Port-Real, 294 AC

La journée a été éreintante pour Stannis, qui a de nouveau arpenté les rues de la capitale avec Jon Arryn, à la recherche des enfants illégitimes de son frère. À présent, la nuit est tombée, et il regagne sa chambre après avoir dîné. Il est surpris de la trouver vide, pendant que Serena aurait été là. Haussant légèrement les épaules, il se déshabille, et s'allonge dans les draps frais, l'attendant.

Serena est sur le point d'aller se coucher, mais des bruits sourds l'attirent dans une chambre dont la porte est entrouverte. Robert est à l'intérieur, assis, une énorme chope de vin sur la table devant lui, et un verre qu'il remplit rapidement. Elle hésite un instant mais trop tard: il l'apostrophe.

« Viens là, belle-sœur! » rit-il.

Ses joues sont déjà rouges, ses yeux brillants. Elle s'exécute: il est le roi, après tout.

Elle pousse la porte et s'avance vers lui: toute la pièce semble suinter du breuvage rouge et brillant dont il est si friand. Il lui ordonne de s'assoir, et lui sert un verre.

« Bois » dit-il.

Elle trempe ses lèvres dans le vin sucré. Elle a toujours préféré les mets du Sud à ceux du Nord: le vin à la bière, la volaille au gibier. Le vin est délicieux, se dit-elle. Robert a bon goût. Elle se demande pourtant si il en apprécie l'arôme, la texture, vu la vitesse avec laquelle il vide les verres qu'il remplit.

« Parle moi de ta soeur »

Les mots claquent comme des coups de fouet, et Serena, qui boit sa deuxième coupe, avale difficilement le vin dans sa bouche.

« Que... que voulez-vous savoir, mon roi? » balbutie t'elle.

« Tout » la fixe t'il d'un regard étrange.

Elle boit, un peu plus vite, un troisième verre.

« Elle était très belle, comme vous le savez. Nous avons toujours eu une relation étrange: nous étions très proches enfants, mais l'âge nous a éloigné. J'aimais les robes, les poupées, je rêvais d'épouser un grand Seigneur et d'avoir des enfants. Lyanna... Lyanna ne rêvait que de liberté. Elle ne vous aurait pas rendu heureux, mon Roi. Elle n'aurait rendu personne heureux »

Le poing de Robert s'abat si fort sur la table que le verre de Serena se renverse à moitié. La jeune dame tremble d'effroi, et les yeux du roi sont à présent sombres comme la nuit de la capitale.

« Ne dis pas ça! Je veux savoir ce qu'elle aimait, je veux connaître ses qualités, pas ses défauts! »

Elle acquiesce rapidement, et l'image de sa soeur se forme devant ses yeux:

« Elle n'aimait rien de plus que monter à cheval » le roi sourit, et Serena continue, soulagée. « Elle aimait aussi manier l'épée, je la voyais souvent voler celle des garçons, et s'exercer, seule, à l'aube, quand personne ne pouvait la surprendre. Et elle aimait le Nord, elle aimait Winterfell, les bois, les loups, la vie sauvage et intrépide. Elle disait souvent qu'elle voulait dormir dehors, dans les bois, que les loups la protégerait, comme ils protégeaient notre maison. Elle appréciait la bonne chair, tout comme vous, mais était plus encline à la bière qu'au vin » lance t'elle un regard à la chope à moitié vide. Il la ressert, et elle boit à nouveau.

« Et moi? M'aimait-elle? » il soupire plus qu'il ne demande.

Un instant, Serena le regarde: il semble si malheureux, cet homme, ce roi, entouré pourtant, mais par les mauvaises personnes. Si Lyanna l'avait épousé, comment serait-il aujourd'hui? Son malheur était-il inéluctable? Serena le croit sincèrement: Lyanna aurait dépéri à Accalmie. Mais, elle ne s'imagine pas dire la vérité à son roi. Quel bien cela apporterai t'il? Aucun. Alors elle avance sa main vers la sienne, immense, forte, plus encore que celles de Stannis, et, la tête lui tournant déjà un peu, elle dit d'une voix pâteuse:

« Elle vous aurait aimé, j'en suis sûre, elle n'en a seulement pas eu le temps... »

Elle évite soigneusement de prononcer le nom de Rhaegar, et pense que Robert va aborder le sujet mais non. Il ne dit plus rien, mais, après quelques secondes, il glisse sa main de sous celle de Serena pour se resservir. La jeune dame avale son verre de vin rapidement, et essaye de dévier la conversation sur des sujets qui rendront le roi plus joyeux: la chasse, les tournois, ses exploits au sein de son armée. Il parle beaucoup plus, et ses yeux brillent d'un éclat qui na cette fois rien à voir avec le vin: ironiquement, il ressemble beaucoup à Lyanna. La vie de roi, la vie de seigneur ne lui sied pas. Il est né pour faire la guerre, pour se jeter dans une bataille et fendre les crânes à coup de marteau de guerre. C'est sa définition de liberté, tout comme Lyanna rêvait d'une liberté tout autre: chevaucher seule, vivre de chasse et de cueillette, vivre presque comme un animal. Voilà deux idées du bonheur bien trop éloignées l'une de l'autre pour qu'elles aient pu s'unir.

Serena écoute, religieusement, vidant les verres qui se remplissent devant elle. Elle sent ses joues chauffer, sa tête tourner, mais tout ceci est très agréable. Après quelques heures, elle ne sait plus bien, le roi se lève, et lui dit qu'il va se coucher. Lorsqu'elle le suit, ses jambes lui semblent aussi faibles que du coton, et elle peine à marcher droit. Alors qu'elle bute contre un des murs du couloir, elle éclate de rire, et cherche à tâtons la porte de sa chambre. Elle entre, faisant signe à la porte d'arrêter de grincer, et la ferme derrière elle avant de s'échiner à défaire sa robe. Mais ses doigts semblent manquer de dextérité, et elle le leur reproche, murmurant des insanités. Elle finit par défaire le dernier lacet, et se débarrasse de sa robe aussi vite que si elle était en feu. Son corps entier lui semble en train de brûler, et elle se tourne vers son lit, pousse un hurlement avant d'éclater de rire: elle n'a pas vu que Stannis était là, et son regard sévère déclenche son hilarité.

« Es-tu saoule? » lui demande-t-il d'une voix si froide qu'elle éclate de rire à nouveau.

« J'ai bu avec ton frère du très bon vin de Dorne » acquiesce t'elle avant de grimper sur le lit, à quatre pattes, et d'écarter brutalement les draps qui couvrent le corps de son mari. Il est aussi nu qu'elle, son corps beau, musclé, et ses mains courent sur ses jambes nues.

« Tu es si beau » murmure t'elle.

« Et toi, tu es saoule » réplique t'il en essayant de remettre les draps. « J'ai froid » insiste t'il alors que Serena tire de l'autre côté.

« Laisse-moi te réchauffer » ronronne t'elle comme une chatte en chaleur. L'une de ses mains s'enroule telle un serpent autour de son sexe, et le caresse.

« A-arrête » proteste t'il malgré le plaisir qu'il ressent. Elle n'est pas elle-même, il le voit bien.

« D'accord » dit Serena d'une voix détachée, et le soupir de soulagement de Stannis se transforme en hoquet de plaisir mêlé d'outrance. À présent, c'est sa bouche qui prend son sexe, et elle maintient son époux avec une force insoupçonnée.

« Serena... non... »

Elle ne l'écoute pas, elle ne semble même pas l'entendre. Stannis serre les draps dans ses doigts, de toute ses forces, et ses dents se frottent les unes contre les autres. Il combat le plaisir qui l'envahit, mais son corps le trahit, et Serena ricane alors qu'elle reprend son souffle, caressant son sexe dur comme de la pierre. Mort de honte, Stannis rougit, et laisse les draps tranquille. Alors qu'il est sur le point de lui demander d'arrêter à nouveau, elle le lèche, de bas en haut, avec un regard si lubrique qu'il en a le souffle coupé. Ses mains se perdent dans l'épaisseur de sa chevelure, et Serena sourit, sait qu'elle a gagné. Elle enfonce à nouveau le sexe de son époux dans sa bouche, voulant lui donner tout le plaisir qu'il mérite. Stannis s'autorise à gémir de plaisir, et Serena, surexcitée, accélère, se déplaçant sur les côtés pour qu'il puisse être témoin de son excitation. Il ne comprend pas le message, au début, et elle doit prendre une de ses mains, la poser sur son sexe brûlant pour qu'il commence à la caresser. Son sexe entier est gonflé, prêt à l'accueillir, lui, le seul homme qui l'ait jamais possédée. Soudain, les rôles s'inversent, et ce sont les bras de Stannis qui attirent ses hanches sur lui. Serena lui lance un regard par dessus son épaule, mais son époux lui donne une brève claque sur les fesses. Elle crie, à moitié étonnée, à moitié hilare, et gémit bruyamment lorsque sa langue goûte son nectar, telle une abeille butinant. Elle sent son ventre contre la poitrine de Stannis, ses seins lourds contre son estomac, et la main de Stannis appuyant sur sa tête, lui intimant l'ordre silencieux de continuer ce qu'elle faisait. Elle s'exécute avec joie, étouffant ses gémissements en caressant son sexe de ses lèvres, de sa langue, de ses dents. Elle ferme les yeux quand la langue de Stannis brutalise son sexe, quand ses lèvres se referment sur lui et l'aspirent comme s'il voulait l'avaler. Elle s'accroche à ses jambes, puis à ses bourses, les caressant, les massant , les faisant rouler entre ses doigts. Il émet des grognements, qu'elle interprète comme des approbations, et elle remplace ses doigts par sa bouche. Stannis hoquette à nouveau, et sa langue s'enfonce en elle, avant de masser son sexe aussi vite qu'il le peut. Il sent son corps entier se contracter, et il la serre plus fort contre lui. Elle abandonne son sexe pour lancer un long cri de plaisir, alors qu'elle est agitée de soubresauts. Stannis, hors d'haleine, dépose de doux baisers sur son vagin, et elle glisse à côté de lui, son corps tremblant violemment. Il n'a jamais vu plus belle image, et il la caresse doucement, mais le regard qu'elle lui lance est plein de feu. Elle rampe jusqu'à lui, le chevauche et, en un simple geste, le guide en elle. Elle attrape ses poignets et les plaquent contre le lit, mais Stannis n'en a cure. Il la laisse mouvoir ses hanches, ne s'occupant que de ses seins qui rebondissent avec chacun de ses mouvements. Ouvrant sa bouche, il attrape l'un des mamelons, et le suce bruyamment, faisant gémir sa femme d'une manière totalement indécente. Il sourit, et la regarde, mais elle a les yeux fermés, totalement abandonnée à son plaisir. Il relâche le mamelon pour prendre l'autre, l'aspirant, faisant tourner sa langue autour pour le faire durcir, puis le titillant avec le bout de sa langue. Serena appuie sur sa tête, murmurant « oui... » alors que ses hanches prennent un rythme effréné. Stannis prend appui sur ses pieds pour l'accompagner, et elle balance sa tête en arrière, criant de plaisir, l'encourageant à continuer. Il se redresse autant qu'il peut, embrassant, léchant, suçant le moindre centimètre de peau qu'il peut atteindre. Les seins de sa femme lui échappent, et il grogne, mais elle appuie sur sa poitrine avec ses mains, et il peut maintenant la regarder. Son sexe a avalé le sien tout entier, et leurs toisons noires se mêlent, contrastant avec leurs peaux blanches. Son ventre se contracte violemment, et ses seins rebondissent lourdement avec chaque coup de hanche, ses tétons durs et tendus. Ses lèvres entrouvertes laissent échapper des gémissements de plaisir, et ses yeux sont mi-clos. Elle ressemble à une de ces prêtresses en transe. Les mains de Stannis, libérées, viennent attraper ses seins lourds, et les caressent, les serrent entre ses doigts. Il gémit, lui aussi, quand le lit grince tellement fort qu'il semble sur le point de s'effondrer, et que les hanches expertes de sa femme font naître un orgasme au fin fond de son être. Il sent son sexe se contracter, mais celui de Serena aussi pulse violemment contre le sien. Il abandonne ses seins pour caresser son clitoris violemment, et sa femme hurle en jouissant. Stannis ne se retient plus, et laisse sa semence se libérer en elle. Cependant, loin de l'épuiser, son orgasme ne fait que l'exciter encore plus et il repousse Serena lorsqu'elle est calmée. Elle lui lance un regard interrogateur, et il dit simplement « encore » avant de poser les mains de sa femme sur le bois du pied du lit, et de se placer derrière elle, ses reins tendus vers lui, une cascade de cheveux noirs courant le long de son dos, cachant sa peau nue et ruisselante de sueur. Stannis grogne de plaisir et de désir, et attrape ses cheveux, les enroule autour de son poignet et enfonce son sexe dur dans le sien, encore ruisselant de leurs fluides. Elle est aussi étroite que lors de leur première fois, malgré ses nombreuses grossesses, et Stannis remue ses hanches, fait claquer son ventre contre ses fesses, n'essayant même pas d'y aller doucement. Il n'y a aucune tendresse dans ses gestes, seulement de la pure bestialité, mais il sait que c'est ce qu'elle veut, ce soir. Sa bouche entrouverte déverse un tel flot de gémissements, de mots orduriers, de cris, qu'il en est à la fois choqué et excité. Il colle son corps au sien, puis repousse ses cheveux sur une de ses épaules pour pouvoir martyriser son dos de ses baisers. Ses mains jouent avec ses seins, puis caressent son sexe gonflé, avant qu'il ne se redresse et attrape ses épaules, se déchaînant en elle comme une tempête sur une forteresse. Elle hurle à présent, tel le vent glacial d'un rude hiver, et il sent, encore, son sexe enserrer le sien comme pour le retenir prisonnier. Son orgasme est si violent qu'il doit enserrer ses bras autour d'elle pour qu'elle ne lui échappe pas, et il lui murmure qu'il l'aime, qu'il l'aime à en mourir, qu'elle est son âme soeur, qu'il ne peut vivre sans elle. Elle ne répond qu'en pressant ses mains sur les siennes, et, quand son corps est à nouveau calme, que les vagues de plaisir se sont dispersées, elle s'allonge complètement sur les draps, épuisée. C'est Stannis qui attrape le bois du lit à présent, et qui continue à lui faire l'amour, son ventre claquant ses fesses bruyamment, mais ses lèvres, douces et amoureuses, réclament leur dû en baiser. Parfois, Serena répond, mais elle se contente le plus souvent de sourire alors qu'il embrasse ses joues, son cou, son dos, sa nuque, ses cheveux. Elle ne redresse son visage que quand il accélère, et qu'elle sent qu'elle va avoir un autre orgasme. Elle a ce sentiment étrange qu'aucun autre homme n'aurait pu lui donner tant de plaisir, qu'aucun ne se serait attelé à ce qu'elle jouisse autant que lui, si ce n'est plus. Les rares fois où Stannis, trop excité, a joui avant elle, il a toujours continué, avec ses doigts, jusqu'à ce qu'elle atteigne le plaisir suprême elle aussi. Entre deux gémissements, elle prévient son époux, pour qu'il ne se retienne pas, et vienne en elle. « Maintenant! » crie t'elle alors que les contractions de son corps sont cette fois très douloureuses, et que ses plaintes sont de souffrance, et non plus d'extase. Elle sent Stannis grogner plus fort, puis gémir, tout comme elle, teinté de douleur alors qu'elle peut sentir sa semence couler en elle. Il s'écroule sur elle, son front brûlant contre son dos, leurs corps suintants. Hors d'haleine, ils ont besoin de quelques minutes pour se remettre, et Stannis a juste la force de se rallonger dans les draps. Serena, son sexe endolori, le rejoint en titubant à moitié, mais elle sait que ce n'est pas à cause du vin et que, demain matin, ses pas ne seront pas très assurés. Sa tête repose sur la poitrine de Stannis, écoutant son cœur qui lui semble être le marteau d'un forgeron s'abaissant sans relâche sur une épée pour la former. Elle repousse difficilement des mèches de cheveux collées par la sueur sur son front, et lève les yeux vers son époux: les yeux fermés, la bouche entrouverte, il dort déjà. Elle dépose un baiser au coin de ses lèvres, s'autorise à glousser et rire en repensant à cette étreinte passionnée, et l'entoure de son bras avant de laisser le sommeil l'envahir elle aussi.