Ami(e) lecteur/trice, salutation ! Voici donc le chapitre deux de ma petite histoire, avec un peu de retard mais que voulez-vous : l'université aura ma peau ! J'ai bon espoir que les chapitres suivant sortiront plus rapidement, j'aimerai me fixer un rythme de croisière à un chapitre tous les deux semaines. D'ailleurs, j'ai corrigé autant que possible ce chapitre mais il doit probablement rester un nombre incalculable de faute, mes excuses si cela gêne la lecture ! Par ailleurs, Severus peut paraître un brin OOC, ce qu'il est probablement, mais encore une fois, plus de développement à venir dans les chapitres qui suivront.

FanManga28 : Merci ! J'espère que la suite te plaira !

Auriane07 : Merci trésor !

Constancelcd : Seul l'avenir nous le dira mais merci beaucoup !

Neko Kirei : nous sommes en 1989, plus précisément en été et merci pour ton avis.

Comme d'habitude, n'hésitez pas à commenter, c'est une grande source de motivation !


Chapitre 2

Le demi-roi de l'impasse du Tisseur.

« The wonders of this world go on, the hanging Gardens of Babylon »

Severus fixait la vieille radio crépitante qui ornait le bureau de sa chambre, à l'étage, chez lui dans la dernière maison de la vieille impasse du tisseur qui l'avait vue grandir. Le petit poste était branché sur une radio moldue et diffusait The miracle de Queen, sorti quelque temps auparavant.

« It's a miracle, it's a miracle, it's a miracle, it's a miracle »

Il ne pouvait que reconnaître la beauté des musiques moldues : si variées et si belles dans leur complexité. Severus trouvait personnellement que les différents groupes sorciers étaient médiocres au mieux, mais il ne savait pas si cela venait de son éducation, entre deux mondes comme il s'amusait à la décrire, ou si c'était là un fait objectif, ce dont il doutait quelque peu.

Il déplorait aussi le manque d'artiste ou d'écrivain de fiction dans la communauté sorcière. La magie semblait les avoir dépourvue de toute créativité et une immense majorité des œuvres littéraires qui sortait encore aujourd'hui n'avait qu'une visée didactique. Cela faisait des lustres que personne n'avait écrit de conte, comme si ceux de Beedle le Barde suffisaient. Il trouvait magnifique que, même sans magie, les moldus puissent être ainsi capable de faire naître les plus beaux des univers, les plus belles des histoires, plus riches encore que ce qu'il vivait, et ce alors même que sa magie aurait du le rapprocher de ces personnages de fiction.

« If every child on every street, had clothes to wear and food to eat, »

Ce vers fut suffisant pour lui rappeler qu'en parlant d'enfant, il avait le sien à rencontrer pour la première fois au travers de ce premier examen d'échographie magique. Il ne pouvait nier une certaine nervosité, en témoignait la cigarette entamée qu'il tripotait du bout des doigts. Il tira une profonde latte et détourna son regard du poste pour jeter un coup d'œil discret aux rues alentours : elles étaient pratiquement vides, les rares habitants vivant encore dans ces quartiers délabrés étaient à l'usine, travaillant d'arrache pied pour une misère qu'ils iraient sûrement dépenser dans le bistrot de Willy.

« If all God's people could be free, to live in perfect harmony, »

Il constatait d'ailleurs, avec un étonnement toujours renouvelé après toute ces années, à quel point la lumière n'arrivait jamais vraiment à reprendre complètement ses droits dans ce cul de sac, et ce, même si les heures les plus chaudes de l'été commençaient à poindre. En effet, un lourd brouillard d'ozone semblait se tasser dans les rues du quartier, résultat du grand nombre d'usine aux alentours.

Severus tira une nouvelle bouffée de nicotine avant de faire disparaître le mégot machinalement, savourant ainsi cette sensation avec le soulagement que ressentent les fumeurs réguliers. Il savait d'ailleurs que la marque qu'il fumait si religieusement était considérée comme « une marque de merde » mais il avait commencé avec les Maverick lorsqu'il était jeune et ne se voyait pas changer maintenant. Elles avaient l'avantage, à l'époque, de ne presque rien coûter et de ce fait, courantes parmi les clients de Willy à qui il taxait régulièrement des clopes sous leur regard attendri, lui sortant toujours les mêmes remarques « t'es pas trop jeune pour fumer toi ? » sans pour autant l'empêcher d'en chiper une ou deux ici et là. Depuis il avait bien grandi mais continuait de les acheter avec une somme qu'il échangeait tous les mois chez Gringott.

« Open hearts and surgery, Sunday mornings with a cup of tea, »

Il était d'ailleurs assez mal vu au sein du monde sorcier de fumer la cigarette, considérée comme « trop moldue », les jeteurs de sort lui préféraient l'opium ou le cannabis, plus nobles qu'ils disaient. Certes, Severus ne pouvait nier que cette réputation venait majoritairement de son entourage Serpentard, et de Dumbledore qui n'aimait pas le voir fumer, non pas pour la réputation qui traînait derrière ces petits bâtons de nicotine mais pour la simple raison qu'il s'agissait là d'un produit nocif qu'il consommait en toute connaissance de cause. Un de ses comportements auto-destructeurs aurait analysé le bon directeur en le contemplant derrière ses lunettes à demi-lune.

Il ramassa finalement le paquet qu'il avait posé à même le sol, vide il faudrait qu'il passe en acheter un nouveau, et éteignit, avec regret le poste sur un dernier vers : « But Mona Lisa just keeps on smiling. »

Le silence tomba, lourd dans la dernière maison de l'impasse du Tisseur, rompu simplement par le bruit des voitures et des usines au loin, l'accompagnant tandis qu'il vint fermer la fenêtre, précédemment ouverte pour permettre à son appartement de ne pas être embaumé de cette odeur de tabac froid. Les Maverick avait pour mauvaise réputation, méritée certes, d'accrocher aux tissus. Severus pensa vaguement qu'il lui faudrait limiter sa consommation et se résoudre à fumer dehors si un petit être venait à partager sa vie. L'idée de simplement arrêter de fumer ne lui vint même pas à l'esprit.

Se résonnant à ne pas trop penser à cela pour le moment, Severus fit tomber ses vêtements d'intérieur au sol, une chemise grise et un pantalon de toile noir, avant de se diriger vers la salle de bain attenante tout en ne pouvant s'empêcher de contempler d'un œil vague mais critique les changements qu'il faudrait opérer avant d'accueillir l'enfant. Il y avait quelques prises qui mériteraient d'être changées, de nombreux manuels jonchaient le sol, faute de place dans les bibliothèques déjà surchargées, des artefacts magiques et dangereux se trouvaient à portée de main : un bric-à-brac qu'il faudrait mettre sous clé loin de petites mains, et il y avait même des débris de verre issu d'une précédente expérience peu fructueuse. À l'aide d'un informulé, Severus se débarrassa de ce qui restait de l'une de ses fioles et passa une nouvelle fois une main lasse sur son visage.

Il fallait vraiment qu'il dorme plus. Le manque de sommeil le rendait nerveux pour des petites choses, l'état de ses quartiers en faisait manifestement partie.

Entrant dans la douche tête baissée, le jet lui permit de se calmer et d'avoir l'esprit plus clair. La température de l'eau devait y être pour beaucoup : le vieux ballon ballon d'eau chaude avait cette mauvaise manie de mettre un temps fou à réchauffer l'eau. Il ne pouvait néanmoins s'empêcher de grelotter sous l'onde glaciale qui l'assiégeait. Il aurait pu, d'un simple sort, rendre l'expérience plus agréable mais il ne le faisait jamais. Il avait d'ailleurs tendance à peu, moins, utiliser la magie lorsqu'il se retrouvait en dehors de Poudlard.

Il s'amusait d'ailleurs de voir à quel point sa vie était similaire à celle des moldues durant les vacances d'été. N'étant pas des plus sociable, Severus profitait généralement de son été pour s'occuper de travaux chronophage ou dans quelques rares cas, de partir pour des expéditions à la recherche d'ingrédients ou de nouvelles découvertes. Cet été-ci, comme de nombreux autre, il s'occupait d'une expérience, sortait quelque minutes par jours fumer une cigarette, retournait étudier, mangeait et dormait.

Remarquant finalement que l'eau avait atteint une température idéale, Severus se frictionna longuement pour retirer les odeurs de renfermé, de cigarette et d'ozone qui semblaient avoir déteint sur sa propre peau tant elles étaient bien incrustées. D'un même mouvement il se lava les cheveux, à l'apparence grasse en raison de l'atmosphère humide des chaudrons brouillonnant et du shampoing de piètre qualité qu'il utilisait. Il pensait souvent à les couper plus court pour ne pas avoir à s'en occuper autre mesure mais l'idée simple qu'une coupe courte lui dévoile entièrement le visage le mettait plutôt mal-à-l'aise.

Sortant finalement de la douche, il s'habilla simplement d'une cape noire par dessus une tenue des plus simples, aux couleurs sobres : son apparence était loin de susciter chez lui un intérêt particulier. Se regardant dans la glace, légèrement poussiéreuse et noircie dans les coins pour une raison que Severus ignorait encore à ce jour, il se contempla un instant. Sa tenue ferait certainement tâche parmi les moldus, la cape était probablement de trop. Il la retira et la lança dans un coin de la pièce sans y prêter la moindre attention. Il se fustigea, il faudrait qu'il pense à ranger toutes ses robes noires dans un placard durant l'été : il ne les portait jamais après tout !

Il est vrai qu'accueillir la vieille voisine d'en face venu emprunter du sel vêtu de sa célèbre cape noir ne lui apporterait qu'une réputation encore plus mauvaise qu'elle ne l'était déjà. Il était déjà perçu comme un excentrique, lui un excentrique : ah !, voir un fou un peu inquiétant. Et ça en plus d'être connu comme le fils de Tobias, qui devait avoir la même passion pour la bouteille que le patriarche.

Séchant ses cheveux d'un simple mouvement du bout des doigts, il les attacha en un chignon lâche pour dégager sa nuque et repassa par sa chambre, attrapant ainsi sa montre à gousset et son dossier médical, requis pour l'examen.

Barricadant la maison d'un informulé, la guerre sorcière Lord Voldemort l'avait rendu un brin paranoïaque, et transplana alors jusqu'à une ruelle reculée près de l'endroit de rendez-vous. Il s'agissait d'une rue passante côté moldue, bien que le pub où devait avoir lieu leur rencontre était reconnu pour ne pas être trop fréquenté, surtout en semaine. En effet, ce n'était pas uns de ceux dont la clientèle était composé de touriste, mais bien des familles natives du coin qui, en pleine semaine, ne sortait que rarement. Severus savait qu'à cette heure-ci, il n'y aurait autour d'eux que des personnes en costumes cravates, discutant business autour d'une bière et d'un plat bien cuisiné.

Dorothy l'attendait déjà devant, tenant ainsi son large ventre d'une main en contemplant la rue passante d'un air concerné. Peut-être se demandait-elle s'il allait venir ? S'il avait changé d'avis ? Severus décida de rompre ce fil de pensée qu'il devinait maussade pour se présenter auprès de son amante d'un soir. Elle sembla d'un seul coup soulagée de le voir et l'enlaça machinalement, ses cheveux bouclés chatouillant sa joue, accolade qu'il rendit vaguement : qui était-il pour refuser une marque d'affection à la mère de son futur fils ? Ils s'enquit de son état :

« Tu as l'air... en excellente forme., sans trop comprendre pourquoi, cette simple constatation fit naître un sourire ironique sur le visage de la femme à ses côtés

— Oui Severus, je suis grosse.

— Je ne voulais présumer de rien, j'ai entendu suffisamment d'histoire de femmes enceintes éplorées après la moindre remarque désagréable sur leur poids pour ne pas vouloir tenter l'expérience. »

Un léger rire la secoua et ses traits se détendirent d'autant plus : Dorothy, de ce qu'il avait appris de la jeune femme durant le séminaire, détestait être maternée ou prise en pitié, ni même qu'on lui épargne certaine vérité, et pour cela, elle avait tout le respect de Severus.

Ils s'installèrent tous deux à une table à l'extérieur d'un pub voisin, le temps était plus clément que les précédent jours : la chaleur caniculaire étant remplacée par une douce tiédeur accompagnée d'une brise confortable. La sorcière face à lui poussa un soupir de soulagement une fois assise et demanda sur le ton de la conversation:

« Alors, tu te fais à cette idée d'être père ?

— Ce serait te mentir que d'affirmer que tout est sous contrôle, j'ai encore un peu de mal à imaginer que dans si peu de temps je serai le gardien d'un enfant. Mais si cela te rassure, je ne conserve pas simplement l'enfant pour... les raisons que t'ont expliquées Dumbledore. C'est une vraie volonté de ma part.

En effet, en raison de la naissance du petit et de la particularité de son arbre généalogique, une longue discussion avec Dorothy avait été nécessaire pour lui faire comprendre les enjeux de cette naissance. Apprendre que l'on était de la famille de Lord Voldemort lui-même avait de quoi perturbé, surtout durant une grossesse. Néanmoins elle avait été très compréhensive et suffisamment ouverte d'esprit pour ne pas faire de crise existentiel en plein milieu de sa grossesse.

— Je... suis rassurée en effet. C'est vrai que l'idée que l'enfant allait être la victime de jeux de pouvoir à peine sorti m'inquiétait. Ce fut d'ailleurs un choc je dois te l'avouer d'apprendre comme ça que lui et moi étions relié., elle ajouta avec un rire, il faut dire que je n'ai même pas fait mes armes à Serpentard.

— N'importe qui aurait été inquiet. Néanmoins sache que le sang ne veut rien dire : si tu as fini par devenir un être-humain décent alors ce n'était pas impossible pour lui.

— Serait-ce un compliment ? Et bien, si la terreur de cachot s'adoucit, que vont devenir les générations d'élèves terrifiées ?

— Bien évidemment que non, je ne veux juste pas que tu te mettes à pleurer. Qu'en penserait les autres clients s'il voyait une femme enceinte pleurer en face d'un homme au visage fermé ? Je passerais pour un goujat. »

Ils partagèrent un sourire tandis qu'un serveur vint s'enquérir de leur commande. C'est donc ainsi qu'ils fixèrent leur décision sur une pièce de viande, bien cuite pour madame, chacun, servit avec son lot de légume. Severus profita de ce moment de latence avant le repas pour s'inquiéter de l'état de Dorothy :

« Comment te sens-tu ? L'idée de porter un enfant que tu ne vas pas élever ne t'inquiète pas ?

— Au contraire cela me rassure. Tu n'imagines pas la peur que j'avais, l'idée de devoir faire du travail de bureau pour élever un enfant dont je ne voulais pas. Je n'aurais clairement pas fait une bonne mère et le petit bout mérite mieux que ça. Contrairement au début de ma grossesse, je me sens beaucoup mieux, il faut dire qu'ils ont été... chaotique ces débuts.»

Dorothy poussa un soupir tremblotant et bu une gorgé d'eau pour se donner une certaine contenance sans que Severus ne la coupe. Connaissant la jeune femme, il savait qu'elle ne se confiait pas si facilement et que le faire ainsi avec lui lui coûtait.

« À l'hôpital où j'ai du passer en coup de vent, celui au Nigeria, c'était le pire. Je sais que la communauté sorcière ne tient pas à grande estime les interruptions de grossesse mais je ne voyais pas à quel point avant d'y être confronté. C'était terrifiant. Je me souviens de cette médicomage m'annonçant ma grossesse avec un visage professionnel, elle l'était au début professionnel, aucun problème avec la manière de s'adresser à moi. Elle l'était beaucoup moins quant j'ai évoqué l'envie d'avorter. Elle a juste regardé sur son papier et sourit avec quelque chose comme de la joie en m'annonçant que c'était trop tard. Elle m'a juste dit quelque chose comme « félicitation madame, vous ferez une merveilleuse mère » et est sortit en souriant. »

Elle prit une profonde respiration et jeta un regard coupable à Severus.

— Je n'avait jamais eu à ce point envie de lancer un impardonnable à quelqu'un, ni même de à ce point envie de pleurer et de me cacher... Mais je dois t'ennuyer avec mes histoires, nous sommes venu pour parler de l'enfant. »

Severus s'avança légèrement et affirma :

— Ne t'en fais pas pour ça, ton bien être et celui de l'enfant vont de pair. Et ne pense pas que je n'abhorre pas autant que toi la réaction de cette médicomage. C'est malheureusement celle d'une bonne partie de la communauté sorcière. Si tu as besoin, je reste à portée de lettre. »

Ils partagèrent un autre sourire alors que le serveur posait les assiettes fumantes devant chacun d'autre eux permettant à un silence confortable de s'installer, rompu simplement par le bruit des couverts. Dorothy devait avoir ça sur le cœur depuis un bon moment : elle avait l'air plus gaie tout d'un coup. C'est d'ailleurs elle qui reprit la parole après un petit temps :

« As-tu une idée de prénom ?

Cette question prit Severus par surprise, pour lui le petit être à venir était pour le moment une entité asexuée, sans nom, sans identité, sans visage. Il n'y avait tout simplement pas pensé. Il répondit pourtant presque automatiquement :

— Lily pour une fille.

Sa réponse l'étonna. Il savait évidemment que Lily gardait une place très présente dans son cœur mais il trouvait légèrement malsain l'idée d'honorer ainsi une future petite fille que de lui donner le prénom de feu la femme qu'il avait tant aimé. Néanmoins, Dorothy qui ne connaissait en rien cette sordide histoire sourit à l'idée, satisfaite et peut-être un brin joueur :

— Une fleur ? Cela m'étonne venant de toi je ne te savais pas poète dans l'âme. Que diraient tes élèves ? Le grand Severus adepte du langage des fleurs ! Mais je suis d'accord c'est un très beau prénom. Une idée si c'est un garçon ?

— Je n'ai pas particulièrement réfléchi. Qu'en penses-tu toi ? »

Sans s'étonner face à l'idée que Severus n'ait d'idée que pour un prénom féminin, Dorothy réfléchit un instant, assez court : à peine le temps d'un bouchée, et annonça triomphalement :

« Pourquoi pas Lysandre pour un petit gars ? Comme ça les deux prénoms restent similaires. »

Severus testa le prénom et convient qu'il sonnait bien dans sa tête et sur sa langue. Alors Lysandre ou Lily soit-il, même s'il était toujours un peu mal-à-l'aise avec le pendant féminin de ces prénoms. Il espérait trouver une autre idée s'il s'agissait d'une petite fille.

Ils finirent ainsi leur repas dans une relative bonne humeur, plus légère qu'au début, même si un certain stress commençait à s'installer. Ils eurent néanmoins le temps de discuter des questions pratiques de la venue de l'enfant : il fut ainsi convenu que des travaux allaient être nécessaires, à la charge de Dorothy qui insista très lourdement allant jusqu'à la menace de pleurer ici et là pour obtenir de Severus qu'elle paya la totalité des frais : et ce même la décoration de la chambre de l'enfant. Ils décidèrent dans le même temps de la pension, Dorothy allouerai donc soixante gallions d'or par mois de pension, ce que Severus considérait déjà comme beaucoup trop mais accepta néanmoins : après tout, il s'agissait d'argent pour le petit et non pour lui. Il mettrait l'excédant de côté en cas de pépin lié à sa situation d'espion : Si Voldemort revenait, tout serait prêt pour mettre l'enfant en sécurité. Severus confirma d'ailleurs qu'il passerait dans la journée créer un compte en banque à Gringott.

Lorsque le moment fut venu de se rendre au rendez-vous, le stress de Dorothy sembla grimper d'un seul coup, le précédent rendez-vous catastrophique devait encore lui être resté en mémoire. Severus fit de son mieux pour détourner l'esprit de son amante d'un soir en orientant la discussion vers ses propres découvertes, notamment en ce qui concernait l'ajout de Guarana comme stabilisateur dans une des potions qu'il développait. Cela sembla détourner son intention, suffisamment pour qu'elle se permette quelque suggestion pertinente qu'il n'avait pas envisagé.

Ils payèrent chacun leur repas, même si Dorothy insista encore une fois pour payer. Il faudrait que Severus lui parle de sa tendance à vouloir le couvrir d'or pour compenser la venue de l'enfant. Ce n'était pas un si grand sacrifice : il avait hâte de voir naître son enfant. Quand bien même, il savait que Dorothy gagnait probablement plus que lui : Ranger, écrivain et enseignante à l'occasion, on ne pouvait lui reprocher son manque de polyvalence ce qui lui avait permis d'être à l'abri du besoin, même dans l'éventualité où elle se délesterait de quantité ahurissante d'argent pour le bien-être du petit être futur. Elle devait avoir l'impression d'une dette envers Severus, ce qui n'était encore une fois pas le cas : ils avaient été deux pour faire cet enfant, il assumait ses responsabilité de père.

Ils transplanèrent depuis une ruelle à l'écart de la foule londonienne et se retrouvèrent au sein d'une autre ruelle à la périphérie de la vieille boutique en brique rouge Purge & Pionce pour accéder à l'hôpital. Severus ne pouvait s'empêcher de trouver ce moyen stupide : certes, il s'agissait là d'une protection mais il était sûr que d'autre moyen existait pour protéger l'endroit sans devoir parler à une vitrine. Ce qui était loin d'être discret lorsque, comme c'était le cas à présent, la rue étaient bondée de monde.

Dorothy s'approcha au plus près de la vitrine et annonça à mi-voix, il y avait pas mal de monde aux alentours :

« Bonjour, je suis Dorothy Gaunt, j'ai rendez vous avec le sieur Khan pour une visite de contrôle.

– Bienvenue Madame Dorothy Gaunt, fit l'un des mannequin d'une voix désincarnée, votre rendez-vous a lieu dans le bâtiment général, aile Ouest, deuxième étage, salle d'examen 5. Pour tout renseignement ultérieur, veillez vous présenter à l'accueil. En cas d'urgence obstétrique prenez le couloir rouge. Bonne journée »

Acquiesçant tout deux, il entrèrent par la vitrine sans un regard en arrière et se retrouvèrent au sein du bâtiment principal. Sainte Mangouste était en effet découpé en deux bâtiments, l'un pour les accidents magiques et les pensionnaires de longue date, l'autre qui regroupait les disciplines plus généralistes : notamment les soigneurs.

Ils se retrouvèrent dans un hall bondé et il fallait jouer des pieds et des mains pour ne bousculer personne bien que la présence de Dorothy à ses côtés rendait la tâche un peu plus simple : personne n'irait jusqu'à bousculer une femme enceinte. Ils arrivèrent donc à destination rapidement et n'eurent pas à attendre trop longtemps, ils avaient fait bien attention à arriver pile à l'heure : Severus ne voulait pas rester ici plus longtemps même si c'était pour voir son enfant, les hôpitaux avaient ce je-ne-sais-quoi qui le rendait mal-à-l'aise. D'où la raison pour laquelle ils avaient mangé plutôt tardivement.

Le médecin, un homme grand, d'origine indienne semblait-il, et rasé de près les accueillit tout deux : il avait ce sourire avenant qui sembla mettre légèrement plus en confiance Dorothy, qui semblait être prête à fuir en courant sans se retourner et l'on parlait là d'une Ranger habituée à côtoyer des dragons.

Ils s'installèrent tous dans le bureau situé à la droite de la salle de consultation, une sorte d'écran teinté séparant les deux, tandis que le médecin invoquait une plume pour ce qui devait être un dossier à remplir tout en s'installant confortablement sur sa chaise :

« Madame, monsieur bonjour, je suis donc le docteur Khan et je serai celui qui suivra votre grossesse pour faire en sorte que tous se passe bien. »

Il semblait que cette phrase avait été mainte et mainte fois répétée par le passé. Le médecin regarda à tour de rôle le futur parent ainsi que la génitrice, Dorothy lui avait précédemment envoyé une lettre lui expliquant ainsi un peu mieux la situation, comme quoi il s'agissait d'un accident, qu'aucun d'eux n'envisageait de se mettre ensemble et qu'elle n'élèverait pas l'enfant.

« J'ai donc eu vent de votre situation. Sachez simplement que ce n'est pas à moi de juger, mon rôle est simplement de faire en sorte que la grossesse arrive à son terme dans les meilleurs conditions. Par ailleurs, il se tourna vers Dorothy, n'hésitez pas à me dire dès que vous vous sentez mal-à-l'aise.

— Je vous remercie c'est très aimable à vous. »

Severus resta silencieux, sentant que cette partie de la conversation ne le concernait pas : il s'agissait du suivi de la grossesse en lui-même et il se voyait mal répondre pour Dorothy. Et alors que le docteur Khan discutait avec la futur mère du déroulement de sa grossesse, le maître de potion laissait son esprit divaguer, réfléchissant aux changements qu'il faudrait ainsi effectuer pour accueillir le petit être.

Captant quelques phrases, il ne pouvait s'empêcher de se sentir embarrassé de l'échange ayant lieu entre Dorothy et le médecin, ce qui était idiot : il avait couché avec cette femme, ce n'était pas comme s'il ne l'avait pas découvert assez en profondeur. Le duo sembla avoir fait le tour des questions et le docteur Khan renchérit en se levant :

« Mais je ne vous fait pas attendre plus longtemps, vous avez sûrement hâte de voir à quoi ressemble le petit. »

Une jeune femme entra dans la pièce, sûrement une jeune stagiaire à peine sortie de Poudlard au vu de son jeune âge et du regard quelque peu terrifié qu'elle semblait lancer à Severus, qui pensait la reconnaître : Emma Jones ? Ou Eva ? Une poufsouffle s'il se souvenait bien. Dorothy chuchota « la terreur de Poudlard » en passant devant lui.

Vint alors le moment d'installer Dorothy sur une siège pour lui couvrir le ventre d'un produit lubrifiant permettant à l'appareil de glisser plus confortablement sur le ventre de la mère. Étrangement c'était un des domaines où l'utilisation d'appareil moldu était commun, auparavant la magie leur permettait simplement de connaître le sexe de l'enfant et de connaître ses constantes de santé, ce qui était toujours faits évidemment pour de simple examen de suivi : mais c'était ici différent. Il s'agissait de la première fois qu'il allait rencontrer son enfant.

Il se sentait nerveux et fiévreux, une émotion qu'il avait pratiquement oublié. Il faut dire que sa vie en tant que simple maître de potion de Poudlard n'apportait pas son grand lot d'excitation : tout était morne et gris, presque aussi gris que l'impasse du tisseur et l'ambiance qui semblait régner.

Le médecin posa la sonde sur l'estomac de Dorothy dont la respiration se coupa un instant, si bien que le médecin eu à lui intimer de prendre de grandes bouffées d'air et qu'au moindre inconfort, l'examen s'arrêterait là. Elle hocha la tête, crispée, et plongea son regard dans celui de Severus, suppliant pour un peu de réconfort. Lui tenir la main lui semblait trop intime, alors qu'il avait couché avec cette femme nom de Dieu !, il posa donc simplement sa main sur son épaule ce qui sembla suffire et lui permettre ainsi de reprendre son calme. Elle ferma les yeux un instant et hocha vigoureusement la tête au médecin lorsqu'elle fut prête.

Le docteur Khan alluma l'appareil et contempla l'écran tout en laissant glisser lentement le capteur sur le ventre de la Ranger. Le regard de Severus était fixé sur l'écran et un tas de pixel gris apparut.

« Alors tout à l'air de bien se porter, le cœur bat bien, la petite crapule est réactive... vous voulez connaître le sexe ? »

Dorothy jeta un regard à Severus : c'était à lui de faire ce choix. Il n'eut pas besoin de réfléchir qu'il répondait déjà par l'affirmative. Pas que cela ait beaucoup d'importance : mais cela lui permettrait de rendre la venue de cette enfant plus réelle. Il avait toujours cette impression bizarre que tout était un rêve et qu'il se réveillerait au matin en pestant sur ses envies de paternité qui lui jouaient des tours.

Le médicomage lui sourit et contempla son écran et après un petit temps de réflexion : « excusez-moi mais il semble que votre petit trésor prenne plaisir à se mettre dans des positions impossibles » s'amusa t-il. Il annonça finalement en se tournant vers eux :

« C'est un beau garçon, mes félicitations. »

Severus reprit son souffle, qu'il n'avait pas l'impression de retenir, et pour la première fois, il pouvait à présent s'adresser avec certitude au petit être qu'il élèverait : Lysandre était annoncé.


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Mameyes