Lancehélion, 300 AC

Silencieux, Davos regarde dans les yeux le prince de Dorne, Doran Martell. Après la prise de Port-Réal, Stannis lui a ordonné de chevaucher vers Lancehélion, avec un cadeau. Le roi n'a pas la naïveté de son jeune frère: il sait qu'Ariane Martell est retenue en otage par sa propre famille. Davos se souvient que Jon Arryn aussi avait du se rendre à Dorne pour tenter d'apaiser les Martells et de les rallier à la cause de Robert, malgré l'assassinat de leur princesse, Elia, et de ses enfants. Il est honoré de la confiance du roi et espère mener sa mission à bien, afin de rentrer le plus vite possible dans la capitale.

Doran le fixe des yeux lui aussi, impassible. Il ne peut ignorer la boîte que l'ancien contrebandier tient dans ses bras, et il est bien plus curieux que méfiant. Stannis ne l'attaquerai pas ici, dans sa propre maison. Il fait un signe de tête à ses gardes, qui prennent la boîte des mais de Davos, et l'apporte aux pieds de Doran.

« Voici ce que le roi Robert vous a promis, il y a fort longtemps, quand vous avez accepté de fiancer votre fille à Renly. Il n'a pu honorer sa promesse, mais le roi Stannis s'en est souvenu. À présent, il demande que Ariane et ses enfants rentrent avec moi à Port-Réal, et ensuite rejoignent leur époux et père à Accalmie. C'est là qu'est sa place. »

Doran ne répond pas à la main du Roi, et se contente d'ordonner qu'on ouvre le coffret. Le garde qui le fait a un léger mouvement de recul quand il voit le contenant, mais Doran demeure impassible. Il ne sourit pas, ne semble pas soulagé. Il finit par lever les yeux sur Davos:

« Allez chercher Ariane et les enfants. »

Deux gardes quittent la pièce, et Doran referme le coffret:

« Vous remercierez Stannis pour ceci. Je n'ai moi aussi qu'une parole. Mon frère Oberyn partira pour Port-Réal avec vous, afin d'assurer notre soutien à Stannis. »

Davos s'incline légèrement, soulagé que sa mission ait été fructueuse.

Ils quittent la capitale de Dorne deux jours plus tard: ni Ariane ni les enfants n'ont été maltraités, mais tous semblent heureux de retrouver Renly, enfin. Doran aurait-il pu leur faire du mal? Davos ne saurait le dire. Mais si Stannis a tout fait pour rallier les Martell à sa cause, y compris confier à Davos la tête de Tywin Lannister, comme promis il y a fort longtemps, Davos sait que c'est parce qu'il y avait un risque. Stannis souhaite plus que tout avoir un royaume uni derrière lui, et les alliances ont besoin d'être renforcées et respectées. Avec la mort de Tyrion et celle de Tywin, l'héritier naturel de Castral Roc aurait dû être Jaime Lannister: mais le roi l'a envoyé à la Garde de Nuit, afin de payer pour avoir assassiné Aerys. Cersei, elle, s'était donné la mort dans le Donjon Rouge, emportant avec elle ses deux plus jeunes enfants, Tommen et Myrcella. Joffrey avait péri sur le champ de bataille, rapidement. Il ne restait que Kevan Lannister, qui avait ployé le genou devant Stannis: le roi avait ordonné qu'il soit le châtelain du fils aîné de Tyrion, Margon. Lui et son frère et sa sœur vivraient à présent au Roc.

Port-Réal.

Serena se sent bizarrement étrangère alors qu'elle ferme la porte de sa chambre pour se diriger vers celle de Stannis: malgré toutes ces années à vivre ici, lorsque Stannis était maître des Navires, son statut a brutalement changé, et elle ne s'habitue pas aux « Majesté » qu'elle entend quand elle croise des domestiques ou des gardes. Elle est reine. Reine de Westeros. La nouvelle de la victoire de Stannis n'avait jamais fait aucun doute pour elle, mais cependant, elle n'avait pas réalisé tout de suite ce que cela voulait dire pour elle, et pour sa famille. Jon est prince maintenant, Shireen princesse. Sa belle-fille Margaery est devenue l'une de ses dames de compagnie. Comment aurait-elle pu même rêver d'un tel destin? Et si elle avait épousé Jaime comme prévu, quelle en aurait été l'issue? Elle tremble légèrement en pensant qu'elle aurait pu être dans le camp des vaincus, et se souvient de ce qui était arrivé à Cersei et ses enfants. Elle arrive devant la porte de la chambre de Stannis, gardée par deux colosses. Elle n'a pas encore vu son époux, et ne sait pas vraiment ce qu'elle doit faire. Mais l'un des gardes toque à la porte et l'annonce à Stannis:

« Sa Majesté la reine »

Serena a besoin d'une seconde avant de se rendre compte qu'ils parlent d'elle. La voix de Stannis s'élève, lasse et fatiguée:

« Entre »

Le garde ouvre la porte, Serena entre et le garde referme la porte derrière elle. Son époux est assis à une table, des dizaines de parchemins étalés devant lui: la plupart ressemblent à des convocations devant lui, et sont adressés à différents seigneurs. Il lève la tête vers Serena, et un sourire illumine ses traits tirés. Il semble si vieux, tout d'un coup, comme si la guerre lui avait donné vingt années de plus. Serena s'avance vers lui, et, avant qu'il ne se lève, elle l'entoure de ses bras, le pressant contre elle, contre sa poitrine. Elle ne peut ignorer les cicatrices encore fraîches sur sa poitrine, et ses bras. Stannis l'enlace à son tour, fermant les yeux, tout à son bonheur de l'avoir près de lui. Il peut entendre son cœur battre dans sa poitrine, régulier et réconfortant. Ils restent enlacés de longues minutes, avant que Serena ne regarde les parchemins:

« Tu devrais te reposer » sourit-elle.

« Je sais... » Stannis soupire, et lui présente quelques documents. « La cérémonie du couronnement... des lettres de félicitations... j'ai aussi reçu une lettre de ton frère, tiens » il lui tend et Serena sourit en lisant les mots de Benjen. Le petit Benjen, devenu à présent le Lord Commandant de la Garde de Nuit, depuis l'affreuse mutinerie contre Jeor Mormont. Stannis l'observe alors qu'elle lit, et ses yeux s'égarent sur les reins de sa femme. Sa main pose le dernier parchemin qu'il lit, et s'aventure sur la croupe de Serena. Elle ne lève pas les yeux, mais ses lèvres sourient. Lentement, il descend le long de sa jambe, remonte le tissu de sa robe pour enfin toucher sa peau. Ses doigts courent le long de son mollet, caresse le creux de son genou, palpe ses cuisses pour enfin s'étaler sur ses fesses. Serena arrête de lire, et pose ses mains sur le bureau, se cambre sous la caresse de ses mains. Stannis, lui, ne bouge pas, et s'aventure entre ses jambes. Il caresse sa fente humide quelques instants, sa main libre dénouant sa robe lentement. Serena range les parchemins rapidement et se débarrasse de sa robe, échappe aux mains de son époux pour s'asseoir sur le bureau, juste devant sa chaise. Il secoue la tête et montre le lit. Serena sourit et prend sa main, le guide jusqu'au grand lit qui trône contre le mur de pierres.

« Je veux un autre petit prince » murmure t'elle alors que ses mains dénudent son époux lentement.

« Et pourquoi pas une princesse? » Stannis sourit légèrement.

Serena fait la moue et Stannis relève sa tête pour la regarder, avant de l'embrasser passionnément:

« J'ai eu tellement peur de te perdre... de tous vous perdre... »

« Je savais que tu allais gagner » Serena caresse ses cheveux. « Je suis triste pour Tyrion et Asha. Je les aimais bien... » soupire t'elle.

« Je ne les ai pas tués » se défend presque le roi.

« Quand bien même... ils ne t'auraient pas épargné si ils avaient pu... » Serena frissonne légèrement à cette pensée.

Les bras de Stannis l'entourent et l'allongent sur le lit:

« Laisse-moi te donner ton petit prince » murmure t'il au creux de son oreille.

Serena sourit et se cambre pour l'accueillir au fond d'elle.