Réflexion, partie 4


X


Quand Naruto se réveilla, il se sentit complètement désorienté. Il tenta de glisser ses pieds dans ses chaussons habituels, mais il se rappela enfin qu'il avait déménagé chez Tigre et qu'il n'avait pas encore défait ses bagages. Il sortit son réveil, qui était dans l'une de ses valises et nota qu'il n'était que trois heures du matin.

Naruto retourna dans son lit pour essayer de s'endormir. Toutefois, ce fut mission impossible car il n'était absolument pas fatigué. Kura ne pouvait pas communiquer avec lui pour une raison inconnue et le garçon commençait à se sentir vraiment ennuyé par le sujet. Il décida d'aller dans la salle centrale pour y lire son livre et y vit Tigre, qui lui aussi paraissait réveillé. L'homme était assis sur un canapé disposé devant un bureau.

Naruto remarqua alors quelque chose de vraiment bizarre. Au-dessus du pupitre, un stylo était en train de voler et écrivait des mots sur du papier de lui-même. L'enfant, curieux, s'approcha, impatient de déchiffrer cette énigme. Il vit alors sur le document en question le pire style de jargon technique qu'il ait pu voir dans sa vie.

Chaque mot était horriblement compliqué et les phrases qui les assemblaient étaient encore plus incompréhensibles. Il ne reconnut que brièvement des mots « énergie » ou « illusion ». Le document était subdivisé en petits titres comme « théorème », « corollaire », « proposition », « preuve » avec des nombres séquentiels comme « 1125 » ou des lettres entre parenthèses comme « (iii) ».

« On rappelle qu'un A-module M est dit de type fini s'il peut être engendré par une partie finie et qu'un A-module M est monogène ou cyclique s'il peut être engendré par un de ces éléments... » était typiquement le genre de charabia incompréhensible qu'il lisait. Et c'était l'une des seules phrases qui faisait vaguement sens pour lui.

Après une trentaine de secondes, Naruto remarqua que le stylo s'était arrêté d'écrire pour revenir dans son pot d'encre initial. Le garçon se rendit compte qu'il y avait quatre autres pots d'encre similaires sur le bureau. Il dériva son regard vers Tigre et croisa les yeux bleus perçants se transfigurant à travers les fentes du masque. C'était le genre de regard épuisé que seule une personne souffrant d'insomnie était en mesure de posséder.

— Que veux-tu, petit ? requit l'interloqué, sur un ton exaspéré.

Naruto décida qu'à partir de ce moment, il évaluerait les sentiments de l'homme à partir d'une mesure qu'il prénomma « Indice d'Irritation de Tigre ». Pour l'heure présente, il estima que l'indice n'était que de deux sur dix, donc il devait encore être en zone tranquille. De ce que le garçon avait pu voir de l'homme jusqu'à présent, il pouvait en déduire deux choses :

Tigre n'aimait pas répondre aux questions et Tigre détestait répondre aux questions stupides.

Après tout, il avait bien tué cinq personnes parce qu'elles avaient posé des questions stupides. Tigre était certainement plus intelligent qu'il ne l'était et Naruto savait qu'il devrait retourner deux fois la langue dans sa bouche avant de parler. Il devrait donc déduire des faits à partir de données partielles s'il voulait espérer maintenir une conversation avec cet homme.

— Pourquoi utilisez-vous ce stylo pour écrire ce que vous voulez ?

Il supposa que le stylo n'était qu'un outil.

— Cela fait bien longtemps que j'ai arrêté d'écrire par moi-même. C'était fatiguant, lent et je pensais plus vite que j'écrivais. Je ne pouvais en outre pas développer des pensées simultanées. De plus, certains sujets nécessitent des processus de pensées parallèles. Implémenter un système entre moi et les stylos me prit un moment, mais j'ai gagné tellement de temps par la suite que cela valait bien le coup.

Trois sur dix sur l'IIT (Indice d'Irritation de Tigre)

De ce qu'il venait de dire, Naruto déduisit que l'homme devait écrire beaucoup de livres. Naruto tint son propre manuel dans ses mains et y lut le titre Genjutsu pour débutants par Tonima. Naruto marcha alors dans les différents rayons de livres et vérifia combien de fois le nom ressortait des ouvrages. Naruto pouvait à la fin estimer qu'environ cinquante pour cent des livres de la bibliothèque personnelle de Tigre incluait ce nom.

Naruto se souvint alors de la première fois où Madame Oiseau le visita avec sa sœur jumelle. Elles étaient venues pour Tigre et l'avaient appelé agent T. T comme Tigre mais aussi comme Tonima. La coïncidence était bien trop grande pour n'être qu'une simple coïncidence. Naruto nota aussi que certaines étagères étaient à moitié remplies, comme si elles étaient dédiées aux livres qui n'avaient pas encore été triés. Naruto ouvrit l'un d'entre eux et tomba sur exactement le même style de charabia que le crayon de Tigre avait précédemment écrit. Il nota que tous les livres de ces étagères provenaient de ce Tonima. Si Tigre était son nom de code, il était logique que Tonima était son nom d'auteur.

Naruto revint vers lui et demanda :

— C'est vous qui aviez mis ces livres chez moi ?

L'homme secoua sa tête et répondit dans le ton le plus neutre qu'il n'avait jamais entendu de sa part :

— Le Sandaime savait à propos de mon activité et m'a par conséquent ordonné d'écrire des livres qui soient compréhensibles pour un enfant, révéla-t-il en pointant le livre que Naruto tenait. En vérité, je pensais au début que tu ne les lirais jamais, mais tu n'étais peut-être pas une cause perdue après tout. Les autres livres de tes étagères sont soit ce que j'ai écrits, soit ceux qui couvrent les bases de l'Académie.

Zéro sur dix sur l'IIT.

Naruto soupira. Il avait toujours eu toute la connaissance à sa portée. Peut-être que son précédent lui avait été trop effrayé pour pouvoir apprendre quoi que ce soit.

— Allez-vous vraiment m'enseigner l'art du Genjutsu ? requit Naruto finalement.

L'homme leva sa main en l'air paresseusement.

— Mon serment me force à obéir, si bien que je t'enseignerai du mieux que je peux, annonça-t-il avec sa voix robotique.

Naruto le comprenait un peu plus désormais. À partir du moment où son serment était applicable, l'homme répondait automatiquement dans ce timbre de voix particulier et sinon, c'était sa voix irritée qui transparaissait.

— Par où commencer ? demanda Naruto.

L'homme haussa les épaules avant de demander :

— Qu'as-tu appris de ton livre ?

Naruto rougit.

— Je n'ai lu que l'introduction.

L'homme approcha alors sa main du visage de Naruto. Il ouvrit sa paume et leva son index juste devant son nez.

— Nous allons commencer par le premier cas pratique du livre.

Au-dessus de son doigt, une mini sphère de lumière azurée apparut. Naruto fut fasciné par la réflexion bleutée qui se réverbérait sur le gant noir de l'agent. On aurait dit une coccinelle volant dans la nuit.

Tigre expliqua :

— Le but de cet exercice est de t'habituer à projeter ton Chakra à l'extérieur de ton corps en un point précis. Cela requiert la maîtrise du chakra niveau C, bas chuunin, haut genin.

Les yeux de Naruto s'agrandirent.

— Mais je ne suis qu'un élève ! Et je viens de commencer l'Académie il y a (à) peine un mois !

La sphère de lumière disparut.

— Dommage pour toi, je te donne une semaine pour réussir. Sinon, je te considérai inadéquat à l'apprentissage du Genjutsu et mon serment ne me forcera plus à t'enseigner.

— Vous êtes injuste, se plaignit Naruto dans une moue, les bras croisés.

Tigre haussa les épaules.

— Ce n'est pas moi qui ai demandé à apprendre. Trouve la réponse par toi-même, petit. Je donne normalement un jour pour ce genre d'exercices, mais considérant tes circonstances, une semaine me semble appropriée.

— Votre serment vous ordonne de m'enseigner comme il faut ! déclara Naruto fermement.

La voix de Tigre devint soudainement hargneuse :

— Et je viens de le faire. Et maintenant, tu requiers seulement mon attention. Mon serment n'a rien avoir avec des enfants irrespectueux. Maintenant, laisse-moi tranquille, je n'ai pas été ordonné d'être ta nounou.

Quand Naruto arriva dans sa chambre, il se jeta sur le lit et enfouit sa tête dans ses coussins.

— Trouve la réponse par toi-même, petit ! imita-t-il sarcastique. Stupide, méchant et vilain Monsieur Tigre !

Il soupira. Il avait conscience que son comportement enfantin ne le mènerait nulle part mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir frustré.

Il décida qu'il valait mieux dormir. Il demanderait à Kura quelques indices une fois qu'il serait dehors.


— Debout, petit.

De la bave coulait de sa bouche et enfin sur son coussin.

— Debout, petit, répéta la voix agacée.

Et puis la joue de Naruto fut étreinte d'une douleur vive qui le força à se réveiller. Il porta sa main dessus et la sentit chaude, brûlante même.

— Vous m'avez giflé ! pleura Naruto, se tenant la joue gauche.

— Les petits en retard méritent d'être punis. Tu as oublié de régler ton réveil. Je t'ai appelé trois fois et tu n'as pas répondu. Si tu ne veux pas que cela arrive encore, ne me fais pas perdre mon temps. Je ne suis pas ta mère. Maintenant lève-toi, ta leçon commence dans dix minutes, résuma Tigre alors qu'il sortait de la pièce.

— Vilain ! se plaignit Naruto.

Il s'habilla alors rapidement, ignorant la sensation désagréable qui ornait son visage. Naruto remarqua qu'il n'avait même pas faim, malgré qu'il n'eût mangé la veille non plus. L'homme avait déjà ouvert le mur-porte-chose et attendait que Naruto sorte. Lorsqu'il le fit, la porte se referma derrière lui dans un bruit étouffé et les glyphes verts disparurent. Il était huit heures du matin, mais l'obscurité restait toujours aussi impénétrable dans ce lieu. Naruto sentit une main sur son épaule et retrouva soudainement dans un placard familier.

Tigre murmura à son oreille :

— Le mot de passe est : « Le Renard est un mensonge ».

Naruto se figea une seconde.

Et Tigre ouvrit la porte, permettant de voir Madame Oiseau qui les attendait dans le vestiaire.

— Salut mon mignon, comment s'est passée ta nuit ?

Tigre jeta Naruto sur Cacatoès, qui attrapa le garçon dans ses bras.

— Prends soin du petit pendant que je me charge des espions.

Elle acquiesça et Tigre flasha au loin. Naruto poussa la femme aux cheveux blancs maintenant que l'autre homme était parti.

— Tigre n'est vraiment pas commode, résuma Naruto.

Madame Oiseau acquiesça.

— Quel gâchis... soupira-t-elle avant de reprendre de plus belle. Eh bien, mon mignon, ton cours débute dans cinq minutes, tu devrais te dépêcher.

Naruto leva les yeux vers elle en rougissant.

— Qu'est-ce que mes amis penseront si tu es toujours avec moi à me tenir la main ?

Elle lui sourit et porta fièrement son bras contre sa poitrine.

— Devrais-je te montrer mon pouvoir alors !

Sa présence s'amenuisa peu à peu de la réalité, comme si elle devenait transparente jusqu'à ce que son existence soit complètement effacée de ce monde.

— Vous pouvez vous rendre invisible ! s'exclama-t-il surpris.

Il entendit la femme rire et sentit la main de celle-ci le relâcher.

— Très bien, maintenant je te suivrais partout où tu iras. Agis comme si tu étais seul.

C'était quelque chose pour laquelle Naruto était très doué. Lorsqu'il commença à marcher, une voix résonna dans son esprit :

Naruto, maintenant que l'on est à l'Académie et que Tigre n'est plus proche, nous pouvons communiquer. Ne change pas ton attitude, d'accord ?

J'écoute, pensa le garçon.

Je dois dire que nous sommes bien chanceux comme nous n'avons même plus à chercher pour un tuteur ou même des livres. La maison de Tigre doit contenir facilement la majorité des livres concernant les arts ninjas. Et cependant, l'accès à cette connaissance aussi alléchante soit-elle est dangereuse. Une seule erreur de notre part et nous pouvons disparaître à jamais. Je n'ai pas idée des sceaux qu'il a pu mettre chez lui, mais j'ai vraiment eu peur et je t'assure, très peu de chose me font peur. Tu n'as pas pu le voir Naruto car tu ne ressens pas le Chakra comme moi mais c'était comme si sa maison entière était dans une dimension complètement séparée du reste du monde. Lorsque nous étions dans cet endroit, nous n'étions ni mort ni vivant, mais une sorte d'état intermédiaire. Et je suis un être immortel Naruto, je ne suis pas supposée craindre la mort. C'est pourquoi Naruto tu ne dois en aucune circonstance essayer de me contacter quand tu es chez lui !

Bien compris, répondit-il.

Il réalisa alors qu'il était déjà juste devant la salle de classe. Lorsque la porte fut sur le point de se fermer, il arriva à se faufiler à temps. Bien sûr, lorsqu'il rentra, tous les yeux se posèrent sur lui. Maintenant qu'il était le « fils du Yondaime », les gens commençaient à s'intéresser à lui. Mais cela ne l'empêcha pas de s'asseoir à côté de Shikamaru et de Choji qui étaient ses meilleurs amis. Sasuke était sur le rang d'en face et Sakura et Ino derrière lui.

Naruto se demanda alors si Madame Oiseau avait réussi aussi à rentrer, mais au moment où il ouvrit son cahier, il vit un smiley en train d'être dessiné sur son livre qui ressemblait à (^_^)(b).

Cette fois, le cours était à propos de la canalisation du Chakra. Le volume horaire de ce cours sur l'année était d'environ une centaine d'heure et les trente premières heures du cours étaient dédiées à la théorie. Ils avaient déjà appris où les nœuds de chakra étaient précisément dans le corps humain et dans quel ordre il fallait les activer pour pouvoir lancer les différents types de Ninjutsu.

Ils apprirent aussi le processus de conversion entre la nourriture qu'ils mangeaient se transformant en molécules dans le sang, molécules qui allaient après vers les nœuds de chakra pour les remplir d'énergie. Kura lui murmura que ce cours ne pouvait être que vaguement applicable à son propos considérant qu'il était un Jinchuuriki.

Elle lui apprit aussi que les Uzumaki avaient un métabolisme vorace, si bien qu'ils mangeaient beaucoup ce qui les permettaient d'avoir de plus larges nœuds de chakra. Heureusement, ils arrivèrent bientôt à la fin de la partie théorique et allaient bientôt atteindre la pratique.

Naruto demanda alors si Kura savait comment résoudre l'exercice de Tigre. Elle lui avoua qu'elle pourrait aisément lui montrer à la condition qu'elle puisse prendre le contrôle de son corps, chose qu'elle se refusait à faire tant qu'ils n'étaient pas certains qu'ils soient surveillés ou non.

Lorsqu'il se concentra sur le cours encore une fois, il vit sur son cahier la phrase « Tu ne prends pas de notes ? ». Il utilisa un crayon d'une différente couleur et répondit par « J'ai les livres de Tigre à la maison. ». Madame Oiseau dessina le même smiley que précédemment. Naruto aimait vraiment bien Madame Oiseau comparé à Tigre, elle était son complet opposé. Elle était facilement approchable alors que l'homme était froid quand il n'était pas juste lunatique.

Le cours suivant fut à propos du Taijutsu, son cours favori. Naruto avait toujours été du type sportif, courant partout. Les premiers cours étaient surtout dédiés à leur apprendre comment étirer leurs muscles pour s'échauffer et comment les développer. Il y avait aussi pas mal de cours sur la nourriture ou le style de régime alimentaire qu'ils devaient adopter ou bien les exercices à effectuer.

Généralement, le cours débutait par quinze minutes d'échauffement et puis ils alternaient entre les abdos, les pompes et les squats pour terminer par un peu de théorie sur les styles de combat. Durant le cours, ils devaient porter tous un kimono de karaté.

Le professeur leur avait averti que les vrais cours de Taijutsu ne commenceraient qu'au deuxième semestre, à la suite de la première session d'examens de l'année. Le professeur aida ceux le plus en difficulté. Il était par conséquent souvent avec Sakura.

Mais cette fois, au milieu du cours, après leur échauffement, Sasuke s'approcha de Naruto avec une proposition :

— Veux-tu que l'on se fasse un duel ?

Naruto se leva et lui serra la main sans même attendre une seconde. Il avait toujours voulu se battre avec lui, comme Sasuke était le meilleur de la classe. Naruto savait que le garçon avait eu son entraînement promu par son clan avant même d'entrer à l'Académie, mais il était persuadé qu'il pouvait quand même gagner face à lui.

Le professeur n'interdit pas le combat, mais il voulait qu'il soit fait dans les règles de l'art. Si un étudiant abandonnait, tombait ou se faisait mal, le match devait s'arrêter.

Ils allèrent alors sur les tatamis. De nombreux étudiants vinrent assister au duel. Il y avait même des étudiants de deuxième année qui vinrent regarder, mais aucun de troisième année, puisque ceux-ci étaient absents car ils préparaient leur examen final.

Sasuke se positionna dans sa posture de combat : il se tenait les pieds un peu décalés, un devant et l'un derrière avec deux poings proches de son corps. Naruto n'avait jamais reçu de formation pour se battre, mais ses précédentes débâclent avec ceux qui le harcelait lui avaient permis de développer un instinct naturel pour le combat rapproché. De fait, il préférait toujours improviser. Ce fut pourquoi il se contenta de se tenir debout, avec les jambes fléchies tandis qu'il adressait à Sasuke une main ouverte pour l'adjoindre de venir pénétrer sa défense.

Sasuke sourit, persuadé d'avoir enfin trouvé un adversaire à sa hauteur dans cette classe.

Avec la vitesse de l'éclair, ou du moins selon le point de vue du blond, Sasuke écrasa son poing contre son visage dans un boom retentissant. La force de l'impact fut si colossale que Naruto fut éjecté un mètre plus loin avant de tomber à la renverse, complètement immobile.

Sasuke commença à paniquer, il avait pensé que Naruto aurait pu se défendre. Au moment où il s'approcha pour s'enquérir de son état, le blond se leva l'instant d'après, crachant une dent. Celui-ci lui sourit brillamment et lui fit signe de reprendre sa posture de combat. Sasuke le toisa un peu inquiet en voyant le sang couler de la bouche du garçon, mais il décida de lui faire confiance en reprenant sa posture d'attaque.

Naruto, de son côté, se mit à respirer longuement lorsqu'il ferma les yeux.

Kura, peux-tu me donner un coup de main ?

Cela va trop loin Naruto. Utiliser mes pouvoirs un simple duel...

Allons Kura, tu sais que c'est important pour ma réputation. En tant que fils du Yondaime, je ne peux me permettre de me faire rétamer unilatéralement. Et c'était toi qui m'avait m'avais dit de construire des relations et je pense que Sasuke a besoin de quelqu'un de son âge étant aussi fort que lui. Il est un peu solitaire à sa manière. Je me souviens que tu étais d'accord dès que j'ai accepté le duel.

Je ne pensais pas que tu comptais utiliser mon énergie.

Un petit peu. S'il te plait, Kura...

Kura émit un soupir avant d'infuser la plus petite fraction de son pouvoir à travers ses nœuds de Chakra. Un Hyuuga avec un Byukagan activé aurait vu le corps du blond briller de mille feux. Naruto exhala, se sentant soudainement revigoré d'une énergie enivrante. Sa dent repoussa, ses muscles se renforcèrent et lorsqu'il ouvrit ses yeux, leur couleur bleutée affichait désormais une teinte pourpre. Ses cheveux blonds semblaient développer leur propre volonté comme ils mouvèrent dans tous les sens à chaque fois que Naruto se déplaçait.

Tout le monde toisait Naruto en se demandant ce qu'il en retournait, car il était juste resté immobile pendant cinq secondes, dans une posture complètement indolente. Le garçon aux cheveux blond inspira alors profondément avant de se remettre en position de combat, prêt à réceptionner son vis-à-vis. Sasuke le regarda un peu dubitatif, alors que Naruto lui signifiait de continuer le combat. Il estima que cela devait être un autre de ses jeux étranges. Mais en tant que second héritier des Uchiwa, Sasuke ne pouvait décemment pas reculer face à un tel défi.

Sasuke sauta soudainement en avant, avec l'intention d'attaquer au ventre mais le blond prit un pas sur le côté, lui provoquant de le passer devant avec son dos complètement exposé. Cependant, le jeune brun profita de son inertie pour glisser sur la surface des tatamis. En tournoyant sur lui-même, il décocha un coup de pied retourné vers la tête de son adversaire, que le blond réceptionna avec son avant-bras. Naruto choisit alors de porter un coup sur les côtes de l'Uchiwa du tranchant de sa main. Toutefois, son coup fut complètement raté puisque Sasuke sauta en l'air à l'aide de son seul pied au sol. Le brun se retrouva alors la tête en bas et le corps courbé et en parfaite position pour décocher un coup de poing implacable au visage du blond. En retour, Naruto se fléchit en arrière, puis leva ses jambes en avant. La résultante de cette combinaison obligea Sasuke de rebondir en arrière pour esquiver le double coup de pied épinglé dans sa direction et se repositionner deux mètres plus loin. Naruto fit le poirier un bref instant avant de déplier ses bras afin de s'éjecter et retomber enfin pieds sur terre.

Ce fut après cet échange qu'ils se rendirent compte que les garçons dans la foule de spectateur avaient scandé leurs noms tout du long en criant « encore, encore, encore ! ». Les filles quant à elle avaient formé deux parties bien dissociées et glapissaient gaiement soit « Uchiwa, Uchiwa, Uchiwa ! » ou « Namikaze, Namikaze, Namikaze ! ». Les deuxièmes années quant à eux paraissaient tous estomaqués. En effet, le spectacle de premières années se débrouillant mieux que la plupart des troisièmes années avait dû leur coller un choc. D'autant plus que Naruto et Sasuke étaient rentrés il y avait tout juste un mois. De fait, ils n'étaient censés avoir reçu que des exercices d'étirements.

Naruto et Sasuke commencèrent tous deux à transpirer profusément. Le professeur vint finalement arbitrer le match.

« Hajime ! » hurla-t-il pour donner le signal de départ.

Cette fois, ce fut Naruto qui se jeta sur Sasuke avec un coup de pied dans son bas-ventre, que l'autre garçon défléchit avec sa paume et appliqua un contre à sa jugulaire. Naruto se pencha en arrière et décocha une deuxième attaque vers le visage de son adversaire, tandis que sa propre tête faisait face au Tatamis. Sasuke esquiva en reculant d'un pas, ce qui créa l'espace suffisant à Naruto pour reculer et se lever à demi, avec un genou au sol. Sasuke se jeta sur lui avec le poing en avant et le blondinet fit de même en se projetant au front à son tour. Leurs poings se rencontrèrent dans un bruit fracassant et les deux garçons se mirent à échanger une série de coups de poings et de pieds ravageurs.

Gauche, droite, bas, haut ! indiqua Kura depuis son esprit.

Leur combat ressembla à une chorégraphie, où ils s'éprouvaient l'un l'autre leurs forces et leurs faiblesses. Naruto fut plus à l'aise avec ses coups pieds tandis que Sasuke avait le dessus avec ses poings. Naruto lança une attaque dans le genou de son adversaire mais Sasuke eut le tendon de son poignet. Dans un coup rotatif, le blond égratigna l'épaule du brun, mais ce dernier répliqua avec un coup de poing dans ses poumons. Suite à ça, Naruto roula en arrière et tomba au sol inerte, le souffle coupé.

Le professeur intervint pour arrêter le match et aller vers le perdant du match. Celui-ci semblait avoir miraculeusement récupéré, malgré avoir été attaqué vilement aux côtes. Même Sasuke avait des bleus partout sur son corps mais rien de grave, car après deux jours, lui-même estimait qu'il serait intégralement remis. Naruto se leva, sourit et joignit ses deux poings dans une courbette respectueuse. Son vis-à-vis le regarda un moment avec une étrange expression sur le visage avant de répliquer le respect.

La foule fut alors complètement en délire tandis qu'elle encercla totalement les deux combattants, leur demandant où ils avaient appris à se battre. Les deux garçons rougirent pour différentes raisons, Sasuke parce qu'il était intimidé d'être la cible de tant d'éloges, comparé à son frère et Naruto parce qu'il avait un peu triché en demandant l'aide de Kura et avait perdu malgré ce.

Naruto arriva finalement à rejoindre Sasuke pour le féliciter et l'autre garçon le remercia pour avoir accepté le duel. Leurs poings se joignirent dans un poc amical. Sasuke demanda à Naruto s'il voulait s'entraîner avec lui plus régulièrement mais quand Kura hurla dans sa tête que ce serait sans son aide les prochaines fois, il dût refuser poliment.

Après les cours, Sasuke et Naruto prirent leur repas du midi ensemble et les autres étudiants les laissèrent, ne voulant déranger l'entretien. Les filles commencèrent à se faire des rêves à propos d'une aventure de Yaoi entre les deux, tandis que la majorité des garçons se visualisait le combat qui venait de se dérouler. Les deux étaient assis sur un côté de la cour de récréation qui se résumait en un versant verdoyant de colline.

Sasuke avait son propre bento préparé par sa mère le matin alors que Naruto n'avait rien à manger. Ou du moins, c'était ce que le blond pensait, car lorsqu'il regarda à l'intérieur de son sac, il vit le message : « Le Renard est un mensonge. » Tigre avait vraiment un sens de l'humour particulier. Naruto déchira le papier et vit en dessous son repas qui consistait juste en des nouilles. Naruto considéra que l'homme devait vraiment apprendre à cuisiner autre chose mais c'était mieux que rien, si bien qu'il mangea ses pâtes.

— Alors Sasuke, peux-tu m'en dire plus à propos de ton frère, Naruto demanda considérant qu'il avait vu le jour précédent l'adolescent raccompagner Sasuke chez lui.

— Il est le meilleur. Tu ne peux même pas le croire ! Il a réussi à passer les examens Chuunin sans équipe à dix ans ! s'exclama Sasuke avec passion.

— Vraiment ? répondit Naruto avec un grand sourire, même si en fait, il ne réalisa pas la portée de la prouesse.

— Il a réussi à rentrer chez les ANBU à onze ans ! Est-ce que je t'ai dit qu'il a réussi à être diplômé de l'Académie à huit ans seulement un après y être rentré ?

— Il a l'air super ouf ! cria Naruto à son tour, un peu embarrassé devant les yeux brillants de l'autre garçon.

— Eh Naruto, tu vas participer aux Jeux de Guerre ? requit Sasuke, changeant complètement de sujet. Il ne te reste que trois jours et tous les fils et filles de clans se sont inscrits déjà, comme plus d'un quart des étudiants civils. Tu es le seul d'entre nous à ne pas t'y être inscrit.

Naruto rit un peu décontenancé :

— Ça alors ! Je vais devoir m'y inscrire, hahaha !

Oui, Naruto, il est temps pour nous d'entrer dans les Jeux, conclut Kura.


Tard dans l'après-midi, après que Naruto s'était inscrit aux Jeux de Guerres et que tout le monde était rentré à la maison, Iruka fila un coucou à Naruto lorsqu'il partit aussi. La nuit, seul Naruto resta à l'Académie.

Madame Oiseau apparut enfin face à lui.

— C'était un duel amusant mon mignon, je ne savais pas que tu étais si doué. Était-ce ton premier combat ? demanda-t-elle avec un sourire dans la voix.

Naruto trouvait toujours ses questions un peu pièges, car il savait que tout ce qu'il dirait serait annoté et reporté à son grand-père mais il se sentit obligé de répondre.

— Oui, je me suis laissé aller dans le feu de l'action.

L'agente acquiesça.

— Tu n'as pas ressenti quelque chose de différent durant le combat ?

Naruto et Kura avaient décidé d'une explication pour ce genre de question.

— Je me suis senti plus rapide que d'habitude, mais je suppose que cela devait être l'adrénaline, je viens d'apprendre ça aujourd'hui, haha !

Et heureusement pour lui, c'était vraiment quelque chose qu'il venait d'apprendre. Il vit la femme acquiescer.

— Oui, probablement mon mignon, finit-elle avec un rire.

Mais soudainement, son masque se retourna vers l'entrée de l'académie et elle s'arrêta de rire.

Naruto se sentit instantanément enveloppé par le corps de la femme qui s'était mis à genoux contre lui.

— Madame Oiseau ?

Mais elle lui murmura de rester silencieux. Naruto tenta de la pousser car il ne pouvait pas respirer entre ses seins mais elle le força à rester comme ça, ses bras entourant complètement sa tête.

Et il y eut une sorte de brouillard bizarre qui enveloppa l'Académie. Naruto et Madame Oiseau étaient en plein milieu de la cour de récréation et Naruto sentit un vent sinistre les traverser. Du coin de l'œil, Naruto put voir en dessous les bras de Madame Oiseau des hommes en noirs courant et sautant à toute vitesse au travers la cours pour s'infiltrer dans le bâtiment où Naruto était supposé rejoindre Tigre.

Naruto étrécit ses yeux emplis de compréhension. Son grand-père l'avait averti à propos de ce danger mais il ne pensait pas que cela arriverait de sitôt. Pourquoi étaient-ils passés sans les voir ?

Souviens-toi de sa capacité Naruto, déduisit Kura. Elle est peut-être capable de le faire partager en contact rapproché. C'était peut-être pour cela qu'elle s'est habituée à te serrer dans ses bras, dans le cas où une situation pareille nécessiterait qu'elle utilise son pouvoir instantanément sur toi.

Naruto se demanda vraiment si toutes les actions de ses gardiens à son encontre n'avaient pas une double signification voire une triple parfois.

Naruto sentit alors quelque chose sur son épaule, comme une coccinelle, similaire à la petite sphère de lumière que Tigre lui avait montrée. Lorsqu'il se concentra dessus, il jura qu'il put voir le masque de la sœur jumelle de Madame Oiseau, Ara.

— Mission accomplie, entendit Naruto murmurer près de lui. Naruto est sécurisé. Vous pouvez lancer l'opération Ac-Pm8.

À travers la lumière, Naruto put voir Ara acquiescer et entendre soudainement la voix de son grand-père de très loin même si en réalité, celle-ci provenait de la petite sphère.

— Parfait ! Il est temps de leur montrer comment se battent les ninjas de Konoha !

Et soudainement, énormément de ANBU émergèrent du sol autour d'eux. Il devait en voir cinquante, sinon une centaine. Parmi eux, Naruto reconnut le frère de Sasuke par ses cheveux et son corps effilé tandis qu'il passait à côté d'eux. À travers son masque, Naruto put voir l'œil étrange de l'adolescent ; trois faucilles tournoyantes autour d'un iris noir sur un fond rouge.

Un quart des ANBU se lancèrent alors au front vers l'intérieur du bâtiment, tandis qu'un autre quart semblait créer une sorte de toile bleutée qui encadra alors totalement l'Académie. Un autre quart disparut dans les ombres tandis que le dernier quart restait autour d'eux en retrait. Le garçon put entendre les cris du combat qui provinrent de l'intérieur du bâtiment que les hommes en noir avaient investi.

L'opération dura seulement trois minutes qu'elle était déjà terminée.


— Putains de ninjas de la Feuille ! souffla un homme tout en muscles alors qu'il traversait les rues, se tenant son bras blessé. Nous avoir complètement menés vers un piège. Merde, je savais que cela aurait été trop simple de chopper le gosse seul. Comment diable a-t-il pu disparaître de nos radars ?

Il se cacha sous un paravent tandis que des agents de la Feuille sautaient de toits en toits au-dessus de sa tête. L'homme eut un rictus.

— Si vous pensez que vous pourrez m'attraper, bande d'attardés !

L'homme plongea alors dans une bouche d'égout. Il sortit un rouleau de son manteau et vérifia son plan. Si celui-ci était véridique, il devait aller au sud.

Il suivit alors la trace de l'eau orange dégoûtante qui courait au travers des murs en briques. Il s'apposa une attelle à son épaule et commença à courir vers la sortie du village. Après une minute, il sourit en voyant la fin du tunnel. Il sortit et put enfin voir le ciel bleu illuminé par la pleine lune. Il soupira soulagé d'être enfin sorti de ce pétrin.

Mais soudainement, il sentit une présence derrière un arbre.

— Qui êtes-vous ?! Montrez-vous ! beugla-t-il en étant sur le point de conjurer un jutsu de tremblement de terre.

Il aperçut alors le masque de tigre blanc appartenant à un agent de la Feuille se révéler à la lumière de la lune. Il visualisa les cheveux d'un blond terne de l'agent ainsi que les yeux bleus portés dans sa direction.

— Koetsu Kanoda, commença l'agent, provoquant l'homme en noir de sursauter. Déserteur d'Iwa. Classe A+, haut Jounin. Prime : 50000 ryo. Affinité élémentaire duale : Terre, Feu. Multiples meurtres notoires à son nom, pillages de banlieue de civils et assauts sur des caravanes de marchands. En réalité, sa désertion et ses crimes ne servent juste qu'à couvrir sa mission secrète, S-classe, qui est d'espionner les autres villages. Fin du dossier.

Koetsu confia un rictus à son vis-à-vis.

— Je vois que tu as fait le nécessaire pour en savoir plus sur moi. Maintenant que tu sais qui je suis, dégage de mon chemin si tu ne veux pas que je te crève ! hurla-t-il alors que ses mains crépitaient déjà d'énergie.

Le ANBU resta juste immobile tandis qu'il plaça un bras sous l'autre. Sous ses manches, ses avants-membres ainsi que son corps entier brillèrent d'une sinistre lueur verte.

— Libération du Sceau de Contrôle de niveau 3. Situation C. Les restrictions d'habilités sont levées jusqu'à que la cible soit réduite au silence ou scel—

Un poing maculé de roche détruisit la mâchoire de l'agent et probablement sa colonne vertébrale avec tandis qu'il gisait au sol, ensanglanté.

— C'était qui cet abruti ? soupira Koetsu en nettoyant le sang sur son visage. Bon il est temps pour moi d'y aller.

Mais l'instant d'après, alors qu'il fut sur le point de partir, la clairière devint soudainement baignée dans un brouillard vert. Ressentant un froid lui parcourant l'échine, l'homme leva les yeux vers le ciel et vit la lune être remplacée par le crâne d'un être humain qui pleurait des larmes de sang. Les gouttelettes cramoisies tombèrent du ciel en une pluie acide.

Koetsu réalisa assez vite la mudra pour dissiper le Genjutsu sur lui, mais même après plusieurs essais, les événements étranges continuèrent à s'enchaîner les uns après les autres. L'herbe à ses pieds s'assécha et vira au jaune puis au noir. Des chauves-souris sortirent des cavernes environnantes dans une flopée et volèrent autour de lui, affichant des yeux surnaturels qui regardaient dans sa direction.

— C'est quoi ce bordel ! maugréa Koetsu le souffle rauque.

Il conjura son habilité de bénédiction de la terre et façonna une barrière de roches en fusion autour de lui. La terre elle-même se fendit et il jeta des rochers flamboyants à toutes sortes d'absurdités qui venaient à lui, les unes après les autres. Des zombies, des chevaliers de la mort surmontant des destriers cadavériques l'encerclaient complètement, se riant de sa futile résistance.

Le corps de l'agent qui était censé être brisé se leva malgré son épine dorsale disloquée. Le cadavre s'illumina alors d'une vive lumière vermeille. Les lambeaux du masque révélèrent un visage de squelette, où une sorte de lumière pulsait d'un affreux bleu sombre. Seul l'os du nez était distinctement resté sur le visage, qui ne présentait ni de lèvres, ni d'oreilles.

Le macchabée se mit alors à marcher vers le ninja où les murs de roches en fusion avaient été complètement recouverts des corps carbonisés. L'impossible créature de l'outre-monde escalada la montagne de sang et de chair putréfiée. Il se tint à un mètre de l'homme en noir terrorisé, qui était affalé au sol, pleurant son désespoir :

— Va-t'en putain de monstre ! Tu n'es pas humain ! Tu es—

— Moi, Tigre, te condamne à mort.

La tête du criminel voltigea en l'air et l'environnement autour d'eux revint à la normale, ne montrant aucun signe du précédent combat, comme si celui-ci n'avait jamais existé pour commencer. Tigre nettoya son Katana avec un mouchoir de poche avant de le ranger dans son fourreau. Le corps décapité tomba soudainement au sol dans un bruit sourd.

Une luciole blanche qui reposait sur un arbre vola jusqu'à l'agent avant de se poser sur son épaule.

— Mission accomplie. Cible sécurisée.

Il disparut alors dans un éclair jaune, laissant la luciole revenir lentement vers la Feuille.


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Le Renard est un mensonge