« Ceci est le commencement. Il marque cependant la fin, d'une époque, d'une vie, brûlée par le poids du temps et les remords du passé qui ressurgissent pourtant. Notre héros s'amuse à en modeler les cendres afin de créer une histoire, l'histoire de sa vie, et voici donc qu'elle débute. Si la fin peut servir à créer le commencement, peut-on dire que la fin EST le commencement ? »
Le garçon reposa le livre sur la table basse en face de lui. Il n'avait pas compris un traite mot de ce fichu bouquin, en plus de ne pas savoir lire. Le petit garçon avait demander un livre d'images à son père, mais ce dernier s'était tromper et lui avait donné l'un de ses nombreux livres philosophiques et chiants à mourir qu'il feuilletait fréquemment tout en buvant une tasse de thé installé dans le canapé du salon.
L'enfant soupira d'ennui puis sauta du siège sur lequel il s'était installé avant de se placer juste devant son paternel, de manière à lui bloquer la vue, l'interrompant ainsi dans sa lecture.
- Je veux aller jouer avec la fille du parc ! Dit-il joyeusement, décochant ainsi un sourire à son interlocuteur.
- Quand on est bien élevé on dit « s'il te plaît », jeune homme.
- S'il te plaît papa est-ce qu'on peut aller au parc pour voir la fiiiiiille ? Répéta-t-il, commençant à s'impatienter.
- Et est-ce qu'elle a un nom la « fille du parc » ? Où est-ce que tu compte l'appelée comme ça toute ta vie ? Répondit l'homme en se levant tout en tendant une veste à son fils, plaquant ses cheveux blonds en arrière.
- Hum... c'est quelque chose comme Haku Hasegawa, je crois !
C'était un samedi après-midi, un jour de printemps, plus précisément, que le petit Toshinori Yagi, du haut de ses quatre ans seulement, avait rencontrer celle qui deviendrait sa femme près de vingt ans plus tard.
Lorsque qu'il l'a vue pour la première fois, la fillette était debout sur une dune de sable, entourée de plusieurs autres gamins du même âge qu'elle, garçons et filles compris.
Au parc de jeu, c'était elle qui donnait les ordres, elle était le petit chef que l'on écoutait sans broncher car elle avait cette espèce de prestance et d'assurance qui effrayer une partie des autres enfants. Toshinori s'était approché du petit groupe, la semaine précédent celle-ci, et avait demander d'une voix enjouée :
- Hey, est-ce que je peux jouer avec vous ?
- Ha, t'es le garçon sans alter ! Avait répondue une fillette à la très courte chevelure brune.
En effet, à cette époque les résultats étaient déjà tombés : Toshinori était un sans alter, et ça, il le vivait très mal. Une simple phrase avait suffit pour, qu'en quelques secondes, les rêves de l'enfant soient réduits à néant. Certains des enfants présents à ce moment-là étaient des camarades de classe du blondinet et s'amusaient à se moquer de lui car il était, pour ainsi dire, différent d'eux.
- Va-t-en ! On veut pas de toi ici, tu vas nous gêner dans notre partie de cache-cache. Enchaîna un garçonnet aux yeux de chat, blessant encore un peu plus Toshinori.
Il s'apprêtait à partir, comprenant que quoi qu'il puisse faire ou dire, il ne serait jamais le bienvenu nulle part. Pourtant, une voix, plus assurée que les autres, s'éleva pour protester.
- Oui, tu peux jouer avec nous ! Avait sourit une petite avec des couettes blondes, des tâches de rousseur parcouraient son visage.
- Mais Haku ! On va pas jouer avec lui, il va nous gêner dans notre partie et servira à rien ! Fit la brunette en lançant un regard méprisant au garçon.
- C'est pas toi qui décide ! Rétorqua-t-elle, visiblement sûre d'elle. Et puis, de toute façon, vous avez pas le droit d'utiliser votre alter.
- Quoi ? Mais c'est pas juste ! Pourquoi dès qu'il arrive on doit changer les règles ?!
- C'EST. PAS. TOI. QUI. DÉCIDE ! Répéta la blonde avec un regard rageur en direction de l'autre fille, qui se contenta de croiser les bras sur sa poitrine en regardant ailleurs.
Le silence de la part du reste de l'assemblée qui suivit ses dernières paroles suffit à gonfler encore un peu plus l'ego de la dite Haku. Cependant, parmi le groupe d'enfants, un garçon se leva d'un bond et cria :
- NON ! T'as qu'à jouer toute seule avec lui. Moi, je joue pas avec ces gros nuls de sans-alter !
Après quoi, le garçon tourna les talons, partant jouer dans son coin... Et tout les autres gamins le suivirent, n'étant pas prêts à accepter la venue d'un « raté » dans le groupe.
- Humpf. Partez si vous voulez, je m'en fiche, c'est vous les gros nuls de toute façon ! Pesta la fillette, essayant de cacher le fait que perdre sa place de chef la froissait fortement.
Puis, après un petit moment, elle retrouva son sourire et se tourna vers Toshinori, afin de se présenter.
- Je m'appelle Haku Hasegawa, mais appelle moi Haku.
- Moi c'est Toshinori Yagi, mais je pense que tu peux m'appeler Toshinori.
- Ravie de te rencontrer, et bienvenu dans la partie ! Ça te tente une partie de chat ?
- Oui, beaucoup ! Répliqua le petit garçon, enjoué.
D'emblée, elle avait été l'une des rares personnes qui l'avaient accepté en faisant abstraction de son manque d'alter, et l'enfant avait au final garder un très bon souvenir de cette sortie au parc.
Maintenant, voilà qu'il était de retour le samedi suivant, prêt à passer de nouveau un bon moment avec celle qu'il considérait déjà comme une amie.
Quand il arriva au parc accompagné de son père, ce dernier parti s'installer sur un banc aux côtés d'un jeune homme avec qui il avait sympathiser la semaine d'avant. Il devait à peine avoir vingt ans, son nom était Daiki et il était le père d'Haku.
Il avait seize ans quand il est tombé amoureux d'une belle jeune fille venue passer des vacances en ville avec sa famille. Le courant est bien passé et ils sont très vite passer à l'acte, sans protection, faisant ainsi tomber enceinte la belle inconnue. Malheureusement, la famille de cette dernière pratiquant une religion étant contre l'avortement et ne voulant pas garder l'enfant, le père de l'adolescente est revenu toquer chez Daiki un an plus tard avec un bébé dans les bras, prétextant qu'il en était le père et qu'il devait donc s'en occuper avant de repartir aussi vite qu'il était venu.
Finalement, après s'être fait remonter les bretelles par ses parents et avoir reçu une leçon de morale sur les dangers que pouvait engendrer une relation sexuelle non protégée en plus de la responsabilité d'avoir un enfant, ils ont consenti – ce sont imposer plutôt - à aider leur fils dans cette épreuve, afin avant tout de lui retirer un poids des épaules et qu'il puisse terminer ses études tranquillement avant de, peut-être, pouvoir se trouver un appartement pour lui et sa fille.
Et voilà donc où il en était rendu, depuis maintenant trois ans, bientôt quatre, il avait un enfant à charge et vivait toujours chez ses parents en plus de devoir suivre ses études de médecine, ce qui lui valu une fatigue constante et un horrible teint cadavérique qui donnait l'impression qu'il était gravement malade. Il avait en plus de cela dû renoncer à une superbe colocation avec des amis qui ne voulaient pas d'un bébé dans l'appart. Et puis, au delà des études, Daiki n'était pas la meilleure personne à qui confier un enfant, d'où l'insistance de ses parents pour l'aidé.
Enfin... ce récit n'est que ce que les grands-parents d'Haku ont bien voulu lui raconter, récit qu'elle a elle-même répéter à Toshinori quelques années plus tard.
- Dis Haku, c'est quoi ton alter à toi ? Demanda Toshinori en dévalant le toboggan alors que la petite fille l'attendait en bas.
- Je n'en ai pas.
- C'est vrai ?! Cria presque l'enfant avec un regain d'espoir, heureux d'enfin trouver quelqu'un comme lui.
- Oui. C'est le docteur qui l'a dit ! Papa dit que ce n'est pas grave, et que ce n'est pas l'alter qui fait que je sois merveilleuse. Rétorqua-t-elle avec un ton hautain.
À l'époque, le pourcentage de sans alter dans le monde était un peu plus élevé, il était donc moins rare que maintenant d'en rencontrer, même si ce chiffre était à peine plus élevé.
Après ce qui sembla être une éternité et remarquant que leur enfant s'entendaient bien, Daiki et le père de Toshinori rejoignirent les deux amis, le premier possédant un de ces polaroids modernes qui sortent des photos instantanées.
- Ça vous tente une photo les enfants ? Demanda le second, montrant l'appareil photo en question.
- Ho oui alors ! S'exclama la fillette, sautant dans les bras de son père dans l'espoir de pouvoir attrapé le bien qu'il tenait entre les mains. Laisse moi prendre la photo papa !
Daiki s'abaissa à sa hauteur et lui adressa un sourire fatigué.
- J'aimerais bien te laisser faire, mais l'appareil est un peu lourd, sans oublier que tu es peut-être encore un peu petite pour comprendre son fonctionnement.
- Je suis pas petite ! Pesta la concernée en gonflant les joues.
- Hey, calme toi. Tu pourras prendre plein de photos quand tu seras plus grande, pour le moment c'est papa qui s'en occupe, d'accord ?
- Tu seras pas sur la photo avec nous ? Demanda Haku, déçue.
- Ho, heu... hé bien...
- Je peux prendre la photo si tu veux, Daiki, si ça peut lui faire plaisir. Le coupa le père du garçonnet avec un sourire.
Toshinori reposa le cliché sur la table basse en face de lui avant de basculer la tête en arrière, fixant le plafond pendant un moment.
- Et voilà, c'est comme ça qu'on s'est rencontrés, et qu'on a prit notre première photo ensemble. Soupira-t-il avant de reporter son attention sur Izuku qui, installé en face de lui, contemplait le cliché en question.
Le lendemain de son intrusion dans la salle de repos, le futur héro s'était questionné tout la journée sur ce qu'il avait vu dans le précieux album photo de son mentor, rentrant dans ses fameuses phases de réflexions et manquant de révéler à ses camarades ce qui n'arrêtait pas de le tracasser à plusieurs reprises.
Voyant donc que son élève était quelque peu décontenancé vis-à-vis de cette situation, et qu'il avait bien faillit révéler l'existence de ses potentiels enfants à Bakugo après une discussion quelque peu explosive, All Might n'avait eu d'autre choix que de convoqué le jeune homme dans la salle de repos afin d'éclairer sa lanterne sur son passé.
- Mais, il y a quelque chose que je ne comprends pas, dit Izuku avant de boire une gorgée du thé que son mentor venait de lui servir. Si Haku n'avait pas d'alter, comment s'est-elle faite acceptée par les autres enfants ?
- Je ne connais pas les détails, mais, à l'époque, elle compensait son manque d'alter avec son fort caractère. Elle s'est probablement imposée comme étant meilleure que les autres, même si elle n'avait pas d'alter.
- Et donc du coup, ils se sont mit en tête que tout les sans-alter sont nuls sauf Haku, car elle a était capable de prouver sa valeur. En revanche, ils n'ont pas accepter le fait qu'elle fasse rentrer un second sans-alter dans le groupe, car pour ces enfants vous n'aviez pas le même acabit que leur chef. En conclut le jeune garçon, reposant sa tasse sur la table.
- Exactement ! Affirma Toshinori. Il marqua une pause avant d'enchaîner. Tu veux savoir autre chose, jeune Midoriya ?
- O-Oui, comment s'est passée votre rencontre avec Nana Shimura ? Et Haku, alors, est-ce qu'elles se sont rencontrées ? Comment se sont passées vos années d'études à Yuei ? Quand est-ce que vous êtes parti en Amérique ? Qu'est devenue Haku à ce moment-là ? Quand est-ce que vous vous êtes marié ? Ils ont quel âge vos enfants ? Où est-ce qu'ils sont ? Est-ce qu'Haku et vous êtes toujours ensembles ? Pourquoi une telle rage envers Daiki ? Est-ce qu...
Izuku avait tout déballer d'une traite, voyant l'embarras que toutes ses questions provoquaient chez son mentor, il s'était stoppé net avant de s'excuser platement.
- Ça va, ça va, ne t'excuse pas je vais tout te dire. Rit-il, nerveux. Mais avant, je veux que tu me fasse promettre que toute cette histoire restera un secret dont seuls toi et moi connaissons l'existence. Compris ?
Izuku se contenta de hocher la tête pendant qu'All Might tournait une nouvelle page de l'album, dévoilant ainsi une nouvelle pelletée de photos, certaines n'étaient même pas rangées, posées en vrac les unes sur les autres, elles bombaient grossièrement l'album. Izuku les survola du regard, comprenant que l'ex numéro un allait lui parler de son adolescence.
Et voilà ! J'espère que ce second chapitre a était à la hauteur de vos attentes. N'hésitez pas à donner votre avis, surtout que j'ai peur d'aller trop vite ! (déjà que le récit de l'adolescence va pas durer cent plombes, en plus le plot a changé quatre fois ._.). Brefouille, à dans deux semaines !
