Les personnages ne m'appartiennent pas, ceci est un petit rappel pour la forme.

Ce chapitre mets les pieds dans le plat, et dans quel plat.


CHAPITRE 8 : Pourquoi es tu comme ça ?

Le dieu des mers se présenta devant le dieu des enfers sans même s'être fait annoncé auparavant, avec toute l'arrogance qui le caractérise.

Ah les trois frères divins étaient bien différents, si Zeus était porté sur la luxure, Hadès sur la pureté, Poséidon était quant à lui versatile et capricieux, semblable à des eaux qui d'une tranquillité apparente pouvaient subitement se transformer en rapides et tout dévaster sur leur passage.

Hadès leva doucement la tête en sa direction, il était assis sur son trône, dans la grande salle de son temple et semblait étrangement l'attendre. L'absence de surprise en était un élément poignant.

Poséidon eu une légère moue, lui il aimait surprendre, prendre par surprise, être cet élément perturbateur. Bref son effet de surprise, ayant fait un flop, il en fut quelques peu déstabilisé.

Il se reprit en inspirant profondément, et d'une voix calme et doucereuse :

- Hadès, cher frère, ton départ précipité de chez notre nièce est indigne de ta personne.

Contrairement à ce qu'il espérait, Hadès lui adressa un doux sourire. Poséidon grimaça en son for intérieur, mais pourquoi n'arrivait il pas à le déstabiliser ?

- Allons bon, tu ne va pas me dire que ça te chagrine pour elle tout de même ?

- Ne me fait pas dire ce que je n'ai point dit.

- Que me vaut cet honneur ?

- Je venais me quérir de ta santé, tu n'as pas daigné m'adresser la parole à part quelques monosyllabes et je me demandais si notre cher frère ne t'avait pas… (il marqua une pause et souria pour lui-même.) …un peu louper en te ramenant, voilà tout.

Il observait attentivement le seigneur des enfers, guettant le moindre signe d'agacement, mais il ne vit rien. Ah si tiens, il vit une émotion sur son doux visage de porcelaine, mais ce n'était pas celle attendu et ça l'irrita.

- Et en quoi m'aurait-il « loupé » s'amusa le dieu des enfers en insistant bien sur ce dernier mot, et en appuyant sa joue sur une de ses mains, dont le bras était accoudé à son luxueux fauteuil.

-…

Poséidon ne répondit pas, il se mordait la joue. Rien ne se passait comme il l'avait prévu, il n'avait pas le contrôle de la situation et ça l'exaspérait de plus en plus. Son frère avait-il deviné ? non il ne pouvait pas savoir, Zeus ne l'aurait pas révélé.

Il se retourna pour partir.

- ca va j'arrête de te taquiner. Mais dis-moi, quel est l'objet de ta venue ?

- Oh mais rien de spécial, juste l'envie de discuter un peu avec mon frère. Depuis combien de temps n'avons nous pas discuter ensemble ? répondit-il sans pour autant faire volte face, faisant dos au maitre des lieux.

- tu le sais très bien. La voix du seigneur des enfers s'était faite plus dure qu'il ne l'aurait voulue. Mais il ne le regretta pas. Car elle trahissait bien ce qu'il ressentait à ce moment là.

Poséidon grimaça (pour de vrai cette fois-ci) car il savait lui aussi ce que ça cachait. Mais il ne voulait pas céder, ce petit jeu entre eux durait depuis tellement longtemps que sa fierté était en jeu et la fierté d'un dieu, on ne la brise pas comme ça.

Il laissa donc s'échapper un petit rire nerveux.

-Je ne l'abimerais pas. » Fut sa seule réponse.

Hadès ne voyait pas l'expression du visage de son frère qui lui tournait toujours le dos ce qui l'ennuya fortement, comment objecter si on ne voit pas l'expression qu'affiche son interlocuteur.

Il choisi donc d'enfoncer un peu plus le clou pour le forcer à réagir d'une manière un peu plus explicit, et connaissant son frère ça devrait aller vite.

- j'avais oublié à quel point tu es fragile en réalité.

Ces mots fusèrent telles des poignards et Poséidon ne tarda pas à réagir. Il bondit en arrière et faisait face à son frère, les yeux planté dans les siens, un regard mauvais.

- Contrairement à toi j'y tiens plus que tout. C'est mon bien le plus précieux. Tu sais à quel point j'y suis attaché alors pourquoi insistes-tu ?

- et après, si tu me disais ce qui t'ennuies véritablement à l'utiliser. Tu as tord de te refuser cet immense jouissance, que lui seul pourrait t'apporter.

- je … ses mots s'éteignirent dans sa gorge. Son regard se perdit quelque part entre réalité et souvenirs.

Hadès soupira et posa une de ses mains sur les épaules de son frère, qui sous sa réaction impulsive s'était dangereusement rapproché de lui.

- A Elysion … Commença t-il sur un ton doux et chaleureux pour amorcer un armistice face au conflit naissant entre les deux divinités.

Mais il ne pu terminer sa phrase que le dieu des mers qui n'avait pas envie de s'apaiser visiblement, le coupa brusquement.

-Ton problème dieu des enfers, c'est que tu es stupide, idiot ou je ne sais quoi. Tu ne vois que ce tu veux.

Réalisant que ses mots avaient dépassé sa pensée, il recula d'un pas, le regard noir.

Puis dans un état second comme s'il se parlait à lui-même, sur un ton monotone, sans émotion :

- J'ai fait une erreur, ce n'étais pas à moi d'en décider. J'ai été égoïste et je n'ai pensé qu'à mon propre intérêt. Seulement j'avais oublié comment tu étais. Je voulais tant revivre ses moments perdus. Ces souvenirs qui s'effacent au rythme du balancier de l'horloge éternelle du temps. Je n'aurais jamais du demander à Zeus de te ramener. Il termina sa phrase presque dans un murmure.

Le souverain des enfers écarquilla ses yeux en grand, face à tant de révélations en si peu de mots : Il lui manquait, il voulait partager du temps ensemble, rattraper le temps passé, mais il regrettait qu'il soit encore là. Le genre de cacophonie et de résonnement bancal qui sied qu'au dieu des mers, capricieux et enfantin.

Sur ces mots Hadès déglutit difficilement, alors voilà on y était. C'était bien lui qui avait été à l'origine de sa résurrection.

Alors oui, il s'en était quelque peu douté que c'est lui qui était l'instigateur de son retour, qui d'autre aurait pu supplier Zeus de le faire, mais se l'entendre dire s'était autre chose, surtout de cette façon.

Le dieu des enfers s'énervait rarement, pour ne pas dire jamais, lui il gouvernait un royaume qui avait pour but de châtier ceux qui avait péché de leur vivant, et la pureté qu'incarnait le dieu du monde souterrain n'avait aucun égal, rien ni personne ne trouvait grâce à ses yeux. Aussi il était toujours calme et posé et analysait toute situation avant d'agir.

Mais les paroles de Poséidon l'avaient plus touché qu'il ne l'aurait cru et il s'emporta à son tour sans même s'en rendre compte.

D'ordinaire lorsque les cosmos de deux divinités entrent en conflit cela n'a peu d'importance pour eux, ils se jaugent tels deux animaux sauvages, dans de vaines tentatives d'intimidation. Or cette fois-ci la confrontation était clairement déséquilibrée et les deux protagonistes n'allaient pas tarder à le découvrir à leur dépends.

Tout autour d'eux commença à trembler, Hadès s'était levé d'un bond, les poings serrés, son fauteuil vola en éclat sous la pression exercée par son cosmos ténébreux. Face à lui Poséidon serrait également les poings, son cosmos se répandait tout autour de lui telles de puissantes vagues prêtes à engloutir un continent tout entier.

Le sol se fissura sous une pression de plus en plus pressante des deux cosmos déchaînés.

Puis tout s'arrêta. Tandis que Poséidon senti une douleur vive lui déchirer les entrailles, et qu'un fin filet chaud coulait de la commissure de ses lèvres jusqu'à la base de son menton, il leva ses yeux humides vers son frère et accrocha son regard.

Ce qu'il y vit à cet instant précis lui glaça le sang, une expression de terreur se reflétait dans les prunelles d'ordinaire si pures du dieu des enfers.

Très vite il comprit la situation et se téléporta sans demander son reste.

Lorsque Poséidon atterri dans son palais sous marin, il trébucha et s'échoua sur sa couche. Il n'eut pas le temps de réaliser quoi que ce soit que la vie venait de quitter le corps de Julian Solo.

A suivre ….