Bonjour tout le monde ! J'espère que ce deuxième chapitre vous plaira.
- « Me jureras-tu fidélité en ancien langage ?
- Jamais ! » La même question, la même réponse. Toujours. Et toujours suivies par le fer brûlant. Jamais autre chose.
Cette fois-là fut une exception ou plutôt la fin d'une période et le début d'une nouvelle, car le roi avait apporté un fouet.
Murtagh le détacha et le fit rouler sur son ventre avant de le rattacher et de déchirer sa tunique de manière à dénuder son dos. L'elfe ne tenta pas de se débattre durant l'opération, mais continua à défier Galbatorix du regard. Depuis le début de sa captivité, il n'avait pas cessé de défier le roi, continuant à argumenter, à lui renvoyer ses incohérences et sa cruauté au visage, même si cela lui occasionnait des tortures supplémentaires. Il était encore bien loin d'être brisé.
Le fouet claqua, laissant une sensation de brûlure. Il ferma les yeux durant la suite du supplice, se mordant la lèvre pour ne pas laisser échapper un son, malgré la souffrance qui lui donnait envie de hurler. Les lacérations s'ajoutaient les unes aux autres et des larmes perlaient sur ses cils.
Il finit par laisser échapper un gémissement, mais la lanière de cuir s'abattit une nouvelle fois sur son dos. Incapable d'échapper à la douleur, Oromis gémit une nouvelle fois.
- « Quatre-vingt-dix. »
Les sons commençaient à se brouiller, jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Ses yeux eussent-ils été ouverts qu'il n'aurait plus perçu que du noir, à supposer qu'il eusse pu percevoir quoi que ce soit.
Quand il reprit conscience, il était à nouveau couché sur le dos, seul. La douleur était toujours présente, pulsant dans son dos maigre, répandant ses flammes cruelles dans tout son corps.
Il étouffa un sanglot en entendant la porte s'ouvrir, craignant que ce ne soit Galbatorix, mais les pas vifs qui descendaient n'étaient pas ceux du roi et n'appartenaient qu'à une seule personne. Très vite, Oromis reconnut le visage de Zarna. La jeune fille ne dit rien, se contentant de s'approcher prudemment, et lui détacha les mains et la tête, le faisant s'asseoir. Elle nettoya les plaies de son dos et en soigna une partie, avant de le replacer sur la pierre et de refermer ses entraves.
- « Merci » souffla-t-il. Zarna pinça les lèvres, et un ricanement qui sonnait comme un sanglot lui échappa.
- « Inutile de me remercier. » Et elle s'en alla. Le geôlier arriva peu de temps après et la routine reprit, jusqu'à l'heure de la séance de torture. Galbatorix était seulement accompagné de Murtagh cette fois. Le jeune homme ranima les flammes du brasero et ouvrit le coffre ; le couvercle grinça sinistrement.
- « Bien, je vois que Zarna s'est déjà occupée de ton dos. Cette petite est une perle. » Tout en parlant, le tyran s'approcha de l'elfe et posa une main sur son épaule.
- « Aujourd'hui, nous allons procéder différemment, annonça-t-il avec emphase. Je t'ai préparé une surprise, j'espère qu'elle te plaira. »
L'elfe se contenta d'arquer les sourcils.
Soudain, il entendit la porte s'ouvrir et des bruits de pas descendre l'escalier ; Zarna était de retour, suivie par deux gardes qui tenaient un prisonnier.
La jeune fille inclina la tête en direction de Galbatorix, qui déclara avec un sourire satisfait :
- « Juste au bon moment, ma chère. Vous pouvez disposer » ajouta-t-il à l'intention des soldats, qui s'inclinèrent et repartirent, laissant le prisonnier sur le sol.
- « Zarna, Murtagh ? » Elle saisit l'épaule du captif et le fit asseoir sur une chaise que le jeune homme venait d'installer. Ensemble, ils l'y attachèrent.
Le cœur d'Oromis rata un battement tandis qu'il dévisageait, incrédule, l'autre prisonnier. Comment était-ce seulement possible ? Il était censé être mort, tué par Galbatorix en personne !
- « Evandar ? » souffla-t-il, stupéfait et horrifié. Le roi elfe lui sourit – ou du moins essaya – mais leur petit échange leur valut à tous deux une gifle de Galbatorix. Le tyran eut un sourire froid.
- « Comme vous vous en doutez probablement, je ne vous ai pas amenés ici simplement pour que vous retrouviez un ami de longue date. Non, j'ai une meilleure idée. » Il se tourna vers Evandar :
- « Je suppose que tu ne veux toujours pas te mettre à mon service.
- Jamais, répondit durement le roi elfe.
- Dans ce cas… soupira le traître. J'espérais ne pas avoir à en venir à de telles extrémités, mais il semblerait qu'on ne me laisse pas le choix… »
Il s'empara d'un couteau qui se trouvait dans le coffre et s'approcha d'Oromis, tournant sa paume vers le plafond pour y poser la lame.
- « Dernière chance » déclara Galbatorix en regardant l'elfe aux yeux verts. Mais celui-ci se tut, se contentant de regarder Oromis. Un message sembla passer entre les deux elfes, et le Dragonnier sourit paisiblement.
- « Très bien, dans ce cas… Mais souviens-toi que tu peux m'arrêter à chaque moment. » La lame entailla délicatement la paume d'Oromis, avant de venir se poser sur son bras nu. L'acier entama la peau sans difficulté et l'elfe se crispa. Il lui fallut une nouvelle fois recourir à sa maîtrise des exercices de respiration pour se détendre. Les plaies naissaient les unes après les autres, le sang ruisselait le long de son bras meurtri, il avait froid. Galbatorix changea de bras, et malgré lui, Oromis laissa échapper un cri. Ses plaies le brûlaient tout autant que les fers qui avaient été apposés sur sa peau. Il n'en pouvait plus, pourtant il se força à ne pas céder.
Son bourreau finit par abandonner ses bras pour entailler la plante de ses pieds, et la limite entre ses ongles et ses orteils, s'assurant de rendre la marche quasiment impossible pour le pauvre elfe, qui ne pouvait même plus hurler.
Oromis finit par sombrer dans l'inconscience, seulement pour en être aussitôt tiré par des coups au visage et au ventre. Galbatorix sourit et tendit son couteau à Zarna, qui se chargea de le nettoyer et le ranger. Le tyran fit signe à Murtagh, et le jeune homme s'empara d'un des fers, qu'il posa sur le torse de l'elfe, là où il n'y avait encore aucune trace de torture.
Finalement, alors que Galbatorix allait continuer de le torturer, Zarna lui agrippa le bras.
- « Non, souffla-t-elle, vous allez le tuer. » Le roi soupira, avec l'air d'un enfant à qui on aurait retiré son jouet préféré, et s'approcha d'Oromis, soignant ses bras sans toutefois faire disparaître les cicatrices. Il ne laissa ouvertes que les plaies qui couvraient ses pieds nus, et s'en alla, suivi par Zarna et Murtagh, ce dernier tenant Evandar.
La fois suivante, Oromis ne revit pas le roi elfe ; en revanche, il vit Galbatorix, furieux, et Murtagh. Le tyran le regarda avec une telle dureté que l'elfe en frissonna.
Il fut fouetté et roué de coups pendant ce qui lui parut être des heures. Quant ses bourreaux repartirent, il sentit qu'on appliquait un linge humide sur ses meurtrissures et qu'on soignait ses plaies. L'elfe croisa le regard inquiet de Zarna. La jeune fille lui fit boire un peu d'eau ; après quoi, épuisé, Oromis ferma les yeux.
- « Désolée… Quelqu'un a fait évader Evandar et le roi est fou de rage. Il a prévu de se contenter à nouveau du fer rouge cependant.
- Est-ce vrai ? murmura l'elfe.
- Quoi donc ? rétorqua-t-elle avec ce qui lui sembla être de l'agacement.
- Avez-vous vraiment rejoint Galbatorix de votre plein gré ? » Elle pinça les lèvres.
- « Oui. Et ?
- Pourquoi ?
- Pourquoi pas ? Mes connaissances sont bien plus utiles ici que dans le camp Varden.
- Vous connaissiez Eragon ?
- Ça vous regarde ? rétorqua-t-elle avant de répondre néanmoins :
- Oui. » À en juger par son expression, elle n'avait pas vraiment apprécié le jeune Dragonnier. Oromis n'en demanda pas plus, trop épuisé pour chercher à en savoir davantage, et finit par s'endormir, songeant qu'Evandar allait lui manquer.
