Une vie nouvelle
Draco mettait du temps à découvrir sa voie. A cause de la condamnation de son père, il avait préféré passer ses ASPIC en candidat libre, comme la plupart des Serpentards. Il suivait le même programme qu'Harry Potter mais il ne travaillait pas avec lui, pour des raisons évidentes.
Il savait qu'il allait reprendre les affaires des Malfoy qui restaient florissantes malgré les actes de son père. Même s'il ne le voulait pas, il était formé pour reprendre au pied levé cet empire et sans se vanter, il était très doué. Mais il était certain qu'il ne voulait pas avoir le nez plongé dedans du matin au soir. D'où sa volonté de se chercher un métier qui lui plaisait.
Pendant un moment, il s'était penché sur le métier d'Auror. Mais les réticences de ses parents, sans compter qu'il devrait être dans la même promotion que Ronald Weasley – même s'il se doutait qu'il y ait peu de chance qu'il réussisse ses examens sans la présence de Granger et de Potter – lui avaient assez vite fait oublier cette idée.
La Médicomagie était une filière prestigieuse mais d'une, le niveau anglais était lamentable – pour tout dire, dès que sa mère ou lui étaient malades, Lucius leur faisait prendre la cheminée internationale pour qu'ils soient reçus à l'Hôtel-Magie, l'hôpital Sorcier parisien, pour montrer à quel point il avait confiance en St Mungo à Londres – et de deux, il n'était pas assez empathique pour se sentir concerné quand il s'agissait de sauver des gens.
Maître de Potions voudrait dire qu'il devrait suivre un apprentissage d'au moins trois ans avec un maître reconnu. Puisque son père exigeait le meilleur, il aurait fallu que Severus Snape soit encore en vie. Or … même s'il aimait son parrain, adorable dans la sphère familiale, vicieux en tant que professeur, en tant que précepteur … un démon pourrait se rhabiller ! Infernal était encore faible quand il fallait décrire son comportement. Dès qu'il s'agissait des potions, Severus pouvait être un tortionnaire. Il y avait échappé grâce à sa mère qui avait été une bonne élève mais ce n'était pas avant qu'il ait eu trois cours avec son parrain d'où il en sortait automatiquement en larmes. Heureusement pour sa santé mentale, un maître de Potions devait attendre au moins un an avant de prendre quelqu'un en apprentissage. Donc Seth Prince ne pouvait pas se proposer. De tout façon, faire des potions était un plaisir mais en créer, pas vraiment. Donc autant laisser tomber.
Avocat le tentait bien. Il savait parler, argumenter, séduire, convaincre … Mais il n'était pas dupe. S'il arrivait à faire cela jusqu'à aujourd'hui, c'était uniquement à cause du poids de son père, pas grâce à lui. L'idéal serait qu'il se fasse les crocs à l'étranger avant de rentrer en grande pompe pour asseoir sa position. Mais s'il y avait bien une chose qu'il ne voulait pas affronter, c'était bien sa mère en pleurs. Les dernières années n'avaient pas été spécialement heureuses et plus d'une fois, elle avait cru le perdre. Alors partir à l'étranger, quitter son regard d'aigle … elle serait capable de débarquer chez lui tous les jours pour s'assurer qu'il avait tout ce qu'il fallait. Simplement imaginer qu'elle débarque pendant qu'il était avec l'un de ses coups d'un soir … elle serait capable de lui donner des conseils ! Donc non pour être avocat, sauf s'il voulait voir ses prochaines années devenir inconfortables au mieux.
-C'est rare de d'avoir du silence quand tu es présent, rit une voix derrière lui.
Draco se retourna, sur ses gardes, baguette en main, un sort de Bouclier sur le bout des lèvres.
-Il est bon de voir que mes cours portent leurs fruits, fit Andromeda.
-Tante Andy ! fit Draco en se détendant. J'aurais pu te faire du mal !
-Tu crois vraiment ça ? sourit Andromeda. Je serais ravie de faire une nouvelle démonstration.
Draco se renfrogna. Andromeda Tonks, du haut de ses cinquante balais et des poussières, lui avait donné une déculotté comme jamais il n'en avait jamais eu. Il n'avait pas l'intention d'en avoir une autre !
-Que puis-je pour toi, ma tante ? demanda Draco en rangeant sa baguette et en se rasseyant
-J'allais rentrer chez moi quand je t'ai vu bien pensif, sourit Andromeda. Besoin d'une épaule ?
-Disons que je ne sais pas ce que je vais faire après mes ASPIC, soupira Draco en invitant sa tante à prendre place à son tour.
-Il serait temps, taquina Andromeda. Nous sommes quand même au mois de février !
-Je sais, soupira Draco. Mais je ne sais pas quoi faire.
-Je peux peut-être t'aider, sourit Andromeda. Ted était tombé sur un questionnaire suisse pour connaître ses domaines préférés. Il me l'avait montré parce qu'il l'avait trouvé côté Sorcier. Je te l'apporterai.
-Merci, souffla Draco.
-N'oublie pas que tu n'es pas tout seul, rappela Andromeda. On sera toujours là pour toi. Si tu pouvais nous débarrasser de ton père en lui annonçant ta bisexualité …
-Mais je ne suis pas bi ! protesta Draco
-Alors que ton regard traîne un peu trop souvent sur la partie basse et pile de l'anatomie d'un certain Gryffondor ? plaisanta Andromeda
-Mais euh ! bouda Draco
-Je te laisse, sourit Andromeda. Prends soin de toi et je te laisse à tes pensées.
-Bonne journée, tante Andy, répondit Draco.
§§§§§
-Pardon ?!
Hermione et Blaise regardaient Théo avec de grands yeux.
-Tu viens bien de nous dire que tu comptais entrer à l'école des Aurors à la prochaine rentrée scolaire ? balbutia Blaise
-Tu es devenu fou ? résuma Hermione
-Si vous pouviez me laisser terminer, grogna Théo.
Les trois amis avaient voulu faire une pause dans leurs recherches sur les lois Sorcières. Théo avait choisi ce moment-là pour lâcher sa bombe.
-Je disais donc, reprit Théo. Je vais faire l'école des Aurors dès que j'aurais mes ASPIC pour ensuite entrer chez les Langues de Plomb.
-Pourquoi ? s'étonna Blaise
-Je les ai contactés pour qu'ils m'indiquent comment je pouvais en faire partie, expliqua Théo. Ce sont eux qui m'ont conseillé cette formation.
-Les deux métiers ne sont pas aux antipodes l'un de l'autre ? demanda Hermione
-Je me suis posé également la question, avoua Théo. Ils m'ont dit qu'ils étaient à la recherche d'un profil particulier et que je correspondais exactement à ce qu'ils voulaient et qu'ils aimeraient bien que je fasse cette formation pour qu'il soit plus complet.
-C'est stupide ! s'exclama Blaise
-On n'en sait rien, haussa des épaules Théo.
-Mais ça enverrait un message fort, réfléchit Hermione.
-Comment ça ? s'étonna Blaise
-Théo est un Serpentard, rappela Hermione. Donc automatiquement considéré comme mauvais. Le peuple Sorcier est assez stupide pour croire que tu ne pourras jamais faire ça.
-Tu as une haute opinion des Sorciers, ricana Théo.
-Tu parles de ces imbéciles qui n'ont rien trouvé de mieux de descendre en flamme Harry quand il ne faisait que leur conseiller de se préparer à se défendre et quand Voldemort a fait officiellement son apparition, qui attendaient qu'il les sauve pendant qu'ils se tournaient les pouces ? railla Hermione
-Pas faux, concéda Blaise.
-Enfin bref, fit Hermione. Si Théo se présente à l'école des Aurors et qu'il réussit les tests d'entrée … Il y a des tests d'entrée, au moins ?
-C'était en vigueur avant que Voldemort ne sème la zizanie, déclara Théo. Depuis, c'est sur dossier mais la sélection est minimale. A voir s'ils veulent les remettre pour la prochaine année mais avec le nombre d'Aurors qui sont tombés pendant la guerre, je ne suis pas sûr qu'ils puissent se le permettre pour le moment.
-Mince, comprit Hermione. Ça criera quoi que tu fasses. Il faudrait que tu cartonnes pendant cette formation pour que ça leur ferme leur clapet. Tu es certain que le Département des Mystères t'embauchera après ?
-C'est ce qu'ils ont dit, hocha la tête Théo.
-Il faudrait que tu aies un contrat en bonne et due forme, conseilla Blaise. Si tu deviens Auror, avec tes connaissances, ils vont avoir peur de toi.
-Surtout que si tu deviens Langue de Plomb, les Sorciers ne pourront pas râler parce que eux, ils font une sélection bien plus rigoureuse et c'est connu, pointa Hermione. Blaise a raison, il vaut mieux que tu fasses les choses correctement.
-Moui … fit Théo.
-Pendant qu'on en parle, tu comptes faire quoi une fois sur tes jambes ? demanda Blaise
-Je ne sais pas, soupira Hermione. Déjà que ce projet me prend tout mon temps libre …
-Pourquoi ne pas continuer ? demanda Blaise. Quand on aura fini de faire le tri, je pense que tu en sauras plus sur la législation Sorcière que tous les membres du ministère.
-J'hésite, avoua Hermione.
-Il te reste encore quelques mois avant de prendre une décision, tempéra Théo. Mais Blaise a raison. Tu peux te tourner vers la législation pendant quelques années comme ça, tu prendras le temps de choisir un domaine qui te plait vraiment.
-Je pense que je vais faire ça, fit Hermione. Il serait temps de se remettre au boulot.
Les deux garçons hochèrent la tête.
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Seth Prince avait plusieurs parchemins sur son bureau et il devait réfléchir à chaque proposition qui lui était faite.
En tant que Severus Snape, le directeur Albus Dumbledore, qui était devenu son garant après son procès à la première chute de Voldemort, lui avait proposé des partenariats avec plusieurs organismes. Severus avait été d'accord pour fournir les potions de l'infirmerie d'Poudlard mais le vieux Sorcier avait lutté sans merci pour qu'il accepte de fournir les potions les plus délicates pour St Mungo, qui ne l'étaient pas tant que cela après examen de la liste. Dès que Voldemort avait fait reparler de lui, l'hôpital Sorcier avait cassé unilatéralement le contrat qui les liait, sous prétexte qu'ils ne voulaient pas donner à leurs patients des potions brassées par un Mangemort. A l'époque, Severus avait reniflé car les Médicomages anglais avaient la réputation d'être les pires praticiens d'Europe donc il avait des doutes sur la façon dont ils utilisaient les potions qu'ils lui réclamaient.
Etant un Serpentard, Seth avait bien l'intention d'intenter un procès à l'hôpital pour qu'il lui donne tout l'argent qu'il devait à Severus Snape, comme le contrat les liant avait été brisé illégalement. Ce serait d'autant plus drôle que St Mungo était en train de lui faire les yeux doux pour que Seth Prince, fraîchement maître de Potions, reprenne la place de Severus Snape.
Laissant de côté la proposition de l'hôpital Sorcier, Seth se pencha vers les autres. Bien entendu, Minerva McGonagall, qui avait appris à le connaître, lui proposait de fournir l'infirmerie d'Poudlard. Seth était ravi mais savait que c'était un contrat extrêmement chronophage. De plus, Poppy Pomfrey était une infirmière qui avait des standards assez élevés et il connaissait ses petites habitudes.
L'infirmerie du Bureau des Aurors proposait le même type de contrat que Poudlard. Cela intéressait Seth car ce n'était pas la même population qui était traitée et donc, pas les mêmes dosages ou les mêmes posologies. Le Sorcier se promettait d'étudier soigneusement cette proposition.
Globalement, s'il acceptait quelques-unes de ces propositions, son avenir était assuré pour de nombreuses années. En effet, la rémunération était bien plus élevée que celle qu'il avait eue en tant que Severus Snape et sans la réputation de Mangemort, plusieurs organismes s'étaient manifestés pour obtenir ses services.
Mais Seth avait un projet. Sa passion restait la recherche et il avait dû enseigner contraint et forcé. Il s'était toujours dit, quand il était encore Severus Snape, que s'il en avait la possibilité, il ouvrirait plutôt une boutique d'apothicaire pour vendre les potions les plus communes. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, ce type de boutique ne faisait pas légion en Angleterre, car le ministère les avait au fur et à mesure fermées sur le motif qu'elles vendaient des potions catégorisées « noires ». Ce projet devenait de plus en plus concret depuis qu'Hermione Granger, Théo Nott et Blaise Zabini étudiaient toutes les lois Sorcières donc étaient plus à même de contrer les élucubrations du ministère dans le cas où ils voudraient lui mettre des bâtons dans les roues.
La boutique lui permettrait également de lancer Neville Longbottom. Ce dernier, botaniste émérite, avait déjà sur ses terres une serre fonctionnelle avec de nombreuses plantes rares et moins rares qui pouvaient être utilisées comme ingrédients de potions. Le Sorcier avait eu l'occasion d'en vérifier la qualité et il n'en avait pas été déçu. Et puis, le jeune homme était un héros de guerre et dans l'esprit étriqué des Sorciers anglais, il n'irait jamais s'associer avec un Sorcier mauvais.
Mais quels imbéciles …
Dans tous les cas, il faisait maintenant ce qu'il voulait. Et comme il n'était plus obligé d'enseigner à Poudlard, il allait enfin pouvoir gérer son temps comme il l'entendait.
Pourquoi ne pas se servir de la boutique pour faire de l'apprentissage ? C'était une idée sur laquelle méditer …
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-Assieds-toi, je t'en prie, sourit Harry.
Son interlocuteur obéit mais il était clair qu'il était mal à l'aise. Comme beaucoup d'autres jeunes de son âge, il aurait dû se trouver à Poudlard mais Minerva McGonagall avait assoupli les règles de l'internat et autorisé les élèves majeurs à quitter l'école librement le weekend et sur demande en semaine. Heureusement, dans ce dernier cas, les professeurs ne demandaient jamais ce qu'il y avait derrière le terme « Convocation » donc son interlocuteur avait pu partir du château sans problème.
-Pourquoi avoir demandé à me voir ? demanda Harry
-Je ne voulais pas parler avec ses parents, soupira le jeune homme. Surtout que j'ai cru comprendre qu'elle n'était pas en bons termes avec eux en ce moment. J'ai besoin de conseils mais en demander à son chef de famille me semblait bien trop disproportionné. C'est Théo qui m'a conseillé de te voir sur la suggestion d'Hermione Granger.
Harry sourit et examina Nathan Brooke. Scolarisé à l'étranger pendant ses premières années, il avait dû entrer à Poudlard lorsque ses parents avaient été tués, puisqu'il était le suivant sur la liste d'héritage après Théodore III Nott. Ce dernier avait échappé de peu à une tentative d'assassinat et avait pris sous son aile son cousin. Accueilli à Serdaigle, d'après les quelques contacts qu'Harry avait encore à l'école, il était tombé sous le charme de Ginny qui avait un peu tergiversé avant d'accepter de connaître mieux ce nouvel élève. Ils avaient officialisé leur relation pendant les fêtes de fin d'année et de l'avis de toutes les personnes qui étaient au courant, ils formaient un beau couple.
-Je t'écoute, fit Harry.
-Je veux épouser Ginny, annonça Nathan.
-Rassure-moi, tu en as parlé avec Théo avant de venir ? fronça des sourcils Harry
-Il m'a dit d'en parler avec toi, répondit Nathan.
Harry maugréa dans sa barbe et se promit de se venger de l'ancien Serpentard.
-Tu ne penses pas que c'est tôt ? s'étonna Harry. Vous n'êtes ensemble que depuis deux mois !
-Je sais, soupira Nathan. Mais tu n'as jamais été amoureux ? J'ai juste envie de vivre toute ma vie avec elle !
-Pourquoi tu veux l'épouser ? fit Harry. Et sois honnête, s'il te plait.
-Elle me plait, révéla Nathan. Mais je préfère qu'on ne la choisisse pas pour la loi de Mariage.
Le regard d'Harry devint sombre. C'était une chose dont il avait entendu parler ces derniers temps. A cause des nombreuses pertes qu'il y avait eu pendant la guerre, le ministère avait l'intention de forcer les unions. De plus, parce que Voldemort s'appuyait sur la différence entre les Sang Pur et les Nés Moldus, certains bureaucrates avaient dans l'idée de marier les héritiers des familles « sombres » avec de parfaits inconnus Nés Moldus, uniquement pour les humilier. Bien entendu, les « héros » étaient dans le collimateur mais Harry n'avait pas l'intention de laisser qui que ce soit décider encore une fois de sa vie.
-Vu comme cela, ce serait mieux, concéda Harry. Mais qu'est-ce que Ginny en pense ?
-Elle ne connait pas mes intentions, avoua Nathan. Je voulais demander sa main à ses parents mais j'ai cru comprendre que ça n'allait pas aussi bien que ça.
-C'est un euphémisme, ricana Harry.
Depuis l'été dernier, Ginny et Harry entretenaient une correspondance amicale teintée de confidences. La jeune fille avait très vite avoué à son ami que sa mère faisait pression sur elle pour qu'elle fasse en sorte qu'Harry lui revienne. Ne voulant pas tourner totalement le dos à sa mère, Ginny lui renvoyait des réponses lapidaires mais de plus en plus, Molly lui envoyait des Beuglantes, à un tel point que la jeune rousse n'écrivait plus que rarement chez elle.
-Peu importe, souffla Harry en quittant ses pensées. Personnellement, je trouve qu'il est tôt pour cela. Vous ne vous connaissez que depuis quelques mois à peine et se marier ne doit surtout pas se faire sur un coup de tête.
-Mais les mariages … protesta Nathan.
-Si Hermione et Théo t'ont conseillé de me voir, c'est parce qu'ils savent tous les deux que Ginny et moi ne suivons pas totalement les coutumes Sang Pur, moi parce que j'ai été élevé dans le monde Moldu, elle parce que les Weasley ne sont pas exactement fanas de les suivre. Enfin bref, il te faut un autre point de vue et je suis là pour cela. Je suis en quelque sorte le confident de Ginny.
-Alors ? se précipita Nathan
-Il est beaucoup trop tôt pour que tu envisages de lui proposer le mariage, avoua Harry. Je ne suis pas sûr que tu aies vécu cette guerre comme nous, nous l'avons vécue. Laisse-la retomber ses pieds avant qu'elle ne voie plus loin.
-Quand ? geignit Nathan
-Commence par la connaître mieux, railla Harry. Pour avoir été en première ligne, côtoyer un Weasley n'est pas de tout repos. Il faut y réfléchir très soigneusement avant de s'engager.
-D'accord, soupira Nathan.
-Si tu veux vraiment la demander en mariage, je te conseille le 11 août, sourit Harry.
-Pourquoi ? s'étonna Nathan
-Tu veux l'épouser et tu ne connais même pas la date d'anniversaire de ta dulcinée ? ricana Harry
-Ce n'est pas faute d'avoir essayé de le lui arracher, grogna Nathan.
-Tu ne sais même pas comment obtenir une information d'elle et tu veux l'épouser ? rit Harry
Le brun ricana pendant quelques instants avant de se reprendre.
-Voilà ce que je te propose, fit Harry. Si, après tes ASPIC, tu veux toujours l'épouser, alors j'intercèderai en ta faveur avec le chef de la famille Weasley. Autant te prévenir tout de suite, je devrais mettre au courant ses frères.
-Ronald ? grimaça Nathan
-Il n'a jamais eu son mot à dire dans la vie de Ginny, déclara machiavéliquement Harry. Et surtout, il n'en a jamais eu rien à faire, sauf pour m'emmerder quand je sortais avec elle. Non, je te parle de ses autres grands frères. Un Briseur de Sorts. Un Zoomage spécialiste des Dragons. Le propriétaire de la boutique de farces et attrapes la plus renommée du pays. Et moi.
Nathan déglutit. Outre le fait qu'ils étaient des héros dans la dernière guerre, Bill, Charlie et Georges Weasley n'étaient pas des plaisantins. Et si on ajoutait Harry Potter dans le lot … il était mort.
-Euh … fit Nathan.
-Il te reste encore quatre mois pour te décider, sourit Harry. Si tu l'aimes vraiment, ce ne sera qu'une formalité.
Nathan fixa Harry droit dans les yeux.
-J'épouserai Ginny, affirma Nathan.
-Attends de voir si elle accepte ou non, rit Harry.
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Ronald Weasley boudait.
En soi, pour tous les élèves d'Poudlard, c'était son état normal, pour ne pas dire qu'il ne faisait que ça. Mais ce jour-là, le roux voulait que tout le monde sache qu'il était mécontent. Pas que ça change de d'habitude …
Il avait eu le temps de ruminer la trahison de ses deux meilleurs amis. Sans lui dire quoi que ce soit, ils avaient décidé de ne pas revenir à Poudlard alors que c'était prévu ! Ça, encore, il aurait pu le leur pardonner mais quand Harry lui avait déclaré qu'il ne pouvait pas se libérer pour venir le chercher, idem pour Hermione, ça avait été la douche froide. Il avait voulu montrer sa façon de penser à Harry quand il était venu au Burrow juste après l'arrivée de l'Poudlard Express sur Londres pour les fêtes de fin d'année mais le brun l'avait figé avant même qu'il n'ouvre la bouche. Le pire, c'est qu'il avait eu le culot de déclarer que tout ce que sa mère avait fait pour qu'il se marie avec Ginny ne servait à rien !
Ron avait envoyé de nombreuses lettres à Harry pour lui rappeler que sans lui, il ne serait rien, mais elles lui revenaient toutes non ouvertes. Il s'était longuement interrogé sur cet exploit – il envoyait des Beuglantes pour qu'Harry soit sûr de l'entendre mais comme elles lui revenaient, elles explosaient dans la Grande Salle – et c'était un cinquième année qui lui avait finalement avoué que ça devait être les Elfes de maison qui devaient lui renvoyer son courrier selon des ordres spécifiques. Bien entendu, le roux avait complètement oublié que le brun lui avait dit que les Beuglantes ne parvenaient plus jusqu'à lui.
Les vacances de fin d'année avaient été horribles de son point de vue. Après qu'Harry ait rejeté ses fiançailles avec Ginny, cette dernière avait été envoyée chez Georges et il s'était retrouvé tout seul. Il avait bêtement pensé qu'Hermione et Harry l'inviteraient chez eux mais il n'avait pas eu d'invitation. Pire, au moment des cadeaux de Noël, il n'avait rien reçu. Enfin, si, mais qu'est-ce qu'il en avait à faire d'un livre sur la stratégie aux échecs – Hermione – et un kit d'entretien de balais – Harry – alors qu'ils savaient qu'il aspirait à bien plus ? Il était où le balai haut de gamme flambant neuf qu'il aurait dû recevoir de son meilleur ami le Sauveur ? Le repas en amoureux dans l'un des plus prestigieux restaurants Sorciers avec la Sorcière la plus intelligente de sa génération ? Nulle part. Et ça faisait enrager Ron.
Pour ajouter à sa mauvaise humeur, les professeurs faisaient la tournée des élèves de 7e et de 8e année pour connaître leurs désidératas après leurs ASPIC. Quand il avait fait part de son intention d'intégrer l'école des Aurors, on lui avait fait clairement comprendre qu'il avait à peine les notes suffisantes pour le faire et qu'il serait grand temps qu'il fasse les efforts nécessaires pour réaliser son rêve. Mais tout ce que le roux avait compris, c'était qu'il serait incapable de réussir. Mais Ron savait qu'il entrerait à l'école des Aurors. Il était tout de même le meilleur ami d'Harry Potter et personne n'oserait les séparer quand ils entreraient ensemble dans le programme des Aurors ! En plus, il était certain qu'Harry n'irait pas si lui n'y était pas donc les instructeurs n'avaient pas vraiment le choix. C'était leur duo – qui avait quand même vaincu Voldemort – ou personne !
De toute façon, il était bien meilleur que tous ceux qui se présenteraient pour devenir Auror, il en était certain.
§§§§§
Susan Bones était nerveuse. Elle avait littéralement entre les mains l'avenir du monde Sorcier. Mais pour autant, elle était fière de ce qu'elle allait faire.
-Le Ministre vous attend, renifla sèchement le secrétaire.
Susan ne lui fit même pas l'honneur d'un regard dédaigneux. Le Sorcier était de la vieille école, ce qui voulait dire qu'il refusait de comprendre que les femmes étaient aussi capables que les hommes dans l'arène politique. Comme Percy Weasley avait été rétrogradé au service que dirigeait avant son père, on avait sorti son remplaçant d'un quelconque placard. Elle marcha rapidement vers la porte et passa le seuil.
-Mademoiselle Bones, salua Rufus Scrimgeour. Vous êtes ravissante ! Que puis-je pour vous ?
Susan ne put s'empêcher de laisser passer un sourire victorieux sur ses lèvres.
-J'ai ici trois documents dont je dois vous faire part, déclara Susan. Le premier est la plainte du Magenmagot contre le gouvernement actuel pour mise en danger du monde Sorcier. Le deuxième contient la signature des trois quarts des membres du Magenmagot qui décident de la destitution complète et sans délai du gouvernement en place. Enfin, le troisième suspend toutes les décisions qui ont été prises depuis la fin de la guerre par le gouvernement et ordonne l'examen de toutes les lois en vigueur dans ce pays pour une réforme législative.
Susan savoura quelques instants le visage effaré du ministre de la Magie.
-En clair, monsieur, il est temps de répondre de vos actes, annonça Susan.
