Chapitre lût et corrigé par Elrika que je remercie de tout mon coeur.
Londres, quartier Privet Drive, le dix-huit Août de l'année 1975.
Dans la maison occupée par une famille nommée Evans, se jouait une scène que les voisins commençaient à connaître depuis quelques années maintenant. Assise sur le palier, se trouvait une petite tête blonde de quatorze ans appelée Pétunia Evans, celle-ci faisait visiblement la tête, la cause étant sûrement en lien avec les traces de brûlure au premier degré et l'absence de son sourcil gauche. Le grincement de la porte d'entrée la fit encore plus grogner de colère.
La voilà, Pensa amèrement Pétunia, qui fulminait sur place.
Du haut de ses quinze ans, l'ainé de la famille Evans était d'une beauté que certains jugeraient stupéfiante. Ses longues boucles rousses cascadant le long de son dos, ses grands yeux verts rieurs, charmant tout le monde, aucun doute qu'une fois pleinement adulte, Lily deviendrait une femme que tous voudront courtiser. Silencieusement, elle s'assit à côté de sa cadette, qui en retour, se mit à faire des grimaces, signe que la seule présence de celle qu'elle considérait comme un monstre la mettait hors d'elle.
-Ecoute, je t-
-C'est toujours la même chose avec toi, Coupa la blonde d'une voix emplie de colère. Tu agites ton bout de bois et à chaque fois c'est pour déclencher une catastrophe qui me tombe dessus, comme par miracle !
-Tunia, je ...
-Te fatigues pas, de toute façon les parents vont passer l'éponge, comme toujours ! J'ai hâte que tu retournes dans ton école pour monstres !
Et sans laisser de temps à la rouquine de s'expliquer, la jeune fille se leva comme une furie pour ensuite rentrer chez elle, non sans claquer violemment la porte de la maison, laissant derrière elle une Lily encore plus peiné que d'habitude. Dans le fond, sa sœur avait un peu raison, dès qu'elle usait de sa baguette pour exécuter un simple sort pour ranger sa chambre, ou même en mimant les gestes, il arrivait des catastrophes qui retombaient toujours sur la pauvre petite Moldue, qui en retour, se contentait de haïr encore plus fortement sa grande sœur et toutes les autres choses magiques de ce monde. Comment lui en vouloir, après tout ?
Depuis qu'elle était devenue une sorcière, Lily avait bien senti qu'un énorme gouffre la séparait maintenant de sa petite sœur, qui lui en voulait d'être différente d'elle, d'être cette fille spéciale que tout le monde admirait. Intérieurement, l'Evans se sentait mal pour Pétunia, qui n'avait pas la magie en elle.
Heureusement, elle retournait bientôt à Poudlard, elle retrouverait ses amies, Rachel et Cindy, sans oublier la bande des Maraudeurs avec à leur tête, les deux coqueluches de l'école magique, James Potter et Sirius Black, accompagnés de Remus Lupin et Peter Pettigrow. Et puis elle allait aussi sûrement revoir son ancien meilleur ami...Severus Rogue.
Oui, elle allait entamer sa cinquième année à Poudlard, et comme à chaque fois, elle se demandait si ses parents seraient encore vivants quand elle reviendrait. Oui, elle savait que la mort les guettait de très près, depuis qu'un certain groupe de Sorciers appelé les Mangemorts sévissaient depuis quelques mois maintenant, attaquant au hasard les quartiers Moldus, ne laissant derrière eux que des spectacles macabres d'exécutions remontant au Moyen-âge. Dans la Gazette du Sorcier, on pouvait aussi apprendre que des personnes dites Cracmols ou Sang-Mêlés étaient aussi visés par ces attaques, et tout ça parce qu'un homme surnommé Voldemort voulait que les Sangs-Pur régissent le monde dans lequel ils vivaient.
La jeune fille lâcha un soupir à fendre l'âme tant elle se sentait impuissante dans ses longues réflexions mentales concernant ces Mangemorts. Résolue à chasser ses idées sombres, la rouquine regagna rapidement son domicile en évitant avec prudence de s'attirer encore plus la colère de sa sœurette assise sur le canapé, en train de regarder la télé. Elle monta directement à l'étage pour se réfugier dans sa chambre, qui reflétait bien sa personnalité : une petite bibliothèque contenant de nombreux ouvrages sur l'étude des sorts et des runes anciennes, un bureau recouvert de parchemins encore vierges et d'une plume qui ne demandait qu'à être utilisé, ainsi qu'une petite chouette à plumes rouges du nom de Lerni, enfermée dans sa cage, elle-même suspendue à un coin de la chambre. Se laissant tomber sur le lit, la jeune Née-Moldu se mit automatiquement à lire un livre qui lui tomba sous la main pour l'aider à passer le temps jusqu'à la rentrée.
Autant le dire honnêtement, l'attente risquait d'être longue.
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-Sirius ! Mon père est rentré !
-Sérieux ?! Attend, j'arrive !
Descendant les marches comme des furies, les jeunes adolescents ne purent réprimer leur enthousiasme en entendant le bruit caractéristique d'un voyage par conduit de cheminée. Le jeune garçon aux cheveux indomptables sauta l'avant-dernière marche pour être le premier à serrer dans ses bras une copie de lui-même, un peu plus âgé, qui se trouvait être son père, Charles Potter, Capitaine Auror de quarante-neuf ans. Le souffle coupé par l'étreinte de son fils, le patriarche se laissa rapidement aller aux émotions qui le secouèrent en voyant le visage de son fils rayonné. Un peu plus en haut, Sirius Black observait leur échange d'affection avec des yeux remplis de mélancolie. Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé de repenser à son ancienne famille, la dernière fois devait remonter à ses treize ans, après une violente dispute avec sa mère Walburga Black. Dans son esprit, le jeune homme trouvait que sa mère était la définition parfaite de l'image que se faisaient les Moldus des sorcières dans les contes pour enfants, il ne lui manquait plus qu'un nez bien crochu avec des pustules, et le tour serait joué. Ce qui l'irritait véritablement, c'était sûrement le fait que sa mère calquait complétement son caractère et son comportement sur la devise de sa famille "Toujours Pur ", faisant d'elle une personne tellement intolérante envers d'autres gens que les Sangs-pur, que tout le monde, ou presque dans le Monde Magique, l'évitait par crainte d'être injurié par cette femme qui envahissait ses cauchemars.
Il pensa aussi à son père, Orion, qui contrairement à son épouse, était un homme de nature calme et pragmatique, n'ayant pas autant de problèmes avec les Moldus que ses ancêtres. Sirius aimait beaucoup son père, qui avait l'air froid et austère de l'extérieur, alors que dans le cadre familial, il se montrait patient et aimant avec ses deux fils. Si seulement il avait été un peu plus présent pour lui, peut-être ne serait-il jamais partis.
Son petit frère, Regulus, était un peu plus dur à classer dans ses souvenirs, petit garçon discret et poli, il n'exprimait jamais sa personnalité en public ou avec lui, se contentant le plus souvent d'agir comme sa mère le voulait, faisant de lui le petit Mangemort à sa maman, surtout après sa répartition à Serpentard, le lieu où tous les mages noirs se réunissaient pour comploter contre le reste du Monde Sorciers.
Et lui, Sirius Black, était le rebelle, l'enfant qui refusait de devenir un mage noir après avoir subi durant toute son enfance l'entraînement d'un parfait petit Sang-pur. Et qui, au lieu de le ravir et l'enchanté, cet apprentissage l'avait dégoûté à tout jamais de sa mère, qui ne voyait en lui qu'un Traitre à son Sang, surtout depuis sa répartition à Gryffondor, la Maison des mages blancs qui protégeaient le Monde des Sorciers.
La vérité, c'est que la première fois qu'il avait pris le Poudlard Express, ce fut pour lui quelque chose d'inoubliable. Il fit la connaissance de James Potter, qui, comme lui, était un héritier d'une très grande famille de Sangs-Purs, mais contrairement à lui, c'était dans le respect et l'amour qu'il avait grandi. D'abord jaloux d'apprendre que d'autres garçons ayant le même statut que lui étaient traités de manière différente, il découvrit avec plaisir que ce garçon aux cheveux incoiffables partageait avec lui son dégoût pour la magie noire, ainsi que pour Serpentard, Maison contre laquelle ils bataillaient courageusement chaque année à coups de farces et de tours de passe-passe. Et c'est aussi cette rencontre qui lui donna le courage de quitter cette famille de mages noirs. Au début perdu et livré à lui-même, Sirius trouva rapidement un refuge quand le père Potter le prit sous son aile, le traitant comme un second fils. Dorea, la mère de James, mit un certain temps à accepter la progéniture de Walburga, ayant vécu avec cette femme qui n'était rien de moins que sa sœur ainée, qui la traitait comme une moins-que-rien et ça, depuis son enfance. Alors oui, elle avait en quelque sorte traitée le petit Black avec une grande froideur au début, mais maintenant, il n'était pas rare qu'elle le prenne dans ses bras pour lui montrer, tout comme Charles, qu'elle l'acceptait pleinement au sein de la famille Potter.
Les yeux voilés par ses propres songes, l'ancien héritier des Black observait la scène avec un pincement au cœur. Il aurait aimé pouvoir faire la même chose.
Avec son père.
Ravalant ses larmes ainsi que sa jalousie, Sirius étira grandement ses lèvres afin de faire un sourire assez large pour cacher ses sentiments. Descendent enfin les dernières marches, le Black vint à son tour enlacer le patriarche Potter, qui l'accueillit avec un grand sourire.
Oui, il espérait un jour qu'Orion Black le prenne dans ses bras, comme le font tous les pères, qu'ils soient Purs ou non.
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Les yeux vissés au plafond de sa chambre, les mains jointes sur son ventre, les pieds échangeant leur place, oui, Bellatrix Black s'ennuyait mortellement dans sa chambre du douze Square Grimmaurd. Demeure ancestrale de la noble famille Black. Ouais, de l'extérieur, l'impressionnante bâtisse en laissait plus d'un sans voix. Bellatrix, pour sa part, ne trouvait rien de bien intéressant à faire entre ces murs, à part jouer les princesses parfaites avec sa jeune sœur, Narcissa, pour faire plaisir à leur mère. Mais ça, elle s'y refusait catégoriquement, n'ayant aucune envie de mettre une robe qui la rendrait toute bouffie. Inspirant profondément tout en prenant sa baguette en main, la jeune femme se mit à jeter quelques sorts d'intimité aux quatre coins de la chambre ainsi que quelques sorts d'alarme qui la préviendraient si quelqu'un avait l'intention de lui rendre visite.
Maintenant installer à son bureau, Bella sortit des tiroirs quelques feuilles blanches, puis des crayons de couleur divers achetés par son Elfe de Maison. Légèrement plus détendue, la jeune femme regarda par la fenêtre devant elle pour trouver quelques bribes d'inspiration pour son nouveau dessin.
Oui, Bellatrix Black aimait bien réaliser des dessins. Une pratique que sa mère, Druella Black, interdirait sévèrement si elle apprenait que sa propre fille jouait avec des objets Moldus. Ce n'était pourtant pas si mal, se disait Bella quand elle voyait les tableaux que réalisaient les êtres inférieurs avec de simples pinceaux. Il fallait dire que les Sangs-Pur ne voyaient pas plus loin que le bout de leur baguette, avec tous leurs préjugés envers les personnes qui, quelques siècles plus tôt, les traquaient comme des bêtes sauvages. Sur ce dernier point, Bella comprenait bien sa famille, n'ayant jamais remis en question l'éducation qu'on lui donnait, ni les principes inculqués depuis son plus jeune âge, ayant toujours trouvé normal qu'être une Sang-Pur lui donnait bien plus d'importance qu'un simple Sang de Bourbe ou Traitre à son Sang.
Automatiquement, ses pensées dérivèrent sur Lily Evans, une petite arriviste qui pensait valoir bien mieux qu'elle. D'habitude, Bellatrix n'essayait pas de se mêler des affaires des autres, n'aimant pas les conflits inutiles auxquels s'adonnaient continuellement Lucius et Potter. Mais dès qu'elle croisait cette paire d'yeux verts, tout ceci s'envolait et ne laissait rien qu'un profond sentiment de colère l'envahissant de toutes parts. Même en réfléchissant intensément, la Black ignorait d'où lui venaient ces sentiments à l'égard de cette rouquine allumeuse !
La pointe de son crayon se brisa sous la pression de ses doigts devenus crispés au souvenir de la Evans. Pourquoi cette rage pour une personne qu'elle venait à peine de rencontrer ?
Mystère absolu.
Lassée, elle laissa tomber l'objet maintenant cassé, qui se mit à rouler jusqu'à une petite pile de documents ayant l'air très importants, à en juger par les emblèmes affichés sur le devant. Maintenant, l'humeur de la jeune femme devint morose tendit qu'elle regardait les demandes en mariage la concernant. Les unions arrangées existaient depuis toujours dans les grandes familles magiques, et cela avait contribué à préserver la pureté de leur sang. Mais Bellatrix devait bien être la première femme née Black à ne pas avoir eu de fiancé dès sa naissance, contrairement à sa jeune sœur, qui semblait nager dans un éternel bonheur après avoir découvert sa future union avec Lucius. La raison était que les prétendants dignes de la lignée des Black se faisaient bien rares ces dernières années. Et heureusement que sa mère était tout comme Walburga, sinon cela ferait longtemps que James Potter aurait été proposé. Oui, heureusement pour elle, jamais elle ne finirait Lady Potter. Il ne restait plus que Rodolphus Lestrange, un garçon de cinquième année ne manquant pas de charme, mais certainement pas assez d'intelligence et de charisme pour diriger les Serpentards. Au final, c'était un Sang-Pur, et dans la famille Black, c'est tout ce qui comptait.
Bellatrix respectait les anciennes traditions sorcières, sauf bien sûr quand cela allait à l'encontre de ce qu'elle désirait. Et son potentiel futur époux faisait partie des décisions qui méritaient réflexion, à son avis personnel, et non celui des autres. Bien sûr, Bella n'était pas une jeune femme en manque d'amour, ça non, ce qu'elle cherchait surtout, c'était une personne sur qui elle pourrait compter dans la vie de tous les jours.
Mais bon, à cette époque, trouver un homme ayant autant d'assurance risquait d'être un problème insoluble. C'était quelque chose que beaucoup de gens trouveraient absurde, s'ils entendaient Bellatrix leur dire qu'elle cherchait un homme pouvant lui tenir tête. Oui, la norme des choses serait qu'elle veuille un homme soumis à ses caprices d'héritière, mais en vérité, la Black avait en elle cette petite part de folie nommée rébellion pars les parents.
Pendant quelques minutes, elle songea à ce qu'avait dû ressentir son cousin, Sirius, lors de sa fugue pour rejoindre la famille Potter. Est-ce que, tout comme elle, il s'était posé mille et une interrogations sur lui-même ? Avait-il pesé le pour et le contre des heures durant pour finalement décider de partir pour fuir la famille puant la magie noire ?
Finalement, son cousin avait eu bien plus de cran qu'elle en décidant de s'affranchir de cette vie qui ne lui plaisait pas.
Bellatrix lâcha un petit rire moqueur.
-Il avait déjà le mental d'un stupide Gryffondor.
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Le Poudlard Express.
Magnifique locomotive magique de couleur rouge et noir, elle était pour tous, le signe qu'une toute nouvelle année commençait à l'école de sorcellerie britannique. Une nouvelle génération de sorciers découvrait avec émerveillement le moyen de transport qui les conduirait dans un lieu que tous louaient avec ferveur en Angleterre. Sur le quai, se trouvait une ribambelle d'enfants et d'adolescents prêts à embarquer après avoir fait leur dernier au revoir à leur famille tous venue avec un mouchoir pour sécher leurs larmes.
Bella regardait tout ça d'un œil ennuyé. Dans la famille Black, les marques d'affection en public étaient strictement interdites sous peine d'être sévèrement réprimandées par sa mère et sa tante qui, malgré leur caractère, faisaient preuve de beaucoup d'imagination en termes de punitions. La Lady Black lâcha un énième soupir en jetant un coup d'œil à son compartiment vide. Non pas qu'elle s'en plaignait, ayant de toute façon toujours préféré le calme. C'était juste vexant que sa sœur veuille passer plus de temps avec Lucius et ses laquais, Severus et Rodolphus. A croire que cette histoire de fiançailles lui était complètement montée à la tête.
Bellatrix se dit intérieurement que cette cinquième année à Poudlard serait peut-être celle où elle rejoindrait le cercle très fermé des serviteurs du Maitre, un homme arrivant du néant et proposant de restituer la gloire d'antan aux familles de Sang-pur, tout en éliminant la sale vermine de Moldu qui osait venir pourrir leur merveilleux Monde Magique. Encore aujourd'hui, elle se méfiait de ce que pourrait signifier le fait de donner son allégeance à quelqu'un prétendant être le nouveau Seigneur des Ténèbres. Elle savait que ses parents, et plus particulièrement sa mère, étaient des fidèles de Voldemort, et qu'il souhaitait ardemment qu'elle devienne elle aussi une parfaite mage noir. Pour l'instant, elle restait indécise et ne comptait y réfléchir sérieusement qu'après avoir sérieusement discuté avec les personnes pouvant l'introduire dans le cercle des intimes du Lord Noir.
Tandis que la locomotive démarrait, la jeune femme retint un bâillement sonore alors que la porte du compartiment s'ouvrait sur un Black bien méprisé au sein de sa famille, et d'un Potter aussi ennuyant qu'arrogant.
Vu leur petit sourire au coin, elle ne risquait pas d'être tranquille tout de suite.
-Bien le bonjour à toi, Chère Cousine !, Aboya presque Sirius. Nous sommes venus voir si tu n'aurais pas vu Servilus et Lupius ?
-Désolée de te décevoir, mais non, Répondit-elle sèchement en tournant la tête vers la fenêtre pour montrer qu'elle n'aimait ni sa présence, ni celle de son camarade, qui se fâcha à sa réponse.
-Comme si tu ne savais pas où sont tes petits camarades Mangemorts !
-Oh, pardonnez-moi, Lord Potter ! Je n'avais même pas remarqué votre présence, Fit-elle mine de s'étonner avec un sourire méprisant. Il faut dire que vous êtes si souvent ensemble avec ce cher Sirius, que je ne sais plus qui est le laquais ou le Traitre à son Sang.
Les baguettes furent aussitôt dégainées, plus par habitude que par colère, chacun s'affrontant du regard pour savoir qui oserait jeter le premier sortilège. Mais un éclat de voix strident les coupa dans leur élan.
-Sirius ! Potter !
-Ho, ho !, Dit soudainement le play-boy des Maraudeurs en attrapant le bras de son meilleur ami pour le pousser sur le siège libre en face de Bella, qui leva ses sourcils en voyant son cousin s'asseoir en faisant signe de se taire.
La porte s'ouvrit de nouveau pour laisser passer une jeune femme déjà habillée de son uniforme de Poudlard, sur lequel trônait un badge de Préfet brillant à la lumière du soleil. Les poings sur les hanches et le regard fusilleur, Lily Evans faisait exagérément peur aux deux fauteurs de troubles.
-Je peux savoir ce que vous faisiez vous deux ?!, Demanda-t-elle sur un ton sévère. J'espère pour vous que vous n'avez pas encore essayé de vous battre avec quelqu'un de la Maison Serpentard ?!
Déglutissant bruyamment, Patmol se tourna vers le seul homme osant affronter la furie rousse des Gryffondor, pour découvrir un jeune garçon apeuré par l'expression de sévérité qu'affichait la Evans.
Bellatrix profitait du spectacle tout en rangeant soigneusement sa baguette dans sa manche.
-Quoi ?, Réagit enfin le Black dans un sourire crispé. Mais non, voyons Lily ! On était juste venue voir Bella parce qu'on... Euh, James ?
-Parce que, Répéta bêtement le Capitaine de l'équipe de Quidditch en cherchant une aide dans les yeux noirs de Bella, qu'il ne trouva jamais. On se demandait si elle pouvait nous aider pour notre devoir de potions.
La fille Black se demanda brièvement si les Potter étaient tous des aussi mauvais menteurs ou si c'était juste que l'héritier de leur maison était un parfait idiot.
-Vous me prenez vraiment pour une idiote, tous les deux ! Lança-t-elle furieusement en regardant James dans les yeux. Attendez un peu qu'on arrive, le Professeur McGonagall sera sûrement ravi d'entendre ce que font ses élèves quand elle n'est pas là !
Sur ce, elle repartit telle une tornade vers le compartiment réserver aux Préfets. Il n'en fallut pas plus pour que les deux Maraudeurs ne se mettent à sa poursuite en hurlant des prières contre le courroux du Professeur de Métamorphose.
Secouant la tête, Bella se demanda si le manque d'intelligence était quelque chose que tous les Gryffondors partageaient.
-Imbéciles, Murmura-t-elle en contemplant le paysage d'Ecosse défilant devant ses yeux bleus sombres.
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Tout s'était plus ou moins passé comme d'habitude dans l'esprit de Bella. Après l'arrêt du train, ce fut la balade en calèche jusqu'au château, sans les nouvelles premières années pour retarder le repas de la rentrée. Non, ce qui sortit clairement de l'ordinaire fut quand le Directeur de l'école de Sorcellerie se leva pour faire une de ses grandes annonces qui ne présageait rien de bon.
-Bon retour à Poudlard ! J'espère que vous avez passé de très bonnes vacances dans vos familles, S'exprima Dumbledore d'une voix forte. Aujourd'hui encore, j'espère que nous passerons une merveilleuse année ensemble. Pour ceux qui ne le savent pas encore, les règles de sécurité sont toujours inchangées : il est interdit de quitter votre dortoir après dix heures, personne ne sera autorisé à faire de la magie sans autorisation ou surveillance d'un enseignant, la Forêt Interdite est, comme son nom l'indique, interdite à tous les élèves. J'ai d'ailleurs demandé à Hagrid de surveiller l'endroit pour empêcher toute intrusion.
Le garde-chasse, qui semblait être un homme très bourru de prime abord, lança un regard d'avertissement à ceux qui oseraient enfreindre les règles posées par celui à qui il devait tout. Les élèves n'essayèrent même pas de protester, sachant pertinemment que cela ne servirait à rien de contester les décisions du vieil homme, qui toussa brièvement pour s'éclaircir la gorge.
-Cette année, nous accueillerons deux nouveaux professeurs, qui arriveront demain matin pour vous faire une leçon surprise. A présent, je vous laisse reprendre le cours de votre dîné, bon appétit !
Aussitôt que l'information comme quoi de nouvelles têtes se ferait connaître dans le corps enseignant, les élèves se mirent à chuchoter entre eux pour savoir si d'autres pourraient les renseigner sur l'identité de ces professeurs mystères.
-Moi, je sais, Dit de suite Sirius, faisant un clin d'œil complice à son meilleur ami, qui répondit par un grand sourire.
-Comment ?, Demanda Peter Pettigrow en jetant des regards alternés entre les deux.
-A mon avis, le père de James a dû lui donner l'info, et ensuite James l'a donné à Sirius, Résonna doucement Remus Lupin.
-C'est bien notre Lunard, ça !, Aboya le Black, lui donnant une grande tape dans le dos.
-Alors, c'est quoi ? Encore un professeur pour la DCFM ? (Défense Contre les Force du Mal)
-Oui, mais pas n'importe qui ! Mes Chers Amis farceurs, cette année, nous sommes des élus parmi les élus !
-Pour que tu sois aussi excité, ça doit être quelqu'un de féminin et de très jolie, Souffla Lupin d'une voix moqueuse.
-Jolie ?! Lunard, même toi tu craquerais pour Alice Larstark !
-Attends, on parle bien de cette championne de duel à la renommer international ?!, S'étrangla Peter qui, ayant vu la jeune femme dans la Gazette du Sorcier, se mit à rougir à grande vitesse.
-Vu la tête que tu tires, Queudver, tu reconnais aussi la chance qu'on a !
Alors que les Maraudeurs riaient et paraient joyeusement à la table des rouge et or, d'autres personnes essayaient de deviner l'identité des nouveaux professeurs qui risquaient de perturber leur quotidien. En particulier chez les verts et argents, qui n'aimaient pas vraiment la nouveauté qui, pour eux, était souvent synonyme d'ennuis à la Moldu.
-Je me demande qui va remplacer qui, Se demanda Rodolphus à voix haute, tout en regardant la table des professeurs. Il manque personne, enfin, sauf madame Remisa. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi ils l'ont remplacé par ça !
-Tu veux parler de cette chose difforme ?, Releva Lucius avec un sourire méprisant. Je suis vraiment étonné que Dumbledore ait accepté d'héberger une telle créature entre les murs de l'école sans lui avoir mis une laisse.
-Vous pensez que c'est vrai, ces rumeurs comme quoi il aurait agressé des élèves de deuxièmes années ?, Demanda une Narcissa un peu craintive.
-J'ai entendu dire par un Préfet qu'il aurait essayé d'abuser d'elles en les invitants dans sa maison, enfin, je devrais plutôt dire sa niche, Répondit son futur mari avec un rire pincé, bientôt suivi par d'autres Serpentards ayant écouté la conversation.
Les discussions se poursuivirent et il fut bientôt l'heure de rentrer dans leur dortoir, après que chaque Maison ait reçu leur nouvel emploi du temps pour le reste de l'année.
Et cela ne plut pas à tout le monde d'apprendre que certaines choses avaient bien changé.
-J'y crois pas, Gémit le Potter en regardant le parchemin maudit par ses soins. On a cours en commun avec les Serpentards deux fois dans la même journée !
-Faut pas t'en faire, Cornedrue, c'est juste histoire et DCFM, ce n'est pas si dramatique, Jugea bon de dire Ramus qui, de son côté, était déjà bien heureux de pouvoir étudier ici malgré sa condition que Sirius nommait un "Problème de Fourrure ".
-Lunard, c'est dramatique !, Dit justement celui-ci en lui collant presque le parchemin contre sa figure. Déjà qu'on doit se farcir Binns dès la première heure de cours, si en plus ces sales serpents sont là !
Un peu plus loin d'eux se trouvait la Préfète des Gryffondors, tranquillement en train de réviser les cours théoriques pour bien commencer l'année, sachant que bientôt, ce seraient les examens permettant d'obtenir les B.U.S.E., chose indispensable pour obtenir son diplôme et un bon travaille au ministère. Oui, enfin, c'était ce qu'elle avait prévu de faire une fois ses études terminées, mais il y avait bien une autre option vers laquelle la jeune sorcière aimerait se tourner plus tard.
-Encore en train de lire, Lily ?, Soupira une voix au-dessus d'elle.
Reconnaissant facilement la voix douce qui l'interrogeait, la Evans fit mine de n'avoir rien entendu. Une main vint cependant lui priver le droit de continuer sa lecture en lui prenant son livre parlant du traçage de runes sur des surfaces plus dures que la pierre. Maintenant irritée, Lily regarda son amie, Cindy Grimberwood, une jeune fille du même âge qu'elle avec seulement trois mois de plus. C'était une jeune fille très belle avec une longue chevelure blonde descendant le long de son dos, de très beaux yeux bleus pétillants de joie, ainsi qu'un corps déjà bien épanoui lui donnant une silhouette digne d'une femme fatale. A ses côtés se trouvait Rachel Losten, jeune fille un peu plus petite que ses condisciples, les cheveux noirs coupés au carré, les yeux tout aussi sombres couverts d'une paire de lunettes fine. Il était étonnant qu'un tel duo puisse exister quand on connaissait le caractère franc et malicieux de la blonde, qui contrastait souvent avec le sérieux et la franche timidité de sa camarade. Mais Lily s'était vite fait d'être avec ces personnes aussi intéressantes que loyales au sein de cette école de sorcellerie.
-Je lisais ça, Soupira la rousse en tentant de reprendre son bien.
-Tu lis tout le temps ! Fais une pause, les B.U.S.E ce n'est pas pour demain ! C'est en fin d'année, pas au début !, Répliqua la blonde en claquant le livre.
-Je pense que Lily a raison de commencer maintenant, Jugea bon d'ajouter Rachel en redressant ses lunettes d'un doigt.
-Evidemment que tu es d'accord avec ça, tu passes ton temps dans la bibliothèque toi aussi !
-C'est juste une impression, si tu y venais plus souvent, tu te rendrais compte que j'y passe le temps qu'il faut.
Alors que les deux jeunes filles continuaient à se chamailler comme des enfants, Lily se mit à sourire, bien trop heureuse de retrouver cette ambiance unique qui n'existait nulle part ailleurs qu'ici, à Poudlard. Ce sentiment unique qui donnait l'impression d'être dans un conte de fées, dans lequel nos rêves les plus fous se réalisaient à la fin.
C'était ça, le Monde Magique.
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Huit heures et demie du matin. La première heure de cours commençait dans quelques minutes et c'était déjà le début des hostilités entre les rouge et verts, qui ne trouvaient rien de mieux à faire en attendant leur professeur d'histoire que de se fusiller du regard. Quelques rares élus se préparaient déjà à voyager dans le monde des rêves en prenant leur livre pour des oreillers secondaires. Il fallait l'avouer, les cours donnés par le fantôme du Professeur Binns n'étaient rien de plus qu'une boucle sans fin de guerre contre les géants, les gobelins, les elfes, et rien d'autre. A croire que le Monde Magique n'avait rien connu d'autre que la guerre, la mort et puis tout ça.
Quand la porte s'ouvrit enfin, plusieurs sourcils se levèrent. Tout le monde connaissait la manière qu'avait Binns d'arriver en classe en passant au travers du tableau, alors qui diable pouvait bien être cet homme habillé comme un Moldu ?
Assez grand, le corps élancé, le dos droit, habillé d'une paire de bottes noires en peau de dragon, d'un pantalon bleu retenu par une ceinture faite de la même matière que ses bottes, et pour finir, une simple chemise aussi blanche que la plus grande partie de ses cheveux cendrés. Ceux-ci attirèrent tout de suite quelques murmures d'intérêt, ainsi que ses yeux brillants autant par leurs couleurs surnaturelles que par leurs éclats singuliers.
-Bonjour, Dit-il d'entrée de jeu en venant poser son manteau sur le dossier d'une chaise se trouvant derrière le bureau, qui était placé devant le tableau. J'espère que tout le monde aura passé de très bonnes vacances. Bien, je suppose que certains d'entre vous ont remarqué l'absence du Professeur Binns ? Eh bien, suite à un exorcisme réalisé par le directeur Dumbledore, il a rejoint le ciel.
La classe se mit à murmurer entre eux pour débattre sur le fait de si c'était bien ou mal de renvoyer un esprit qui vivait depuis si longtemps à Poudlard, au paradis. Au final, tous se mirent d'accord pour dire que la présence du Professeur Binns n'était pas si indispensable qu'il voulait bien le croire. Quand le silence fut revenu, l'inconnu prit un morceau de craie pour écrire quelque chose au tableau.
-Mon nom est Dastan Alucard, et à partir d'aujourd'hui, je ser-
Un bruit sourd coupa la présentation du nouveau professeur, qui dirigea immédiatement son attention vers la personne qui venait de s'écrouler par terre, une rouquine, semblait-il.
-Qu'est-ce qui s'est passée ?, Demanda le cendré en prenant le pouls de la jeune fille étalée par terre.
-J-je ne sais pas, elle s'est évanouie d'un seul coup, Bégaya Cindy.
-Je vais l'emmener à l'infirmerie, indiquez-moi le chemin.
Prenant le corps de son élève avec précaution, le voyageur temporel se tourna un instant vers le reste des étudiants encore surpris par ce qui venait d'arriver.
-Qui sont les Préfets ?
-Moi, Dit Lucius d'une voix plate, n'étant pas particulièrement touché par le sort des Sangs-de-Bourbe.
-Et vous ? Demanda-t-il rapidement en se tournant vers les rouges et or.
-C'est elle, Répondit la blonde en indiquant sa camarade inconsciente.
-Je vois, jusqu'à mon retour vous serez sous la surveillance des Préfets, alors tenez-vous tranquilles !
N'attendant pas vraiment de réponses, le voyageur temporel se laissa maintenant guider par la Grimberwood à travers les couloirs. Durant le trajet, il jeta un œil curieux au visage endormi de la rouquine qu'il tenait dans ses bras. Alors c'était à ça que ressemblait Lily Evans ?
Sa mère. Oui, enfin c'est ce qu'il aimerait se dire, mais Dastan savait depuis longtemps que celui qu'on appelait Harry Potter n'existerait sûrement plus après son passage dans cette époque. Alors non, ce n'était pas la femme qui donnerait un jour sa vie pour le protéger de Voldemort. Ce n'était qu'une petite Née-Moldue, qu'il trouvait certes mignonne, mais qui restait son élève, évanouie pour une raison qui lui échappait.
Arrivant enfin dans l'infirmerie, l'archéologue posa le corps évanoui de la Evans sur l'un des lits libres alors que Madame Poppy Pomfresh s'avançait à grandes enjambées vers eux, avec comme toujours, une mine inquiète pour toute personne se trouvant sous sa garde.
-Ecartez-vous !, Ordonna-t-elle sans préambule en lançant des sorts de diagnostic sur le corps de Lily. Que s'est-il passé ?
-Rien ! On était en classe, tout allait bien, je vous jure ! J'ai juste tourné les yeux une seconde et elle était évanouie !
La blonde semblait complètement désemparée par ce qui venait d'arriver. Dastan, de son côté, observait les différents sortilèges tournoyant lentement au-dessus de son élève.
-Est-ce qu'elle aurait fait une baisse magique ?, Se demanda le cendré à voix haute.
-Franchement, ça m'étonnerais beaucoup, Répondit Poppy, une main sur le front de la rouquine. Pas de fièvre, le pouls est régulier, même s'il semble s'être emballé un court instant.
Alors que Cindy se rongeait les ongles, sa meilleure amie ouvrit subitement les yeux en se redressant d'un seul coup, une main tenant son cœur. Alarmée, Pomfresh se tint près d'elle pour intervenir. Le Alucard garda une mine impassible, ayant plus ou moins compris que la petite rousse n'était pas en danger de mort. La seule blonde présente prit la main de Lily dans la sienne tout en frottant son dos de l'autre.
-Ça va Lily ?!
La respiration lourde, la Préfète des Gryffondors hocha rapidement la tête avant de se figer en voyant une tête de cheveux cendrés s'approcher d'elle.
-Est-ce que tout va bien, Mademoiselle ?, Demanda simplement le jeune enseignant, qui ne reçut qu'un vague acquiescement de la tête. Vous me rassurez, est-ce que vous vous sentez prête à retourner en classe ?
Cette fois-ci, la rousse eut un drôle de réflexe. Son visage prit une jolie teinte rosée alors que sa lèvre inférieure fut mordillée par ses dents blanches. L'Alucard se mit à sourire, ayant un peu compris pourquoi l'Evans rougissait d'un seul coup.
-Rassurez-vous, je ne vais pas vous donner de mauvaises notes alors que nous venons à peine de commencer l'année.
Cette fois, Lily devint bien rouge de honte en entendant sa meilleure amie rire franchement à ses dépens.
-Bon, au vu de votre état, je pourrais vous dispenser de cours le temps qu-
-Tout va bien !, S'écria soudainement Lily, qui rougit encore plus en se rendant compte qu'elle venait de couper la parole à son professeur. J-je-je-
-Du calme, Mademoiselle...?
-Evans, Dit Cindy, qui se trouvait à présent très amusée de voir sa meilleure amie bafouiller de honte son nom de famille.
-Mademoiselle Evans. Vu ce qui vient de vous arriver, je devrais vous laisser vous reposez au calme, Dit l'archéologue en croisant ses bras. Mais si vous vous sentez prête à revenir pour assister à mon cours, j'aurais une condition.
-Une condition ?, Répéta la rousse d'une voix timide.
-Oui, vous devrez m'aider pour assurer la leçon, Révèla le professeur d'histoire avec un grand sourire. Enfin, si vous êtes d'accord.
Sans aucune once d'hésitation, la Née-Moldue hocha vigoureusement de la tête. Dastan y répondit par un simple sourire, puis alla discuter quelques minutes avec la responsable de l'infirmerie pour avoir l'autorisation de faire sortir la petite. L'Alucard sortit enfin de la pièce après avoir demandé à la Grimberwood d'escorter sa nouvelle assistante jusqu'à la classe une fois que celle-ci aura complètement repris ses esprits. Sa classe devait se demander ce qu'il lui prenait autant de temps.
Sauf que la charmante blondinette avait bien d'autres projets pour sa condisciple, qu'elle fixait avec un sourire narquois au bord des lèvres.
-Dit donc, Lily, Commença celle-ci en se rapprochant de son amie. Tu ne serais pas...raide dingue de notre prof ?
Il n'en fallut pas plus pour faire rougir la Préfète de Gryffondor.
-QUOI ?! MAIS NON ! Enfin, je... PAS DU TOUT !
-Ah oui ? Alors pourquoi tu rougis ?, S'intéressa-t-elle en faisant tournoyer un doigt sur la joue de Lily, qui en entendant cela, émit un gémissement plaintif tout en prenant son visage entre ses mains.
-Il a dû me prendre pour une cinglée...
-Y'a des chances. Mais dis-moi plutôt depuis quand tu tombes sous le charme en une seconde ?
-Mais arrête avec ça, Dit la rouquine. C'est juste que le Professeur Alucard est vraiment très connu dans le Monde Magique Grec.
-Tiens donc.
-Cindy, l'homme que tu viens de voir est l'un des plus grands sorciers de notre siècle, Expliqua Lily d'une voix passionnée. C'est le plus célèbre archéologue du monde entier ! Ses découvertes révolutionnent complètement la vision des sorciers sur les mythes et légendes. De plus, c'est un sorcier ayant créé une vingtaine de sorts révolutionnaires alors qu'il n'était âgé que de quinze ans. Il est aussi sortie major de sa promotion, mais il a choisi de suivre une voie inédite pour un sorcier !
-Et toi, tu es complètement fan de lui, Glissa malicieusement la Gryffondor.
-Je suis juste admirative devant l'effort qu'il donne à son travail, Répliqua-t-elle en rougissant malgré tout. Ce que j'essaye de te dire, c'est que Monsieur Alucard a accompli bon nombre d'exploits alors qu'il avait le même âge que nous.
-Oui, ben si tu continues de faire sa pub, tu risques de rater ton premier cours avec lui.
A peine venait-elle de finir sa phrase, que Cindy vit sa Préfète filer à travers l'infirmerie en courant comme une folle, lui arrachant un long fou rire qui risquait bien de durer si Lily continuait de se comporter ainsi.
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Une fois revenue en classe, la Evans se confondit en longues excuses devant son professeur, qui lui souriait avec indulgence en l'invitant à se tenir debout avec lui, alors que toute la classe se tenait prête à commencer le cours d'Histoire de la Magie, déjà retarder de vingt minutes à cause du malaise dont fut prise Lily.
-Pour aujourd'hui, je serai assisté par Mademoiselle Evans, Expliqua rapidement le jeune professeur en désignant la sorcière d'un geste de la main. Bien, maintenant reprenons où nous en étions resté. Je suis votre nouveau professeur d'Histoire de la Magie, je m'appelle Dastan Alucard et j'espère que nous passerons un excellent semestre ensemble. Ceci fait, j'aimerais savoir où vous en étiez avec le Professeur Binns.
Rapidement, la rousse lui présenta un livre d'histoire ouvert sur le dernier sujet abordé par le fantôme enseignant. En voyant ceci, Dastan se mit à froncer ses sourcils, inspectant la page présentée par la jeune fille.
-La révolution des Gobelins ?, Lut-il à voix haute. Vous étudiez ce passage depuis longtemps ?
Plusieurs quintes de toux se firent entendre à travers la classe, qui visiblement, se retenait de rire devant le doux euphémisme de la question du cendré, qui se tourna simplement vers son assistante.
-En fait, le Professeur Binns donne exactement le même cours depuis toujours, Expliqua sérieusement la Evans, qui se mit à rougir en voyant le regard du blanc s'éclairer d'une lueur incrédule.
-Attendez, Dit-il lentement en posant un doigt sur la page. Vous n'avez étudié rien d'autre depuis que vous êtes ici ?
En voyant les têtes de ses nouveaux élèves envoyer des réponses positives, l'ancien Potter se sentit comme un homme ayant compris comment fonctionnait l'esprit féminin après des années d'ignorance.
''Et moi qui pensais avoir tout vu ! Mais non ! Il fallait bien sûr que Binns leur bourre le crâne avec cette révolution Gobeline ! Si je tenais ce fantôme, il passerait un sale quart d'heure !''
-On va tout oublier, Annonça-t-il d'emblée en faisant léviter un morceau de craie, qui se mit à écrire les pensées du Voyageur Temporel. Il claqua soudainement l'ouvrage dépassé en termes d'information historique utile.
-Si vous êtes d'humeur, je vais vous expliquer mon travail : je suis la personne qui vous contera le jour où un homme a dit qu'on pouvait faire léviter des objets, je suis aussi là pour vous expliquer comment des rois ont perdu leurs têtes dans leur propre lit alors qu'ils n'avaient que des amis, et pour finir, je suis aussi celui qui explique à des jeunes gens comme vous comment le monde tournera si on évite de reproduire les mêmes erreurs que nos ancêtres.
Suspendus au discours remplis de promesse du nouvel enseignant, les élèves Gryffondors et Serpentards ne firent cette fois-ci rien pour perturber ce qui s'annonçait être une leçon bien plus intéressante qu'une révolte de Gobelins.
Le Premier Animagus.
Un sourire inscrit sur ses lèvres, le Professeur d'Histoire de la Magie se sentit fier d'avoir allumé le regard de ses élèves d'une flamme appelée curiosité. Ils étaient tout à fait intéressés de savoir qui était la première personne à avoir découvert le don de se transformer en animal. Ayant obtenu un parfait silence digne d'une cathédrale un jour de mess, Dastan balaya la salle du regard, espérant trouver une personne qui aurait assez de courage pour tenter de répondre à cette question.
-Qui peut me dire ce qu'est un Animagus ?
La main de Lily se leva immédiatement, arrachant un sourire au blanc qui lui fit un signe de tête pour l'encourager à développer ses connaissances au reste de la classe, qui pour une fois, ne risquait pas de s'en plaindre.
-Un Animagus est un sorcier ayant la capacité de se transformer en l'animal qui correspond le mieux à son caractère intérieur, Expliqua-t-elle en jetant parfois des coups d'œil vers son professeur.
-Cinq points pour Gryffondor, Déclara le cendré en se tournant vers ses élèves, décroisant les bras. Comme vient de l'expliquer mademoiselle Evans, un Animagus est un sorcier pouvant adopter la forme animale la plus en phase avec sa magie.
-Vous entendez quoi par, en phase ?, Demanda Remus après avoir levé poliment la main.
-Eh bien, dites-vous bien que si votre forme Animagus était, par exemple, un serpent, il vous serait bien plus difficile de devenir un chat plutôt qu'un iguane. Votre magie et vous devez être parfaitement en harmonie pour aborder la métamorphose animale, Expliqua rapidement Dastan. Si vous souhaitez vous lancer dans le processus, je vous conseille d'aller voir la Directrice Adjointe.
Tapant légèrement dans ses mains, l'Alucard fit simplement léviter un petit livre de poche qui se trouvait dans sa veste accroché au porte-manteau à l'entrée. Petit mais épais, il regroupait l'ensemble des connaissances du Voyageur du Temps, qui s'amusait comme un petit fou en ce moment. Il faut croire que toutes ces années à apprendre lui avaient donné envie de partager son savoir avec les autres.
-Bien, qui peut me dire qui fut le premier Animagus ?
-Merlin ?, Proposa naturellement Sirius.
-Non. Malheureusement pour lui, Merlin ne fut jamais un Animagus, Assura le blanc, qui écrivit à la main la bonne réponse. Le premier Animagus de l'histoire fut Ptolémée XV Philopator Philometor Caesar. Aussi appeler Césarion, fils de Cléopâtre VII et de Jules César.
D'abord surprit, beaucoup d'étudiants se jetèrent des regards pour vérifier si quelqu'un connaissait cet homme, mais bien sûr, tout le monde l'ignorait et ça, le Alucard comptait bien le corriger.
-Césarion est née en 47 AV-J et a gouverné l'Egypte aux côtés de sa mère durant dix-sept ans. A cette époque, la magie n'était perçue que comme un don des dieux envers leurs fidèles, qui se voyaient comme des élus choisis par les dieux pour accomplir leur volonté. Cléopâtre elle-même était une sorcière douée d'un don exceptionnelle pour la métamorphose. D'ailleurs, l'une des légendes les plus connues à son sujet est que pour parler à César, elle trouva le moyen d'être transporté par un serviteur en étant enroulé dans un tapis richement décoré, ça, c'est bien sûr la version Mortelle de l'histoire.
-Mortelle, monsieur ?, Ne put s'empêcher de relever l'Evans.
-C'est le terme que l'on emploie en Grèce pour désigner les personnes ne pouvant manipuler la magie. C'est l'équivalant de Moldu, si vous voulez, Expliqua-t-il en regardant son assistante, avant de reprendre son cours. La version sorcière vous expliquera que Cléopâtre se servit de son talent naturel pour la métamorphose pour se changer en tapis, lui épargnant moult ennui avant sa rencontre avec César. Pour en revenir à Césarion, il faut savoir qu'être un sorcier à l'époque n'était ni bien vu, ni mal vu, et donc, personne n'y accordait beaucoup de crédit. Pourtant, notre petit prince d'Egypte se mit en tête qu'être un très grand sorcier serait pour lui l'exploit qui lui permettrait d'entrer dans l'histoire, comme l'avaient fait ses parents. Alors il étudia auprès de grands prêtres, qui lui enseignèrent tout ce qu'ils savaient sur le don des dieux. Mais avec le temps, il se rendit très vite compte que rien de ce qu'il apprenait ne lui était utile dans sa quête de gloire. C'est là qu'il se mit à prier Anubis.
-C'est un dieu maléfique, non ?, Demanda James Potter en grimaçant.
-Pas vraiment, Assura Dastan en balayant les craintes du Potter d'un vague geste de la main. Il ferait plutôt office de dieu jugeant le cœur des défunts. En général, il pose le cœur des morts sur une balance pour voir si leur âme est pure ou non. Mais ce qui intéressait Césarion chez Anubis était la connaissance de la Nécropole des morts, de laquelle il était le gardien. Cependant, comme à chaque fois que l'on prie un dieu pour un sujet précis, il ne répondit jamais aux supplications du pauvre Césarion, qui de rage, décida qu'il ne pouvait rester dans l'ombre de sa mère plus longtemps.
Tout le monde dans la classe écoutait avec grande attention l'histoire racontée par le professeur aux cheveux blancs. Celui-ci venait de jeter un sort au tableau pour que les dessins faits avec sa craie volante puissent s'animer pendant les explications passionnées de l'Alucard, qui ne manquait jamais une occasion d'apporter de nouvelles informations aux étudiants. Ces derniers se mirent à prendre des notes pour la première fois de leur vie dans ce cours.
-Des années plus tard, il fut déclaré mort par Octave, qui à l'époque, ne pouvait prétendre au règne de Rome tant que Césarion vivrait. Mais ce que personne ne savait, c'est qu'Octave ne trouva jamais Césarion, celui-ci ayant fui dans le désert, espérant ainsi échapper à son triste sort. Cependant, un Mercenaire du nom d'Arcri avait décidé de le prendre en chasse et, manquant de chance, il fut capturé et ramené à sa mère, dans l'espoir qu'elle payerait pour sauver la vie de son fils. Sauf que rien ne se passa comme prévu, Arcri n'avait pas pensé que Cléopâtre puisse se servir de la magie pour le forcer à lui rendre Césarion. Les détails du combat les opposant se sont malheureusement perdus dans l'oubli, c'est pourtant à ce moment-là que Césarion se transforma en un uræus.
-C'est quoi un uræus, Professeur ?, Demanda poliment un élève des Vert et Argent.
-Un uræus est un cobra femelle chargé de protéger les pharaons contre leurs ennemis, que ce soit de leur vivant, ou après, Répondit le cendré. C'est un animal magique très dangereux capable de se rendre invisible à la lumière du soleil, son venin est aussi l'un des plus mortels sur terre et à ce jour, personne n'a encore trouvé d'antidote contre lui. Mais rassurez-vous, l'espèce n'est pas très rependue, même en Egypte on en compte à peine une petite centaine et on prévoit déjà de la considérer comme une espèce menacée. Pour en revenir à Césarion, il fut transformé de la pire des manières possibles pour un Animagus, aucune préparation mentale ou physique, aucune aide extérieure pour lui faire reprendre sa forme humaine, et surtout, aucun contrôle sur ses actes. Tous les Mortels ont déjà entendu que Cléopâtre s'était suicidé en se faisant mordre par un serpent, ce que personne ne sait, c'est que Césarion n'avait jamais voulu faire de mal à sa mère, seulement, une fois devenu un uræus, il attaqua toutes les personnes présentes autour de lui avant de s'enfuir dans le désert infini.
-Alors Césarion a tué sa mère ?, Demanda Rachel.
-Oui, même si une fois transformé, il n'en garda sûrement aucun souvenir, n'ayant aucune idée de ce qui était advenue, Dit Dastan d'un ton professionnel. Sans préparation, un sorcier devenu Animagus risque souvent de perdre sa mémoire humaine et de rester transformer à vie.
D'abord silencieux, les élèves se remirent à se regarder avec cette fois-ci des sourires. C'était de loin la leçon la plus enrichissante qu'ils n'aient jamais eue dans cette matière. Sans surprise, plusieurs mains se levèrent, mais le voyageur décida que ce serait Lily qui poserait la prochaine question.
-Césarion est donc resté transformer durant tout ce temps ?
A cette question, celui que l'on surnommait le Survivant dans une autre vie esquissa un sourire malicieux, faisant tournoyer sa baguette au-dessus de son bureau. Dans une petite volute de fumée apparut un vivarium tout simple, avec à l'intérieur un long serpent aux écailles sombres parsemées de taches jaunes, ses yeux étaient de couleur noire, mais tout le monde eut un sentiment de malaise en voyant la tête du reptile bouger de droite à gauche pour les dévisager longuement, tandis que l'ex Potter faisait courir un doigt sur l'écran transparent.
-Chers élèves, je vous présente Césarion, Annonça-t-il fièrement, faisant haleter les élèves. Je l'ai retrouvé il y a environ cinq mois, alors que j'étais en train d'explorer les ruines d'un temple de Râa. Ce petit coquin a essayé de me tuer dans mon sommeil, heureusement que je me suis réveillé.
Peu après, il invita les cinquièmes années à se rapprocher pour observer le serpent millénaire qui les défiait simplement du regard. A plusieurs reprises, le reptile magique disparut de la vue des étudiants de Poudlard, qui sursautèrent les premières fois, ayant peur que Césarion ne sorte de sa cage pour les attaquer. Heureusement pour eux, le Professeur d'Histoire de la Magie ne laisserait jamais cela se produire, prenant son rôle très à cœur.
-Dites, Professeur, comment vous pouvez être sûr que c'est bien Césarion ?, Demanda la voix fluette de Peter Pettigrow, qui se tenait un peu en retrait comparer à ses camarades.
-Grâce à un test sanguin réalisé par magie après que j'aie constaté que ce serpent avait quelques réactions humaines. Comme le fait de me regarder dans les yeux quand je parle ou d'observer mes mains, ce sont des attitudes de méfiance typique de Mortel, donc j'en ai conclu que c'était peut-être un sorcier ayant eu une transformation ratée, ce qui arrive bien plus souvent qu'on ne le croie, Expliqua posément le cendré.
-Est-ce qu'il va redevenir humain ?, Questionna le Potter.
-Malheureusement non, en général on peut aider les personnes coincées dans leur transformation, mais il a passé beaucoup trop de temps sous sa forme Animagus. Aucun espoir pour Césarion de redevenir humain.
D'abord curieuse, la salle entière se mit à poser toutes sortes de questions à l'archéologue, qui se fit un plaisir d'y répondre avec autant de précision qu'il le pouvait, ajoutant parfois quelques blagues pour dédramatiser les récits historiques qu'il avait lui-même vécus. Et ce fut bien la première fois que Gryffondor et Serpentard ne se disputèrent pas durant un cours et qui se termina bien trop vite à leur goût.
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Dastan Alucard.
Le nom du nouveau professeur d'Histoire de la Magie était à présent sur toutes les lèvres. Durant l'heure du déjeuner, toutes les Maisons de Poudlard discutaient avec animation de leur première leçon avec le cendré, même les Serpentards, d'habitude avares de mot parlaient bruyamment à leur table.
-Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais, Commença Sirius avec un sourire. C'était passionnant !
-Il va pleuvoir, Glissa malicieusement Lupin en regardant son condisciple, qui en retour, tira la langue comme le ferait tout homme immature. Plus sérieusement, c'était vraiment intéressant.
-J'avoue qu'il sait comment vendre une bonne histoire, Dit James en se servant un peu de purée dans son assiette. Par contre je le trouve un peu trop frimeur, pas vous ?
-Oh ! Je crois que Cornedrue est jaloux parce que Lily fait les yeux doux à Alucard !, Aboya le Black en passant un bras autour des épaules de son meilleur ami, qui poussa un grognement.
-N'importe quoi !, Répliqua celui-ci en se dégageant de la prise du labrador. Je ne suis pas jaloux !
Les deux autres Maraudeurs levèrent les yeux au ciel, ignorant la plaidoirie du Gryffondor. Peter était bien trop occupé à manger son plat pour se préoccuper des amours du capitaine de l'équipe de Quidditch, et celui-ci s'interrompit brusquement en voyant l'objet de ses pensées arriver avec ses amies sur ses talons. Comme toujours, Lily vint s'asseoir juste à côté de Remus pour pouvoir lire les quelques livres d'histoire qu'elle venait d'emprunter à la bibliothèque.
-Euh, Lily, pourquoi tu as pris autant de livres ?, Demanda le loup-garou d'un ton incrédule en voyant la petite pile de bouquins lui masquant la vue sur l'Evans, qui se tourna vers lui en levant un sourcil.
-Tu n'as pas entendu le Professeur Alucard ? On doit se documenter sur l'empire Romain et sur Flavius Metellus pour une interrogation.
-Si, je me souviens bien, sauf qu'il a dit qu'elle n'aurait lieu que lundi prochain.
-Autant m'y mettre tout de suite alors, Répliqua la tigresse en lançant un regard noir au reste des fauteurs de troubles. Que personne ne me dérange ! Compris ?
N'attendant pas de réponse, la née-moldu se mit à lire son manuel d'histoire avec une telle intensité que même James en fut bouche-bée. Black se tourna vers Cindy pour obtenir des informations sur le comportement plus qu'hostile de l'Evans.
-Elle a craqué ou quoi ?, Chuchota Sirius à l'oreille de la blonde, qui répondit par un large sourire.
-Disons plutôt qu'elle craque à fond sur Alucard, Répondit malicieusement la Grimberwood.
-Pour de vrai ?
-Vrai de vrai.
-Ça ne va pas plaire à James, Dit tristement Patmol en secouant la tête.
-A ta place, je lui annoncerais la nouvelle en douceur.
-Et si je ne disais rien du tout ?
-Il va le savoir, il se pourrait même qu'il le sache déjà.
Du coin de l'œil, Sirius vit effectivement que son frère de cœur fulminait sur place tout en foudroyant son assiette du regard après avoir compris que l'attitude de Lily était causée par le Professeur Alucard. Celui-ci se trouvait maintenant en train de manger à la table des Professeurs, entre les deux personnes qu'il connaissait le mieux dans le corps enseignant de Poudlard, Hagrid, le Garde-chasse du château, qui l'avait salué de manière chaleureuse quelques minutes plus tôt en l'invitant à manger avec lui. Heureux de retrouver un visage familier, l'ancien Potter avait été d'autant plus ravi de voir Minerva s'asseoir à sa droite pour venir le féliciter concernant sa petite leçon sur l'histoire des Animagus qui faisait déjà le tour de l'école.
-J'ai été très surprise quand des élèves de deuxième année sont venus me questionner sur le processus de transformation en animal, Dit-elle en jetant quelques coups d'œil au nouveau venu, qui mangeait lentement son repas tout écoutant les paroles de la sous-directrice. Puis ils m'ont expliqué que des cinquièmes années de Serpentard avaient longuement parlé de votre cours.
-Comme on dit, les nouvelles vont vite, Répondit simplement le cendré en mangeant une patate douce. J'espère simplement qu'ils ne vous ont pas trop ennuyé, ça m'embêterait de vous causer du tort, même indirectement.
-Aucunement, j'ai même été agréablement surprise. Pour être franche, très peu de sorciers osent poser ce genre de questions, de peur que cela soit pris pour un signe de faiblesse de demander à quelqu'un de partager son savoir avec lui, Expliqua posément McGonagall. Avant, c'était différent, les jeunes étaient plus curieux qu'aujourd'hui...
-Ne vous en faites pas, ces jeunes gens ont juste besoin qu'on leur rappel ce qu'est un professeur, Assura simplement le Voyageur du Temps en faisant remuer sa cuillère. De plus, je suis sûr que je peux leur apprendre plein de choses sur l'art de transformer les choses. Avec votre approbation bien sûr, je n'aimerai pas marcher sur vos plates-bandes.
-Je n'y vois aucun problème, Assura la sorcière en métamorphose avec un mini sourire. Si vous acceptez de répondre à quelques questions sur comment vous avez fait pour capturer le fils disparu de Cléopâtre.
D'abord surpris, l'ancien Survivant laissa un léger rire passer entre ses lèvres, qui s'incurvèrent vers le haut quand il se décida à raconter son combat contre Césarion.
-Pour être franc, je ne dois ma victoire qu'à ma belle Peg, sans elle, je serai sûrement en train de marcher sur les plaines de l'Elysée à l'heure qu'il est.
-Peg ?
-C'est ma jument, elle déteste vraiment les serpents, alors dès qu'elle l'a vue, Peg a frappé la terre avec ses sabots tellement fort que je me suis réveillé juste avant de me faire mordre par notre petit intrus. C'est là que je me suis retrouvé face à l'une des créatures les plus dangereuse d'Egypte, Expliqua posément le Chercheur de Légende.
-Vous avez dû avoir très peur.
-J'étais bien trop surpris pour avoir ce genre de pensée à l'esprit, j'ai juste agi de la meilleure façon qui se présentait à moi, j'ai pris un morceau de bois que je gardais pour le feu, puis je m'en suis servi pour dessiner un cercle d'Artémis, et là, j'ai piégé Césarion, Dit-il avec un sourire fier quand il vit son interlocutrice froncée ses sourcils.
-Un Cercle D'Artémis ?, Demanda-t-elle.
-Artémis est une déesse liée à diverses choses en Grèce. On l'a décrit comme une guerrière sauvage qui accompagne les femmes dans les plus grandes étapes de leur vie, comme leur naissance, la puberté, et bien sûr leur mort, Expliqua-t-il en regardant son ancien professeur. Mais quelques textes de l'ère des dieux racontent aussi qu'Artémis était une très grande chasseuse qui ne manquait jamais sa cible, peu importe la distance qui la séparait de sa proie. D'où le nom du piège que j'ai appliqué à Césarion, c'est un simple enchantement rapide qui permet de piéger une personne que nous voyons comme un ennemi.
-Je suis très impressionnée, vous deviez être un très bon élève, Complimenta Minerva, qui ne remarqua pas l'air troublé de l'ex-Potter. Il se mit à regarder son assiette d'un air absent.
Un bon élève ? Non, Dastan... Harry ne pourrait jamais penser une telle chose, pas avec le futur qu'il avait vécu.
Harry Potter n'avait pas été le meilleur élève de Poudlard, il avait juste été un sorcier plus puissant que la moyenne, assimilant les sorts les plus mortels en très peu de temps, mais jamais il ne s'était perfectionné dans une discipline magique, n'ayant jamais eu autre chose en tête que de tuer Voldemort et vivre une vie paisible.
Résultat des courses ? Tous ses amis s'étaient sacrifiés pour lui permettre de survivre, Dumbledore était mort de la main de Draco, qui fut lui-même tué par Severus après que Narcissa soit morte après avoir désobéi au Seigneur des Ténèbres, celui-ci lui ayant demandé son allégeance après la mort de Lucius, tué par un Arthur Weasley devenu ivre de haine suite à la mort de Ginny.
En fin de compte, la guerre qu'il avait vécue se résumait à peu près à cela. L'un tuant l'autre et l'autre vengeant celui qui venait de mourir, et ainsi de suite jusqu'à son duel final avec Tom, qui se conclut sur sa victoire obtenue de justesse grâce au lien de leurs baguettes jumelles. D'ailleurs, les deux furent brisées dès que la bataille fut terminée.
Heureusement, les choses étaient différentes quelques siècles plus tard. Le voilà devenu l'un des sorciers les plus puissants de ce siècle, enfin, il espérait bien avoir atteint un niveau suffisamment avancé pour tenir tête à sa Némésis, qui ne manquait pas de puissance à cette époque.
Secouant légèrement la tête, le professeur Grec reprit sa conversation avec la maîtresse en métamorphose, qui se montrait davantage curieuse quant au cursus scolaire d'Olympe.
A la table des Serpentards, il régnait une ambiance agréable pour les nouveaux venus, qui n'avaient jamais eu l'occasion de voir les cinquièmes années aussi bavards qu'en ce moment.
-Devenir Animagus sera mon objectif avant d'obtenir mon diplôme !, Lança Rodolphus d'un air enjoué, chose rare chez un serpent.
-T'enflamme pas trop, Alucard nous a bien dit que c'était plutôt long pour en devenir un, Rappela sagement Bellatrix, qui pour une fois, n'avait lancé aucune pique au repas.
-Et puis il faut beaucoup de concentration, une chose qui ne doit pas t'être familier, Dit Lucius d'un air supérieur.
-Je ne vous comprends pas, Souffla Narcissa. Comment pouvez-vous envisager de devenir un animal ?! Ces choses sont encore plus répugnantes que l'abomination géante !
Les membres de son année ricanèrent simplement, étant bien trop habitués au caractère de duchesse de la jeune Black pour s'en formaliser, et puis d'une certaine façon, cela permettait de détendre l'atmosphère. Rapidement, le sujet de conversation principale dériva sur Alice Larstark, leur nouveau professeur de DCFM.
-Père m'a parlé d'elle avant mon départ, très compétente et absolument fiable. Lui qui est si avare en compliments d'habitude, ça m'a un peu surpris, Expliqua Malfoy, qui venait de terminer son assiette.
-Moi, je l'ai déjà vu, Lâcha narquoisement Lestrange, se réjouissant d'attirer les regards curieux sur lui. C'était à un tournoi classant les meilleurs duellistes de l'année, elle a fini première juste devant le gnome.
-Le professeur Flitwick ?
-Exact, il s'est bien fait écrasé par Larstark dès le début, Confirma le jeune sorcier en riant au souvenir du sang-mêlé en train de voler à travers la scène de combat.
C'est là qu'apparut ladite meilleure duelliste du pays. Toutes les têtes se tournèrent pour tomber sur une silhouette élancée qui avançait vers la table des professeurs d'un pas assuré, les cheveux blonds attachés en une longue queue de cheval, les yeux gris acier envoyant des éclairs à quiconque croiserait son regard, un visage fermé de toute émotion, dégageant une beauté froide mais fatale pour tous ceux croisant son chemin. Elle était habillée d'une robe de combat rouge et bleu, flottant dans le vent à chacun de ses pas. Alice Larstark dégageait un sentiment de noblesse et de puissance qui aurait fait la fierté de tout patriarche de famille pure. Avançant à grandes enjambées jusqu'à la table des professeurs, elle s'assit après avoir salué poliment le directeur de Poudlard, qui se faisait une joie d'accueillir une personne aussi professionnelle dans son travail.
Dastan, de son côté, la regardait avec un intérêt non feint. Sa posture, son regard, la façon qu'avaient ses doigts de rester en mouvement, elle avait tout bonnement l'attitude d'une guerrière amazone. Aussitôt que le nom se balada dans son esprit, il se souvint de sa rencontre avec la reine de ce peuple uniquement composé de sorcières ou de Métamorphomages très hostile à toute présence masculine. Oui, on pouvait dire que l'Alucard avait eu de la chance en échappant à la peine de mort, ne devant son salut qu'à Goltin, qui s'était demandé pourquoi il était aussi long pour prendre un nouveau tonneau de bière.
C'était une histoire qui ne se racontait qu'autour d'un bon verre, se dit le cendré en allant rejoindre ses appartements. Pour une première journée sur le sol anglais, tout s'était plutôt bien passé, si on mettait de côté l'évanouissement de l'Evans et le harcèlement oculaire de sa collègue aux cheveux blonds qui l'avait longuement dévisagé avant de reprendre le cours de son repas. En entrant dans ce qui serait sa chambre pour les prochaines années, le Alucard émit un petit sifflement appréciateur en voyant le sol en pierre chauffer par des runes, une cheminée déjà allumée et diffusant une lumière douce et chaleureuse, un petit salon, ainsi qu'un divan importer par lui-même, ayant toujours aimé manger allonger comme le faisaient les Romains. Au fond de la pièce se trouvait un petit bureau en bois de cerisier, venu tout droit d'une boutique au japon, dernier lieu de recherche de l'Alucard. Sur le sol se trouvait des tapis fabriqués au Mexique avec des couleurs vives, comme le rouge et le vert, sur lesquels étaient dessiné des crânes brillants. Pour finir, Dastan avait droit à une grande fenêtre donnant vue sur l'entrée du château.
D'un coup de baguette magique, il fit apparaître de longs rideaux de couleur mauve, qu'il ferma, n'ayant pas envie d'être observé de loin par un curieux. Soupirant lourdement, il se laissa tout bonnement tomber sur son divan, son corps entier réclamant un peu de repos depuis ces deux jours infernaux ! S'enregistrer à l'Administration Magique pour avoir son droit d'enseigner, ensuite aller au Département des Passeports pour valider le sien, puis il avait fallu déclarer Peg, non pas comme un animal de compagnie, mais comme un familier pour que personne ne puisse déclarer à la presse locale qu'un Pégase se trouvait en Angleterre.
Voilà pourquoi Harry n'avait jamais pu supporter son pays natal. Toujours la même chose peu importe l'époque, les Anglais n'étaient que des commères à la recherche du moindre petit ragot à raconter autour d'eux. Tout bonnement le contraire des autres pays qu'il avait visités au cours de son périple temporel.
Faisant apparaître une tasse de thé d'un mouvement du poignet, il se mit à souffler doucement sur le liquide bouillant tout en faisant le point sur sa situation.
L'entretien avec Dumbledore s'était plutôt bien passée, le vieux sorcier s'était montré moins curieux que dans le passé, aucune question un peu trop personnelle comme quelles étaient ses motivations, ou s'il était un partisan caché de Voldemort.
Non, aucune question de ce genre, à croire que postuler pour le poste d'enseignant d'histoire permettait d'échapper aux observations à la loupe des sorciers trop curieux. Harry devrait un jour se demander pourquoi Poudlard semblait toujours vouloir le surprendre.
La chasse à la pierre philosophale en première année.
Un combat contre un Basilic en deuxième année.
Son parrain s'évadant d'Azkaban pour démasquer le véritable traître chez les Maraudeurs.
Le Tournoi des Trois Sorciers avec lui comme quatrième participant.
Puis...
L'ancien Potter se frotta les paupières, espérant faire passer sa migraine qui revenait souvent ces temps-ci. Etre ici ne faisait que remonter les souvenirs d'une vie maintenant oubliés par le monde entier, sauf lui. Harry Potter lui semblait tellement loin aujourd'hui, à croire qu'il l'avait laissé dans cette petite maison juste à côté de Woolacombe, au Devon. Oui, il se souvenait que trop bien de ce vendredi 14 juillet de 2003, où après une longue soirée à se soûler, il était rentré chez lui et s'était rendu compte que sa montre de poche avait une heure d'avance. Naïf et plein de bonnes attentions, il avait voulu la remettre à l'heure.
La suite ressemblait à un long rêve plein de rires et de visages aujourd'hui gravés dans son esprit à tout jamais. Et le voilà maintenant revenu ici.
Debout en face du feu qui crépitait dans la cheminée, le cendré se demanda comment il devrait gérer cette guerre. La première lui avait déjà appris qu'aller confronter sa Némésis directement ne ferait rien d'autre que l'envoyer au casse-pipe sans garantie d'emporter Tom avec lui. Non, il n'était plus un adolescent ivre de rage, tous ces siècles d'apprentissage devaient servir à vaincre cette menace qui planait dehors, et ce, pour de bon.
Soupirant lourdement, l'Alucard se mit maintenant à ordonner les choses qui, selon lui, étaient primordiales avant de s'attaquer directement à Tom.
Saper son autorité auprès de ses Mangemorts.
Pousser la jeune génération dans la bonne direction.
Et bien sûr, trouver et détruire les Horcruxes sans que l'ami Tom ne s'en rende compte.
Tellement de choses à faire...
-... Et tant de temps à ne pas perdre, Murmura-t-il avec un sourire.
Demain, tout commencerait. Le temps était venu de marcher vers la future guerre, et d'en sortir vainqueur.
Peu importe le prix à payer.
