Mentir ou périr, partie 3


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Naruto essayait de dormir mais ne le put cette nuit, si bien qu'il resta éveillé jusqu'à l'aube. Il avait passé tout son temps à regarder Kura. La fille en habits noirs était allongée sur le côté du lit, lisant un livre provenant directement de ses étagères. Elle paraissait totalement absorbée par son activité. Naruto lisait sur la page de couverture : Fuinjutsu pour débutants, écrit par Tonima.

Lorsque le garçon avait essayé de lire ce manuel, ainsi que tous les livres du même auteur qui étaient dans sa chambre, il avait juste abandonné au final. Ils étaient tous horriblement éprouvants à lire. C'était pourquoi il avait considéré que jouer avec les mèches vagabondes de Kura avait été une activité autrement plus intéressante. Il n'avait jamais acheté de bouquins, mais son grand-père avait insisté pour qu'il lise spécifiquement ceux-là.

Après un long moment, son réveil sonna et Naruto fut plus que content que son attente se termine. Kura avait l'air légèrement ennuyée de devoir interrompre sa lecture. Elle reposa à contre-cœur le livre là d'où il provenait, soit sur l'étagère avec les autres ouvrages. Naruto prit sa fameuse combinaison orange, un gâteau provenant du frigo pour la route et se mit à courir vers la porte.

— Salut petit, maugréa Tigre sur le palier du cadre désormais ouvert.

Kura siffla bruyamment de derrière. Naruto était si surpris car il ne s'attendait vraiment pas à le voir devant chez lui, mais il hocha la tête et retourna la politesse :

— Enchanté de vous voir, monsieur, répondit Naruto dans une courbette.

— Le Hokage m'a dit que je devais garder un œil sur toi de manière un peu plus directe. Je ne peux pas dire que cela me satisfait réellement mais il semblerait que nous devrions nous supporter l'un l'autre pendant un moment, jusqu'à que le Hokage juge bon que tu ne risques plus d'avoir... un autre accident.

Alors qu'il parlait, le regard de Naruto avait dévié sur la jeune fille qui avait dépassé le monsieur. Elle se retourna vers lui avec un sourire étincelant et mit un doigt devant sa bouche. Elle pointa soudainement l'agent avec son autre main.

— Petit ? requit le ANBU.

Naruto hocha la tête avant de changer complètement de comportement et de hurler à vive voix :

— Allons à l'école !

— Ferme la porte, petit, lui conseilla Tigre tandis que Naruto commençait déjà à entamer sa marche. Le garçon aux cheveux blonds se gratta la tête, embarrassé. Une fois qu'il eût bien verrouillé la porte, le ANBU posa une main sur son épaule et ils disparurent dans une lumière jaune.


Hiruzen avait passé sa matinée, plongé dans sa paperasse. Il était toujours une semaine en retard sur le planning mais certains documents ne pouvaient être signés que par sa main, car ils demandaient en général une attention particulière. Sa migraine avait empiré ces dernières années et il devait toujours prendre des pilules à la fin de la journée, si bien que le Sandaime se demanda si cela n'était pas dû à sa vue qui se détériorait. Devenir vieux pouvait être pénible mais les shinobi n'étaient pas censés vivre aussi longtemps que lui de toute manière.

La femme à la natte blonde ayant un masque d'oiseau chuchota à son oreille que son stratège de guerre avait requis un rendez-vous avec lui. Hiruzen acquiesça et dix secondes plus tard, un homme portant à son visage de nombreuses cicatrices rentra dans la pièce. La posture de Shikaku était assez relâchée tandis qu'il s'avança vers le bureau du Sandaime. Le dignitaire de la Feuille savait qu'il était le genre d'individu à calculer le moindre de ses coups.

Et un rendez-vous avec Shikaku n'était jamais trivial.

— Eh Shikaku, cela fait un bail ! Comment vont ta femme et ton fils ? rigola amicalement le Sandaime alors qu'il se levait par respect.

Shikaku rit à son tour en lui serrant la main avec force.

— Comme d'habitude, ma femme est une véritable plaie et mon fils passe ses journées à sécher, ne faisant rien d'autre que flâner.

— Haha ! Que de bonnes nouvelles ! Il est bon de voir que tout se passe bien pour toi. Sinon, quel bon vent t'amène ? demanda Hiruzen en passant directement au vif du sujet.

— S-classe

Hiruzen étrécit ses yeux et les ombres de la pièce devinrent plus sinistres. Shikaku foudroya du regard les coins de la salle et les ombres revinrent à leur place. Shikaku sortit un rouleau de sa veste et le donna au Sandaime, qui le déroula instantanément.

« Jinchuuriki :

Témoins parmi les enfants qui ont vu le Jinchuuriki présenter les traits du démon.

Traits : Yeux flashant au rouge, cicatrices au visage plus prononcées, attitude hors norme

Thèse 1 : le démon se réveille de sa torpeur et se manifeste dans des situations de vie ou de mort.

Thèse 2 : le démon a déjà pris contact avec son hôte et lui parle activement. Peut occasionnellement prendre le contrôle du corps.

Thèse 3 : L'hôte est le démon. »

Hiruzen sortit sa pipe du tiroir et parut soudainement très fatigué.

— La troisième est impossible, murmura-t-il. J'ai rencontré l'hôte il y a trois jours et il me semblait parfaitement authentique.

— Qui sait ? rétorqua le stratège. Nous n'avons aucune information pour traiter ce genre de cas. Lorsque nos alliés sont venus ici, nous avons accepté l'ensemble du marché sans nous inquiéter plus des problèmes qui en incombaient. Maintenant qu'ils ne sont plus là, nous avons un nouveau type de S-classe à gérer avec que des informations éparses à ce propos.

Hiruzen alluma sa pipe, inhala la fumée et respira bruyamment, contemplant ses options. Shihaku posa les mains sur la table avant de rajouter :

— L'ennemi peut être plus intelligent que l'on ne pense Hiruzen. Toujours envisager le pire fait partie de notre code de travail. Ils auraient pu te berner.

Hiruzen relâcha la sinistre vapeur dans l'air.

— Non. La troisième est impossible. Cela va à l'encontre de mes sentiments les plus profonds. Si jamais j'ai tort à ce sujet, je ne serai décidément plus digne d'être notre Kage.

Shikaku grimaça. Convaincre une personne était aisé pour lui. En revanche, devoir lutter contre leurs sentiments et les persuader restait toujours la partie la plus difficile au bout du compte.

— Considère au moins la numéro deux, répliqua-t-il. Si c'est le cas, tout espoir n'est pas perdu, mais nous devons agir vite.

Hiruzen ferma les yeux et soupira :

— J'ai déjà affilié mon meilleur élément à la situation.

Shikaku fronça des sourcils.

— De qui veux-tu parler. Je n'ai rien entendu de te—

Mais la porte s'ouvrit en sursaut. L'homme au masque de tigre entra, referma la porte derrière lui et s'avança vers le bureau. Shikaku dévisagea l'homme attentivement. Il n'y avait que très peu de personnes dans Konoha qui pouvaient se targuer de rentrer dans le bureau du Hokage sans en avoir d'abord notifié les gardes.

L'homme déposa un rouleau sur la table du Sandaime et révéla :

— J'ai déposé le paquet, en temps, en heure et en lieu. Voici mon rapport journalier.

Le Sandaime défit la ficelle et se mit à lire :

« Fichier S-8-10-16 :

Sujet N se réveille à trois heures du matin. Sujet N semble assez agité mais c'est compréhensible considérant sa situation.

Sujet N est ramené chez lui comme instruit. Sujet N se sépare avec Agent T qui choisit d'observer le Sujet N de loin.

Sujet N ouvre la porte de son appartement. Sujet N se dirige immédiatement vers la cuisine après avoir commencé à cuisiner son repas. Sujet N mange le repas. Sujet N prend sa douche. Sujet N va au lit. Sujet N lit un livre de Fuinjutsu mais s'arrête une minute après. Sujet N essaye de dormir. Sujet N n'y arrive pas.

Durant le processus, Sujet N est resté calme, ne montrant aucun signe excentrique extérieur. Sujet N agit comme il a l'habitude de le faire. Sujet N parait équilibré mentalement.

Statut : Vert. Procédures requises : Agent T continue l'observation du Sujet N.

Fin du fichier. »

Hiruzen soupira, soulagé.

— Qu'est-ce que cela dit, demanda Shikaku. Il se doutait que c'était à propos du S-classe.

Hiruzen sourit avec légèreté :

— Tout va bien. La numéro une a été validée.

Shikaku sembla surpris.

— Puis-je voir le rapport ?

Hiruzen lui donna le fichier que Shikaku lut en cinq secondes. Ses yeux se levèrent alors vers Tigre.

— Qui es-tu ? Je ne t'ai jamais vu ici auparavant, demanda Shikaku avec méfiance.

Tigre se tourna vers le Hokage, qui acquiesça en retour. L'agent avec le masque de tigre blanc informa d'une voix robotique :

— Agent T n'est pas autorisé à révéler sous n'importe quelle circonstance son identité, S-classe.

Shikaku tourna son regard vers le Hokage.

— Tu sais que je ne peux pas faire de plans efficaces si je n'ai pas toutes les informations en ma possession.

Mais Hiruzen lui retourna un rictus.

— Comme l'a si bien dit l'agent T, S-classe. Désolé Shikaku, ce fait n'est pas négociable. C'était l'une des conditions pour que l'individu travaille sous ma juridiction. Agent T, rompez jusqu'à nouvel ordre ou jusqu'au début d'après-midi.

Tigre acquiesça avant de quitter la salle. Les ombres semblèrent suivre sa trace. Même la femme ANBU aux côtés de Hiruzen, se mit à courir après lui. Elle se retourna vers Hiruzen un moment sur le pas de la porte. Celui-ci lui confia un sourire affectueux en acquiesçant. Elle se mit alors à rejoindre les autres.

Shikaku soupira, commençant à être fatigué de ces jeux :

— J'ai de la pitié pour le pauvre gus. Tu viens juste de refiler un nouveau jouet pour tes ANBU. Cet agent T ne connaîtra pas le repos jusqu'à que tout le monde découvre son identité.

C'était un jeu auquel tous les agents sous les ordres du Hokage participaient. Hiruzen l'autorisait vu que c'était une sorte d'entraînement. Mais cette fois, le défi était plus qu'à la hauteur de leur attente.

— Je suis persuadé qu'il est assez talentueux pour s'occuper de ces gosses, révéla le vieil homme avec un sourire mesquin.

Le chef du clan Nara réalisa que son interlocuteur avait dévié le sujet sur l'agent T, mais il se contenta de hausser les épaules. Tandis qu'il était sur le point de partir, Hiruzen lui déclara de derrière :

— Shikaku, tu n'es pas autorisé à rencontrer le sujet N, ni chercher à connaître l'identité de l'agent T, ni à demander à tes amis, ou faire levier sur tes connaissances pour te rapprocher d'eux, quels que soient les enjeux et les circonstances. Est-ce clair ?

L'homme au manteau de fourrure salua le Sandaime avec une vague de sa main.

— Entendu, entendu, répliqua-t-il flegmatique.

Mais Shikaku n'était pas le genre d'homme à abandonner si facilement pareil challenge.


Naruto était devenu entre-temps la coqueluche de l'école. Sa démonstration d'il y a trois jours avait montré qu'il n'était typiquement pas le genre d'idiot qu'on croisait au coin de la rue. Naruto baissa les yeux tandis qu'il passait devant les gens qui murmuraient à son propos ouvertement face à lui. Durant tout le chemin vers la salle de classe, la fille aux cheveux rouges lui avait tenu la main.

Bien entendu, personne n'était au courant de sa présence à part Naruto. Le petit garçon aux cheveux blonds paraissait marcher tout seul comme à son habitude. Elle était un fantôme, son fantôme. Sa présence était sa bénédiction. Elle lui permettait de ne pas craquer sous la pression. Elle lui murmurait tout le temps des mots doux à l'oreille à chaque fois que quelqu'un disait du mal de lui.

Même en classe, les commérages continuaient, bien qu'ils décrussent en intensité lorsque Iruka foudroyait du regard quiconque osant évoquer le tabou. L'un des professeurs avait été renvoyé de l'Académie pour abus de position dominante sur étudiant vulnérable. Si Iruka fut réellement choqué lorsqu'il apprit ce qu'il affligeait à Naruto ; il fut encore plus surpris qu'il eût menacé le petit orphelin de le virer de l'école s'il ne se pliait pas à ses séances de tortures.

Iruka avait perdu un ami ce jour-là.

Mais pire encore, il avait failli perdre l'un de ses élèves.

Et c'était pour cela qu'Iruka prit la résolution de voir Naruto après son cours.

La classe était particulièrement distraite ce jour-là. Même les enfants de civils qui étaient normalement les plus attentifs bavardaient entre eux.

Iruka espérait que sa migraine ne serait pas trop grave d'ici la fin de la journée.


— Naruto, tu peux rester avec moi un petit peu s'il te plait ? J'ai quelque chose à t'annoncer, déclara Iruka alors que les autres étudiants étaient déjà tous partis pour la pause.

Naruto leva la tête vers son professeur, qui eut l'impression que les yeux du garçon avaient perdu leur éclat si caractéristique.

— Oui, Iruka-sensei ? Que puis-je faire pour vous aider ?

Iruka ne se souvenait pas que Naruto était aussi poli. À quel point l'accident avait-il pu l'affecter ?

— Naruto, je tiens à m'excuser. Je t'ai envoyé vers Mizuki car mon emploi du temps était trop plein et je ne pouvais pas vraiment faire attention à toi. Cela n'excuse pas ma faute et j'aimerais que nous oubliions tout cela et que l'on reparte sur de bonnes bases. Tu es d'accord ?

Naruto paraissait complètement déphasé. Il ne lui répondit pas immédiatement et regarda sur le côté, comme s'il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce. Il retourna ses yeux vers Iruka et avoua d'un ton paraissant très compréhensif :

— Bien entendu. Je sais que vous n'êtes pas responsable, Iruka-sensei.

Iruka ne pouvait dire si Naruto sous-entendait qu'il n'était pas responsable, car il n'était qu'un irresponsable ou était-ce par pur dépit de sa part. Ce qui était sûr, c'était que la voix de Naruto semblait tout sauf sincère. Et Iruka se sentait de plus en plus mal à l'aise.

— Naruto, tu es sûr que cela te va ?

Cette fois, le garçon tapota le bras de son professeur.

— Oui, ne vous inquiétez pas pour moi Sensei. Comme vous l'avez si bien dit, votre emploi du temps est chargé et ce n'est pas juste que vous vous intéressez seulement à moi alors qu'il y a d'autres élèves qui requierent votre aide.

Il était déjà trop tard pour lui. Il était déjà brisé quelque part.

Le cœur de Iruka vacilla de voir agir Naruto ainsi. Cela ne lui ressemblait pas du tout. Il préférait de loin l'insolent mais innocent et joyeux Naruto. Iruka savait que cela était sa faute. C'était lui qui avait envoyé le garçon à Mizuki tous les jours. Sa culpabilité le rongeait de l'intérieur.

— Naruto, haleta Iruka en sueur. Je t'en supplie, dis-moi quel est ton problème. Fais-moi juste confiance !

Naruto agrandit ses yeux, apparemment surpris. Il posa sa tête contre l'épaule de l'adulte et commença à pleurer. Mais... Iruka doutait que ce n'était pas spontané. Naruto se remit droit et décocha un étincelant sourire vers Iruka. Non il devait juste dû rêver, Naruto n'était pas comme ça.

— Iruka-sensei, merci pour tout ! Je suis si chanceux de vous avoir à mes côtés. Croyez-moi professeur, je vais plus que bien ! Je me sens aimé et je suis parfaitement content de ma situation !

Iruka lui sourit en retour.

— Si tu as le moindre problème avec les autres élèves, n'hésite pas à venir me voir. Ma porte te sera toujours ouverte.

Naruto acquiesça, toujours souriant, avant de s'éloigner en marchant.

Et il ne retourna pas une seule fois son regard.


Dans la cour de récréation de l'école, Naruto était tout seul, dans son coin, assis sur sa balançoire. Il vacillait en avant puis en arrière, les yeux clos et un immense sourire aux lèvres. Il se sentait comme un papillon bleu captif auquel on avait rendu la liberté.

Shikamaru regarda Naruto un peu coupable. Il savait qu'il avait trahi son ami la veille lorsqu'il avait parlé de lui à son père. Shikamaru demanda à Choji s'il voulait jouer avec Naruto, mais Choji hocha la tête, disant qu'il serait encore plus martyrisé si jamais il était vu avec Naruto. Shikamaru soupira et alla vers Ino, qui était avec sa meilleure amie dans la gente féminine. Il la vit en compagnie de Sakura, qui était en train de débattre au sujet de fleurs avec elle. Shikamaru vint de leur côté, en leur demandant si elles pouvaient l'aider dans sa tâche et fort heureusement, les filles le suivirent.

Le groupe des trois enfants s'approcha du paria. Ils furent moins à cinq mètres que Naruto retourna soudainement sa tête vers eux et sourit. C'était le sourire le plus scintillant qu'ils avaient pu observer sur son visage.

— Vous voulez jouer avec moi ? demanda Naruto sur un ton excité.

Sakura chuchota discrètement à Ino s'il était sage de s'affilier avec lui mais Ino haussa les épaules et affirma qu'elle s'en moquait vu que son Super Papa serait en mesure d'arranger les choses par la suite si cela leur retomber dessus. Shikamaru pour sa part acquiesça avec un simple sourire, en se demandant pourquoi tout le monde était aussi effrayé par Naruto, qui paraissait si amical.

— La balançoire a l'air assez large pour nous quatre. Je trouve cela bizarre que personne ne vient de ce côté de la cour.

Naruto hocha la tête.

— Je n'en sais pas plus que toi, Shikamaru, admit-il. Peut-être que mes cicatrices leur font peur, je ne sais pas, plaisanta-t-il en se touchant les joues.

Sakura rit aussi, elle avait toujours pensé que Naruto était un enfant bruyant qui ne connaissait pas sa place mais ce Naruto-ci semblait bien plus mature.

— Tu sais, tout le monde a peur de toi depuis la leçon de Shuriken. Je ne vois pas pourquoi, tu as juste été poussé à bout par Mizuki-sensei. Il y a même des rumeurs qu'il te tabassait le soir, c'est vrai ?

— Sakura ! s'écria Ino, pensant qu'elle était bien trop directe sur ce sujet sensible.

Mais à leur surprise, Naruto leur rit au nez.

— Ouais, il était un peu fou, voire carrément taré. Je ne sais pas, peut-être était-il juste frustré.

Ce fut au tour d'Ino qui demanda curieuse :

— Eh Naruto, comment t'as fait ça ? Je veux dire, tu as complètement défoncé les cinq cibles d'un coup de main. Les adultes ne pouvaient même pas trouver les restes des shuriken.

Il sembla alors un peu embarrassé et puis il posa une main sur le cœur.

— Quand tout semble perdu, je pense que l'être humain a cette capacité unique de trouver une force cachée enfouie tout au fond de lui. Je pense que c'est ce qu'il m'est arrivé.

Shikamaru siffla avec admiration. C'était très bien dit. Il n'avait jamais vu Naruto être si beau parleur. Même Ino et Sakura le regardaient avec extase.

La sonnette retentit enfin la fin de la pause du midi.

Naruto sauta de son trépied et demanda aux autres enfants s'il pouvait rejoindre leur groupe.

Ils ne purent bien sûr pas refuser. Ce qu'ils ne savaient pas en revanche, c'était que juste à côté, une fille aux cheveux rouges portait à son visage un sourire qui lui dévoilait toutes ses longues dents.


La nuit, Naruto souhaita au revoir à tous ses amis qu'il venait de se faire aujourd'hui. À la sortie de l'Académie, les parents récupéraient leurs enfants. Naruto était habitué à ce genre de scène, mais il ne se sentait plus triste ou envieux à leur encontre. Il était juste heureux.

Et ce jusqu'à qu'une voix ne se fasse savoir derrière lui :

— Êtes-vous la personne nommée Naruto Uzumaki ?

L'enfant de huit ans se tourna vers l'origine de la voix et vit un homme blond portant une longue natte, un manteau marron ainsi qu'un chapeau de la même couleur. Celui-ci était si large que Naruto ne faillit voir en levant la tête le cigare dépasser de la bouche de cet inconnu.

— Si vous pouviez venir avec moi ? Je crois que l'on n'a pas mal de choses à se raconter.


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S-classe