionnelle histoire du soir, et Serena part dans sa chambre.
Elle est en train de regarder la mer lorsque Stannis la rejoint, entourant son corps de ses bras, ses lèvres se perdant dans son cou. Elle s'appuie contre lui, levant ses bras pour caresser les cheveux de son époux, et les baisers de Stannis se font plus pressants, ses doigts relevant la chemise de nuit de sa dame. Elle murmure son prénom, et crie de surprise lorsqu'il la plaque contre la fenêtre ouverte. Elle s'accroche à la pierre, et gémit bruyamment lorsque Stannis la pénètre dans un violent coup de rein. Elle n'a jamais vu son époux comme cela: Stannis est d'habitude doux et tendre, mais ils n'ont jamais été séparés aussi longtemps, et Serena ne peut ignorer le fait qu'elle adore cette bestialité. Elle le sent s'accrocher à ses épaules, elle entend son ventre claquer contre ses fesses, et elle crie son nom, alors qu'il se déchaîne en elle. Les vagues de plaisir qui l'envahissent sont semblables aux vagues d'une tempête: violentes, terribles, étourdissantes. Les mains de Stannis descendent sur le fin tissu de la chemise de nuit, et, soudain, il l'arrache, découvrant la peau douce de sa femme sous la lune qui les éclaire. Il la dévore à présent, cette peau sucrée, au parfum entêtant et addictif. Stannis hoquette alors que le corps de son épouse se tend sous le sien, devenant dur comme la pierre, avant de se plier sous des soubresauts incontrôlables. Il sait qu'elle devrait lui laisser un moment, mais il en est incapable. Il l'arrache à la pierre, et la jette sur le lit, sans aucune douceur. Alors qu'elle se tourne pour lui faire face, il s'allonge sur elle, plonge son visage entre ses seins pour les embrasser, les lécher, les sucer. Serena se cambre violemment, gémissant son nom à nouveau, ses mains se perdant dans ses cheveux, appuyant son visage sur sa poitrine. Stannis entre à nouveau en elle, gardant le même rythme, faisant rougir sa peau blanche sous la violence de ses baisers, la dureté de ses morsures. Ses mains enserrent les draps alors qu'il se redresse, et les bras et les jambes de Serena s'enroulent autour de lui, comme une seiche autour de sa proie. Il apprécie la symbolique, et ses lèvres attrapent les siennes, sa langue caresse la sienne avec une passion qui leur coupe le souffle, mais ils s'embrassent à nouveau dès que leurs poumons sont à nouveaux remplis. Serena mord la lèvre de Stannis jusqu'au sang alors qu'elle a un nouvel orgasme, et il gémit de douleur, avant qu'elle ne soit remplacée par un plaisir immense alors qu'il jouit lui aussi, au plus profond d'elle. Son corps tremble violemment, et Serena l'attire à elle, ses mains courant sur son dos trempé de sueur. Alors qu'il ferme les yeux pour éviter la brûlure de la sueur qui coule sur son visage, il sourit en entendant Serena glousser légèrement:
« Eh bien, époux, tu étais affamé »
Il laisse de doux baisers sur sa peau, et lève son visage vers elle:
« Tu as semblé apprécier mon appétit, madame »
Elle rougit intensément:
« J'ai beaucoup aimé, c'est vrai »
Stannis se retire d'elle et s'allonge à ses côtés, pour immédiatement l'attirer au creux de ses bras. Il se sent soudainement un peu honteux d'avoir eu les manières de Robert, mais au moins les réserve t'il à son épouse, et pas à des prostituées.
« As-tu pensé à un nom pour notre fille? » demande-t-il, son doigt dessinant les courbes de son visage.
« Jon et moi aimons beaucoup Shôren » avoue t'elle. Stannis acquiesce:
« Shôren me plaît »
Serena l'embrasse doucement, avant de soudain le plaquer sur les draps, et de s'assoir sur sa taille:
« Très bien. À présent, refais-moi l'amour » dit-elle avec une telle luxure que Stannis ne peut que lui obéir.
