Pour préparer l'avenir, régler le passé

Andromeda savoura une tasse de thé dans le jardin d'hiver avec sa sœur Narcissa. Bien qu'avril approchait à grand pas, on se croyait à peine sorti de l'hiver.

-Où se trouve Lucius ? demanda Andromeda

-Avec Draco, répondit Narcissa. Depuis que les enfants ont dissous le gouvernement, ils ont du travail par-dessus la tête et Draco avoue que l'expertise de Lucius lui est d'une grande aide.

Andromeda hocha la tête. Tous les Sang Pur connaissaient une grande subtilité concernant le Magenmagot. L'assemblée était en effet constituée de sièges héréditaires et de plusieurs sièges liés à une fonction : le Département de la Justice Magique, le Département des Mystères, le Département de la Santé, aujourd'hui disparu et remplacé par la structure de St Mungo, le Département Magique, qui représentait tous les autres peuples magiques qui vivaient sur le territoire anglais et Gringotts Grande Bretagne pour l'aspect économique du pays. Cependant, au fil des siècles, le ministère de la magie anglais s'était octroyé de plus en plus de droits et avait créé de nombreux sièges au sein de l'assemblée pour y placer des bureaucrates purs et durs, y compris un pour le ministre de la magie ainsi que le poste fixe de président du Magenmagot, qui auparavant était désigné par tirage au sort à chaque séance. Ceux qui avaient des sièges héréditaires avaient l'habitude d'appeler cette assemblée le Magenmagot élargi.

Comme Théo l'avait souligné plusieurs mois auparavant, une grande partie de l'assemblée avait récupéré son siège avec la guerre. Malheureusement pour le gouvernement, il s'agissait essentiellement de sièges héréditaires, des membres de l'assemblée originelle qui avait été renouvelé. Avec ses amis, Harry avait réuni le véritable Magenmagot et leur avait révélé le bilan provisoire de la guerre. Devant les nombreuses pertes, tant au niveau humain que matériel, l'assemblée avait décidé de réorganiser entièrement le gouvernement. Théo était alors intervenu et avait présenté le travail préliminaire qu'il avait fait avec Hermione et Blaise pour souligner que si le gouvernement devait être changé, le personnel également. Le dossier contre Dolores Ombrage avait été édifiant, sans compter la preuve sans appel de l'utilisation de Plume de Sang sur les élèves sous sa responsabilité. Le débat avait été limpide et transparent et il en était ressortit que quitte à ce que la guerre soit terminée, autant repartir sur des bases saines. Le vote de la destitution du gouvernement fut unanime, la suspension de toutes les décisions prises depuis la mort de Voldemort une évidence, surtout quand on savait que Dolores Ombrage était encore dans le gouvernement, alors qu'elle l'était sous Voldemort, et que les preuves de l'instauration prochaine d'une loi de Mariage avaient été amenées, la plainte contre le gouvernement fut plus débattue. Ce fut Blaise qui trancha la question en leur demandant si l'assemblée préférait que ce soit Harry Potter qui dépose plainte plutôt qu'elle. Tous les membres durent alors concéder que le poids du Sauveur était sans précédent et que le choc de la plainte serait beaucoup plus important mais qu'ils ne voulaient pas se substituer à leurs responsabilités.

Depuis, le véritable Magenmagot travaillait sans relâche. Au début, les générations se heurtaient mais heureusement, les meneurs, Harry Potter, Draco Malfoy, Théo Nott et Susan Bones, arrivaient à tempérer les humeurs de chacun et à faire en sorte que les débats soient calmes et éclairés. Les tâches avaient été réparties et pour l'instant, tout se passait bien.

Enfin, presque …

-Ce qui m'inquiète, ce sont ceux qui sont en train de soulever la population Sorcière, grogna Narcissa.

-D'après Draco, ils sont en train de les identifier, sourit Andromeda. Une fois qu'ils auront tous les éléments sur eux, je ne suis pas sûre qu'ils continuent de l'ouvrir, surtout si les journaux affichent tous leurs vilains petits secrets.

Narcissa pouffa.

-On pourrait leur donner un coup de main, proposa Narcissa.

Andromeda considéra l'idée.

-Pas sans qu'ils ne le demandent, déclara Andromeda. Voldemort est l'échec de notre génération et de celle de nos parents. Si tu regardes bien, ce sont nos enfants qui ont porté le coup final, alors qu'ils n'auraient jamais dû se trouver sur le champ de bataille. Ce sont eux qui ont l'avenir du pays entre leurs mains donc il vaut mieux les laisser faire.

-Il n'y a pas tout le monde qui pense comme toi, fit Narcissa.

-Je sais, sourit Andromeda. Mais je suis certaine que les enfants vont leur faire comprendre de la manière forte qu'il est temps qu'on laisse la place aux plus jeunes.

Les deux femmes rirent de bon cœur.

-J'ai un autre problème, soupira Narcissa. Lucius veut me convaincre de choisir la fiancée de Draco. Son choix se porte sur la petite Astoria Greengrass.

-Pourquoi, par Morgane, Lucius veut marier Draco ? s'étonna Andromeda

-Parce que c'est dans nos coutumes de se marier tôt, rappela Narcissa. Mais je pense que la loi de Mariage lui a également rappelé quelques-uns de ses devoirs de père.

Andromeda se retint de renifler. De son avis, la loi de Mariage était l'une des pires idées décidées par l'ancien gouvernement. Ted, au début de leur mariage, lui avait fait remarquer qu'après une guerre, la natalité augmentait drastiquement sans que le gouvernement n'ait à mettre son nez dedans.

-Qu'en dit Draco ? demanda Andromeda

-Il n'en sait encore rien, révéla Narcissa. Je sens les maux de tête arriver. Je sais qu'il a autre chose à penser.

-Tu as quelqu'un d'autre en tête ? demanda Andromeda

-Le jeune Harry me semble très bien, avoua Narcissa.

Andromeda ne retint pas son ricanement.

-Essaie déjà de lui faire avaler que son précieux héritier pourrait être intéressé par son propre sexe, sourit Andromeda. Nous savons toutes les deux que les Malfoy ont très peu de tolérance pour les comportements dits … « déviants ».

-Tu sais que j'ai eu le fin mot de cette histoire ? fit Narcissa. Il s'avère que c'est l'un des ancêtres qui a été vexé que sa promise ait brisé ses fiançailles pour se mettre en couple avec une autre femme. Il a juste oublié de signaler à ses descendants que la « voleuse de fiancée » était une Vélane …

-Tu veux dire que c'est par dépit que les Malfoy en sont venus à ne pas tolérer l'homosexualité, à l'encontre des préceptes de la Magie ? souffla Andromeda. Pourquoi ça ne m'étonne même pas ? Et comment Draco y a échappé ?

-J'ai négocié pour que ce soit moi qui explique la sexualité à mon fils, cligna de l'œil Narcissa. Ça arrangeait quand même pas mal Lucius, tu sais.

Les deux sœurs se sourirent. Par rapport aux Black, les Malfoy étaient particulièrement rigides, presque prudes dans un sens.

Andromeda leva les yeux et nota l'heure.

-Je vais y aller, annonça Andromeda. Pas que je n'aime pas tes Elfes de maison mais je ne tiens pas à ce que Teddy reste trop longtemps avec eux.

Elles s'embrassèrent puis l'aînée quitta les lieux, son précieux chargement avec elle.

§§§§§

-Lord Prince, lord Malfoy, lord Potter, bienvenue à Washington, salua l'hôtesse.

-Merci, répondit Seth.

-Si vous voulez bien me suivre, invita l'hôtesse.

Les trois Sorciers avaient emprunté une Cheminée Internationale pour se rendre de l'autre côté de l'océan. Consciente qu'Harry avait quand même dix-sept ans d'abus et de blessures physiques comme psychologiques à soigner, Poppy Pomfrey avait envoyé le dossier médical du jeune homme à des collègues qui pourraient parfaitement l'aider, au contraire des Médicomages anglais. Pour ne pas le laisser seul, Seth avait tenu à l'accompagner et pour ne pas le laisser avec un tel ronchon, Draco s'était greffé à eux mais surtout, était là pour leur éviter de commettre des impairs. Il avait donc organisé le voyage de A à Z, programmant quelques visites de grands laboratoires de Potions pour Seth comme celles des artères commerciales Sorcières pour Harry et lui. En même temps, ils devaient nouer des liens pour éventuellement parvenir à conclure des partenariats financiers mais ce n'était pas leur priorité, seulement un bonus.

Ils furent d'abord conduits vers le Centre des Transports Internationaux pour régulariser leur situation avant d'être menés vers un palace Sorcier pour qu'ils puissent y passer la nuit. Le lendemain, ils reprirent la cheminée pour le centre du pays pour Magic Salem, l'une des plus grandes villes magiques du monde. La voiture que Draco leur avait réservée les avait directement amenés à la clinique qui, au premier abord, ne payait pas de mine.

-C'est la bonne adresse ? demanda Severus

-C'est celle qu'Harry m'a donné, se justifia Draco.

Tandis que les deux Serpentards se chamaillaient, Harry s'avança et nota la présence d'une barrière magique. Souriant, il la passa et un magnifique bâtiment Sorcier se présenta à ses yeux.

-HARRY ! rugirent deux voix

Finalement, Seth et Draco avaient arrêté de se disputer quand leur ami avait quitté leur champ de vision.

-Ça aurait pu être dangereux ! gronda Seth

-Tu tiens vraiment à te faire tuer ? grinça Draco

-C'était soit ça, soit je vous étranglais tous les deux, haussa des épaules Harry. On y va ?

Soupirant d'agacement, les Serpentards emboîtèrent le pas au Gryffondor qui entra et se dirigea vers l'accueil. Draco prit alors les choses en main.

-Bonjour, fit Draco, un brin charmeur. Mon ami a rendez-vous avec le professeur Clayton.

-Votre nom ? papillonna l'hôtesse

Le blond eut un léger mouvement de recul tandis que Seth levait un sourcil amusé. Tiens donc, se pouvait-il que son filleul soit tombé sur plus fort que lui ?

Harry, quant à lui, fronça des sourcils. Quelque chose le perturbait.

-Je suis celui qui doit avoir rendez-vous avec le professeur Clayton, trancha froidement Harry en s'avançant. Et vous, vous ne travaillez pas ici. Vous avez dix secondes soit pour partir, soit pour me dire ce que vous fichez ici.

La jeune femme perdit son sourire charmeur et darda son regard vers le petit brun.

-Comment … ? s'exclama la jeune femme

-Vous portez des vêtements qui coûteraient un an de salaire pour une personne qui travaille à ce poste, critiqua Harry. Vous êtes dans une clinique haut de gamme et il serait particulièrement déplacé que l'hôtesse se mette à draguer tout ce qui bouge, surtout avec le flux. Enfin, vous ne vous appelez pas Chantel.

-C'est mon nom ! protesta la jeune femme

-Alors que la véritable Chantel est en train de vous fusiller du regard ? ricana Harry

La jeune femme se retourna et vit effectivement que la véritable hôtesse d'accueil avait les poings sur les hanches et était sur le point de l'engueuler.

-Veuillez m'excuser pour ce petit désagrément, grinça l'hôtesse. Le professeur Clayton vous attend.

Elle tapa sur le comptoir et une petite balle dorée apparut à hauteur d'yeux.

-Suivez la bille, elle vous conduira jusqu'à lui, sourit l'hôtesse.

-Merci, sourit Harry.

Les trois Sorciers se mirent en marche. Harry et Draco durent serrer les poings pour ne pas se mettre à la poursuite de la balle qui ressemblait bien trop à un Vif d'or. Voyant leur dilemme, Seth faillit ne pas se retenir de rire.

-Harry, fit Seth.

Le brun détacha son regard de la balle dorée.

-Oui, Seth ? répondit Harry

-Comment tu as su pour l'hôtesse ? demanda Seth. Même Draco n'y a vu que du feu. En fait, il était plus intéressé par autre chose.

Le blond, à ses mots, bouda. Oui, il s'était fait piéger, et alors ?

-Je ne sais pas, avoua Harry. Le fait que la véritable Chantel se trouvait derrière elle a aidé, c'est sûr. Elle ne quittait pas des yeux Draco non plus et elle croyait que c'était lui qui venait consulter. Mais sinon, je pense que c'est plus une sensation …

Seth hocha la tête. Harry avait toujours montré une sorte de sixième sens quand il s'agissait de situations étranges, même dans le monde Sorcier. Couplé avec son instinct de survie ultra développé – merci les Dursley – le brun savait presque d'emblée à qui faire confiance ou non. Ce qui expliquait pourquoi Severus Snape arrivait toujours à se faire obéir de lui quand ça concernait les potions ou sa sécurité directe.

Ils arrivèrent devant un bureau où Seth frappa avant d'entrer.

-Bonjour messieurs, salua une femme. Je suis le professeur Annie Clayton, le contact de Poppy Pomfrey.

-Lord Seth Prince, se présenta Seth. Voici lord Draco Malfoy et lord Harry Potter, votre patient.

-Enchantée, sourit Annie. Prenez place, je vous en prie.

Les trois Sorciers s'exécutèrent.

-Autant se débarrasser des choses gênantes tout de suite, monsieur Potter, mais est-ce que vous êtes sûr de ces deux hommes ? demanda Annie

-Ils sont sous serment magique, sourit Harry.

Draco bougonna. C'était la condition de Seth pour qu'il soit du voyage. Il ne comprenait d'ailleurs pas ce que le Sauveur du monde Sorcier avait de tellement important à cacher. D'un autre côté, après tout le cirque que faisait les médias dès que ça concernait Potter, ça pouvait le rassurer que certaines choses ne leur parviendraient pas par son biais.

-Au moins ça, c'est fait, sourit Annie. Monsieur Potter, savez-vous pourquoi le Médicomage Pomfrey vous a dirigé vers moi ?

-Parce que vous êtes la meilleure à ses yeux ? répondit Harry

-C'est flatteur mais non, sourit Annie. Je suis Psychomage, spécialisé dans les syndromes post traumatiques.

-C'est une notion Moldue, fronça des sourcils Harry.

-C'est reconnu dans le monde Sorcier depuis la guerre contre Grindelwald, corrigea Annie. Malheureusement, l'Angleterre se révèle être assez bornée sur certains points, surtout quand le Sorcier qu'ils considéraient comme la réincarnation de Merlin leur disait qu'ils allaient vite oublier les horreurs qu'ils avaient vécues …

-Vous avez la dent dure contre Albus Dumbledore, comprit Seth.

-Certaines de ses décisions sont très loin d'être frappées de bon sens, haussa des épaules Annie. Mais ce n'est plus un problème. Ce Sorcier est enfin mort et l'Angleterre va enfin pouvoir avancer correctement.

-Je n'ai pas besoin d'un psy, fit Harry, ne préférant pas s'engager sur le sujet Albus Dumbledore.

-Mais vous avez besoin d'entendre que tous les morts qu'il y a eu ne sont pas votre faute, contra Annie. Mais si vous êtes ici, c'est parce que Poppy voulait qu'un autre problème soit réglé définitivement.

Elle lui tendit un dossier qu'il ouvrit. Le brun pâlit radicalement.

-Harry ?! s'inquiéta Seth

-Comment est-ce que vous le savez ? balbutia Harry

-Ce n'est pas quelque chose à côté de laquelle une infirmière peut passer, déclara Annie. Poppy a fait un rapport sur ses doutes dès votre première année et a recommencé à chaque rentrée scolaire.

-Pourquoi rien n'a été fait alors ? demanda Harry à voix basse

-Ils étaient bloqués à un certain niveau, répondit Annie. Ce n'est pas la peine de vous dire par qui. Et quand Poppy réclamait des explications, il lui disait qu'elle exagérait et qu'il était plus sûr pour vous que les choses restent telles qu'elles étaient.

Harry serra les poings.

-Elle s'est également demandé pourquoi personne n'avait rien vu avant, continua Annie. La réponse est dans le dossier que vous avez dans les mains.

Le brun hésita avant de feuilleter le document. Il avait toujours eu des doutes mais jamais il n'aurait cru qu'il l'aurait fait.

-Harry ? ressaya Seth

Le jeune homme soupira. De toute façon, il avait toujours eu confiance en Poppy. Si elle estimait qu'il fallait qu'il tourne la page sur ce pan particulier de sa vie …

-Ceci, fit Harry en désignant le dossier qu'il avait entre les mains, regroupe toutes les preuves médicales comme quoi ma … « famille » aimante s'est rendue coupable de maltraitance et d'abus sur mineur. J'imagine que madame Pomfrey y a consigné le fait que je souffre de malnutrition et que j'avais plusieurs fractures non soignées à chaque fois que je revenais à l'école, n'est-ce pas ?

-Exact, confirma Annie.

-Dumbledore était au courant, puisque tous les rapports que fait l'infirmière de l'école passent par lui, comprit Seth, son visage se refermant. Et il les a tous bloqué. Pourquoi ?

-Je vais devoir vous demander un serment magique, s'excusa Harry. Vous avez la confiance de Poppy mais pas encore la mienne.

-Je comprends, fit Annie.

La Psychomage prêta serment et Harry continua.

-Le sacrifice de ma mère me protégeait de tous les sorts de mort que pouvait envoyer Voldemort, expliqua Harry. Dumbledore l'a transformé pour que toutes les personnes qui portaient sa magie ne puissent pas m'approcher en un endroit donné. Un endroit où le sang de ma mère, à l'origine de ma protection, était encore vivant.

-Ta tante, Pétunia Dursley, comprit Seth.

-Oui, confirma Harry. Tant que je vivais chez elle, pour lui, la protection était à son plus haut niveau et aucun Mangemort ne pouvait venir.

-Comment tu le sais ? demanda Draco

-Dumbledore me l'avait vaguement expliqué, avoua Harry. Mais j'ai commencé à me poser des questions quand j'ai découvert l'Ordre du Phénix. Sirius, mon parrain, me parlait de plus en plus de venir vivre avec lui et j'étais vraiment tenté. Je ne voulais surtout pas qu'on m'en empêche. C'est là que j'ai compris la portée de sa notion « pour le plus grand bien ».

-Que voulez-vous dire ? demanda Annie, intriguée

-Dans un livre de la bibliothèque Black, j'ai découvert une protection qui ressemblait trait pour trait à celle que j'avais, expliqua Harry. Cela confirmait ce que Dumbledore m'avait toujours dit, qu'il fallait que j'aille chez les Dursley un certain temps pour que la protection contre Voldemort soit toujours active le reste de l'année. Peu importait que je sois maltraité et abusé ou que je risque la mort de la main de mon oncle chaque été, du moment que j'étais vivant pour affronter Voldemort.

Draco verdit. Par certains côtés, Dumbledore était pire que Voldemort !

-Vous savez le plus drôle ? ricana Harry. J'ai découvert une faille de taille dans son raisonnement.

-Laquelle ? demanda Seth

-Pour que cette protection marche, il fallait à la fois que je considère que cette maison était mon foyer et à la fois que je sois accepté comme un membre de cette famille, grimaça Harry. Aucune des conditions n'était respectée. Donc la protection n'existait pas. Mais ne nous éloignons pas du sujet.

-Une dernière question, Potter, intervint Draco. Tu as dit que peu importait ce qui se passait derrière les murs de cette maison, Dumbledore voulait que tu y restes pour que tu puisses affronter Voldemort. Comment tu le sais ?

-A part le fait que quoi que je dise, j'étais obligé de retourner dans cet enfer vivant ? ricana Harry. Disons qu'à chaque fois que Sirius mettait sur la table son souhait de me récupérer, il s'y opposait à chaque fois. Assez curieux de la part du président du Magenmagot qui pouvait, quasiment d'une seule parole, faire en sorte qu'il ait enfin un procès et que le ministère de la magie sache qu'il était innocent dans la mort de mes parents. Trois gouttes de Veritaserum auraient suffi.

Seth tressaillit. De ce point de vue-là, le brun avait tout à fait raison. Rien n'empêchait Dumbledore d'innocenter Black ou du moins, d'avoir sa version des faits. Mais comme l'avait dit le gamin, ce n'était pas le sujet pour le moment.

Annie Clayton était choquée, il n'y avait pas d'autres mots. Quand elle avait appris que le mage noir qui sévissait en Angleterre avait été tué par un adolescent de dix-sept ans, elle s'était demandé comment la situation avait pu dégénérer à ce point. Mais quand Poppy l'avait contacté pour soigner ledit adolescent tout en lui fournissant son dossier médical, elle était déçue que Dumbledore soit mort car ça aurait été avec joie qu'elle l'aurait tué ! Le Sorcier était quand même coupable au mieux de négligence sévère envers un enfant et il semblait en être fier ! Mais peu importe, il fallait d'abord qu'ils s'occupent d'un bourreau d'enfant.

-Je voudrais revenir à ce dossier, fit Annie en se reprenant. Poppy a noté certains comportements qui peuvent être directement liés à ce qu'il contient. En parler serait un grand pas pour vous.

-Mais il vient de nous en parler ! s'exclama Draco

-C'est vrai, abonda Harry.

-C'est faux et vous le savez, gronda doucement Annie. Vous avez simplement résumé une vie d'abus et de coups en quelques mots. En parler en détails et comprendre vous aideraient dans votre vie future.

Annie leva la main pour arrêter toute protestation.

-Je ne veux pas de réponse immédiate, prévint Annie. Vous êtes également ici pour faire un bilan médical complet sans qu'il ne soit publié dans tous les journaux. Profitez-en pour y réfléchir.

-Merci, souffla Harry.

-Sachez juste que je suis là pour vous aider et non contre vous, sourit Annie.

§§§§§

Hermione écarquilla des yeux en ouvrant le paquet qu'elle venait de recevoir.

-Hermione ? s'inquiéta Blaise

La brune déballa totalement le paquet pour faire apparaître une boîte de chocolat Sorcier.

-Qui que ce soit, il veut vraiment t'impressionner, siffla Blaise.

-Pourquoi ? s'étonna Hermione

-C'est du haut de gamme, expliqua Théo. Pour faire une comparaison, même Draco réfléchit à deux fois avant d'en prendre et il n'en offre qu'à sa mère.

-De qui ça vient ? demanda Blaise

La jeune femme ouvrit la carte qui accompagnait le paquet et eut un deuxième choc.

-Hermione ? répéta Blaise

-C'est de Ron, balbutia Hermione.

La réaction des deux garçons fut immédiate. Théo fit léviter la boîte tandis que Blaise faisait reculer la brune.

-Mais qu'est-ce que vous faites ? protesta Hermione

-On est quasiment certain que la Belette ne connait pas cette marque, expliqua Blaise tandis que Théo commençait à lancer une batterie de sorts. Tout ce qu'il sait faire depuis la rentrée scolaire, c'est t'envoyer des Beuglantes et aujourd'hui, il t'envoie un cadeau qui coûterait plusieurs mois du salaire de son père ? Surtout qu'il en manque aucun alors qu'on connait tous sa gourmandise, ou plutôt sa gloutonnerie.

Hermione dut avouer que c'était logique. Mais alors, qui lui avait envoyé ce paquet ?

-Les chocolats ont été trafiqués, annonça Théo une dizaine de minutes plus tard. Par une potion. Je suis prêt à parier que le philtre en question est l'Amortentia. Ou un dérivé, au choix.

-Pourquoi ? demanda Hermione

-Cette potion voit ses effets décuplés avec du chocolat, répondit Blaise.

-C'est pour cela que les Sang Pur n'acceptent jamais des chocolats dont ils ne connaissent pas la provenance en guise de cadeaux, ajouta Théo.

Hermione avait déjà noté cette tendance de la part de Neville et de Ginny. Quant à Ron, tout le monde savait qu'il mangeait tout ce qui se trouvait à portée de main.

-Tu pourrais identifier ce qu'il y a dedans en combien de temps ? demanda Hermione

-Une vingtaine de minutes, réfléchit Théo. Le temps de vérifier toutes mes informations.

-J'aurais tellement voulu t'aider, ragea Hermione.

Poppy Pomfrey lui avait fortement déconseillé de brasser des potions car il fallait donner de sa magie. Or, elle devait servir à se soigner.

-Tu serais bientôt sur pied, consola Blaise. Vas-y, Théo, qu'on le sache tout de suite.

Le couperet tomba une demi-heure plus tard.

-Les chocolats devaient te permettre de tomber amoureuse d'une personne bien précise, annonça Théo.

-C'est possible ? sursauta Hermione

-Oui, répondit Blaise d'un air sombre. C'est une potion très peu utilisée parce qu'elle peut être irréversible.

-En plus, continua Théo, dans notre cas, elle est particulièrement puissante.

-Et ? pressa Hermione

-Cela veut dire que c'est un membre de la famille du désigné qui a brassé la potion, gronda Théo.

-Si c'était soi-disant un cadeau de Ron … commença Hermione.

Elle se tut, choquée. Parce que si c'était le cas, alors c'était Molly Weasley qui avait envoyé et trafiqué les chocolats. Pour qu'elle tombe amoureuse de son fils.

-Pourquoi ? haleta Hermione, le cœur battant

-Pour assurer une situation à la Belette, proposa Blaise. Elle a dû se rendre compte qu'il n'arriverait à rien tout seul. En couple avec toi, il aurait toujours la reconnaissance du peuple. Surtout que l'article de Potter qui le remettait à sa place n'a pas aidé à sa popularité.

Hermione eut un mince sourire. Elle se souvenait de l'article mensonger du roux concernant son rôle dans la chute de Voldemort et celui qu'avait donné Harry à l'international qui avait fait drastiquement baisser la réputation de Ron. Même si elle déplorait la méthode, elle ne pouvait que convenir qu'il le méritait, surtout quand elle avait écouté les récriminations de Ron à travers ses Beuglantes.

-Vous pouvez éviter d'en parler à Harry ? demanda Hermione

-On a quoi en échange ? demanda Blaise, intéressé

-Ce dont vous me harcelez depuis des jours, capitula Hermione. Une visite du monde Moldu. Mais je préfère qu'Harry soit avec nous.

-Vendu, sourit Blaise.

Hermione soupira de soulagement. Après l'entretien qui avait failli dégénérer avec Molly Weasley, elle n'était absolument pas volontaire pour énerver une nouvelle fois son meilleur ami.