Chalut à toutes !
Voici donc le dernier chapitre de ce tome
Je ne suis pas certaine que vous aimerez la fin. Inutile de chercher ma muse elle s'est cachée : )
Merci à ceux qui laissent un commentaire :
Mes fidèles CoolMhouse et Paige 0703
Ninja (malgré la grève du cyrillique) Hecate 82
CptJackHarKness, 221B Ravenclaw, Vif-argent 11
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A bientôt pour le tome 15
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Bonne lecture !
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John resta immobile au milieu de la pièce pendant de longues minutes. Les derniers événements repassaient sans cesse dans sa tête. La sensation d'avoir échoué. La prise de conscience. La blessure infligée par les paroles, cruelles, de Tania. Elle n'avait nulle envie d'être sauvée. Plus encore : elle n'en valait pas la peine ! Elle n'était qu'une illusion, une copie, pas une nouvelle Jessica. Et il y avait la pensée de tout ce qu'il avait mis en péril pour elle. Dans son aveuglement il avait remis en question tout ce qu'il avait bâti ces trois dernières années. Cette pensée lui donnait le vertige, une sorte d'oppression dans la poitrine, une colère sourde contre lui-même. Il avait besoin de retrouver ses repères… « Appelle-le »… Harold… le seul être qu'il ait envie, besoin, d'avoir près de lui, à ses côtés « Appelle-le »… Il l'apaiserait, il était le seul à pouvoir le faire ! Reese saisit son téléphone dans sa poche pour enclencher son numéro mais il stoppa son geste à l'ultime seconde : Harold était le seul qu'il voulait voir à cet instant mais n'était-il pas aussi celui à qui il avait fait le plus de mal ces derniers jours ? Il retint son souffle devant cette évidence. Il avait enfreint toutes les règles de confiance, piétiné la relation patiemment construite en trois ans et même plus encore. Pour Finch il n'avait été que patience, protection, tendresse depuis le premier jour. Mais il avait suffit d'une apparition pour lui faire oublier tout cela. Harold chassait les ombres de sa vie, il était son rempart. Mais cette fois cela n'avait pas suffit. Et brusquement il se rappela ces mots de son ancienne co équipière, dans une autre vie, « On est l'ombre »… Oui elle avait raison, il était une ombre et il ternissait la vie de tous ceux qui le côtoyait. Il faisait souffrir tous ceux qui comptaient pour lui, il finissait par les blesser ou ils disparaissaient. Et il avait blessé Harold. Il ne risquerait pas plus songea t-il en rejetant brusquement son téléphone qui tomba sur le tapis avec un bruit mat. Il leva les yeux et aperçu son image dans le miroir accroché au mur. Il contempla un instant son reflet, si tout n'était qu'illusion ? Comme si toute sa vie il n'avait fait que jouer un rôle ? Etre un bon fils, un brave garçon, un bon soldat, un agent efficace. Ca n'avait jamais été suffisant. Etre un bon fils ne l'avait pas empêché d'être orphelin. Etre un brave garçon ne lui avait amené ni tendresse ni intérêt de son entourage. Etre un bon soldat lui avait valu quelques félicitations de ses chefs, quelques appréciation de valeur, pour la forme, et de se faire remarquer par la CIA. Il s'était adapté une fois encore mais devenir un agent idéal, docile et obéissant ne lui avait pas valu de traitement de faveur lorsque l'agence avait décidé de se débarrasser de lui ! Il avait toujours été un pion jusqu'à Finch. Harold qui l'avait engagé comme associé pour les missions, qui attendait de lui efficacité et loyauté mais qui n'avait jamais essayé de lui imposer une vie. Il était le premier qui l'avait laissé libre de ses choix, qui l'avait laissé diriger sa vie et lui… il lui avait rendu une certaine liberté. Finch le lui avait dit plusieurs fois et il en était fier, c'était même l'une des actions dont il était le plus fier, avoir changé la vie de son partenaire en mieux, lui avoir rendu sa confiance en lui vis-à-vis des autre. Sauf qu'il venait de perdre tout cela pour un reflet. Oh bien sur Harold lui avait dit qu'il l'attendrait, mais lui, était-il digne d'aller le retrouver ? Harold le lui avait dit : « Le John que je connais, le John que j'ai accepté pour compagnon, n'agirait pas comme vous le faite. Il ne me ferait pas de mal ! »
-« Non » murmura t-il « Non ! » répéta t-il plus fort. Il ne l'était pas ! D'un geste rageur il saisit le vase posé sur la table et le lança de toutes ses forces vers le miroir qui explosa dans un fracas de verre brisé. Cela ne le calma pas vraiment. Il se sentait étouffer dans cette maison et se réfugia sur la terrasse. Dehors le vent le fouetta et il ferma les yeux un instant, que devait-il faire ? Partir ? Pour aller où ? Partir, non par lâcheté mais pour préserver Harold parce qu'il l'avait trahi et qu'il n'était plus digne de lui, en admettant qu'il l'avait été un jour ! Mais partir c'était s'éloigner de sa source de vie. Il réalisa qu'il en était incapable. Même s'il pensait qu'il n'était pas bon pour Harold il ne pouvait pas vivre sans être près de lui. Même prisonnier de ses illusions avec Tania il n'avait jamais cessé de lui être fidèle et ses pensées revenaient toujours vers lui, il était son but, son équilibre, sa raison, sans lui il ne serait rien et Finch… il lui avait dit qu'il avait besoin de lui et il savait qu'il ne mentait pas. Mais comment faire pour que tout redevienne comme avant alors qu'il ne s'en sentait pas digne ? A cet instant il rêvait d'effacer ces derniers jours, faire qu'ils n'aient jamais existés et retrouver sa vie tranquille avec lui, cette complicité qui les unissait, l'alchimie qui leur faisait deviner les pensées de l'autre, anticiper ses désirs, ses envies. C'était la relation dont il avait toujours rêvé et il l'avait enfin trouvé alors qu'il n'espérait plus que ce soit possible. Une évidence lui apparut alors : il n'avait connu cela qu'avec lui ! Même Jessica qu'il avait tellement aimé ne lui avait pas apporté cette sérénité, alors qu'avec Harold c'était naturel. Ils avaient eu des moments difficiles, ils doutaient parfois mais ils revenaient toujours à l'autre. Si seulement il avait pu s'en rendre compte avant de tout gâcher ! Il passa la main sur son visage, cherchant la meilleure issue
Bien qu'il fût absorbé dans ses pensées, l'esprit affuté de Reese l'avertit d'une présence, un frôlement discret. Il ne se retourna pas : ça ne pouvait être que lui…
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Finch pénétra dans la luxueuse villa d'un pas incertain. Il traversa le couloir puis la première pièce
-« John ? » Appela t-il prudemment
La cuisine et le salon étaient déserts. Il recula en sentant quelque chose crisser sous son pied et vit alors le miroir brisé en mille éclats. Cela redoubla son inquiétude à l'idée que John puisse vouloir se faire du mal. Il hésita devant l'escalier mais remarqua alors que la baie vitrée était ouverte. Au loin le tonnerre grondait et le vent malmenait les délicats voilages. Finch pensa que cet orage était comme un écho a celui qui régnait dans son cœur. Il avança et aperçu alors la silhouette de son compagnon debout près de la piscine. Il semblait ailleurs. L'informaticien sortit et s'approcha
-« John ! » appela t-il. Celui-ci ne réagit pas mais Finch savait qu'il avait perçu sa présence. Il attendait qu'il se tourne vers lui avec un « que faites vous ici ? » mais son partenaire ne bougea pas. Alors Finch décida d'aller droit au but « John je devine ce que vous ressentez et je suis désolé que cela se soit passé ainsi » Il hésita « Cette femme ressemblait à votre amie mais ce n'était pas elle vous le savez : Jessica est morte »
-« Je sais » murmura enfin l'ex agent d'une voix éteinte « A cause de moi »
-« Non ce n'était pas votre faute »
-« Bien sur que si, j'aurais du la retenir » Finch pinça les lèvres, John ne cesserait-il jamais de se reprocher son choix ? il lui fallait se débarrasser de cette culpabilité hors de propos !
-« Jessica avait fait son choix »
-« Si je lui avais parlé dans cet aéroport… elle ne serait pas allée rejoindre l'autre »
-« Mais vous ne l'avez pas fait parce que vous pensiez que c'était mieux pour elle. Vous vouliez qu'elle soit en sécurité et heureuse »
-« C'est réussi » murmura Reese avec un ricanement qui ressemblait à un sanglot « Je l'ai envoyé vers son assassin »
-« Vous ne pouviez pas savoir que l'homme qu'elle devait épouser était un malade John. Elle-même ne l'avait pas deviné » Finch avança et posa la main timidement sur son bras
-« Vous n'auriez rien pu faire »
-« Elle m'avait appelé » murmura Reese en tournant la tête vers lui et Finch s'inquiéta de ce vide dans son regard
-« Mais vous n'étiez pas libre de vos choix, vous ne pouviez pas intervenir à temps. Vous n'êtes pas responsable » insista t-il
-« La vérité c'est qu'elle est morte d'être entrée dans ma vie ! C'est toujours ainsi !» répliqua l'ex agent en se détournant. Il fit quelques pas, indifférent aux premières gouttes de pluie
-« John ! » protesta l'informaticien « Vous savez que c'est faux ! Ce sont vos choix à tout les deux qui ont abouti à cette issue rien d'autre ! » L'ex agent ne répondit pas, enfermé dans ses regrets, cette culpabilité qui le tenaillait, dont il n'avait jamais pu se défaire « John, je suis certain que là où elle est Jessica veille sur vous et qu'elle ne voudrait pas vous voir comme ça » tenta Finch, cherchant des arguments pour faire réagir son compagnon « Elle souhaiterait vous voir heureux et surtout pas chassant un fantôme ! » John leva la tête comme s'il cherchait une réponse dans le ciel lourd et gris, cet univers tourmenté autant que son esprit. A le voir si distant, si perdu, Finch paniqua. Il était en train de le perdre et cela lui était insupportable. Il s'approcha et passa les bras autour de se taille, posant son front contre son dos
-« John, Jessica est morte et rien ne vous la rendra. Vous pouvez la regretter aussi longtemps que vous voudrez, vous enfermer dans le passé, mais cela n'y changera rien. Ou vous pouvez continuer d'avancer comme elle l'aurait voulu » L'ex agent ne bougea pas, comme s'il ne l'entendait pas. Ses mains n'étaient pas venues couvrir les siennes pour les rapprocher. Alors Finch resserra son étreinte. La colère, la peur, montaient en lui, il ne put rester calme plus longtemps « Je ne sais pas ce que vous voulez John ! Ce que je sais c'est que moi je suis là, bien vivant, et que je vous aime ! » Cria t-il. Un violent coup de tonnerre déchira le ciel comme s'il voulait souligner ses paroles. Reese tressaillit. Il posa enfin ses mains sur celles de son compagnon, son appel résonnait en lui comme une évidence
-« Harold » murmura t-il
-« Si je pensais un seul instant que cette femme pourrez vous permettre de réécrire votre passé je vous laisserais libre de vos choix » poursuivit l'informaticien « Même si je n'y survivrais pas » ajouta t-il plus bas. John repoussa ses mains et son cœur manqua un battement devant ce geste de rejet mais l'instant suivant John se tourna vers lui et saisit son visage
-« Harold » répéta t-il. Il essuya une perle d'eau sur sa joue sans savoir si c'était la pluie qui commençait ou une larme échappée à son compagnon « Pardon » chuchota t-il, posant son front contre le sien. Finch s'accrocha à ses épaules, l'inquiétude grandissant en lui, "pardon "? Mais pardon pour quoi ?d'avoir perdu de vue un instant leur réalité ou de vouloir y mettre fin ? Pour lui avoir fait du mal ? Ou parce qu'il voulait tout arrêter et lui en faire plus encore ? Il recula pour capter son regard
-« Pardon pour quoi John ? »
-« Pour les erreurs que j'ai commis ces derniers jours, tellement d'erreurs… » Murmura Reese « Je ne veux pas d'un fantôme. C'est vous dont j'ai besoin et c'est vous que je veux dans ma vie. C'est ce que j'ai toujours voulu » Finch passa les bras autour de son cou et enfoui son visage dans sa chemise. John le serra contre lui, un peu trop fort mais qu'importe, il le retrouvait et cela le faisait renaitre. Reese gardait les yeux clos. A son contact il lui semblait redevenir lui-même. Il avait désespérément besoin de sa chaleur, sentir son corps contre le sien, se perdre dans son regard, retrouver la douceur de sa peau, s'enivrer de son odeur et surtout voir l'amour dans ses yeux. C'était ça qui le faisait vivre, le rendait heureux. Ce qui faisait sa vie. Comment avait-il pu l'oublier ? Et pour un souvenir, un reflet du passé… Il enfouit son visage dans le cou de son compagnon et brusquement le barrage céda, comme un raz de marée trop longtemps contenu. Finch tressaillit, puis réalisa, et son cœur se serra. Il n'avait jamais vu John pleurer. C'était presque inimaginable de la part d'un homme comme lui. Il comprit que son compagnon devait être à bout de résistance et qu'il avait besoin de lui. Il le laissa pleurer, caressant ses cheveux d'un geste apaisant.
Ils restèrent ainsi enlacés de longues minutes puis un nouveau coup de tonnerre éclata et la pluie qui s'était contentée de tomber finement se mua brutalement en une violente averse qui les fouetta. Finch se blottit contre son compagnon dans un reflexe naturel et John retrouva instantanément ses gestes protecteurs pour l'attirer à lui et l'entrainer vers la maison d'un pas rapide. Il poussa son compagnon à l'intérieur et referma vivement la baie vitrée. Finch baissa les yeux sur ses vêtements trempés et retira sa veste. Il sentit que John s'approchait et leva la tête. Il ne voyait rien à travers ses lunettes mais John les lui ôta et les posa sur la table, puis reprenant son visage entre ses mains il l'embrassa avidement, passionnément. Finch agrippa sa chemise et lui répondit
-« Je t'aime » haleta John, à bout de souffle
-« Je t'aime » répéta Harold en écho
Reese reprit sa bouche, dévorant ses lèvres tandis qu'il s'acharnait sur ses vêtements avec des gestes fébriles, impatients. Il tira sur sa chemise, arrachant quelques boutons alors que Finch glissait les mains sous les barrières de tissus. John s'écarta un instant et retira sa chemise et son maillot d'un geste nerveux, les jetant au sol avant de faire subir le même sort à ceux de son compagnon qu'il reprit aussitôt dans ses bras, parcourant son cou, ses épaules. Finch glissa les doigts dans ses cheveux. John revint sur sa bouche alors que ses mains s'acharnaient sur la boucle de la ceinture. Finch l'aida de son mieux, leurs gestes de plus en plus fiévreux, comme si la tempête qui se déchainait à l'extérieur enfiévrait aussi leurs corps. Reese plaqua son compagnon contre le mur. Finch gémit sous la brusquerie du geste ce qui ne l'empêcha pas de continuer a lutter contre la ceinture de son partenaire jusqu'à ce qu'il le débarrasse du vêtement indésirable. Les mains et les lèvres de son compagnon le parcouraient inlassablement, il lui semblait qu'il était partout à la fois et lui faisait perdre pied. Un violent coup de tonnerre retentit, Reese releva la tête, leurs regards s'accrochèrent. Un éclair illumina la pièce un instant, éclairant le visage de l'ex agent, ses traits tourmentés, son regard assombri. Finch frémit devant ce mélange de souffrance et de désir. Il caressa sa joue comme si ce geste pouvait effacer la première. John reprit ses baisers, puis glissant vivement ses mains sous ses cuisses, il le souleva dans ses bras. Finch eut un hoquet de surprise et se raccrocha à ses épaules. Reese resserra sa prise et il se colla contre lui, laissant son partenaire le porter jusqu'à la chambre et le déposer dans le vaste lit. John s'allongea sur lui parcourant chaque parcelle de son corps comme s'il voulait se l'approprier, le marquer. Finch gémissait, le souffle court, étourdit
-« John » murmura t-il, éperdu. Celui-ci continua, ne paraissant pas l'entendre, ses gestes étaient brusques, presque brutal, Finch sentait son corps peser contre le sien, impatient, un peu trop rude, il parcourut son cou de baisers, glissa vers la poitrine puis dériva vers l'épaule. Il le mordit comme s'il voulait laisser son empreinte, la main de Finch se crispa dans ses cheveux sous la douleur « John » appela t-il, s'efforçant de se dégager. Il saisit son visage entre ses mains et le força à le regarder. Ils étaient tout deux essoufflés, haletant. Finch frémit devant le regard dur de son compagnon. Les iris bleues avaient la couleur de la glace et le fixaient avec un étrange mélange de froideur et de fièvre. Il déglutit avec peine. L'espace de quelques secondes il eut peur de cet être qu'il ne reconnaissait pas « John » murmura t-il doucement. Une lueur s'alluma dans le regard de l'ex agent. Il saisit les poignets de son partenaire et les retint de chaque côté de son visage « John » répéta l'informaticien mais celui-ci ne l'écoutait plus, comme déconnecté, il reprit ses lèvres, les malmenant en un baiser possessif. Il relâcha ses poignets pour saisir ses hanches et unir leurs corps sans cesser de l'embrasser. Finch laissa échapper un cri étouffé sous la brutalité de l'assaut et s'accrocha à ses épaules, griffant la peau tendre. Reese semblait hors de contrôle alors il ferma les yeux et le laissa assouvir son besoin de lui.
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John se laissa retomber contre son partenaire, étourdi du plaisir violent qu'il venait de ressentir. L'ex agent sentait la tension retomber en lui comme il cherchait à reprendre son souffle. Finch tourna la tête vers lui. Il vit son visage tendu et sentit qu'il n'était toujours pas apaisé. Reese ouvrit les yeux et croisa son regard. Il y vit une douleur, une inquiétude et son cœur se serra devant son trouble. Il se pencha pour poser un baiser sur ses lèvres. Finch ne bougea pas, comme s'il attendait quelque chose, puis il se reprocha timidement de lui. John caressa sa joue puis laissa sa main courir sur sa poitrine. L'informaticien le fixait. Il le sentait frémir sous ses attouchements mais pas de ce frisson de plaisir qu'il savait si bien lui provoquer. C'était autre chose. Il remarqua alors les marques sur son épaule, sur ses hanches et il réalisa à quel point il avait perdu le contrôle, assouvissant son envie de lui sans prendre soin de le préserver. C'était la première fois qu'ils ne partageaient pas cette communion parfaite qui les unissaient d'ordinaire, même s'ils avaient déjà eu quelques emportements de ce genre, les jours de retrouvailles
-« Pardonne-moi… » Murmura t-il lorsqu'il put parler
-« Chut. Ce n'est rien » l'interrompit Finch
-« Je t'aime Harold »
-« Je sais » affirma celui-ci. Il repoussa doucement une mèche de cheveux sur son front « Moi aussi je t'aime John » L'ex agent tourna la tête et le fixa
-« Pourquoi m'aimes-tu autant ? » chuchota t-il « Je ne le mérite pas » Finch posa deux doigts sur ses lèvres
-« On ne choisit pas qui l'on doit aimer. Et je t'interdis de parler ainsi »
-« Je t'ai fais du mal »
-« Moi aussi je t'ai fait du mal autrefois. Tu m'as pardonné. J'en ferais autant » Finch prit sa main et fit se joindre leurs anneaux « Parce que ce qui nous unis est bien trop puissant pour que ces erreurs nous séparent » Il fixa son regard dans le sien « Est-ce que j'ai tort ? »
-« Non » approuva Reese « Non, tu as raison » affirma t-il « Mais je t'ai blessé » s'accusa t-il en dégageant sa main pour la poser sur sa hanche
-« Rien de ce qui vient de toi ne peut me blesser » John hocha la tête, pas convaincu. Harold se redressa
-« John, je t'en prie, crois moi » demanda t-il « J'ai promis de ne jamais te mentir » ajouta t-il en se penchant vers lui « Tu te souviens ? » Reese l'embrassa tout en le reprenant dans ses bras et Finch se pressa contre lui, caressant son dos en un geste apaisant. Ils laissèrent passer de longues minutes, laissant la tendresse renaitre entre eux, leur complicité se réinstaller. L'ex agent posa la tête contre sa poitrine avec un soupir détendu puis la parsema de quelques baisers. Glissant légèrement, il se rapprocha de son visage
-« Harold » chuchota t-il à son oreille « Rappelle moi que je t'appartiens » sa voix rauque, éraillée par le désir fit frémir l'informaticien, mais pas de crainte cette fois « Fais moi sentir que je suis à toi » continua Reese en posant quelques baisers au hasard sur son visage « Et je te croirais » L'informaticien l'embrassa et le laissa l'entrainer lorsqu'il bascula sur le dos en le gardant contre lui. Finch se redressa et caressa son torse, prenant le temps de le découvrir pour faire vivre la tendresse entre eux. Il l'embrassa longuement, le parcourant de baisers, cherchant les points sensibles. Il le sentait se détendre sous ses caresses, s'apaiser, redevenir le compagnon tendre et attentif qu'il connaissait, il prit plaisir à attiser ses sens, à se jouer de lui.
-« Harold » gémit l'ex agent, à bout de patience sous ses provocations, saisissant ses mains ensorceleuses pour faire cesser ses douces tortures. Finch entrelaça leurs doigts, riva son regard dans le sien «Harold » répéta John d'un ton suppliant. L'informaticien se pencha pour l'embrasser longuement puis enfin céda à l'appel de son compagnon. Autour d'eux l'orage qui s'était calmé, grondait de nouveau. La pluie frappait violement les carreaux, les éclairs illuminaient la chambre, mais aucun d'eux ne s'en rendait compte dans l'union de leurs corps et de leurs cœurs.
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Fusco se glissa aussi silencieusement que possible dans son appartement. Il n'avait qu'une envie : dormir ! Même s'il savait qu'il ne pourrait s'accorder qu'un peu plus de trois heures. En quittant la villa il avait mis Alix en sécurité à la planque. Il l'avait longuement briffé mais la jeune femme était intelligente, elle avait bien compris son intérêt à rester cachée et à ne rien faire qui puisse trahir son refuge. Il était ensuite repassé au poste où il avait planifié les futures actions du matin. Une demi douzaine d'agent se retrouvèrent muni d'une liste de nom de personne à interpeller à la première heure. Les complices d'Agnès et ses clients anciens ou actuels. Les plus accessibles pour commencer. Il verrait ensuite pour les "célébrités". Quant à lui il se réservait le plaisir d'aller arrêter la vipère dans son nid dès 6H ! Et il saurait bien ensuite les faire parler ! Le dimanche le rythme du commissariat avait tendance à ronronner un peu mais celui qui s'annonçait promettait d'être bien différent. Il songea qu'il appellerait Mégan dans la matinée pour la tenir au courant. C'était son week end d'astreinte justement. Il restait juste le problème John qui le préoccupait mais il songea qu'à cette heure Harold devait être près de lui et qu'il saurait arranger la situation. De toute façon si lui n'y arrivait pas personne ne le pourrait…
Après s'être changé rapidement il se glissa sous les draps avec un soupir satisfait, il se sentait épuisé par sa journée et celle à venir promettait d'être rude ! Pourtant il ne profita pas plus de trois minutes de ce repos auquel il aspirait. Il sentit simultanément le matelas s'affaisser légèrement d'un côté et un poids de six kilos lui sauter dessus et le piétiner allégrement avant de s'installer sur son estomac
-« C'est pas vrai ! J'avais fermé la porte ! » Grommela t-il cherchant à se redresser
-« C'est ma faute il m'a suivit papa » entendit-il alors tandis que son fils apparaissait près de lui
-« Lee ? Tu ne dors pas ! » Protesta t-il
-« Si … enfin… jusqu'à ce que tu arrives » affirma le garçon « Est-ce que tu as arrêté la femme ? » demanda t-il avant que son père ne puisse répondre
-« Pas encore. Mais j'ai arrêté sa complice, alors c'est tout comme »
-« Ah ? »
-« Je vais m'occuper d'elle tout à l'heure en priorité »
-« Ok. Donc John et Harold ne sont plus fâchés? »
-« Je suppose que non »
-« Mais John est retourné avec Harold ? » insista Lee
-« Harold devait le rejoindre » précisa Fusco « Ils vont s'expliquer »
-« Alors tu ne sais pas s'ils sont réconciliés ! » protesta le garçon dépité
-« Lee, je n'allais pas rester pour écouter ! » répliqua Lionel « Il se tourna légèrement pour fixer son fils « Mais j'ai toute confiance en Harold, je suis sur que tout ira bien »
-« Et si ça marche pas ? »
-«Ne t'inquiète pas ça va aller » le tranquillisa Fusco
-« Comment tu peux être sur ? » Marmonna son fils
-« Parce que je sais à quel point ils s'aiment » affirma tranquillement Lionel, logique. Lee ne s'attendait pas à cette réponse et lui adressa un regard perplexe « Je n'imagine pas l'un sans l'autre tout simplement »
-« Moi non plus » Jugea Lee après un instant de réflexion
-« Je les appellerais tout à l'heure et tu seras le premier averti si ton bibliothécaire préféré a retrouver son assistant » ironisa Fusco « Ca te va ? »
-« D'accord ! » approuva le garçon
-« En attendant j'ai vraiment besoin de dormir alors si ton fauve pouvait se trouver un autre coussin… » Lee sourit et écarta son chat le posant au bout du lit. Fusco poussa un soupir exagéré
-« Oh papa ! Il est pas si lourd ! Juste musclé ! »
-« C'est cela oui » se moqua Lionel. Lee s'allongea et se blottit contre son père
-« Je peux ? » demanda t-il. Cette fois l'inspecteur eut un petit rire
-« Tu es comme ton chat tu t'installes d'abord et tu demandes ensuite ! » Il se pencha et posa un baiser sur le front de son fils « Allez dors maintenant ! »
-« Bonne nuit papa ! »
-« Bonne nuit fiston »
« Ou pas » songea Lionel lorsqu'il sentit quelques secondes plus tard une attaque ciblée sur ses orteils. Mais il finit tout de même par s'endormir, vaincu par la fatigue et bercé par le ronronnement du chasseur.
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Finch cligna des paupières et ouvrit les yeux. Il parcourut un instant la pièce du regard, la lumière du jour filtrait à travers les rideaux. Il sentait le bras de John sur lui et se tourna vers son compagnon. Reese dormait étendu sur le ventre, un bras posé en travers de sa taille comme pour s'assurer de sa présence. Il semblait enfin détendu, son visage plus serein. Finch tenta un étirement prudent et grimaça. Son corps était pesant et quelques courbatures douloureuses se firent sentir dès son premier mouvement. Il pinça les lèvres, contrarié. Hors de question de laisser voir sa faiblesse à son partenaire, il ne pourrait pas s'empêcher de culpabiliser et Finch ne voulait à aucun prix que les ombres le reprennent à nouveau. Il se concentra pour essayer de se détendre, être nerveux ne l'aiderait pas. Après quelques minutes, il tourna de nouveau la tête et vit que John était réveillé. Il le fixait, les yeux grands ouverts. Un sourire s'esquissa sur ses lèvres mais se figea brusquement. L'informaticien devina que les souvenirs de la nuit précédente devaient lui revenir. Il tendit la main pour caresser sa joue d'un geste léger et vit une lueur indécise passer dans ses yeux clairs qui avaient soudain perdu la joie qu'ils reflétaient au réveil
-« Harold… »
-« Tout va bien » chuchota celui-ci en laissant courir ses doigts sur ses lèvres avant de les remplacer par les siennes pour un baiser de pure tendresse. Reese le lui rendit timidement. Il lui adressa un sourire rassurant mais l'ex agent n'y paru pas sensible. Il tendit la main, frôlant l'épaule, effleurant les marques, la laissa dériver pour suivre doucement la courbe d'une hanche une expression douloureuse sur le visage. Finch saisit sa main et en embrassa la paume puis il se rapprocha pour l'enlacer et se blottir contre sa poitrine. Après quelques secondes d'hésitation John le serra contre lui et nicha son visage dans son cou. Ils restèrent ainsi de longues minutes. Harold avait glissé la main dans les cheveux de son compagnon et les caressaient tendrement. John ne bougeait pas, se laissant bercer par sa tendresse. Finalement il recula et fixa son partenaire dans les yeux
-« Oublie cette nuit » chuchota Finch
-« Harold, je ne sais pas… » Commença Reese mais l'informaticien l'interrompit
-« Laisse-moi tenir ma promesse s'il te plait »
-« Quelle promesse ? »
-« Je t'ai juré de ne jamais laisser l'ombre revenir dans ta vie, de toujours te protéger d'elle, tu te rappelles ? » demanda Finch « Si tu acceptes d'oublier cette nuit alors j'aurais réussi cette fois encore »
-« Mais si c'était moi ? » demanda brusquement Reese, ses pensées le rattrapant
-« Toi ? » demanda l'informaticien sans comprendre
-« Si j'étais l'ombre ? » Finch le fixa un instant
-« Tu n'es pas une ombre John. Les ombres n'éprouvent aucun sentiment et ce n'est pas ton cas »
John parut réfléchir quelques secondes qui semblèrent interminables à son compagnon puis lui sourit
-« Tu seras toujours mon vainqueur » chuchota t-il avant de l'embrasser. Finch sourit dans le baiser, soulagé d'avoir pu le convaincre « Mais laisse moi prendre soin de toi maintenant »
-« Je te fais confiance » John lui donna un autre baiser puis se dégagea doucement de ses bras. Il se leva et enfila rapidement son sous vêtement. Il contourna le lit pour aider son compagnon à se lever à son tour. Le faisant asseoir sur le bord de la couche il l'aida à passer son caleçon
-« Maintenant viens avec moi »
-« Où ça ? » demanda Finch perplexe. John ne répondit pas. Il le prit dans ses bras, glissant ses mains sous ses cuisses pour le soulever. L'informaticien s'agrippa à ses épaules par reflexe
-« Qu'est ce que tu fais ? » s'inquiéta t-il « John ? » Celui-ci le fit taire d'un baiser et l'emporta en le tenant fermement contre lui. Il traversa la chambre puis le salon, se dirigeant vers la grande baie vitrée « John non ! » protesta Finch en comprenant ses intentions
-« Tu as besoin de te détendre et je ne connait pas de meilleur moyen ! »
-« Repose-moi ! Je ne peux pas… »
-« Il n'y a personne d'autre que nous ici, personne pour nous voir ! » répliqua l'ex agent. Il le reposa au sol mais le garda enlacé, le plaquant contre lui « Laisse moi faire ! » chuchota t-il et avant qu'il ne puisse répondre John se laissa basculer en arrière dans la piscine, l'entrainant dans sa chute. Il les fit émerger presque aussitôt, Finch se cramponnait à son compagnon, étourdit mais John le tenait bien
-« Tu sais que… tu es… un peu fou parfois ! » haleta t-il
-« Je ne connais pas de meilleur remède pour toi et je dois te soigner, c'est ma faute si… » L'informaticien l'interrompit en posant la main sur sa bouche
-« Tais toi, je ne veux pas entendre cela, je vais bien ! Et ici je serais mieux encore » affirma t-il. Reese hésita puis esquissa un sourire. Finch observa l'eau autour d'eux « En nageant entre deux feuilles je pourrais peut être faire mes exercices ? » suggéra t-il pince sans rire
-« La tempête a fait des dégâts » approuva l'ex agent en détaillant les pots renversés, les branches cassées. A ce moment Bear fit son apparition sur la terrasse, s'étirant « Bear ! » appela t-il « Où étais tu toi ? Tu avais une cachette contre l'orage je parie ? » Le malinois jappa et entreprit d'explorer les alentours. Finch pris conscience de la discrétion de leur complice canin la veille, veillant sans intervenir
-« Je suppose que nous trouverons les traces de sa présence sur le canapé » remarqua t-il en s'écartant de son compagnon
-« C'est très probable » approuva celui-ci en le relâchant. Doucement Finch commença à nager dans le vaste bassin. Peu à peu ses muscles se relaxèrent. Une détente bienvenue envahie son corps, il finit par soupirer de soulagement. S'il n'avait éprouvé cette légère tension du à la crainte d'être observé tout aurait été parfait mais il se rassurait par la présence de John et plus encore par celle de Bear qui montait une garde attentive au bord de la piscine. Il savait qu'avec son ouïe affutée il ne risquait pas d'être surpris. Il sentit la présence de son compagnon dans son dos et se laissa aller contre lui d'un geste naturel. Reese l'entoura d'un geste possessif et posa le menton sur son épaule, fermant les yeux, s'enivrant de l'odeur de ses cheveux, ces simples gestes l'apaisaient plus que tout autre. Après un moment il se redressa
-« Ca va mieux ?
-« Très bien »
-« Je vais vous aider à sortir »
-« D'accord » approuva Finch qui se laissa guider puis soutenir tandis qu'il escaladait l'échelle. John le poussa à s'asseoir sur un transat rescapé
-« Je reviens » lança t-il en se précipitant à l'intérieur. Bear vint aussitôt se faire câliner par son second maître. Finch le caressa avec plaisir. Il frissonnait. Les premiers rayons du soleil étaient encore trop timides pour le réchauffer suffisamment. John fut rapidement de retour avec un grand peignoir qu'il l'aida à enfiler. Il lui tendit ses lunettes puis posa une petite serviette sur sa tête et entreprit de lui sécher les cheveux en frottant prudemment. Finch lui donna un baiser pour le stopper
-« Je vais le faire » affirma t-il. L'ex agent compris le message et le laissa faire pour enfiler son peignoir et se sécher les cheveux à son tour. Puis il abandonna la serviette sur le transat d'un geste désinvolte et entraina son partenaire à l'intérieur
-« Venez vous reposer il est encore tôt. Tu viens Bear ? » ajouta t-il en se tournant vers son chien « Bear ? » S'étonna t-il en voyant le malinois fixer la clôture avec insistance. Il fronça les sourcils mais décida de ne pas s'inquiéter davantage, Bear avait sans doute repérer une petite proie susceptible de réveiller son instinct de chasseur. Il évita la chambre principale, bien trop en désordre, et fit étendre son compagnon sur le lit de la chambre d'ami. Il s'installa contre lui et caressa doucement son dos. Finch restait immobile, savourant le calme après la tempête, la paix retrouvée, même s'il savait qu'il s'agissait plutôt d'une trêve, tout ne pourrait pas s'effacer si facilement. Il allait devoir se montrer rassurant, connaissant son partenaire, il ne pourrait s'empêcher de culpabiliser encore. Après quelques minutes il le sentit remuer, une main glissa sur sa hanche, écartant le peignoir, le frôlant avec précaution
-« Voulez vous un massage ? » chuchota Reese. Finch songea que la trêve avait peu durée
-« Je vais bien » murmura t-il « Grace à votre séance de piscine » John leva la tête et il vit le doute dans ses yeux « Les marques disparaitront, bientôt tout sera effacé » précisa t-il « Et ce ne sont pas les premières » ajouta t-il en rougissant. Reese ne pu s'empêcher de sourire « J'ai plutôt envie d'un baiser » jugea l'informaticien avec un air malicieux. John se rapprocha et l'embrassa avant de poser son front contre le sien
-« Je te soignerais quand même » s'entêta t-il
-« Je n'en doute pas. Me croiras-tu maintenant lorsque je te dis que je serais toujours près de toi ? »
-« Oui »
-« Même si j'oublie… quelques secrets ? »
-« Je ne douterais plus »
-« Compte sur moi pour te rappeler ces mots »
-« D'accord » approuva John « Je t'aime »
-« Moi aussi »
Ils restèrent enlacés, à profiter de l'autre, et le sommeil les rattrapa sans qu'ils s'en rendent compte. Ce fut la sonnerie étouffée d'un portable qui les réveilla un peu plus tard et les ramena à la réalité. Reese prit brusquement conscience de la situation
-« J'ai abandonné la mission » souffla t-il
-« La mission était terminée depuis l'arrestation de Miss d'Almeida » corrigea Finch
-« Mais l'enquête sur Agnès ? »
-« L'inspecteur Fusco a emmené Alix. Il comptait demander un mandat de perquisition pour le siège de l'agence »
-« Et recueillir les noms des autres employées ? »
-« Non il les a déjà, je lui ai transmis les listings et il allait envoyer des patrouilles pour arrêter toutes ces femmes et les interroger mais il y a peu de chance que ces femmes parlent spontanément. Il pensait plutôt trouver des preuves des chantages. Grace aux éléments collectés par Miss d'Almeida il en connait déjà plus ou moins les bases. D'après ce qu'il m'a dit cette jeune femme a accompli un véritable travail d'enquêtrice et récoltée de nombreuses preuves utiles »
-« Je vois » murmura Reese
-« Il redoute davantage de devoir interroger les ex employées de Miss Marbery. Certaines ont désormais une position sociale qui les rends difficile à atteindre »
-« Cela risque de provoquer quelques scandales »
-« c'est très probable »
-« Et Agnès ? »
-« L'inspecteur allait se rendre chez elle en priorité »
-« Je dois aller l'aider : c'est mon enquête !» affirma Reese en se redressant. Finch chercha à le retenir
-« Il s'agit de procéder aux arrestations John. Votre présence n'est pas indispensable, voir un peu incongrue »
-« Je saurais agir discrètement, j'ai l'habitude » affirma l'ex agent en se dégageant. L'informaticien voulu répliquer mais la sonnerie résonna à nouveau « Je vais répondre » John posa un baiser sur le front de son compagnon et se glissa hors du lit. Il chercha le téléphone au milieu du désordre de leur vêtements éparpillés sur le sol du salon et le trouva alors que la sonnerie s'achevait, il recomposa aussitôt le numéro
-« Lionel ? »
-« John ? » demanda celui-ci, hésitant « C'est toi ? »
-« Je suis avec Harold » précisa l'ex agent pour justifier qu'il emploi son téléphone
-« Ah… et est ce que ça va ? »
-« Tout va bien Lionel. Je suis redevenu moi-même »
-« Ravi de l'entendre »
-« Où en es tu ? »
-« On a fait le ménage et cueilli pas mal de filles plus ou moins bavardes mais Agnès manque à l'appel. Elle avait son plan de fuite »
-« Comment a-t-elle su ? » Fusco soupira
-« L'autre…. » Commença t-il « L'une des filles » reprit-il « a trompé la vigilance d'un agent et elle a réussi à passer un appel pour prévenir sa chef » Reese pinça les lèvres. Il devinait sans peine qui était la coupable et fut reconnaissant à leur complice de son silence
-« Je vais venir t'aider »
-« Est-ce que Finch pourrait faire une recherche ? Il aurait plus de chance de la localiser avec ses tours de magies que nous avec les moyens que nous laissent les restrictions budgétaires »
-« Je vais l'avertir » John jeta un bref coup d'œil vers la chambre. Finch s'était assit sur le bord du lit et câlinait Bear. Il s'assura qu'il ne pouvait l'entendre et affirma « J'ai un plan pour la faire sortir de son trou »
-« Ah ouais ? Tu sais où elle se cache ? »
-« Non. Mais je la connais. Elle doit être blessée dans son orgueil, elle ne résistera pas à la tentation de se venger »
-« Tu veux l'attirer dans un piège ? »
-« A la villa. Dès que j'aurais renvoyé Harold à la bibliothèque »
-« Tu es sur que ça marchera ? A sa place je chercherais plutôt à quitter le pays »
-« Il faut tenter le coup »
-« Finch ne va pas aimer que tu serves d'appât »
-« Je ne compte pas lui dire avant que nous l'ayons stoppé. Après ce sera terminé. Tout ira bien »
-« Bon. Je te rejoins d'ici une heure ? »
-« Ok. A tout à l'heure » John raccrocha, ramassa les vêtements épars et retourna dans la chambre « Ils sont encore un peu humides » annonça t-il
-« Ce n'est rien. J'ai un costume de rechange dans le dressing, dissimulé parmi les vôtres, au cas où »
-« Toujours aussi prévoyant ! »
-« Avec vous c'est un reflexe » estima Finch avec un mince sourire moqueur
-« Lionel a besoin que vous tentiez de localiser Agnès »
-« Elle lui a échappé ? »
-« Une complicité » éluda Reese
-« Bien. Je vais à la bibliothèque. Et vous ? »
-« Je vais aller le rejoindre » mentit l'ex agent sachant qu'il n'apprécierait pas son idée
-« D'accord » concéda Finch a contrecœur. Il se leva, se rendit dans la chambre principale et récupéra son costume dans le grand dressing. Il se glissa dans la salle de bains pour s'habiller et se coiffer. John le rejoignit pour se vêtir également. Il l'observa par le biais du miroir, ses traits tendus à nouveau, un peu de nervosité dans ses gestes, imperceptible pour tout autre mais pas pour lui…
John s'efforçait de boutonner ses manches lorsqu'il se tourna vers lui. Il saisit son poignet et s'occupa du petit élément de nacre
-« Lorsque tout ceci sera terminé il faudra que nous parlions » affirma t-il. Finch sentit son partenaire se tendre brusquement
-« Je sais »murmura t-il. L'informaticien lâcha son poignet et saisit le second
-« Nous ne pouvons pas tout effacer en quelques heures John… »
-« Je suppose que non » concéda Reese. Finch leva les yeux vers lui. Son visage était impassible mais il savait que c'était une façade. Il relâcha son poignet et entreprit de boutonner sa chemise
-« Nous pourrions nous accorder deux ou trois jours ? » suggéra t-il « Pourquoi ne pas aller au chalet ? »
-« Comme vous voudrez »
-« Vous n'aimez plus le vieux chalet ?»
-« Si bien sur » Finch leva la tête
-« John… Il faut que nous parlions de ce qui s'est passé, c'est important vous le savez bien » Reese saisit ses mains dans les siennes, le stoppant
-« Qu'envisagez-vous ? » demanda t-il abruptement « Pour nous » précisa t-il. Finch le fixa un instant, il lisait l'inquiétude dans son regard
-« De tout recommencer à zéro » affirma t-il. L'ex agent fronça les sourcils « Je voudrais que nous retrouvions la confiance que nous partagions au début de notre relation »
-« Je vous fais confiance ! » protesta Reese mais Finch secoua la tête
-« Ce n'est plus aussi vrai John. Et j'ai ma part de responsabilité »
-« Harold, il est inutile d'évoquer les erreurs passées : elles sont pardonnées »
-« Je crois au contraire que ce serait nécessaire. Elles sont pardonnées mais pas oubliées » l'informaticien dégagea ses mains pour prendre les siennes « Je voudrais retrouver l'homme sur de lui qui a bousculé nos vies un soir de juin, lors d'une soirée de fête. Cet homme là n'avait pas de doute et il ne se laissait pas détourner de ses envies » Reese baissa les yeux, troublé « A l'époque c'était moi qui doutait » continua Finch « De tout. Du fait que nous puissions avoir un avenir commun avec nos différences, que votre force et mes faiblesses puissent s'accorder. Vous n'avez eu de cesse de me prouver que tout est possible quand on s'aime assez pour surmonter tout ces obstacles. Vous étiez mon guide et je vous ai suivi aveuglement » Finch leva la main et la laissa glisser sur sa joue « Je vous ai cru et aujourd'hui je n'ai plus de doute » Il hocha la tête « Je suis différent mais j'aime ce que je suis devenu à cause de vous »
-« Moi aussi » murmura John
« L'ennui c'est que les rôles sont inversés et à présent c'est vous qui doutait »
-« Pas de mes sentiments pour vous » objecta John
-« Mais du reste » affirma Finch « Parce que je vous ai trop souvent tenu à l'écart »
-« C'était avant Harold ! Je vous fais confiance » répéta l'ex agent, têtu
-« Au quotidien. Et dans certain domaines. Mais pas tous » jugea Finch
-« Et lesquels d'après vous ? » demanda Reese, décidé à soutenir le contraire. Finch parut réfléchir un instant
-« Je pense que souvent vous vous demandez quelle sera votre prochaine découverte à mon sujet. Quelque chose que je n'aurais pas partagé. Sans le vouloir puisque j'ai retenu la leçon et que désormais je n'essaie plus de me cacher. Ai-je tort ? » Demanda l'informaticien en le fixant
-« Non » avoua finalement Reese « Mais cela passera. Parce que j'ai bien conscience de vos efforts. La dernière fois j'aurais du m'exprimer davantage. Cela aurait évité que des tensions s'installent entre nous »
-« John n'essayez pas de vous rendre responsable, vous n'avez peut être pas assez communiqué mais la faute venait de moi. Ce fut assez souvent le cas depuis l'année dernière » jugea Finch « Mais je suis bien décidé à changer cela »
-« Vous n'êtes pas le seul à commettre des erreurs Finch » protesta Reese « Je n'ai fait que cela ces derniers jours ! Et je vous ai fait du mal »
-« John… »
-« Ne dites pas le contraire je le sais bien ! » l'interrompit celui-ci « Mais c'était… plus fort que moi » Finch posa un doigt sur ses lèvres
-« J'ai eu le temps de réfléchir à ce sujet » affirma t-il « Vous n'avez pas eu beaucoup de temps avec Jessica. Pas assez pour connaitre ces petits accrochages que connaissent tous les couples et que nous, nous avons connu. Vous n'avez vécu que les bons moments ensemble. Et c'est peut être cela que vous recherchiez : une histoire plus simple, une histoire idéale ? »
-« Non » affirma spontanément Reese mais l'idée l'interpella. Il hésita puis ajouta « Ou si c'est le cas alors je me trompais. Il n'existe pas d'histoire parfaite »
-« Parfaite non. Moins compliquée que la notre c'est envisageable »
-« Peu importe qu'elle soit compliquée » contra John « C'est celle que je veux vivre » affirma t-il. Se dégageant il prit le visage de son compagnon entre ses mains « Harold si tu m'en veux je te comprendrais et je ne pourrais pas te le reprocher. Je l'accepterais. Mais si tu me laisses… » Finch posa ses mains sur les siennes
-« Non John. Ca n'est pas, ça n'a jamais été mon intention »
-« Même lorsque vous m'avez demandé de choisir ? »
-« Je voulais seulement vous faire réagir. Mais je ne pourrais pas vous écarter de ma vie » John garda un instant son regard dans le sien, cherchant sa vérité
-« Je ne te ferais plus jamais vivre ça. Et si tu veux que nous allions au chalet et que nous parlions nous le ferons. Si tu veux que nous reprenions tout à zéro je suis prêt. Tant que nous serons ensemble je ferais tout ce qu'il faudra » affirma t-il
-« Moi aussi je suis prêt John. Sinon je ne serais pas venu te rejoindre cette nuit » Reese l'enlaça doucement et le garda contre lui un moment. Ils restèrent juste à écouter leurs respirations jumelles. A sentir leur lien qui se renouait. Puis l'ex agent murmura :
-« En attendant cette mise au point j'ai une faveur à te demander… »
-« Oui ? » l'encouragea Finch
-« J'aimerais que ce soit comme avant. Je veux dire… avec nos habitudes…. J'ai juste besoin de ce lien entre nous » Finch compris le véritable sens de sa requête : retrouver un semblant de normalité, cette atmosphère rassurante où il se sentait bien, en équilibre. Il sourit
-« Il ne devrait pas être très difficile de retrouver nos habitudes » répondit-il
-« Merci » Finch l'embrassa
-« Dépêchez vous d'arrêter cette femme et d'en terminer avec tout cela et nous pourrons nous retrouver »
-« D'accord » approuva l'ex agent « Vous pouvez rentrer préparer les valises je ne compte pas perdre davantage de temps ! J'en ai assez gaspillé »
-« Soyez prudent tout de même »
-« Bien sur »
-« Je vais retourner à la bibliothèque et je reprendrais les recherches » affirma Finch. Il laissa son compagnon l'embrasser longuement, rendant baiser pour baiser, puis il se décida à s'arracher de ses bras « Nous nous retrouverons tout à l'heure »
-« J'ai hâte ! » affirma John
Finch se dirigea vers la porte à regret
-« Tu viens Bear ? » appela t-il. Le malinois l'observa un instant puis se rapprocha de son maître. Les deux hommes échangèrent un regard perplexe « Tu préfères rester avec ton maître ? »
-« Il doit avoir envie d'un peu d'action ? » suggéra Reese
-« Il risque de vous gêner »
-« Non, avec son flair il pourrait plutôt nous aider. Au pire je le laisserais dans la voiture » ajouta John
-« Entendu. Mais soyez prudent tout les deux »
-« Bien sur » promis Reese en l'embrassant « Toi, tu es trop malin ! » lança t-il au malinois lorsque l'informaticien eut quitté les lieux. Bear jappa et s'assit devant la porte l'air décidé « Allons y, j'envoie le message, je doute qu'Agnès résiste à la tentation »
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-[Votre empire s'effondre Agnès. Vous feriez mieux de vous rendre. La fuite est sans issue]
La femme rejeta le téléphone d'un geste rageur. Cet homme maudit osait se moquer d'elle ! Elle passa une main tremblante sur son visage, nerveuse. Pourquoi ne s'était-elle pas davantage méfiée de lui ? Dès le début elle avait perçu une différence, il émanait de cet homme une aura dangereuse, une faille derrière son apparence de force tranquille. Mais pourquoi s'en prendre à elle ? Qui était derrière tout cela ? Un de ses anciens clients ? Une victime de l'un de ses chantages ? Elle doutait que l'un d'eux ose s'en prendre à elle, ils avaient tous bien trop à perdre en répliquant ! Alors qui ? Elle pensait avoir soigneusement protégé ses intérêts, être inattaquable… Mais elle n'avait pas anticipée la trahison : Alix ! Cette bonne à rien engagée dans un moment de pitié ! Elle allait lui faire payer le prix fort pour sa traitrise ! Même en prison elle en aurait les moyens ! Après tout jusqu'à présent les flics avaient plus de témoignages que de preuves se rassura t-elle. Oui elle allait se retrouver en prison mais avant elle devait se venger, quitte à être condamnée que ce ne soit pas pour rien ! Elle resserra machinalement sa prise sur son sac. A cet instant l'assistante revint dans le bureau
-« Voilà miss Marbery. Tout est en ordre pour la pension de Floppy et notre comptable a validé votre virement pour un an d'avance. J'espère toutefois que vous ne resterez pas absente aussi longtemps, ce pauvre chien va s'ennuyer de sa maitresse ! » Agnès força un sourire « Voulez vous aller lui dire au revoir ? »
-« Merci c'est déjà fait. Je préfère ne pas faire durer les choses » affirma la jeune femme qui ne souhaitait pas prolonger les adieux et rendre la situation encore plus pénible
-« Alors à bientôt miss Marbery. Nous vous enverrons des nouvelles »
-« Au revoir mademoiselle » Agnès quitta l'établissement sans se retourner. Une pension de luxe pour chiens de millionnaires à laquelle elle confiait parfois son Floppy pour partir en week end. Mais cette fois la séparation serait beaucoup plus longue. Une chance qu'elle ait pu faire valider le virement car ses comptes ne tarderaient sans doute pas à être gelés.
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Finch se rendit directement à la bibliothèque. Là, entouré de ses équipements les plus performants il pourrait lancer les programmes adéquats pour localiser Agnès. Et plus vite ils l'auraient retrouvé mieux cela vaudrait. Il frissonna en pénétrant dans la vieille bâtisse, il y faisait toujours un peu frais grâce à l'épaisseur des murs, hormis dans la salle des serveurs. Il sourit en pendant son manteau à la patère, songeant que pour une fois ce n'était pas en recevant de petits coups de museau de Bear. Il adressa un regard contrarié à ses moniteurs qu'il n'avait pas éteint, trop pressé de partir le rejoindre, ce genre d'oubli ne lui ressemblait pas, « c'était un cas d'urgence » jugea t-il. Il s'installa et reprit les commandes, activant le programme de géo localisation, il fallait retrouver cette femme au plus vite. Il remarqua que l'inspecteur lui avait envoyé plusieurs mails sur la boite qu'il lui avait réservé et les consultât. C'était la copie du contenu des classeurs de Castille d'Almeida que l'inspecteur avait confié à un agent dès son retour lui demandant de les scanner pour « les exploiter plus facilement » avait-il prétexté, en fait il voulait surtout en faire profiter ses complices. Finch décida de commencer à les exploiter immédiatement. Il voulait étayer les preuves collectées par la jeune femme pour qu'elles deviennent inattaquables. Il se laissa absorber par ses recherches jusqu'à ce qu'une petits sonnerie lui signale la fin du programme. L'application lui fournit le listing des lieux où le portable d'Agnès avait borné. La dernière adresse correspondait à une pension canine. Il transmit aussitôt l'information à son agent et à l'inspecteur. Cela lui fit faire une petite pause et il réalisa qu'il en avait besoin. Malgré le moment de détente dans la piscine il se sentait encore un peu courbaturé, cela n'avait rien d'étonnant avec toute la tension de ces derniers jours et leur nuit mouvementée. Il se leva pour se dégourdir un peu, passant la main sur sa nuque pour essayer de soulager un peu la tension. Se glissant dans la petite cuisine il décida de prendre un comprimé, il avait besoin de rester concentré sur ses recherches. Il se versa un verre d'eau pour avaler le médicament puis absorba une préparation, c'était un reflexe à présent, inculqué par son compagnon pour lui éviter des maux d'estomac. Il mit la bouteille à la poubelle mais lorsqu'il voulu reprendre son verre pour le finir il fit un faux mouvement et celui-ci bascula, tombant sur le sol où il se brisa, l'eau se répandant, formant une flaque claire sur le béton. Contrarié, l'informaticien se baissa pour ramasser les morceaux mais il suspendit brusquement son geste, la situation éveillant un étrange écho dans sa mémoire, une eau claire reflétant un rai de lumière puis une carafe se brisant en mille éclats. Une flaque dont il examinait la forme et… Instinctivement il tourna la tête vers l'entrée, s'attendant presque à voir John appuyé contre la grille de fer mais elle n'était pas visible de la cuisine et il était seul. Finch passa la main sur son visage. Ce rêve… ce cauchemar plutôt, l'avait hanté pendant plusieurs jours à cause de son réalisme, mais il avait fini par l'oublier. Et voilà qu'un détail le ravivait, était-ce un mauvais présage ? D'ordinaire il ne croyait pas vraiment en ces signes mais celui là était si réaliste ! Il inspira profondément pour se calmer et ramassa les morceaux de verres d'un geste décidé. Il n'allait pas se laisser impressionner, cela ne voulait rien dire, c'était juste un effet de son imagination et du stress de ces derniers jours. Malgré cela il garda un sentiment de malaise lorsqu'il rejoignit son siège et repris ses recherches. Il regretta même la présence rassurante de Bear à ses côtés…
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Fusco stoppa son véhicule et consultât son portable. Finch avait été rapide, comme d'habitude. La dernière position d'Agnès la situait à l'autre bout de la ville, plus près de l'aéroport que de la villa jugea l'inspecteur. Il faudra être convaincant pour l'attirer jusqu'ici alors que la raison lui dicterait de fuir. S'assurant que son véhicule était soigneusement dissimulé, il pénétra dans le domaine. Atteignant la terrasse il éprouva la sensation d'être observé mais l'irruption de Bear venu l'accueillir avec enthousiasme l'empêcha d'approfondir la question
-« Tu es là toi ? » s'exclama t-il « Tu veux participer à l'arrestation ? » ajouta t-il en le caressant. Il leva tête en entendant la porte coulisser
-« Tu as fait vite Lionel »
-« Je me suis dis que si Agnès mord à l'hameçon elle ne tardera pas »
-« Le temps de traverser la ville. Tu as reçu sa position ? »
-« Ouais. Finch me l'a transmise »
-« Toujours aussi efficace » approuva Reese
-« Vous en êtes où tout les deux ? » demanda franchement Fusco
-« Nous avons parlé »
-« Seulement parlé ? » demanda Lionel avec un coup d'œil suspicieux vers les débris du miroir. John suivi son regard « Non ! Je n'imagine pas un seul instant que tu puisses lever la main sur lui » précisa rapidement l'inspecteur « En revanche que tu t'en prennes à toi-même… »
-« Tu me connais bien Lionel » ironisa John, amer « Je ne ferais rien d'inconsidéré. Parce qu'il ne me le pardonnerait pas » ajouta t-il fermement
-« Et moi non plus » marmonna Fusco
-« Lionel, je te dois des remerciements pour t'être occupé de la mission et surtout pour avoir été là pour lui »
-« Je n'ai fais que renvoyer l'ascenseur »
-« Non c'est plus que cela tu le sais bien » insista Reese
-« Mouais. On ferait mieux de se préparer à recevoir Agnès » éluda l'inspecteur
-« D'accord » approuva John jouant le jeu. Ils pourraient toujours en reparler plus tard « Au moins je suis rassuré. Je sais que s'il devait m'arriver quelque chose il ne sera pas seul »
-« Tais toi tu vas nous porter la poisse ! » protesta Fusco, faisant mine d'être fâché. Reese sourit et alla jusqu'à la cuisine. Il voulait réparer les dégâts et préserver Bear. Fusco le regarda faire « Je ne suis pas de ton avis » songea t-il « Il y a des présences qu'on ne remplace pas » et l'inspecteur savait bien que sans John, Harold serait seul, fut-il entouré d'une foule. Il y a des solitudes qui ne se comblent pas. Reese ramassa les débris. Bear lui apporta un petit bout de tissu en frétillant
-« C'est la pochette d'Harold ? » lui chuchota son maître. Il glissa le tissu dans sa poche « Chut, soyons discret Bear » le malinois lui donna un petit coup de museau « J'ai bien fermé la porte de la chambre : pas d'indice pour Lionel » affirma t-il. Le chien parut approuver et l'escorta jusqu'à la cuisine pour jeter les débris
-« Je vous suis » commenta Fusco en les voyant passer, je vais me planquer dans la cuisine, c'est tout proche et je vais appeler un gars en renfort »
-« Je vais l'attendre dans le salon »
L'appel fut bref, l'inspecteur passa la tête à la porte
-« C'est bon pour moi »
-« Lionel, que s'est-il passé pour Alix ? »
-« Je l'ai emmené à la planque pour qu'elle soit en sécurité. Et quand il faudra l'interroger je m'occuperais moi-même des trajets, en tout cas jusqu'à ce qu'elle soit placée sous protection »
-« Je lui dois beaucoup. Si je peux t'aider… »
-« Je t'appellerais. Ah on dirait que Bear sent quelque chose » ajouta Fusco en voyant le malinois se rapprocher de la porte, sur le qui vive
-« Tu as raison il a entendu du bruit »
-« Tache de pas trop la provoquer, j'ai pas envie qu'elle tire d'abord et qu'elle discute ensuite » chuchota Fusco. Il se dissimula mais rien ne se produisit « Fausse alerte » marmonna t-il après quelques minutes. Enfin si elle ne vient pas elle ne s'échappera pas pour autant, j'ai fait boucler les gares et les aéroports »
-« Elle viendra » affirma Reese sur de lui « Je n'ai pas de doute là-dessus. Un bruit de pas à l'extérieur parut alors lui donner raison…
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John était assis dans le fauteuil de cuir, Bear à ses pieds. Ils entendirent le bruit des talons résonnant sur le carrelage. Reese intima à son chien de ne pas bouger. Agnès entra dans la pièce et s'arrêta à quelques pas face à eux
-« Vous êtes venu vous rendre ? C'est un bon choix» affirma l'ex agent
-« Je suis venu régler mes comptes » répliqua la femme en sortant une arme de son sac qu'elle jeta au sol d'un geste désinvolte. Bear gronda mais resta immobile.
-« Vous avez perdu Agnès. Inutile d'aggraver votre peine »
-« Pourquoi ? » cria celle-ci « Pourquoi vous en être pris à moi ? »
-« Vous êtes une criminelle, à votre façon »
-« Qui vous a payé pour agir ? »
-« Personne »
-« J'aurais pu vous offrir bien plus ! »
-« Je ne suis pas à vendre et je vous le répète : personne ne m'a payé » Agnès fronça les sourcils
-« Vous êtes flic ? »
-« Non. J'agis de mon propre chef »
-« Mais qui êtes vous à la fin ?! »
-« Une tierce partie concernée ? » suggéra Reese
-« Ne vous moquez pas de moi ! » hurla la femme, furieuse. Bear se ramassa un peu plus, prêt à bondir « Vous avez détruit ma vie ! » continua t-elle
-« Mais vous, combien en avez-vous détruite ? Combien d'homme ont dû subir vos chantages ? Ceux qui s'en sont sorti en payant peuvent s'estimer heureux, plus que ceux qui ont du subir une union contrainte et qui parfois y ont laissé la vie»
-« Ils y trouvaient leur compte aussi ! » répliqua Agnès
-« Pourquoi ne pas être restée honnête ? Votre affaire ne marchait pas si mal »
-« Êtes-vous à ce point naïf ? Croyez vous que l'on devient aussi riche que je le suis en restant honnête ? »
-« C'est possible. Avec du travail et de la patience »
-« La vie est trop courte M Rooney, je n'avais pas de temps à perdre alors j'ai fait ce qu'il fallait ! »
-« Y compris éliminer les obstacles sur votre route par la manière forte »
-« La seule réellement efficace » ricana Agnès « Et je vais l'appliquer sur vous » ajouta t-elle en armant le pistolet. Bear gronda de nouveau, tendu, alors que John restait parfaitement impassible
-« A quoi cela vous avancera t-il ? Cela ne fera pas taire vos complices »
-« Ce sera une satisfaction personnelle ! » affirma la jeune femme en levant le bras pour ajuster son tir mais elle n'eut pas le temps de presser la détente, Fusco surgit et stoppa son geste d'une poigne ferme
-« Ou pas » commenta t-il en la ceinturant
-« Lâchez-moi ! » hurla Agnès
-« Pas avant d'être au poste, dans une petite cellule dont je doute qu'elle vous plaira mais il faudra vous y habituer ! » jugea l'inspecteur. Il la menotta puis prit son portable et appela son agent pour lui confier la coupable. « Votre nouveau garde du corps ne va pas tarder »
-« Vous croyez sérieusement pouvoir me garder ? J'ai des relations ! » Cracha Agnès
-« J'espère bien profiter un peu de votre compagnie » se moqua Lionel « Je sais que vous avez des protections mais je ne crois pas qu'elles vous resteront fidèles »
-« Vous verrez bien ! Et vous allez y laisser votre carrière ! »
-« Sans blague » ironisa Fusco
-« Et vous… » Poursuivit Agnès en se tournant vers l'ex agent « Vous pouvez considérer que vous êtes en sursis » affirma t-elle, menaçante « Et ce n'est pas la prison qui m'empêchera de vous atteindre quand je le voudrais » Reese se pencha vers elle et lui affirma
-« Nous sommes tous en sursis Agnès, une ennemie de plus ne m'inquiète pas » La jeune femme lui lança un regard furieux, vexée de l'inefficacité de ses menaces
Un agent apparut sur le seuil.
-« Je suis là inspecteur Fusco » ce dernier poussa la suspecte d'un mouvement agacé
-« Tenez Webster, conduisez là à la voiture j'arrive » commanda t-il avant de se tourner vers son complice « Dis donc superman ! Elle te braque et tu ne bouges pas d'un pouce ! »
-« Je savais que tu étais juste à côté, je ne risquais rien »
-« Et si j'avais mal calculé mon coup ? »
-« Oh tu es bon en math Lionel » ironisa John. L'inspecteur grimaça
-« En tout cas cette fille est sacrement mégalo. Je vais retourner au poste j'ai du boulot qui m'attends » affirma t-il « Tu vas retrouver Harold ? »
-« Oui. J'en ai… besoin » Fusco le fixa un instant, indécis « J'ai fait assez d'erreur Lionel, cette fois j'ai compris »
-« Je dirais que tu avais des circonstances atténuantes mais la prochaine fois je garantie pas que tu resteras entier ! »
-« Tu veux te faire le défenseur d'Harold ? » remarqua l'ex agent
-« Je suis son ami »
-« Je sais » murmura Reese « Mais tu n'en auras pas besoin »
-« J'espère bien » grogna Fusco
-« Nous allons prendre un peu de temps et nous retrouver »
-« C'est une bonne chose » approuva l'inspecteur. Il observa un instant son complice mais n'ajouta rien « En cas de besoin vous savez où me trouver » lança t-il en quittant la pièce après avoir accordé une dernière caresse au malinois qui écoutait les deux hommes avec attention.
-« Viens Bear nous allons rentrer » affirma John tout en saisissant son téléphone pour appeler son associé. Il suspendit son geste un instant en voyant Bear sortir sur la terrasse, en alerte
-« Bear ? » Il le suivit et scruta les environs sans rien remarquer. Le malinois observait le petit sentier et il en déduit qu'il surveillait l'arrestation. Il lança l'appel.
-« John ? »
-« Tout est fini Finch. Lionel a embarqué Agnès. Elle ne nuira plus à personne »
-« Où l'avez-vous retrouvé ? » John hésita
-« Je l'ai attiré à la villa »
-« John ! »
-« C'était la meilleure solution » affirma l'ex agent. Il perçu le soupir de son partenaire
-« Est-ce que vous allez bien ? »
-« Je ne suis pas blessé. Et j'ai toute ma raison » précisa Reese
-« Bien. L'inspecteur Fusco va avoir de quoi faire. Il me semble que les langues se délient. Et même plus facilement qu'on ne l'aurait cru »
-« Tant mieux, plus les témoignages seront nombreux plus il y aura de charges »
-« Le mieux serait de retrouver ce carnet dont a parlé Alix. Il contenait tout de ses activités semble t-il »
-« Ce serait l'idéal » Jugea John. Il vit Bear s'éloigner en direction du jardin « Bear ! » rappela t-il
-« Que se passe t-il ? »
-« Rien, il est un peu nerveux »
-« Cela ne lui ressemble pas » remarqua Finch
-« Il a peut être perdu l'habitude de l'action ? » s'amusa Reese « Nous allons rentrer. J'ai hâte d'être avec toi » ajouta t-il plus bas
-« Moi aussi » avoua Finch
-« Les valises sont prêtes ? » L'informaticien ne put s'empêcher de sourire
-« Pas encore. Le séjour vous tente à présent ? »
-« J'aime le chalet. Et Bear encore plus » affirma John « Et si cela nous permet de nous retrouver c'est encore mieux » ajouta t-il, sérieux
-« Alors je vais m'empresser de préparer le départ »
-« Parfait ! Et… oh… » Murmura l'ex agent
-« Oui ? »
-« Je réalise qu'Agnès a abandonné son sac tout à l'heure… »
-« Et vous pensez qu'il contiendrait des éléments intéressants ? »
-« Au moins son téléphone. Peut être quelques notes ? » Estima l'ex agent « Il faut que je retourne le chercher. J'en ai pour un instant »
-« Mieux vaut ne pas le laisser c'est sur »
-« Puisque je vais rentrer tôt, quelque chose vous tente ? Un resto ? »
-« Et les bagages ? »
-« C'est vrai. Je prendrais à emporter alors. Une envie ? »
-« Juste vous » murmura Finch puis il reprit, provocateur « Quoique, depuis un certain plongeon dans la piscine j'ai très envie d'aller m'entrainer un peu dans la mienne »
-« Et les bagages ? » paraphrasa Reese
-« C'est vrai » approuva Finch, jouant le jeu « J'attendrais notre retour alors»
Reese eut un sourire entendu
-« Et vous aurez besoin de votre coach ? » tenta t-il taquin
-« Bien sur. Je ne peux rien de valable sans lui»
-« Et il adore vous entrainer Harold. Même faire des heures supplémentaires ne le dérange pas si c'est pour vous. D'ailleurs je crois qu'il vous apprécie un peu trop. Je vais devoir surveiller cela d'un peu plus près »
-« Je crois que votre jalousie me manquait John » murmura l'informaticien
-« Tant mieux car vous allez devoir à nouveau la supporter ! »
-« Avec vous je m'en doute »
-« Vous ne me changerez pas Harold : je vous aime c'est tout ! »
-« Moi aussi John. Et je ne veux pas que vous changiez »
-« Quelle chance ! » se moqua Reese
Finch allait répondre lorsqu'il entendit la voix de John qui avait soudain perdu son ton badin
-« Bear ? Qu'y a-t-il ? »
Finch cru entendre gronder le malinois, chose tout à fait inhabituelle chez lui
-« John ? » appela t-il. Un appel retentit alors et l'angoisse dans la voix de John lui glaça le sang, une faible plainte lui faisant écho
-« Bear ! Non ! » Entendit-il. Un claquement sec retentit et la phrase s'éteignit dans un gémissement douloureux. Finch bondit de son fauteuil
-« Un coup de feu » murmura t-il affolé. Il entendit un aboiement, un souffle court, douloureux. Puis un bruit étrange, une voix inconnue cria, il y eut des grognements, des grondements. Un second coup de feu claqua et Finch vacilla en entendant un jappement plaintif lui faire écho. Quelques instants plus tard il perçu un bruit d'eau puis des pas précipités et enfin le silence. Un silence de mort qui le terrorisa. Il appela désespérément son compagnon mais seul ce terrible silence lui répondit…
