Chapitre lût et corrigé par Elrika que je remercie de tout mon coeur.
Astros, petite ville dans la région d'Arcadie, célèbre pour sa belle plage et pour son roi, Arcas, qui selon la légende serait devenu une étoile.
Mythe ou vérité ? Difficile à dire, surtout dans la Grèce Antique où la plupart des Héros Légendaires tels qu'Hercule et Ulysse avaient vraiment existé, les gens d'ici savaient que les douze travaux ou l'épopée contre Poséidon étaient vraies et faisaient de leur mieux pour que les Sorciers respectent leur histoire.
La Société Sorcière Grecque ne comptait pas dans ses rangs des Sangs-Purs ou un Magenmagot pour gérer les affaires magiques, ici, le sang ne voulait pas dire grand-chose. De plus, les Mortels, comme on les appelait ici, étaient au courant qu'un monde fantastique existait et vivaient très bien avec celui-ci, ne cherchant jamais à contrarier ceux qui manipulaient la magie. Mais si jamais il y avait un problème d'ordre magique, alors ils devaient aller voir le conseil des douze, des hommes et des femmes ayant un jour fait leurs preuves pour devenir des chefs sur lesquels nous pouvions compter en cas de conflit.
Par pure tradition, chaque chef portait le nom d'un dieu du Panthéon Olympique pour rappeler à tous que les Mythes n'existaient pas ici. Par un coup du sort, c'était celle que l'on appelait Athéna qui gérait les affaires en Arcadie. Non, sérieusement, elle devrait gérer les problèmes de la ville, Athènes, en rapport avec son surnom, mais non! Celui qui présidait chez eux au nom de Zeus en avait décidé autrement !
Jessie Millgrace était une jeune femme patiente et impartiale, traitant les gens avec respect et fermeté, pourtant, il y avait bien quelqu'un qu'elle ne supportait pas depuis ses seize-ans. Quand elle était entrée au lycée magique pour faire ses études dans le but de devenir un jour un membre du Panthéon d'Olympe, jamais elle n'aurait cru croiser la route de ce fléau aux cheveux blancs.
Dastan Alucard était gentil, drôle, sportif, créatif, et très sexy d'après la gente féminine, mais c'était aussi un garçon qui aimait faire des blagues aux gens et surtout, inventé des machines infernales pour tourmenter les autres, et en particulier elle !
Au départ, elle avait pensé pouvoir être amie avec lui vu ses résultats à l'Académie de magie d'Olympie, très vite, cette idée tomba pourtant en morceaux dès qu'elle eut droit à un coussin péteur destiné à une fille qui n'aimait pas beaucoup Dastan. Jessie comprit très vite pourquoi elle ne porterait pas le sorcier dans son cœur.
Et aujourd'hui, elle devait aller le voir pour vérifier ses découvertes archéologiques. Ah, oui, contrairement aux autres qui voulaient devenir guerriers ou faire de la politique, lui avait choisi d'être archéologue, et plus spécialement en allant chercher des endroits que tout le monde pensait disparu, comme la forge du vénérable Héphaïstos, le Labyrinthe du Minotaure, l'Arbre où poussaient les Pommes Dorées que personne ne pouvait manger sauf s'ils étaient des demi-dieux.
En clair, Dastan était l'homme qui partait à la recherche de choses que personne ne croyait voir un jour, il annonçait d'emblée où il comptait aller, ce qu'il voulait trouver, et hop! Il arrivait par on ne savait quel moyen à trouver ces choses qu'on ne pensait pouvoir voir qu'à la télé ou dans les livres de contes.
C'était sûrement pour ça que tout le monde en Grèce l'appelait ''Le Chercheur de Légendes''.
Dans un souffle de dépit, la jeune femme aux cheveux auburn continua d'avancer dans les rues désertes d'Astros. En même temps, c'était normal, aujourd'hui tous les habitants étaient rassemblés à Athènes pour célébrer la naissance du fils de Brienne, la femme surnommée Arès, une drôle de coutume pour ceux n'ayant jamais vécu ici, mais les gens aimaient célébrer chaque moment de joie, surtout quand cela concernait l'un de leurs chefs. Passant devant plusieurs maisons, la jeune femme habiller d'une toge blanche s'arrêta devant un petit atelier construit à l'opposer de la plage. Prenant une grande inspiration, la jeune femme toqua à la porte en bois tout en se demandant si Dastan avait changé depuis le lycée magique, après tout, cela faisait quatre ans qu'elle ne l'avait pas vu, peut-être était-il devenu plus sage ? Elle espérait sincèrement qu'il ne faisait plus de blagues, il avait vingt-deux ans tout de même !
La porte s'ouvrit, laissant place à un jeune homme assez grand la dépassant d'une bonne demi-tête. Ses cheveux étaient blancs, même si on voyait que leurs racines étaient aussi noires que l'ébène, ses yeux étaient toujours aussi fascinants que dans ses souvenirs, le double iris vert-violet la laissa un instant songeuse sur l'origine de cette couleur, était-ce une hérédité magique ? Ou bien alors l'effet d'un sort ? Son regard se posa sur sa chemise entrouverte dévoilant le sommet des pectoraux durement travaillé par le sorcier. Aussitôt, ses joues devinrent plus chaudes et son cœur fit un gros bond dans sa poitrine. Bon dieu, pourquoi cet énergumène devait-il être aussi beau ?!
- Mais regardez qui vient me rendre visite ! S'exclama le jeune homme en esquissant un large sourire ravi. Jessie Millgrace, la grande Athéna !
L'euphorie ressentie en repensant à leurs années d'études ensemble s'envola au son de sa voix qu'elle pensa être moqueuse, pourtant, Dastan était très heureux de la revoir.
- Je vous prie de me vouvoyer, monsieur Alucard ! Dit-elle sur un ton hautain qui ne lui allait pas du tout. Si je suis ici, c'est seulement pour confirmer votre découverte d'une importance historique, enfin, selon vos propres mots.
- Toujours aussi stricte, Murmura l'archéologue en libérant le passage. Je vous en prie, entrez.
Pénétrant dans la tanière de la bête, la jeune femme détailla l'Atelier du chercheur d'antiquité avec une mine émerveillée. Au plafond, se trouvaient les toutes premières machines volantes imaginées par le grand inventeur Léonardo de Vinci, les murs, eux, étaient ornés de magnifiques tableaux faits par les plus grands peintres de France. Descendant un long escalier de bois, la jeune femme contempla cette fois la grande statue de Venus de Milo, qui avait ses deux bras. Jessie ne savait plus vraiment où donner de la tête devant les merveilles découvertes par le jeune archéologue, qui la suivait comme son ombre. Puis elle s'arrêta devant le Trident du Dieu des Mers fait d'un mélange parfait entre le bronze et l'or. Caressant le manche de la relique, Jessie se sentit d'un seul coup stupide d'avoir été aussi sèche avec Dastan.
- Incroyable, Murmura-t-elle en tournant sur place. Tu as trouvé de véritables merveilles, le responsable du bureau des reliques Mythiques voudra t'embrasser avec ce que je vois !
- T'exagères, Lâcha simplement Dastan, maintenant assis dans un large fauteuil aux couleurs rouge et vert. En plus, certains de ces objets doivent être renvoyés à leur pays d'origine, je ne garde que le plaisir de les avoir trouvés.
- C'est tout de même impressionnant, Dastan, Assura Jessie en regardant les authentiques plans du Labyrinthe de Dédale ouverts sur une large table en chêne. Enfin, pas aussi impressionnant que la fois où tu es revenu avec la peau du lion tuer par Hercule.
- Ha, je me souviens, Souffla tendrement le jeune homme avec un regard lointain. J'étais tellement intéressé par l'histoire de ce demi-dieu que je me suis mis à suivre ses traces. Dans l'ensemble, ça m'a bien réussi.
D'un mouvement fluide du poignet, il fit apparaître entre lui et la brune une petite table basse sur laquelle se dressait un magnifique service à thé déjà prêt à être servie, chose qu'apprécia sincèrement Jessie, grande amatrice de boissons relaxantes et qui ne se gêna même pas pour prendre une tasse pendant que son hôte croquait dans un biscuit.
- Je ne peux qu'être d'accord avec toi, Dit-elle sur un ton détendu par le thé qu'elle buvait doucement. Depuis que tu as obtenu ton diplôme, les plus grands mythes des héros légendaires sont aujourd'hui considérés non plus comme des histoires pour enfants, mais bien comme des faits historiques.
- C'est légèrement triste, tu ne trouves pas ? Souffla le garçon aux cheveux cendrés. Je veux dire, le charme d'un conte, c'est justement ce petit doute entre réalité et imaginaire qui rend les histoires d'Hercule si passionnantes, maintenant, je trouve cela moins magique...
- Tu dois avoir raison, Confirma-t-elle en regardant son reflet dans le liquide brun. J'ai entendu dire par Maxime que tu envisageais de déménager ?
A cette question, le jeune archéologue la dévisagea pendant plusieurs secondes sans rien dire, quand enfin une moue boudeuse apparut sur ses traits, la jeune chef n'eut plus aucun doute.
- Mais pourquoi ?! Je veux dire, toute ta vie est ici Dastan ! Si c'est ton métier qui ne te plaît plus, alors tu pourrais travailler au conseil d'Olympe !
- Mon métier est ma passion, Jessie, Assura doucement l'Alucard. J'adore explorer de vieilles ruines pour y découvrir de vieux trésors, mais j'ai besoin d'explorer de nouveaux horizons, et puis, tu me connais ! J'adore les mythes sur Merlin.
C'est vrai que durant une bonne partie de sa scolarité, Dastan avait très souvent parlé du fait qu'il aimerait un jour trouver des reliques ayant appartenu au tout premier sorcier du monde, et aussi à la sorcière Morgane, pour une raison qui échappait encore à la Millgrace.
- Donc tu t'en vas ? Demanda-t-elle sur un ton abattu.
- Si je suis engagé à Poudlard, oui, Lâcha nonchalamment le mage en passant une main dans ses cheveux.
- Poudlard ? L'école de sorcellerie la plus célèbre au monde ? Dit-elle en levant un sourcil. Pourquoi est-ce que tu veux enseigner là-bas ?
- Disons que j'ai envie de voir à quoi ressemble le château, Répondit-il avec un sourire malicieux. Et pourquoi pas leurs cachots ? Ou la Forêt Interdite ?
- Dois-je te rappeler que la situation en Grande-Bretagne est très tendue ? Avec ce soi-disant mage noir qui essaie de renverser le gouvernement en place avec ceux qu'il appelle Mangemort, je ne suis vraiment pas rassuré par ton choix de destination, Dastan, Expliqua-t-elle en fronçant ses sourcils. Attends...
Prise d'un affreux doute, la jeune femme dévisagea plus longuement son interlocuteur dans les yeux. Là ! Elle le voyait maintenant.
Sa rage.
D'aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir, Jessie n'avait vu qu'une seule fois Dastan en colère. C'était lors d'une sortie entre étudiants dans un bar, l'un de leurs camarades, Leron, avait dit après avoir descendu quelques verres que les Sorciers devraient régner en maître sur le monde, et peut-être que les Mortels devraient, entre autres, les servir afin de les remercier pour toutes les fois où la magie les avait sauvé. Jessie se rappelait encore du bruit qu'elle qualifiait aujourd'hui de ''Craquant''. Oui, la mâchoire du pauvre garçon s'était disloquée après que le blanc l'ait frappé d'un uppercut lancé comme une flèche.
Jamais encore elle n'avait vu ce garçon qui d'habitude, souriait toujours, se mettre en colère. Et là, il s'était tenu devant eux, le visage fermé de toute émotion, ses yeux brillants d'une rage sans limite qui promettait bien des maléfices contre ceux qui partageaient ce genre d'idées ridicules.
- Ecoutes, je sais que la situation, là-bas, n'est pas très jolie, Dit-il sans remarquer la profonde réflexion de la brune. Non, en fait elle est catastrophique ! Pourtant, je ne vais pas faire machine arrière.
- Je comprends que tu souhaites réaliser ton rêve, mais...
Sa lèvre se fit méchamment mordiller, elle ne pouvait certainement pas admettre qu'elle s'inquiétait pour lui, non ! Jamais elle ne lui dirait, alors ça, non, non, non, non !
- T'en fais pas, Sourit-il en lui tapant gentiment l'épaule. Je suis un grand garçon, je sais mettre mes sandales tout seul.
Loin d'être blessé, Jessie esquissa un large sourire en écoutant le garçon qui avait un jour fait exploser le Labo de Potion en préparant un filtre de paix lui dire que tout irait bien. Oui, c'était franchement amusant de voir une catastrophe ambulante comme lui dire de telles choses.
- Très bien, Dit-elle après un petit moment de flottement entre eux. Mais je veux que tu m'écrives ! Et Annie et Remon veulent aussi avoir de tes nouvelles, sinon crois-moi, tu vas le sentir passer, Dastan Alucard !
Quelques minutes après le départ de Jessie Millgrace.
- Terminé ! S'exclama le Voyageur d'une voix éreinté tout en fermant enfin sa malle. Je n'aurai jamais cru avoir besoin d'un balai encore aujourd'hui.
Il en était ainsi, malgré tout ce qu'il avait vécu dans sa très longue existence, jamais Harry n'avait pu se soustraire à son envie de voler, il lui fallait encore le frisson que lui procurait le manque de gravité. Bien sûr, il pouvait utiliser la magie Elfique pour ralentir ses chutes, donnant l'impression qu'il flottait dans les airs, pourtant, l'ancien Potter ne pouvait pas quitter un pays sans avoir un balai avec lui, qu'il soit rapide ou non ne changeait pas grand-chose pour lui, du moment qu'il volait là-haut, dans le ciel.
Et dire qu'il s'était préparé pour ce jour depuis vingt-trois ans. Tout organisé pour changer de nom et devenir officiellement Dastan Alucard lui avait demandé énormément d'efforts, déjà, il dut se faire passer pour son propre "père", Herwin Alucard, un homme gentil que la communauté magique Grecque regrettait encore aujourd'hui. S'enregistrer comme citoyen à la préfecture d'Olympe fut une formalité administrative qu'Harry espérait ne plus jamais avoir à refaire avant longtemps. Inventer la mort soudaine de ses parents fut part contre plus facile, quelques sortilèges d'Incendio bien placé et deux squelettes réduits en cendres plus tard et tout le monde crut que Dastan était le dernier de sa lignée. Le jeune homme d'apparence soupira en se souvenant avoir menti de manière habile pour sa scolarité qu'il aurait passée en majeure partie à la maison, avant d'officiellement suivre le même cursus que tous les Sorciers de Grèce vers l'âge de seize ans. Ensuite, cinq ans d'études, soit, en tout, treize années d'études magiques, ce qui était bien plus qu'à Poudlard. Et le voilà maintenant devenu Dastan Alucard, un simple archéologue voulant devenir professeur dans l'école de magie la plus prestigieuse et renommée au monde : Poudlard.
Rien que de repenser à toutes ces années de magouille temporelle lui donnait la migraine, alors que c'était lui le fou responsable de toute l'histoire des Alucard, et pour ça, il se félicitait intérieurement, bien trop heureux que son plan pour infiltrer l'école incognito en toute légalité soit enfin prêt. Si un jour on lui demandait pourquoi il s'était donné autant de mal pour retourner à Poudlard, Harry répondrait sûrement que c'était juste parce qu'il aimait faire tourner le monde en bourrique, et qu'étudier les mythes et légendes était un travail qui le passionnait plus qu'il ne l'aurait jamais cru.
Et puis, beaucoup de choses l'attendaient en Grande-Bretagne.
C'est en continuant de ranger ses affaires que le Voyageur du temps repensa aux personnes qu'il risquait de croiser durant son petit séjour en Angleterre, et la liste était pour le moins, longue.
Dumbledore, Sirius, Remus, Lily, James, Serveurs. Et bien sûr, tous ceux qui un jour deviendraient des Mangemorts en puissance, mais pour eux, le Potter avait déjà des projets pour saper l'autorité du Seigneur des Ténèbres.
Heureusement qu'il savait dissocier son vécu de ce qu'il allait vivre dans quelques heures. Ce ne seront pas ses parents, ça ne sera pas son parrain qu'il reverrait bientôt, et il ne ferait jamais plus de duels mentaux avec Severus car celui-ci était mort, comme tous les autres, et jamais il ne reviendra. Et Harry Potter n'existera jamais, car Dastan Alucard avait pris sa place il y avait bien longtemps maintenant.
Après quelques petits mouvements de baguette magique, Dastan finit enfin par sceller la porte de son grenier qui renfermait une multitude de trésors nationaux que le conseil des douze lui avait confiés pour protéger leur patrimoine culturel. Descendant au rez-de-chaussée, l'homme aux cheveux cendrés regarda un instant cet endroit qui fut sa maison.
Harry avait vécu dans plusieurs endroits avant : dans la demeure ancestrale des Black avec Sirius, durant leur cavale ; chez Severus, pour échapper aux attaques de Lucius ; puis vers la fin de la guerre, il avait habité avec Hermione dans un appartement qui fut son refuge salutaire, avant qu'il ne devienne fou à force de perdre les personnes qu'il aimait le plus au monde ; pour finir, sa dernière maison fut celle qu'il avait prévue de construire de ses propres mains. Mais avec la mort de celle qu'il aimait, le Potter ne termina jamais les travaux et retourna vivre dans ce petit appartement qui resterait à jamais son chez lui.
Et le voilà maintenant, triste de quitter cet atelier. Souriant doucement, le Survivant fit rétrécir sa malle pour qu'elle tienne dans sa poche, chargeant un sac de voyage sur son dos tout en faisant l'inventaire des meubles qu'il emportait avec lui. Dastan termina de sceller la porte de devant quand soudain, une main se referma sur son épaule. Même pas un peu étonner de cette attaque surprise, l'archéologue se tourna vers l'attaquant qui n'était autre que Maxime Trast, un jeune homme ayant maintenant vingt-deux ans depuis le mois de mars, plutôt grand et athlétique, il faisait tourner quelques têtes avec ses cheveux blonds solaires et ses grands yeux bleu océan. Souriant à pleines dents, le capitaine de la garde d'honneur tapa vigoureusement le dos du Voyageur pour exprimer sa bonne humeur, au risque de réduire les os du pauvre Dastan en bouillie.
- Ah ! Tu comptais filer à l'anglaise, hein ?! Demanda-t-il de manière ironique, tout en riant de manière incontrôlable suite à sa blague qui fit à peine ricaner l'ancien Potter.
- Ha ha ha. Je suis mort de rire là, Max, Souffla le Chercheur de Légendes avec un air blasé. Maintenant si tu veu-
- Non, justement ! Tu penses vraiment pouvoir partir comme un voleur, mon cher Dastan ? S'exclama le blond d'une voix menaçante qui s'accordait un peu trop bien avec l'armure de bronze qu'il portait fièrement.
- Pour être honnête ? Oui.
Maxime Trast fut le premier ami que Dastan eut à Olympe, l'Ecole de Sorcellerie Grecque. Jeune homme populaire de par son physique et sa très forte personnalité, Max était quelqu'un sur qui on pouvait compter en toute situation, qu'elle soit critique ou non, il répondait à l'appel tel un chevalier au service du peuple. En fait, si Harry devait faire une comparaison, il dirait que Maxime était un Gryffondor dans l'âme.
- Au fait, j'ai appris que Jessie est venue te rendre visite, hein ? Dit-il avec un ton taquin, tout en faisant rentrer son coude dans le plexus solaire du cendré qui haussa simplement un sourcil.
- On a juste parlé, Soupira-t-il tout en passant une main dans ses cheveux.
- Haaaaaa, d'accord, j'ai compris, Assura-t-il en faisant des clins d'œil bien trop lourds pour être honnête.
- Ce n'est pas vraiment l'impression que tu donnes, Fit remarquer l'Alucard en commençant à marcher d'un pas assez lent.
Suivant doucement son meilleur ami, Maxime garda un sourire tout en se demandant comment il pourrait taquiner Jessie avec cette information obtenue d'un Dastan qui ignorait être tombé dans un piège du Trast, qui cherchait depuis un moment quelque chose pour rendre folle la sage Athéna.
- Alors ça y est, tu pars ? Demanda le blond d'une voix un peu plus sérieuse.
- Bien obligé, l'Angleterre, c'est pas à coté, Répondit le blanc d'une voix rêveuse. Mais ça vaut le déplacement à ce qui paraît.
- Tu n'as pas lu les journaux ?
- Les Mangemorts ? Bah, ça ne me concerne qu'à moitié, tu sais.
- Méfies-toi quand même des gens avec qui tu parleras là-bas, ce ne sera pas comme ici, et tu le sais, Expliqua posément le capitaine de la garde d'honneur. Tu seras pris entre deux feux croisés, entre les Puristes cherchant à maintenir le même rythme de vie qu'il y a deux siècles et ceux qui soutiennent les Nées-Mortel et les Sangs-Mêlé pour changer leur société archaïque, tu ne risques pas d'être tranquille.
- Je pense m'en sortir avec la carte de la neutralité, Lâcha simplement l'homme au double iris.
- Toi ? Neutre ? J'aimerais bien voir ça.
- Je ne vois pas ce que ça a de si étrange.
- Tu prends toujours parti pour la cause qui te semble la plus noble, même durant nos escapades dans le dortoir des filles, tu étais le premier à dire qu'il ne fallait jamais se faire prendre sinon tu nous trahirais !
- Hey, ce n'est pas prendre parti, ça, Assura malicieusement Dastan. J'appelle ça l'instinct de survie.
- T'es pire qu'Hadès, Souffla son ami, qui reprit son sérieux. Fait attention à toi Dastan, et surtout, évite les ennuis s'il te plaît.
- Pourquoi est-ce que tout le monde me dit ça à chaque fois ?! Lâcha Harry d'une voix boudeuse en poussant la porte d'un enclos.
- Oh, j'en sais rien moi, peut-être parce que tu es la seule personne au monde qui s'attire des ennuis rien qu'en ouvrant une porte ? Ironisa le soldat. Je n'arrive toujours pas à trouver d'explications logiques sur comment t'as pu tomber sur un élevage d'écureuils enragés cachés par l'ancien professeur de potions qui en faisait le trafic illégal.
- Enfin, c'était pas-
- Ou la fois où toi, moi et Jessie, on s'est retrouvé impliquer dans une sombre affaire de complot entre une meute de Loups-Garous et une famille de Vampires ?
- Ce n'était pas m-
- Et comment oublier le jour où tu as inondé l'école entière avec une rune de feu ?! Dastan, même avec la plus mauvaise volonté du monde personne ne peut faire une erreur aussi grossière !
- Hey ! Là je dis pouce, c'était la faute des écureuils !
- Woua, très mature d'accuser des bestioles.
- Pffff, de toute façon les cheveux blancs sont toujours les premiers accusés, Bouda faussement le survivant.
Alors que leur discussion se poursuivait dans une humeur bon enfant, Maxime se mit à repenser aux années passées avec cette espèce de fou furieux qui ne jurait que par la magie et le cœur, des souvenirs remplient de rire et de joie. Parfois ils avaient pleuré, c'est vrai, mais Dastan avait toujours été là pour tirer leur moral vers le haut, ne lâchant jamais prise quand il prenait une décision. Oui, le jeune sorcier d'Arcadie était un modèle que beaucoup cherchaient à suivre, et ça encore aujourd'hui, tous les élèves d'Olympe parlaient du ''Bandit Blanc''.
Sifflant avec ses doigts, l'Alucard regarda le ciel avec un petit air rêveur. Des années de préparation, des siècles d'apprentissage. Lord Voldemort ou Tom Jedusor, peu importe qui il devra affronter, celui qui fut Harry James Potter n'avait désormais plus peur d'affronter sa Némésis pour la seconde fois. Il avait juré que jamais cette guerre n'aurait lieu, quitte à donner sa propre vie pour mettre un terme au cercle vicieux de la haine.
Les coups de sabot frappant la terre le sortirent de ses réflexions mentales. Souriant d'un air tendre, le Voyageur regarda longuement sa monture magique qui, pour tout le monde en Arcadie, restait un trésor légendaire qui aujourd'hui et demain, ferait partie des plus belles légendes de Grèce.
Pégase, le cheval ailé des étoiles.
Avec une douceur infinie, ses doigts glissèrent dans la crinière blanc-bleu de son amie aux immenses ailes blanches reposant contre ses flans. Dire que les légendes désignaient le Destrier d'Hercule comme un étalon. En fin de compte, c'était bien une petite pouline qui venait à peine de naître que Dastan avait découvert en marchant sur les traces d'un des plus grands héros du peuple Grec, qui ne se lassait jamais d'écouter l'histoire des douze travaux. L'Alucard avait, durant ses nombreuses expéditions, découvert que le cheval ailé était un peu comme un phénix, si ce n'est qu'au lieu de mourir et de renaître de ses cendres, le Pégase, lui, pouvait donner naissance sans avoir besoin qu'un autre membre de son espèce s'accouple avec lui. En clair, jamais la race ne pourrait s'éteindre malgré le fait que Peg -surnom donné par le sorcier cendré - soit la dernière de son espèce. C'était l'une des rares choses que Dastan ne pourrait jamais perdre malgré les caprices du temps, faisant ainsi de Pégase l'unique créature magique qu'il aimait autant qu'on pût aimer un cheval avec des ailes.
- J'ai beau la voir depuis deux ans, Déclara Max d'une voix détendue par la présence du Destrier qui hennissait doucement sous les caresses du Voyageur. C'est difficile de croire que c'est Pégase.
- Normal, c'est ma Peg à moi, rien à voir avec Pégase, Assura l'archéologue d'une voix amusé.
- Tu sais ce que je veux dire Dastan, avant que tu n'arrives, personne n'aurait pu croire que ces légendes soient vraies. Mis à part Arthur et Merlin, personne dans la communauté magique n'accordait d'importance aux Légendes Grecques, que ce soit Hercule ou Ulysse, Thèse et Achille. Tous ont vraiment existé et ont affronté les épreuves que l'on pensait n'être que des contes. Mais toi, Dastan, tu as changé tout ça.
- Arrête dont voir ton char, Fit-il en faisant reposer sa tête contre le cou de sa jument. On dirait que tu t'entraînes pour mon éloge funèbre.
- Pardon, pardon, je me suis laissé importer par l'instant du moment.
- L'instant du moment ?
- Oui... le moment où je dois dire au revoir à mon meilleur ami.
Habituellement, les deux vieux compagnons de chambre se quittaient sur une bonne blague, aujourd'hui, ils mirent un peu de temps avant de se laisser allez à une étreinte. Malgré lui, Dastan serra autant son ami que lui le faisait. Dans son esprit, il pensait déjà au jour où on lui annoncerait la mort d'un de ses camarades. Dans son ancienne vie, il avait déjà vécu ce genre de moment à cause de son impuissance, aujourd'hui, c'était parce qu'il était un Immortel Temporel, un être qui serait peut-être là jusqu'à la fin du temps lui-même et qui devait se résoudre à voir les personnes comme Maxime mourir avant lui.
- Prends soin de toi, Souffla doucement le Capitaine.
- Toi aussi, Fit l'autre sur un ton plus faible.
Maintenant à cheval sur Pégase, le jeune Alucard fit un dernier signe d'adieu à son ami, qui ne manqua pas une seule occasion pour le faire rire en exécutant un salut militaire digne de ce nom. Il battit de ses talons les flancs de sa jument qui, en réponse, ouvrit en grand ses ailes tout en commençant à courir. Dastan resserra sa prise sur les tresses qui lui servaient de bride en pensant que les derniers rouages étaient maintenant en marche, et que sa vie venait de reprendre après de longs siècles durant lesquels il était devenu quelqu'un sur qui on pouvait compter, pour que la guerre n'ait jamais lieu.
Oui. Il n'y aurait pas de règne d'un nouveau mage noir.
Dastan Alucard le jurait sur sa magie.
