Endomorphisme Nilpotent, partie 5


X


Les sans-visages étaient revenus. Elle leva sa griffe vers eux, dardant sa propre animosité envers leur aversion. Ses longs cheveux cuivrés s'étendaient derrière son dos, tel un bouclier parant leur vénal dédain. Une figure blonde se tenait à côté d'elle, tenant un kunai dans ses mains. L'affrontement était sur le point de commencer. Même si en vérité, celui-ci n'était qu'un simple test de compétence, elle le prenait comme une véritable épreuve de survie. Son partenaire attitré était le seul en qui elle pouvait faire confiance. Mais elle doutait. Le risque qu'il la trahisse était bien trop grand. Alors qu'ils étaient dos à dos, entourés par les figures masqués, il la tint alors par la main.

« On y va, Kura ? »

Elle eut failli manquer un battement lorsque sa voix lui parvint. Son visage était si éblouissant. Elle sentait le mur qu'elle avait mis tant d'années à ériger faillir tel un château de sable au bord de la mer.

Tue le. Tue le. Tue le ! entendit-elle soudain résonner en elle. Non ! Elle ne pouvait pas, pouvait-elle ? Elle l'aimait. Elle était incapable de-

Arrête de te mentir à toi-même. Cette comédie a assez duré. Je nous connais que trop bien. Tu n'es qu'une prisonnière, une immigrée. Tu ne seras jamais considérée ici comme faisant partie des leurs. Tu n'es qu'une erreur dans leur plan. Une maladresse qui-

« C'est faux, c'est faux, c'est faux ! », hocha-t-elle de la tête désespérée.

Mais elle sentit alors la main lui serrer plus fort la sienne.

« Ne t'en fais pas ! Je serai toujours là pour toi... », lui susurra-t-il si doucement.

Menteur, voulait-elle dire en le regardant ainsi si parfait, la faisant rendre si peinée. Elle se retint néanmoins de le faire. Elle ne voulait pas le faire disparaître comme tous les autres.

Il balaya son bras devant lui dans un large arc. Leur place s'illumina soudain d'une lumière jaune. Le ciel s'embrasa dans un feu d'artifice. Elle se retrouva soudain sur un balcon, proche du précipice, maintenue seulement par le garde-fou qui la bloquait au niveau de la taille. Il était en face d'elle, déployant sa main dans sa direction. Son sourire était sincère. Il portait cette longue cape blanche, maquillée de flammes rouges. Il lui était revenu, après cette longue, périlleuse guerre. Elle avait craint qu'il périsse comme le fit sa famille, la laissant seule dans ce village d'inconnus, de sans-visages... Ce souvenir était inoubliable, intarissable...

« Kura, veux-tu m'épouser ? »

Mais je ne peux pas accepter... Je ne suis pas Kura, n'est-ce pas ? Je...

Alors je ne suis pas Kura non plus... Mais qui sommes-nous alors ? musa une voix à l'intérieur d'elle.

Je... je connais cette voix. Elle-

Bien sûr que tu la connais. Tu m'as juste oublié. Tu oublies toujours tout. Je commençais à me demander quand tu allais t'en rendre compte.

Elle se tint immobile. Elle regarda derrière elle, où juste un gouffre abyssal l'attendait, là, où les ténèbres pulsaient en permanence de manière impitoyable. Cet abysse était ceint d'une telle noirceur que même la lumière de l'ange en face d'elle ne pouvait percer.

Qu'attends-tu pour lui répondre ? Il ne va pas rester là toute la journée.

Elle se retourna vers lui, regardant à droite à gauche. Timide, embarrassée. Effrayée ? Elle n'avait qu'une seule réponse possible, pas vrai ?

« Bien sûr, Minato. »

Les yeux rouges regardèrent la scène.


Elle s'absorba de cette vision comme si elle levait la tête d'un livre dans lequel elle venait de piquer du nez.

« Kura, tu as de la bave qui te colle de la bouche, » commenta-t-il espiègle.

Elle sursauta de la table, provoquant des plissements du côté des sans-visages qui les toisaient autour, avec une évidente jalousie. Ils étaient tous deux dans une bibliothèque, bien plus jeunes, assis l'un à côté de l'autre. Il avait un mouchoir proche de ses lèvres. Elle voulut le pousser au loin mais elle perdit l'équilibre sur sa chaise. Une main la tint au niveau de la taille alors qu'elle sentit la texture du textile lui caresser les lèvres. Elle se laissa faire, n'osant pas le regarder, honteuse de ce qu'elle était. Ses yeux flanchèrent, mais revenaient constamment vers lui par inadvertance, comme si elle ne pouvait contrôler sa propre vision. Toujours sur lui, toujours sur lui, rien que pour lui.

« Kura ? M'as-tu écouté quand je t'ai expliqué cette notion ? », requit-il l'air désemparé.

Oh oui elle l'avait écouté. Elle avait même bu ses paroles. De la chaleur monta à son visage alors que ses yeux remontèrent au niveau de sa nuque.

Il nous aime. Il nous accepte ce que nous sommes. Nous l'aimons. Je l'aime.

Son cœur battit de plus en plus vite alors qu'il montrait du doigt les dessins aplanis sur le livre. Elle n'osait pas détourner les yeux. Elle-

Crois-tu qu'il va nous embrasser ?

Son cœur s'arrêta.

Je plaisantais...

Mais elle, elle ne plaisantait pas.

Tu crois qu'il nous aimerait encore si je l'enfermais avec nous ?


Il était au sommet de la montagne, sur la tête d'un des illustres souverains. Il lui avait demandé de venir avec elle, pour qu'ils observent le village vu de haut. Elle avait pris une robe cette fois-ci. Elle s'était maquillée et parfumée pour l'occasion. Il portait son uniforme de soldat mais même ainsi, il restait tout aussi éblouissant. Ses cheveux blonds étaient cette fois plus longs que d'habitude. Il croisa les bras alors que la brise d'altitude passa sur eux. Son regard se perdit côté de la falaise en bas, tandis qu'un sourire s'affranchit sur ses lèvres.

« Parfois, je me demande si nous arriverons à faire stopper toutes ces guerres. Quand je vois un village aussi paisible, je me dis qu'il est impossible que nous n'y arrivons pas, pas vrai ? »

Elle acquiesça, s'accroupissant un peu plus bas. Elle songea à sa famille, à sa propre patrie, décimée par l'avarice.

Ils ont fait ça pour nous prendre. Ils nous convoitait depuis le début ! Ils-

« Qu'en penses-tu Kura ? »

Elle cligna des yeux une fois, plusieurs fois. Elle ravala sa salive, sa peine. Pourquoi devait-il toujours lui rappeler ?

Nous sommes responsable.

Non ! Elle n'était qu'une victime, comme eux ! Alors pourquoi cela faisait si mal lorsqu'elle y pensait ?

« Je pense... que ceci me dépasse, » admit-elle humblement.

Lâche...

Il la regarda, d'un air compréhensif.

« Si seulement je pouvais réparer les fautes du passé... », songea-t-il les yeux fermés.

Si seulement tu étais encore avec nous... pensa-t-elle.

Il la prit par la main, la faisant se relever. Une main lui tapota la tête. Elle se sentit fondre contre son torse. Elle leva ses yeux vers lui et-

« Sans amour, la vérité ne peut être vue... » prononça-t-il mystérieusement.

Ce fut sur ces mots qu'il l'embrassa.


Il la tint contre lui, leurs corps s'imbriquant dans une parfaite symphonie...


Elle se regarda son reflet dans le miroir.

Sa peau était pâle mais hideuse. Ses joues portaient les marques qui la défiguraient. Ses ongles étaient des griffes. Ses oreilles élongées étaient inhumaines. Ses incisives dépensant de ses lèvres étaient repoussantes. Sa chevelure était de la couleur du Démon. Ses neufs queues ployaient en bas de son tabouret. Son corps était entraîné à tuer. Elle était une machine. Elle avait grandi dans cet unique but. Vaincre, détruire, tuer, sans cesse, ni repos.

Nous sommes un monstre. Nous l'avons toujours été. Nous nous sommes juste persuadées du contraire.

« Mais alors comment peut-il aimer une créature pareille ? », se demanda-t-elle en faisant crisser ses griffes contre le verre.

Son aura rouge flétrissait tout ce qu'elle touchait. Les sans-visages passèrent à côté d'elle, la regardant de loin, murmurant des messes-basses, la prenant pour une folle à parler seule ainsi.

Peut-être sommes-nous qu'un animal de compagnie pour lui, une sorte de bête exotique qu'il considère comme un jouet...

« Pourtant nous l'avons fait. Je veux dire, il ne l'aurait pas fait si nous étions un simple jouet ? »

Sa poitrine se bombait à cette notion. Cela la blessait profondément, comme si une épée la traversait. Elle était un monstre, elle ne pouvait pas être un jouet. Cela lui donnait la nausée rien que d'y penser. Elle avait besoin de son contact pour se convaincre du contraire.

Elle se mit à courir dans la rue, se faufilant dans l'obscurité, fuyant les yeux qui étaient posés sur elle. Ses queues rouges sursautaient à chacune de ses enjambées, comprimées dans un faisceau uniforme. Elle poussa les gardes lorsqu'elle atteint la Tour, défonçant la porte d'un coup d'épaule. Elle bondit de marches en marches dans les escaliers, dérapant seulement dans les virages. Des feuilles volèrent lorsqu'elle bouscula les sans-visages qui lui barrèrent le chemin. Elle se précipita dans la pièce, ignorant les cris à son encontre. Elle atteint sa destination. Elle pénétra dans la salle, sauta par-dessus le bureau pour atterrir sur lui.

« Kura- », émit-il surpris avant que ses lèvres furent scellées par les siennes.

Elle l'enveloppa obsessivement de ses queues, à un tel point qu'il commençât à manquer d'air. Des sans-visages débarquèrent, les observant interdits. Il leur fit signe de s'en aller, leur signifiant qu'il désirait qu'ils soient seuls. Elle rompit le contact après un long moment, le fixant passionnément, avant de s'en rendre compte de sa bourde. Alors qu'elle s'apprêta à s'excuser, il la serra contre lui. Et même sa voix intérieure ne pouvait trahir ce moment intime.

« Je m'excuse, » souffla-t-il. « J'aurais dû faire plus attention. C'est juste que j'étais trop occupé depuis la fin de la guerre avec tout ça... »

Elle se mit à culpabiliser. Elle savait qu'il devait veiller sur son peuple. Elle ne pouvait monopoliser toute son attention. Il lui avait même proposé ce rôle qu'elle avait toujours voulu conquérir, mais tout ce qu'elle voulait conquérir à présent était lui-même. Ses griffes s'enfoncèrent dans la chaise sur laquelle il était assis, alors qu'elle se tenait à moitié debout au niveau de ses genoux.

« C'est moi qui dois m'excuser. Je fais irruption, comme ça, dans ton bureau, sans prévenir et- »

Il lui coupa la parole en rigolant gaiement avant de lui tapoter le nez.

« C'est vrai que ça fait un mois que je n'ai pas pris de vacances. Ça te dit de partir un court moment — rien que nous deux ? »

Avant qu'elle n'eût le temps de retenir sa respiration, ils avaient déjà surgi dans un tourbillon d'ocre au milieu d'une plage. Des palmiers remplis de cocos se tenaient aux côtés de fougères, sous un soleil éclatant, dont les rayons chatoyant étaient reflétés à travers l'eau translucide. Il se déshabilla de son long uniforme pendant qu'elle fit de même. Ils se mirent enfin à courir vers les vagues avant de plonger dans l'onde. Ils réémergèrent après une longue lutte sous-marine, où ils fusionnèrent ensuite dans un passionnel baiser. Son opulente poitrine contre la dureté de ses pectoraux, ils s'allongèrent plongés dans le liquide, leur aura se nouant au sein d'une sereine harmonie.

Après un long moment de quiétude, ils sortirent de l'eau. Il fit un feu tandis qu'elle alla chercher des fruits. Ils laissèrent sécher leurs sous-vêtements sur une corde improvisée, alors qu'ils étaient habillés de pagne. Des fruits de mer étaient présentés avec d'autres fruits exotiques sur une large feuille tropicale, à côté de braises. Ils observèrent le brasier, assis contre un arbre, en compagnie des étoiles et de la lune sur un fond bleu. Il joua avec les mèches de la rousse de ses doigts, à la façon un musicien émérite sur les ficelles d'une guitare. Il lui raconta ses rêves et elle lui compta son enfance. Il la fit s'allonger, alors qu'il était par-dessus d'elle, la faisant bouillir avec l'agilité d'un pianiste et la faisant jouir avec la fougue d'une bête. Ils se calmèrent, s'assagirent, relaxés et pleinement satisfaits. C'était un souvenir merveilleux, magnifique, colmaté dans le fond de son esprit.

Elle se leva dans un rire léger. Il l'observa avec attention alors que le jeu des flammes se reflétait dans l'ombre de son cuivre poil. Elle se retourna vers lui avec un sourire taquin.

« Minato, je pense que je suis enceinte. »


Ils se balançaient, sur une chaise longue. À côté d'eux, un berceau était préparé. Elle posa ses mains sur son ventre, contenant son précieux. Elle ronronna à ses côté, rassurée alors qu'il traçait de ses doigts la conjecture entre son cou et le début de son menton.

« Je crois l'avoir senti, » rigola-t-elle.

Il se mit à rire à son tour en l'enveloppant de ses bras.

« Comment va-t-on l'appeler ? » songea-t-il distraitement.

Sangsue, parasite, chacal ? proposa la voix en elle.

Elle se racla la gorge. « Pourquoi pas Naruto ? », émit-elle comme idée.

« Ton amour pour les ramens s'étend-il à ce point ? », répondit-il étonné.

Elle lui cogna l'épaule, lui lançant un regard équivoque. « T'aimes autant les ramens que moi je te signale. »

« C'est vrai. Allons pour Naruto alors ! », poursuivit-il, ne voulant pas la courroucer.

Les yeux rouges se refermèrent... le songe n'était pas terminé.


Un sans-visage un peu plus ridé que les autres était proche d'elle alors qu'elle s'apprêtait à mettre à bas. Le sans-visage parut se figer quand une ombre emplis de nuages rouges perfora la pièce dans un tourbillon. L'ombre portait un masque tourbillonnant, où un œil unique ressortait. Elle connaissait bien ces yeux terribles. Mais que faisait Minato ? Il avait juré qu'il la protégerait, elle et le petit. Pourquoi n'était-il pas là ?


Elle se réveilla dans la nuit sombre, portant à son bras son bébé. Le blond avait le dos tourné à elle, au milieu d'un immense sceau. Il voulait l'enfermer encore une fois, mais cette fois-ci pour de bon. Il était comme les autres, se moquant d'elle. Ses neufs queues à elle dansaient de manière frénétique.

« Tu sais que je n'ai pas le choix, » affirma-t-il comme si c'était l'unique vérité.

Elle écarta son argument d'un geste brusque.

« Bien sûr que tu as le choix ! », répudia-t-elle. « Pourquoi toujours ton village en premier ! Pourquoi ? Nous ne sommes pas importants à tes yeux ? »

Je te l'avais dis qu'il nous trahirait. Comme il le fait à chaque fois...

Il la regarda d'un air attristé. « Tu les as tué Kura. Tous. Je ne puis supporter ce poids sur mes épaules plus longtemps. Mon serment m'oblige à agir. Je vais devoir mettre un terme à cette histoire. »

« Mais ce n'était pas moi ! Je n'ai rien fait ! »

Nous nous sommes faites manipuler ! éclata sa voix en elle. Ce n'était pas notre faute !

Il hocha la tête. « Je suis désolé, je ne voulais pas de ça non plus. »

Sa main imprégnée de son propre sang s'approcha d'elle. Elle recula, enroulant de ses queues son enfant. Il n'avait pas le droit d'enlever son avenir ainsi.

« Non, non ! Pas Naruto. Pas notre enfant ! »

Il grinça des dents, tapant du pied.

« Le temps presse Kura ! Je ne peux tenir plus longtemps ! Si jamais le sceau rompt avant que je puisse le compléter, nous mourrons tous, lui avec ! »

Elle porta le bébé contre elle, le protégeant de lui. Ses queues constituaient sa barrière. Elle écarta la main du blond, ses larmes taries.

« Je trouverai un autre Chemin. Il doit forcement y avoir un autre Chemin ! », somma-t-elle persuadée.

Leurs yeux se croisèrent un long moment. Une lutte de volonté incommensurable se déroula entre eux. Peut-être que lui, il pouvait les sacrifier tous les trois, mais elle refusait ce choix. Ce n'était pas sa prérogative ! Elle ne s'était jamais sentie ici comme chez elle de toute manière ! Il constituait avec leur enfant sa seule attache. Même s'il mettait toujours l'avenir de son peuple en avant, elle ne pouvait faire de même. Son avenir à elle, c'était leur enfant avant tout !

Le blond crachait de plus en plus de sang. Sa cape était vernie de flammes et son uniforme rapiécé de toute part. Il la suppliait de lui concéder ce point. Mais elle hochait continuellement la tête. Elle se détourna de lui, enveloppant toujours le bébé de son corps. Il était si petit, si minuscule... si innocent... Minato n'avait pas le droit de leur enlever, de lui enlever ! Elle tourna son épaule, rejetant son regard une fois en arrière, le toisant une dernière fois, emplie de défiance, avant de se mettre à courir à toute vitesse en dehors du sceau, s'éloignant définitivement.

La voyant partir inéluctablement au loin, il baissa la main. Une infinie tristesse traversait son visage. Il ne pouvait lui en vouloir. Cela faisait partie de lui après tout. Il retourna ses yeux vers le sol, teinté d'un sourire amer.

« Je comprends Kura... je comprends... Je suppose que j'ai été égoïste de t'emmêler à tout ça. Je compléterai le sceau, quoi qu'il en coûte. Seul, si je le dois. »

Il initia alors le rituel, dans le vain espoir qu'elle revienne. Il échouerait, c'était certain, mais au moins, il aurait tout fait pour préserver le village.


Autour d'elle, la salle était sombre, sans lumière, dans un gouffre abyssal. Elle était enchaînée, regardant l'enfançon dans le berceau. Elle se sentait nauséeuse rien qu'en le regardant. Le bébé ouvrit les yeux et prononça d'une voix impossiblement rauque.

Tu l'as trahi... Avec ton aide, il aurait pu survivre... mais nous l'avons abandonné. Nous sommes responsable de sa mort.

Ce n'était pas son bébé. C'était le démon qui prenait sa voix, qui parlait par sa bouche.

Il était le seul à nous aimer. Il était seul qui pouvait nous sauver. Tu as mis toi-même un terme à son existence. Pourquoi ? Au final-

« Nooooooon ! », cria-t-elle d'angoisse. « Minato, nooooon. Il est en vie. Je sais qu'il est en vie. Il ne peut être qu'en vie. »

Tu ne te souviens pas de ce que nous avons fait, n'est-ce pas Kura ? Qu'importe le nombre de fois que cette histoire recommence, tu ne fais qu'oublier : ce choix que nous avons effectué au dernier moment.

Elle regarda l'enfançon. Pourquoi devait-elle le garder alors que lui était mort ? Pourquoi les sans-visages la forçaient à le garder lui alors que son bébé n'était plus là ?

Tu sais qu'ils nous le cache. À nous. Nous ferons tout pour le retrouver.

« Minato... Pourquoi tu m'as laissé seule ? Je n'ai pas pu le protéger... Ils nous l'ont enlevé. Pourquoi ? Pourquoi... »

Ses neuf queues ne bougeaient plus derrière elle. Son regard était vide, absent. L'obscurité la submergeait complètement.

Des yeux rouges s'ouvrirent. Ceux-ci versèrent une larme, une dernière larme. Ses chaînes s'entrechoquèrent, tandis qu'elle prenait sa résolution.

« Minato... je te retrouverai. Je retrouverai Naruto. Je vous réunirai. Je nous réunirai tous les trois. Je trouverai ce Chemin. Même si cette histoire doit recommencer un nombre infini de fois. »

Toujours armée de ses chaînes, elle laissa le paquet derrière elle, dans la nuit. Elle rejeta une dernière fois le regard sur le berceau avant de s'écarter définitivement.


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Sans amour, la vérité ne peut être vue