Affirmation de l'Hypothèse, partie 1
X
Après que Mori eut fini d'expliquer plus en détails l'affaire concernant le meurtre des civils, Kura laissa Naruto reprendre le contrôle de son corps. Kura lui conseilla alors de demander à Mori s'il pouvait rester chez lui durant la nuit, ce que bien sûr, Mori accepta lorsqu'il lui fut demandé. Naruto n'était pas aveugle et il était bien conscient que l'homme était conciliant en raison de ce qui s'était passé lorsque son esprit s'était heurté à celui de Kura.
Lorsqu'ils eurent terminé de manger, Naruto aida Mori à faire la vaisselle. Être serviable était la moindre chose qu'il pouvait faire faire après ce que lui et Kura lui avaient fait subir. Kura lui souffla qu'il était vain de se sentir coupable à son propos et que c'était sa faute à elle de ne pas avoir prévu la manière dont il avait réagi à sa présence mais Naruto continua de hocher la tête malgré ce. Il ne pouvait pas vraiment remettre la faute sur elle puisque c'était lui qui avait donné son accord pour l'exécution du plan.
Lorsque Naruto demanda alors à Kura sur les possibles répercutions de son opération sur Mori, elle-même avoua qu'elle ne savait pas et qu'ils devraient attendre pour pouvoir en observer les résultats. Naruto soupira. Juste après, le garçon interrogea l'investigateur pour savoir où il pourrait dormir et l'homme répondit qu'il changerait les draps de son lit pour qu'il puisse dormir dessus, tandis que lui-même dormirait à même le sol. Cela blessa Naruto de le voir agir de cette manière.
Du peu de temps que Naruto avait connu Mori, il se doutait que cet homme n'était pas stupide en outre d'être décoléré de toute affiliation extérieure. Le garçon comprenait aussi que c'était en raison de ces deux qualités que Kura l'avait choisies afin qu'il devienne leur espion personnel. Cela peina Naruto encore plus lorsqu'il réalisa que la liberté de cet homme avait été ce qui avait été à l'origine de sa perte. Ce fait fut certifié lorsque Naruto lui demanda de faire des sottises, comme pincer son propre nez. Naruto se rendit alors compte que toute ses demandes auprès de Mori était perçu comme un ordre de son côté.
C'était assez ironique que tout ceci était provenu du fait que Naruto avait voulu sauver son père de son destin de sa propre initiative. S'il était resté dans la maison de son père, il n'aurait jamais rencontré Mori encore et cet homme serait resté celui qui'il avait été. Ce que Naruto venait de lui infliger était exactement ce que son grand-père fit à son père, c'est-à-dire réduire en esclavage un autre individu contre sa volonté. Il n'appréciait vraiment pas cela mais il ne pouvait malheureusement rien y faire. Maintenant que le mal était fait, il devait aller de l'avant.
Cette nuit, Naruto tenta d'assimiler toutes les informations qui étaient venues à sa portée ces derniers jours. Il y en avait quantité à absorber et à analyser. Il savait qu'il devrait être méthodique. Le temps passait et chaque seconde non utilisée était perdue.
Souhaites-tu venir dans notre monde illusoire pour qu'on y pense à deux ?
Naruto acquiesça. Et lorsqu'il le fit, il sentit comme si une horloge à l'intérieur de lui avait vu ses aiguilles bouger. Il se sentit soudain comme éjecté à des milliers de kilomètres de là où il était et se retrouva alors allongé sur une surface confortable. Kura apparut finalement devant lui, dans son vieil appartement. Elle était assise sur une chaise, qui était disposée au niveau de la table où Naruto avait l'habitude de manger. Naruto se leva du lit où il était pour la rejoindre et s'asseoir en face. La table s'alluma soudainement, comme si elle avait été éclairée par une lampe et des documents apparurent sur le plan de travail. Sur ceux-ci, Naruto put voir un résumé de toutes les informations qu'ils avaient pu récupérer les jours précédents.
Naruto jeta un coup d'œil à Kura et la vit cette fois habillée d'une blouse de scientifique par-dessus son pull noir. Son visage paraissait encore plus sérieux maintenant qu'elle portait des lunettes rectangulaires :
— Nous allons maintenant utiliser cet endroit pour parler de nos futurs plans ou à chaque fois que nous aurons besoin d'analyser de nouvelles informations sur des faits venant à notre connaissance, dit-elle en enroulant une de ses mèches autour de son petit doigt. Je vais maintenant dire en gras les vérités sur lesquelles nous pouvons être sûrs : Tu es Naruto Uzumaki, fils de Kushina Uzumaki et de Minato Namikaze. Je suis le Kyuubi, le Renard à Neuf-Queues et mon vrai nom est Kurama. Nous nous sommes alliés car c'était le choix le plus logique pour nous à prendre. Tigre est en fait le Yondaime. Ton père étant en vie est un secret de rang S+.
Naruto sembla surpris.
— Je pensais qu'il y aurait plus de faits sur lesquels nous pouvions être certains. Par exemple, je pensais que le sceau qui te « garde » ici n'était plus un secret pour nous deux.
Kura hocha la tête. Elle prit alors une feuille où elle avait noté tous les éléments qu'elle venait d'énoncer.
— Celles-ci sont des vérités indéniables. Tout le reste peut être soit un mensonge, soit une vérité incomplète. Par exemple, à propos du sceau qui est censé me garder en toi, comme je te l'ai dit, je ne suis pas certaine que j'en ai eu conscience de prendre possession de ton corps il y a deux ans seulement parce que je n'étais trop stupide pour m'en rendre compte ou s'il n'y a pas plus de raisons en dessous. Je vais maintenant nommer cette proposition {1}. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut vraiment estimer avant d'avoir récolté plus d'informations. Nous devrons attendre que Mori nous en ramène. J'ai pris grand soin de tout mémoriser lors de ton entrevu avec le Sandaime et je vais désormais questionner tous les faits qu'il nous a rapportés sous la forme de propositions :
(1) L'Accident a pris Konoha par surprise.
(2) Jusqu'à présent, ils ne connaissent pas l'identité de l'instigateur de l'attaque.
(3) Ta mère est morte en te tenant dans ses bras au moment où le Sandaime est arrivé à l'endroit où tes parents m'ont scellé en toi.
(4) Tout le processus de guérison de ton père.
(5) Tout le système de serment que ton grand-père a afligé à ton père.
(6) Inoichi Yamanaka se souvenant de la vérité et de l'identité de Tigre.
(7) Ton père étant le sauveur de Konoha et un demi-dieu.
Nous considérons que (1) est vraie pour l'instant, parce que je pense que c'est vraiment trop tordu de penser que même cet Accident n'ait été qu'un plan de ton grand-père. Et nous ne pouvons attester pour l'instant la (2) et la (3).
— Attends ! Tu veux dire que ma mère peut être encore en vie ?
Kura haussa les épaules.
— Ils nous ont fait le coup avec ton père. Je ne serais pas surprise de la voir vivante. Ceci très improbable d'après moi mais cela reste une possibilité.
Naruto ne pouvait même pas en imaginer toutes les implications, si bien qu'il hocha la tête d'un air perdu.
— Naruto, commença à dire Kura. Nous devons questionner tous les faits de la façon la plus neutre et non biaisée possible. C'est le seul moyen pour nous de découvrir la vérité se cachant derrière tout ça. Ne négliger aucune probabilité est un prérequis, mais si celles-ci peuvent être difficiles à entendre, soupira-t-elle encore avant de continuer. La (4) peut être vraie mais peut-être pas de la manière dont ton grand-père nous l'a révélé. La (5) est quelque chose sur laquelle on doit enquêter. La (6) est probablement la première chose que l'on doit vérifier. La (7) est absurde à mon humble avis, ton père est peut-être fort mais il ne peut pas être invincible et cela peut se justifier par un mensonge que ton grand-père nous a dit et que l'on peut attester. Il nous a raconté que les ninjas de Konoha étaient devenus moins forts avec le temps mais je pense que c'est le contraire en vérité et qu'ils sont désormais bien plus préparés qu'autrefois. La volonté de ton grand-père d'enseigner les élèves de l'Académie à l'art de la guerre n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Naruto acquiesça alors qu'il sélectionna les documents concernant les informations que Mori leur avait révélé. Il tenta d'imiter la façon de raisonner de Kura :
— Même si nous ne pouvons pas attester de la véracité des informations que nous a rapporté Mori, nous pouvons être certain considérant sa situation qu'il soit honnête et qu'il ne nous ait rien caché. Je vais maintenant résumer sous la forme de propositions ce qu'on sait :
[1] Huit civils sont morts.
[2] Les huit civils étaient ceux qui me maltraitaient quotidiennement.
[3] Les ANBU fermèrent tout enquête deux jours après que leur mort a été découvert.
[4] Les huit civils avaient contracté une dette pécuniaire envers Konoha.
[5] Quatre d'entre eux étaient mes voisins et étaient venus à Konoha il y a deux ans, probablement en raison de leurs dettes.
[6] Ils avaient tous un casier judiciaire vierge et étaient tous des citoyens honorables.
Kura lui sourit avant de faire un récapitulatif de tout ce qu'ils avaient statué :
« Les propositions avec des accolades nous concernent directement. Les propositions avec des parenthèses se réfèrent soit au Sandaime, soit à ton père soit à propos de ce qu'il s'est passé durant l'Accident. Et les propositions avec des crochets sont relatées aux affaires ayant été closes par les ANBU ces deux dernières années ou l'affaire de meurtre ayant eu lieu il y a huit jours. Je vais désormais lister des faits à notre propos que nous pouvons être plus ou moins certains :
{2} Tu as été adopté par ton grand-père il y a deux ans et une semaine après, il t'a placé dans ton appartement où tu es resté durant deux ans avant que je prenne contact avec toi.
{3} Ton grand-père, Tigre et probablement la plupart des adultes de Konoha savent que tu es le Jinchuuriki du Kyuubi et que tu m'héberges de fait. Tu es l'arme secrète de Konoha si l'on estime que Tigre n'occupe pas déjà ce rôle.
{4} Tout le monde à Konoha sait désormais que tu es le fils du Yondaime et le protégé du Sandaime.
{5} En conséquence de {2}, {3} et {4}, nous pouvons en déduire que tu es le pion le plus important sur l'échiquier politique. Tous les clans recherchent activement à contracter une alliance avec toi et les gens du communs désirent tous être ton ami.
{6} En raison de ces points ci-hauts, tu es probablement celui qui succédera logiquement au Sandaime pour le poste de Kage et ce, tant que le Sandaime ne meurt pas dans les dix années à venir.
{7} Néanmoins, pour ces mêmes raisons, tu es la cible à abattre absolument pour tous les ennemis de Konoha, soit tous les villages cachés et la plupart des chasseurs de primes dans le monde.
{8} En résultat, tu ne pourras probablement jamais quitter Konoha avant que tu deviennes celui que tu es censé devenir dépendamment de cette vision future. Tu seras toujours suivi par des agents, jusqu'à que tu deviennes assez fort, tant en force brute que mental pour résister à toutes les attaques à ton encontre.
{9} Et si l'on suit cette logique, le Sandaime fera probablement tout ce qui est en son pouvoir pour assurer ta loyauté à son encontre. Tant que tu restes loyal envers lui et Konoha, nous n'avons à nous inquiéter de devenir son ennemi.
{10} Et cependant, en raison de notre alliance, de ce que je suis et de ce que j'ai fait, le Sandaime peut possiblement nous voir comme une menace et c'est pour ça que nous devons faire attention à ne jamais lui révéler notre secret à son encontre. Si nous arrivons à maintenir cette charade durant dix ans, nous aurons alors la position la plus aisée afin de diriger ce pays et de fait que l'on devienne les maîtres du monde par la suite. »
Kura mit alors en évidence un autre document. Ses doigts illuminèrent quelques propositions qu'elle venait d'évoquer et elle établit alors des corrélations entre elles :
« Désormais, nous pouvons en tirer des conclusions sur les faits que nous avons déjà. Toutes les propositions avec des crochets impliquent une forte corrélation avec l'investiture de ton grand-père dans le meurtre de tes persécuteurs. Leur mort a été probablement ordonné à son injonction. Les motifs seraient évidents juste à partir de la [2] si nous n'étions pas au courant du fait que tu étais constamment surveillé par un agent depuis que tu es un bébé. Ton grand-père savait à propos de ces hommes mais a décidé de ne pas intervenir. Pire que ça, il était probablement tout aussi impliqué d'une manière ou d'une autre avec ton harcèlement quotidien à partir de toutes les propositions entre crochets que tu as évoquées. La question c'est pourquoi ? Quelques seraient les raisons qu'il ait poussées à faire ça ? Cela n'a aucun sens avec toutes les propositions listées avec des accolades, à moins qu'il y ait un autre motif sous-jacent. Il vient alors à ma portée que beaucoup d'événements ont été initialisés il y a deux ans. Le fait que je ne m'étais rendue compte que il y a deux ans que je pouvais prendre contrôle de ton corps et sortir du sceau, le fait que tu aies été adopté par ton grand-père il y deux ans exactement, le fait que ton grand-père ait probablement commandité tout le harcèlement à ton encontre, le fait que j'ai attendu le bon moment pour que tu sois assez vulnérable mentalement pour répondre de manière positive à mes suggestions.
« De fait, mon hypothèse du tableau complet est que d'une manière ou d'une autre, ton grand-père a été acteur de la modification de ma manière de penser et que ce n'était pas seulement une décision de ma part pris au hasard que de te voir comme la meilleure option pour recouvrir ma liberté. Cette hypothèse implique aussi que le Sandaime a compris quel était mon but principal, qui est ma liberté. S'il a vraiment tout planifié jusqu'à présent, cela me fait peur qu'il ait réussi à me lire aussi bien ou peut-être était-ce en raison de l'altération de ma manière de voir les choses qu'il ait pu me lire aussi bien. En devenant ton allié, je suis devenu dépendante de toi et par conséquent, tant que tu demeures loyal envers Konoha, je demeurai loyale envers Konoha tout aussi, faisant de toi le Jinchuuriki ultime. »
Lorsqu'elle le présentait de cette manière, cela avait du sens. Naruto savait que Kura savait qu'il penserait ainsi, en raison de leurs liens. Alors c'était ça ? Etait-ce juste pour cela qu'il avait souffert durant huit ans en tant qu'orphelin ? Pour devenir l'arme ultime dans l'arsenal de son grand-père ? Et le pire, c'était qu'il ne ressentait même pas de la colère pour ceci car il savait que cela aurait été juste futile de sa part.
— Et désormais, que faisons-nous ? demanda-t-il à Kura.
Le sourire de la jeune fille s'élargit lorsqu'il posa la question.
— Je suis vraiment contente que tu le prennes aussi bien Naruto, même si je suppose que nos liens étant de plus en plus forts aient une relation aiguë avec ta réaction actuelle.
Naruto acquiesça. Si ses liens avec Kura avait permis au renard de ressentir des émotions à son encontre, il ressentait au contraire qu'il était de moins au moins enclin à être soumis à ses déboires internes. Il estima que c'était aussi dû au fait que ses liens dans cette fausse dimension étaient d'autant plus forts qu'ils rendaient ce trait-ci plus prononcé.
Kura se leva, le bas de sa blouse flottant derrière elle, s'avança vers le garçon avant d'entourer ses bras autour de sa tête, son menton touchant le front du blond.
— En vérité Naruto, même si cette hypothèse se révèle être vraie, cela ne change rien pour nous. Notre but demeure le même, qui est devenir plus fort en accumulant de la connaissance. Je dirais que c'est tout à notre avantage si cette hypothèse se révélait être exact, avoua-t-elle devant son regard surpris. Car s'il voit notre relation étroite sous un bon œil, cela signifierait qu'il a aussi connaissance de nos plans et qu'il ne va pas à leur encontre, si bien qu'il nous encouragerait au contraire que nous poursuivons nos démarches pour acquérir plus de puissance et que l'on se concrétise en l'arme ultime à laquelle il aspire que l'on soit — et ce, tant que nous demeurons loyaux envers la Feuille.
Naruto leva ses yeux vers elle pour rencontrer les siens.
— Mais tu n'es pas contre cette idée, que l'on soit loyal à la Feuille ? Ceci n'est-il pas une entrave à ta liberté ?
Et encore une fois, elle le surprit.
— Je ne m'en soucie guère, en vérité. Je suis bien consciente du fait que la liberté est une notion relative et qu'elle dépend exclusivement comment elle impacte la liberté des autres. Je suis aussi consciente du fait de ce que je suis, je ne serai jamais libre dans un sens, à moins que j'accumule assez de connaissance et d'influence pour décider de ce que je veux. D'autant plus que maintenant, ce que je veux évolue dépendamment de toi, Naruto. Et que veux-tu Naruto ? Désires-tu que l'on entre en guerre contre ton grand-père et par conséquent ton père ? Je suis sûre que non et moi de même. Je ne vois pas d'intérêt à être leurs ennemis tant qu'ils ne nous considèrent pas comme tels. Et tant qu'ils nous fournissent de la connaissance et qu'ils ne prennent pas davantage de mesure pour restreindre notre liberté, je serai encline à devenir leur alliée. C'est une situation gagnant-gagnant pour nos deux partis, chose que je ne peux qu'approuver.
Naruto lui retourna enfin son sourire.
— Alors je répète ma question, que faisons-nous ?
Kura relâcha lentement Naruto de son étreinte et s'écarta de quelque pas tandis qu'elle leva ses yeux vers le ciel.
— Je suppose que nous devrons continuer notre jeu d'acteur un moment. Je ne suis pas certaine si cette hypothèse est vraie. Bien sûr, nous pourrions confronter directement ton grand-père à propos de notre disposition en allant dans son bureau, mais c'est un pari trop risqué que je ne suis pas encore prête à prendre. Nous avons besoin de plus d'indices, de plus d'informations, de plus de données. Mori nous en fournira mais nous devrons aussi enquêter de notre côté les jours ou les semaines à venir si cela doit nous prendre des jours. Et durant toute cette période, nos actions resteront très limitées, conclut-elle en se retournant vers lui. Je pense que nous avons faire le tour pour cette nuit. Nous nous réunirons lorsque nous aurons plus de données pour tirer des conclusions et décider de notre prochaine marche à suivre. Maintenant, c'est seulement de l'investigation durant notre temps libre.
Naruto lui décocha un sourire en coin.
— Et je ne mérite pas de récompense pour avoir été un si bon garçon ?
Elle rigola avant de témoigner :
— Je suppose que tu mérites un petit quelque chose en effet.
Elle s'approcha de lui et déposa un baiser contre ses lèvres. Lorsqu'elle le fit, tout l'environnement autour de lui s'évaporer et il sentit son horloge interne voir ses aiguilles revenir à leur position initiale. Son regard à son encontre fut le dernière chose qu'il put entrevoir d'elle lorsqu'il revint à la réalité. Il nota que Mori était endormi sur un matelas qu'il avait disposé près de son lit. Naruto remarqua finalement que les symboles sur le dos de la main de l'homme avaient changé.
Il semblerait que nous ayons un rat dans notre repère, Naruto, il entendit Kura lui souffler. Tu devrais vérifier si notre porte est bien fermée. J'ai une petite idée de qui peut être l'intrus. Tu n'as pas besoin de réveiller Mori, il est déjà une heure du matin et l'homme a besoin de se reposer.
Naruto s'étira en se levant. Il alla vers la porte, testa la poignée et nota que celle-ci était bien verrouillée. Il vérifia les fenêtres et se rendit compte qu'elles étaient fermées aussi. Il explora tout l'appartement mais il n'y avait personne à part lui et Mori. Et il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait répondre à autant de facteurs.
— Madame Oiseau ! Montre-toi ou je ne te pardonnerai pas de sitôt, dit-il calmement depuis le salon.
Il y eut un petit cri de surprise et Madame Oiseau se révéla d'elle-même. Elle portait son armure légère avec son uniforme en dessous tandis qu'elle avait encore son masque au visage.
— Comment t'as deviné que c'était moi ? demanda-t-elle agacée.
C'était la première fois que quelqu'un réussissait à la repérer et ce devait être un enfant en sus de ça.
Naruto expliqua comment :
— Le propriétaire de cette maison a un moyen de tracer les allers et venues dans son appartement et tu es la seule personne qui me suivrait jusqu'ici aussi tardivement.
— Oh et puis zut. J'aurai dû le savoir que c'était ce genre de type a installé un système pareil chez lui, déclara-t-elle en enlevant son masque et en l'attachant à sa ceinture.
— Depuis quand tu es arrivée ? requit Naruto suspicieux.
Madame Oiseau haussa les épaules.
— À peine il y a une minute. Cela m'a pris un moment pour te trouver dans ce trou paumé. Je peux voir le proprio ? J'ai entendu dire que c'est un Yamanaka.
— Chut ! Tu fais trop de bruit ! Ne le dérange pas, il vient d'avoir une journée difficile. Il n'a pas besoin de savoir qu'il y a une autre personne chez lui.
— Oh, tu dois avoir raison... dit-elle en s'asseyant devant lui en tailleur. Tu comptes rester ici longtemps ?
— Je ne sais pas, le proprio était assez gentil pour me laisser ici une nuit. S'il accepte de que je reste plus longtemps je suppose que je resterai ici un moment. Pourquoi tu me demandes ça ?
— Hmm... C'est un peu loin de l'Académie. Tu devras marcher trente minutes tous les jours. Ce n'est pas très pratique, commenta-t-elle maussade, comme si elle était l'intéressée.
— C'est mieux que de se faire agresser constamment par des fangirls ou les enfants de clans.
Elle se massa le menton pensivement.
— Tu dois avoir raison quelque part. Mais tu devras garder cet endroit un secret alors. Oh ! s'exclama-t-elle en s'écrasant son poing contre sa paume. Je viens de me rappeler pourquoi je suis venue ici. Je t'ai apporté tes vêtements et de quoi te laver. Je t'ai aussi préparé un petit panier repas au cas où tu n'aurais pas mangé ce soir et—
— Arrête, arrête ! Combien de trucs t'as emporté avec toi ? requit Naruto les yeux exorbités.
Il y avait trois sacs au moins aussi gros que lui qui venait d'apparaître des mains de l'agente.
Kura ricana.
Attends, quelque chose ne tournait pas rond.
« Est-ce que mon grand-père t'a demandé de me suivre ? », demanda-t-il enfin.
Elle hocha la tête.
— Non, le Sandaime a ordonné spécifiquement à tous les agents supposés de te garder de ne plus te surveiller.
— Alors pourquoi tu es ici ?
Il la vit rougir.
— Si tu pouvais garder le secret de ma présence ici... je ne suis pas supposée être là à la base.
Naruto parut éburlué.
— Tu désobéis un ordre direct de grand-père ?
Il la vit rigoler un peu pénaude.
— Ce n'est pas vraiment de la désobéissance ! Je n'avais pas prévu de te suivre à la base, je voulais juste te ramener tes affaires... avoua-t-elle devant son regard tandis qu'elle détournait les yeux de lui avant de rajouter ; entre autres quoi.
Naruto leva les yeux au ciel.
— Bien, maintenant explique-moi la véritable raison de ta présence ici.
— Tu sais, depuis que tu t'es évanoui devant moi... j'étais un peu inquiète à ton propos... et j'ai entendu du vieil homme que tu n'avais nulle part où aller... j'avais pensé t'inviter chez moi pour vivre avec Ara et moi...
Cela surprit Naruto. Mais il inspira profondément avant de hocher la tête.
— Je suis content que tu t'inquiètes pour moi, mais tu vois, si mon grand-père a ordonné à tous les agents d'arrêter de me suivre, c'était parce que je voulais récupérer un peu d'espace personnel et vivre chez vous serait du non-sens complet par rapport à ma demande car tu reporterais juste tout ce que je ferais.
Il espéra qu'elle comprenne mais au lieu de ça, elle acquiesça vivement avec un énorme sourire.
— Bien ! Je resterai ici avec toi si tu préfères cet endroit !
Il étrécit ses yeux.
— Y a-t-il quelque chose que tu ne comprends pas avec ce que je viens de dire ?
Elle rougit encore plus tandis qu'elle tricotait ses doigts entre eux.
— Mais je me sens seule à la maison... Ara ne revient que le week-end... et elle ne fait que dormir quand elle le fait...
Naruto, nous avons un problème. Cette femme ne te laissera pas tranquille et la possibilité qu'elle nous prenne en filature même si on refuse est trop élevée et ça sera trop pénible de tester systématiquement sa présence. Laisse-la rester ici mais demande-lui de ne pas utiliser ses pouvoirs ici comme compromis, suggéra Kura.
Narut soupira.
— Bien, tu peux rester là, mais n'utilise pas ta capacité à te rendre invisible pour me suivre, d'accord ?
Elle était si heureuse qu'elle le serra dans ses bras pour le câliner.
— Merci, mon mignon !
— Et appelle-moi Naruto ! beugla-t-il en la poussant au loin. Et comment dois-je t'appeler si on en vient là ?
— Tu peux continuer à m'appeler Madame Oiseau si ça te chante. Ma sœur m'appelle Ca' si tu désires m'appeler autrement.
— Bien Ca'. Et plus de rapports à grand-père !
Elle acquiesça en mettant ses poings en l'air.
— Plus de rapports ! cria-t-elle plein d'enthousiasme.
Il eut des sueurs froides. Il se sentait comme s'il était l'adulte et elle la môme. Elle prit alors une serviette et un savon d'un de ses sacs et sourit à Naruto.
— Une douche ?
C'est vrai qu'il commençait à sentir un peu. Il n'en avait pas prise depuis deux jours.
— Très bien, allons—
— Hé Naruto, tu ne m'avais pas dit que tu ramènerais une autre squatteuse cette nuit, interrompit une voix de la chambre d'où était venu Naruto.
Mori était à l'embrasure de la porte. Il était torse nu. Il avait une cigarette à sa bouche qu'il tenait d'une main distraite tandis qu'il regardait froidement les deux autres personnes du salon.
— Oh ! Vous devez être l'Inspecteur Yamanaka ! Ravie de vous rencontrer ! s'exclama Cacatoès avant de se lever pour lui serrer la main, ne semblant absolument pas saisir l'atmosphère.
— Que fait une ANBU chez moi à une heure vingt-deux du matin ? Explique-toi Naruto.
Naruto s'épongea la main sur son visage.
— Ce n'était pas prévu qu'elle vienne mais elle était si inquiète à mon propos qu'elle m'a suivi.
Et la femme se tint juste devant l'homme, les mains derrière son dos. Elle était légèrement plus petite que lui, si bien qu'elle dut lever la tête à un mètre de lui. Elle cligna lascivement des yeux vers lui alors que Mori la regardait avec dégoût.
— T'es assez beau vu de près. Ça te dit d'être mon petit-copain ? demanda-t-elle de façon totalement incongrue.
Il fut si estomaqué qu'il laissa sa cigarette tomber au sol.
— Sors de chez moi, rumina-t-il horripilé.
— Mais ! chouina-t-elle.
— Je ne tomberai pas dans ton jeu, Kunoichi !
Elle enroula un doigt dans une de ses mèches tout en tapotant un autre contre le torse nu de l'homme de manière très timide.
— S'il-te-plait... j'ai nulle part où aller.
— Non, répondit-il fermement.
— CHTEUPLAIT ! pleura-t-elle comme une enfant.
— Mori, s'il-te-plait, fais-nous cette faveur, cela nous sauvera d'un sacré mal de crâne, requit naruto.
Le Yamanaka regarda l'un et l'autre en grimaçant. Il se retourna vers sa chambre avant de déclarer :
— Bien. Elle peut rester ici mais...
Il retourna un doigt sur le nez de Cacatoès. « Tu feras la lessive, le ménage et tu paieras la moitié du loyer. Je m'occuperai de la vaisselle et de faire la cuisine. » Il se mit alors à pointer Naruto. « Et toi, va te coucher, les gosses sont censés dormir tôt la nuit. »
— Mais d'abord le bain ! intervint la femme déjantée.
Mori porta ses mains à son visage de désespoir avant de lâcher l'affaire et de retourner se coucher.
Naruto toisa Cacatoès sévèrement.
— Tu lui as vraiment proposé ça juste dans les deux minutes où tu l'as rencontré ?
Elle haussa des épaules.
— Ça marche des fois, mais pas d'inquiétude, ce n'est qu'une question de temps pour qu'il tombe sous mes charmes, fit-elle avec un sourire démoniaque.
Naruto pensa qu'elle était juste idiote mais il ne réalisa que maintenant qu'elle était complètement tarée.
Après qu'ils prirent un bain (et Naruto insista à plusieurs reprises pour que cela soit une seule personne à la fois), ils s'endormirent. Mori plaça un deuxième matelas au sol et expliqua à la femme que si elle tentait quoi que ce soit à son encontre, il ferait en sorte de violer son esprit d'une manière dont elle se souviendrait et de la part d'un Yamanaka, cette menace n'était pas à prendre à la légère. Ceci refroidit largement l'enthousiasme de Cacatoès pour cette nuit.
Naruto espéra ne pas se lever trop tard pour la matinée.
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Tu es Naruto Uzumaki, fils de Kushina Uzumaki et de Minato Namikaze
