Assumer ses actes

Harry était assez nerveux. Heureusement, Seth était à ses côtés. Draco avait tenu à être présent et était allé chercher Hermione.

-Je me contentais parfaitement de ne plus les voir de toute ma vie, grommela Harry.

-Ils doivent payer, déclara Seth. Et je pense qu'il vaut mieux qu'on les empêche d'avoir la garde d'autres enfants dès maintenant.

-Je suis au courant que Dudley va être bientôt père, fit Harry. Mais je ne vois pas où vous voulez en venir.

-Il y a beaucoup de chance que cet enfant soit Sorcier, révéla Seth. Je m'étonne même que votre cousin n'en ait pas été un.

-Alors que Vernon me faisait croire que la magie était mal avec ses poings ? pouffa Harry. Aucune chance !

-HARRY ! s'exclama Hermione depuis son fauteuil roulant poussé par Draco

-Hermione, souffla Harry en la prenant dans ses bras.

-Tout va bien se passer, dit Hermione.

-J'espère, soupira Harry.

-Je ne voudrais pas gâcher de si charmantes retrouvailles mais quelqu'un peut m'expliquer comment ça va se dérouler ? railla Draco

-D'après ce que j'ai compris, nous assisterons directement au procès, répondit Seth. La police Moldue a déjà eu l'occasion d'interroger Harry et de mener son enquête. Nous serons en présence des Dursley et de leur propre avocat. L'avocat Sorcier des Potter a recommandé un collègue Moldu qui a parfaitement préparé le dossier.

-Ils n'ont pas mis beaucoup de temps, constata Hermione.

-Disons que le cas Dursley avait déjà été mis sous surveillance, ricana Seth. L'ancien chef de la police du secteur dont dépend la famille est mort il y a deux ans. Son remplaçant a noté quelques irrégularités avec un seul et même nom qui revenait, Dursley. Il a mené son enquête et a découvert de nombreuses plaintes pour dégradations de biens publics, agressions, de coups et blessures ont été classées sans suite sans motifs valables. Il s'est renseigné chez les victimes et a compris que les auteurs auraient dû être poursuivis. Il a avisé sa hiérarchie et ils ont découvert que les services sociaux ont été alertés à propos d'un petit garçon qui vivait dans le foyer. La plainte d'Harry est tombée à point nommée.

-Le nom de Dumbledore apparait ? demanda Draco

Hermione se tourna vers lui, choquée.

-Le professeur Dumbledore … s'indigna Hermione.

-Hermione, coupa Harry. Il se doutait de ce qui se passait chez les Dursley. On sait qu'il a bloqué les rapports côté Sorcier. Il n'y a qu'un pas pour penser qu'il a fait la même chose côté Moldu.

Hermione referma la bouche. C'était un point qui méritait réflexion.

-Pour répondre à ta question, intervint Seth, son nom apparait comme le directeur de l'école élitiste où a été admis Harry.

-Donc le monde Sorcier n'est pas mis en cause, fit Draco.

-Mesdames, messieurs, fit une voix. La séance va commencer. Veuillez gagner vos places.

§§§§§

L'année scolaire se terminait et Minerva McGonagall relisait les notes des différents professeurs concernant les élèves. Quand elle avait repris la tête de l'école, elle s'était penchée sur certains points qui devaient être revus impérativement, notamment l'évaluation des élèves. Avant, seuls les examens de fin d'année déterminaient le passage en année supérieure mais la directrice avait décidé d'intégrer une évaluation continue qui compterait pour quarante pour cent de la note finale. Prévenus depuis le début de l'année scolaire, la plupart des élèves avaient joué le jeu et elle était heureuse qu'ils aient plus ou moins tourné la page de la guerre.

Les élèves de 7e et de 8e année venaient de passer leurs ASPIC. Les professeurs avaient déterminé juste avant qui serait plus à même de réussir ses examens ou au contraire, qui était sûr d'échouer car il fallait établir rapidement la liste de ces derniers pour retenir des places pour l'année suivante au cas où ils voudraient redoubler.

Il y en avait beaucoup pour lesquels elle n'avait pas à s'inquiéter, notamment la petite Weasley. Cette dernière avait eu l'un des plus hauts scores de l'année, aussi bien en moyenne générale qu'en ASPIC. La première place revenait bien évidemment à Hermione Granger, qui était arrivée à l'école – Minerva avait obtenu que toutes les épreuves des ASPIC se déroulent à Poudlard, ce qui permettait aux examinateurs de ne pas faire plusieurs sessions – avec son fauteuil roulant, à sa plus grande stupeur ainsi que celle de la plupart des Nés Sorciers. La majorité des candidats libres avaient eu des résultats supérieurs à ceux qui avaient passé l'année scolaire à l'école, ce qui la poussait à vouloir réviser les programmes.

Le cas qui lui posait le plus problème était celui de Ronald Weasley. Il s'était déjà fait remarquer tout au long de l'année par son mauvais caractère et ses crises de colère à répétition. Minerva se rendait compte qu'Hermione et Harry tempéraient réellement le comportement du roux et le poussaient à travailler. Ce dernier avait des résultats très limites et avait obtenu pile la note minimale pour avoir son ASPIC de Défense. Or, il se prédestinait à une carrière d'Auror et elle savait qu'il fallait au minimum les ASPIC de Défense, de Sortilèges, de Métamorphoses et de Potions pour être accepté comme candidat. La directrice était malheureusement également au courant que les effectifs du Bureau des Aurors étaient bien trop bas pour qu'ils se permettent une sélection drastique.

-Tu sembles bien pensive, fit Filius Flitwick en entrant dans son bureau.

-Je ne pensais pas que le travail d'Albus était aussi compliqué, soupira Minerva.

-Il y a beaucoup de choses qu'il ne nous montrait pas, sourit Filius en s'installant. Quel est le problème qui t'embête ?

-Ronald Weasley, révéla Minerva.

Filius grimaça.

-Ce n'est pas le plus prestigieux des enfants de cette famille commenta Filius.

-Sur les sept, c'est le pire, confirma Minerva. J'ai les résultats de ses ASPIC. Il n'en a qu'un seul, celui de Défense, et uniquement parce qu'il a montré son Patronus.

-Je croyais qu'il voulait devenir Auror, fronça des sourcils Filius. Il ne faut pas plus d'ASPIC ?

-Quatre pour être exact, précisa Minerva. Il a lamentablement échoué les Sortilèges, les Métamorphoses et ne parlons pas des Potions.

-Son rêve est compromis, déclara Filius.

-N'en sois pas si sûr, prévint Minerva. J'ai eu l'occasion de discuter avec Kingsley et il m'a avoué que les effectifs des Aurors sont atrocement bas et que pour les prochaines années, la sélection sera sûrement minimale.

-Je ne serais pas rassuré de savoir ce jeune homme intégrer ce corps, grimaça Filius.

-Moi non plus, sourit Minerva. Mais il est majeur donc il peut faire tout ce qu'il veut.

-Mon avis est qu'il n'est pas fait pour ce métier, assura Filius.

-Je sais, concéda Minerva.

-Puis-je jeter un coup d'œil aux résultats des ASPIC ? demanda Filius. J'ai envie de voir si certains élèves que je suis ont bien réussi.

-Avec plaisir, sourit Minerva.

Ils terminèrent l'après-midi en discutant des élèves les plus remarquables de l'année ainsi que de la remise des diplômes qui aurait lieu le lendemain du retour du Poudlard Express sur Londres.

§§§§§

Narcissa et Andromeda avaient décidé de fêter la fin des études des plus jeunes par une garden party sans grande prétention après la remise des diplômes.

-Tu es sûr que je peux venir ? hésita Hermione

-Si les invités ne peuvent pas t'accepter, alors ils n'ont rien à faire là, sourit Harry en l'installant dans son fauteuil roulant.

Andromeda avait demandé l'autorisation à Harry de faire la fête dans les jardins du manoir Potter, surtout pour montrer à la société Sorcière que lord Potter allait bientôt faire son apparition sur la scène politique.

-Qui sera là ? demanda Hermione

-Essentiellement nos amis, assura Harry. J'ai quand même eu mon mot à dire sur la liste des invités.

-Et Ron ? s'inquiéta Hermione

-Je n'ai toujours pas eu de réponse, haussa des épaules Harry.

-Tu l'as quand même invité tout en sachant qu'il y aurait des Serpentards ? s'étonna Hermione

-Je veux savoir s'il a vraiment grandi pour accepter qu'une maison ne détermine pas tout dans la vie, répondit Harry. S'il vient et qu'il insulte tout le monde, je saurais qu'il ne vaudra pas la peine que je me donne.

-Il va te reprocher de fréquenter des Serpentards, insista Hermione.

-Je lui ai déjà signalé la présence de Narcissa dans la lettre, déclara Harry.

-Pourquoi ? s'étonna Hermione

-Essentiellement pour savoir comment il allait réagir, sourit Harry. Il n'a jamais eu de contact avec elle.

-Montre-moi ce que tu lui as écris, ordonna Hermione.

En souriant, le brun sortit de sa poche la copie de la fameuse lettre et lui tendit. La jeune femme lut rapidement la missive.

-Tu dis que tu invites Narcissa pour la remercier de t'enseigner les us et coutumes Sorcières, nota Hermione. Tu veux vraiment déclencher une guerre avec Molly ?

-Je veux simplement établir la vérité, haussa des épaules Harry.

-Tu ne dis rien sur Draco, Théo et Blaise, remarqua Hermione.

-Ce sera une surprise, sourit Harry. Enfin, s'il vient.

-Tu penses qu'il le fera ? demanda Hermione

-Honnêtement, je ne suis pas sûr qu'il lise même son courrier, critiqua Harry. Souviens-toi, quand nous lui écrivions au début de l'année, nous ne recevions aucune réponse. Et quand nous ne sommes pas exclusivement concentrés sur lui …

-C'est vrai, soupira Hermione. Je me souviens quand nous sommes allés à Pré-au-Lard pour lui rendre visite.

Flash-Back

Hermione et Harry avaient décidé, courant mars, d'aller voir Ron. Hermione avait persuadé Harry de tenter d'expliquer à Ron pourquoi ils n'avaient pas tenu à faire leur dernière année à Poudlard. Mais ils ne se leurraient pas. Le roux était particulièrement borné et assez égocentrique. Tant qu'il n'avait pas d'intérêts directs, il ne voulait rien entendre.

Poussée par Harry, Hermione critiquait l'état des routes dans le monde Sorcier. Comme la césure entre les deux mondes s'était faite alors que les rues commençaient à être pavées, les Nés Moldus étaient toujours aussi surpris de l'état de dégradation des sols des hauts lieux Sorciers. Si la jeune femme avait cru tomber de son fauteuil à chaque mètre qu'elle faisait sur le Chemin de Traverse, elle ne s'attendait pas à de telles ornières dans les rues de Pré-au-Lard. Heureusement, elle pouvait toujours compter sur la magie sans baguette d'Harry pour ne pas être trop secouée.

Comme c'était un jour de sortie de l'école, ils furent très vite reconnus par les élèves. Après que quelques personnes se soient avancées pour obtenir des autographes et qu'ils aient refusé, ils avaient bien vu la foule qui s'amoncelait autour d'eux et Harry agit de nouveau en érigeant comme sur le Chemin de Traverse un bouclier autour d'eux qui empêchait quiconque de les approcher à moins de trois mètres. Après plusieurs tentatives infructueuses – dont deux vols planés – ils furent laissés tranquilles. Ils se promenèrent dans le village, visitant chaque commerce, n'oubliant pas de faire un saut chez Georges, puis croisèrent Ginny et Nathan avec qui ils acceptèrent de prendre un verre.

-Vous attendez Ron ? renifla Ginny

-Nous avions rendez-vous, confirma Hermione. Qu'est-ce que tu ne nous dis pas ?

-Je me demandais aussi pourquoi il était ronchon en ce moment, railla Ginny.

-Ronchon ? renifla Nathan. C'est son état normal, ça. Là, il est tout simplement infernal !

-A ce point ? s'étonna Harry

-Disons qu'il exprime sa véritable personnalité maintenant qu'il n'a plus besoin de bien paraître devant vous, ricana Ginny.

-Il n'était pas particulièrement conciliant quand nous étions à ses côtés, railla Harry. Je dirais même que nous devions le ménager en permanence.

-Harry ! protesta Hermione

-Ose me dire que ça se passait bien quand nous devions refuser de faire ce qu'il voulait, pointa Harry.

Hermione dut le concéder.

-N'en parlons plus, trancha Harry. Il est en retard. On avait rendez-vous à dix heures.

-Il est collé jusqu'à quatorze heures trente, renseigna Ginny. Il ne vous a pas prévenu ?

-Ça t'étonne de lui ? ricana Harry. Il pensait sûrement qu'on allait l'attendre pour manger et pour faire bonne mesure, dans un restaurant de luxe.

-Tu penses ? s'étonna Nathan

-Ron ne pense qu'avec son estomac, rappela Ginny. Et l'un des seuls endroits où on peut bien manger, ce sont les restaurants de luxe Sorciers. En plus, il n'a pas à s'inquiéter de la note puisqu'Harry est avec lui.

-Il te ferait payer ? hoqueta Nathan en se tournant vers Harry

-Ça ne me choquerait pas, haussa des épaules Harry. Ça vous dit de manger avec nous ? J'ai un petit creux.

Tous acceptèrent et une pleine assiette de sandwichs fut posée sur la table. Ils discutèrent agréablement jusqu'à ce que la porte du bar s'ouvre violemment et qu'une haute silhouette longiligne n'entre.

-HARRY ! HERMIONE ! rugit la voix de Ron

-Par Merlin, il ne pourrait pas hurler plus fort ? siffla Hermione. Ce n'est pas comme si on avait réussi à se débarrasser de tous les abrutis qui nous suivent à la trace !

Le roux ne se gêna pas pour bousculer les clients pour venir s'asseoir. Il nota immédiatement l'assiette vide avec quelques miettes ainsi que la moitié du dernier sandwich dans les mains de Nathan.

-Vous avez osé manger sans moi ! accusa Ron. Et qu'est-ce que fait ce serpent ici ?

-Ne sachant pas quand tu daignerais arriver, nous avons décidé de manger, susurra Harry. Quant à Nathan, je devais discuter avec lui. Une pierre deux coups en somme.

-Vous auriez pu m'attendre ! protesta Ron

-Et toi nous dire que tu ne serais pas à l'heure, contra Harry. Nous sommes donc quittes.

Les deux garçons se fixèrent droit dans les yeux et le roux sembla comprendre qu'il ne gagnerait pas. Il détourna donc le regard de façon hautaine.

-J'ai faim, siffla Ron.

-Rien ne t'empêche de te lever pour t'acheter quelque chose, sourit mielleusement Harry.

Comprenant qu'Harry ne lui offrirait pas son repas, Ron se leva brusquement et se rendit au bar.

-Tu devrais y aller, déclara Ginny à Nathan.

-Pourquoi ? s'étonna Nathan

-Si tu es encore là quand Ron reviendra, tu vas te faire insulter jusqu'à que tu veuilles le frapper, assura Ginny. En plus, il ne sait pas que nous sortons ensemble. Tu ne connais pas Ron comme nous. Tu penses qu'il était infernal en ce moment ? Tu ne l'as jamais vu être réellement invivable.

Nathan regarda les deux autres. Et visiblement, sa petite amie n'avait pas tort.

-Je ne suis pas rassuré, avoua Nathan.

-Il n'osera pas me faire du mal, répondit Ginny. Ni à moi, ni à Hermione et encore moins à Harry. Il sait parfaitement que si on doit lever nos baguettes contre lui, il ne s'en sortira jamais vainqueur contre aucun d'entre nous.

Nathan soupira, vaincu. Discrètement, il embrassa la rousse puis salua les deux autres avant de s'éclipser. Juste à temps car Ron revenait à leur table.

-Il est où ? grogna Ron

-Il a dû partir, fit Ginny. Tu manges léger aujourd'hui.

En effet, le roux s'était contenté d'acheter un seul sandwich, conséquent certes, mais un seul.

-Pas assez d'argent, marmonna Ron.

Ginny voulut pousser plus loin mais Hermione la regarda pour lui demander de laisser tomber. Tandis qu'ils sirotaient leurs boissons, ils purent se rendre compte que ses manières à table s'étaient encore plus dégradées. Harry attendit donc qu'il termine son repas avant de prendre la parole.

-Je voudrais qu'on s'explique sur le fait qu'on ne se trouve pas à Poudlard cette année, fit Harry.

Depuis le temps, il avait compris que ce n'était pas la peine de tourner autour du pot avec son ami.

-Ouais, grogna Ron. Vous avez décidé sur un coup de tête de ne pas venir avec moi à Poudlard pour la dernière année.

-Est-ce que tu trouves que le château est adapté pour un fauteuil roulant ? demanda calmement Hermione

-Tu pourrais être sur tes deux jambes si tu acceptais enfin de te faire soigner, renifla Ron.

Hermione lui lança un regard noir.

-Tu ne penses pas que depuis le temps, si St Mungo avait pu faire quelque chose, j'y serais allée ? cracha presque Hermione, agacée

-Je vais finir par croire que maman avait raison en disant que tu fais ça uniquement pour qu'on te regarde, rétorqua Ron.

-C'est plus ce que tu ferais, susurra Ginny.

-Même pas vrai ! beugla Ron

Pendant que la sœur et le frère se chamaillaient, Hermione regarda Harry et dut concéder sa défaite. Si Ron ne pouvait pas comprendre de lui-même que la Médicomagie avait atteint ses limites avec son cas, comment allait-il prendre le fait que parce qu'il devait reprendre le clan Potter en main, Harry avait dû sacrifier sa dernière année en internat voire ses études supérieures pour être prêt le moment venu ? Rien n'était moins sûr.

Elle vit Harry tenter de s'expliquer, comme promis, mais Hermione nota que Ron refusait totalement d'écouter, persuadé que le brun l'avait trahi.

Moins de trente minutes plus tard, Hermione et Harry prirent congé, totalement blasés du comportement de leur ami.

Fin Flash-Back

Les deux amis se doutaient bien que si Ron venait, la journée tournerait à la catastrophe. Mais ils ne voulaient surtout pas devenir les méchants de l'histoire. Si Harry avait fait mine de ne pas l'inviter, il l'aurait accusé de lui tourner le dos alors que là, c'était sa fainéantise qui serait à l'origine de son absence.

§§§§§

Théo venait de récupérer Nathan à la gare de King's Cross puisque l'année scolaire était officiellement terminée. Mais son cousin voulait lui parler. Après le repas, ils se retirèrent donc dans le bureau du chef de famille.

-Je t'écoute, fit Théo.

-Tu te souviens, tu m'as envoyé vers Harry quand j'ai parlé d'épouser Ginny, dit Nathan.

-Lui aussi a trouvé cette idée un peu farfelue, sourit Théo.

-Oui, bon, il m'a proposé un compromis, grommela Nathan.

-Lequel ? demanda Théo

-Si je voulais toujours épouser Ginny à la fin de l'année scolaire, alors il parlerait en ma faveur aux Weasley.

-C'est pour ça que tu es passé à la vitesse supérieure ? sourit Théo

-Un peu, rougit Nathan.

-Alors ? demanda Théo

-Cette fille est vraiment géniale ! s'exclama Nathan. Elle est belle, pétillante, intelligente, ambitieuse …

-Doucement, doucement, rit Théo. Je vais finir par croire qu'elle est parfaite.

-Elle l'est, pour moi, rougit Nathan.

-Elle connait tes projets ? demanda Théo

-Disons qu'elle ne serait pas contre le fait qu'on vive ensemble, avoua Nathan.

-Ce ne serait pas une si mauvaise idée, réfléchit Théo.

-Hein ? sursauta Nathan

-Tu veux épouser Weasley, résuma Théo. Je vais devoir regarder si ça peut devenir une union avantageuse pour le clan Nott. Il va falloir que je convainque les Weasley que leur fille unique va sûrement intégrer une famille sombre. J'espère en plus que tu ne comptes pas vouloir l'épouser dans l'année, hum ?

-J'aimerai bien … hésita Nathan.

-Désolé mais là j'y mets mon veto, déclara Théo. Je vais régler les détails avec Harry alors. Tu comptes la demander en mariage quand ?

-Son anniversaire me semble bien, réfléchit Nathan. Le 11 août.

-Ce qui me laisse un peu plus d'un mois pour voir si les lois de la famille t'empêchent ou non de l'épouser, calcula Théo. Mais à ce stade, j'ai une exigence pour tes fiançailles.

-Laquelle ? demanda Nathan

-Ce seront des fiançailles simples, sans contrat de mariage à la clé, ordonna Théo. Je veux que vous soyez tous les deux libres de les briser sans catastrophe. Oh, et vous vivrez ensemble au moins pendant un an.

-Pourquoi autant ? s'étonna Nathan

-Je veux être sûr que vous puissiez vous supporter au quotidien, sourit Théo. Je préfère encore que vous viviez ensemble en étant fiancés que de négocier un divorce qui fera la une des journaux et qui me coûtera des centaines de milliers de Galions. Autant mettre toutes les chances de votre côté pour votre couple.

-Merci, soupira Nathan.

-Tiens, fit Théo en lui tendant une clé.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda Nathan en la prenant

-C'est la clé d'un appartement dans le Londres Sorcier, révéla Théo. C'est là que tu vivras le temps de tes études. Et avec Weasley si elle accepte.

-Je ne sais pas quoi dire, balbutia Nathan. Je pensais que tu me reprocherais de m'intéresser à une traitre à son sang.

-La personne me semble digne d'intérêt, en convint Théo. Prouvez-moi que c'est le cas.

-Pas de problème ! sauta Nathan

-Va visiter ta nouvelle maison, éclata de rire Théo. Je m'occupe du reste.

§§§§§

Seth Prince regarda tranquillement les Sorciers qui évitaient avec difficulté son regard. Il était tenté de sourire pour les terrifier encore plus mais il préféra réserver ça pour plus tard.

-Monsieur Prince, fit l'un d'entre eux.

-Lord Prince, coupa Seth.

-Milord, déglutit le Sorcier. Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ? demanda aimablement Seth

-Pourquoi faites-vous cela ? demanda le Sorcier. Au nom d'un Sorcier mort en plus.

-Ce « Sorcier mort » comme vous le dites était mon cousin, rappela froidement Seth. L'un des plus jeunes et des plus grands maîtres de Potions d'Europe. Certes, il a fait une erreur pendant sa jeunesse mais il a passé tout le reste de sa vie à réparer cette erreur. Dans le même temps, il fabriquait toutes les potions qu'il vous fallait pour sauver les gens. Potions qui, d'après ce que j'ai cru comprendre, vous ne saviez même pas utiliser correctement. Alors, pourquoi je veux lui rendre justice ? Parce qu'il le mérite.

-Mais c'était un Mangemort ! protesta un autre

-Un Mangemort qui faisait votre boulot, pointa Seth. Qui était sous-payé pour une erreur de jeunesse. Qui a toujours fait correctement son travail. Qui n'a jamais saboté son travail, mettant en danger ceux qui prendraient ses potions. Vous avez cessé de le payer quand Voldemort a refait surface et pourtant, vous lui réclamiez toujours plus de potions que vous gâchiez par votre médiocrité et votre inefficacité. Donc je suis là pour que vous assumiez vos actes et que vous payiez.

-Messieurs, salua Amelia Bones en entrant dans la pièce.

-Directrice Bones, salua Seth. Je ne pensais pas que cette affaire attirerait votre attention.

-Vous le faites au nom de Severus Snape, souligna Amelia. Cet homme a tout sacrifié mais ce n'est pas pour autant qu'il faut minimiser tout ce qu'il fait parce qu'il a pris la Marque pendant un moment d'égarement.

-Directrice Bones … voulut intervenir l'un des Sorciers.

-Je ne suis pas spécialement contente de l'image que renvoie St Mungo depuis quelques temps, déclara Amelia. Ce n'est pas la première fois que j'entends parler de vos défaillances, même en temps de paix. Allons-y, voulez-vous ?

§§§§§

La Sorcière ne savait pas exactement où elle se trouvait.

Alors qu'elle sortait de chez elle pour rejoindre ses « collègues » pour trouver une solution pour récupérer son poste, elle avait perdu la vue et avait été figée et transportée autre part. Quand elle avait repris connaissance, elle avait noté qu'elle se trouvait dans une pièce particulièrement petite, où elle avait un lit de camp, un lavabo, des toilettes, un drap, un oreiller avec sa taie et une serviette de toilette. C'était tout.

On aurait dit une cellule de prison.

Elle n'avait pas voulu le montrer mais elle était totalement terrifiée. Elle qui s'était toujours sortie de toutes les situations mais là, elle n'avait la main sur rien.

Elle ne sut pas combien de temps elle resta là mais subitement, la porte s'ouvrit, l'aveuglant totalement. Elle sentit des menottes magiques être passées à ses poignets puis elle fut traînée à travers des couloirs impersonnels. Elle fut finalement assise de force dans un siège et elle observa les alentours avec stupeur.

-Mais qui êtes-vous ? cracha la Sorcière. Et qu'est-ce que je fais ici ?

-Bonjour, mademoiselle Dolores Ombrage, salua un membre de l'assemblée. Vous êtes devant le Conseil International des Sorciers et vous avez été amenée ici pour vous justifier de l'utilisation de Plumes de Sang sur des mineurs, ainsi que de la manière dont vous avez obtenu un poste de professeur de Défense à l'école Poudlard alors que vous n'avez même pas le BUSE de cette matière. Sans oublier le génocide envers les créatures magiques dont vous avez été responsable après le coup d'état d'un certain Voldemort.