Chalut à toutes !
Voici enfin le chapitre 5
Je remercie les fidèles pour leur inépuisable patience !
Il y a des événements dans la vie qui vous enlève toute inspiration : (
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Bonne lecture
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A Oryon mon prince du siam
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Reese poussa la porte des vestiaires des hommes avec un soupir. D'un geste agacé il tira une énième fois sur ce nœud qui l'entravait. Jetant un coup d'œil dans le miroir il constata sans surprise qu'il était de travers. Il eut l'impression d'entendre la voix désabusée de son partenaire le lui reprochant et cela lui arracha un mince sourire. Une heure plus tôt il avait su se montrer convaincant pour lui faire adopter la tenue qu'il lui avait choisit. Au fond John finissait toujours par suivre ses conseils, il résistait surtout pour le taquiner et obtenir quelques baisers supplémentaires et à ce petit jeu le port d'un de ces satanés nœuds se monnayait assez cher. Son sourire s'élargit. Finch avait beau se plaindre de ses "tarifs" il ne refusait jamais de les appliquer. John savait que lui aussi cherchait à le taquiner par ses remarques et il adorait cela.
Mais pour l'instant il avait surtout besoin de son assistance ! Il soupira à nouveau. Cela ne lui plaisait pas spécialement, il avait l'impression de ne pas être à la hauteur mais il ne voyait pas d'autre solution. Il saisit son téléphone pour l'appeler, enfilant son oreillette en prévision de la suite. L'informaticien décrocha rapidement et il annonça immédiatement :
-« Finch j'ai besoin de votre aide »
-« Que se passe t-il M Reese ? »
-« J'ai un peu de mal à suivre la conversation de mon "invitée"»
-« Comment cela ? »
-« Je dirais que cette fille doit avoir appris par cœur le contenu d'une encyclopédie sur l'art moderne et je ne suis pas à la hauteur de mon cv »
-« Pourtant vous êtes un excellent élève M Reese »
-« Merci Finch mais là c'est un maître en la matière qu'il me faut »
-« Qu'attendez-vous de moi ? »
-« Que vous me souffliez les bonnes réponses »
-« Hum. Encore faut-il que j'en dispose »
-« Je n'ai aucun doute là-dessus. Et vous n'avez rien à craindre de ces discussions Harold, je vous assure qu'il n'y a pas de quoi réveiller votre jalousie. Sauf s'il suffit que je sois en compagnie d'une de ces filles pour cela ? » Ajouta John d'un ton taquin
-« Très bien je vais vous aider »
-« Merci. Et du côté d'Agnès ? »
-« Elle travaille sur sa future conférence, celle qu'elle doit assurer mercredi, en la seule compagnie de son chien »
-« Donc c'est tranquille ? »
-« Trop sans doute ? »
-« J'aimerais bien l'arrêter avant, cette réunion sera surement d'un ennui mortel » soupira l'ex agent
-« Ou stopper la menace » corrigea l'informaticien
-« Bon j'y retourne. Vous êtes prêt Finch ? »
-« Ca ne peut pas être si terrible » s'amusa celui-ci. Mais il devait rapidement se rendre compte que ça l'était...
John retrouva sa place à table un peu à reculons
-« Ca va ? » interrogea Phyllis en le fixant par-dessus ses lunettes
-« Très bien. Juste un peu de fatigue »
-« Vous travaillez trop je suppose. Comme tout les hommes de votre condition » estima la jeune femme avec une moue vaguement dégoutée
-« J'ai un travail très prenant. Et on ne peut réussir sans s'investir »
-« Sans doute. Ou en étions-nous ? »
-« Vous me proposiez une comparaison entre… »
-« Ah oui très juste ! » l'interrompit Phyllis « Vous m'écoutiez alors ? »
-« Bien sur… »
-« Etonnant. Je vous sentais un peu distant. Mais tant mieux ! » Conclu la femme avant de reprendre ses digressions
Finch comprit vite que la jeune femme maitrisait réellement son sujet. Pourtant le cursus figurant dans sa fiche ne mentionnait pas de diplôme dans le domaine artistique. Ajouté à cela que son compagnon, s'il avait fait beaucoup de progrès et appréciait sincèrement leurs sorties culturelles, n'était pas féru d'art moderne, préférant les œuvres plus classiques « Qui représentent quelque chose ! » lui affirmait-il souvent. De ce fait Finch comprit aisément pourquoi il avait requis son soutien.
Une sorte de combat de connaissances s'engagea entre Phyllis et l'informaticien, Reese répétant fidèlement ce qu'il lui soufflait. Lorsque la conversation repris la jeune femme eut logiquement le dessus et Finch laissa faire pour mieux jauger son adversaire. Il lança ses premières flèches en citant systématiquement les œuvres les moins connues de chacun des artistes évoqués par la jeune femme, ajoutant chaque fois une précision prouvant qu'il la connaissait et ne la choisissait pas au hasard. D'abord étonnée, la jeune femme devint rapidement perplexe, d'autant que le début de la discussion, avant que Reese ne s'absente quelques minutes, lui avait laissé la nette impression que son vis-à-vis peinait à la suivre, ce qui lui avait donné une certaine assurance. Celle-ci fondit progressivement comme ses connaissances apparaissaient de plus en plus limitées face à celles de son interlocuteur. Lorsque, habilement, Finch aiguilla la conversation sur des mouvements artistiques plus fermés qu'elle ne maitrisait pas, Phyllis devint de moins en moins loquace, perdant même quelque peu son amabilité. Reese jubilait intérieurement de la voir perdre sa superbe, alors qu'un sentiment de fierté grandissait en lui vis-à-vis de son compagnon.
La jeune femme, mi dépitée, mi exaspérée, finit par changer de sujet, se rendant compte qu'elle avait affaire à trop forte partie. Reese résista difficilement à la tentation de se moquer d'elle mais garda son sérieux
-« Et donc vous faites du sport M Rooney ? » lança t-elle au hasard « Au point de vous blesser ? » précisa t-elle en désignant l'attelle
-« Ce n'est rien d'ailleurs je ne vais plus la garder très longtemps » répliqua John « J'aime surtout aller courir avec mon chien »
-« Un chien ? »
-« Oui. C'était mentionné dans ma fiche »
-« Je n'aime pas les chiens. Ils bavent et laissent des poils partout »
-« Tout dépend de la race » tempéra Reese
-« Hum. En fait je n'aime pas les animaux, c'est encombrant » John pinça les lèvres. Il perçut un son désapprobateur dans l'oreillette
-« C'est un point de vue que je désapprouve » affirma t-il « Mais chacun est libre de ses opinions »
-« Personnellement je préfère le sport en salle » éluda Phyllis sentant le sujet sensible « Ou un peu de yoga. Mais pas trop je ne suis pas une spécialiste »
-« C'est un passe temps »
-« Il faut bien s'occuper, autant le faire utilement » estima la femme « Vous ne trouvez pas que c'est un peu fade ? » demanda t-elle soudain
-« En effet. J'ai connu mieux pour ce plat, je pense que le chef ici ne force pas sur les épices »
-« Vous vous y connaissez ? »
-« J'aime cuisiner lorsque j'ai un peu de temps » Contre toute attente il vit sa compagne du jour grimacer
-« Vous… préparez des plats ? »
-« C'est généralement ce que l'on fait en cuisine » ironisa l'ex agent
-« Cela ne me viendrait pas à l'idée ! » protesta Phyllis « J'estime que chacun doit se cantonner à ce dont il est capable sinon mieux vaut s'abstenir »
-« Donc selon vous soit on est un chef soit on ne cuisine pas ? » demanda John s'efforçant de suivre son raisonnement
-« Exactement ! Je ne supporte pas l'amateurisme »
-« Et comment faite vous pour vous nourrir ? » interrogea Reese perplexe
-« Et bien je me fournis chez un traiteur ! » répliqua la femme d'un air surpris, comme si elle jugeait la question totalement saugrenue
-« A chaque repas ? »
-« Evidemment » John se demanda si ce point de vue n'était pas plutôt celui d'une femme maladroite en cuisine qui préférait adopter ce prétexte plutôt que d'avouer son incompétence. Il songea à son compagnon qu'il trouva mille fois plus honnête
-« Je ne suis pas certain d'adhérer à ce genre de philosophie » affirma t-il
La jeune femme saisit l'occasion :
-« Et moi je crains fort que nous n'ayons pas du tout la même façon d'aborder le quotidien M Rooney ! Même nos goûts artistiques ne s'accordent pas. Je pense que ce rendez vous ne nous mènera à rien »
-« Cette fois je partage totalement votre point de vue »
-« Et bien cela nous fera au moins une idée en commun » grinça la femme vexée de la réplique trop spontanée de l'ex agent « Je propose que nous abrégions la soirée »
-« Vous ne prendrez pas de dessert ? » suggéra Reese
-« Je n'ai plus très faim ! »
« Ou Harold vous a coupé l'appétit » songea John « Dans ce cas je vais réclamer l'addition. Voulez vous que je vous raccompagne ? »
-« Je prendrais un taxi ! » trancha Phyllis. Reese se leva et tira galamment la chaise de sa compagne du jour
-« J'ai été ravi de faire votre connaissance » affirma t-il alors qu'ils se trouvaient sur le seuil quelques minutes plus tard à attendre le véhicule. La jeune femme le fixa, cherchant à deviner s'il se moquait d'elle ou souhaitait juste être poli
-« De même » répondit-elle finalement avec un sourire de façade. Il lui ouvrit la portière du taxi puis observa le véhicule qui s'éloignait avec soulagement
-« Finch ? » appela t-il en pressant l'oreillette
-« Oui ? »
-« Je crois que vous l'avez dégouté de cette soirée »
-« Pourquoi ai-je l'impression que cela vous réjouit alors que ce n'est pas très élégant ? » demanda l'informaticien
-« Parce que c'est vrai et que je me moque que ce ne soit pas "très élégant" »
-« Et où sont vos bonnes manières M Reese ? »
-« Au vestiaire ! Où elles ne tarderont pas à être rejointes par ce nœud que vous m'avez imposé »
-« Que la bienséance vous a imposé » corrigea Finch
-« Ah oui ? Dans ce cas je n'apprécie pas cette torture mais j'apprécie assez son messager »
-« Evidemment » marmonna son partenaire
-« Du nouveau de votre côté ? »
-« Non. Miss Marbery vient juste de se coucher »
-« Alors je vous rejoins »
-« Je suis au loft. Il est plus proche de la résidence de notre numéro que vous devrez rejoindre demain matin »
-« Entendu j'arrive »
Dix minutes plus tard John franchit la porte de l'appartement et fut accueilli par Bear qui lui réclama quelques caresses. Il les lui offrit puis se dirigea vers le coin chambre où Finch était allongé sur le lit. Il se redressa légèrement pour recevoir le baiser de son partenaire. Reese s'assit au bord du lit
-« Ca va ? Migraine ? » S'inquiéta t-il devant ses traits tirés. Il prit sa main et massa la paume de son pouce
-« Je suis juste un peu fatigué. J'ai eu une journée assez chargée »
-« En dehors du débat de ce soir ? »
-« Oui. Il m'a fallu assurer deux sauvetages aussi »
-« Deux ? » s'étonna Reese « Oh… l'ordinateur. J'espère que vous l'avez réparé définitivement ? »
-« Non. Ce n'était pas possible. J'en ai confié un autre à l'inspecteur Fusco. Un neuf que j'avais en réserve »
-« J'espère que vous n'y aviez pas stocké d'informations sensibles ? Sinon je serais obligé de m'occuper de son utilisateur ! »
-« Me croyez vous a ce point distrait M Reese ? » ironisa l'informaticien
-« Dommage … »
-« John ! »
-« Et le second sauvetage ? » éluda précipitamment celui-ci
-« Ce fut un peu plus complexe » Finch réalisa qu'il n'avait pas eu le temps de signaler son escapade au cabaret à son agent. Il soupira « Venez vous coucher et je vous raconterais »
-« D'accord »
-« Vous avez déjà commencé à vous mettre à l'aise de toute façon » jugea Finch ayant bien remarqué l'absence d'un certain accessoire autour du cou de son compagnon. Reese lui adressa un clin d'œil complice et se glissa dans la salle de bains. Il en ressorti quelques minutes plus tard et se glissa à ses côtés avec un soupir satisfait
-« Je suis prêt ! » affirma t-il en se calant contre lui. Finch lui parla du cabaret, d'une voix de moins en moins ferme au fil du récit comme le sommeil le rattrapait
-« Vous avez forcé toutes les portes ? » s'exclama Reese en se redressant pour l'observer, incrédule
-« J'ai une bonne technique »
-« Et je suis extrêmement fier de mon élève » gloussa l'ex agent. Finch sourit devant son air heureux « Et qu'en pense Bella ? » demanda John, taquin
-« Je crains d'avoir commis une légère erreur en lui faisant la démonstration de mes aptitudes » marmonna l'informaticien
-« Parce que maintenant elle vous voit sous un nouveau jour ? »
-« Et parce qu'elle aimerait prendre quelques cours mais je ne partage pas mon professeur »
Reese enfouit son visage dans son cou en riant
-« Je n'ai pas fini d'en entendre parler je crois » s'amusa t-il, puis redevenant sérieux il se redressa et affirma « Moi non plus je n'aime pas partager mais j'y suis contraint pourtant ! »
-« Hum »
-« Donc nous sommes à égalité ! »
-« Disons cela » marmonna Finch faisant sourire son partenaire
-« Mais pour Sven ? Comment cela s'est-il passé ? » Interrogea John en se réinstallant
-« Je l'ignore. Je suppose qu'il m'appellera plutôt demain »
-« J'espère qu'ils pourront trouver un accord »
-« Au moins un peu d'apaisement » approuva Finch
-« Je trouve que Sven vous admire beaucoup. Un peu trop » remarqua l'ex agent
-« John ! » protesta l'informaticien
-« Ce n'est pas ma faute : il n'est pas discret ! »
-« Peut être parce qu'il n'a pas d'arrières pensées lui ! »
Reese fit la moue
-« Ca me parait difficile… »
-« John ! » répéta son compagnon
-« Ok. Je me tais » capitula celui-ci « Mais je n'en pense pas moins » ajouta t-il tout bas. Finch soupira
-« Vous êtes irrécupérable ! » Reese lui vola un baiser
-« Je confirme ! » fanfaronna t-il
-« Vous feriez mieux de dormir. Le premier rendez vous de Miss Marbery est à 7H30 demain matin »
-« C'est tôt. Vous en savez plus ? »
-« Seulement que c'est à l'hôtel Central »
-« Ce n'est pas celui où travaille la femme qu'elle a croisé hier ? »
-« Précisément »
-« C'est peut être avec elle alors ? »
-« La note ne le précise pas » murmura Finch d'une voix ensommeillée
-« Bonne nuit Monsieur le cambrioleur » taquina Reese
L'informaticien grogna et se rapprocha davantage de lui. John sourit et l'observa quelques minutes avec tendresse avant de se forcer à le rejoindre dans le sommeil.
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Sven actionna le vigik et entra dans l'élégant immeuble ancien. Il se dirigea directement au fond du hall et prit l'ascenseur pour le quatrième étage. C'était une des particularité de cet immeuble, hormis sa façade décorée "comme pour un vrai musée" lui avait dit Terry, il n'était pas très haut et le dernier appartement au sommet, celui que le gérant avait choisit, disposait d'un toit terrasse avec vue sur la ville et la marina. Un grand salon avec baie vitrée, une suite parentale, trois chambres "pour les gamins mais on pourra en convertir une en labo photo" avait précisé Wells, faisant allusion à la seconde passion de son compagnon après l'histoire. Sven n'avait pas pu s'empêcher de trouver cela un peu démesuré mais n'était ce pas dans le caractère de son compagnon? Cette réserve mise de côté il était difficile de ne pas apprécier les lieux et Sven s'y était sentit à l'aise bien plus que dans l'appartement qu'occupait actuellement Terry et qui avait vu défiler toutes ses conquêtes. Dans ces lieux il serait facile de bâtir une nouvelle histoire. Sans la dernière incartade de Wells peut être y seraient-ils déjà installés. Il n'avait pas dit oui mais il avait aidé Terry à choisir le vaste canapé qui trônait dans le salon et les deux fauteuils qui l'encadraient. C'était pour l'instant les seuls éléments mobiliers de l'appartement hormis une petite table basse démodée posée là en appoint et le grand tapis disposé au sol vestiges d'une grand mère adorée dont Terry refusait de se séparer
Parvenu devant la porte Sven frappa mais seul le silence lui répondit. Il se décida alors à entrer avec sa clé et n'eut aucune peine à actionner la serrure. Sur le seuil il hésita un instant puis prenant une grande inspiration pour se donner du courage il avança prudemment vers le salon. A travers la grande baie vitrée l'astre lunaire éclairait la pièce d'une froide lumière pale. C'était la seule source lumineuse et elle donnait aux quelques meubles présents des allures fantomatiques. Il reconnu le canapé et la petite table à la même place mais les fauteuils encore dans leurs housses avaient été repoussé dans un coin, l'un d'eux était renversé sur le côté. Rien de plus pour habiller la pièce comme dans son souvenir. Visiblement Terry n'avait pas poursuivit son emménagement. Son pied heurta un objet. Il se pencha pour le ramasser et grimaça en voyant qu'il s'agissait d'une bouteille de Whisky vide. Il en aperçu une autre un peu plus loin et soupira. Il fit encore un pas mais les lieux semblaient dénués de présence, Terry était-il rentré chez lui? Il remarqua alors que la baie vitrée était entrouverte et s'avança pour la fermer. Sven stoppa net en apercevant une longue forme immobile étendue au sol derrière le canapé.
-«Terry? » appela t-il. S'agenouillant près du corps il le bascula doucement «Terry? » répéta t-il d'un ton pressant. Il eut un mouvement de recul à l'odeur d'alcool qui émanait de son compagnon mais fut rassuré en voyant la poitrine de son partenaire se soulever régulièrement. Il était simplement complètement ivre...
Sven caressa doucement le front moite, écartant les mèches brunes qui commençaient à grisonner un peu. Il n'y avait pas grand chose d'autre à faire qu'attendre. Même si Terry avait l'habitude de boire quelques verres lors des repas d'affaires il n'était pas capable de supporter sans mal le contenu des deux bouteilles qu'il avait trouvé au sol! Il aurait pu le forcer à s'éveiller mais quelle discussion auraient-ils eu alors? Non il voulait un Terry conscient et capable de réfléchir, ce qu'ils devaient se dire était bien trop important
Une idée lui traversa l'esprit, il se dit qu'il devait bien avoir une heure devant lui alors il se releva et quitta rapidement les lieux. Il se pressa de revenir inutilement. Terry mit trois heures avant d'émerger. Lorsqu'il l'entendit remuer il se glissa près de lui et le secoua doucement.
Wells ouvrit prudemment les yeux. Il lui semblait qu'un carillon résonnait dans son crâne, la lumière, pourtant faible, le blessait, et il n'avait pas les idées très claires. En apercevant une silhouette penchée sur lui, se découpant dans la clarté des rayons de lune il eut un hoquet de frayeur avant de reconnaitre le visage pale et les cheveux roux qu'il aimait tant
-« Sven» souffla t-il en agrippant son bras
-«Oui je suis là»
-« C'est vraiment toi?» insista le gérant en le serrant davantage comme pour s'assurer qu'il n'était pas victime d'une hallucination
-«Oui» confirma Sven en l'aidant à se redresser. Terry porta la main à sa tête avec un gémissement douloureux
-«Les alcools forts ne te réussissent pas Terry tu le sais bien» le sermonna son vis à vis
-« Ce sont les plus efficaces» grogna le gérant. Sven eut un geste pour se relever mais il l'en empêcha «Non ne part pas!»
-«Je n'ai pas l'intention de m'en aller» répondit calmement le jeune homme «Viens. Lève-toi, j'ai ramené un thermos de café et de l'aspirine. Je crois que c'est ce dont tu as le plus besoin»
-«Non. Ce dont j'ai le plus besoin c'est toi » Sven le fixa un instant, touché par la spontanéité de la réplique
-«Et bien je suis là donc tu peux t'installer dans le canapé ce sera plus confortable» le gérant fini par se laisser faire, s'installa dans le canapé et prit docilement la tasse de café et le verre qu'il lui donna
-«Tu aurais grand besoin d'une douche aussi» remarqua Sven en observant son air négligé, ses vêtements douteux et sa barbe de trois jours «J'ai ramené des serviettes si l'eau fonctionne»
-« Plus tard» affirma Terry avec un geste de la main pour repousser cette perspective
-« Je n'en profiterais pas pour partir Terry » remarqua le jeune homme «Pas avant que nous nous soyons expliqués»
-«Je n'ai jamais voulu ce qui est arrivé à l'appartement, c'était un coup monté!» répliqua aussitôt le gérant
-«Je sais que c'était un piège»
-«Tu sais?»
-«Et j'ai entendu ton petit discours dans les loges. Quelqu'un l'a enregistré pour me le transmettre »
-«Tu sais que j'ai changé alors?»
-«Ou que tu fais des efforts pour cela » corrigea Sven «J'ai appris aussi ton attitude au cabaret ces derniers temps» ajouta t-il d'un ton désapprobateur
-«Bella » jugea Wells avec un sourire ironique
-«Non» Le gérant leva les yeux, surprit. «C'est M Wren qui m'a prévenu. Et c'est lui qui m'a aidé à te trouver ce soir »
-«Il est envahissant» marmonna le gérant
-«Ne le critique pas Terry ! Il m'a fait comprendre certaines choses et c'est grâce à cela que j'ai décidé de nous accorder une seconde chance. Sans lui je ne serais pas ici» Terry avait tressailli aux mots "seconde chance" il se redressa mais Sven leva la main pour arrêter d'un geste son élan «Je veux que nous mettions les choses au point d'abord» précisa t-il d'un ton ferme
-«D'accord, je t'écoute» soupira Wells. Sven hésita un instant. Il se rappela les propos d'Harold. Ce n'était pas le moment de céder!
-«Je veux bien que nous reprenions notre histoire» commença t-il « Je suis prêt à te suivre malgré ton sale caractère et tes mauvaises habitudes » Terry grogna mais il ne s'interrompit pas « Ta mauvaise fois et ton côté excessif qui te fais agir avant de réfléchir. Ton génie que personne n'arrive à suivre mais qui fait de toi un si bon réalisateur. Ta tendresse maladroite et cette bonté que tu portes en toi et que tu t'efforces de dissimuler aux autres avec tant de soins »
-«Tout ça» marmonna Terry en baissant les yeux, gêné.
-«Tu devras faire de même et supporter mes défauts» continua Sven «J'accepte même de venir vivre ici pour que nous recommencions sur de bonnes bases» Wells releva la tête. Il se retenait difficilement de se jeter sur son compagnon. Il bouillonnait de l'intérieur alors que le jeune homme lui restait parfaitement impassible en apparence. En réalité Sven priait pour que Terry ne s'aperçoive pas du rythme infernal des battements de son cœur alors qu'il se forçait à faire preuve de sévérité mais il avait compris qu'il devait s'imposer sinon jamais ils ne seraient en paix
-«Et la contrepartie?» demanda Wells qui sentait arriver le "mais"
-«Il n'y en a qu'une : la fidélité. Plus d'aventure, plus de transgression dès qu'une fille te provoque un peu trop. Je t'averti : à la première incartade je partirais et cette fois tu ne me reverras plus» Le gérant pinça les lèvres «Je suis sérieux Terry je disparaitrais définitivement. Si tu juges que c'est trop demander alors je préfère le savoir tout de suite et nous en resterons là » rajouta le jeune homme le cœur battant un peu plus en voyant l'indécision sur le visage de son compagnon. Alors qu'il s'attendait à une tentative de plaidoirie ce dernier le désarçonna d'une simple question :
-«Tu ne voudrais pas m'épouser? » interrogea Wells d'un air décidé
-«Pardon? » répondit Sven sans pouvoir dissimuler sa surprise
-«J'ai réfléchis ces derniers jours. Je n'ai jamais trompé Mirella parce qu'on était marié. C'est comme une assurance, quand j'ai pas de règle j'ai tendance à faire des conneries » justifia le gérant
-«Terry! On ne peut pas épouser quelqu'un pour avoir un garde fou! »
-«Pourtant ça fonctionnait! »
-«C'est l'amour pour l'autre le garde fou Terry! Cela doit suffire sinon c'est que l'on aime pas assez»
-«Non! » protesta Wells «J'ai juste...pas assez confiance en moi » marmonna t-il. Sven le fixa. Il connaissait son passé. Il savait d'où lui venaient ses difficultés
-« C'est déjà un grand pas de l'admettre. Ca devrait t'aider » estima t-il «Et moi aussi je t'aiderai» ajouta t-il en lui prenant la main. Le gérant parut se perdre dans ses réflexions et il attendit qu'il s'exprime
-«Tu ne veux pas qu'on se marie» constata t-il finalement «Mais tu pourrais peut être accepter un anneau comme ton cher ami? » demanda t-il en insistant sur les derniers mots. Le jeune homme compris qu'il cherchait à dissimuler sa crainte d'essuyer un refus derrière cette provocation
-«Pourquoi pas?» répondit-il avec un mince sourire. Terry se détendit instantanément
-«Est ce que tu reviendras travailler au cabaret? »
-«Si tu veux »
-«Demain? » interrogea aussitôt Wells. Sven secoua la tête
-«Laisse-moi quelques jours. J'ai un autre emploi »
-«Ton complice ne dira rien» grogna Terry
-«Je ne peux pas quitter ainsi ce serait irrespectueux envers mes collègues qui m'ont tous bien accueilli. Alors laisse moi terminer la semaine et ensuite je reviendrais »
-«Juste la semaine alors »
-«J'ai cru comprendre que le spectacle laissait à désirer en ce moment?» éluda le jeune homme
-«Je n'avais pas le cœur à créer »
-«Tu ne peux pas abandonner ainsi tout ce que tu as bâti avec tant d'effort Terry. Pas pour si peu... »
-«Si peu?» Se rebella le gérant
-«Le cabaret est plus important... » Commença Sven
-«Tu crois que je passerais mes nuits à cuver le nez dans ce vieux tapis moisi s'il était plus important que toi?» s'emporta Wells. Sven frémit à cette déclaration. Il passa doucement la main sur la joue de son partenaire
-«Tu l'admets enfin? » murmura t-il. Wells fronça les sourcils sans comprendre «Que ce vieux tapis a fait son temps » Terry lui adressa un regard perplexe, ne s'attendant pas à cette réplique, puis il sourit
-«Je ne suis peut être pas si têtu finalement » s'amusa t-il
-«Alors tu vas arrêter de bouder ton travail aussi? »
-«Je vais m'y remettre »
-«Bien » affirma Sven satisfait. Wells glissa une main sur la nuque de son partenaire
-«Je peux t'embrasser maintenant? » demanda t-il d'un ton impatient
-« Non!» répliqua tranquillement Sven «Certainement pas avant que tu ai pris une douche »
-«Sven! » protesta le gérant stupéfait
-«La douche d'abord! Si Bella était là elle sortirait une brosse à récurer!» affirma celui ci, intraitable. Wells le fixa un instant, perplexe
-«Tu as changé Sven » murmura t-il finalement «Mais j'aime bien cette nouvelle version» ajouta t-il en se levant pour se diriger vers la salle de bains
-«Tant mieux pour toi car il faudra t'y habituer » répliqua le jeune homme en le suivant des yeux. Avant de refermer la porte Terry passa la tête et lui lança, taquin «Mais tu ne sais toujours pas faire un bon café! »
-«Et bien tu m'apprendras! » lança Sven sur le même ton. Un fois seul il poussa un soupir de soulagement. Il n'aurait pas imaginé que cela se passerait aussi bien. Les circonstances sans doute. Et une évidente bonne volonté de Terry. Mais il fallait maintenant que cela dure. Il était conscient que la suite ne serait pas si facile mais il estimait avoir fait le plus dur en imposant ses règles et il se sentait de taille à affronter d'autres obstacles s'il était avec lui. Il songea que les efforts d'Harold pour les aider ne resteraient pas vains et que cela lui ferait surement plaisir. Il consultât sa montre : 4H12. Il l'appellerait dans la matinée pour le rassurer. Attiré par le spectacle de la marina la nuit il s'installa devant la baie vitrée et laissa dériver ses pensées. Les prochains jours risquaient d'être agités. Il regretterait un peu le cabinet où il avait été si bien accueillit mais il avait aussi hâte de retrouver l'univers du spectacle, de créer à nouveau des histoires, des décors qui feraient rêver les spectateurs. Et de retrouver ses amis, Bella, Luc, Louis, Célia, cette ambiance si particulière lorsqu'il était avec eux qui lui donnait l'impression d'avoir enfin une famille. La sensation d'une présence près de lui le tira de ses pensées. Il sentit deux bras entourer sa taille et un baiser dans son cou
-«Je suis présentable!» plaida Terry. Sven pivota dans ses bras
-«En est tu certain? Ce n'est pas tout à fait correct d'un point de vue vestimentaire!» remarqua t-il en frôlant de la main la serviette qui ceignait la taille de son compagnon et qui constituait toute sa vêture
-«C'est toi qui est trop habillé» grogna Terry glissant ses mains sous la chemise de son compagnon en continuant ses baisers. Sven se laissa un instant envahir par la sensation grisante des mains de l'homme qu'il aimait sur sa peau mais un sursaut de conscience lui revint et il repoussa doucement son partenaire
-«Sven?» grogna celui ci, frustré
-«Ca aussi tu vas devoir le mériter»
-«Mais Sven!»
-«Non Terry. Tu n'auras rien de plus avant d'avoir fait tes preuves! » Répliqua celui ci en s'écartant pour échapper à la tentation. Wells le fixa
-«Pourquoi es-tu si dur avec moi? »
-«Peut être parce que j'ai besoin d'être certain que je peux te faire confiance vraiment? »
Terry soupira
-«Je le mérite» concéda t-il
-«Va t'habiller et nous pourrons profiter de deux heures de sommeil dans ton canapé géant »
-«Je suppose que ce sera mieux que rien?»
-«Je peux rentrer chez moi si tu préfères dormir seul? »
-«Non reste! »
-«Alors je t'attends. Et avec tout ce que tu as bu deux heures de sommeil ne te feront pas de mal! »
Wells grimaça et se résigna à retourner à la salle de bains. Sven s'installa dans le canapé et se blottit contre son compagnon dès qu'il l'eut rejoint avec la sensation qu'une nouvelle vie s'ouvrait devant lui et il envoya une pensée reconnaissante à celui qui avait tant fait pour permettre ce miracle…
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Reese avait suivit Agnès jusqu'à l'hôtel où elle était attendue par Mary Steward mais pas dans le hall. La DRH la fit passer par l'entrée de service et dès les premiers mots échangés par les deux femmes qu'il percevait via le téléphone de leur numéro il comprit qu'elles étaient de connivence.
-« Il valait mieux que tu viennes ce matin. Le lundi le chef du personnel n'arrive jamais avant 9H
-« Et le directeur ? »
-« Ca dépend mais jamais avant 10H. Nous avons le temps d'examiner la suite »
Avec l'aide de son associé il lui fut facile de savoir que les deux femmes se trouvaient dans l'aile nord du bâtiment, au troisième, chambre 77. Il remarqua que c'était précisément la partie de l'hôtel qui venait de subir d'importantes rénovations
-« Voilà » affirma Mary en refermant soigneusement la porte « Carl est passé cette nuit et il a tout réinstallé mais ça n'a pas été simple, une des caches a été obstrué »
-« Laquelle ? »
-« Celle de la caméra de droite. Tu vois ? Ils ont refait le mur parce qu'il est commun à celui du salon où ils ont installés le nouveau système de climatisation »
-«Alors comment a-t-il fait ? »
-« Il a calé la nouvelle caméra dans la trappe ici » la DRH devait sans doute désigner l'endroit « Ce sera presque aussi efficace au niveau de l'angle de vue. A gauche et de face ça n'a pas changé. Mais j'ai bien cru un moment qu'on allait avoir des problèmes ! La présence de la cache en face ne se justifiait pas vraiment, j'ai dit à l'ouvrier qu'elle avait été aménagée pour un client régulier qui réservait toujours la même suite et qui y glissait un petit coffre »
-« Et il t'a cru ? »
-« C'était une excuse valable c'est arrivé dans d'autre chambre. Le problème c'était la hauteur donc il était perplexe mais il n'a pas insisté »
-« Donc il ne te croyais pas totalement » jugea Agnès, Reese percevait le doute dans sa voix
-« Peut être mais il n'a pas fait de signalement je l'aurais su. Et maintenant les travaux sont terminés, nous sommes tranquilles »
-« Je ne vois pas de grands changements encore de l'argent gaspillé »
-« Ils ont essentiellement rafraichit la décoration et installés une nouvelle clim »
-« Et adopté des couleurs plus à la mode » constata Agnès « C'est affreux» grinça t-elle
-« Il y avait aussi des traces sur le mur à l'emplacement des micros mais Carl les avait effacées quand il a retiré l'installation. Enfin certaines étaient tenaces, il a fait plus attention cette fois »
-« Bien. L'installation est donc à nouveau fonctionnelle ? »
-« Oui tout à fait » approuva la DRH « Est-ce que je réaffecte l'abonnement de l'agence à cette chambre ? »
-« Au plus vite ! » confirma Agnès « Nous avons un bon candidat, ça devenait urgent »
-« Quelqu'un de connu ? »
-« Plus ou moins. Un juge réputé pour sa sévérité et sa rigueur. Il est veuf donc officiellement il cherche une remplaçante à la défunte »
-« Et officieusement ? »
-« Il cherche plutôt à se distraire. Pas le genre à se remarier. En revanche sous ses dehors rigides il est adepte de certaines pratiques, ce dont il ne se vante surement pas. Ca devrait faire une bonne vidéo »
-« Pour toi Agnès. Lui je doute qu'il apprécie qu'on admire ses exploits »
-« Comme d'habitude, mais il aura bien les moyens de payer pour éviter cela » estima Agnès « Son besoin de garder sa réputation intacte fera le reste »
-« C'est toujours leur point faible »
-« Alors c'est une excellente chose que nous ayons retrouvé nos studios » jugea la directrice « Je vais prévenir Gloria qu'elle peut revoir son prétendant » annonça Agnès « Ta commission sera versée comme d'habitude » ajouta t-elle
-« Merci »
-« Au fait ton fils s'en sort avec ses études ? »
-« J'espère bien vu qu'il n'a rien d'autre à penser. La plupart de ses copains bossent pour les financer »
-« Mais lui a une mère futée qui sait comment doubler son salaire » ricana Agnès
-« Il n'a pas intérêt à l'oublier plus tard ! »
-« Oh ça, à ta place je n'y compterais pas trop ! Surtout s'il tient de son père »
Reese comprit que la DRH raccompagnait sa complice à la porte de service. Il vit sortir leur numéro. Elle reprit sa voiture et se rendit directement à son agence. Il était encore tôt et le personnel commençait seulement à arriver.
En chemin John rappela son associé
-« Vous avez entendu Finch ? On dirait qu'Agnès investit dans le septième art »
-« Hum. Je doute de la qualité de sa production »
-« Sans doute mauvaise mais qui rapporte. Je suppose qu'elle cible les clients dont la profession implique de garder une réputation sans tache à tout prix et qu'ensuite elle les teste pour savoir s'ils seront réceptifs à cette méthode »
-« Au vue des moyens qu'elle emploie il n'est pas surprenant que Miss Marbery se fasse des ennemis » estima l'informaticien
-« Oui. En revanche cela ne nous donne pas de piste en particulier. Que fait-elle ensuite ? »
-« Elle a deux rendez vous à l'agence »
-« Croyez vous utile que j'aille inspecter la chambre ? Hormis le matériel elle ne doit rien contenir d'important ? »
-« Non. Si la caméra n'a pas servi ces derniers temps il n'y aura rien à récupérer » estima Finch
-« Ce serait bien de savoir où elle cache les films. Je n'ai rien vu chez elle qui y ressemble »
-« Elle doit disposer d'une cachette spécifique, voir d'un coffre »
-« C'est possible. Je vais rester dans la voiture pour assurer la surveillance »
-« Entendu. N'oubliez pas que vous êtes invité cet après midi »
-« Non. Je la surveillerais plus facilement »
-« Ce n'est pas seulement pour cela que je vous rappelle votre rendez vous M Reese » celui-ci soupira à fendre l'âme
-« Vous êtes obsédé Finch ! »
-« Je ne fais que vous aider à préserver votre couverture ! »
-« C'est cela oui, sans en profiter ?»
-« Vous en profitez tout autant il me semble » suggéra Finch en rougissant « J'ai tout préparé sur le lit avant de partir. Vous n'aurez qu'à revêtir le costume et les accessoires » éluda t-il
-« Alors je n'ai même pas droit à un peu d'aide ? »
-« Vous vous débrouillerez très bien »
-« A voir ! Hier soir je ne m'en serais pas sorti sans vous »
-« Il me semble que vous y seriez parfaitement parvenu au contraire »
-« Pas sans vos "encouragements"» La sonnerie d'un téléphone se fit entendre «J'espère que ce n'est pas encore un de vos admirateurs » grogna aussitôt l'ex agent
-«John!»
-«Inutile de nier Finch ça ne les protégera pas je les ai repéré »
-«Occupez vous plutôt des ennemis de notre numéro M Reese ils sont bien réels eux! »
-«L'un n'empêche pas l'autre ! A plus tard Finch!» ajouta John avant de raccrocher. L'informaticien secoua la tête et s'occupa du second téléphone
-«Allo? »
-«Bonjour M Wren»
-«Bonjour Sven. Comment allez-vous? »
-«Bien. Très bien même »
-«Dois je en déduire que votre rendez vous s'est bien passé? » suggéra Finch
-«Oui. Nous nous sommes retrouvés et j'ai suivi vos conseils et imposé mes règles »
-«Et M Wells est d'accord? »
-«Il les accepte pour l'instant. Nous verrons au quotidien »
-«Je suis très heureux pour vous Sven. Vous le méritez »
-«Peut être » émit le jeune homme hésitant
-«J'en suis convaincu. Vous avez failli perdre la vie pour M Wells »
-«Je ne veux pas que cela soit un argument. Je le veux sincère »
-«Et je pense qu'il l'est sinon je ne vous aurais pas encouragé » estima Finch
-«J'ai bien conscience que sans vous... Merci M Wren »
-«N'en parlons plus Sven et tachez de réussir cette fois. Je suppose que vous allez réintégrer le cabaret? »
-«Et bien c'est ce que je voudrais en effet même si j'appréciais mon nouvel emploi »
-«Votre patron vous appréciez également mais je l'avais averti qu'il s'agissait peut être d'une embauche temporaire. Je vais l'appeler pour le prévenir de mon accord à votre départ sans délai »
-«Je resterais jusqu'à la fin de la semaine pour terminer mes dossiers M Wren, j'y tiens! »
-«Entendu. Merci Sven»
-« Je vous en dois bien plus M Wren. Terry va reprendre le travail. Je compte vous recevoir avec John lors de la première comme d'habitude! »
-«D'accord» concéda Finch amusé par sa pseudo exigence
-«Si un jour je pouvais vous aider à mon tour » murmura Sven redevenu sérieux
-«Je ferais appel à vos services»
-«Je ne vous ferais pas défaut je suis sérieux M Wren! »
-«Je sais Sven, je vous fais confiance. Je suppose que je peux maintenant m'attendre à recevoir les commentaires de Bella?»
-«Oh certainement!» gloussa le jeune homme
-«Bien j'y suis préparé »
-«Je lui dirais de se modérer »
-«Est ce seulement envisageable pour Miss Carson? »
-«Je ne crois pas » approuva le jeune homme «Mais je tenterais. A bientôt M Wren. Merci »
-«Bonne journée Sven» murmura Finch avant de raccrocher. Il éprouvait un certain sentiment de satisfaction, persuadé du lien solide qui existait entre les deux hommes, il leur fallait juste réussir à s'accorder et par expérience il songeait que c'était tout à fait possible. Bear vint frotter son genou pour réclamer une caresse
-« Oui Bear ? Tu sens approcher l'heure de ta promenade n'est ce pas ? Et bien allons y tout de suite tu en profiteras plus longtemps » ajouta Finch en se levant. Le malinois se précipita aussitôt sur sa laisse d'un air joyeux et son maître ne put s'empêcher de sourire en le voyant se poster près de la chaise où se trouvait son gilet. « Ca ira pour aujourd'hui Bear, j'ai juste oublié de le ranger mais pour cette fois pas besoin que tu joues les assistants » Il enfila son manteau et ils s'engagèrent dans l'escalier, le chien calant son pas sur celui de son accompagnateur.
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Un bruit léger, le glissement de la porte fenêtre, tira le dormeur de son sommeil. Il tâtonna mais sa main ne rencontra que le vide et il se redressa vivement, inquiet
-«Sven?»
Le jeune homme passa la tête à la porte du couloir. Après s'être isolé sur la terrasse pour téléphoner à Finch il était rentré pour finir de se préparer. Terry remarqua ses cheveux peignés et ses vêtements soigneusement réajustés
-«Où vas-tu? »
-«Je rentre chez moi. Je dois me changer avant d'aller travailler»
-«Ne part pas !» protesta le gérant «Pas déjà!» le jeune homme vint s'asseoir au bord du canapé
-«Terry, mon patron m'attend»
-«Tu as dit que tu reviendrais au cabaret! »
-«J'ai dis dans une semaine. Peut être deux. Je ne veux pas abandonner brutalement mes collègues en leur laissant une charge de travail supplémentaire »
-«Une semaine!» protesta le gérant
-«J'essayerai » concéda le secrétaire «Maintenant il faut vraiment que je rentre » ajouta t-il en lui donnant un bref baiser. Terry le retint
-«Tu as dit que tu viendrais vivre ici»
-«Oui je l'ai dis »
-«Pourquoi pas tout de suite?» insista Wells. Son compagnon eut un sourire moqueur
-«Il n'y a même pas de meuble Terry! »
-«On va finir des les acheter! » répliqua précipitamment le gérant. Sven soupira
-«Terry je ne vais pas disparaitre à nouveau. Pas tant que tu me seras fidèle »
-«Mais je ne sais même pas où tu vis!»
-«Tu le sauras lorsque je m'installerais ici »
-«Et si je veux te parler? Je n'ai plus ton numéro! »
-«Tu l'auras ce soir lorsque je t'appellerai » affirma Sven en se levant. Terry saisit son poignet
-«Est ce que tu viendras au cabaret ce soir? J'ai besoin de te voir! »
-«Je verrais »
-«Mais... »
-«Je verrais Terry » le coupa Sven « En attendant tu vas aller au cabaret et tu vas te remettre au travail. Il a besoin d'un nouveau spectacle » Le gérant pinça les lèvres, contrarié «Tu n'as pas l'intention d'abandonner le cabaret? » interrogea le jeune homme
-«Non. Mais je n'ai plus d'idée»
-«Ca reviendra quand tu auras retrouvé la bonne ambiance » Wells ne parut pas convaincu
-«Ce serait plus facile avec toi » Sven sourit et se pencha vers son compagnon
-«Je te propose un marché »
-«Lequel? »
-«Tu veux que je vienne vivre ici et moi je veux un nouveau spectacle pour le symbole. Alors écrit le et lorsqu'il sera prêt je viendrais m'installer même s'il n'y a pas de meuble...»
-«Marché conclu! » répliqua aussitôt le gérant enthousiaste
-«Maintenant j'y vais » affirma le secrétaire. Il accorda un baiser à son partenaire «Et tache de ne pas trop faire souffrir Bella !»
-«C'est plutôt moi qui vais souffrir » marmonna Wells. Il soupira puis se leva pour accompagner Sven à la porte. Puis il décida d'aller se préparer. Il avait intérêt à passer chez lui enfiler un costume propre ce serait déjà une réflexion en moins de la part de sa chère costumière!
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Trois quart d'heure plus tard il débarquait au cabaret bien décidé à se remettre au travail et à trouver très vite un nouveau spectacle. Il était tout juste 9H et Luc failli tomber de son escabeau en le voyant apparaitre
-«Bonjour Luc. Bella est arrivée? »
-«Heu... » Bredouilla celui ci «Pas encore, le lundi c'est 10H »
-«Ok. Je la verrais tout à l'heure. Je vais voir Louis en attendant »
-«D'accord patron » approuva Luc perplexe mais dès que Wells eut disparu au coin du couloir il se précipita sur son téléphone et enclencha fébrilement le numéro de sa compagne.
Lorsqu'elle franchit la porte du cabaret Bella savait donc que son patron l'attendait et elle se dirigea d'un pas résolu vers son bureau. A la façon de frapper, ferme et précise, le gérant devina immédiatement l'identité de son visiteur
-«Entrez » Bella pénétra dans le bureau et, croisant les bras sur sa poitrine, elle se planta devant son présumé adversaire, prête à en découdre
-«Bonjour Bella » affirma tranquillement celui ci
-«Bonjour Terry. Te voilà donc de retour? »
-«En effet»
-«Et qu'est ce que tu nous prépares cette fois? Démonter la scène? Faire disparaitre les décors ? Tu toucheras pas aux costumes faudra me passer sur le corps! »
-«Je prépare un nouveau spectacle. Et je compte sur toi pour le côté vestimentaire » répondit Wells sans se démonter
Bella le fixa en écarquillant les yeux devant cette réplique inattendue
-«Tu as retrouvé tes neurones?»
-«Il semble bien » jugea Terry.
-« Les vrais ou t'en a trouvé en solde qui résisteront pas deux heures ? » insista la vieille dame. Wells se leva, contourna son bureau et s'y appuya. Prenant une profonde inspiration il se lança :
-«Bella je te prie de m'excuser je me suis conduit comme un idiot et je le regrette » la costumière écarquilla un peu plus les yeux, stupéfaite
-«T'es sincère là? » demanda t-elle perturbée
-«Oui. J'ai fait des bêtises»
-«Hum... »
-« De grosses erreurs» corrigea Wells « Et je compte les réparer. Mais je n'y arriverais pas sans toi et sans le reste de l'équipe »
-«A la bonne heure il a été touché par la grâce! » s'exclama Bella
-«Si elle a des cheveux roux c'est possible »
-« Je comprend mieux » marmonna la costumière
-«Bella tout ce que j'ai fais c'était pour attirer son attention, pour qu'il revienne parce que je voulais être avec lui »
-«Et tu l'avoue?! »
-«Oui »
-«Tu le reconnais devant moi? »
-«Oui »
-«T'as conscience que je vais te le rappeler jusqu'à la fin de tes jours?» demanda la vieille dame en le fixant d'un air entendu
-«Je te connais Bella » répondit Terry avec un sourire moqueur
-«Ou tu es devenu complètement inconscient ou tu as enfin grandit »
-«Je sais ce que je fais. Et ce que je veux. Alors tu vas m'aider?»
-«Evidemment mauvais sujet. Je ne vais pas louper une si belle occasion»
-«Et tu ne pourrais pas abandonner le Symbole »
-«Ca c'est toi qui le dit. J'ai l'âge de la retraite moi mon gars »
-«Tu n'es pas faite pour ça Bella »
-«Ah ouais? Et pour quoi alors ? »
-«Pour créer des costumes qui feront rêver les gens, pour imaginer des tenues qui illumineront les spectacles et ...pour terroriser les danseuses »
-«Goujat! » protesta la costumière éludant volontairement les compliments qui la gênait ce qui fit rire son vis à vis. Puis Terry s'approcha et posa la main sur son bras
-« Et aussi pour me recadrer quand je m'égare »
-« Mouais »
-«Sven m'a donné une seconde chance Bella. La dernière. Je ferais tout pour que ça marche cette fois et pour ça j'ai besoin que tu veilles comme tu l'as toujours fait et que tu viennes me dire mes quatre vérités quand je dérape. Il n'y a que toi qui peut faire ça parce que tu ... me connais bien et que tu es la seule que j'autorise à me traiter ainsi »
-«Compte sur moi pour remettre les pendules à l'heure j'ai eu un grand père horloger»
-«C'est bon à savoir » se moqua Terry
-«Mais je te préviens que si tu fais encore souffrir Sven... »
-«Inutile Bella je sais » affirma Wells et il osa poser un baiser sur la joue de la vieille dame
-«Ah n'essaie pas déjà de me corrompre! » protesta t-elle « Et d'abord qu'est ce que tu attends? Tu devrais déjà être au travail! »
-«Tu n'y es pas toi »
-«Mais moi je n'avais pas déserté ces derniers jours M le paresseux! » protesta Bella «Allez zou! Au boulot! Et trouve nous un truc original on en a besoin! Je vais prévenir les troupes »
-« A vos ordres chef » ironisa Terry en songeant que la tornade Bella était de retour. La vieille dame quitta le bureau pour allez passer le mot mais passa en priorité chez son compagnon où elle pourrait jubiler à l'aise. Puis il lui faudrait appeler Sven ce petit cachottier lui devait quelques détails et il les lui donnerait elle saurait l'en convaincre ! Enfin ils allaient retrouver un peu de normalité! Restait à espérer que cette fois c'était pour de bon!
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Finch rappela son agent à la fin des rendez vous d'Agnès
-« Où en êtes-vous M Reese ? »
-« Elle vient de terminer avec le second client. Le premier a été rapidement éjecté. Le second est retenu visiblement bien qu'elle l'ait qualifié de « pompeux imbécile » dès qu'il a tourné le dos. Plus intéressant, juste après elle a contacté une de ses filles, une dénommée Gloria, pour lui annoncer qu'elle avait un "classe trois"»
-« C'est un classement rapide » jugea l'informaticien « Il me semble qu'elle a cité ce prénom ce matin ? »
-« Oui et cette conversation m'a un peu aiguillée. Je crois que les catégories correspondent à ce qu'elle espère du client. Et dans ce cadre, je pense que cette fille a certaines "compétences" et qu'elle est affectée à des missions bien précises.»
-« Que voulez vous dire ? »
-« Et bien cet homme qui vient de s'inscrire a insisté sur certains points, sur certains penchants qu'il souhaite trouver chez sa compagne, indispensables selon lui pour réussir une relation. Et il vaut mieux que vous n'ayez pas entendu l'appel d'Agnès à Gloria lorsqu'elle a traduit les souhaits du client, vous auriez pris quelques couleurs ! » S'amusa l'ex agent « En résumé je crois qu'un client classe 3 est plutôt de ceux qu'elle pourrait piéger avec un petit séjour dans la suite qu'elle a visité ce matin »
-« Je vois » toussota Finch
-« Reste à savoir à quoi correspondent 1 et 2 »
-« La deux s'applique peut être aux clients "sérieux" »
-« Je ne sais pas comment je dois le prendre Finch ?»
-« Comme cherchant un réel engagement, c'est ce qui ressort de votre cv et de votre attitude »
-« Pas faux. Et la 1 ? »
-« Difficile à dire »
-« Pourquoi pas ceux qu'elle peut piéger grâce à leur passé ? »
-« C'est une idée »
-« Au moins on avance un peu » estima Reese
-« Et même davantage, j'ai moi aussi trouvé quelques infos intéressantes et qui ont tendances à confirmer les méthodes douteuses de notre numéro. Je me suis penché sur l'historique de l'agence en étudiant les couples qui se sont formés par son intermédiaire : 23 en 14 ans »
-« Seulement 23 ? Ça ne fait même pas 2 par an »
-« En effet. Ce ne sont pas des statistiques très glorieuses. Et sur ces 23 couples, 9 ont divorcés, aucun de ces couples n'a tenu plus de 6 ans. Etrangement je ne retrouve que des divorces amiables mais tous avec un bénéfice conséquent pour l'épouse. Toutefois j'ai découvert que dans 4 de ces dossiers il y avait eu des plaintes pour violences conjugales. Confirmées dans les trois premiers cas, plus douteuse dans le dernier »
-« Donc le côté amiable c'est plutôt pour taire quelque chose »
-« Je le pense aussi et ce n'est pas fini. Parmi les 16 unions restantes je dénombre 3 suicides, toujours le mari. Dans l'un des cas celui ci était ruiné par de mauvais placements et le train de vie particulièrement dispendieux de son épouse. Les deux autres n'ont pas laissé de mot d'adieu »
-« On ne peut pas dire que ce soit une réussite »
-« Non. Et j'ai gardé le meilleur pour la fin. Parmi les couples restant il y a eu deux crimes. L'un remonte à 8 ans, l'autre à l'année dernière. Dans les deux cas le mari a tué son épouse avant de retourner l'arme contre lui. Il y a huit ans l'affaire était passée pour un banal fait divers. L'homme avait tiré sur sa femme et leurs deux enfants, des jumeaux de 4 ans. La petite fille était morte sur le coup en revanche le petit garçon avait survécu quelques années lourdement handicapé. Il est mort il y a six mois des séquelles. Le crime de l'année dernière a fait plus de bruit. Le couple recevait quelques invités lorsque l'homme a accusé sa femme de le tromper avec l'un d'eux, s'est emparé de son arme et a tiré, blessant trois personnes dont son épouse, avant de se retrancher dans sa villa. Au final la prise d'otage a duré 3 heures aux termes desquels le mari s'est suicidé. Trois convives sont sortis indemnes, deux blessés ont été secourus de justesse, mais pour la femme il était trop tard, le coupable ayant pris soin de l'achever avant et, selon les témoins, après avoir affirmé, je cite : « Cela ne suffisait pas que je doive te supporter alors que je te déteste, il faut que tu salisses mon nom ». Ceux à quoi l'épouse avait eu le temps de répondre « Sans tes crimes tu n'aurais pas eu à me supporter »
-« "Sans tes crimes" ? »
-« Oui. L'enquête n'a pas été menée plus loin cependant »
-« Mais vous, vous avez continué ? »
-« J'ai retrouvé quelques accusations portées contre l'époux lorsqu'il était plus jeune. Davantage des rumeurs puisqu'il n'y avait eu aucune suite mais deux jeunes filles l'avaient accusés de les avoir agressé »
-« Je vois et si l'on reconstitue le puzzle. Cette info que vous avez découverte d'autres pouvait la retrouver. L'épouse en a connaissance et menace son mari de faire renaitre la rumeur, peut être en jouant elle-même l'agressée, ce qui pourrait alors passer pour des antécédents. Elle se fait épouser et profite du statut et de l'argent de son époux. Mais évidemment il n'y a pas de sentiment »
-« Ou pas les bons » estima Finch « Et un jour le mari explose, l'adultère comme élément déclencheur »
-« C'et plutôt risqué de baser un mariage sur un pareil prétexte » commenta Reese « Mais c'est rentable »
-« Et c'est bien là la motivation de toutes ces femmes » considéra l'informaticien
-« Tout ça nous confirme que cette agence n'est qu'une couverture pour cacher une vaste escroquerie »
-« Exact. Elle étudie le client et applique la meilleure méthode selon ce qu'elle trouve dans son passé ou l'opportunité qu'elle peut créer »
-« Et peu importe le résultat final »
-« Mais la menace dans tout cela ? » demanda Finch « Les candidats sont nombreux, dans ces conditions comment trouvé le bon ? Jusqu'ici je n'ai rien remarqué de spécial»
-« Moi non plus. Le danger peut venir de partout » murmura Reese
-« Voilà qui est rassurant » répliqua aussitôt son partenaire
-« Je suis averti Finch. Je serais vigilant » Une petite sonnerie attira son attention
-« C'est le téléphone dédié à la mission » commenta l'informaticien avant de décrocher se faisant passer pour le secrétaire de M Rooney. La conversation fut brève et il reprit l'appel « C'était l'assistante de Miss Marbery, le rendez vous de cet après midi à la galerie est reporté à demain même horaire »
-« Bizarre ce décalage de dernière minute »
-« En effet c'est un peu cavalier »
-« Au moins je suis dispensé de cravate ! »
-« Jusqu'à demain M Reese »
-« C'est 24H de gagné Finch »
-« Et vous allez recevoir un mail avec une candidate pour ce soir »
-« Encore » soupira John
-« Vous êtes en recherche active M Rooney l'agence assure sa mission »
-« Un peu moins de zèle me conviendrait tout autant ! » grogna l'ex agent « Bon je pense que je n'ai plus qu'à continuer la surveillance puisque le programme a changé ? »
-« Je n'ai pas d'information sur d'autres projets »
-« Ok donc je la suis »
-« Jusqu'à ce soir où je prendrais le relais »
-« J'espère qu'elle sera moins obtuse que celle d'hier »
-« Je vous le souhaite M Reese mais je resterais à l'écoute au cas où »
-« Au fait et l'appel de ce matin ? »
Finch ne put s'empêcher de sourire
-« C'était Sven »
-« Et ? »
-« Il voulait me prévenir qu'il va devoir abandonner son travail au cabinet d'assurance »
-« Il a renoué avec Terry ? »
-« Ils sont réconciliés pour le moment »
-« Tant mieux cela me fera un concurrent de moins ! »
-« J'étais sur que vous alliez dire cela » soupira Finch
-« Vous me connaissez trop Harold » gloussa l'ex agent « Agnès se met en route je reprends la filature »
-« Soyez prudent » glissa Finch alors qu'il l'entendait démarrer son véhicule
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Reese suivit leur numéro à travers la ville où elle s'arrêta dans plusieurs endroits, boutiques ou bureau. Elle retourna dans la parfumerie où elle s'était rendue la veille mais ne chercha pas à rencontrer la directrice, en revanche Reese remarqua qu'elle réclamait la même vendeuse et compris en écoutant leur conversation que celle-ci, adepte de méthodes naturelles, avait coutume de préparer elle-même certains produits de beauté et d'en faire profiter discrètement quelques bonnes clientes dont Agnès faisait partit. A tout hasard il transmit sa photo à son associé pour qu'il enquête. Elle se rendit ensuite chez un assureur et John devina qu'il était un de ses clients. Elle termina l'après midi en rendant visite au candidat qu'elle avait reçu le matin, l'appelant à la dernière minute et lui imposant presque sa venue sous prétexte qu'elle se trouvait juste à côté de chez lui. L'homme rentra précipitamment à son domicile et Reese l'entendit pester contre le désordre ambiant. La femme de ménage passant tous les deux jours et justement pas ce matin là et l'homme étant d'un naturel désordonné. Finalement, après son inspection, Agnès passa chez un traiteur et rentra chez elle où elle prépara la soirée. Grace aux caméras qu'il avait installé l'ex agent pouvait suivre chacune de ses actions et compris vite que la jeune femme ne prévoyait pas ce jour là de soirée solitaire avec son chien. Il contacta son associé
-« Vous avez commencé la surveillance Finch ? »
-« Oui dès que Miss Marbery est rentrée chez elle »
-« Elle attend quelqu'un visiblement »
-« C'est aussi ce que je pense. Elle a reçu des sms d'un téléphone prépayé qui confirme qu'elle doit recevoir un visiteur. Et je pense qu'il s'agit d'un homme avec lequel elle est intime »
-« Je pensais qu'elle était célibataire ? »
-« Elle vient peut être de faire une rencontre ? »
-« Un coup de foudre pour un client ?» se moqua Reese
-« Pourquoi pas ? Ce qui est étrange ce sont les précautions dont ils s'entourent en utilisant des messages et un téléphone non identifiable »
-« Il n'est peut être pas libre ? Ou elle veut continuer à se faire passer pour célibataire ? »
-« Je ne vois pas en quoi cela gênerait son travail donc je penche plutôt pour la première option »
-« Je vais devoir rester à la surveiller si elle n'est pas seule c'est plus prudent »
-« Je me demande si c'est le smoking ou la candidate qui vous motive le plus à fuir ? » se moqua Finch
-« Voyons Harold vous savez bien que je ne fuis jamais devant l'ennemi »
-« En effet. D'ailleurs quelques centimètres de soie ne sont pas si dangereuses je trouve »
-« Ca se discute… » Reese s'interrompit « Je crois que l'invité arrive déjà Finch » annonça t-il en voyant un véhicule se garer dans l'allée du garage
-« Et moi je confirme qu'il s'agit bien de quelqu'un d'intime pour elle » répondit Finch en toussotant. Alerté par son ton, Reese chercha à comprendre ce qui embarrassait son associé. Il comprit en voyant la tenue arborée par leur numéro grâce à ses jumelles. Le vaporeux déshabillé rouge dont elle était vêtue ne masquait plus grand-chose de son anatomie et le visiteur sembla apprécier la vue à sa juste valeur. D'ailleurs ce ne fut pas dans la salle à manger où Agnès avait pourtant apprêtée une jolie table qu'il entraina sa compagne sitôt le seuil franchit
-« Ca va Harold ? » se moqua t-il
-« Hum. Je poursuivrais la surveillance pendant le diner » jugea celui-ci. Reese sourit en songeant qu'il devait être cramoisi
-« Auriez vous pris des couleurs ? »
-« John… »
-« Vous savez que si vous fermez la vidéo vous devrez quand même la rallumer de temps en temps pour capter le moment du repas ? Mais ça peut être long »
-« M Reese ! » gronda l'informaticien
-« C'était juste une constatation »
-« Je sais très bien ce que je dois faire » grinça Finch « Vous feriez mieux d'aller vous préparer pour la soirée vous avez juste le temps de passer vous changer au loft »
-« Enfiler ce que vous avez préparé ? »
-« Non. C'était une tenue pour l'exposition. Il vous faut une tenue de soirée »
-« Et je vais devoir la choisir ? Et si je passais à la bibliothèque plutôt ? Ca me permettrait de vérifier vos couleurs ? »
-« C'est inutile M Reese, vous allez être en retard »
-« Il est certain que si je passais à la bibliothèque je le serais encore plus ! » gloussa John
-« Raison de plus pour ne pas faire de détour ! Je… gère la situation »
-« Vous gérez ? »
-« Vous m'avez très bien compris M Reese ! Voulez-vous bien cesser votre petit jeu ! »
-« Vous ne le trouvez pas drôle ? »
-« A plus tard John. Appelez-moi si vous avez besoin d'aide ! » Trancha l'informaticien avant de raccrocher au nez de son partenaire qu'il eut le temps d'entendre éclater de rire. Il soupira et vit Bear qui l'observait « Il y a vraiment des moments où ton maître se conduit comme un gamin » justifia t-il. Le malinois inclina la tête et préféra réclamer une caresse pour détendre son second maître.
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Reese remercia d'un signe de tête le sommelier qui venait de remplir son verre. Sanglé dans un strict costume noir, gants blancs, il affichait un air sérieux accordé au décor. La soirée lui semblait interminable, surtout avec une invitée aussi envahissante que la femme qui l'avait rejoint une heure plus tôt. L'antithèse de Phyllis. Extravertie et adepte de la légèreté autant dans sa conversation que pour ses vêtements. Elle jouait les séductrices et la robe qu'elle portait mettait largement en valeur des atouts qu'elle ne cessait du reste de mettre en avant en gigotant sur son siège. Il avait presque envie de s'asseoir à la table voisine pour récupérer un peu d'espace ! Il se demanda pourquoi sa compagne de soirée avait choisit cet endroit où son attitude et sa tenue semblait clairement déplacés. Comme si elle lisait dans ses pensées, Gladys affirma :
-« On m'a tellement vanté ce restaurant que j'ai eu envie d'essayer. La cuisine n'est pas mauvaise »
-« Non en effet » approuva Reese
-« En revanche le service est vraiment trop guindé »
-« C'est spécial »
-« Vous n'êtes pas très bavard vous » jugea la jeune femme
-« Pas spécialement je le reconnais »
-« Vous avez d'autres atouts » constata t-elle en le détaillant avec insistance
-« Ca fait longtemps que vous êtes inscrite à l'agence ? » interrogea l'ex agent
-« Quelques mois »
-« Et vous n'avez pas encore trouvé l'homme idéal ? »
-« Ce n'est pas si facile »
-« Vous doutez de l'efficacité de cette agence ? » demanda Reese cherchant à obtenir des informations
-« Je n'ai pas dit cela. Seulement que ce n'est jamais aussi rapide qu'on le pense. Les agences aident bien elles ne proposent que des profils qui vous correspondent mais encore faut-il s'accorder »
-« C'est évident. Au moins celle-ci a bonne réputation »
-« Oui. Ca vous va à merveille le smoking » lança Gladys visiblement désireuse de changer de sujet. Mais John avait jugé dès le début qu'elle n'était pas celle qui leur apporterait des informations intéressantes « Franchement vous êtes le genre d'homme fait pour en porter » ajouta t-elle avec enthousiasme tout en passant la main sur son bras. L'ex agent fit mine d'attraper son verre pour lui échapper sans paraitre désagréable, toutefois il commençait à se lasser de repousser les attaques incessante de cette jeune personne particulièrement tactile
-« Ce n'est pas ma préférence mais lorsque j'invite une dame j'essaye d'être à la hauteur » remarqua t-il, paraphrasant son compagnon
-« Oh vous l'êtes » gloussa Gladys et cette fois elle posa carrément la main sur la cuisse de son vis-à-vis d'un geste naturel « Je vous trouve tout à fait agréable et pas seulement pour votre conversation » précisa t-elle en se trémoussant sur son siège
-« C'est ce que j'ai cru comprendre » affirma Reese en saisissant délicatement la main inquisitrice pour l'écarter. La femme soupira, dépitée
-« Vous n'aimez pas les contacts vous »
-« Ne trouvez vous pas que c'est un peu rapide ? Cela ne fait même pas deux heures que nous nous connaissons »
-« Quand on se plait… » Constata Gladys « Puis à notre époque c'est monnaie courante »
-« Je ne dois pas m'être adapté dans ce cas »
-« Vous n'en êtes pas resté à l'amour courtois tout de même ? » ironisa la jeune femme
-« J'aime prendre mon temps »
-« Et vous avez toujours été aussi prudent ? »
-« Que voulez vous dire ? »
-« Oh je suis sure que dans votre jeunesse vous étiez plus cool ! »
-« Pas vraiment non »
-« Ou alors on vous a changé peut être ? » suggéra Gladys « J'ai connu un homme comme ça, un veuf. Sa femme était une psycho rigide comme on en fait plus ! Toujours dans la réserve, jamais la moindre démonstration en public, même pas un simple baiser ! A force elle l'avait tellement conditionné à être raisonnable qu'il n'avait plus aucune initiative » Reese pinça les lèvres, mal à l'aise de ne pouvoir s'empêcher de penser à son compagnon. Elle le remarqua « J'ai visé juste ? » interrogea t-elle
-« Non. Ce n'est pas mon cas je vous rassure » répondit-il d'un ton qui se voulait assuré
-« Mouais »
-« Vous ne me croyez pas ? »
-« A moitié »
-« Je ne suis pas aussi timide que vous semblez le croire »
-« Prouvez le moi ! » lança Gladys d'un ton de défi.
John songea qu'il était sur une pente dangereuse : qu'allait-elle lui demander ?
-« Et que voulez vous que je fasse ? » demanda t-il méfiant
-« Accompagnez moi dans un endroit que je connais pas très loin d'ici, alors nous verrons »
-« Quel genre d'endroit ? »
-« Vous verrez bien. Alors vous relevez le défi ? » Insista t-elle en se penchant vers lui dévoilant ainsi la profondeur de son décolleté plongeant « Ou vous avez peur ? »
-« Je n'ai pas pour habitude de fuir les obstacles » répliqua Reese piqué au vif
-« Alors allons-y ! »
-« Et votre dessert ? »
-« Plus tard peut être ? » suggéra Gladys avec un sourire équivoque « Je reviens dans une minute » précisa t-elle en se levant et en se dirigeant vers les vestiaires. L'ex agent se rendit au comptoir et régla l'addition
-« On dirait que c'est une constante chez ces femmes, aucune n'achève son dîner » entendit-il alors « Vous n'êtes peut être pas d'aussi bonne compagnie que vous le pensez M Reese »
-« Vous étiez à l'écoute Finch ? » demanda John surprit
-« Je vous l'avais promis »
-« Apparemment je leur coupe l'appétit
-« Celui de Miss Rommer ne semble pas coupé, juste dirigé vers d'autres objectifs » grinça l'informaticien
-« Jaloux Harold ? » se réjouit son compagnon
-« J'apprécierais de savoir où elle vous emmène » éluda l'informaticien
-« Moi aussi. Avec ce genre de personnalité on peut s'attendre à tout »
-« J'espère que vous ne ferez rien… d'inconsidéré ? »
-« Comme quoi Finch ? » taquina son agent
-« Vous connaissez les limites pour préserver votre couverture »
-« Seulement ma couverture ? »
-« C'est notre priorité »
-« Bon. Je serais raisonnable comme toujours. Et du côté d'Agnès ? »
-« Elle poursuit sa soirée » déclara sobrement l'informaticien
-« Vous arrivez à la surveiller ? »
-« Fort bien M Reese » l'ex agent devina à son ton et à l'emploi de son nom que le sujet était brulant « Vous avez quelque chose sur l'identité de son visiteur ? »
-« Oui il s'agit de Peter Spaden son ex fiancé »
-« Un retour de flamme ? »
-« Je dirais plutôt qu'ils n'ont jamais cessé de se fréquenter mais M Spaden est d'une famille aisée qui a d'autres ambitions pour lui
-« Je vois. Est-ce que cela pourrait constituer une menace ? »
-« C'est une piste à creuser »
-« Gladys revient. A tout à l'heure Finch »
-« Soyez prudent »
La jeune femme entraina l'ex agent à l'extérieur puis le guida dans les rues voisines durant une vingtaine de minutes. Ils se retrouvèrent à l'entrée d'une ruelle pas spécialement accueillante de prime abord au fond de laquelle se trouvait un club dont elle connaissait visiblement bien le gardien puisqu'il la laissa entrer sans aucune difficulté. Reese la suivit avec une certaine réticence. A l'intérieur il retrouva les éléments communs aux endroits de ce type, lumières vives de la piste, soigneusement tamisées tout autour et dans les coins, musiques agressives, ambiance enfumée, danseurs plus ou moins doués qui se trémoussaient infatigablement entre deux verres d'alcool
-« Ca vous plait ? »
-« Ce n'est pas vraiment mon style »
-« Je l'aurais parié » ironisa Gladys « Mais ça peut le devenir ! » ajouta t-elle en se pendant à son bras. Elle fit un signe au barman qui semblait bien la connaitre lui aussi « J'ai commandé deux cocktails maison, vous verrez ça vaut le détour »
-« Je vous crois sur parole »
-« Allons John détendez vous ! Ce que vous êtes coincé ! »
-« Je ne suis pas… » Commença l'ex agent mais la jeune femme lui coupa la parole d'une exclamation joyeuse et le délaissa aussitôt pour rejoindre un petit groupe composé de deux femmes et de trois hommes installés dans un coin et qui avaient déjà bien profités du bar estima Reese. Elle discuta avec eux quelques minutes riant et repoussant l'un des convives qui tentait de la convaincre de rester en leur compagnie. Reese en profita
-« Vous m'entendez Finch ? »
-« Ca tient du miracle M Reese » grinça celui ci
-« Je suppose qu'ici elle espère pouvoir me rendre plus souple »
-« Vous l'êtes déjà suffisamment pour la supporter aussi calmement »
-« Hum. On dirait que vous n'avez pas apprécié son côté démonstratif Finch ? »
-« Vous êtes encore un inconnu pour elle ! » remarqua l'informaticien
-« Et cela choque votre discrétion légendaire, avouez ! »
-« Ce n'est pas … convenable »
-« Mais j'ai été très résistant non? »
-« Encore heureux » laissa spontanément échapper son associé. John eut un petit rire
-« Vous êtes jaloux je le savais bien ! »
-« Pas du tout » répliqua l'informaticien de mauvaise foi
-« Pourquoi ne pas l'avouer ? »
-« Parce que c'est faux ? J'ai totalement confiance en vous »
-« Ah oui ? »
-« Parfaitement »
-« Alors si je m'étais montré un peu plus expansif vous n'auriez rien trouvé à redire non plus ? »
-« Non, tant que c'est… correct »
-« D'accord je note, mais j'ai envie de vérifier cela »
-« Vérifier ? » répéta Finch perplexe
-« Il doit y avoir des caméras ici ? » demanda Reese sans relever « Ou votre machine vous en trouvera une »
-« Qu'avez-vous en tête John ? » demanda l'informaticien inquiet
-« Rien de mal. Je vais juste m'amuser un peu »
-« Pardon ? »
-« C'est sans importance puisque vous ne serez pas jaloux »
-« John expliquez vous ! »
-« A plus tard Harold ! » l'interrompit son partenaire. Finch se mordit les lèvres, frustré qu'allait-il inventer encore ?
Il se connecta rapidement aux caméras du club et chercha son agent. Il l'aperçu assit à une table au bord de la piste. Alors que Gladys revenait vers lui il se leva pour s'avancer à sa rencontre et il le vit murmurer quelques mots à son oreille sans doute pour réussir à se faire entendre. John ayant coupé son oreillette il ne put l'écouter mais il capta l'expression ravie de la jeune femme et les vit se diriger vers la piste de danse. Reese profita que Gladys le précédait pour se tourner vers une des caméras affichant un sourire mutin, il lui adressa un clin d'œil complice puis rejoignit sa partenaire.
Les poings serrés de frustration Finch le vit prendre place et commencer à danser prenant soin de rester dans le champ de la caméra. Il ne pouvait détacher les yeux de son corps qui se mouvait au rythme de la musique, souple, félin, tentateur…Gladys ne s'y trompa pas et elle se rapprocha de lui les yeux brillants de convoitise. John imposa juste ce qu'il fallait de distance entre eux sans que la scène ne perde rien de sa sensualité. Derrière son écran Finch était au supplice. Cela lui rappela leur première soirée. John savait exactement comment le provoquer pour l'attirer dans ses filets. Il aurait voulu éteindre l'écran mais c'était au dessus de ses forces. Il se dégageait de son compagnon une sorte d'aura magnétique qui le fascinait. Il dut supporter la vision tentatrice de son partenaire sur la piste jusqu'à ce qu'il décide de cesser de le torturer, car Finch ne doutait pas un instant de ses intentions, il savait qu'il agissait en toute conscience, sa demande et son regard à la caméra avant d'aller sur la piste et même ensuite le lui avait trop bien signifié. Il resta à ronger son frein de longues minutes se promettant bien que cette provocation ne resterait pas impunie !
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John referma la porte du loft aussi silencieusement que possible prévoyant que son compagnon serait peut être endormi. Il avait un léger doute après ce qu'il lui avait imposé mais préférait rester prudent. Il craignait de l'avoir un peu trop provoqué. En tout cas sa petite ruse avait bien failli se retourner contre lui, la démonstration de ses talents de danseur avait été très apprécié de Gladys et il avait eu toute les peines du monde à s'en débarrasser, il avait même fini par se montrer un peu désagréable...
A peine eut-il poussé le verrou qu'une petite lampe s'alluma. Il se retourna et aperçu son compagnon qui le fixait, assit dans un fauteuil, l'air impassible en apparence mais la façon dont ses mains restaient crispées sur les accoudoirs le trahissait
-« Harold? » lança t-il, incertain
Celui-ci se leva et s'approcha lentement les yeux rivés dans les siens. Reese sentait la tension en lui. Il avait dans le regard cette lueur de désir qu'il connaissait bien et qui le rassura un peu. Finch posa les mains à plat sur sa poitrine, le planquant contre le mur
-« Provocateur » gronda t-il
John lui offrit un sourire suggestif
-« Le spectacle vous a plu Finch ? » demanda t-il en posant les mains sur les hanches de son partenaire. Il voulut l'embrasser mais l'informaticien se déroba
-« Vous l'avez fait exprès » accusa t-il
-« Peut être ? » chuchota John « Mais vous aimez que… » Il ne termina pas sa phrase, réduit au silence par un baiser fiévreux, impatient. Par delà le baiser Reese pouvait sentir le désir et la frustration qu'il avait fait naitre chez son partenaire, puissants, exigeants, mais cela ne lui déplaisait pas, il aimait lui faire perdre la tête, le provoquer jusqu'à ce qu'il libère l'aventurier en lui.
Finch se pressait avidement contre lui tout en l'embrassant, après quelques instants il s'écarta légèrement pour tirer brutalement sur les pans de la chemise. Les boutons cédèrent, s'éparpillant sur le parquet avec un petit bruit sec. Il repoussa le tissu et s'attaqua au maillot avec les mêmes gestes nerveux. Reese l'aida en se débarrassant des vêtements devenus gênants. Il sentit aussitôt les lèvres de son partenaire parcourir son torse
-« Harold » soupira t-il, fermant les yeux pour profiter de la sensation. Il chercha à écarter son partenaire pour le déshabiller mais l'informaticien le repoussa à nouveau avec fermeté, l'embrassant dans le cou, il mordilla légèrement la peau tendre le faisant frémir interminablement. Il était partagé entre le plaisir que lui procurait ses baisers, ses caresses toujours plus pressantes et la frustration de ne pouvoir lui retirer ses vêtements, de le sentir peau contre peau, de le toucher à son tour, mais Finch repoussait toutes ses tentatives et le gardait sous contrôle. Il sentit qu'il saisissait la boucle de sa ceinture puis dégrafait son pantalon d'un geste vif. L'instant suivant il le faisait glisser et agrippait ses fesses pour mieux l'attirer contre lui
-« Harold » haleta John lorsqu'il sentit l'une de ses mains entamer des caresses plus précises. Rejetant la tête en arrière il laissa échapper un petit cri de plaisir qui sembla encourager son partenaire. « Harold… laisse moi… » bredouilla t-il en tentant de l'entrainer vers le canapé mais Finch résista
-« Ne bougez pas M Reese. Il faut assumer vos actes » affirma t-il d'une voix impérieuse
-« Finch… » Protesta l'ex agent. L'informaticien se colla contre lui
-« Si tu bouges j'arrête tout » chuchota t-il à son oreille
-« Non n'arrête pas… » Plaida John étourdi, le souffle court. Il sentait le plaisir l'envahir, le submerger petit à petit entre les mains expertes de son compagnon qui semblait apprécier de se jouer de lui, changeant le rythme de ses caresses pour mieux le tourmenter, lui faisant perdre pied avec la réalité pour se venger de ses provocations, c'était comme une lutte mais cette fois cela ne le dérangeait pas d'être vaincu…
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Reese s'étira paresseusement laissant échapper un soupir de contentement puis il se redressa pour se tourner vers son compagnon allongé à ses côtés. Se penchant vers lui il entreprit de poser quelques baisers au hasard sur son visage
-«Ca va... Harold?»
-«Très bien » murmura celui ci posant une main contre sa joue pour le stopper. John lui adressa un sourire joyeux, les yeux pétillants de malice
-«Je crois que je vais danser plus souvent » affirma t-il
-«Hum. N'abusez pas M Reese »
-«C'est trop tentant » contra l'ex agent en nichant son visage dans son cou. Finch soupira
-«Ce que vous me faite faire... » Marmonna t-il. Alerté par son ton, John releva aussitôt la tête
-«Vous ne faites que vous exprimer Finch! »
-«Je n'ai jamais été aussi... »
-«Entreprenant? » suggéra Reese «Inventif? Expressif?» continua t-il, taquin
-«Un peu de tout cela »
-«Moi j'adore que vous deveniez aussi explicite! »
-«Je sais. Mais je ne suis pas sur...»
-«Vous ne devez pas craindre d'être vous même Harold. Pas avec moi »
-« Ca aussi je le sais John. Mais je ne me suis jamais conduit ainsi »
-«Alors c'est moi qui vous donne de mauvaises idées?» demanda Reese d'un ton amusé qui masquait mal une légère inquiétude
-«Je n'ai pas dit que c'était mauvais. Vous me rendez... différent »
-«Et c'est mal? »
-«Non ce n'est pas mal » affirma l'informaticien pour le rassurer «Je m'interrogeais »
-«Et?» insista Reese
-« Et j'en déduis que j'aime ce que je suis avec vous » déclara Finch en rougissant
-«Même si ça vous fait rougir?» demanda John en lui caressant la joue
-«Vous êtes un mauvais sujet! »
-«Ah ça je sais d'où ça vient! » se moqua l'ex agent
-«Disons alors que cela confirme le bon sens de votre complice »
-«Elle serait ravie de l'entendre! »
-«Mais elle ne le saura pas » gronda Finch
-«Un peu? »
-«John! »
-«De toute façon elle le sait déjà!» chuchota celui ci à son oreille. Il lui donna quelques baisers et l'attira contre lui. Finch se cala contre son épaule avec un soupir satisfait et laissa le sommeil l'envahir, renonçant à ses réflexions. Il n'aurait même pas du s'interroger. John avait raison de toute façon, il avait le droit d'être lui même. Peu importe si cela signifiait laissez voir les côtés les plus sombres de sa personnalité, avec lui il ne risquait rien...
John mit un peu plus de temps à s'endormir. Il repensait aux paroles de son partenaire «Vous me rendez... différent » Il lui avait dit aimer cela mais était ce vrai? Ne souffrait-il pas qu'il le change? Mais ce n'était peut être pas un changement. Peut être qu'il lui révélait sa vraie nature? Comment était-il avant? Avant... Ce fameux autrefois inaccessible qu'il lui dévoilait si rarement par petites touches. Il remua une énième fois. Comment savoir ce qu'il pensait réellement? Il était si secret, beaucoup moins pourtant que lorsqu'ils s'étaient connus mais pour autant il ne le comprenait pas toujours. Il lui avait semblé contrarié mais il s'était très vite détendu. Cela lui rappelait les tâtonnements du début de leur relation, c'était loin pourtant... S'il lui en reparlait au matin comment réagirait-il? Il avait besoin de savoir ce qu'il pensait vraiment...
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Finch s'éveilla avec la délicieuse odeur des pancakes confectionnés par son compagnon. Il l'entendait s'affairer, parlant tout bas à son chien. Nul doute que celui ci avait déjà profité de sa préparation! Il se leva et se rendit dans le coin cuisine. John surveillait la cuisson. A ses pieds Bear se pourléchait les babines. Passant les bras autour de la taille de son partenaire il déposa un baiser sur son épaule puis posa la joue contre son dos nu. John sourit
-«Commencée de cette façon la journée va être réussie » affirma t-il
-«Elle a déjà bien commencé pour Bear »
-«Il avait faim »
-«Il n'y a plus de croquette? »
-«Oh Finch! Le matin ce n'est pas l'heure des croquettes! » L'informaticien émit un son désapprobateur. John se tourna et l'embrassa tendrement, un peu trop longuement car son assistant du le rappeler à l'ordre
-«Oups il était temps » jugea t-il contrit
-«Toujours aussi distrait! »
-«Uniquement en votre présence! » protesta John. Finch contourna le comptoir et s'assit tranquillement
-«Je laisse travailler le chef » annonça t-il. Reese ne tarda pas à déposer une tasse de thé devant lui. Il l'observa à la dérobée, hésitant. Il n'avait pas oublié ses réflexions de la nuit mais il ne savait pas comment aborder le sujet qui lui tenait à cœur
-«Quel est le programme de la journée? » Demanda t-il finalement
-«Miss Marbery n'a pas d'activités prévues ce matin elle doit encore être avec M après midi il y a l'exposition »
-«Encore du moderne?»
-«Dans cette galerie certainement » John soupira
-«Ils ne peuvent pas revenir aux classiques ?» grimaça t-il
-«C'est une question de mode » estima Finch. Il observa avec gourmandise l'assiette que son compagnon venait de poser devant lui
-«Appétissant? » interrogea celui ci qui avait remarqué son intérêt
-« Toujours! » approuva l'informaticien. Posant une main sur sa joue il l'attira pour lui donner un baiser. John pris place en face de lui et ils commencèrent à manger. Il ne savait toujours pas comment aborder le sujet qui le préoccupait lorsque Bear lui en donna l'occasion. Ils le virent passer la tête haute et l'air joyeux, tenant dans sa gueule un tissu blanc que John identifia comme étant sa chemise de la veille
-«Je crois que Bear s'est approprié ma chemise »
-«Oh! »
-«De toute façon elle ne pouvait plus être portée en l'état » remarqua John. Finch rougit
-«Je crois qu'il nous faudra prochainement nous rendre chez le couturier»
-«Il va encore faire une remarque sur ma consommation » gloussa Reese
-«Les risques du métier » marmonna l'informaticien
-«Mais pas que » contra John faisant rougir davantage son compagnon. Il tendit le bras et lui prit la main
-«Vous regrettez? » demanda t-il un peu tendu
-« Quoi donc? »
-«Certains moments... d'emportement? » Finch le fixa « Cette nuit cela semblait vous déplaire» précisa l'ex agent
-«Et cela vous perturbe? » John eut un léger hochement de tête comme pour dire «Je ne peux pas m'en empêcher »
-«John » murmura Finch, tournant sa main pour serrer la sienne « Vous vous inquiétez pour rien! Je ne faisais que m'interroger. Cette nuit je n'ai pas dit que ces changements me dérangeaient, au contraire. Je pense que vous êtes le seul avec qui je pourrais jamais être réellement moi même et j'apprécie cette chance à sa juste valeur» Il se pencha vers son compagnon «Rassuré? »
-«Oui »
-« Une preuve? » John se souleva et posa ses lèvres sur les siennes «Cessez de douter ainsi. Je vous ai promis de vous en parlez si quelque chose me perturbe » insista l'informaticien
-«Je sais et c'est aussi ce que je fais »
-«C'est la meilleure des solutions » John lui sourit et ne résista pas à l'envie de l'embrasser à nouveau. Ils terminèrent leur petit déjeuner dans une ambiance plus sereine puis se préparèrent avant de partir chacun de leur côté. Reese repris la filature et Finch retrouva ses écrans.
Tout en suivant l'évolution de l'enquête l'informaticien réfléchissait à leur discussion du matin et la même question lui revint : pourquoi John était-il si incertain? Cela faisait un petit moment maintenant qu'il nourrissait ces doutes. Ils s'en étaient expliqués à plusieurs reprises et il pensait avoir résolu le problème. C'était étrange, presqu'inquiétant que cela persiste. Il se demanda comment résoudre cela une bonne fois pour toute. A moins que John n'ait besoin d'autre chose? Finch chassa cette pensée dérangeante. S'il souhaitait une autre vie il le lui dirait forcement. Non il lui fallait trouver la faille et la combler. Continuer à lui montrer son amour et le lui prouver au quotidien comme il le faisait pour lui. Il se remémora les paroles de Gladys qui l'avaient interpellées. L'histoire de cet homme à la spontanéité totalement annihilée par sa compagne. Il n'avait pas pu s'empêcher d'établir un parallèle. Sauf que lui n'agissait pas volontairement mais par habitude et qu'il faisait de son mieux pour changer cela. Il songea que leur anniversaire approchait. Il pourrait trouver quelque chose de spécial pour cette journée? Une preuve d'amour qui conforterait son compagnon?
Ses pensées furent interrompues par le téléphone
-«Oui M Reese? »
-«Nous quittons l'aéroport Finch. Agnès a accompagné son petit copain. La séparation avait l'air difficile »
-«D'après les informations que j'ai rassemblées sur lui il est attendu à Boston pour l'inauguration d'une nouvelle succursale. Il est obligé de se soumettre à ce genre d'obligation sans cela son père lui coupera les vivres »
-«Il n'avait pas un emploi avant? »
-«Officiellement il occupe un poste de responsable de marketing dans l'entreprise familiale mais en réalité, mis à part assister à quelques événements à la place de son père il ne fait absolument rien. En revanche il dépense beaucoup. Le salaire de son pseudo emploi est souvent insuffisant. Sa mère paye ses dettes lorsqu'elles deviennent trop voyantes »
-«Et c'est un type de ce genre que fréquente la très terre à terre Agnès? »
-«Il est certe assez impécunieux mais il n'en porte pas moins un grand nom de l'industrie de ce pays et il héritera d'une fortune conséquente surtout qu'il est fils unique »
-«Elle ne fera pas long feu s'il continu à ce rythme »
-«C'est à craindre »
-«Agnès pense peut être qu'elle aurait alors un rôle à jouer? »
-« Ce serait très présomptueux. Une société comme celle là ne se dirige pas comme une petite agence matrimoniale »
-« Elle est ambitieuse Finch. Si elle sait s'entourer elle pourrait même évincer l'héritier »
-« Avant tout il lui faudrait réussir à se faire épouser sans cela elle n'aura aucun pourvoir légitime. Et de ce côté cela semble compromis Miss Spaden veille jalousement sur son fils et les intérêts de la famille. Elle a une certaine réputation »
-« En tout cas le départ de Peter éloigne une piste pour le cas où l'un d'eux aurait pu être une menace pour l'autre »
-«En effet. Et nous manquons vraiment d'indice »
-«Je déteste quand votre machine nous prévient trop longtemps à l'avance! »
-«Hum. Ne disiez vous pas la semaine dernière que vous n'aimiez pas qu'elle nous fasse intervenir à la dernière minute M Reese ? »
-« Cela prouve qu'il faut un juste milieu. Vous avez dû manquer une ligne dans sa programmation Finch! »
-«Oh!» s'offusqua celui ci. L'ex agent eut un petit rire
-«Je regrette de manquer votre petit air vexé! Je l'aime bien celui là »
-« Et bien moi je pourrais admirer votre petit air mécontent lorsque vous enfilerez votre costume de gala pour l'exposition »
-«Ca c'est une basse vengeance Harold! »
-«Comme vous dites d'habitude : égalité! »
-«Vous ne perdez rien pour attendre »
-«Et bien nous verra cela ce soir » suggéra Finch
-«Je n'oublierais pas ! » approuva Reese
Ils échangèrent encore quelques informations puis l'ex agent raccrocha pour reprendre sa mission. Finch se leva pour aller se préparer une tasse de thé
-«L'après midi risque d'être agitée » annonça t-il à Bear qui le suivait comme son ombre. A cet instant il ignorait le côté prophétique de ses paroles...
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John observait les œuvres d'un œil distrait, s'efforçant toutefois de ne pas laisser paraitre son indifférence. L'art moderne n'aurait décidément jamais sa faveur. Finch lui avait apporté quelques éclaircissements via l'oreillette pour qu'il puisse soutenir la conversation mais il se taisait depuis un moment ayant deviné le désintérêt de son agent. Si encore il avait été avec lui…
Et la compagnie ne l'aidait pas. En arrivant Agnès lui avait imposé la présence d'une nouvelle candidate qu'il avait tout de suite jugée antipathique. Et en effet au bout d'une heure seulement il considérait que Marcy était de loin la femme la plus désagréable qu'il ait dû supporter depuis le début de la mission. Sous l'allure aimable qu'elle affichait il la sentait froide, hautaine, sans la moindre empathie. Son caractère accordé à son apparence de beauté froide, vaguement inaccessible. Pourtant sa silhouette fine et racée lui attirait de nombreux regards masculins. John l'avait tout de suite trouvé glaçante et il la supportait avec stoïcisme. Il la vit revenir des vestiaires et lui rendit le verre qu'elle lui avait confié quelques instants.
-« Merci » dit la jeune femme « Vous ne semblez pas dans votre élément M Rooney. L'exposition ne vous plait pas ? »
-« L'art moderne n'a pas ma préférence »
-« Ou c'est ma compagnie peut être ? »
-« Elle n'est pas en cause » répondit John poliment. La jeune femme pinça les lèvres et fit mine de s'intéresser aux tableaux. Elle sentait bien que son compagnon du jour n'avait à son égard qu'un intérêt de façade, seul sa bonne éducation devait le retenir d'abréger le rendez vous. Pourtant d'ordinaire elle récoltait un certain succès auprès des candidats, voir plus. Cette indifférence évidente la vexait au plus haut point. Elle n'avait pu se retenir de s'en plaindre auprès d'Agnès lorsqu'elle l'avait croisé
*** Flash back ***
-« Tout va bien Marcy ? »
-« Pas vraiment non. Ce type que tu m'as attribué : il est polaire ! »
-« Oh ça Gladys s'est heurtée à un mur »
-« Il est évident que moi non plus je ne l'intéresse pas » grinça la jeune femme
-« J'ai du mal à cerner cet homme »
-« Et sa bio ? »
-« Il est clean. Même trop »
-« Il doit bien avoir une faille ? »
-« J'avais envoyé Alix pour le tester »
-« Alix est une petite dinde » renifla Marcy, méprisante
-« Oui mais justement, c'est le genre qui les rend bavard. Phyllis a échoué également »
-« Elle a du être frustrée » ricana Marcy
-« J'avais espoir que tu correspondes mieux » poursuivit Agnès sans relever
-« C'est raté »
Agnès survolait la salle du regard
-« Je vais essayer de lui présenter Tania. Il préfère peut être les brunes ? »
-« Tu peux toujours tenter. Mais Tania »
-« Quoi ? » demanda la directrice cassante
-« Rien » répondit aussitôt Marcy « Après tout ce type cherche peut être réellement à fonder un foyer ? »
-« Il a une faille » affirma Agnès « Ils en ont toute une et je trouverais la sienne ! »
Marcy était retourné jouer son rôle encore moins enthousiaste. C'était une perte de temps et elle aurait préféré s'occuper d'une proie plus facile.
*** Fin du flash back ***
La jeune femme se détourna vers l'entrée de la salle et vit Agnès approcher avec Tania. Celle-ci n'était que depuis quelques mois dans l'équipe et Marcy soupçonnait qu'elle n'y resterait pas longtemps. Tout à fait le genre à épouser le premier qui lui proposerait l'anneau pourvu qu'il ait le portefeuille adéquat. Pour le moment avec son air d'ingénue, ses longs cheveux ondulant gracieusement autour de son visage et sa robe noire et blanche plutôt sage elle ressemblait à une provinciale fraichement débarquée et Marcy retint de justesse une moue dégoutée. Parvenue près d'eux, Agnès interpella John d'un ton amène
-« M Rooney laissez moi vous présenter une amie. Je pense qu'elle devrait vous plaire » affirma t-elle. Reese se retourna, prêt à tenir son rôle. Le choc le paralysa un instant. Son sourire se figea et il écarquilla les yeux devant ce reflet du passé
-« Jess » murmura t-il dans un souffle
