Chalut à toutes !

Oui une revenante… Je n'abandonne jamais une fic

Merci aux fidèles lectrices pour leur patience

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Bonne lecture !

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Finch s'éveilla en sursaut d'un mauvais sommeil. Il lui fallut quelques instants pour se rappeler où il se trouvait, perturbé par ce décor si peu familier. Il se rendit compte qu'il serrait quelque chose dans ses bras et réalisa avec étonnement que c'était l'une des peluches de Lee. Elle avait du glisser de l'étagère surplombant la tête de lit. Il contempla un instant le petit âne gris dont la queue était retenue par un petit nœud rose puis se redressa et le reposa délicatement à sa place. Se tournant il consultât le réveil : il était à peine 5H. Il se réinstalla sur le dos et soupira. Il avait à peine dormi et se sentait épuisé. Il laissa son regard dériver sur le plafond puis sur les silhouettes des meubles qu'il devinait plus qu'il ne les voyait dans la pénombre. La forme d'un poster accroché sur le mur en face. Une équipe de Hockey se souvint-il. La chambre d'un pré adolescent avec encore quelques petites touches d'enfance. Des livres et des magazines disséminés un peu partout, un sac de sport préparé à l'entrée, un blouson abandonné sur la chaise de bureau qui avait fini par tomber au sol et dont Finch s'était dit qu'à en juger par le nombre de poils accrochés dessus il avait du servir de coussin à un certain matou, celui là même dont la canne à pêche, terminée par une fausse souris, était restée posée sur le lit. Il resta allongé quelques minutes puis ressenti le besoin d'aller respirer un peu d'air sur la terrasse, il devait y faire frais à cette heure matinale. Il se leva sans bruit et enfila la trop vaste robe de chambre que lui avait prêtée son hôte. La veille ils avaient fouillé les armoires pour lui trouver des vêtements de nuit et il était donc vêtu d'une chemise de l'inspecteur devenue trop juste pour son propriétaire et d'un pantalon de pyjama de Lee acheté deux tailles trop grand et conservé pour plus tard. L'ensemble était assez éloigné de son style vestimentaire habituel mais pour une nuit il pouvait s'en contenter. Veillant à rester le plus silencieux possible, il se glissa hors de la chambre et traversa le salon. Lee semblait profondément endormi. Isatis, couché sur le dossier du canapé, ouvrit un œil à son passage, s'étira légèrement, puis reprit son sommeil un instant interrompu, jugeant sans doute qu'il n'y avait là rien d'urgent. Seul Bear réagit à la présence de son maître et fit mine de se lever mais Finch lui signifia de ne pas bouger et il se réinstalla au pied du fauteuil. L'informaticien se glissa sur la terrasse et s'assit dans la balancelle. Il observa la ville déjà éveillée en contrebas. Les multiples enseignes lumineuses piquetaient l'espace de points de repère pour promeneurs égarés, comme de modernes étoiles du berger. Le ciel se teintait de diverses couleurs à l'endroit où le soleil faisait son apparition. Les plantes autour de lui formaient un ilot de verdure et il avait l'impression de se trouver dans un minuscule oasis de tranquillité perdu au cœur de l'agitation de la grande cité. Il se laissa bercer par le balancement léger de son siège et la petite brise qui le rafraichissait. Même ses pensées lui semblèrent soudain plus légères et il ferma les yeux pour mieux profiter de cet instant de détente.

Il était là depuis un petit moment lorsqu'il perçu le glissement de la porte fenêtre. Il rouvrit les yeux. Bear vint se coucher à ses pieds après lui avoir donné un petit coup de museau dans la cuisse. Fusco apparut à la suite

-« Bonjour Finch » chuchota t-il « Déjà debout ? »

-« Bonjour inspecteur. Je n'avais plus sommeil » répondit celui-ci adoptant le même ton que son hôte. Fusco saisit un coussin et le cala dans le dos de l'informaticien « Merci » murmura celui-ci, étonné. Puis Lionel s'assit à côté de lui avec un autre coussin

-« C'était pas l'installation ? »

-« Non, ne vous inquiétez pas, votre hospitalité n'est pas en cause » affirma l'informaticien avec un mince sourire

-« Je préfère cela » jugea Lionel rassuré « A cette heure c'est tranquille. Et on respire un peu ici »

-« En effet. La chaleur de ces dernières jours est assez éprouvante » approuva Finch. Les deux hommes laissèrent leurs regards dériver sur la ville puis Fusco demanda timidement :

-« Il ne vous a pas appelé ? »

-« Nous avons échangés quelques messages » répondit Finch d'un ton neutre

-« Il se conduit comme un idiot » marmonna Lionel

-« C'est un peu de ma faute inspecteur »

-« Vous lui cherchez toujours des excuses Finch »

-« Non. Lors de notre dernière conversation un peu… personnelle, je me suis montré quelque peu… agressif »

-« John a un don pour pousser les gens à bout » ricana Lionel « Enfin vous, c'est quand même un exploit ». Finch ne put s'empêcher d'esquisser un sourire « Mais j'affirme que vous avez eu raison, John a besoin d'être recadré ! »

-« Il ne s'agissait pas vraiment de cela. Je voulais qu'il me dise ce qu'il attend de moi » corrigea Finch

-« Et ? Il vous a répondu ?»

-« Il… Nous avons été interrompu » avoua l'informaticien

-« Je vois » grogna son vis-à-vis « Je persiste à dire que vous devriez vous montrer plus ferme Finch, vous le laissez trop faire et il fait des conneries quand vous ne veillez pas ! »

-« Peut être mais… »

-« Surement ! » l'interrompit Lionel « Finch c'est votre compagnon et vous laissez cette… cette pouf, envahir votre espace ! »

-« Inspecteur ! » protesta Finch en fronçant les sourcils

-« Vous n'êtes pas un peu jaloux ? » continua celui-ci, lancé

-« Bien sur que si » murmura l'informaticien

-« Si j'étais à votre place je ne me laisserais pas faire ! »

-« Et que feriez vous ? » demanda Finch curieux

-« Et bien si un type se rapprochait trop de Meg je lui ferais comprendre que la place est prise et s'il ne veut pas comprendre je lui collerais mon poing dans la figure. Enfin ça évidemment vous ne pouvez pas vous. Mais vous pouvez vous manifester »

-« Je vous rappelle que cela fait partie de la couverture de John… »

-« Mauvais prétexte ! » contra Fusco « Vous pourriez agir subtilement comme vous savez faire. Vous pourriez vider son compte ou pirater le code d'entrée de son appart ? »

-« Oh Inspecteur ! »

-« Ce serait de bonne guère » marmonna celui-ci « Moi je me priverais pas »

-« Ne serait ce pas un peu… immature ? »

-« En tout cas ça défoule ! Il faut que vous réagissiez » insista Lionel d'un ton sérieux « D'ailleurs je suis sur que c'est ce que John attend ! »

Finch releva vivement la tête et se tourna vers son hôte

-« Comment le savez-vous ? »

-« Parce qu'il me l'a dit. Enfin à sa façon » affirma Fusco « Il pense que son attitude vous laisse indifférent et c'est compréhensible puisque vous le laissez faire ce qu'il veut sans intervenir. Vous ne lui dites rien et j'ai bien sentit que ça le perturbe que vous ne lui fassiez aucun reproche ! »

-« Mais inspecteur ! Je n'ai jamais été indifférent ! J'ai essayé de lui parler… »

-« John préfère l'action vous le savez bien »

-« Je sais mais je pensais que dans ce cas précis une bonne discussion était préférable »

-« Ca n'a pas l'air de donner grand-chose votre méthode » constata Fusco

-« Le dialogue est toujours un peu… compliqué entre nous » jugea Finch

-« Mais au moins avez-vous essayé de protester contre son attitude ? De lui signaler qu'il est déjà engagé avec vous ? » L'informaticien soupira

-« Vous savez quel était mon point de vue ? » demanda t-il

-« Votre théorie du "il sera mieux sans moi ?" » Finch hocha la tête « Vous savez ce que j'en pense ? » Marmonna Fusco

-« Oui. Et j'ai réfléchis et je sais que vous aviez raison » concéda l'informaticien

-« Ah y'a du mieux » approuva aussitôt Lionel « Mais alors pourquoi ne pas riposter ? Pour la mission ? Vous pourriez l'oublier un peu pour une fois !»

-« Pas seulement. C'est… Ce n'est pas vraiment ma façon d'agir » avoua Finch perturbé

-« Alors changez » répliqua Fusco, pratique « Vous le faite très bien » Il posa la main sur le bras de son vis-à-vis « Je crois que John a avant tout besoin d'être rassuré sur votre situation et ça il n'y a que vous qui pourrez lui offrir »

-« En étant plus ferme ? »

-« Ouais ! »

Finch garda le silence quelques minutes comme perdu dans ses pensés. Fusco préféra attendre qu'il réfléchisse et reprenne la parole de lui-même

-« Cela fait déjà plusieurs mois que cela dure » dit-il enfin

-« Quoi donc ? » interrogea Lionel, étonné

-« Cette incertitude chez John » précisa l'informaticien « Je crois que notre séparation l'an dernier en a été l'élément déclencheur »

-« C'est de l'histoire ancienne ! » protesta Fusco

-« Oui mais cela a réveillé des souvenirs chez lui. Dernièrement nous avions eu une discussion à ce sujet qui aurait du m'alerter davantage. Il trouvait que sa vie était trop stable et je crois que cela lui faisait peur »

-« Peur ? Mais pourquoi ? C'est plutôt une bonne chose ? »

-« Certes, mais je suppose que lorsque comme John, on a jamais connu cette stabilité affective, c'est une situation un peu perturbante. C'est à la fois très agréable et en même temps stressant parce qu'une fois qu'on a découvert ce bonheur là on découvre aussi la crainte de le perdre. C'est quelque chose que la vie n'avait jamais accordé à John. Il faut qu'il s'habitue à l'idée que cela peut exister pour lui aussi »

Lionel réfléchit à ces éléments nouveaux qui lui faisaient reconsidérer les choses

-« Une fois il m'a parlé de son père » murmura t-il « Je crois qu'il est mort quand John était tout jeune ? »

-« En sauvant d'autres vies » compléta Finch

-« C'est de famille » marmonna Fusco « Mais quand il m'en a parlé j'ai bien compris qu'il aurait préféré un père un peu moins héroïque et un peu plus vivant »

-« Je sais qu'il en a souffert » approuva l'informaticien « Même s'il ne m'en a parlé qu'une seule fois. J'ai lu entre les lignes. Et j'avais constitué un dossier sur lui lorsque je cherchais un agent »

-« Et sa mère ? » interrogea l'inspecteur

-« Elle est morte dans un accident peu de temps après son époux. Accident qui l'a également privé de sa jeune sœur. Presque toute une famille anéantie en quelques mois »

-« Et un gamin qui reste seul » compléta Fusco « Je veux pas critiquer mais les foyers on sait ce que ça vaut pour les orphelins, c'est rarement là qu'on trouve de l'affection »

-« En tout cas John n'en a pas trouvé » confirma Finch « Il s'est réfugié dans le sport. Jusqu'à ce qu'une blessure vienne briser ses rêves »

-« Et éloigner l'entourage ? C'est connu ! »

-« Ensuite il y a eu l'armée. Je suppose que l'on peut parfois s'y faire des amis mais je n'ai rien lu dans le dossier de John qui l'indique. Puis ce fut la CIA »

-« Là c'est sur qu'il était seul, on a pas d'ami dans ce genre d'organisation ! » affirma l'inspecteur

-« Et entre temps il y avait eu la parenthèse Jessica. Il avait quitté l'armée pour elle. Je crois qu'elle a représenté sa première véritable perspective d'avenir. Je suppose qu'aujourd'hui ces circonstances favorisent l'illusion »

-« Admettons, ils n'étaient quand même plus ensemble » s'entêta Fusco

-« Qui sait ce qui serait advenu s'il n'y avait pas eu les attentats ?» jugea l'informaticien

-« Et si John avait été un peu moins patriote Finch. Tout les ex soldat n'ont pas forcement rempilés ! »

-« C'est vrai » concéda ce dernier

-« N'empêche. Même s'il était de nouveau soldat, il aurait pu rester avec cette fille s'il l'avait vraiment voulu. Etre soldat ne condamne pas au célibat ! »

-« Mais il ne voulait pas lui imposer cette vie inspecteur. Et le risque qu'un jour elle finisse veuve comme sa mère. Pour l'avoir subit je pense que John n'aurait pas voulu laisser une famille derrière lui s'il lui était arrivé malheur »

-« C'est le risque Finch. On en revient au même constat : il aurait du être moins patriote ! » Constata Lionel « Et je persiste à dire que si cette fille l'aimait vraiment elle lui aurait tenu tête et elle l'aurait attendu » grogna t-il

-« John ne le voulait pas »

-« Vous obéissez chaque fois qu'il vous dit non ? »

-« C'est différent inspecteur »

-« Pas tant que ça » persista Fusco qui tenait à son raisonnement « En tout cas c'est sur qu'avec un passé comme ça c'est pas évident de se créer des attaches et d'y croire sur la durée » Il se tourna vers son vis-à-vis « Il ne vous reste plus qu'à lui prouver que c'est possible ! » Finch le fixa, incertain. « Vous y croyez vous Finch. Vous avez eu une famille et vous avez votre neveu. Enfin presque » corrigea t-il

-« Je reconnais que j'ai eu plus de chance que John » murmura Finch « J'ai perdu ma mère et son absence était parfois difficile à supporter mais j'avais mon père. Même lorsqu'il était malade, même s'il n'était plus tout à fait conscient, il était là, il m'aimait et je n'ai pas grandi seul. Puis j'ai eu Nathan et je sais qu'il serait resté mon ami s'il n'était pas mort. Et effectivement j'ai Will. J'ai aussi eu la chance de partager la vie de Grace bien plus longtemps que John n'a pu profiter de Jessica. Alors oui je crois que les histoires peuvent durer, même celles qui paraissent improbables. Et je sais surtout qu'il faut en profiter »

-« Alors ? Vous allez réagir maintenant ? » Interrogea Fusco. Finch ne répondit pas tout de suite, songeur, puis il eut un petit sourire triste

-« Savez vous qu'il y a une certaine ironie dans cette situation inspecteur ? »

-« Pourquoi ça ? »

-« Je repense à une conversation que j'ai eu il y quelques semaines avec Sven »

-« Sven ? » s'étonna Lionel « Ah oui ! Le petit gars du cabaret ? »

-« Oui. M Wells et lui étaient plus ou moins séparés. Et j'ai tenté de le convaincre de se montrer plus ferme envers son compagnon, de s'imposer pour que leur histoire puisse enfin s'épanouir »

-« Il y a des similitudes »

-« Je me rends compte combien il est facile de donner des conseils et combien il est ardu de les appliquer »

-« Allons Finch ! Vous êtes capable de vous débrouiller ! Vous avez affronté bien pire que cette pouf »

-« Inspecteur, ce terme… »

-« Est plutôt gentil » le coupa Fusco « Celui auquel je pense vous choquerez bien plus » Finch lui adressa un regard interloqué

-« Hum. Ne changez rien alors » jugea t-il « Mais dites moi inspecteur, ne m'aviez vous pas promis de ne pas parler à John ? »

-« Heu… si » répondit Lionel soudain mal à l'aise

-« Mais si vous avez recueilli ses paroles c'est donc que vous l'avez fait ? »

-« En fait je l'ai croisé… »

-« Par hasard ? »

-« Et bien… pas exactement c'est vrai… mais… »

-« Mais ? » insista Finch qui ne le quittait pas du regard. Fusco soupira

-« Bon j'avoue. Je suis allé à la conférence, je voulais juste jeter un œil sur lui. Et je n'ai rien dit c'est lui qui a abordé le sujet ! » L'informaticien l'observait, perplexe

-« En êtes-vous bien sur ? » Lionel pinça les lèvres

-« Il a cru que c'était vous qui m'aviez envoyé »

-« Oh ! »

-« J'ai démenti ! Vous n'avez pas besoin de moi pour régler vos problèmes » Finch soupira à son tour

-« D'où cette suggestion que je pouvais me faire aider que je n'avais pas comprise »

-« Je suis désolé Finch. Vous êtes fâché ? »

-« Non inspecteur » l'informaticien haussa les épaules « Ce serait injuste de ma part car il n'est pas tout à fait exact de dire que nous pouvons nous débrouiller sans vous. C'est vrai que nous le ferions mais vos interventions ont toujours le mérite de nous ouvrir les yeux et de nous faire avancer » Finch posa la main sur son bras « Je vous suis reconnaissant » avoua t-il

-« Pas de quoi » marmonna Fusco, gêné « Je vais aller préparer le petit déjeuner, j'ai une longue journée qui m'attend »

-« N'auriez vous pas du être de repos ? »

-« Oui mais j'ai à faire. Je dois aller au ranch suivre ma piste. Et inutile d'essayer de me faire changer d'avis parce que cette fois je suis sur que je vais résoudre l'enquête avant superman ! » Affirma Fusco d'un air exagérément réjouit

-« Très bien » concéda Finch pas dupe

-« Je vous laisse la salle de bains » affirma l'inspecteur en se levant

-« Nous allons réveiller Lee »

-« Ne vous en faite pas, il a entrainement de toute façon » Finch retourna à l'intérieur et s'enferma dans la salle de bains. Fusco resta un instant sur la terrasse à réfléchir puis rentra et se dirigea vers le canapé

-« Lee tu viens m'aider à préparer le petit déj ? » demanda t-il

-« Hum » grogna le garçon. Lionel s'accroupit près du fauteuil pour être face à son fils

-« Fait pas semblant gamin, je sais que tu es réveillé. Va falloir que je t'enseigne certaines techniques si tu veux continuer à écouter les conversations en douce sans te faire repérer » Lee se redressa vivement

-« Tu savais que j'étais là ? » s'alarma t-il

-« Ouais. Je t'ai détecté très vite. Mais je ne voulais pas perdre le contact avec Finch alors je ne pouvais pas l'interrompre »

-« Et Harold ? »

-« Je ne sais pas. Mais je ne crois pas qu'il t'ai repéré il n'en aurait pas dit autant » Le gamin soupira « Tu as raison de soupirer Lee. Harold est gentil avec toi mais il le serait surement beaucoup moins s'il savait que tu as écouté ses secrets » constata Fusco

-« Je sais papa, je m'en doute. Mais je te jure que je ne répéterais jamais rien ! »

-« Je te fais confiance parce que tu risques gros sur ce coup » insista Lionel

-« Qu'est ce que tu crois que Harold ferait ? » s'inquiéta son fils

-« Rien. Mais tu perdrais son amitié. Sa confiance. Et tu ne pourrais surement plus jamais la retrouver »

-« Ah non papa ! »

-« Alors tu sais ce qu'il te reste à faire ? »

-« Je n'ai rien entendu » affirma Lee, sérieux

-« Allez viens m'aider » lança Fusco en se redressant. Il songea qu'il avait un peu trop forcé le trait, Finch aimait beaucoup Lee et il aurait sans doute modéré sa sévérité pour lui mais il préférait que Lee ne le sache pas et qu'il se croit menacé, cela l'aiderait à tenir sa langue !

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Au sortir de la salle de bains, Finch trouva Lee attablé devant un bol de céréales, Bear à ses pieds et Isatis sur la chaise voisine. Fusco revenait de la cuisine avec le café.

-« Bonjour Harold ! » lança le gamin en se levant pour venir lui plaquer un baiser sur la joue « Vous avez bien dormi ? »

-« Bonjour Lee. Oui merci et toi ? »

-« J'avais de la compagnie au top ! »

-« Votre thé Finch »annonça Lionel « Il y a de la brioche et de la confiture » précisa t-il en posant la tasse

-« Ce sera très bien »répondit celui ci

-« S'il faut vous préparer autre chose ? »

-« Non la brioche c'est parfait »

-« Y'a plusieurs confitures » remarqua Lee « Fraise, abricot…Ah il n'y a plus de framboise. Papa faudra y penser c'est la préférée de Meg »

-« Je le noterais sur l'ardoise »

-« Bear apprécie nature » remarqua le garçon. Finch se retint de lever les yeux au ciel. Le chat descendit gracieusement de sa chaise et se dirigea vers la cuisine pour retrouver son bol de croquettes. La conversation s'installa entre les deux adultes

-« Quelque chose ne va pas ?» demanda Finch après un moment, trouvant Lee étrangement silencieux

-« Si. Mais je suis un peu stressé à cause de l'entrainement » répondit celui-ci

-« Vraiment ? Pourtant ce n'est pas aussi important qu'un match ? »

-« Presque ! Notre nouveau coach est sévère. Si on est pas bon à l'entrainement il nous écarte de l'équipe pour le prochain match »

-« Oh je suis sur que tu ne crains rien » le conforta Finch. Le gamin lui adressa un sourire timide

-« C'est peut être stressant mais en tout cas c'est efficace comme méthode » commenta Lionel « L'équipe a de biens meilleurs résultats »

-« Je suppose qu'ainsi les joueurs s'impliquent davantage ? »

-« Ouais. Avec cette sélection il a viré tout les tire au flanc qui zappaient l'entrainement, sur d'être retenu quand même à cause de leurs aptitudes ou de leurs parents »

-« De leurs parents ? »

-« Il y a quelques… "Passe droit" pour certains élèves »

-« Je vois » jugea Finch en pinçant les lèvres

-« N'empêche ! Même ceux qui sont les plus riches n'ont pas toujours les livres qu'il faut, moi si ! » Triompha Lee avec un sourire entendu

-« Ravi que ma bibliothèque te soit si utile » s'amusa l'informaticien. La sonnerie de son portable les interrompit, il se saisit aussitôt de l'appareil. Il garda un visage neutre en constatant qu'il s'agissait simplement d'un rappel qu'il avait programmé pour lui signaler tous messages reçu sur l'un de leurs téléphones. Il le consultât et Fusco remarqua son expression contrariée.

-« Un problème Finch ? »

-« Rien de grave » affirma celui-ci « Un oubli » précisa t-il. Lionel lui adressa un regard suspicieux « J'avais prévu de rappeler Madame Phong » se décida t-il à expliquer « Nous avions prévu de nous rencontrer samedi, c'est-à-dire aujourd'hui, mais j'ai totalement oublié de l'appeler pour lui communiquer un lieu de rendez vous »

-« Madame Phong du pressing ? »

-« Oui. Je cherche une nouvelle femme de ménage et John a pensé à en parler à Monsieur Phong qui connait beaucoup de monde. Et sa nièce s'est proposée »

-« Pas de problème je peux vous déposer à l'appartement en partant ? Ou même vous pouvez la recevoir ici ? »

-« Merci inspecteur mais je ne voudrais pas abuser et puis je ne sais pas trop si je vais donner suite. J'aurais préféré… » Il hésita « J'aurais préféré que John soit là pour l'entretien »

-« Une nièce de Phong c'est forcement sérieux. Vous ne devriez pas avoir de souci à ce sujet »

-« Je le pense aussi. Mais c'est une jeune fille. Elle est diplômée comme vendeuse alors je crains qu'il ne s'agisse pas d'un engagement sur le long terme et je ne veux pas avoir à changer trop souvent »

-« Ouais je comprends. Mais peut être qu'elle restera vraiment ? » Finch fit la moue

-« Je ne dénigre pas le métier de femme de ménage inspecteur mais être vendeuse me semble un peu plus… gratifiant ? »

-« La bonne femme que j'ai interrogé hier était contente d'être concierge et je parie qu'elle n'aurait pas voulu changer. En fait il faut voir si elle est motivée »

-« Je vais rappeler Madame Phong pour m'excuser et lui demander de fixer le rendez vous la semaine prochaine. Je pense que d'ici là la situation sera… plus claire »affirma Finch avec un coup d'œil prudent vers Lee mais celui-ci, occupé à donner un bout de brioche à Bear, ne semblait pas intéressé par la conversation

-« Ouais surement » marmonna Fusco. Finch quitta la table et alla s'isoler sur la terrasse pour téléphoner. Lee le suivit des yeux puis échangea un regard avec son père et enfin se leva en annonçant :

-« Je vais m'habiller papa, faudrait pas qu'on soit en retard »

-« Ok » approuva l'inspecteur

Bear avait rejoint son maître et réclama une caresse lorsqu'il eut terminé son appel, ils revinrent ensemble dans l'appartement. Lee était dans sa chambre et Fusco dans la salle de bains. Il profita d'être seul pour ouvrir son programme et localiser son compagnon. Il constata que John était au loft et, d'après l'historique, il y était rentré vers 22H comme il le lui avait annoncé par SMS et il n'en avait plus bougé. Restait la possibilité qu'il ne soit pas seul mais Finch n'y croyait pas, ne voulait pas y croire. Il avait tellement envie de le voir ou juste d'attendre le son de sa voix ! Le malaise puis l'hospitalisation de leur numéro allait sans doute changer son programme et John allait devoir la suivre pour veiller à toute nouvelle tentative ce qui signifiait rester près d'elle et par conséquent de Tania…

Une demi-heure plus tard ils quittaient tout les trois l'appartement avec leur propre objectif. Fusco déposa Finch et Bear à proximité de la bibliothèque, lui répétant de l'appeler au moindre problème et promettant de lui faire part de toutes ses découvertes, puis il reprit la route pour déposer son fils. Parvenu devant le gymnase Lee descendit du véhicule avec son grand sac de sport

-« Tu n'as rien oublié ? » s'inquiéta Lionel

-« Non je crois pas »

-« Tiens, pour ton déjeuner » ajouta Fusco en lui tendant un billet « Tu feras attention ? »

-« Bien sur »

-« Vous restez en groupe de toute façon ? »

-« Ouais avec l'entraineur puis le père de Jordan vient nous chercher et je passe l'après midi chez eux jusqu'à ce que tu reviennes me chercher »

-« Ok. Je devrais être là vers 17H30. Enfin sauf contretemps mais dans ce cas…»

-« Je ne rentre pas seul papa, je sais » le coupa Lee

-« Bien » approuva Fusco

-« Papa ? »

-« Oui ? »

-« Fait attention à toi » demanda le gamin

-« Pas de problème bonhomme » le rassura son père

-« Et…. » Lee hésita « si tu trouves le coupable là bas est ce John rentrera ce soir ? » Fusco fit la moue

-« Ca ce sera peut être un peu plus compliqué »

-« Et si tu allais le chercher ? » insista le garçon

-« Je pense que ni lui ni Harold n'approuverait que je fasse ça. Il va falloir être patient Lee »

-« Mais papa ! Harold est malheureux ! »

-« Fais moi confiance, je ne vais pas les lâcher mais pour cette fois il faut laisser faire. Et ne boude pas ça ne servira à rien » Lee pinça les lèvres, contrarié

-« Tant pis ce sera pour protester ! » Fusco soupira mais préféra capituler

-« Ok. A plus champion, amuse toi bien » Il suivit son fils des yeux jusqu'à ce qu'il soit à l'intérieur puis reprit la route pour continuer son enquête plus motivé que jamais.

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OooooooooooO

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Assit sur l'un des vieux bancs, Reese observait le monde autour de lui, les sportifs qui suivaient leur parcours à travers les allées, quelques employés qui se rendaient à leur travail en traversant le parc pour profiter d'un instant de tranquillité ou peut être pour raccourcir leur trajet. Quelques vendeurs, installés derrière leur étal de boissons, servaient café et bouteilles d'eau fraiche. Des maîtres arpentaient les chemins avec leurs chiens pour la première promenade de la journée. Tout un monde d'animation et de couleurs alors que le sien semblait si gris…

Lorsqu'il était enfant il ne connaissait pas cette couleur, son monde était lumineux. Le rire joyeux d'une fillette brune lui revint en mémoire. Elle était vive, elle était douce, elle lui souriait d'un air malicieux, ils se comprenaient d'un regard… Puis le gris était entré dans leurs vies mais il s'était efforcé de lui conserver son sourire. Jusqu'à ce jour où il s'était éteint à jamais et l'ombre était entrée définitivement dans sa vie. Avec parfois une trêve, comme un rayon de lumière qui perce les nuages. Une éclaircie lorsqu'il était au collège, un sourire timide mais qui l'encourageait. Plus tard à l'armée un rire clair, un visage serein. Cela ne durait jamais très longtemps et le gris reprenait possession de son esprit. Puis Jessica, son sourire lumineux qui lui semblait éclairer son avenir, sa tendresse, sa foi en lui. Il aurait voulu que cela dure très longtemps mais tout s'était effacé encore …Et puis Harold, au moment où il n'y croyait plus. Harold qui avait chassé les ombres et lui avait donné l'apaisement. Et cela durait cette fois. Et John réalisa brusquement que c'était peut être parce qu'il était un tout…Harold était la complicité, l'entente en un regard, le sourire parfois hésitant mais toujours encourageant, le regard clair et serein qui l'apaisait. La foi en lui, son lien avec la vie. Il était simplement tout ce dont il avait besoin ! Et il était temps pour lui d'en prendre conscience…

La sensation d'une présence le tira de ses pensées, il vit un grand chien blanc qui se rapprochait, suivit de son maître. Il avait souvent vu Bear jouer avec lui.

-« Bonjour » lança l'homme

-« Bonjour »répondit prudemment l'ex agent méfiant

-« Désolé de vous déranger. Mais je me demandais… Ca fait plusieurs jours qu'on a pas vu votre chien. Il joue souvent avec Platon »

-« Il est avec mon compagnon »

-« Ah. Il n'y a rien de grave alors ? Parfois ils se perdent… »

-« Non il va bien, j'ai juste manqué un peu de temps pour la promenade » affirma Reese « en fait c'est moi qui me suit perdu » songea t-il. Le chien vint renifler ses mains « Je te ramènerais bientôt ton ami » lui dit-il

-« Tu vois tu vas pouvoir rejouer avec lui » affirma l'homme « Allez viens Platon on rentre. Bonne journée ! » Ajouta t-il, rassuré. Reese lui répondit d'un bref signe de la tête. Il se leva et se dirigea vers la sortie du parc. Il devait aller à la bibliothèque et l'attendre. Après quelques pas il sentit son portable vibrer. Il vérifia le numéro et ignora l'appel. Il vibra une seconde fois puis une troisième et John se résigna à décrocher.

-« Oui ? »

-« John enfin ! Vous m'aviez dit être matinal, n'êtes vous donc pas réveillé ? » Demanda Tania d'une voix pressante

-« Que se passe t-il ? » éluda Reese alerté par son ton

-« Agnès va quitter l'hôpital. Marcy est retenue par un rendez vous. J'ai besoin de quelqu'un pour aller la récupérer »

-« Pourquoi ne prend t-elle pas un taxi ? »

-« John ! Agnès a besoin que quelqu'un veille sur elle ! Elle n'est pas tout à fait remise » John fut tenté de l'éconduire mais il pensa à la mission. Agnès restait leur numéro et après ce qui s'était produit la veille il était évident qu'elle avait besoin de protection.

-« Je passe vous chercher » dit-il finalement. Je serais chez vous dans vingt minutes

-« Merci John. A tout de suite » Tania raccrocha, perplexe. Son prétendant ne semblait guère empressé ce matin. Décidément elle commençait à en avoir assez de ses sautes d'humeur. Sa contrariété s'aggrava lorsqu'elle le vit descendre de voiture alors qu'elle patientait dans le hall de l'immeuble

-« Je ne devais pas être loin de la vérité lorsque je suggérais que vous veniez de vous réveiller » remarqua t-elle en pinçant les lèvres. John comprit qu'elle faisait allusion au costume classique qu'il avait revêtu, trop préoccupé pour penser à soigner ce genre de détail. A son réveil il avait juste eu envie de quitter le loft où il avait à peine réussi à grappiller deux ou trois heures de sommeil et d'aller retrouver quelques repères apaisant au parc.

-« Je suis toujours en vacances » répliqua t-il ironiquement

-« Et censé essayer de me plaire » grinça Tania

-« Et je dois porter un costume de luxe au quotidien pour y réussir ? Ou peut être devrais je porter un smoking ? » Se moqua t-il

-« Dépêchons nous Agnès va nous attendre » trancha la jeune femme, agacée. Reese lui tint la portière puis se réinstalla au volant et prit la direction de l'hôpital. Elle s'enferma dans un silence boudeur, vexé mais aussi perturbée de la répartie de son compagnon qu'elle trouvait de moins en moins docile. Ce silence arrangeait bien l'ex agent qui n'avait guère envie d'entretenir la conversation. Par chance à cette heure la circulation était fluide et ils parvinrent rapidement à destination.

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A peine sortit de l'ascenseur à l'autre bout du couloir, John et Tania reconnurent la voix d'Agnès, forte et rendue aigre par l'énervement

-« Et moi je vous dis que je vais bien docteur ! Et il est hors de question que je reste 48H de plus ! »

-« Madame Marbery, soyez raisonnable ! Votre état… »

-« Je me sens parfaitement bien »

-« Le malaise que vous avez eu n'était pas anodin »

-« Mais c'est passé »

-« Nous devons procéder à des analyses complémentaires pour en déterminer précisément la cause »

-« C'était juste de la fatigue rien de plus »

-« Nos premières analyses ont mise en évidence la présence d'une substance étrangère dans votre sang qui ne pourrait en aucun cas être secrétée naturellement et… »

-« Et quoi ? » l'interrompit Agnès « Vous suggérez qu'on a essayé de m'empoisonner ? »

-« Au vue de vos résultats il est impossible de ne pas envisager cette possibilité Madame »

-« Vous plaisantez ? Docteur Strickland j'ai une réputation irréprochable ! Je mène une vie parfaitement saine ! »

-« Je sais mais… »

-« J'ai des concurrents certes » continua Agnès sans tenir compte de l'intervention de son vis-à-vis « Et je suppose que ma réussite a due rendre envieuses quelques personnes mais de là à penser qu'on puisse vouloir m'empoisonner ! Vous me prêtez des ennemis bien belliqueux docteur ! » Ricana t-elle

-« Je veux bien vous croire Madame Marbery mais vos analyses sont formelles »

La jeune femme balaya l'argument d'un haussement des épaules

-« Qui me dit qu'elles ont été faites correctement ? »

-« Oh ! » souffla le professeur offusqué

-« Faite moi préparer une décharge docteur. Aucun de vos arguments ne me fera rester ici ! Et pressez vous j'ai un rendez vous ce matin avec un conseiller du maire » Le médecin, visiblement vexé, tourna les talons et quitta la chambre sans un mot. Tania se risqua alors dans la chambre

-« Agnès ? »

-« Ah te voilà toi ? Il était temps ! J'ai cru que tout le monde me fuyait ! M Rooney » ajouta t-elle en apercevant l'ex agent sur le seuil. Elle plissa les yeux et ses lèvres formèrent une moue dédaigneuse « Vous étiez pressé ce matin ? » grinça t-elle

-« Non en vacances » répondit tranquillement Reese

-« Je ne savait pas que cela dispensait d'un minimum d'élégance »

-« Agnès es tu certaine d'être en état de sortir ? » interrogea Tania

-« Evidemment ! »

-« Mais si… »

-« Si quoi ? » la coupa Agnès

-« Si quelqu'un a voulu t'empoisonner… Il pourrait recommencer ? »

-«Idiote ! Tu crois cet imbécile de médecin ? C'est une simple réaction allergique rien de plus! J'ai du avaler un aliment qui manquait de fraicheur ! »

-« Oh Agnès ! Tu surveilles toujours ton alimentation »

-« Et bien dans ce cas c'était peut être un allergène inconnu ! Je finirais bien par trouver et tout ira bien. En attendant je dois rentrer chez moi me changer pour aller à la galerie »

-« John va nous conduire » affirma Tania

-« Merci M Rooney » répondit Agnès en le toisant « Toutefois si vous voulez profiter de l'invitation je vous recommande de changer de costume »

-« Je crains de ne pas en avoir le temps si vous-même souhaitez avoir celui de vous préparer »

-« Nous resterons à l'écart » suggéra Tania « Mais je préfère ne pas te laisser seule »

-« Comme tu voudras mais je n'apprécie pas la négligence »persifla Agnès et Reese perçu comme une menace implicite dans le ton de la jeune femme. Tania ne répondit pas mais il vit clairement son attitude rigide. Visiblement elle craignait sa "patronne"

Quelques minutes plus tard Agnès se présenta à l'accueil, signa la décharge préparée pour elle et quitta l'établissement d'un pas décidé. Reese la déposa chez elle et elle les fit attendre dans le salon, leur faisant comprendre que leur présence y était tolérée mais qu'elle ne le serait dans aucune autre pièce de la maison. Tania ne risqua pas le moindre commentaire. Reese lui ne resta qu'un instant puis préféra sortir attendre à l'extérieur au grand dam de Tania. Il avait besoin de communiquer avec son associé.

Aussitôt à l'extérieur il enclencha fébrilement le numéro de son partenaire mais il se heurta à la messagerie. « Cela semble devenir une habitude » songea t-il agacé. Et bien sur il se heurta à la même interrogation : Etait ce volontaire ou pas ? Finch d'ordinaire était bien plus disponible lorsqu'il était en mission, il était étrange qu'il ne le soit plus autant au moment où la communication était justement si compliquée entre eux. Etait ce une façon de protester ou de l'écarter ? Las de se poser sans cesse les mêmes questions il remit son téléphone dans sa poche et s'assit sur le muret pour attendre s'efforçant de se reconcentrer sur la mission pour garder son esprit occupé.

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Finch poussa la porte d'une main ferme faisant tinter la petite clochette qui annonçait les visiteurs. Il se dirigea aussitôt vers le comptoir où la commerçante était occupée à trier des étiquettes. Avertit par la sonnette elle leva machinalement la tête et l'informaticien la vit écarquiller les yeux un instant avant de se reprendre et de s'avancer précipitamment à sa rencontre.

-« Bon… bonjour M Wren » bafouilla t-elle en s'inclinant

-« Bonjour Madame Phong, je vous dérange peut être ? » s'enquit Finch étonné de son attitude

-« Pas du tout M Wren »

-« Je ne sais si vous eu le message que j'ai laissé sur votre répondeur ce matin »

-« Oh oui, oui j'ai entendu message, j'espère rien de grave… » Répondit Mayling avec un regard vers la porte

-« Non je vous rassure, il s'agit seulement d'un problème d'emploi du temps mais je tenais à m'excuser de vive voix d'avoir oublié de vous rappeler comme prévu »

-« Ce n'est rien M Wren. Merci » affirma la commerçante que Finch trouvait singulièrement nerveuse

-« Toutefois comme je vous l'ai dit je garde la candidature de votre nièce en priorité puisqu'elle a été la première à me répondre » continua t-il

-« C'est très gentil » affirma la vieille dame avec un nouveau regard vers la porte

-« Quelque chose ne va pas Madame Phong ? » demanda finalement l'informaticien intrigué

-« Non, non bien M Wren, tout bien » répondit celle-ci en gardant le sourire mais visiblement stressée. Une jeune femme passa timidement la tête à la porte de la réserve comme pour s'assurer des lieux avant d'y entrer. Finch se douta immédiatement de son identité d'après la description que John lui en avait faite. Elle faillit faire demi tour en apercevant un client mais Mayling l'interpela :

-« Oh May… venir saluer M Wren » la jeune femme se redressa et avança vers sa tante l'air inquiet.

-« Bonjour M Wren » murmura t-elle d'une petite voix, en s'inclinant légèrement

-« Bonjour Miss Fang. J'étais passé m'excuser de ne pas vous avoir rappelé »

-« Ma tante m'a fait écouter votre message M Wren. Ce n'est pas grave »

-« Je propose que nous reportions l'entretien à samedi prochain, cela vous convient-il ? »

May adressa un regard interrogateur à sa tante celle-ci hocha la tête puis murmura un mot en chinois. La jeune femme réagit aussitôt, forçant un sourire

-« D'accord M Wren. Pas de problème. Samedi prochain. Je serais disponible »

-« Très bien. Je vous recontacterais pour vous indiquer le lieu »

-« Bien, bien » affirma Mayling « Je pense pas avoir du linge » réfléchit-elle

-« Non c'est prévu pour jeudi prochain Madame Phong »

-« Il n'y a pas une urgence alors ? » affirma celle-ci avec un énième regard vers la porte

-« Non aucune, tout va bien » répondit Finch « Je vais vous laisser travailler »

-«Toujours bienvenu M Wren » affirma la commerçante

-« Vous saluerez votre époux de ma part »

-« Bien sur. Il est parti dans réunion avec des … »

-« Des fournisseurs » compléta May pour aider sa tante

-« Je vois. Bonne journée Madame Phong, Miss Fang »

Les deux femmes le saluèrent avec empressement et Finch songea qu'elles semblaient pressées de le voir partir. Il ouvrait la porte pour sortir lorsqu'il se heurta à Phong qui revenait accompagné d'un autre asiatique en bleu de travail avec lequel il semblait en grande discussion

-«Oh M Wren ! » lança t-il joyeusement en s'inclinant

-« Bonjour Monsieur Phong »

Le commerçant entra et indiqua à son invité d'attendre un instant

-« Un souci M Wren ? »

-« Non aucun » affirma celui-ci « J'étais passé…. » à cet instant, levant les yeux, il aperçut Madame Phong derrière le comptoir qui les observait d'un air inquiet, May, elle, avait disparu « donné quelques instructions » termina t-il alors. Il n'aurait su dire pourquoi mais il pressentait que la vérité serait…gênante. Mayling lui adressa un regard soulagé où il lui sembla déceler une certaine reconnaissance qui le laissa perplexe

-« Ce sera suivit M Wren ! Bien sur ! » Affirma le commerçant

-« Je ne doute pas de vos talents M Phong »

-« Et pour la demande de M John. Je ne trouve pas encore mais je cherche ! »

-« Merci » répondit Finch avec un regard discret à Mayling qui avait baissé les yeux et se faisait discrète « A plus tard »

Phong salua et retourna à son invité. Finch sortit et regagna sa voiture plus perplexe que jamais. Bear l'accueillit joyeusement

-« Bear, je ne sais pas ce qui se trame entre Monsieur et Madame Phong mais il y a quelque chose de suspect dans leur attitude » Le malinois lui donna un petit coup de museau pour obtenir une caresse « Ou alors ton maître déteint sur moi et je vois des mystères partout mais tout de même il y a là quelque chose d'étrange, il me faudra tirer cela au clair…» la sonnerie du téléphone l'interrompit. Il décrocha après avoir vérifié le nom de l'appelant

-« Bonjour M Wren » lança la voix joyeuse de Sven

-« Bonjour Sven »

-« Comment allez-vous M Wren ? Vous êtes prêt pour visionner notre nouveau spectacle ? »

-« Je vous l'ai promis » murmura Finch que l'idée ne réjouissait pas outre mesure

-« Par contre si vous pouviez passer un peu plus tard… il reste de petites mises au point »

-« Quelle heure voulez vous ? »

-« 17H serait bien »

-« Entendu. A tout à l'heure Sven »

-« A bientôt M Wren ! »

Finch raccrocha avec un soupir. Il était très sollicité mais pas par celui qu'il espérait. Il avisa alors l'icône signalant un message sur son répondeur et pinça les lèvres, contrarié d'avoir manqué le seul appel qui lui importait. Il écouta le message, bref, professionnel. Etait ce voulu ou John était-il vexé qu'il n'ait pas décroché ? Il devenait urgent qu'ils renouent le contact. Il se mit en route pour retourner à la bibliothèque tout en réfléchissant à un plan d'action pour rejoindre son partenaire…

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-« Je persiste à dire que c'était totalement déraisonnable de la part d'Agnès de sortir si tôt » Jugea Tania l'air contrarié « Alors que les médecins n'ont pas identifié le problème »

-« Elle a dit qu'elle se sentait parfaitement bien » répondit distraitement l'ex agent ce qui lui valu un regard courroucé de sa vis-à-vis

-« Ce n'est pas au patient de décider ! » Reese haussa les épaules

-« Sans doute aurait-elle dû écouter le médecin mais je ne vois pas qui aurait pu dissuader Agnès d'agir autrement »

-« Ca ne semble pas vous intéresser beaucoup ! » remarqua Agnès, agacée de son air désinvolte « Je pensais pourtant que vous l'appréciez »

-« C'est une constatation. Même Marcy n'a pas réussi à la convaincre »

-« C'est vrai » concéda Tania avec un soupir « Je suppose que je m'inquiète un peu trop » jugea t-elle « Mais il y a cette histoire d'empoisonnement aussi »ajouta t-elle en relevant la tête pour observer la réaction de son compagnon « Ca n'a aucun sens mais avouez que c'est tout de même stressant ! »

-« Agnès ne s'est peut être pas fait que des amis dans sa carrière » suggéra l'ex agent. Il vit Tania se raidir

-« C'est ridicule » affirma t-elle « Agnès œuvre pour le bien des gens » protesta t-elle. Il remarqua que le sujet la mettait visiblement mal à l'aise

-« Il y a peut être eu quelques incidents de parcours ? »

-« Que voulez vous dire ? »

-« Je ne sais pas, quelques clients mécontents ? » suggéra Reese en la fixant

-« Il y a toujours des râleurs » marmonna la jeune femme

-« J'ai cru comprendre que vous l'assistiez régulièrement. Vous êtes une sorte de bras droit pour elle. Vous avez surement dû remarquer quelques détails »

-« Agnès est une de mes amies pas mon employeur ! » protesta vivement Tania

-« Pourtant elle semble souvent faire appel à vous »

-« Parce que je suis fiable c'est tout ! »

-« Dans ce cas pourquoi lui obéir toujours si docilement ? » insista Reese

-« Qu'allez vous imaginer ? »

-« Rien. Je constate seulement votre attitude »

-« Je suis parfaitement libre de mes décisions » marmonna Tania

-« Mais c'est Agnès qui arrange votre emploi du temps et vos des rendez vous »

-« Non ! C'est… » Commença la jeune femme. Elle s'interrompit puis ajouta : « Changeons de sujet John ! Je n'aime pas évoquer ce genre de chose, c'est…ennuyeux » Reese remarqua qu'elle avait certainement eut l'intention d'employer un autre terme mais s'était rattrapée in extremis. Il résista au reflexe de se reculer alors qu'elle se rapprochait de lui sur la banquette. « Et puis cela gâche l'ambiance entre nous » roucoula t-elle en posant la main sur son bras « Parlons plutôt de nos projets »

-« Je n'ai pas égaré les billets pour le vernissage de cet après midi » ironisa l'ex agent en se dégageant

-« Je me doute. Mais ce soir…. »

-« Agnès vous a demandé de l'assister lors du cocktail de l'adjoint au maire » l'interrompit John

-« En effet » approuva patiemment Tina « Mais ça ne devrait pas trop durer. Nous pourrions nous échapper ? »

-« Croyez-vous ? »

-« Je vous l'ai dit je fais ce que je veux. Et j'ai entendu dire que vous étiez un excellent danseur » Reese tressaillit imperceptiblement « Une amie m'a vanté vos talents » John comprit qu'elle faisait allusion à Gladys. Il se mordit les lèvres au souvenir de cette soirée et surtout de son retour au loft après sa démonstration, de ce moment de folie de son compagnon « John ? Vous m'écoutez ? » Interrogea Tania

-« Heu oui »

-« J'ai parfois l'impression que vous êtes à des années lumières de moi ! C'est assez vexant ! »

-« Excusez-moi. J'étais distrait »

-« Encore le boulot je suppose. Vous pensez beaucoup trop à votre travail ! »

-« C'est possible »

-« Trop même ! » grinça Tania « Alors ma proposition ? »

-« Nous verrons » temporisa l'ex agent. Tania pinça les lèvres

-« Vous êtes un homme curieux. Mais je finirais par comprendre ! D'ailleurs… » Elle se pencha vers lui, rapprochant leurs visages « Vous ne m'avez toujours pas fait visiter votre jolie villa. Cela m'aiderais à vous connaître mieux j'en suis sure ! »

-« Je crains que la décoration ne vous renseigne pas » répliqua John en reculant

-« Tant pis ! J'aurais quand même l'occasion de me faire une idée ou je pourrais vous faire quelques suggestions ? »

-« Si vous le dites » Tania lui adressa un regard perplexe

-« Vous savez que vos méthodes de séduction laissent à désirer ? » affirma t-elle, cherchant à le faire réagir « Vous ne semblez … pas motivé. Est-ce que je vous déplais ? » provoqua t-elle

-« Non » murmura Reese qui songea qu'il devait se ressaisir pour ne pas attirer l'attention et risquer sa couverture « J'ai juste l'esprit ailleurs » affirma t-il « Ailleurs près de lui » pensa t-il

-« Heureusement que je ne m'arrête pas à cela » marmonna la jeune femme. John allait répliquer lorsqu'elle s'exclama avec un mouvement d'agacement

-« Il y a des hommes qui manquent vraiment d'éducation ! »

-« Pardon ? » demanda l'ex agent surpris

-« Il y a un type qui me dévisage depuis qu'il est entré et je commence à en avoir assez d'être ainsi observé ! Evidemment c'est justifié mais tout de même !» Reese se tourna machinalement et croisa le regard de Finch rivé sur lui, glacial, bien que son visage parfaitement impassible ne laissait rien paraitre de ses pensées. Ils restèrent un instant connectés, isolés des autres, ignorants de la distance. L'univers se résumait soudain à ces regards croisés si chargés de mille sentiments contrastés.

Tania observait son vis-à-vis avec étonnement

-« Vous connaissez cet homme ? » risqua t-elle posant la main sur son bras pour attirer son attention, brisant l'instant. Reese se tourna vers elle mais ne parut pas vraiment la voir « John qu'est ce qui se passe ? »

-« C'est un ami » murmura celui-ci

-« Ami ? Décidément vous avez de drôles de fréquentation ! Et franchement il a plutôt l'air de vous détester ! » Le bruit d'une chaise que l'on recule fit se retourner l'ex agent. Rejetant sa serviette d'un geste bref, Finch se leva et se dirigea vers la sortie sans un regard dans leur direction. John n'hésita qu'un instant, s'excusant à peine auprès de la jeune femme interloquée, il se précipita vers la sortie et rattrapa son associé comme il reprenait son manteau au vestiaire

-« Finch… « Murmura t-il « Que faite vous ici ?»

-« C'est l'heure du déjeuner M Reese et nous sommes dans un restaurant » Ironisa l'informaticien sans le regarder. Il s'avança sur le côté dans le but de le contourner

-« Etes vous venu surveiller votre agent ? » interrogea Reese en faisant lui aussi un pas de côté pour lui barrer le passage

-« Pourquoi donc ? Je n'ai jamais eu à le faire et cela ne me viendrait pas à l'idée » jugea Finch en ajustant sa veste pour occuper ses mains

-« Votre compagnon alors ? » insista John en faisant un pas en avant. Finch leva enfin les yeux vers lui

-« Ce n'est pas davantage dans mes habitudes » affirma t-il sèchement « Mais sans doute aurais je plus de raison de le faire ? » ajouta t-il en le fixant

-« Alors vous doutez de moi ? »

-« J'ai eu le temps de vous observer. Et disons que j'ai pu capter certains gestes qui pourraient me donner à réfléchir »

-« Je n'ai pas répondu à ses provocations »

-« Pas encore M Reese. Mais vu les encouragements incessants de votre compagne cela pourrait venir »

-« Non ! » affirma John « Et vous le savez bien »

-« Il y a ce que je sais et il y a ce que je vois M Reese »

-« Vous êtes jaloux ? » demanda John le cœur battant. Finch le fixa quelques secondes avant de répondre

-« Il n'y a pas si longtemps c'est moi qui prenait place à vos côtés et à vous entendre cela ne devait pas changer » éluda t-il

-« Et c'est le cas. C'est toujours votre place »

-« Vraiment ? Dans ce cas pourquoi n'étiez vous pas avec moi hier soir ? Ou celui d'avant ? Pourquoi vous ai-je à peine vu et à peine entendu hier ? Ne me dites pas que c'est la mission. Hormis celles qui vous font traverser le pays aucune ne nous tient jamais vraiment éloignés l'un de l'autre »

-« Je suis désolé » murmura Reese « Je ne veux pas vous faire de mal » Finch lui adressa un regard douloureux

-« C'est pourtant ce que vous faites John. Depuis l'instant où vous avez posé les yeux sur cette femme et commencé à vous perdre dans ses mirages »

-« Harold » chuchota Reese en prenant son visage entre ses mains « Je ne voulais pas tout cela » Finch posa ses mains sur les siennes

-« Vous allez devoir faire un choix John. Elle ou moi » Il sentit la tension dans le corps de son partenaire. Il laissa glisser ses mains pour saisir les poignets de son partenaire et se libérer de son emprise « Je ne suis pas disposé à partager » déclara t-il fermement « Et je doute qu'elle le soit »

-« Je n'ai pas de choix à faire Harold »

-« Mais ? » demanda celui-ci sentant qu'il hésitait

-« Je veux l'aider »

-« L'aider ? » répéta l'informaticien interdit

-« Oui. Je n'ai pas réussi à sauver Jessica. Mais elle, je pourrais le faire. Si je peux la persuader qu'Agnès la trompe… »

-« Vous croyez vraiment ce que vous dites ? » l'interrompit Finch

-« Oui… »

-« Je ne vous savais pas capable d'une telle naïveté M Reese ! » explosa Finch « Cette fille est l'assistante d'Agnès. Bien plus qu'une simple employée ! Jamais elle ne la dénoncera ! »

-« Avec de bons arguments je pourrais …»

-« Ouvrez les yeux John ! » protesta Finch en l'interrompant à nouveau « Vous n'êtes rien pour elle sauf une perspective d'avenir confortable ! Elle ne vous écoutera pas ! Si elle savait qui vous êtes vraiment elle ne serait déjà plus avec vous !»

-« Je veux essayer » affirma Reese, têtu

-« Et qu'aurez vous de plus alors ? » s'emporta Finch « Même si vous la sauviez elle n'est pas Jessica ! Vous ne changerez rien au destin de votre amie ! »

-« Ce serait presque le cas » répliqua Reese « Et lorsque ce sera fini tout redeviendra comme avant » chuchota t-il, tentant d'enlacer son partenaire. Finch faillit le laisser faire, attiré par cette poitrine solide où il savait être à sa place mais il connaissait sa faiblesse dès qu'il se trouvait entre ses bras et pour leur bien à tout les deux ce n'était pas le moment de céder !

-« Non » affirma t-il en le repoussant. Reese lui adressa un regard perdu « Vous poursuivez une chimère John et je suis sur qu'au fond vous en êtes conscient, c'est la culpabilité qui vous guide. Quand comprendrez-vous que vous ne pouviez rien faire de plus pour Jessica ? Elle avait fait son choix. Et lorsque les choses ont mal tourné les circonstances étaient contre vous : vous n'êtes pas responsable ! » Martela t-il « Et maintenant vous avez un choix à faire entre passé et présent et je vous conseille de bien choisir » Finch contourna son agent et atteignit enfin la porte. La main sur la poignée il se tourna un instant vers son partenaire « Appelez moi lorsque vous aurez pris votre décision » affirma t-il « Et ne vous cachez pas derrière votre mission : pour cette fois je me moque bien que vous la réussissiez : il y a plus important » Sur ces mots il sortit reclaquant la porte derrière lui, laissant John réfléchir à ses paroles, espérant surtout qu'il retrouverait le bon sens dont ce visage du passé semblait l'avoir privé.

Rester seul, Reese mit quelques instants pour assimiler les dernières paroles de son partenaire qui ressemblaient fort à un ultimatum. Il était même prêt à sacrifier la mission, car il savait bien que si son agent s'éloignait de Tania il s'éloignerait aussi de leur numéro. Agnès n'apprécierait pas et le tiendrait à l'écart. Il s'approcha des lavabos et se passa un peu d'eau sur le visage. Le miroir lui renvoya l'image d'un homme tourmenté, les traits tirés, le regard éteint, l'homme d'autrefois, celui que Finch avait tiré de la rue…

Il rajusta machinalement sa chemise et quitta les vestiaires. Dans le couloir il tomba nez à nez avec Tania qui se tenait au milieu, très droite, les bras croisés sur sa poitrine dans une attitude fermée voir agressive, l'air furieux. Elle lui adressa un regard noir

-« Cette fois John, vous me devez une explication ! »