Titre : Une mission à Ishbal

Genre : Drame/Romance

Rating : Tout public. (K+)

Personnages : Riza, Roy, Havoc, Falman, Breda, Fuery...

Résumé : Au cours d'une mission mouvementée à Ishbal, Riza se retrouve avec la garde d'un bébé. Hasard de la vie ou coup du destin, cette mission ne la laissera définitivement pas indemne.

Disclamer : Fma ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Aucun

Notes : Bonjour ! Voici le chapitre 3 comme promis. Désolée du retard. J'ai complètement oublié de poster hier...


Reviews :

Justine28 : Coucou ! Merci pour ta review.

titania 2002 : Hello ! Merci pour ta review. J'espère que l'attente n'était pas trop longue. J'essaye d'avancer sur mes autres histoires entre temps donc c'est pour la bonne cause ;) bonne lecture en tout cas !


Chapitre 3 : Shay


Riza prit quelques heures de plus pour revenir complètement à elle. Elle se sentait toute engourdie. Elle ouvrit les yeux péniblement. Où était-elle ?

« Vous êtes à la clinique de Docteur David, Lieutenant, informa le Général Mustang. Comment vous sentez-vous ?

- Pas... au mieux de ma forme... murmura-t-elle d'une voix enrouée.

- C'est normal. Vous avez pris pas mal de coups, mais vous vous en remettrez rapidement, fit le brun. Je vais chercher le docteur. »

Il s'éloigna et sentit une main l'agripper.

« Attends ! » s'écria Riza.

Elle s'était redressée soudainement et tenta de se lever si bien qu'il dut la rattraper dans ses bras. Il la sentait tremblante contre lui.

« Que se passe-t-il, Riza ? Qu'est-ce que... »

Il comprit en voyant son regard paniqué se fixer sur le berceau. Elle fut tout de suite plus calme.

« Il va très bien. Il était juste évanoui quand nous l'avons récupéré. »

Elle soupira de soulagement et se laissa tomber sur son lit.

« Vous avez arraché votre perfusion, gronda gentiment Roy.

- C'est vrai que c'est votre rôle habituellement », plaisanta la jeune femme, faisant référence à la patience légendaire de Roy lorsqu'il était hospitalisé.

- Très drôle », marmonna-t-il.

L'air de rien, il l'aida à se réinstaller dans le lit. À chacun de ses gestes, il la voyait pincer les lèvres un peu plus. Elle parut soulagée de ne plus bouger, assise contre l'oreiller. Roy tenta de remettre un peu d'ordre dans les fils. Il remarqua qu'elle regardait toujours le bébé, sans rien dire. Son regard était immobile et vide. Il caressa sa joue pâle pour attirer son attention.

« Je vais chercher le docteur, Riza. Ne bougez pas. »

Elle opina comme une enfant sage et il sortit. Il n'aimait pas la laisser seule, surtout qu'elle semblait bouleversée.

Il revint rapidement avec David. Riza était toujours assise dans son lit, les yeux fixés sur le berceau.

Le docteur l'ausculta pendant que Roy attendait dans le couloir.

« Bien, gardez cette perfusion encore un peu, dit-il en finissant, et vous serez sur pied dans quelques jours. Votre épaule risque d'être douloureuse ainsi que votre jambe, mais ce ne sont pas des blessures profondes. Pour votre cou, l'ecchymose disparaîtra dans quelques semaines.

- Et le bébé ? fit Riza. Personne n'est venu le réclamer ?

- Non, malheureusement. C'est le Général Mustang qui s'en est occupé jusqu'à présent. Les orphelinats sont complets en ville et ils ne pouvaient pas se permettre de le prendre même pour quelques jours. »

Elle acquiesça en silence.

« Je vous laisse, n'hésitez pas si vous avez besoin.

- Merci Docteur. Oh ! Encore une chose, comment vont Ilana et le bébé ? »

Il eut un sourire amusé.

« Ils vont très bien. Ils sont sortis de la clinique et sont rentrés chez eux. Je crois que le papa voulait vous remercier personnellement. »

Elle opina et retourna la tête vers le berceau.

Dans le couloir, le Docteur David retrouva Roy.

« Elle a été secouée, dit-il sur un ton sérieux.

- Ça ne lui ressemble pas. Ce n'est pas la première fois qu'elle est blessée. D'autant plus que ses blessures ne sont que superficielles. »

Roy soupira, portant une main à son front. Il avait très bien compris que ce qui n'allait pas et il appréhendait la suite.

« Je vais m'en occuper, déclara-t-il en s'avançant vers la porte. Au fait, si vous voyez Elisheba, envoyez-la-nous, ça lui fera plaisir.

- D'accord. Bon courage. »

Ils eurent un regard entendu et Roy frappa avant de rentrer. Riza était toujours prostrée et regardait l'extérieur.

Il s'assit près d'elle et attrapa sa main. Elle le laissa faire sans bouger.

« Les Généraux sont repartis ?

- Ce matin. J'ai complété mon rapport ici même et j'ai pré-rédigé le vôtre. »

Elle tourna la tête vers lui, le fixant de ses grands yeux noisette.

« Merci. »

Elle savait qu'il détestait la paperasse, mais il avait pris le temps de l'avancer.

« Et merci pour le bébé, souffla-t-elle.

- J'ai bien tenté de leur dire que je n'y connaissais rien, mais rien à faire, personne ne voulait s'en occuper. »

Il avait son sourire espiègle et elle resserra sa main dans la sienne. Elle savait ce qu'il en était réellement. Il avait voulu garder près d'elle ce bébé qu'elle avait protégé au péril de sa vie et ça la touchait beaucoup.

Elle inspira profondément sous son regard inquiet et il sentit sa main trembler légèrement dans la sienne.

On frappa à la porte et il se leva pour ouvrir. Le reste de son équipe entra alors que Riza se recomposait une expression neutre.

« Lieutenant ! fit Fuery, le soulagement visible sur son visage.

- Vous allez bien ? questionna Breda.

- Vous nous avez fait peur », ajouta Havoc.

Ils l'entourèrent et elle se sentit mieux.

« Ça va, merci. J'ai été un peu secouée, mais je vais me remettre très vite. »

Ils eurent l'air ravis.

« Secouée ? reprit Havoc. J'en connais qui ont été secoués oui, vous avez été d'une efficacité redoutable, Lieutenant.

- Oui, c'est bien vrai, approuva Falman. À vous toute seule, vous avez dû vous occuper de plus de la moitié des membres des Combattants.

- Je crois que le Commandant Miles essaye de négocier votre mutation dans son unité, plaisanta Breda.

- Hors de question », rétorqua Roy fermement.

Il n'avait pas pu s'en empêcher et cela provoqua les rires de ses subordonnés. Ils se turent bien vite cependant pour ne pas réveiller le bébé et Riza sourit en relevant les yeux vers Roy.

Les hommes restèrent encore un petit peu avant qu'il ne les renvoie sous prétexte que Riza avait besoin de se reposer. Elle le remercia d'un regard.

« Vous devriez y aller aussi, Général. Après tout, vous avez passé votre journée ici si j'ai bien compris. »

Il ne répondit pas, mais son air gêné parlait pour lui.

« Je reviendrai ce soir. J'ai fait venir des affaires pour le bébé. Ça va aller ? »

Il parlait justement du nourrisson.

Elle opina en avisant le sac à côté du berceau. Il sortit après un dernier regard et elle soupira sitôt la porte refermée.

Elle dut se rendormir car lorsqu'elle rouvrit les yeux, le docteur entrait dans la chambre.

« Tout va bien ?

- Oui. Je me suis endormie.

- C'est bien. Vous reprenez des forces. Je vais vous apporter votre repas après. »

Elle réalisa qu'elle avait faim à cet instant. Le docteur vérifia son état et changea tous ses pansements.

« Vous avez des nouvelles pour le bébé ?

- Aucune malheureusement. J'ai demandé aux médecins de toute la ville de passer pour l'identifier.

- Merci. »

Il vit son regard s'assombrir et le petit être se réveilla.

« Je peux vous le confier le temps d'aller préparer le biberon ?

- Oui, oui bien sûr », approuva Riza en tendant les bras.

Le bébé ouvrit de grands yeux rouges sur elle et elle ne put quitter son regard. Le docteur sortit et elle sentit sa gorge se nouer.

Quel âge avait-il ? Elle lui donnait cinq mois peut-être.

Étonnement, il avait arrêté de pleurer une fois dans ses bras. Elle caressa sa petite tête blanche doucement.

« Coucou bonhomme ! On n'a pas vraiment été présentés tous les deux, n'est-ce pas ? »

Il gardait ses yeux fixés sur elle avec un air surpris.

« Je suis Riza et je vais prendre soin de toi jusqu'à ce qu'on retrouve ta famille. Tu dois bien avoir de la famille, hein. »

Elle embrassa son front et David revint à ce moment. Il lui apporta le sac près du lit et lui donna le biberon.

« Et voilà. Il est bien calme, commenta-t-il alors qu'elle le nourrissait.

- Il a arrêté de pleurer sitôt dans mes bras.

- Il a besoin de chaleur humaine. »

Riza approuva et releva lentement la tête vers lui.

« Si nous ne lui trouvons pas de famille, pouvez-vous chercher une famille d'adoption ?

- Oui, je peux, fit-il avec un air embarrassé.

- Mais ? comprit Riza.

- Les habitants d'Ishbal sont pauvres, Lieutenant. Même s'il fait partie du peuple d'Ishbal, je doute que nous trouvions une famille prête à l'adopter. De plus... nous croyons en beaucoup de choses, mais pas au hasard. Je ne sais pas comment vous avez trouvé cet enfant, mais s'il est tombé sur vous c'est qu'il y a une raison.

- Que voulez-vous dire ? murmura Riza, interdite.

- Peut-être qu'Ishbala l'a mis sur votre chemin. »

Elle retint la remarque qui lui vint et ne répondit pas. Elle baissa la tête vers le bébé.

« Je ferai de mon mieux en tout cas, conclut le médecin avant de la laisser. »

Les yeux clos, détendu, le bébé tétait goulûment le biberon.

Elle n'avait pas envisagé une seconde la possibilité de le garder. Elle chassa cette idée de sa tête. Oui, ce petit bonhomme devait avoir de la famille quelque part.

Il rouvrit les yeux et pendant une seconde, elle revit ceux de sa mère, grands ouverts sur elle. Le soulagement et la surprise. Elle revoyait la balle ressortir, faisant gicler le sang sur son front. Morte. Elle était morte en une fraction de seconde. Parfois, Riza avait l'impression que c'était elle qui l'avait tuée.

Riza ferma les yeux et serra les dents. Il n'avait plus sa maman, certainement plus son papa. Si jeune...

Elle sentit la boule dans sa gorge revenir et l'émotion la submergea. Il ne réalisait pas encore, mais il était tout seul. Seul au monde sans personne pour l'aimer et elle trouvait cela tellement triste et injuste.

Les larmes roulèrent sur ses joues et tombèrent sur le ventre du bébé. Il avait fini son lait à présent et l'observait sans comprendre. Elle l'assit délicatement en position verticale et massa son dos pour lui faire faire son rot. Elle essuya sa bouche avec son bavoir, hoquetant entre ses larmes et ramena le bébé dans ses bras.

Il n'était pas tout seul. Pas totalement. Jusqu'à ce qu'elle trouve une famille ou mieux sa famille, elle veillerait sur lui.

On frappa à la porte et elle leva une main pour essuyer ses larmes. Elle arrêta son geste en voyant Roy rentrer. Il portait un sac qu'il posa à même le sol en l'apercevant.

La seconde suivante, elle se trouvait blottie dans ses bras. Le bébé se mit à gazouiller entre eux deux et elle sourit. Plus calme, elle posa son front contre son épaule et se laissa bercer.

« Que s'est-il passé ? » questionna finalement Roy dans un murmure.

Elle inspira profondément et commença son récit. Sa voix se bloqua dans sa gorge alors qu'elle lui parlait des cris entendus qu'elle avait entendu avec Lys.

« Le sergent est partie et je... je voulais trouver un passage dans le mur... pour aller les aider... les cris étaient tout proches et j'ai levé la tête. Il y avait une femme sur le mur. Sa posture donnait l'impression qu'elle était en équilibre sur quelque chose ou quelqu'un. Quand elle m'a vue, elle a soulevé un paquet de ses bras et me l'a lancé... c'était lui », lâcha Riza dans un sanglot.

Il la sentait trembler dans ses bras et caressa son dos avec tendresse.

« Il y a eu un coup de feu. J'ai vu la balle transpercer son crâne. Puis le mur a explosé. Il n'y avait que des cadavres de l'autre côté. Tous Ishbals. J'étais seule alors j'ai attaché le bébé autour de mon ventre et... la suite vous la connaissez. »

Il avait immobilisé sa main lorsqu'elle avait parlé de la mort de sa mère. Délicatement, il releva sa tête, un doigt sous son menton.

« Nous lui trouverons une famille qui prendra soin de lui », promit-il.

Dans ses yeux, elle lisait la même détermination qu'elle avait vu des années plus tôt quand elle s'était engagée à ses côtés. Elle eut la force de sourire au milieu de ses larmes. Il embrassa son front et reprit doucement le bébé.

« Je vais m'en occuper pour ce soir. »

Elle opina et prit un mouchoir pour essuyer son visage. Le regard tendre qu'il lui lança la fit rougir.

Il déposa le bébé dans le berceau et sortit le temps d'aller chercher une bassine d'eau chaude. Elle l'observa pendant qu'il baignait le bébé. Ses gestes étaient maladroits et elle percevait sans mal toute la retenue et la douceur qu'il y mettait. Il habilla le nourrisson et le glissa dans ses bras. Elle l'accueillit contre elle avec plaisir. Assis contre son ventre, les yeux grands ouverts, il observait la chambre, mais surtout Roy.

« Les cheveux noirs doivent l'intriguer, émit Roy.

- Ou alors c'est leur tendance naturelle à être toujours ébouriffés, taquina Riza.

- Hey ! » protesta Roy.

Étonnement, cela fit rire le bébé et Riza suivit aussitôt. Une jeune femme entra à cet instant avec un plateau repas.

« Je vois que vous allez mieux, ça fait plaisir Lieutenant.

- Puis-je faire réchauffer mon repas ? demanda Roy.

- Oui, suivez-moi. »

Roy jeta un dernier regard à Riza et au bébé avant de sortir. Il revint quelques minutes plus tard avec son assiette.

Roy reprit le bébé qu'il installa dans un petit transat en position mi-assise et lui donna un jouet du sac. C'était un petit hochet en bois avec plusieurs éléments accrochés dessus. Le nourrisson l'étudia aussitôt très sérieusement en fronçant les sourcils. Cela les fit sourire et Roy rapprocha la chaise du lit.

« Et alors, que s'est-il passé après que vous m'ayez retrouvée ? demanda Riza en prenant une première bouchée de purée.

- Il a fallu s'occuper des blessés en priorité. Ce ne fut pas long. Soit les blessures étaient superficielles, soit nous retrouvions des morts. Nous avons séparé les membres des Combattants de la soit disant Justice et l'unité du Commandant Miles a passé la journée à creuser les tombes pour les Ishbals. Beaucoup les ont aidés. Les enterrements auront lieu demain dans la matinée. Il y a eu un survivant des Combattants et il n'a pas eu de mal à nous indiquer leur planque. C'est le dernier du groupe ou alors les autres ont pris la fuite. Ishbal est en train de comparer la liste de noms qu'on a trouvée et les cadavres. D'après le nombre, ça correspond.

- Tant mieux », fit Riza.

Un gazouillement attira leur attention et le bébé leva bien haut le jouet pour leur montrer.

« Hé ! dit-il en le secouant. Hé !

- Oui, c'est un jouet, répondit Roy en caressant sa tête. Un jouet.

- Hé ! » répéta le petit bout.

Ils sourirent et la porte s'ouvrit.

« Riza ! s'écria une petite fille en entrant, suivie d'Ishbal.

- Elisheba ! » s'exclama Riza.

Elle grimaça alors que la fillette sautait dans ses bras. Elle ne dit rien cependant et la serra contre elle.

« Mais ! On dirait que t'es déguisée en momie ! » fit-elle en observant ses bandages.

Cela les fit rire. Ishbal s'agenouilla près du bébé sans un mot.

« Vous le connaissez ? » interrogea Riza avec appréhension.

La tension remonta dans la pièce.

« Il s'appelle Shay. C'est le fils d'Aaron et d'Elsa. »

Il y eut un silence.

« J'ai vu leurs corps ce matin avec les autres.

- Ont-ils de la famille ? questionna la jeune femme avec espoir.

- Non, répondit Ishbal. Ils sont arrivés il y a quelques mois, tous les deux. Elsa était déjà enceinte. »

- Des amis proches ? » tenta Riza.

Ishbal se releva et planta son regard dans le sien.

« Shay, reprit-il d'une voix claire. Ça veut dire cadeau. »

Il tourna les talons et se dirigea vers la porte.

« Je t'attends en bas Elisheba », déclara-t-il avant de sortir.

Riza avait les yeux écarquillés, perdus dans le vide. Cadeau ? C'était la signification de son prénom.

« C'est un joli prénom, fit Elisheba. Il est très rare. »

Elle s'avança vers le bébé et s'accroupit devant lui.

« Coucou Shay ! Moi c'est Elisheba. »

Le bébé releva la tête vers elle et tendit une petite main curieuse. La petite fille la prit et sourit.

« Alors, c'est ton bébé maintenant ? » demanda la fillette.

Riza revint à la réalité et nia.

« On va essayer de lui trouver une famille. Il mérite certainement mieux qu'une femme qui passe sa vie au travail », plaisanta-t-elle doucement.

Elle croisa le regard critique du Général. Il s'adoucit presque aussitôt et vint s'asseoir au bord du lit.

« Aucun doute qu'il sera très chanceux si tu le gardes », assura Roy en prenant sa main dans la sienne.

Il avait abandonné le vouvoiement et lui souriait chaudement à présent. Elle sentit ses joues chauffer et baissa les yeux vers les enfants.

« Nous allons y aller, murmura Roy. Je repasse demain matin. »

Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, il déposa un baiser sur son front et tendit la main à Elisheba.

« Au revoir Riza, au revoir Shay ! » salua la petite fille avec des signes de la main.

Riza se retrouva seule et un gazouillement la rappela à l'ordre. En fait, non, elle n'était pas toute seule.