Mentir ou périr, partie 2
X
Dring. Dring. Dring. Dring. Dring.
Oh la la, je suis si fatigué...
Dring. Dring. Dring. Dring. Dring.
Que cette satanée sonnerie s'arrête...
Dring. Dring. Dring. Dring. Dring.
— Aaah ! cria le blond en écrasant son poing sur le réveil de toutes ses forces.
Il était déjà en retard pour l'école.
Naruto arriva tout juste à l'heure pour le premier cours. Il s'inséra dans la file d'élèves. Iruka qui comptait ses chenapans nota que Naruto était là. Il lui sourit étant donné que le garçon était arrivé à temps cette fois. Le garçon aux cheveux blonds hésita à lui retourner le sourire. Il lui en voulait encore pour la rouste qu'il s'était pris le jour précédent. Mizuki avait juste été la main portant le bâton, mais c'était Iruka qui avait été l'instigateur du méfait.
Au final, Naruto décida de faire la moue et Iruka trouva sage de ne pas pousser davantage, avant qu'il n'ordonna à tous les élèves de s'asseoir.
Juste à côté de Naruto, il y avait Shikamaru Nara, la pire espèce de fainéant que Naruto n'avait jamais rencontré dans sa vie. Celui-ci était déjà en train de roupiller, la tête enfouie dans ses avant-bras. À sa gauche, il y avait Choji, le mangeur de chips. Iruka lisait son livre relatant l'histoire de Konoha et s'attendait à ce que tous les élèves l'écoutent avec attention mais son ton était tellement monotone que ceux qui ne dormaient pas discutaient entre eux. Il fallait dire qu'une histoire vieille de quatre-vingts ans était moins intéressante que les dernières nouvelles de la veille.
Naruto se demandait comment le professeur faisait pour ne pas se rendre compte que personne ne l'écoutait.
Ou peut-être joue-t-il simplement le rôle du professeur qui ne s'en rend pas compte.
Naruto ouvrit de grands yeux.
— Kura ! s'exclama-t-il à voix haute, en plein milieu du cours.
Tout le monde le regarda éberlué. Cependant, les autres élèves retournèrent rapidement à leur activité favorite, qui était de bavarder, considérant qu'il était logique que l'idiot de la classe se comporte accordement à son rôle d'idiot. La voix intérieure de Naruto soupira et Iruka n'avait pas l'air du tout content du fait qu'il dormait durant son cours.
Que faire ?! Que faire ?! supplia Naruto de désespoir.
Tu répéteras après moi ce que je vais dire enfant, dans le même ton : Désolé Iruka-sensei, je voulais dire que ce Kura devait être impressionnant !
— Désolé Iruka-sensei, je voulais dire que ce Kura devrait être tellement cool ! répéta Naruto avec un sourire qui lui découvrit toutes ses dents.
Iruka élargit ses yeux comme s'il ne pouvait croire qu'un de ses aspirants l'avaient vraiment écouté, d'autant plus que l'élève en question était Naruto. En réalité, Iruka lui-même ne souvenait pas avoir mentionné une personne nommée Kura.
— Je suis étonné que tu trouves mon cours inspirant Naruto, mais si tu pouvais être moins bruyant à ce propos. Et vous autres, prenez exemple sur lui au lieu de bavarder ! hurla Iruka à la salle entière.
Naruto était désarçonné, il ne pouvait croire qu'une simple phrase pouvait complètement changer le comportement de son professeur à son encontre. Les autres élèves le regardaient avec une jalousie non dissimulée.
La voix au fond de lui demeura silencieuse.
Durant la pause, Naruto fut choqué par le nombre de personnes venant le féliciter. Les enfants de clans ne semblaient avoir aucun problème à être à ses côtés.
Kiba lui avait demandé quelques astuces la prochaine fois qu'il chercherait une excuse pour sécher les cours. Choji nota qu'il était spectaculaire qu'il ait réussi à participer au cours à temps, mais il était d'autant plus surpris qu'il ait réussi à tourner la situation en sa faveur. Ino commenta que cela ne lui ressemblait que très peu d'être aussi intelligent et admit qu'elle pensait qu'il avait toujours été taré sur les bords.
Cependant, l'effervescence du moment ne dura que le temps de la pause qu'ils devaient déjà retourner en salle de classe.
Cette fois, la leçon était plus intéressante, car c'était la première introduction au jet de shuriken. Toutefois, Naruto déglutit instantanément quand il rentra dans la salle :
C'était Mizuki qui enseignait cette partie. Une fois que tout le monde fut rentré, le professeur présenta le déroulement de son cours :
— Si vous pensez, mes chers élèves, que les combats entre ninjas sont tels ceux décrits dans les livres, eh bien vous vous trompez lourdement, pour la raison que les ninjas n'ont pas le temps d'écrire de livres. Un combat entre ninjas ne dure pas trois heures. Un combat entre ninjas n'est pas à propos de celui ou celle ayant la technique la plus large, la plus ancienne ou la plus explosive. Un combat entre ninjas est seulement à celui qui parvient à se jouer de son adversaire et parfois, termine avec seulement un kunai bien visé à la jugulaire. C'est pourquoi toutes les leçons auront lieu dans la cour et non en classe. À la fin de l'année, vous serez capable d'atteindre des cibles mobiles, tels que des oiseaux en vol. Maintenant, suivez-moi.
Et cinq minutes après, ils étaient tous agencés devant des cibles. Ils étaient alignés en cinq files. Naruto était sur la même ligne que Shikamaru et Choji. Mizuki passa entre les rangs, vérifiant comment tout le monde s'en sortait. Le résultat était navrant au possible. Aucun d'entre eux excepté Sasuke avait réussi à viser un shuriken.
Lorsque Mizuki passa près de Naruto, le garçon fut tellement apeuré qu'il ne put lever ses bras. Il se rappela des jours précédents ainsi que des séances de torture que Mizuki lui avait affligées. Il essayait de se convaincre lui-même que c'était la faute d'Iruka et pas de Mizuki mais il ne pouvait s'empêcher de trembler comme une feuille.
— Bon sang, Naruto. Je sais que tu peux faire mieux que ça. Lance tes shurikens et vite ! lui ordonna le professeur attitré.
Naruto ne pouvait plus malheureusement bouger. Tout son corps tremblait. Shimakaru regardait Naruto, un peu surpris, se demandant pourquoi il flageolait autant. Mizuki paraissait être pourtant un meilleur professeur qu'Iruka.
— Naruto, c'est un ordre de ton supérieur hiérarchique, je te demande de lancer tes shuriken sur les cibles. À moins que tu ne veuilles être exclu du cours ?
À cet instant, Naruto était déjà en train de pleurer et ne pouvait plus rien faire. Mizuki soupira et commença déjà à ordonner à d'autres élèves d'emporter Naruto en dehors de la cour.
Enfant, laisse-moi le contrôle de ton corps, murmura la voix dans sa tête. Naruto pointa que cela était opposé à la première règle qu'ils avaient définie mais s'arrêta lorsque Kurama continua :
Ne t'en fais pas. Je me chargerai des retombées derrière.
Et ainsi, Naruto s'effondra à genoux. Shikamaru et Choji vinrent à sa rescousse, mais le blond mit soudain un pied au sol, faisant voltiger le sable au sol, avant de tendre une main vers eux, signifiant que tout allait bien. Lorsqu'ils regardèrent dans ses yeux, ils les virent flasher furtivement au rouge avant qu'ils ne reprennent leur couleur bleue d'origine. Le garçon articula les mots « n'intervenez pas » sans les vocaliser.
Naruto se tint alors debout et fit face au professeur aux cheveux gris avec un sourire.
— Désolé Mizuki-sensei pour le précédent accident. Je vais lancer les shurikens comme vous l'ordonnez, déclara-t-il d'une voix fluide qui ne trahissait nulle hésitation.
Mizuki croisa les bras, dubitatif :
— En es-tu sûr ? Tu me paraissais un peu fébrile l'instant d'avant.
Naruto hocha la tête.
— Laissez-moi le faire, s'il vous plait. Je ne peux pas être évincé du cours.
Mizuki haussa les épaules, clairement désapprobateur.
— Très bien. Mais veille à ne pas te blesser.
Le blond sourit tandis qu'il prit cinq shuriken de la table où toutes les munitions étaient disposées. Naruto toisa les cinq cibles, ou plutôt ce fut Kurama utilisant le corps de Naruto qui scruta les cinq cibles. L'entité entendit la voix du garçon dans un coin de sa conscience, s'excusant d'être aussi inutile.
— Crois-en moi, souffla le blond dans un murmure.
Et alors, il contracta son bras droit, à un tel point que tous les vaisseaux sanguins de son corps explosèrent sous la pression. Il porta sa main en arrière dans un angle grotesque et un son horrible se fit attendre avant qu'il ne jette les shuriken droit devant. Les cinq cibles explosèrent à l'impact en milliers de morceaux de bois, le son se réverbérant dans l'ensemble de l'Académie. Les autres élèves regardaient Naruto avec frayeur. Son bras était en lambeaux. Le professeur ouvrit la bouche, avant de la refermer. Il la rouvrit, sans qu'aucun son ne sorte de ses cordes vocales.
Que diable s'était-il passé ?
— Mizuki-sensei, commença le petit blond avec le ton le plus normal du monde. Je crois m'être cassé l'épaule. Je ne vais pas être expulsé du cours, n'est-ce pas ?
Mizuki fit pas un en arrière, puis deux lorsque Naruto se retourna vers lui, comme s'il était l'enfer incarné. L'élève blessé soupira, apparemment déçu.
— Quelle tristesse, je vais devoir aller à l'infirmerie. Que devrais-je dire à l'infirmière ? Mizuki-sensei m'a forcé à jeter ces shuriken sous la menace que je quitte l'Académie dans le cas contraire. Que dois-je faire, je me le demande ?
Tout le monde était silencieux autour de lui. Naruto était devenu fou pour sûr. Il devrait être en train d'agoniser sur le sol, hurlant de douleur, mais il agissait comme si son bras ne faisait pas partie de son corps. Mizuki continua à marcher à reculons, jusqu'au mur, tandis que Naruto s'approchait vers lui, un sourire malsain se dessinant sur son visage.
— Aidez-moi Professeur... Mon bras me fait terriblement mal ! Je perds mon sang... je sens que je suis sur le point de mourir. Professeur, aidez-moi... caqueta le garçon d'une voix rauque alors qu'il levait son bras ensanglanté vers le professeur hagard.
L'homme aux cheveux gris n'eut d'autre choix que de fermer les yeux, s'agenouiller au sol et crier :
— Va-t'en, bête immonde !
Naruto s'arrêta soudainement, apparaissant choqué et se mit à pleurer avant de s'effondrer au sol, inconscient.
Mizuki s'enfuit affolé de la cour. Les élèves continuaient d'observer la scène, éberlués.
Peu après, des adultes vinrent sur le terrain pour récupérer Naruto et l'emmener à l'infirmerie.
Où suis-je ? se demanda Naruto.
Il était encore dans les vapes. Il se retourna plusieurs fois et nota qu'il était allongé sur une surface duveteuse, avant de grimacer à la douleur qui lui éprit son bras. Celui-ci était ficelé dans une encoche blanche. Il bifurqua son regard autour et reconnut vaguement l'infirmerie. La dernière chose dont il se souvenait était Kurama lui chuchotant de lui faire confiance mais... pourquoi était-il blessé alors ? Il dirigea sa ligne d'horizon vers la fenêtre et remarqua que le crépuscule était déjà tombé.
Dans les vapes, il discerna vaguement l'infirmière lui demander d'attendre jusqu'à ce qu'une personne habilitée vienne le voir. Il acquiesça, un peu blanc, avant de reposer la tête contre le coussin.
Qu'as-tu donc fait Kura ? pensa-t-il troublé. Son bras lui faisait si mal...
J'ai fait ce que je pensais être nécessaire. Le professeur aurait juste continué de t'harceler si je n'avais pas agi de cette manière. Mais maintenant, j'ai besoin de toi, enfant. Peux-tu faire attention à ce que je dis ? Je vais essayer d'apaiser ta douleur du mieux que je peux.
Naruto se sentait en effet mieux. Mais il avait encore plus sommeil qu'avant...
Oui, je t'écoute, pensa-t-il vaseux.
Bien, je ne voulais pas te faire traverser cette épreuve si tôt, enfant, mais tu te dois d'être courageux. Bientôt, des figures d'autorités viendront et tu devras leur mentir, d'accord ? Je veux que tu répètes ce que je suis sur le point de dire dès maintenant :
J'ai paniqué lorsque Mizuki-sensei m'a menacé de m'expulser de l'Académie si je ne réussissais pas l'exercice. Il m'a épuisé tous les jours en me frappant après les cours. Il utilisait un bâton en bois et mes bras me faisaient toujours si mal. J'étais si effrayé qu'il me fasse encore mal que j'ai lancé les shuriken de toutes mes forces. Je devais réussir. Je devais réussir. Je devais réussir...
Kura, je... commença Naruto, mais la porte s'ouvrit et le Troisième suivi de deux femmes portant un masque ANBU arrivèrent.
Ne me déçois pas, Naruto, termina la voix.
C'était la première fois que Kurama disait son nom.
Alors son grand-père s'assit sur la chaise à côté de lui. Il paraissait être vraiment inquiet. Il déposa son gros chapeau sur le meuble à côté du lit avant de poser une main sur son ventre.
— Est-ce que ça va, Naruto ? demanda Hiruzen très doucement. Comment tu te sens ?
Sa respiration était atrocement lourde.
— Je me sens fatigué, admit-il en fermant les yeux. C'est comme si tout mon corps me faisait mal. Je... je... je suis désolé grand-père de t'obliger à ne venir ici rien que pour moi. Je sais que tu es très occupé et que tu n'as pas de temps à me consacrer.
Mais ce qui blessa le plus Naruto fut sur ce qu'il était sur le point d'affirmer.
— Veux-tu que je revienne plus tard ? lui demanda calmement le vieil homme.
Non ! Plus il attendrait et plus cela lui serait difficile de le dire.
— Non, reste ici, grand-père... j'ai quelque chose que je dois t'avouer...
Il y a quelque chose de bizarre dans mon corps. Quelque chose qui peut prendre le contrôle de mon corps.
— Oui Naruto, que veux-tu me dire ? requit Hiruzen sur un ton réellement inquiet cette fois.
Mais cette chose est gentille à sa manière. Je ne la pense pas aussi diabolique que ce que les gens racontent. Je sais ce que tu vas me dire grand-père. Je sais que tu vas me dire de ne pas l'écouter... mais je viens de réaliser que...
Je déteste vraiment être seul.
Narut toussa. Il ne pouvait le faire. Il n'était pas courageux. Il n'était qu'un enfant apeuré, traumatisé même. Pourquoi cela devait-il toujours lui arriver ? Pourquoi était-il forcé de trahir la confiance de son grand-père ? Pourquoi devait-il choisir entre ses deux êtres les plus proches ? Pourquoi la vie était-elle aussi injuste ?
— Maître, vous allez être en retard pour le prochain rendez-vous, annonça une garde du corps.
Hiruzen acquiesça et alors qu'il était sur le point de se lever et de partir, la petite main de l'enfant le restreignit à rester. Sa poigne était si faible que Hiruzen ne faillit pas la remarquer.
— Grand-père... reste avec moi encore un peu...
Il avait si mal à la tête. Pourquoi était-ce si difficile ?
Parce que j'ai toujours voulu que l'on fasse attention à moi... parce que j'ai toujours voulu être spécial aux yeux de quelqu'un d'autre... parce que grand-père est si loin que je ne puis lui confier tous mes problèmes.
— Oui, Naruto, je suis là. Mais je ne peux pas rester longtemps. Tu sais que je suis très occupé. Dis-moi ce que je peux faire. Si je peux te soulager d'un poids, je serai heureux de pouvoir le faire.
Naruto hésita encore et encore. Ce fut à ce moment où il ressentit la douce main de son grand-père sur son épaule qu'il sut ce qui lui restait à faire :
— J'ai paniqué lorsque Mizuki-sensei m'a menacé de m'expulser de l'Académie si je ne réussissais pas l'exercice. Il m'a épuisé tous les jours en me frappant après les cours. Il utilisait un bâton en bois et mes bras me faisaient toujours si mal. J'étais si effrayé qu'il me fasse encore mal que j'ai lancé les shuriken de toutes mes forces. Je devais réussir. Je devais réussir. Je devais réussir ! hurla-t-il le plus rapidement qu'il le pouvait.
Hiruzen sembla choqué. Naruto pleura. Le vieil homme le tint entre ses bras, très proche. Naruto sentait comme s'il chutait au plus profond des abysses.
— Merde, j'aurais dû m'en apercevoir Naruto. Je regrette tellement de ne pas avoir pu t'aider avant. Ne t'en fais pas Naruto, je vais...
Mais le garçon était déjà endormi.
Il émergea du rêve pour se réveiller dans ces égouts qu'il détestait tant. La fille aux cheveux rouges se tenait juste à côté de lui, ses yeux de la même couleur le fixant intensément.
Naruto se leva alors et s'approcha d'elle, lentement, silencieusement, le regard sombre. Il la poussa au sol, la faisant tomber dans l'eau croupie. Elle n'était plus aussi belle qu'avant. Elle faisait partie de cet univers répugnant qu'était son monde intérieur. Mais si écœurant, sale et vicieux que ce monde était, il faisait aussi partie de cet univers. La fille le contemplait, immobile, allongée dans ce liquide orange visqueux. Son regard n'était ni condescendant, ni moqueur.
Et elle demeurait si envoûtante.
Naruto se coucha sur elle, puis à côté d'elle, la serrant très fort. La colère, mêlée à de la tristesse le submergeait. Pourquoi voulut-il demander ! Mais elle ne fit que le serrer proche d'elle en retour, le réconfortant, comme la première fois où elle était apparue sous cette forme. Il se rétracta, hésitant à accepter ce contact. Le visage de la jeune fille lui paraissait si merveilleux qu'il se perdit dans ses yeux d'une profondeur infinie. Son cou fin, ses longs doigts, sa chevelure cramoisie trempée dans ce liquide orange, presque amniotique... qui l'enfermait dans une extase sans fin.
— Je te l'ai dit que je pourrai être ce que tu veux Naruto. N'hésite plus. Tu en as besoin. Tous les êtres vivants ont des limites et tu as atteint les tiennes depuis bien longtemps. Laisse-moi porter ton fardeau. Tu n'as plus à être tout seul. Je suis là. Je suis là. Je suis là...
Sa voix était telle une berceuse, une douce berceuse à ses oreilles. Il lui confia son cœur et s'endormit dans ses bras. Si seulement ils pouvaient rester ainsi pour toute l'éternité...
Les neuf queues l'enveloppèrent dans un cocon protecteur et pulsèrent avec harmonie.
C'était comme un rêve à l'intérieur d'un rêve.
Le blond ouvrit les yeux et nota qu'il était encore une fois à l'infirmerie. Cette fois-ci, un ANBU avec un masque de tigre blanc était assis à côté du blond. Naruto ne savait pas si son gardien dormait, mais il remarquait que sa tête penchait un peu sur le côté. Ce qui le surprit réellement, c'était de voir la fille de ses rêves présente dans la pièce. Elle avait ses bras croisés, juste face au lit.
— Salut ! dévoila-t-elle avec un rictus.
Naruto fit un O avec sa bouche et ses yeux.
— Chut ! Tu ne veux pas que notre hôte se rende compte que je suis là quand même ? rigola-t-elle en lui décochant un clin d'œil.
Elle s'interposa entre Naruto et l'agent en s'asseyant sur le lit, avant de prendre son menton entre ses deux doigts.
— Maintenant que nos liens sont plus forts, je peux me projeter dans le monde réel, mais seul toi peux me voir et m'entendre. J'aimerais te donner davantage d'informations mais tout d'abord, nous devons nous débarrasser de lui.
Son rictus devint effrayant lorsqu'elle pointa l'homme au masque derrière elle. Elle se leva, alla derrière l'agent et le toisa avec l'intention de tuer. Naruto devint de plus en plus apeuré tandis qu'il vit les ongles de la fille-démone devenir des griffes se rapprocher dangereusement de la gorge de l'endormi. Naruto fut sur le point de crier mais-
— Pourquoi me fixes-tu comme un demeuré ?
Kura retira ses griffes et rigola follement. Naruto savait qu'il venait juste d'avoir été berné. Bien entendu, elle venait de lui dire que seul lui pouvait la voir et l'entendre. Elle n'aurait jamais été en mesure de tuer cet homme seule...
— Eh petit, peux-tu me dire à quoi tu penses ? Tu es bien trop jeune pour être sourd, rumina encore l'homme au masque.
— Désolé monsieur, dit Naruto en courbant l'échine.
Kura, qui était juste à côté, lui fit signe de continuer la discussion.
— Je suis encore en train de récupérer de mes blessures.
Le ANBU pencha sa tête sur le côté.
— De quelles blessures tu veux parler, petit ? Tu es complètement remis. Tu as dormi durant deux jours. Maintenant, si tu pouvais arrêter de me faire perdre mon temps, j'aimerais te ramener chez toi pour que je puisse moi aussi aller pieuter.
Naruto ne savait pas quoi répondre du tout. Kura s'approcha de lui et lui intima d'utiliser une expression enjouée : « Ouais monsieur, allons-y ! »
Et le petit garçon l'imita. Tigre le prit soudain par l'épaule et Naruto se retrouva brusquement devant sa porte. Naruto contempla d'un air abasourdi l'homme au masque. Comment avait-il pu faire ça ? Il n'avait rien ressenti du tout. Il était dans le lit de l'infirmerie un moment et l'instant d'après, il se retrouvait devant chez lui. La jeune fille aux cheveux rouges se matérialisa à côté d'eux peu après dans un flash vermillon. Elle décocha un sourire narquois à son encontre. Tigre laissa tomber un set de clés dans la main du gamin, qui reconnut son propre porte-clé.
— Si tu as le moindre problème, petit, appelle-moi et je serai là la seconde suivante. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais aller pioncer, car il est déjà trois heures du matin, bailla l'homme au travers de son masque.
Ainsi, comme il l'eût annoncé, Tigre s'éloigna en marchant d'un pas lent. Naruto vit la fille à ses côtés lui tirer la langue et mettre un doigt sous son œil pour affiner la grimace. Elle se retourna vers Naruto, les poings sur les côtes.
— Alors, qu'est-ce que tu attends ? À moins que tu ne veuilles dormir dehors ?
Tel un fantôme, elle passa au travers de la porte et Naruto se précipita pour ouvrir, mais cela lui requit trois tentatives pour trouver la bonne clé. Lorsqu'il ouvrit la porte, il la vit allongée sur son lit, totalement à son aise.
Naruto hocha la tête avant de refermer la porte derrière lui et soupirer. Il se sentait bizarrement en pleine forme, mais il se souvint que l'homme au masque lui avait dit qu'il s'était reposé durant deux jours entiers. Mince, dire qu'il avait finalement réussi à se lever à temps, il allait devoir reprendre un rythme normal.
— Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? demanda Kura du lit, apparemment impatiente.
Naruto haussa les épaules.
— Je ne sais pas. Je ne pense pas avoir laissé quelque chose dans le frigo, répondit-il en marchant vers la cuisine.
Lorsqu'il ouvrit le frigo, il n'en crut pas ses yeux. Il y avait des cageots de légumes remplis à rebord. En fouillant dans les étagères, il vit que des gâteaux au chocolat y avaient été entreposés. Il y avait même de la viande !
Le garçon entendit alors la fille qui était censée être dans sa chambre rigoler juste derrière son dos.
Comment peut-elle être aussi rapide ? se demanda Naruto, mais Kura ignora sa pensée et lui sourit encore.
— Je pense que tu sous-estimes ton grand-père. Si tu crois qu'après le nombre d'accidents que tu as eus ces derniers jours, il allait te laisser sans avoir tout vérifié, détrompe-toi. Tu veux de l'aide pour cuisiner ?
Naruto rougit d'embarras.
— Je ne sais pas cuisiner, admit-il.
Kura se retroussa les manches et montra son biceps avec un fier sourire.
— Jamais trop tard pour apprendre je suppose.
Elle tira alors un couteau d'un de ses tiroirs et se mit à couper des légumes, qu'elle disposa sur un plan de travail. Naruto la fixa complètement perdu. Était-elle réelle ? Elle était invisible pour les autres, mais elle lui paraissait tellement réelle. Il mit soudainement une main sur l'épaule de la fille et sentit le contact de la peau fraîche sous sa paume.
Kura s'arrêta dans son travail pour lui envoyer un clin d'œil.
— Je ne suis pas vraiment là en réalité. Nos liens étroits me permettent d'agir comme si j'étais à côté de toi, bien qu'en réalité, c'est toi qui tiens le couteau.
Et lorsqu'elle avoua ce fait, Naruto sentit le couteau entre ses doigts et vit avec surprise qu'il avait disparu de ceux de Kura. Elle haussa les épaules devant son air ahuri.
— Considère que je suis réelle lorsque nous sommes seuls et tout ira bien.
Désormais sans ustensile, Kura retira un autre couteau du tiroir, puis se remit à découper des tomates et à nettoyer de la salade. Naruto décida de l'aider en prenant une escalope de veau du frigo avant de la faire cuire sur une poêle, au-dessus d'une plaque chauffante. Naruto ne s'était jamais autant amusé en cuisine — parce qu'il n'avait jamais eu autant de nourriture chez lui pour commencer. Kura éplucha alors des pommes qu'elle disposa avec la viande.
Naruto réalisa qu'il avait réellement faim et commença à s'engouffrer des biscuits au chocolat qui avaient été planqués dans un placard. Il avait si faim qu'il en ingurgita un d'une bouchée. Kura le regarda avec une étrange lueur dans son regard. Le garçon lui retourna la pareille, un peu embarrassé devant cette fixette et se gratta nerveusement la tête.
— J'ai quelque chose sur la bouche ? demanda-t-il avec un sourire de travers.
Kura afficha un sourire à son tour, un sourire carnassier. Ses yeux cramoisis reposant toujours sur lui, elle s'approcha avec une allure lente mais mesurée. Ses pieds paraissaient flotter sur le sol. Elle enroula alors les bras autour de son cou et se mit à lui lécher ses cicatrices de sa joue gauche.
Il frémit au contact de sa langue et rougit furieusement. En retour, elle s'esclaffa joyeusement de sa réaction et le laissa sur place pour retourner cuisiner tandis que Naruto essayait de recouvrir ses esprits suite à cet épisode incongru.
Deux minutes plus tard, lorsqu'il revint aux fourneaux, l'escalope était cuite. Il l'annonça à haute voix et Kura posa distraitement la viande dans un saladier, en y mettant également le reste des légumes qu'elle avait cuit. Il devait bien avoir de quoi manger un bon kilo. Elle alla ensuite dans le salon et posa le saladier sur la table basse à côté du canapé. Elle indiqua à Naruto de s'y asseoir tandis qu'elle-même était allongée sur l'accoudoir.
Naruto ne sut pas comment réagir, mais elle lui fit signe avec son index de venir. Naruto obéit finalement, étant donné qu'elle avait pris la nourriture en otage et s'assit à l'endroit qu'elle lui avait indiqué. Il la vit soudainement prendre le bol sur sa cuisse et y sortir une cuillère. Il ouvrit de grands yeux devant son sourire mesquin.
— Non, non, non ! tourna-t-il la tête en rythme.
Mais il était trop tard, elle enfourcha la cuillère dans sa bouche. Son manche noire fit donc des allers-retours continus entre lui et le bol, s'arrêtant seulement lorsque Naruto avait le ventre tellement plein qu'il ne pouvait plus ingurgiter quoi que ce soit. Elle paraissait ronronner à chaque fois qu'il gouttait à la délicieuse viande, comme si c'était elle-même qui dégustait le repas. Et ses yeux le fixaient toujours aussi intensément. Parfois, Naruto remarquait la lumière de sa lampe clignoter, comme si des ombres passaient par-dessus. Il dissipa rapidement cette idée, songeant que ce devait être probablement son imagination.
À la fin du repas, Naruto eut l'impression de ne jamais avoir été si plein de sa vie. Kura lui tint la main pour le mener à la salle de bain. Il devint désespéré lorsque la fille se mit à enlever son unique pull noir qui constituait la seule pièce de sa garde-robe. Devant son regard interrogateur, il savait qu'il ne pouvait y couper. Il soupira et se déshabilla à son tour.
Naruto eut l'impression que Kura se lécha les lèvres lorsqu'il en vint à son caleçon. Maintenant complètement nu, il pénétra le box, sentant soudainement le corps de la fille contre son dos. Elle l'arrosa alors de jets d'eau, perturbant sa toilette. Il sourit machiavéliquement à son tour et se mit à courir après Kura, avec le spray comme arme. Leur rire firent écho dans la salle de bain durant toute la durée de la course poursuite.
— Je t'ai attrapé ! cria finalement Naruto en poussant la fille au sol. Son souffle était lourd, comme s'il avait couru des heures. Comment pouvait-elle donc être aussi rapide ?
Juste en dessous de lui, la fille aux cheveux rouges et aux yeux dorés l'accueillit à bras ouverts avant de le forcer à venir contre elle.
Ils s'allongèrent alors sur le sol humide de la salle de bain, nus et complètement mouillés tandis qu'ils reprenaient leur souffle. Kura le chatouilla sur le côté et il riposta en s'attaquant à ses joues. Elle eut un fou rire et Naruto rit tout aussi fort. Leur comportement aurait été considéré honteux par la plupart des gens, mais ils n'étaient pas la plupart des gens et ils étaient parfaitement heureux ainsi.
Kura se leva, prit une serviette propre et enveloppa Naruto dedans. Naruto put sentir son cœur battant contre sa poitrine, de même que son souffle chaud contre son nez. Ses yeux incurvés prirent une teinte narquoise.
Elle l'embrassa. Ce fut bref et intense et Naruto sentit comme si tout son corps avait été consumé dans un brasier. Elle l'abandonna dans la serviette tandis qu'elle remit son pull en laine noire. Le garçon était un peu déçu mais haussa les épaules et s'habilla à son tour. Ils allèrent alors sur le lit, dans les bras de l'un et l'autre.
— Satisfait de ton choix, Naruto ? lui questionna Kura avec un rictus. Je sens nos liens devenir plus puissants que jamais !
Il acquiesça dans un rire et elle se rassit alors, en prenant un air sérieux :
— Je pense qu'il est aussi temps de t'expliquer ce qu'il s'est passé Naruto. Te sens-tu assez bien pour ça ?
Il reposa sa tête contre le coussin.
— Bien sûr ! Si je ne me sens pas prêt avec toi maintenant, quand le serai-je ? révéla-t-il avec un sourire.
Elle sourit aussi brillamment à sa déclaration.
— Bien, alors je vais commencer par le commencement. En réalité Naruto, je ne m'étais pas attendue à que tu réagisses si fortement à la présence de Mizuki. J'aurais dû m'y attendre et je suis désolée de ne pas l'avoir prévu. Il aurait été désastreux pour ta réputation que des autres personnes de ton âge de te voir aussi faible. C'est quelque chose à laquelle j'attache beaucoup d'importance et qui participe d'autant plus à ton équilibre. Mais Mizuki aurait été une gêne dans tous les cas, alors j'ai concocté ce plan pour le forcer à quitter les lieux, si bien que tu n'en as plus à t'en inquiéter désormais. Il était un échec en tant que professeur de toute façon. Cela a grandement accéléré mes plans concernant ton développement. J'ai pris un grand risque, un bien trop grand risque à mon goût lorsque tu étais devant ton grand-père car tu étais à deux doigts de complètement ruiner nos liens. Cela aurait été désastreux pour notre relation commune, mais c'était ton choix à prendre et je ne pouvais rien dire le moment venu. Tu étais souffrant, blessé et fatigué du stress que tu as subi ces cinq derniers jours. Toutefois, nous nous en sommes sortis grandis de cette confrontation et je dois dire que je suis assez contente au final...
— Je suis content aussi, répondit Naruto. Que serait-il passé si j'avais décidé de tout révéler à mon grand-père te concernant ?
Il la vit soupirer.
— La question est impossible à esquiver je présume. Naruto, si tu avais parlé de moi au Sandaime, je serais morte à l'heure qu'il est.
Naruto était choqué.
— Pourquoi serais-tu morte ?
Elle parut alors attristée.
— J'ai fait quelque chose d'assez grave envers Konoha au cours de ma vie et si le chef de Konoha apprend que je suis à l'intérieur de toi, il me chassera probablement jusqu'à que mort s'en suive. Pour regagner mes forces, j'ai besoin d'un hôte assez fort avec lequel je peux développer des liens, comme je le fais actuellement avec toi.
Sur ces mots, elle l'embrassa sur la joue et gloussa :
— Cela aurait été juste une situation perdant-perdant pour nous deux si tu avais choisi le Sandaime et je suis contente que tu aies fait le bon choix.
Elle ronronna à la fin, extrêmement satisfaite. Naruto était complètement sous son charme. Elle reprit alors extrêmement sérieuse :
— Naruto, j'ai fait une erreur en voulant t'apprendre à mentir, car je ne m'étais pas rendue compte à quel point tes traumatismes étaient profonds. Si j'avais su, je t'aurais d'abord enseigné comment t'aimer toi-même. Ta haine envers toi-même était un poison Naruto. Cela m'a pris très longtemps pour reconstruire de zéro ton esprit et c'est pourquoi tu as dormi pendant deux jours entiers. T'aimer toi-même est important Naruto et tu ne dois jamais te haïr, tu as bien trop de valeur à mes yeux pour cela... Et nous voilà revenus aux bases. J'ai décidé de changer ma méthodologie car j'ai considéré qu'elle prendrait bien trop de temps et tu es plus du genre à apprendre à travers des exemples. Désormais que je peux me projeter dans le monde réel, tu devras agir comme si je n'existais pas en présence d'autres personnes. Ceci sera ton premier objectif. Si tu y arrives, nous passerons à l'étape suivante.
Naruto rigola. Il était confiant dans sa capacité à pouvoir l'ignorer. Kura sourit aussi et vint soudainement au-dessus de lui, tel un chat voulant être caressé par son maître. Elle lui miaula alors sa menace à son oreille :
— Ne me sous-estime pas, mon garçon.
Il réalisa soudainement que ce ne serait pas aussi simple qu'il ne pensait.
— Et à propos de l'accident, demanda Naruto soudainement. Je me souviens maintenant que notre regard a croisé celui de Shikamaru et Choji. Je me rappelle que tu m'as dit ne pouvoir réprimer complètement tes caractéristiques physiques.
Elle acquiesça.
— Ne t'en fais pas à propos de ces enfants. Ils ne m'ont vu que très brièvement. Nous devrions être tranquilles tant qu'ils ne soulèvent pas le sujet à leurs parents ou à d'autres figures d'autorité.
— Et s'ils le font ? demanda Naruto un peu inquiet.
Le sourire de Kura fut alors empli de malice.
— C'est très simple : nous entrerons dans la danse et nous comploterons pour une voie de sortie.
Sur le territoire des Nara et plus particulièrement dans la demeure principale, Shikamaru jouait au Shougi avec son père Shikaku. Depuis ses trois ans, c'était devenu un rituel pour eux de pratiquer cet exercice mental le soir. Cela leur permettait en outre de se parler de manière plus intime, n'ayant pas l'occasion de se voir en dehors de cette tranche horaire.
Cela faisait depuis trois jours que Shikamaru avait l'air assez agité. Shikaku l'avait bien remarqué, mais il avait choisi de ne pas s'enquérir davantage jusqu'à que son fils lui-même ne se décide à révéler ce qui le troublait. Le père dans la trentaine faisait confiance à ce que son fils prenne toujours la solution la plus avisée.
Après tout, un Nara qui ne pensait pas était un Nara mort.
Cette nuit, tandis qu'ils étaient devant le plateau de jeu, Shikamaru se décida enfin à parler :
— Père, est-ce que les yeux rouges sont un Kekkai Genkai commun parmi les enfants de Konoha.
Échec.
Shikaku, assis en tailleur, tournoya sa main contre son bouc et réagit calmement :
— Si tu sous-entends les Uchiwa, il arrive qu'ils développent leur sharigan assez tôt. Pourquoi, as-tu vu Sasuke développer le sien ? Je suis sûr que ses parents en seraient très fiers, répondit son père.
Mais Shimakaru hocha la tête.
— Non, je ne voulais pas parler des Uchiwa. Je voulais savoir si c'était commun pour un orphelin de développer ce trait.
Échec.
Son père fronça les sourcils
— De quel orphelin veux-tu parler Shikamaru ?
Le garçon soupira en réponse.
— Je ne suis pas assez stupide pour ne pas me rendre compte qu'il existe quelques secrets qui entourent certains orphelins à Konoha et je suis conscient également de la règle de protéger des lignes héréditaires importantes en les conservant dans l'anonymat, puisque l'attaque du Kyuubi a causé beaucoup d'orphelins après tout et tous les clans n'ont pas les moyens de protéger leurs enfants.
Échec.
L'homme aux traits tirés blêmit :
— Le garçon avec les yeux rouges, j'espère que tu ne veux pas parler de—
— Oui, je veux parler de Naruto, avoua-t-il déterminé.
Mat.
X
Elle faisait partie de cet univers répugnant qu'était son monde intérieur
