Titre : Une mission à Ishbal

Genre : Drame/Romance

Rating : Tout public. (K+)

Personnages : Riza, Roy, Havoc, Falman, Breda, Fuery...

Résumé : Au cours d'une mission mouvementée à Ishbal, Riza se retrouve avec la garde d'un bébé. Hasard de la vie ou coup du destin, cette mission ne la laissera définitivement pas indemne.

Disclamer : Fma ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Aucun

Notes : Hey ! Voici le chapitre 2 ! Il y a pas mal d'actions dans ce chapitre. J'espère que cela va vous plaire. Bonne lecture !


Reviews :

ttitania 2002 : Merci de ta review ! J'espère que la suite te plaira :D

gloumoudrou : Merci beaucoup pour ta review. J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes. À très vite :D


Chapitre 2 : Ethan


Tenant la main d'Elisheba, le bébé dans les bras, Riza marcha rapidement jusqu'au QG. Elle priait pour que tous les deux s'en sortent indemnes.

Elle entra le QG et monta l'escalier jusqu'à la salle de réunion. Havoc et les autres attendaient dans la pièce précédente et elle leur confia Elisheba. Elle frappa, à bout de souffle, et reconnut la voix de son supérieur.

« Excusez le dérangement, souffla-t-elle en parcourant la table des yeux.

- Lieutenant ! Vous êtes blessée ? s'inquiéta Roy en se levant.

- Pas moi, répondit Riza, et elle croisa le regard du Général Ashoto, Général Ashoto ! J'ai besoin de vos connaissances médicales, fit-elle en découvrant le bébé qui sanglotait faiblement.

- Expliquez-moi la situation, ordonna-t-il en se levant pour la rejoindre.

- Il vient de naître. J'ai dû désencombrer sa trachée et lui faire deux massages cardiaques. Son état ne se stabilise pas. »

Il avait pris le bébé et elle marchait sur ses traces.

« Je vais avoir besoin d'une bassine d'eau, de linge propre et d'un verre d'eau. »

Riza envoya les hommes de son équipe récupérer ce qui était demandé. Le Général prit la trousse de secours qu'il transportait tout le temps avec lui et redonna le bébé à Riza le temps de sortir ce dont il avait besoin.

Cramponnée aux jambes du Lieutenant, Elisheba fermait les yeux.

Riza observa le Général alors qu'il effectuait une piqure sur le bébé. Celui-ci parut tout de suite plus vigoureux et retrouva des couleurs. Havoc ramena le linge propre tandis que Falman apportait une bassine d'eau. Breda revint avec un verre et le posa sur la table.

Le docteur trempa un linge dans la bassine et l'essuya.

« Il est hors de danger », informa-t-il.

Riza sentit la pression retomber et une main la guida jusqu'à une chaise. Elle s'assit et croisa le regard inquiet de Roy.

« Que s'est-il passé ? demanda-t-il, accroupi à sa hauteur.

- Elisheba est venue nous trouver alors que nous faisions notre ronde. Sa maman était toute seule en train d'accoucher. Ishbal est parti chercher un médecin et je suis restée avec elle. Le nouveau-né ne respirait pas. Je l'ai aidé à dégager sa trachée puis j'ai fait un massage cardiaque. Ishbal est revenu avec le médecin. Il a dû s'occuper de la maman qui avait perdu beaucoup de sang, mais le bébé n'était toujours pas stable. Je me suis souvenue que le Général Ashoto était médecin donc je suis venue ici. C'est tout.

- Vous avez bien réagi, Riza, fit le Général Ashoto qui passait ses mains sur la tête du bébé. Il va bien maintenant et c'est grâce à vous. Le verre d'eau était pour vous. »

Roy le prit et lui donna. Elle but sans protester et quelques secondes plus tard, le médecin lui remettait le bébé.

« Maintenant, il a besoin de chaleur humaine. Je vais essayer de lui trouver de quoi manger. Gardez-le contre vous. »

Elle opina et croisa le regard du bébé. Il n'était pas rouge, pas encore, et ne le serait pas avant quelques mois. Ses yeux étaient bleu-gris pour l'instant. Il fronça les sourcils avant de se remettre à pleurer.

« Il a mal ? questionna Elisheba debout à ses côtés.

- Non, il va bien. Il pleure c'est tout. Il est bien vivant... »

La petite fille posa sa tête sur son épaule et Riza l'enlaça.

« C'est fini maintenant, Elisheba. On ira voir ta maman après, d'accord ? fit-elle d'une voix tendre.

- D'accord », opina la fillette.

Le médecin revint avec biberon rempli de lait et le donna à Riza. Elle nourrit le bébé et fut rassurée de le voir téter.

Un peu plus tard dans la soirée, Riza se nettoya rapidement et se changea pour aller à la clinique où Ilana se remettait doucement.

Elle fut plus qu'heureuse de retrouver son bébé et sitôt le nourrisson confié, Riza sortit de la chambre. La clinique n'était que la maison du docteur et le petit couloir était désert. Elle se laissa glisser contre le mur, ramena ses jambes contre sa poitrine et soupira. La porte s'ouvrit et elle reconnut Roy aussitôt. Sans le regarder, elle percevait son aura, entendait sa respiration, ses pas, sentait son odeur.

Il s'assit à côté d'elle sans rien dire. Elle finit par tourner la tête vers lui et sourit à travers ses larmes.

Il leva une main douce et les essuya délicatement.

« Promis, susurra Roy, je ne me plaindrai plus de mes après-midis de réunion. »

Elle hoqueta en riant à moitié et renifla.

« Merci », fit-elle alors qu'il lui tendait un mouchoir.

Ils décidèrent de partir peu de temps après et saluèrent la petite famille au moment où le papa arrivait. Le retour au QG fut calme et Riza avait eu le temps de se remettre de ses émotions. Elle se doucha en arrivant et descendit manger avec les autres. Elle avait tressé ses cheveux humides et portait un simple pantalon gris et son tee-shirt noir habituel. Les événements de l'après-midi eurent le temps de faire le tour du QG et elle perçut nettement les regards sur elle. Heureusement, son équipe se chargea plus ou moins habilement de détourner la conversation. Elle nota intérieurement de penser à les remercier.

Le repas fut tout aussi bruyant et animé que les autres soirs et elle monta rapidement se coucher. Roy resta un peu avec les autres Généraux, mais ne tarda pas. Eux aussi étaient fatigués avec la route du matin et la réunion de l'après-midi.

Leur chambre/dortoir avait été réquisitionnée et séparée à l'aide de rideaux pour les Généraux, aussi l'équipe dormait dans la bibliothèque. Il n'y avait que peu de place et Riza avait installé leurs matelas le matin même. Elle en avait casé deux entre chaque rangée, les mettant bout à bout. Sans hésiter, elle s'installa sur le matelas du fond dans la dernière rangée.

Elle passa par la salle de bain se changer et se préparer pour la nuit avant de revenir se coucher. Elle n'avait pas tiré les rideaux et de là où elle était, elle pouvait voir les étoiles briller dans le ciel. La fenêtre entrouverte laissait une brise rafraîchissante circuler. Elle se glissa sous les draps et se força à respirer profondément pour se détendre. Elle avait eu tellement peur ce jour-là. Tellement peur que le bébé ne meure dans ses bras, peur de devoir l'annoncer à Elisheba et Ilana, peur qu'Ilana ne meure également, peur de ne pas savoir quoi faire, peur de ne pas bien faire. Elle avait eu peur de céder à la panique. Cependant, elle avait gardé son sang-froid et finalement, tout s'était bien terminé.

Elle ferma les yeux sans même s'en rendre compte et s'endormit.

Rouge. Partout du rouge. Et une odeur de fer, lourde et entêtante. Du sang. La mort. Cet endroit puait la mort. Elle ouvrit les yeux et vit distinctement deux yeux rouges à travers la lunette de visée de son fusil. Son corps réagit avant son esprit et elle tira. Un cri intérieur retentit alors que l'homme tombait au sol. Mort. Riza crut mourir aussi. Elle se releva cependant, mit son fusil sur son épaule et reprit sa traque.

Dans sa tête, les ordres lui revenaient. Elle devait éliminer les Ishbals. Ils étaient les ennemis. Le cri intérieur revint et avec, une répugnance, un dégoût. Le dégoût d'elle-même. Elle se détestait.

L'air était lourd. Des cris se firent entendre et elle se mit en position. Elle passa d'un visage à un autre sans hésitation. Non, elle ne devait pas hésiter. Sinon, elle ne tirerait pas. Et c'était les ordres. Elle devait tuer.

Au milieu du massacre, elle pensa à l'alchimiste de flammes. Lui entendait ses victimes, il les entendait hurler de douleur. Il les sentait brûler vivantes. Elle, elle avait juste à appuyer sur la détente et elles mourraient, presque sans souffrance, sans trace. Chaque balle qu'elle tirait semblait se répercuter dans son esprit et la détruisait peu à peu de l'intérieur. Son viseur croisa soudain deux grands yeux bleu-gris et elle crut que sa tête allait exploser. Elle eut l'impression de quitter son corps et de l'extérieur, elle se vit appuyer sur la détente. Les pleurs du bébé se turent à jamais et elle hurla. Elle hurla sans entendre le son de sa voix. Elle voulait pleurer, mais elle n'y arrivait pas. Elle voulait crier, se rebeller, agir, faire quelque chose ! N'importe quoi ! Mais elle était bloquée dans son corps. Prisonnière d'elle-même.

Elle se sentit prendre une grande respiration et se redressa à bout de souffle. Elle sentait les larmes couler sur ses joues. La pièce était noire. Où était-elle ? Elle leva une main et rencontra une série de livres. La bibliothèque. C'était un cauchemar. Cette pensée la délivra en partie. Le bébé allait bien. Elle avait fait un cauchemar.

Une main se posa dans son dos et elle sursauta avant de se retrouver contre un torse. Elle reconnut son odeur et ses larmes silencieuses redoublèrent. Il la berça contre lui en lui murmurant des mots réconfortants et elle pensa que des fois, c'était dur de faire semblant. Il essuya ses larmes, caressant ses cheveux défaits d'une main. Elle sentit son calme revenir, blottie dans son cou et ses yeux se fermèrent.

Il attendit qu'elle se rendorme pour l'allonger. Les ronflements du reste de l'équipe le rassurèrent et il ne put s'empêcher de se coucher près d'elle. Instinctivement, elle vint se lover contre lui. Il sentait sa respiration apaisée, sa poitrine contre son torse et ses cheveux le chatouillaient. Il respirait son odeur et, son corps contre le sien, se rendormit à son tour.

Le soleil perçait à travers les rideaux clos quand Roy se réveilla. Riza dormait toujours dans ses bras. En fait, c'était lui qui avait dormi sur son matelas. Il n'eut pas le cœur de se détacher d'elle et profita encore quelques instants. Du bruit lui parvint bientôt, indiquant le réveil des membres de l'unité de Miles. Il ne faudrait pas tarder. Il la repoussa délicatement sur le dos et déposa un baiser sur son front.

Lorsque Riza se réveilla quelques minutes plus tard, elle resta un moment immobile. Son oreiller sentait bon. Roy avait dormi avec elle. Elle ne s'en souvenait pas, mais elle n'avait aucun doute là-dessus.

Elle s'habilla rapidement et récupéra un fruit dans la cuisine. Elle voulait passer voir Ilana, Elisheba et le bébé avant de prendre son service. Elle croisa Havoc et le prévint avant de partir. Le soleil n'était pas encore très haut dans le ciel et il faisait relativement bon ce matin-là.

Elisheba l'accueillit avec un grand sourire et lui sauta dans les bras.

« Riza !

- Coucou Elisheba ! Tu vas bien ?

- Oui ! Je suis grande sœur maintenant !

- Mais c'est vrai ça, félicitations ! »

Elles se sourirent et Riza la reposa au sol. Elle s'avança vers Ilana. Elle avait l'air fatiguée mais un doux sourire ornait ses lèvres. Elle tendit la main vers elle et Riza la prit.

« Merci beaucoup, Lieutenant. Merci de votre aide.

- Riza, appelez-moi Riza. Vous avez fait le plus dur je pense. »

Elles rirent et Ilana tapota le lit près d'elle. La blonde s'assit et elle observa le bébé dans les bras de sa mère. Il semblait avoir repris des forces et tétait goulûment.

« Il s'appelle Ethan. Ça signifie fort et robuste. »

Riza sourit.

« Oui, c'est un très beau prénom. Félicitations. »

Riza repartit aussi vite et revint au QG juste à temps pour partir en ronde. La journée fut tranquille. Roy était toujours en réunion et elle souriait en l'imaginant se plaindre intérieurement. Avant de partir, elle l'avait croisé dans l'entrée et avait perçu son interrogation muette. Elle en fut touchée et lui sourit. Aujourd'hui, elle allait bien.

Le soir, elle profita du fait que Roy soit toujours enfermé dans la salle de réunion pour aller se baigner avec une partie de l'unité du Commandant Miles. Il était suffisamment entouré avec tous les Généraux pour qu'elle ne craigne pas pour sa vie. De plus, elle avait appris à connaître les habitants du quartier et elle leur faisait confiance. S'il se passait la moindre chose, ils seraient rapidement au courant.

Les bains n'étaient pas très loin et ce fut extrêmement relaxant. Elle en apprit plus sur les membres féminins du QG d'Ishbal et dut répondre à beaucoup de questions. Elle était heureusement douée pour en éviter certaines.

Alors qu'elles rentraient toute ensemble. Lys se souvint qu'il manquait des pommes de terre pour le soir. Avec l'arrivée des Généraux, leurs stocks avaient été dévalisés.

« Je viens avec vous, informa Riza. Je veux passer à la clinique et c'est sur la route. »

Elles partirent toutes deux et s'arrêtèrent d'abord à la clinique. Ilana avait l'air plus reposée et Elisheba dessinait, assise à même le sol. Dans les bras de sa maman, Ethan dormait comme un bienheureux. Riza le prit un moment, mais elles ne restèrent que quelques instants.

Elles discutaient tranquillement sur le chemin de l'épicerie quand des cris se firent entendre. Elles s'entreregardèrent une seconde avant de courir vers la source du bruit. Il y a eu une explosion et elles accélèrent le mouvement. Au détour d'une ruelle, elles se retrouvèrent devant le mur et Riza abattit un poing rageur dessus. Ils étaient derrière. Les cris venaient de l'autre côté !

« Sergent, allez chercher du renfort !

- Tout de suite, Lieutenant. »

Lys détala à toutes jambes et Riza entendit les cris se rapprocher. Elle allait longer le mur pour chercher un passage quand les voix se rapprochèrent. Elle leva la tête et aperçut un visage paniqué la fixait avec supplication. Elle le savait. Elle allait mourir. La femme leva les bras qui dépassaient à peine du mur. Elle portait un paquet enveloppé de linge. Elle le lâcha et Riza parvint à le rattraper. Elle entendit les pleurs avant de voir le bébé et releva la tête vers celle qui devait être sa maman. Son regard semblait rassuré et un coup de feu retentit. Les yeux rouges se fixèrent une dernière fois sur le bébé et le corps s'affaissa pour retomber de l'autre côté. Riza entendit plus de cris alors qu'à travers ses yeux ouverts, elle revoyait la balle traverser son crâne en une giclée sanglante. Le bébé pleura de plus belle dans ses bras et inconsciemment, elle le resserra contre elle.

Des tirs, des cris et le silence. Impuissante, Riza se trouvait de l'autre côté du mur. Elle avait l'impression de revivre son cauchemar. Elle ne pouvait rien faire !

Il y eut des bruits de course et elle entendit une exclamation d'alerte. Mue d'un étrange pressentiment, elle s'éloigna du mur et entendit l'explosion avant d'être balayée par le souffle. Elle protégea le bébé de son corps et prit quelques minutes pour se redresser. Que venait-il de se passer ?

Sa tête tournait et son corps était douloureux. Les pleurs du bébé furent une vraie bénédiction à ses oreilles. Il allait bien. C'était de la peur qu'elle entendait, pas de la souffrance. Le son était ténu, mais elle percevait le sifflement dans ses oreilles. L'explosion avait été toute proche. Elle s'assit et examina le bébé. Il allait bien. Elle fit de même avec son corps. Elle s'était pris quelques pierres et était un peu étourdie, mais rien de grave. Consciencieusement, elle installa le bébé contre son ventre et l'attacha à l'aide d'un bout de son drap. Elle l'assura avec sa veste qu'elle referma sur lui et sortit ses deux armes.

Le sifflement s'affaiblit et des cris le remplacèrent. Le massacre continuait. Ni une, ni deux, elle courut dans leur direction. Elle guetta tout le long du chemin. Que pouvait-elle faire du bébé ? Elle ne voyait personne, à part des cadavres. Elle ne pouvait pas le laisser seul, c'était une cible trop facile. Et les autres, elle ne pouvait pas les laisser mourir. Elle passa le mur détruit et un éclat d'arme la fit lever la sienne. Elle reconnut le symbole des combattants de la justice et tira. L'homme s'écroula. Il y eut un cri d'alerte et elle se mit à couvert. Elle était repérée.

Le reste fut flou. Elle entendit des bruits de course et se découvrit pour tirer. Un, deux, trois corps. Le silence. Elle contourna la maison démolie. Partout, des cadavres. Partout...

Elle courut vers les cris au loin. Ils étaient signe de vie et en ce sens, elle voulait les entendre encore. Elle chercha une planque en arrivant et s'installa pour tirer. Elle devait protéger le bébé. Lui ne pleurait plus et elle n'aimait pas cela.

Une personne se releva et elle perçut l'éclat blanc de ses cheveux. C'était une cible facile. Elle fouilla les alentours du regard et repéra un homme armé. C'était elle qu'il visait. Elle tira avant lui et il s'écroula. Elle reprit son arme et redescendit du toit où elle s'était installée. Elle ne dut son salut qu'à ses réflexes. Elle évita un poing violent et para un second avant d'enfoncer son arme dans le ventre de l'homme. Elle tira et le corps s'écroula sur elle. Enserrant le bébé dans ses bras, elle s'extirpa et un grondement l'inquiéta. Les explosions devaient avoir endommagées les murs de la maison. Elle vit un pan de mur s'effondrer et se précipita vers la fenêtre. Elle sauta littéralement au travers et atterrit dans la rue. Elle sentait des éclats de verre dans sa peau. Sa veste avait protégé le bébé.

Au loin, les cris reprenaient. Elle récupéra son arme et courut dans leur direction. Dans une ruelle, elle croisa deux membres des Combattants. Elle profita de l'effet de surprise pour s'occuper du premier. Son chargeur était vide. Le deuxième lui sauta dessus et elle dut se défendre à mains nues le temps d'atteindre son autre arme. Elle vint difficilement à bout du colosse. Les coups de feu avaient attiré leurs collègues et deux nouveaux déboulèrent dans la ruelle. Encore une fois, elle eut le premier facilement et prit plus de temps pour achever le deuxième.

À bout de souffle, elle observa son cadavre à même le sol et attrapa le couteau dans sa jambe. Il n'avait pas touché d'artères. Elle mordit dans un bout du drap et l'extirpa de sa cuisse. La douleur fut lancinante et elle dut s'appuyer sur un mur. Celui-ci céda sous son poids et elle se rattrapa tant bien que mal. Elle examina le bébé. Il respirait et son pouls était régulier. Elle en conclut qu'il s'était évanoui.

Elle se fit un bandage de fortune et s'avança vers la sortie de la ruelle. Des Ishbals étaient en train de s'occuper des blessés.

Elle sortit de la ruelle sans crainte. Les membres des combattants étaient reconnaissables à leur symbole. Les habitants furent tout de même méfiants.

« Il y en a d'autres ? questionna-t-elle. Avez-vous vu d'autres combattants ? »

Ils nièrent et Riza observa les alentours attentivement. L'endroit semblait calme. Elle détacha le bébé et le tendit à une femme, assise près d'un enfant.

« Non, non..., fit-elle en levant les mains. S'ils reviennent, il mourra ici.

- Et moi aussi, rétorqua Riza.

- Vous pouvez le protéger. »

Son regard rougeoyant était franc et Riza réinstalla le bébé contre elle. Étrangement, cela la rassura.

Une explosion retentit plus loin et elle boita dans sa direction. Les hommes avaient récupéré les armes et la suivirent. Ils écoutèrent ses instructions à la lettre et avec l'avantage de connaître le terrain, ils purent encercler le groupe de cinq hommes. Armés face à des femmes et des enfants, ils tiraient dans le tas avec une joie malsaine. Tous eurent du mal à se retenir de leur sauter dessus. Au signal, ils furent abattus sans mal et les blessés furent pris en charge rapidement. Riza remonta les traces de la voiture des tueurs avec quelques hommes. Elles s'effaçaient peu à peu, signe qu'ils venaient de loin. Ils firent demi-tour, vérifiant auprès des locaux que tout allait bien.

Une nouvelle explosion fit remonter leur tension. Riza comprit qu'ils menaient là leur ultime attaque. Ils se précipitèrent vers l'origine du bruit. Leur stratégie fonctionna, mais un des hommes échappa à leur surveillance. Riza le suivit, pestant contre son chargeur vide. Elle rangea son arme et en prit une autre sur un des cadavres. Il se rendit compte de sa présence et elle eut le temps d'atteindre son épaule gauche avant qu'une main ne l'envoie au sol. Elle sentait son épaule la brûler. Elle évalua la douleur en se retournant pour esquiver son pied. Ce n'était pas une blessure grave.

Elle se releva en s'aidant d'un muret et sentit un coup s'abattre dans son dos. Il lui coupa le souffle. Une main se resserra sur son cou. Elle l'agrippa instinctivement et concentra ses forces dans ses jambes. Un coup de pied bien placé le fit lâcher prise et elle tomba au sol, rouge vermeille. Elle eut le réflexe d'attraper l'arme qu'il avait laissé tomber et la leva vers lui alors qu'il se redressait. Elle tira et il tomba, mort.

Sa gorge la brûlait tout comme ses poumons. Son corps tremblait et elle fut incapable de se lever. Elle réalisa alors qu'elle n'entendait plus rien. Elle vit juste un homme aux yeux rouges et aux cheveux blancs se précipiter vers elle avec inquiétude. Elle s'évanouit dans ses bras.

Tout le QG était sur le branle-bas de combat. Lys était arrivée en panique et Roy avait senti son cœur faire un bond dans sa poitrine. Riza était seule là-bas. Aussitôt, il avait pris la tête des troupes. Une équipe resta au QG et le reste se dirigea vers le mur. Le trou béant qu'ils y trouvèrent les glaça d'effroi. Il y avait de nombreux corps sous les décombres, beaucoup de traces de sang, mais l'endroit était silencieux. Ils suivirent les cadavres, armes aux poings. La route fut pénible.

Enfin, ils croisèrent des habitants.

« Avez-vous vu une femme ? Une jeune femme blonde en uniforme ? demanda Roy à la volée.

- Oui, fit un blessé. Elle est partie avec nos frères pour arrêter ce massacre.

- Dans quelle direction ? » interrogea le brun.

L'homme lui montra le chemin et quelques hommes, dont le Général Ashoto, restèrent pour prendre soin des blessés. Ils coururent un moment à travers les dédales de la ville. Roy pouvait compter les victimes de Riza. Elle visait la tête pour ne pas mettre la population plus en danger. Cela le rassurait. Tant qu'elle tirait, elle était en vie. Ils remontèrent la piste et parvinrent à un autre cratère de bombe. Seuls les corps des membres des combattants étaient étendus ici.

Ils s'apprêtaient à continuer quand ils entendirent des bruits en provenance d'une ruelle. Ils se tinrent prêts et Roy les fit baisser leurs armes en reconnaissant sa chevelure blonde défaite.

Il se précipita vers l'homme qui la portait dans ses bras et la prit dans les siens.

Elle avait une marque violacée au niveau du cou, mais il percevait sa respiration. S'il fut surpris de trouver un bébé attaché contre elle, il ne s'en formalisa pas. Ils sécurisèrent la zone et Fuery leur apprit par les talkies-walkies que les renforts venaient d'arriver pour leur prêter main-forte.

Le Général Mustang retourna auprès des médecins avec son équipe, laissant les autres progresser. S'il ne se trompait pas, le plus gros, voire la totalité des combattants, venait de tomber. Il baissa la tête vers Riza. Et une bonne partie avait été abattue par son Lieutenant. Elle avait été déchaînée.

Le médecin la prit en charge rapidement et Roy se retrouva sans trop savoir comment avec le bébé dans les bras. Que venait-il faire dans cette histoire déjà ?

Le lendemain, lorsque Riza ouvrit les yeux, elle se trouvait dans la clinique du docteur David, celui qui les avait aidés lors de l'accouchement d'Ilana.

Son corps entier lui faisait mal et elle tenta de se redresser. Elle vit quelques étoiles avant que sa vision ne se stabilise. Elle sentit une main se poser sur son épaule et croisa un regard doux. Des yeux noirs, tendres. Elle obéit à cette main, apaisée, et se rallongea, entrelaçant ses doigts aux siens.

Roy soupira alors qu'elle se rendormait. Elle avait des bandages partout et le docteur avait pris un temps fou à enlever tous les bouts de verre incrustés dans son corps. Celui autour de son cou lui rappelait de mauvais souvenirs. Ses traits étaient tirés et sa peau pâle. D'après le docteur David, elle se remettrait vite. Lui n'attendait que cela. Il jeta un œil au bébé endormi à côté d'elle. D'où venait-il ? Où était sa famille ? Il avait demandé, mais personne ne cherchait de bébé perdu. Une hypothèse lui venait bien, mais il préférait ne pas y penser.

Elisheba ne tarda pas à arriver et Roy l'aida à s'asseoir sur le lit.

« Est-ce qu'elle va mieux ?

- Oui, elle s'est réveillée tout à l'heure », informa Roy.

Elle sourit et caressa ses cheveux blonds du bout des doigts.