Histoire Sorcière

Yule arrivait et Andromeda, Narcissa et Lucius en profitèrent pour lui faire un cours complet sur les fêtes et les célébrations Sorcières.

-Mais pourquoi on n'apprend pas ça à Poudlard ? s'étonna Harry

-Parce que ça fait partie du cours d'Etude des Sorciers, expliqua Andromeda. Mais ce cours a été supprimé peu de temps avant que tu n'entres à Poudlard.

-Pourquoi ? s'indigna Harry

-Le professeur Dumbledore l'a justifié en déclarant qu'il aurait plus sa place dans les cours d'Histoire de la Magie, répondit Lucius. Seulement, il s'avère que le professeur Binns n'a pas changé son cours d'un iota depuis sa mort donc ce n'était pas sur ordre du directeur qu'il allait le faire.

Harry appréciait de moins en moins les décisions qu'Albus Dumbledore avait prises pour l'école de magie.

-Donc Halloween … fit Harry.

-Samain, corrigea immédiatement Narcissa. Retenez bien que les fêtes judéo-chrétiennes se calquent sur les fêtes païennes, surtout pour permettre une conversion des peuples plus simple. Avant, les Sorciers et les Moldus vivaient ensemble.

-Donc, Samain, reprit Harry. C'est la fête des Morts.

-Un hommage aux disparus, confirma Lucius. C'est un jour de conjecture magique qui est unanimement fêté à travers le monde dans toutes les communautés magiques.

-Les autres créatures magiques fêtent Samain ? s'étonna Harry

-Toutes les célébrations Sorcières sont fêtées par tous les êtres magiques sous d'autres noms, répondit Andromeda. C'est pour cela qu'elles sont considérées comme des jours de trêves.

-Que Voldemort ne respectait pas, constata Harry.

-Les Sang Pur ne participaient pas à ces raids-là, assura Lucius.

-Pourquoi ? demanda Harry

Lucius était hésitant mais un coup de coude de Narcissa le lança.

-Nous étions cloués au lit à ces dates-là, soupira Lucius. La Magie nous faisait payer nos actes, toutes les tortures, tous les meurtres auxquels nous prenions part les jours de conjecture magiques. C'est uniquement ces jours-là que la Magie pouvait surpasser l'appel de Voldemort. Généralement, quand un Mangemort ne voulait plus le servir, il essayait de se rendre à ses pieds ces jours-là.

-Et qu'est-ce qui se passait ? demanda Harry

-Il arrivait mort aux pieds de Voldemort, révéla Lucius. Consumé par sa magie.

Harry devint vert. C'était une mort horrible.

-Tout le monde peut y assister ? demanda Harry

-Ceux qui sont présents doivent participer aux célébrations Sorcières, prévint Andromeda. Être simple spectateur n'est pas possible.

-Même les enfants ? fit Harry

-Oui, confirma Narcissa. C'est un jour de communion magique donc il est conseillé d'y aller. La magie brassée aide les enfants à avoir leurs premières manifestations de magie.

-Alors pourquoi Neville … fit Harry avant de se taire.

Toutes les histoires que le jeune homme lui avait racontées l'avaient quand même pas mal remué.

-Il faudrait poser directement la question à lady Longbottom, fit Narcissa. Je ne préfère pas m'avancer sur le cas de son héritier.

Harry comprit aisément que les histoires de famille n'étaient pas là pour être répandues comme des ragots sordides.

-Vous voulez me faire participer à Yule ? reprit Harry

-Ce serait un bon début, confirma Lucius. Vous voir à cette célébration montrera que vous prenez à cœur votre héritage. Vous vous démarquerez ainsi à la fois de Voldemort et de Dumbledore.

-Il ne célébrait pas les fêtes Sorcières ? s'étonna Harry

-Il a interdit leur célébration dans l'enceinte de l'école quand il est devenu directeur, pinça des lèvres Andromeda.

-Et vous ne vous êtes pas insurgé ? fit Harry

-Il s'est justifié en déclarant que les Nés Moldus n'avaient pas assez de magie pour pouvoir supporter les célébrations, renifla Narcissa. Malheureusement, il passait pour la personne qui s'y connaissait le plus sur les Nés Moldus donc la majorité s'est rangée de son avis.

-Et c'est vrai ? questionna Harry

-C'est un point sur lequel il faudrait se pencher, avoua Lucius. Car on ne sait pas sur quoi s'appuyait Dumbledore pour assurer cela. Il était connu qu'il ne se référait pas aux études étrangères et que les Sang Pur refusaient d'intégrer les Nés Moldus dans les célébrations depuis le début du siècle sans une solide préparation.

Harry prit note dans un carnet. Hermione serait ravie de se prêter à l'expérience une fois qu'elle serait sur ses jambes.

-Vous avez parlé de l'Histoire de la Magie, se rappela Harry. Est-ce qu'il n'y a que les guerres contre les Gobelins ?

-Non, assura Andromeda. Binns a une histoire personnelle avec les Gobelins en fait. Son père, ses frères et son grand-père aimaient s'en prendre à eux et les tuer pour le plaisir. Un jour, ils ont été pris et jugés par la justice Gobeline. Ils ont été condamnés à travailler dans les mines pour plusieurs années. Pour éviter une nouvelle guerre, le ministère a ordonné que tous leurs biens soient reversés aux Gobelins en guise de compensation. Binns, en sortant d'école, était sur la paille et sans argent, il a dû devenir enseignant au lieu de la flamboyante carrière qu'il s'imaginait avoir.

-Mais ce qu'il ne veut pas savoir, ajouta Lucius, c'est que ceux qui l'ont dépouillé de son héritage, ce sont les bureaucrates du Ministère et non les Gobelins, qui avaient simplement l'intention de bloquer la partie de l'héritage qui lui revenait jusqu'à ses vingt-et-un ans.

-C'est essentiellement à lui que l'on doit la mauvaise réputation des Gobelins, termina Narcissa.

-Et on ne vire pas ? s'estomaqua Harry

-Cela fait un professeur en moins à payer, railla Lucius. Même s'il raconte n'importe quoi.

Harry marmonna dans sa barbe. Certes, Minerva était moins aveugle sur les actes de Dumbledore mais réussir à la convaincre de virer Binns ? Il préférait laisser ce travail à Hermione. La logique, c'était elle. Lui, c'était plutôt l'instinct.

-En parlant d'histoire Sorcière, j'ai noté que Fleury et Bott ne vendaient pas des livres dessus, fit remarquer Harry. Pourtant, avec le nombre de Nés Moldus qui arrivent chaque année …

-Le Ministère a un contrôle très strict sur ce qui se vend sur le Chemin de Traverse, répondit Lucius. Pour cela, il avait accordé de gros avantages fiscaux contre un droit de regard sur leur marchandise. Il trie donc tout ce qui lui semble correct de tout ce qui lui parait illégal. En réponse, l'Allée des Embrumes a vu le jour.

-J'ai cru comprendre que c'était un endroit mal famé, hésita Harry.

-Ce n'est pas un lieu recommandé en pleine nuit, concéda Andromeda. Elle a sa réputation déplorable uniquement parce que les créatures magiques circulent librement à visage découvert sans que qui que ce soit ne s'insurge et où les Aurors doivent en priorité appliquer le droit magique avant les lois du Ministère.

-C'est également un lieu où les Sang Pur se retrouvent, fit Narcissa. Son véritable nom est le Quartier des Embrumes, car il regroupe tous les commerces qui ne sont pas politiquement corrects aux yeux du Ministère.

-S'il y a un sujet qui n'est pas traité sur le Chemin de Traverse, il le sera sûrement dans le Quartier des Embrumes, conclut Lucius.

Harry prenait plein de notes, comme toujours. Il ne pouvait pas comprendre comment on pouvait cacher autant de choses aux enfants provenant du monde Moldu alors que c'était dans l'apprentissage de leur monde ! Mais d'un autre côté …

-Pourquoi j'ai l'impression que vous n'avez rien fait pour changer cet état de fait ? demanda Harry

Lucius se raidit légèrement mais ce fut Andromeda qui lui répondit.

-C'est plus un concours de circonstances qu'une situation intentionnelle, avoua Andromeda. Les « mages noirs » qui se sont élevés ces derniers siècles avaient le soutien d'une partie des Sang Pur. Quand ils étaient emprisonnés ou vaincus, les Sang Pur devaient se faire discrets pour qu'on n's'en prenne pas à eux. Le ministère en profitait alors pour faire passer des dispositions contre lesquelles nous nous serions opposés ou à la rigueur, nous aurions fortement demandé à modifier.

-Et ceux qui s'opposaient aux mages noirs ? demanda Harry

-Comme vous, vous voulez dire ? sourit Narcissa. C'était des Nés Sorciers généralement qui n'étaient pas aux faits des us et coutumes Sang Pur. C'est un peu pour cela que nos traditions se perdent.

-Et Dumbledore ? fit Harry

-Le cas de Dumbledore est un peu différent, avoua Lucius. Il a très vite été conscient du pouvoir qu'il détenait et a voulu en faire usage. Seulement, il a oublié que le monde Sorcier ne se constituait pas uniquement de Nés Sorciers et que les Sang Pur n'étaient pas à part seulement pour une histoire d'argent. Il avait de bonnes intentions mais il s'est perdu en chemin et a omis de se rappeler qu'il n'était pas seul au monde.

-Nous allons nous arrêter là pour aujourd'hui, fit Andromeda. Je vais te donner un grimoire qui va te résumer comment va se passer Yule. Préviens le jeune Longbottom que tu vas aller à la célébration de Stonehenge.

-Ça ne se fête pas au sein de chaque famille ? sursauta Harry

-C'est un jour de communion, sourit Andromeda. Tous les Sang Pur sont invités à célébrer la Magie tous ensemble.

Harry salua ses hôtes avant de rentrer à Grimmaurd Place.

§§§§§

Pour les fêtes de fin d'année, Hermione avait décidé de passer deux semaines chez Harry. Le brun avait accepté de l'héberger et puisque les Elfes de maison étaient à son service, c'était un soulagement pour lui qui était inquiet pour son amie.

Harry l'avait mise au courant du projet de Lucius Malfoy de le convier à la célébration de Yule. Intriguée, Hermione avait demandé si elle pouvait elle aussi y assister et Andromeda lui avait alors demandé de lire le grimoire qu'elle avait confié à Harry pour qu'elle puisse se préparer. Le fauteuil roulant Moldu avait posé un problème mais Harry et Blaise s'étaient portés volontaires pour l'aider. Harry avait avoué qu'il s'était retenu d'hurler de rire quand il avait vu la petite silhouette de son amie perdue dans les bras musclés du grand noir.

La cérémonie avait été riche et la brune, après cela, s'était posé beaucoup de questions. En effet, l'argument principal de Dumbledore avait été balayé quand Poppy l'avait examinée après la célébration pour lui révéler que les nerfs sectionnés plusieurs mois plus tôt s'étaient en grande partie régénérés. Pire, Hermione et Harry avaient pu noter que leur magie était bien plus calme.

Ce jour-là, Hermione était seule dans le manoir Black. Harry avait un important rendez-vous qu'il ne pouvait décaler et malgré tout l'amour qu'ils se portaient, la jeune femme était heureuse de ne plus voir son ami lui tourner autour à l'affût de ses moindres besoins. Elle était consciente que c'était pour lui la première fois qu'il pouvait se vanter d'inviter quelqu'un chez lui et de son propre aveu, il se calmerait après son départ.

La brune avait décidé d'investir la bibliothèque des Black. Le brun avait retiré tous les grimoires lourdement enchantés, le temps de les rendre inoffensifs, mais ce n'était pas pour autant qu'il n'y en avait pas d'intéressants aux yeux d'Hermione. Elle avait porté son choix sur l'un d'entre eux qui parlait des tribunaux magiques, les ancêtres du Département de la Justice magique. Les lois étaient en train de lui ressortir par les yeux et il lui fallait absolument une pause.

Alors qu'elle allait s'emparer d'une délicieuse pâtisserie préparée par les Elfes de maison, l'un d'entre eux apparut devant elle.

-Calla, salua Hermione. Que puis-je pour toi ?

-Calla ne voulait pas déranger maîtresse Hermione mais la personne à la porte insiste, s'inclina Calla.

Hermione avait travaillé au corps trois jours durant les Elfes de maison de la famille Potter et Black pour qu'ils l'appellent maîtresse Hermione au lieu de maîtresse Hermione Granger Madame … jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'il ne suffisait que d'une seule parole d'Harry pour qu'ils le fassent. La brune lui avait fait lourdement payer cette blague douteuse.

-Qui se trouve à la porte ? demanda Hermione

-Molly Weasley Madame, répondit Calla.

Hermione grimaça. Quand la matrone avait appris que son fils se trouvait à Poudlard sans ses meilleurs amis, elle avait d'abord envoyé une Beuglante puis avait débarqué au manoir Black pour avoir des explications. La discussion avait été houleuse mais Harry avait réussi à lui cacher qu'elle avait été internée dans un établissement médical pour une rééducation lourde. Ce qui voulait dire qu'elle n'avait pas eu l'honneur de revoir Molly depuis les courses de rentrée scolaire, en septembre dernier.

-Que veut-elle ? soupira Hermione

-Molly Weasley Madame veut entrer, répondit Calla.

-Fais-le, ordonna Hermione. Mais conduis-la dans le petit salon. Ne lui laisse aucune possibilité de se promener seule dans la maison.

Ce n'était pas un manque de confiance mais elle considérait que même étant invitée dans la maison de son meilleur ami, ce n'était pas à elle de faire la visite. D'autant plus que la rousse n'était pas en odeur de sainteté après la découverte des contrats de mariage.

Un autre Elfe de maison l'amena rapidement dans la pièce correspondante avec un service de thé avant de se positionner dans un coin. La brune ne s'en offusqua pas. Les ordres d'Harry avaient été clairs, elle ne devait surtout pas rester seule. Autant d'habitude, cela l'agaçait un peu, autant en ce moment, elle était rassurée qu'au moindre mouvement suspect, elle serait mise à l'abri et protégée.

La jeune femme se figea. Si on revenait seulement quelques mois en arrière, elle n'aurait jamais pensé être en sécurité avec une tierce personne en présence de Molly Weasley. Mais le harcèlement continu dont elle avait fait preuve et surtout, le … « coup de pute », il n'y avait pas d'autres mots pour le décrire, avec le mariage arrangé entre Ginny er Harry sans l'accord d'aucun d'entre eux avait drastiquement fait chuter son estime d'elle. C'était une chose sur laquelle elle allait devoir méditer.

La matrone entra brusquement dans la pièce et fit un tour d'horizon.

-Où se trouve Harry ? demanda sèchement Molly

-Il avait des affaires à régler, répondit Hermione. Prenez place, je vous en prie. Une tasse de thé ?

-Non, fit Molly.

La brune sentit parfaitement le regard critique que posa la matrone sur elle. Malgré une prise en charge étroite, Hermione avait perdu beaucoup de poids et cela se voyait. Au début, elle se lançait des Glamour mais après avoir oublié une fois alors qu'elle devait rencontrer Neville, elle avait renoncé. Elle savait que cela faisait un choc mais les gens devaient comprendre qu'une guerre ne se gagnait pas uniquement avec de bons sentiments.

-Tu te laisses aller, déclara Molly, ne pouvant s'en empêcher.

-Du moment que je suis bien dans ma peau, je ne vois pas où est le problème, haussa des épaules Hermione. Que puis-je faire pour vous ?

-Je dois voir Harry, s'entêta Molly.

-Il n'est pas là, répéta Hermione. Je peux peut-être vous aider ?

-Je vais l'attendre, déclara Molly.

-Il ne rentrera pas avant un moment, insista Hermione.

-Ce n'est pas grave, balaya Molly.

Son regard se porta de nouveau sur la jeune femme.

-Pourquoi tu ne marches toujours pas ? s'étonna Molly. St Mungo fait pourtant des merveilles pour les blessés accidentels.

-Mon cas est plus … délicat, fit Hermione en serrant les deux accoudoirs. Je ne crois pas qu'ils pourraient faire quoi que ce soit.

-Balivernes ! s'exclama Molly. Je vais finir par croire que tu n'as pas confiance en la magie ! Elle résout tout, tu sais.

Sauf votre stupidité, ne put s'empêcher de penser Hermione.

La brune se souvenait parfaitement avoir expliqué pendant l'été aux Weasley que son état ne pouvait être traité par l'hôpital Sorcier mais visiblement, c'était entré dans une oreille et sorti de l'autre pour le fils comme pour la mère.

-Madame Pomfrey m'a assuré que les progrès de la Médicomagie n'étaient pas assez développés pour mon cas, fit Hermione.

-Ça se saurait si elle s'y connaissait, renifla Molly.

Hermione se retint d'écarquiller des yeux.

En fait, Harry ne plaisantait pas, comprit Hermione.

Son ami lui avait déjà avoué que la matrone semblait croire qu'elle avait la science infuse. Il lui avait raconté quand elle avait argué qu'elle saurait s'occuper de lui alors que son état nécessitait des connaissances pointues en Médicomagie qu'elle n'avait pas mais aussi que si le contrat de mariage avait dû être activé, le couple aurait dû se référer à elle sur tous les points de la vie courante, y compris comment élever les enfants qu'ils auraient. Ayant noté les différences de traitement qu'il y avait rien qu'entre Fred, Georges et Ron, on pouvait sans aucun doute dire qu'elle n'était pas la meilleure placée pour en parler.

-Et puis qu'est-ce que c'est que cette tenue ? grogna Molly. Ce n'est pas correct pour une jeune fille bien élevée !

Hermione baissa le regard sur sa robe Moldue et ses pieds nus. Comme elle ne marchait pas, elle n'avait pas jugé utile de mettre des chaussures, alors qu'elle ne sortait pas du manoir Black, surtout que le sol était nettoyé et lustré tous les jours par les Elfes de maison. Mais qu'on se le dise, elle ne l'aurait pas fait au Burrow, peu sûre de l'hygiène du sol.

-Ma tenue ? bafouilla Hermione

-Une jeune fille bien élevée ne dévoile pas ses bras ! s'enflamma Molly. Et cette coupe !

-C'est une tenue Moldue, argumenta Hermione.

-Mais tu es une Sorcière, contra Molly.

Hermione sentit la colère monter en elle. Sorcière, oui, mais Née Moldue ! Pourquoi devrait-elle renier ses origines ?

-Je n'ai que ça, déclara Hermione.

-Je t'emmènerai faire les magasins au Chemin de Traverse, décida Molly.

-Le Chemin de Traverse n'est pas vraiment adapté pour les fauteuils roulants, grinça Hermione.

Elle se souvenait encore de son expédition avec Harry et Ron courant septembre. Sans la magie sans baguette du brun, elle aurait été jetée par terre de nombreuses fois et avec la foule qui grouillait autour d'eux, elle se serait fait piétiner sans remord.

-Tu ne sais pas comment faire, renifla Molly.

Mais bien sûr, railla Hermione. C'est vous qui êtes dans un fauteuil roulant.

Depuis la fin de la guerre, la brune était moins conciliante avec les gens. Et là, Molly Weasley, avec sa sollicitude démesurée qui en devenait presque déplacée, lui portait sur les nerfs.

-Je viens de me souvenir qu'Harry m'avait dit qu'il ne serait là qu'après le dîner, mentit Hermione avec un grand sourire. Ce n'est donc pas utile que vous restiez ici.

-Je peux attendre ! protesta Molly. Il y a bien quelque chose à faire dans une si grande maison !

-Je ne peux pas vous permettre de rester ici, déclara gravement Hermione.

Molly devint rouge.

-Je fais partie de la famille d'Harry ! pesta Molly

-Vous n'habitez pas ici, pointa Hermione. En tant qu'invitée d'Harry, je ne peux vous permettre de rester ici. Si vous voulez le voir absolument, repassez ce soir mais sinon, écrivez-lui une lettre.

Visiblement, cela ne plaisait pas à la rousse qui se leva, menaçante. Hermione s'empara de sa baguette et le geste ne passa pas inaperçu.

-Tu oserais m'attaquer ? gronda Molly

-Me défendre, corrigea Hermione. Surtout si je me sens menacée, même avec un proche.

Hermione ne sut jamais ce qui aurait pu se passer. Calla était intervenue pour la transplaner directement dans sa chambre. La brune mit quelques instants pour retrouver ses esprits.

-Calla ? appela Hermione, hésitante

-Maîtresse Hermione va bien ? demanda Calla

-Oui, merci, souffla Hermione. Qu'est-ce qui s'est passé ?

-La magie de Molly Weasley Madame était clairement menaçante pour maîtresse Hermione, expliqua Calla. Calla a emmené maîtresse Hermione dans sa chambre pendant que les autres expulsaient Molly Weasley Madame.

-Mais elle ne m'avait pas attaqué ! protesta Hermione

-Mais Molly Weasley Madame en avait l'intention, déclara Calla. Les ordres de maître Harry étaient clairs, maîtresse Hermione ne devait courir aucun danger.

-Merci Calla, soupira Hermione, comprenant qu'elle n'aurait pas gain de cause. Je vais m'allonger un moment.

-Bien, maîtresse Hermione, répondit Calla avant de partir.

L'adrénaline mit un moment à redescendre et la brune prit son temps pour analyser ce qui s'était passé. Il semblait évident que la matrone avait perdu son sang-froid quand Hermione ne lui avait pas donné les bonnes réponses. Mais la jeune femme ne comprenait pas pourquoi Molly tenait tellement à s'imposer à Harry. Oui, il était orphelin, oui il était le meilleur ami de son dernier fils, oui, il était sorti avec sa fille. Mais était-ce une raison pour qu'elle croie qu'elle avait droit de regard sur sa vie ? A ses yeux, non. Harry allait devoir vérifier ce qu'il y avait en plus du contrat de mariage illégal pour que Molly se fasse aussi insistante.

Hermione se redressa, pâle comme la Mort.

Elle allait devoir raconter à Harry ce qui venait de se passer dans sa propre maison !

Misère, comme si elle n'avait pas assez de problèmes …

§§§§§

Ginny soupira de soulagement.

Après qu'Harry ait déchiré le contrat de mariage sous les yeux de sa mère, l'ambiance au Burrow était devenue sombre. Arthur avait lourdement tempêté en apprenant toute l'histoire et quand il avait exigé des explications à Ron concernant ses propos à Harry, il n'avait pas été loin de lui coller une baffe bien méritée.

La jeune fille, quant à elle, avait demandé l'autorisation à son père de pouvoir se réfugier chez Georges après que Molly ait voulu lui montrer sa façon quant au fait qu'elle ne voulait plus se marier avec Harry Potter. Arthur, ayant arrêté l'altercation, lui avait permis et depuis, Ginny aidait au magasin.

Cela l'arrangeait car ainsi, elle pouvait voir ses amis mais surtout UN ami.

Nathan Brooke était un nouvel élève à Poudlard. Serdaigle de 7e année, il avait clairement montré qu'il était intéressé par la rousse. Cette dernière était durement ébranlée par la mise au point qu'elle avait eu avec Harry et elle ne savait pas comment réagir. C'était contre toute attente Luna qui lui avait conseillé de tenter sa chance, même s'il semblait proche des Serpentards. Elle avait découvert un garçon à son goût et même s'il correspondait aux standards de sa mère, elle n'avait pas eu envie de lui dire.

-Bonjour, fit Ginny alors qu'elle accueillait un énième client à la caisse du magasin de Georges. Est-ce que tout s'est bien passé pour vous ?

-Ce serait parfait si la jolie demoiselle en face de moi acceptait mon humble présent, fit une voix masculine.

Ginny soupira, lasse. Elle était jeune, elle était jolie et elle se faisait draguer plus souvent qu'à son tour. Elle allait renvoyer l'idiot dans ses pénates quand elle se retrouva nez à nez avec un edelweiss. Admirative devant la fleur, elle la prit délicatement et respira son parfum. Elle voulut remercier son admirateur et croisa un regard qu'elle connaissait.

-Nathan ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ?

-Je voulais te voir, sourit Nathan.

-Je … commença Ginny.

-Ginny ! interpella Georges en rigolant. Je ne savais pas que tu venais ici pour flirter !

-La ferme Georges ! aboya Ginny

Sans se préoccuper de son interlocuteur, elle s'empara de la première chose qui lui tomba sous la main et la balança à son frère. Ce dernier attrapa le bracelet … et se transforma en poule caquetante.

Ginny cacha son visage entre ses mains avec un gémissement désespéré tandis que Nathan explosait de rire.

Il n'y avait rien à dire, les Weasley étaient vraiment drôles et intéressants à côtoyer !