Thème : Seaking solace / A la recherche du réconfort
Résumé : Kairi, étudiante sérieuse et en couple avec Sora, se réveille un matin avec la gueule de bois et ses amies autour d'elle. Petit à petit, elle remonte le temps, reconstitue le puzzle dans sa tête pour expliquer comment elle a pu en arriver là.
R-16 / Lémon très léger / Univers alternatif – Monde moderne
4. Seaking solace / A la recherche du réconfort
Kairi se réveilla avec un poids sur sa taille, un autre sur sa poitrine. Elle avait la sensation d'étouffer, d'avoir trop chaud, et un pivert martelait sa tête. A travers les rideaux, la lumière du jour éclairait la chambre dans laquelle elle s'était assoupie. Pas la sienne, ni celle de son petit-ami, mais une pièce qu'elle connaissait bien. Elle ne portait rien hormis sa culotte, chose peu habituelle chez elle. Comment était-elle arrivée là, à moitié nue, entourée de ses deux colocataires ? Cela ressemblait bien trop au cliché d'une soirée arrosée.
Kairi se leva tout doucement pour ne pas réveiller les deux autres filles qui l'entouraient. Naminé et Xion ne portaient elles aussi qu'un léger sous-vêtement. Le reste de leur corps exposé donna des rougeurs à la rousse. Elle avait du mal avec la nudité. Même avec Sora, son petit-ami… Sora, penser à lui affola la rousse. Qu'est-ce qui s'était passé ? Pourquoi se réveillait-elle dans le lit de ses colocataires, deux amies du lycée lesbiennes qui sortaient ensemble ? Et pourquoi penser à son copain lui pinçait la poitrine ? Tout n'était que brouillard dans son esprit. Elle avait besoin de boire, d'avaler un médicament contre la gueule de bois, et surtout de s'habiller.
Dans sa propre chambre, le lit était fait, signe qu'elle n'avait pas dormi dedans. Sur le chevet trônait une boite de mouchoir vide, son contenu éparpillé et usagé tout autour. Kairi n'était pas malade, avait-elle pleuré ? Ca expliquait peut-être sa gueule de bois, bien que ce n'était pas du tout son genre de s'enivrer, même quand elle était déprimée. Elle enfila un peignoir en satin rose qu'elle avait acheté pour éveiller la curiosité de Sora, mais qui n'avait pas du tout eu l'effet attendu. Kairi n'en avait pas été vexée. Après tout, la maladresse de son petit-ami faisait partie de son charme. Elle redonna un coup de peigne à ses cheveux. Dans le miroir, elle remarqua qu'elle s'était endormie maquillée. Elle se tartinait rarement le visage. C'était bien une perte de temps, d'autant plus qu'elle ne cherchait pas à séduire. Elle avait déjà trouvé l'amour et Sora l'aimait au naturel. Les rares fois où elle se donnait la peine de se peinturer, c'était lorsque ses amies la faisaient sortir. Les pièces du puzzle s'assemblaient, tout semblait logique, hormis le fait qu'elle s'était réveillée entourée de deux lesbiennes. Elle n'avait rien contre l'homosexualité. Elle n'avait jamais jugé Naminé et Xion. Elle les adorait même et savait qu'elle pouvait compter sur elles. Mais elle était hétéro, elle en était sûre. Depuis toujours, elle aimait le châtain à la coupe de cheveux improbable et aux yeux pétillants. Et lui… Kairi eut comme un doute. Sora l'aimait, n'est-ce pas ? Il la choyait comme une princesse.
Dans la cuisine, elle se massa les tempes en attendant que le comprimé soit dissous dans l'eau. Elle tentait de faire le vide et d'y voir plus clair. Quelque soit la raison pour laquelle elle avait bu, c'était bien la première et la dernière fois. Ce n'était pas dans son genre de jouer les dépravées. Ses colocataires lui reprochaient souvent de ne jamais s'amuser, mais Kairi préférait se concentrer sur ses études et n'était pas à l'aise en soirée. Elle n'aimait pas sortir, dépenser des fortunes pour quelques verres, se faire draguer. Elle était casée, n'avait pas beaucoup d'argent et son palais n'aimait pas l'alcool. En plus, Sora ne l'accompagnait jamais, préférant passer ses soirées à jouer aux jeux vidéo avec Riku. Les deux garçons étaient ses amis d'enfance. Comme Kairi, ils étaient colocataires. La jeune femme ne s'inquiétait pas. Elle n'avait jamais douté du sérieux de Riku qui s'occupait bien de Sora, des fois même un peu trop.
Kairi eut l'impression de toucher un élément important lorsque deux paires de bras vinrent s'enrouler autour d'elle. Naminé enlaçait sa taille et Xion ses épaules. Les deux filles avaient enfilé des nuisettes courtes et sexy. Kairi se raidit, intimidée. Il n'était pas rare qu'elle partage des câlins amicaux avec ses amies. Mais le souvenir de son réveil changeait son point de vue. Elle aurait bien aimé savoir ce qu'il s'était passé la nuit dernière quand elles étaient rentrées visiblement éméchées.
− Notre princesse est réveillée, dit Naminé.
− Il faisait froid dans le lit. Pourquoi nous as-tu quittées ?
Ses deux colocataires semblaient encore à moitié endormies. Elles avaient les yeux fermés et elles s'appuyaient sur elle. Elles étaient visiblement conscientes que Kairi avait passé la nuit dans leur lit conjugal.
− Qu'est-ce qu'on a fait la nuit dernière ? demanda t'elle directement, cette question lui brûlait trop les lèvres.
− Oh non, elle ne se souvient de rien, gémit l'une d'elle.
− C'est peut-être mieux, ça lui ferait un choc, tempéra l'autre.
− Peut-être qu'on devrait l'aider à se souvenir.
Kairi sentit les lèvres de Xion dans sa nuque, la faisant frissonner de surprise. La sensation était loin d'être désagréable. Son corps avait immédiatement réagi. Elle avait l'impression d'avoir déjà connu ça, mais pas avec Sora, elle en était sûre. Son petit-ami était du genre malhabile dans l'intimité. Malgré sa volonté, il hésitait toujours, ayant peur de lui faire mal. Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Kairi était sa première petite amie et elle-même était plutôt intimidée pendant leurs rapports. A l'inverse, les gestes de Xion étaient assurés. Kairi la sentait à l'aise, bien plus expérimentée. Sa main glissa le long de sa hanche pour atteindre sa poitrine qu'elle caressa délicatement du bout des doigts. Kairi gémit malgré elle avant de rougir furieusement. C'était bien la première fois qu'elle émettait des sons de plaisir spontanément. Ses cordes vocales avaient vibré indépendamment de sa volonté, et le reste de son corps frissonnait d'aise. Son duvet se dressa, en demande de davantage de caresses. Une douce chaleur s'installa dans son bas-ventre, ainsi que des picotements sur son sexe. Kairi connaissait ces sensations, mais elles n'apparaissaient jamais aussi rapidement.
Pour tout dire, même si elle était amoureuse de Sora, elle n'était pas satisfaite de sa vie sexuelle. Elle avait d'abord cru que c'était normal. Que les gens exagéreraient, que le porno donnait une fausse idée de la réalité. Mais lorsqu'elle entendait ses colocataires geindre dans la chambre voisine, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir curieuse et de se toucher. Kairi les enviait. Peut-être que le problème venait d'elle. Sora faisait de son mieux et il était tendre. Ca ne pouvait pas être de sa faute, plutôt de la sienne. Elle était frigide, ou asexuelle, du moins le croyait-elle jusqu'à maintenant.
Xion poursuivait ses attouchements sur sa poitrine qui l'exaltaient et la paralysaient. Ses jambes tremblantes semblaient sur le point de la lâcher. Elle sentait déjà la douce chatouille de la cyprine qui s'écoule de son vagin. Tout s'était passé en une minute seulement. Le plaisir avait pris la place de son mal de tête et tout devenait plus clair. Kairi se revoyait dans ce bar pour filles, un verre de ces cocktails trompeurs dans sa main. Il n'y avait que comme ça qu'elle avait dû s'enivrer. Avec ces boissons qui te faisaient penser à du jus de fruits mais arrosées d'une bonne dose de rhum. Elle discutait entourée de ses amies, pleuraient sur leur épaules avant de d'éclater de rire.
− Je n'arrive pas à croire qu'il m'ait fait ça. Comment ai-je pu être aussi aveugle ? C'est drôle, n'est-ce pas ? Je le mérite, probablement. Je ne lui fais plus envie.
Puis elle s'affalait sur la table, alternant entre les rires et les sanglots tandis que Xion et Naminé lui caressaient amicalement le dos dans un geste de réconfort.
− Ce n'est pas ta faute, ma chérie, entendait Kairi, et lorsqu'elle relevait la tête, son verre était de nouveau plein.
Kairi prit une grande inspiration lorsqu'elle sentit la langue de Naminé léchouiller le lobe de son oreille. Elle virevoltait de l'extérieur jusqu'au pavillon et jusqu'à pénétrer dans le conduit, ce qui lui arracha un autre cri. La rousse ne savait pas que les oreilles pouvaient être aussi érogènes. Cela s'empira lorsque Xion délaissa le cou pour venir taquiner l'autre organe auditif. La brune caressait toujours sa poitrine au travers du peignoir fin, alternant d'un sein à l'autre puis taquinant les tétons durcis.
− Tu vois, son corps, lui, se souvient.
Xion osa s'aventurer plus loin. Sa seconde main frôla le ventre pour venir au contact de sa culotte. L'impulsion électrique de cette caresse sur sa fleur la fit s'effondrer au sol. Kairi reprit subitement se contenance. Une main sur son sexe comme pour se protéger, elle se dégagea brutalement. Ca allait beaucoup trop loin. Pourquoi s'était-elle laissée faire ? Et pourquoi Naminé ne disait-elle rien pendant que sa petite amie tripote une autre fille ?
− Arrêtez, qu'est-ce que vous prend ? Je ne suis pas comme vous.
− Ca avait pourtant l'air de te plaire, répliqua Xion un tantinet vexée par la remarque. Ce n'est pas ce que tu disais la nuit dernière.
Naminé posa une main sur le bras de sa petite amie pour l'apaiser.
− Je t'avais prévenue qu'elle risquait d'être un peu choquée quand elle reprendrait ses esprits. Il ne faut pas lui en vouloir.
− J'étais pourtant sûre qu'elle nous rejoindrait. Quel dommage, elle était si parfaite.
Maintenant, Xion semblait déçue, tout comme Naminé. Kairi avait compris à leur dialogue qu'elles avaient eu une relation bien plus approfondie la nuit dernière. Se sachant en état d'ébriété, elle leur en voulut un peu, soupçonnant presque de l'avoir volontairement saoulée pour assouvir leur fantasme.
− Comment on en est arrivé là ? demanda t'elle. Je ne bois jamais, et je suis hétéro. Je ne peux pas croire que vous m'ayez fait un coup pareil.
− Kairi, On n'a jamais voulu te porter préjudice, commença calmement Naminé. Tu étais tellement effondrée hier qu'on t'a proposée de sortir pour te changer les idées. C'est toi qui as payé tes boissons, Xion et moi n'avons quasiment rien bu. On avait tellement de peine pour toi que nous n'avons pas voulu te contrarier. Nous nous sommes dit qu'en tant qu'amies, nous devions juste être là pour t'écouter et sécher tes larmes. En rentrant ici, nous voulions te coucher mais c'est toi qui nous as chauffées. Désolée, mais tu t'es montrée si insistante et entreprenante que nous avons cédé à ton caprice.
− J'étais ivre, s'indigna Kairi.
− Tu nous as dit que tu nous écoutais faire l'amour de ta chambre, que tu voulais essayer. Que tu nous trouvais sublime.
− Evidemment que je vous trouve belles. Et c'est vrai que je suis curieuse lorsque je vous entends. Je n'ai pas ce plaisir avec Sora. Ma vie sexuelle est nulle en réalité. Voilà, vous êtes contente ?
Kairi ne savait pas ce qui l'agaçait le plus. Son comportement de dépravée et d'ivrogne qui se laisse aller à la première contrariété. Ou bien ses deux amies en qui elle croyait avoir confiance et qui étaient apparemment sobre donc susceptibles la raisonner. Elle culpabilisait du plaisir qu'elle avait éprouvé il y a quelques minutes alors qu'elle n'était même pas capable de prendre son pied avec son petit-ami.
− Comment j'en suis arrivée là ? pleura Kairi qui s'assit sur une des chaises de la cuisine.
Immédiatement, ses deux amies s'approchèrent d'elle pour l'entourer et la câliner pour la réconforter, sans la moindre arrière pensée. Kairi ne les repoussa pas. Elle aimait leur présence rassurante et réconfortante. Elle se dit qu'elles avaient bien de la chance d'être en couple. Elles resteraient ensemble, mais un jour Kairi se verra dans l'obligation de les quitter pour vivre sa propre histoire. Cette idée l'horrifiait. Elle se sentait si bien avec elles.
− Je suis désolée pour ce que je vous ai fait. Je suis une vraie pute.
− Ne dis pas ça, protesta Naminé. On a aussi notre part de responsabilité. On en a profité également. Nous nous sommes dit qu'après ce que tu venais d'apprendre, les hommes devaient te dégoûter et tu as voulu essayer les filles. Désolée, nous avons mal interprété. Mais nous avons honnêtement espéré que tu te réveilles et dises que tu nous voulais comme petites amies.
− Un couple à trois ? Mais ce n'est pas possible. On n'aime qu'une seule personne à la fois.
− Personne n'a mis en place cette règle. Xion et moi t'adorons, Kairi, avoua Naminé. Mais nous n'avons rien dit jusqu'à maintenant par respect pour tes sentiments pour Sora. Mais ce que tu as appris hier a changé la donne et nous avons sauté sur l'occasion
− Sans vouloir te choquer, poursuivit Xion, ça faisait un moment que Naminé et moi fantasmions sur toi. Tu es complètement notre genre. Nous rêvions de ce plan à toi depuis un long moment déjà. Et c'était encore mieux que ce que nous imaginions. Mon cœur bat à la chamade au souvenir de cette nuit. C'était magique pour nous. Tu as été parfaite, j'ai du mal à croire que ta vie sexuelle stagne. Tu es tellement sensuelle.
Elle, sensuelle ? Kairi aura tout entendu. Sa relation avec Sora était un véritable fiasco. Ca allait bien au début, quand ils n'étaient que des gamins se tenant timidement la main. Mais Sora préférait presque passer plus de temps avec Riku qu'avec elle. Penser à ça fit monter sa colère. Voilà plusieurs fois déjà que l'évocation de son ami d'enfance ne lui inspirait que du mépris. Elle avait encore du mal à identifier la source de ce jugement. L'argenté était pourtant quelqu'un de fiable, non ? Sora lui confierait sa vie. Nouvelle étincelle de colère. Tout avait dû commencer par là. Les mouchoirs usagés, l'alcool, elle dans un lit avec deux autres filles. Elle n'était pas loin de reconstituer tout le puzzle.
− Pourquoi étais-je déprimée ? Ca a quelque chose à voir avec Sora ? Riku est impliqué aussi, je me trompe ?
Naminé et Xion se regardèrent. Aucune des deux ne semblait vouloir porter la responsabilité d'un tel aveu.
− Tu nous as dit que tu avais surpris Sora et Riku dans une position compromettante. Tu n'arrêtais pas de pleurer ? Nous n'avons pas tout compris, mais tu étais vraiment remontée contre eux. Tu devrais prendre contact avec eux pour vous expliquer.
− Si tu as besoin de parler, nous sommes là. Quelque soit ta décision les concernant ou nous concernant. Nous t'aimons Kairi, tu peux compter sur nous.
Kairi hocha la tête avant de se lever et se diriger vers sa chambre pour s'y enfermer. Elle avait besoin d'être seule et de faire le point sur tout ce qu'elle venait d'apprendre. Le médicament qu'elle avait avalé faisait son effet et elle parvenait mieux à mettre des images sur les évènements qu'on lui avait contés. En une seule nuit, sa vie semblait avoir complètement changé. Elle ne savait plus où elle en était maintenant.
La rousse avait bien du mal à croire que Sora l'ait trahie. Il n'existait pas de garçon plus honnête que lui. La tromper avec Riku ? Même si les deux garçons étaient très proches, il devait y avoir une erreur, un malentendu. Sora l'aimait elle, depuis toujours, il le lui avait dit à maintes reprises. Et Riku ne s'était jamais intéressé à une quelconque relation sentimentale. Pour lui, il n'y avait que Sora. Kairi secoua la tête, prise de doute. Est-ce que l'argenté apportait quelque chose à Sora qu'elle était incapable de lui donner ? Du plaisir, peut-être. Sans doute même. Après tout, quand on a vingt ans, on espère sans doute mieux qu'une fille frigide au lit. Kairi avait envie de pleurer. Elle n'avait pas demandé à être comme ça. Elle aimerait, comme toutes les filles qu'elle côtoyait à la fac, que le sexe soit quelque chose de sensationnel. Elle ne l'avait pas cru, jusqu'à cette nuit.
Ca y est, les images étaient plus claires. Elle était dans la chambre d'à côté avec ses deux amies qui prenaient soin d'elle. Elles lui chuchotaient des paroles de réconfort, lui répétaient qu'elle était magnifique. Elles lui avaient retirée délicatement sa robe. L'une d'elle lui massait ses épaules et sa nuque en lui soufflant de se détendre, tandis que l'autre enlaçait sa taille et l'embrassait. D'abord chastement, sur tout le visage, y compris sur ses lèvres qui n'avaient jusque là été baisées que par Sora. Ses deux amies l'avaient allongée sur le lit. Le soutien-gorge était tombé lui aussi. Il ne lui restait plus que sa petite culotte, mais elle ne s'était pas sentie intimidée. Ses amantes avaient très bien su la mettre à l'aise. L'alcool aidait aussi.
Naminé et Xion avaient des gestes tendres. Elles ne lui posaient pas de question. Elles exploraient son corps sous diverses caresses et observaient juste ses réactions. Il s'avérait qu'elle préférait les touchers doux et légers. Prise dans l'ivresse du moment, elle s'était laissée flotter sur ce nuage. Elle avait aimé. En une seule nuit, elle avait goûté à plus d'extase qu'en trois ans de relation avec Sora. Elle s'était sentie désirée, mais pas complètement comblée. Plus bas, sa culotte humide témoignait du respect de ses colocataires qui n'avaient pas franchi cette ultime barrière. Elles s'étaient juste contentées de la toucher au travers du tissu. Kairi se sentit surprise à regretter qu'elles ne soient pas allées jusqu'au bout, et même d'avoir repoussé Xion ce matin. Maintenant, elle était frustrée. Pour la première fois de sa vie, elle avait envie de sexe, mais pas avec un garçon. Les câlineries de Naminé et Xion étaient justes parfaites, tout ce qu'elle avait attendu.
Embarrassée, la rousse se cacha dans ses draps. Comment était-ce possible ? Elle s'était toujours crue hétéro. Elle repensa à la relation qu'elle entretenait avec Naminé et Xion. Elles s'étaient connus au lycée et s'étaient immédiatement entendues. Elles partageaient beaucoup de choses ensemble. Des sorties, des nuits entières à discuter ou à regarder des séries, même des vacances. A y repenser, Kairi avait passé bien plus de temps avec elles qu'avec Sora. Elle avait même déjà largué son petit ami au milieu d'un rendez-vous afin de se rendre disponible pour ses amies. Elle appréciait leur compagnie. Elle ne voulait pas que ça s'arrête. Avec elles, elle se sentait détendue et valorisée. Et comme elles étaient belles. Surtout lorsqu'elles se promenaient dans l'appartement, simplement vêtues de ces petites nuisettes en satin. Naminé préférait le blanc, Xion les couleurs plus sombres. Kairi les avait déjà reluquées, détaillant leur jambes imberbes, épilées, probablement douces. Qu'est-ce qu'elle ressentait vraiment pour ces deux magnifiques fleurs ?
Son téléphone, qui était posé sur le chevet, retentit pour signaler l'arrivée d'un message. Kairi s'en saisit pour le lire et remarqua qu'elle avait plusieurs textes non lus et des appels en absence. Tous de Sora, datant de la veille au soir.
« Kairi, je suis tellement désolé, je ne savais pas comment te le dire. »
« Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça »
« Ce n'est pas que je ne t'aime plus. Avec Riku, c'est juste différent. »
« Ca ne fait pas longtemps avec Riku, je te le promets. »
« Es-tu bien rentrée chez toi ? Réponds-moi, s'il te plait »
« On doit parler. Je te promets que je n'ai jamais voulu te faire du mal. »
« J'ai contacté Naminé et Xion. Elles m'ont dit que tu étais bien rentrée. Repose-toi Kairi. Encore désolé, j'essaierai de te rappeler demain. Bonne nuit »
Le message qu'elle venait de recevoir à l'instant venait cette fois de Riku. Il finit de confirmer ses soupçons et fit s'envoler les maigres espoirs qui lui restaient.
« Je suis désolé Kairi. Je croyais que Sora t'en avait parlé. Tu n'avais pas à l'apprendre comme ça. Il n'a pas été correct mais ne lui en veut pas. Il n'a jamais voulu te faire du mal. »
Et bien c'était raté, Kairi avait mal. Le garçon qu'elle aimait l'avait trompée. Depuis combien d'années était-elle amoureuse de Sora, au juste ? Depuis le collège, facilement. Elle parlait déjà de ses sentiments pour le châtain à Naminé et Xion au tout début du lycée. Ils ne sortaient ensemble que depuis trois ans. Malgré les hauts et les bas, elle se savait toujours amoureuse. Sora avait toujours été une lumière, une présence rassurante. Il posait sur elle ses yeux d'un bleu lagon où elle s'était laissée emporter. Et ce garçon à qui elle avait confié son cœur, il l'avait écrasé entre ses mains. Oh, sans le vouloir bien sûr. Ce n'était pas intentionnel, ni accidentel, mais c'était fait, et Kairi sentit une forte douleur dans la poitrine.
A vingt ans, elle venait de perdre son premier amour. Ses sanglots résonnèrent dans l'appartement. Du salon, Naminé et Xion se serrèrent l'une contre l'autre, touchées par la peine au cœur de leur amie. Elles ressentaient sa souffrance, comme si leurs trois cœurs étaient connectés.
Note de l'auteur : Ce thème aura une suite (c'est le prochain thème qui sera posté la semaine prochaine)
