Voilà le chapitre n°1 de Comment j'ai rencontré votre père. En espérant qu'il vous plaise.

Disclaimer : Tous les personnages présents dans ce chapitre appartiennent à Masashi Kishimoto.

Raiting : T, n'oubliez pas qu'elle raconte cette histoire à ses enfants, il ne faut pas non plus qu'elle les traumatise. XD


« Cela remonte à 2005. J'avais fais mon entrée à l'université de Konoha pour faire des études dans les beaux arts. J'avais suffisamment économisé durant mes années de lycée, j'avais trouvé un petit emploi à temps partiel mais aussi grâce à l'héritage que mes parents m'avaient laissé pour mes dix huit ans j'avais assez d'argent pour me louer un appartement. Je ne voulais plus vivre au crochet de votre grand-père Iruka qui lui, voulait voyager dans le monde. C'était son rêve de voyager et d'enseigner à l'étranger. Il avait fait beaucoup pour moi en m'adoptant et en s'occupant de moi pendant cinq ans. C'était en colocation avec votre oncle Kiba qui lui faisait des études en médecine qu'on avait décidé de louer un petit appartement de deux pièces qui se situait à quelques minutes de l'université et du centre-ville. Malgré la quantité de devoir et de travail demandé à l'université, j'étais habituée à cette nouvelle routine et nouvelle vie universitaire, à vrai dire j'adorais cette vie. Ce jour là votre oncle avait enfin prit son courage à deux et avait parlé pour la première fois à votre tante. »

25 septembre 2005

J'avais enfin terminé mon exposé sur la culture des égyptiens, basé sur les hiéroglyphes que je devais rendre pour demain matin. Ce devoir m'avait coûté mon samedi après-midi, ma soirée, ma nuit de sommeil et mon dimanche. Je bus une gorgée de ma dix-neuvième tasse de café, je pense, j'avais arrêté de compter à partir de ma onzième tasse. Cela m'apprendra à vouloir faire mes devoirs en retard, surtout que j'avais eu un délai de quatre semaines pour le faire. Mais je n'arrivais pas à faire les choses en avance, il me fallait cette adrénaline, que je sois stressée pour que je réussisse et que je reste concentrée. Je jetai un coup d'œil à l'horloge et vis qu'il était vingt et une heure trente deux lorsque j'avais terminé mon exposé. J'enregistrai mon travail dans mon ordinateur puis l'éteignis. Je fermai le capot puis criai de satisfaction et m'étirai les bras. J'entendis la porte d'entrée s'ouvrir et aperçut Kiba. Il s'assit en face de moi, posant des bières et notre dîner qui venait du Macdonald d'à côté. Je le regardai en haussant un sourcil, le trouvant étrangement silencieux. Il soupira de bien être avant de me regarder.

« Je suis tombé amoureux. » S'écria Kiba, rêveur.

« De qui encore ? » Demandai-je sarcastique, connaissant ce dernier.

Il « tombait amoureux » de chaque belle fille qu'il croisait. Il fronça les sourcils en entendant ma question et le ton que j'avais employé.

« C'est différent. Elle est différente.

- Et elle s'appelle comment ?

- Hinata. » Répondit-il avant de faire un sourire béat.

Au moins il connaissait son prénom. Je ne voulais pas qu'il soit déçu, encore une fois. J'étais à la fois heureuse pour lui mais restai toujours sceptique.

« Je lui ai parlé tout à l'heure pendant ma pause au boulot. Tu te rappelles de la jolie fille que je croisais souvent au café ?

- Celle que tu appelais Gingerbread Latte ?

- Oui c'est elle ! Je lui ai servi sa commande habituelle, un Gingerbread Latte avec des pancakes et j'avais remarqué qu'elle était particulièrement stressée alors je suis allé lui parler. »

Kiba servait les clients. Il y avait beaucoup de monde le dimanche, surtout en cet après-midi d'automne. La queue allait jusqu'à dehors. Il devait servir un dernier client et il pourrait aller prendre sa pause. Le client qu'il devait servir n'était autre que la jolie fille qu'il surnommait Gingerbread Latte. Elle était assise en terrasse à sa table habituelle qui était un peu éloignée des autres. Elle se passa une main dans ses longs cheveux ébènes qui avait des reflets bleu grâce aux rayons du soleil. Elle tapota sur le clavier de son ordinateur. Kiba la trouva juste magnifique. Il ravala sa salive, s'il devait lui parler c'était le moment ou jamais. Il prit un plateau et mit la commande avant de traverser en grande enjambée le restaurant. Il arriva sur la terrasse et la servit. Elle leva son regard clair vers lui puis lui adressa un sourire timide.

« Merci beaucoup.

- De rien. Je vous vois souvent venir ici et je me demandais comment vous appelez-vous ? » Demanda-t-il un peu gêné, se grattant l'arrière de la tête.

« Je m'appelle Hinata. Et vous vous êtes Kiba ?

- Oui. Comment le savez-vous ?

- Votre prénom est écrit sur votre badge.

- Ah ah ah c'est vrai. » Avoua-t-il en riant de gêne, se trouvant bête à ce moment là.

« Je ne vais pas vous déranger plus longtemps..

- Vous ne me dérangez pas au contraire. À quelle heure est votre pause ? Si ce n'est pas trop indiscret..

- Non du tout, elle commence maintenant à vrai dire.

- Cela ne vous dérange pas de la passer en ma compagnie ? » Demanda-t-elle en jouant avec ses doigts, rougissant un peu.

« Cela me ferait plaisir. » Lui répondit-il en lui adressant un sourire étincelant.

Il s'assit en face d'elle et leur première discussion débuta.

« On a discuté. Elle est dans la même université que nous sauf qu'elle est en droit. Je me demande même comment j'ai fait pour ne pas l'avoir croisé..

- Le bâtiment D* se situe à l'opposé de ton bâtiment..

- Ouais mais quand même !

- Tu ne l'aurais jamais croisé. Heureusement que tu travailles au Starbuck.. Comment est-elle ?

- C'est une chouette fille ! Sa timidité la rend adoraaaaable ! Mais surtout, elle est belle aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. »

Je ris à sa phrase, j'aimais bien le voir ainsi, tout simplement heureux. Je pris le sac de Macdonald et jeta un coup d'œil dedans, espérant qu'il ne se soit pas trompé dans ma commande encore une fois. Je le dévisageai en fronçant les sourcils.

« Un royal cheese avec deux hamburger ?

- Ouais.

- Avec des frites moyennes ?

- Ouais.

- Et une grande boisson d'ice tea ?

- Ouais, je t'ai même pris un McFleurry au nappage caramel avec des M&Ms et.. » S'interrompit-il en fouillant un deuxième sac, faisant durer le suspense.

« Et un Latte noisette caramel !

- Oh merci ! Tomber amoureux ne te fais pas perdre la mémoire à ce que je vois.

- Pas faux. » Ria-t-il légèrement.

« Tu as passé ton week-end enfermé ici et coupé du monde. Gaara est même passé à mon travail aujourd'hui.. J'ai cru qu'il allait me tuer ! Téléphone-lui après s'il te plaît.. Pour ma vie. » Avoua-t-il en dégoulinant.

Je me tapai automatiquement le front. J'avais oublié que je devais passer chez Gaara car sa petite sœur Temari* était de passage en ville. Elle vivait à New York avec sa mère et venait de temps à autre au Japon. Cette petite blonde de quatorze ans voulait à tout prix me voir, et moi aussi.

« Je passerai chez lui après le dîner. »

Je mangeai mon repas comme si c'était la première fois de ma vie que je mangeais. Je ne vivais que pour la nourriture. Après tout je n'avais pas mangé depuis hier. J'étais trop absorbée par mon devoir pour faire une pause. Mon repas finit j'allai dans ma chambre qui était sans dessus dessous puis préparai mon sac. Je savais que j'allais dormir chez lui. Je pris des vêtements au hasard avec des sous-vêtements de rechange que je rangeai dans mon sac. Je pris mes livres pour demain avant de ranger mon ordinateur portable dedans et le cadeau de Temari que j'avais acheté deux mois plus tôt. Je me changeai et mis un jean slim noir avec un pull gris. J'avais oublié un pyjama chez Gaara et j'avais une brosse à dent à moi là-bas. Je sortis de ma chambre et allai à l'entrée pour mettre mes doc martens noirs et mon manteau orange. Je mis mes clés dans ma poche avant de hurler :

« C'est à mon tour de ramener le dîner demain soir n'oublie pas ! J'te dis à demain !

- Ok à demain. »

Je sortis rapidement puis je marchai jusqu'à l'arrêt de bus qui se situait juste au trottoir d'en face de l'université. En attendant le bus j'appelai Gaara. Il répondit à la troisième tonalité.

« Allô?

- Ouais c'est moi. Je suis désolée de ne pas être venue j'avais-

- Je sais, Kiba m'a expliqué. Tu as encore oublié de faire tes devoirs.. »

Je pouvais facilement deviner qu'il avait roulé des yeux en disant cette phrase. Je ris nerveusement en me grattant l'arrière de la tête.

« J'arrive chez toi dans vingt minutes !

- Ok.

- À toute- »

Il m'avait raccroché au nez. Il m'en voulait, c'était sûr. J'allais devoir passer au tabac pour lui acheter son paquet de cigarette préféré, qui était également le plus cher puisqu'il ne fumait que ça. Je pris le bus, passant au tabac, pour aller vers le nord de la ville. J'avais marché jusqu'à ce que j'arrive devant des grands immeubles qui faisaient plus de trente étages. Seuls les riches pouvaient se permettre de louer, non d'acheter un appartement dans ces immeubles, surtout qu'ils étaient bien situés. Un jour j'aimerais vivre dans l'un de ces appartements, j'allais devoir travailler dur pour cela*. J'arrivai devant l'immeuble de Gaara. J'entrai dedans et vis le concierge devant son bureau en train de tapoter sur son ordinateur. Il leva sa tête et dédaigna de me regarder, à croire que j'étais de trop et que je n'avais rien à faire là.

« Bonsoir.

- Bonsoir mademoiselle Uzumaki. Mr. No Sabaku m'a averti de votre visite.. Vous pouvez passer. » Lâcha-t-il avant de remporter son attention sur son ordinateur.

Je pris l'ascenseur qui monta jusqu'au dernier étage de l'immeuble. Il n'y avait qu'une seule porte. Plus vous vivez haut, plus vous êtes riches, pas plus compliqué que ça. À chaque étage il n'y avait qu'un seul appartement. Je toquai à la porte et elle s'ouvrit sur Temari. Un grand sourire s'afficha sur son visage enfantin et elle me sauta dans les bras.

« Naruko ! Je suis trop contente de te voir !

- Moi aussi Tema' ! Je suis désolée de ne pas être venue hier. Pour me faire pardonner je t'ai ramené un petit cadeau. »

Elle se décolla de moi et pencha légèrement sa tête vers la gauche, voulant savoir ce que c'était. En la regardant, une phrase qu'elle m'avait dit un jour il y a quelques années me revint en tête : Tu sais j'ai beau avoir tout ce que je veux, mais rien de tout ces cadeaux m'ait donné par amour c'est pour cela que je suis tellement contente lorsque tu m'offres un cadeau parce que c'est donné par amour. Je fouillai dans mon sac et en ressorti une petite boîte à musique. Je lui donnai et je pouvais voir à son sourire qu'elle aimait déjà son cadeau. J'avais acheté ce cadeau il y a deux mois de cela, j'attendais l'occasion pour lui offrir.

« En écoutant la musique, j'ai immédiatement pensé à toi. J'espère qu'elle te plaira ! »

Elle hocha la tête de haut en bas et se recula de la porte pour me laisser passer. La tête de Gaara dépassai du fauteuil. Je marchai sur la pointe des pieds et mis mes mains devant ses yeux.

« Devine qui c'est.. » Demandai-je en prenant une voix grave.

« Je ne sais pas.. Une pieuvre* blonde qui a oublié de passer hier. Ce qui fait que j'ai dû supporter une autre pieuvre blonde plus jeune toute la soirée !

- ! » M'écriai-je en même temps que Temari qui l'avait entendu en entrant dans la pièce. Je m'assis à côté de mon meilleur ami.

« Je suis vraiment désolée. Tu me pardonnes ?

- Non.

- Vraiment ?

- Oui.

- T'es vraiment têtu tu le sais ça ?

- Je le sais.

- Et on sait tout les deux que dans ton paquet de cigarette il ne reste plus que six cigarettes.. » Commençai-je en faisant un rictus malicieux.

Il fumait trois cigarettes par jour, donc il était facile de savoir combien de cigarette il lui restait. Je fouillai dans mon sac et ressortit un paquet de cigarette, mon sourire malicieux s'agrandit.

« Et que ça ne tiendra jamais jusqu'à mercredi... »

Le regard de Gaara scruta le paquet de cigarette que je tenais à la main.

« Tu me pardonnes ?

- Oui. » Dit-il à petite voix avant de me jeter dessus et de prendre le paquet de cigarette.

Gaara ne résistait jamais à un paquet de cigarette, comme moi je ne résistai jamais à un bol de ramen. On connaissait chacun les faiblesses de l'autre. Je me rappelle un jour à nos quinze ans je lui avais pris tout ces paquets de cigarettes pour qu'il arrête de fumer. Depuis, je n'avais plus jamais osé refaire cela tellement sa réaction avait été violente. Il fumait moins qu'avant, certes, mais je voulais qu'il arrête complètement de fumer. Après tout, c'était mon meilleur ami depuis mes neuf ans et je ne voulais pas le perdre. Je me rappelle encore de la première fois que je l'avais rencontré.

Je rentrai de l'école et la nuit était déjà tombée. Si je n'arrivais pas à l'orphelinat avant eux, ils allaient une fois de plus jeter toutes mes affaires dehors. Il avait plû un peu plus tôt dans la journée et il allait pleuvoir cette nuit. Je courrai à toute vitesse. Je décidai de passer par le parc en allant sur le grand pont. Je m'approchai du pont pour le traverser et j'aperçus une silhouette debout sur la rambarde du pont qui était mal éclairé. Je m'arrêtai de courir et m'approchai de lui à petit pas. Il était de dos à moi mais je devinais que c'était un garçon de mon âge.

« Descends de là c'est dangereux tu sais ! » M'écriai-je avant de mettre mes deux mains devant ma bouche.

Il se retourna lentement vers moi. Il avait les yeux fermés, je pouvais clairement voir qu'il n'avait pas peur, au contraire il était serein. Il ouvra les yeux et me dévisagea, en colère. Je m'approchai lentement de lui, en ne faisant aucun de geste brusque.

« Descends de là bon sang.. »

Il continua à me dévisager avant de tourner sa tête vers le vide. Je ne me sentais pas bien à ce moment là, j'avais un peu le vertige et le voir comme ça me donnai envie de vomir. Il sauta du rebord et atterrit en face de moi, silencieux. Je soupirai de soulagement avant de lui crier dessus. Mes émotions prirent le dessus sur tout le reste, les larmes commencèrent à couler.

« Mais ça va pas ou quoi ?! Mais pourquoi as-tu cherché à sauter ? Tu risquais de te blesser et encore pire, mourir ! »

Plus je lui criais dessus plus il me souriait. J'avais l'impression qu'il se moquait de moi.

« Mais pourquoi tu souris bon sang ?!

- À cause de toi.

- De moi ? Tu te fiches de moi ? » Lui demandai-je en serrant les points.

Il m'énervait de plus en plus. Il allait sauter du vide il y avait quelques secondes de cela et je le faisais sourire.

« Non pourquoi ?

- Tu me demandes sérieusement pourquoi ?!

- Tu m'as demandé si je me moquais de toi et ce n'est pas le cas, donc je te demande ce qui te fais penser cela ? »

Et là je compris qu'il ne se moquait pas de moi, qu'il me le demandait sérieusement. J'en perdais mes mots et je tombais des nus tellement que je n'en revenais pas.

« Je n'allais pas sauter. » M'avoua-t-il en jetant un coup d'œil au vide.

« Mais tu-

- Est-ce-que tu as eu peur ?

- Hein ?

- As-tu eu peur ? » Me demanda-t-il encore une fois, me regardant avec ses yeux bleus virant au gris.

Bizarrement je n'étais plus en colère. Son regard me mettait mal à l'aise.

« Oui » Avouai-je en murmurant, baissant la tête.

« Je pense que tu es la seule qui aurait eu peur que je saute.

- C'est faux ! Je suis sûr que tes parents se seraient inquiétés et-

- Ma mère est morte à ma naissance et mon père n'en a rien à faire. Je suis sûr qu'il n'a même pas remarqué mon absence. » Me répondit-il sèchement.

Son regard s'était obscurci, envahi par la colère et la tristesse.

« Mais il y aura toujours quelqu'un qui pleura pour toi ! Toujours.. » M'écriai-je, me convainquant moi-même, me demandant si je mourrais, est-ce-que quelqu'un pleurait ?

Puis je pensai à Iruka-senseï. Lui il pleurait pour moi. Sans le vouloir, je commençai à pleurer. Moi j'allais pleurer pour lui s'il avait sauté, j'avais vraiment eu peur pour lui. Il me regarda, étonné, avant de me prendre dans ses bras. C'était à mon tour d'être étonnée. Je reniflai, essayant de me calmer. Il essayait de me consoler.

« Merci. » Me chuchota-t-il à l'oreille avant de s'écarter de moi et de s'en aller.

« Mais.. Où vas-tu ?

- Je rentre chez moi. » M'avoua-t-il avant de reprendre la route.

Je clignai plusieurs fois des yeux, ahurie. C'était la rencontre la plus bizarre que j'avais fais de ma vie. Le lendemain je passai par le parc pour rentrer de l'école et je l'ai vu, il m'attendait sur le pont. Presque tous les jours on s'attendait sur ce pont rouge. C'était de là que notre amitié commença.

Je passai le reste de ma soirée à regarder des films en leurs compagnies. Temari taquinait Gaara qui lui en avait plus que marre. Gaara avait beau dire qu'il n'aimait pas voir sa demi-sœur, je savais qu'il l'aimait et qu'il ferait n'importe quoi pour elle.


26 septembre 2005

Le lendemain matin je fus réveillée par des bruits de pas. Je baillai et m'étira les bras. Je me redressai légèrement puis regardai les alentours et je m'étais endormis sur le canapé avec Temari qui avait reposé sa tête sur mes cuisses. J'essayai de me dégager de son emprise sans la réveiller, ce que je réussis avec brio. Je regardai l'horloge et il était sept heure quarante sept. Je pâlis légèrement, mon cours commençait à huit heure trente tapante. J'accourus jusqu'à la salle de bain, prenant mon sac qui était au pied du canapé au passage et m'y enfermai. Je fouillai dans le troisième tiroir d'une des grandes commodes de la salle de bain en marbre noir de Gaara et trouvai ma brosse à dents, mon peigne, mon gel douche, mon fer à lisser et une trousse de maquillage.

« Je viens un peu trop souvent ici. » Remarquai-je, voyant toutes mes affaires.

Je sortis tout ça de la commode et allai prendre une douche rapide avant d'enfiler mes vêtements choisi la veille. Je lissai mes cheveux rapidement et les laissa détacher. Je me brossa les dents et rangea tout ce que j'avais sorti dans le tiroir que j'avais ouvert quelques minutes auparavant. Je sortit de la salle de bain en direction du salon et aperçut Gaara dans la cuisine, buvant un café, me regardant l'air amusé.

« Tiens il y a du café et je viens d'acheter des viennoiseries.

- Oh merci tu me sauves la vie !

- C'est mon rôle après tout. » Répondit-il en haussant les épaules avant de reprendre une autre gorgée de son café.

« Il est huit heure, je t'ai appelé un taxi, il sera là dans cinq minutes. »

Si je n'avais pas été en retard, je l'aurai serré dans mes bras, mais tellement fort qu'il m'aurait donné une gifle à la fin comme il le fait à chaque fois. Gaara le comprit et hocha la tête de haut en bas avant de se reculer. J'embrassai chastement le front de Temari qui était toujours endormie puis enfilai mon manteau et mes chaussures avant de quitter l'appartement en courant. J'aperçus le taxi en face de l'immeuble et montai dedans. J'arrivai devant l'imposante université et courut jusqu'à mon casier. Je déposai mon sac et ne pris que mon ordinateur portable et qu'un livre avec moi. J'allai jusqu'à l'amphithéâtre où il n'y avait pas plus de dix élèves présents. Je regardai l'heure de mon portable : il n'était que huit heure vingt six. Je m'installa au fond de la salle à côté de la fenêtre.

« Salut Naruko ! » s'écria quelqu'un derrière moi.

Je me retournai et regardai avec stupeur Karui. Elle s'installa à côté de moi. Je me levai aussitôt pas la serrer dans mes bras.

« Ouah Karui tu m'as fait peur !

- Tu devrais te réhabituer maintenant. » S'exclama-t-elle en s'asseyant à côté de moi.

J'avais rencontré Karui à l'orphelinat à mes huit ans. Elle y était restée que un an, peut être moins, avant que son grand frère ne vienne la chercher. J'étais devenue inconsolable après son départ mais on s'envoyait des lettres régulièrement et avec les nouvelles technologies, on communiquait plus facilement. Je la pris dans mes bras, j'étais vraiment contente de la voir. Elle avait été ma première vraie amie. On parla de tout et de rien. Elle était partie vivre en Jamaïque, son pays d'origine, après son départ de l'orphelinat. La dernière fois que je l'avais vu c'était il y a deux ans, elle venait me rendre visite au Japon de temps à autre. Elle était arrivée au Japon il y a deux semaines, me voulant me faire la surprise. Elle était venue en compagnie de ses deux grands frères, A et Killer Bee. Elle était également venue avec son cousin, Omoï qui était également à l'université. Lui était en médecine, comme Kiba. On avait que trois cours en commun puisque elle étudiait l'histoire des arts et moi les arts appliqués. On parla de tout et de rien jusqu'à la sonnerie qui annonçait le commencement des cours.

[…]

La pause déjeuner arriva très rapidement à mon plus grand bonheur. Je devais rejoindre mes amis dans mon restaurant préféré qui se situait à dix minutes de l'université. Je proposai à Karui de venir avec son cousin si elle en avait envie, n'ayant pas eu l'occasion de la présenter à mes amis. Elle accepta mon offre. On attendit son cousin devant les grilles de l'université jusqu'à qu'elle me donne un coup de coude et me montra du doigt une personne.

« C'est lui. »

Je suivis son doigt du regard et vit un garçon à la peau mâte avec des cheveux blanc, sucette à la bouche. Il marcha d'un air décontracté, ce n'était pas comme si on l'attendait depuis plus de trente minutes. Je cachai légèrement mon agacement.

« Yo.

- Tu es en retard ! » S'écria Karui avant de lui donner un coup de coude dans le ventre. Il se cambra un peu de douleur avant de me dévisager.

« Sinon Naruko je te présente mon cousin Omoï et Omoï je te présente Naruko.

- Je suis ravie de rencontrer.

- Moi de même. J'ai beaucoup entendu parlé de toi ! » Me déclara-t-il avec un rictus malicieux.

« En bien j'espère. » Répondis-je en lui rendant son sourire malicieux.

On marcha jusqu'au restaurant. Karui et Omoï n'arrêtaient pas de se chamailler comme des enfants. Arrivés devant le petit restaurant, on entra dans celui-ci, Chez Ichiraku. J'aperçus au loin tout mes amis qui avaient déjà commencé à manger. Il y avait Ino, Chôji, Kiba, Lee et Kiba. J'étais amie avec Kiba depuis l'école primaire. Puis j'avais rencontré Ino et Chôji au collège. Lee je l'avais rencontré au lycée par l'intermédiaire de Kiba. D'ailleurs ce dernier se retourna à notre entrée et fusilla du regard Omoï. J'avais oublié qu'ils étaient tout les deux en médecine et qu'ils se connaissaient sans doute, ou du moins de vu.

« Bonjour ! » M'écriai-je dans le restaurant, où il n'y avait que des habitués à cette heure-ci.

« Bonjour Naruko-Chan ! » S'écria à leurs tours Teuchi, propriétaire et chef du restaurant, et Ayame, sa fille.

On prit commande puis on alla à la table où les autres étaient. Je présentai Karui et Omoï aux autres qui eux, étaient ravis. On passa le déjeuner à manger parlant de tout et de rien de manière enthousiasme, tout le monde sauf Kiba, qui semblait être irrité. Il piochait dans son assiette, fusillant de temps à autre du regard Omoï. Je me demandais sérieusement ce qui s'était passé entre eux.

[…]

Le déjeuner terminé, on décida de marcher ensemble en direction de l'université. On reprenait tous à treize heures trente. Durant le chemin, je pris Kiba par le bras et l'attirai derrière, voulant discuter avec lui en tête à tête.

« Eh tu peux me dire pourquoi tu tires la tronche depuis tout à l'heure ?

- Omoï m'énerve.. Son attitude m'énerve..

- Qu'est-ce-qu'il a fait pour t'énerver comme ça ? Je pensais que tu serais le premier à les accueillir puisqu'en primaire tu étais aussi ami avec Karui.

- Je le sais et je suis ravie de la voir.. » M'avoua-t-il en se passant une main dans les cheveux.

« Mais il a ouvertement dragué Hinata.

- Comment ça ?

- Il lui a fait des avances, des allusions sexuelles, même après les refus d'Hinata il a insisté.. Je suis arrivé et il m'a dit « ce n'est pas de ma faute, ta copine veut s'amuser avec moi dans mon lit. » j'ai failli le frapper mais je ne voulais pas effrayer davantage Hinata. »

Je comprenais maintenant la réaction de Kiba, j'aurais eu la même à sa place. Mon regard se tourna automatiquement vers Omoï. Il était en pleine discussion avec Ino. Déjà qu'il était arrivé en retard mais il y avait en plus cette histoire, il faisait mauvaise impression. C'était lasse que je regagnai l'université avec Kiba.

[…]

Mon prochain cours était les art-plastiques. J'aimais tout simplement l'art et les travaux pratiques, j'ignorai quel métier allai-je faire plus tard mais ça serait un métier lié à l'art. J'entrai dans la salle et m'installai sur mon tabouret face à ma toile vide et à côté de la fenêtre. La prof d'arts plastiques, Kurenaï Yûhi, entra en classe puis se racla la gorge pour avoir l'attention des élèves présents dans la salle. Elle prit la parole :

« Comme vous le savez tous, à la fin de chaque semestre une exposition est organisée à l'université. Durant cette journée chaque élève devra présenter un travaux, qu'importe la filière et la spécialité de l'élève. Vous devez présenter quelque chose aux partenaires de l'université. C'est eux qui financent la plupart des matériels de la classe.. Enfin bref, c'est grâce à eux qu'on a tout ça. » Déclara-t-elle en faisant des grands gestes de la main pour nous montrer la pièce avant de reprendre.

« Vous allez devoir me présenter quelque chose : une toile, une sculpture, qu'importe, je vous laisse le champ libre pour le support. Il n'y aura pas de thématique, c'est un travail libre. L'exposition aura lieu dans trois mois, soit le dix décembre, et je veux avoir tout vos travaux pour le quatorze novembre, pas de délai supplémentaire sinon c'est zéro ! Ce sera coefficient en six dans votre moyenne générale donc si vous voulez augmenter votre moyenne c'est le moment ou jamais. Vous allez devoir me présenter votre travaux durant un entretien. »

Une élève leva la main, la professeur lui donna la parole :

« Nous demandez-vous de faire l'analyse de notre propre tableau ?

- C'est exact Kin ! Cet oral durera dix minutes, je vous poserai des questions ensuite. Ce sera également exposé et mit en vente donc représentez les beaux arts et ne faîtes pas n'importe quoi ! Et j'espère ne pas dire non à un travaux pour l'exposition, vous avez intérêt à mettre toute votre énergie dessus. »

Je soupirai en se passant une main dans mes cheveux. J'aimais dessiner et tout ce qui avait un rapport à l'art m'intéressait fortement mais je détestais montrer mes dessins car pour moi chaque tableau que je peignais me représentais et me touchais personnellement. Si une personne n'aimait pas mon tableau, c'était comme si elle ne m'aimait pas moi tout simplement. Surtout que ça serait la première fois que des gens voyaient mes travaux, enfin que j'exposais quelque chose. Mes amis avaient déjà vu certaines de mes dessins mais qu'une partie, et encore ce n'était que des croquis. Et lorsque je stressais, je n'arrivais à rien, cela n'allait pas être simple..


11 novembre 2005

Et mes doutes s'avéraient être vrai malheureusement. Cela faisait presque deux mois qu'on m'avait donné ce travail à faire et je n'avais rien fait, l'inspiration ne venait pas. Le stresse prenait le dessus sur tout. Je m'étais enfermée dans ma chambre, j'avais déplacé mon armoire, mon lit, toute mes affaires dans un coin de la pièce afin d'avoir assez d'espace pour peindre mais aussi pour éviter de les tacher avec de la peinture. Je restais là, assise devant ma toile blanche. J'étais vraiment à bout. Je soufflais fortement. J'entendis la porte s'ouvrir.

« Ça va faire une semaine que tu es restée enfermée dans l'appart !

- J'ai besoin de concentration, je ne sais toujours pas quoi présenter.. Je dois rendre quelque chose dans trois jours putain !

- Ce n'est pas comme ça que tu vas trouver.

- Et comment vais-je trouver hein ?! » M'écriai-je, exaspérée. Puis je soufflai.

« Excuse-moi, je suis à cran..

- Je comprends. Tu devrais aller te balader, aller dans ta station de métro d'artistes incompris là.

- C'est du free drawing ! Les peintres vont là bas pour laisser place à leurs imaginations, je pense que c'est le seul endroit au monde où personne ne peux te juger ! »

« Le free drawing les enfants était un endroit où les artistes inconnus laissaient libres courts à leurs imaginations en faisant des graffs. C'était dans une station abandonnée juste en dessous d'une galerie d'art géré par Sasori Hiru. C'était un artiste qui était doué dans tout les domaines artistique, que ce soit la peinture, la sculpture, la musique et même dans l'artisanat. Enfin bref, revenons à l'histoire. »

« Tu vois ! Va faire un tour là bas. Ce n'est pas en restant devant une toile vide que tu vas trouver. »

Je soupirai en me passant une main dans les cheveux, il n'avait pas tort. Je tournai la tête vers lui puis ensuite vers ma toile blanche. Il quitta ma chambre et referma la porte derrière lui. Je m'habillai rapidement puis prit mon manteau orange et mes martens, prenant mon sac déjà prêt avec tout mes outils de graff à l'intérieur.

[…]

J'arrivai dans la station de métro une heure plus tard. Je terminai un graff que j'avais commencé il y a six mois de cela qui représentait Marilyn Monroe avec l'inscription « L'imperfection est beauté, la folie est génie et il vaut mieux être totalement ridicule que totalement ennuyeux ». J'aimais beaucoup Marilyn Monroe, j'aurais voulu naître des années plus tôt pour avoir la chance de la rencontrer ou juste, de la voir en personne.

« Alors Naruko, cela faisait longtemps qu'on ne t'avais pas vu dans les parages. » S'écria une voix plein d'enthousiasme.

Je me retournais vivement et vit Sasori qui me souriait, en compagnie de Deidara Kawamoto, l'un des peintres les plus en vogue du moment. Il était connu pour faire des peintures explosifs et original. J'étais fan de son travail, j'étais même allée à sa dernière exposition mais je n'ai pas eu l'occasion de lui parler. Je voulais hurler de joie, mais me retins. Je ne voulais pas l'effrayer et qu'il me prenne pour une hystérique.

« Dei, je te présente Naruko et Naruko je te présente Deidara mais ça tu le sais déjà.

- Je suis vraiment ravie de vous rencontrer. Je suis une grande fan de vos travaux et j'ai adoré votre dernière exposition !

- Ah ah merci beaucoup, j'aime beaucoup ton graff !

- Merci mais ce n'est pas grand chose.. » Répondis-je, gênée, en me grattant l'arrière de la tête. C'était vrai, ce n'était pas mon meilleur graff. J'étais presque déçue qu'il le voit.

« Qu'est-ce-qui ne va pas ? » Me demanda Sasori en haussant un sourcil.

« Pourquoi cette question ?

- Car à chaque fois que tu viens ici tu commences un nouveau graff et non « perfectionner » l'un des graff que tu as terminé. »

Je gardais le silence. Il n'avait pas tord.

« Alors ? »

Je soupirai. Il connaissait vraiment mes « sens artistiques » comme il le disait si bien.

« Je dois présenter une œuvre dans trois jours qui sera exposée aux partenaires de mon université dans un mois.. Le problème c'est que je ne sais pas quoi présenter et l'inspiration ne vient pas à cause du stress.

- C'est ta première exposition ? » Me demanda Deidara. Je lui répondis d'un hochement de tête.

« Moi la première fois que j'ai exposé mes travaux j'étais dans le même était d'esprit que toi. C'est normal d'être stressé, cela prouve que tu es investie et que c'est important pour toi. J'ai regardé mes anciens carnets de croquis et je suis tombé sur l'un de mes premiers dessins. Et c'est de là que tout a commencé. »


14 novembre 2005

Le jour de la présentation arriva. J'avais écouté les conseils de Deidara et avait feuilleté mes anciens carnets à dessin et un dessin avait attiré mon attention, mon premier vrai dessin. J'attendais devant la salle, la toile couvert par une grosse pochette était posée sur le sol contre le mur. Je vis Saï Han, l'un de mes camarades de classe, sortir de la salle et refermer la porte derrière lui.

« Alors ?

- Ça s'est bien passé. Bonne chance.

- Merci beaucoup. » Lui répondis-je en lui souriant.

Il me rendit mon sourire et partit. Je regardai ma montre, il était quinze heures, c'était le moment de le rendre et de le présenter. Je toquai à la porte et j'entendis Kurenaï dire entrer. J'exécutai et entrai dans la pièce.

« Bonjour.

- Bonjour Naruko. Tu vas me présenter une toile à ce que je vois. » Remarqua-t-elle en voyant ma pochette.

Je hochai la tête de haut en bas en signe de réponse de confirmation puis accrochai mon tableau. Je me mis de côté et elle le regarda longuement.

« Hm.. Intéressant.

- C'est un tableau qui fait cent vingt centimètres de longueur et soixante centimètres de largeur. Je l'ai séparé en deux parties distingues. Dans la première partie. » Commençai-je en montrant la partie.

« Le centre principal est un enfant, unisexe, peint en noir. Il représente la tristesse, la solitude et le désespoir. Il est de profil dans une ville coloré et animé. Et dans cette seconde partie.. » Continuai-je en allant de l'autre côté du tableau.

« C'est le contraire. Cet enfant est coloré, lui représente la joie, l'espoir, la vie tout simplement. Il est dans une ville dévastée, elle est peint dans les tons sombres, en l'occurrence en gris et en noir. Il est également de profil, faisant face à l'enfant de la première partie.

- Pourquoi les mettre face à face ?

- C'est un effet miroir, c'est comme s'ils se regardaient. D'une certaine façon le spectateur peut se représenter dans l'une de ses deux parties.

- Pourquoi ne pas avoir peint les deux enfants de la même couleur dans chaque partie ?

- Je veux que la première chose que voit le spectateur c'est l'enfant présenté dans les parties. Si l'arrière fond est coloré, le noir ressortira davantage. Et inversement.

- Hn. » Répondis-t-elle en écrivant sur son calepin.

« La ville, qu'est-ce-qu'elle représente ?

- Le quotidien, les personnes autour de l'enfant.

- Je vois.. Merci beaucoup Naruko. Tu peux poser ton tableau là bas, elle sera exposée. » Conclu-t-elle en me pointant du doigt un coin de la pièce où plusieurs tableaux et sculpture y étaient posés.

L'oral avait été plus cours que je ne pensais, et elle ne m'avait pas posé beaucoup de questions. Je recouvris ma toile, masquant ma joie, et posai mon tableau à côté d'autres travaux. J'étais sur le point de quitter la pièce.

« J'ai une dernière question. »

Je me retournai face à elle. Elle avait prit un air sérieux, même trop sérieux.

« D'où est venue l'inspiration pour cette toile ? Parfois, un artiste peint sans savoir pourquoi mais toi.. Tu n'as rien laissé au hasard.

- C'était à la base un croquis que j'avais dessiné au collège. Je l'avais complètement oublié à vrai dire. Je me suis inspirée de ma propre vie et de ce qui m'entourait à ce moment là. D'une certaine façon, je suis l'enfant coloré dans le paysage sombre. Et au moment où j'avais dessiné cette partie, je me suis dis : Si je vis ça, cela veut dire que quelque part dans le monde, quelqu'un vit l'opposé de ce que je vis et ce que j'ai vécu.

- Je vois.. Ça sera tout merci. »

Je lui souris puis quitta la pièce. Je sortis mon portable et remarquai que j'avais dix huit appels manqués de Kiba. Je l'appelai et il répondit à la première tonalité.

« Tu réponds enfin !

- Je te signale que j'étais en plein oral ! Heureusement que je l'ai mit en mode silencieux sinon c'était foutu !

- Désolé.. J'ai besoin de ton aide et de tes conseils..

- Pour ?

- Rejoins moi au centre-ville, en face de la boulangerie ! Maintenant !

- Okaaaaay.. Mais si ça prend trop de temps je-

- Viens seulement. »

Puis il me raccrocha au nez. Je devais aller au travail à dix huit heures. J'étais femme de ménage dans un petit hôtel géré par un écrivain, Jiraya Otsuka, qui écrivait des livres pas net. Il était tolérant mais il ne fallait pas en profiter. Déjà que ça faisait une semaine que je n'étais pas partie travailler, c'était un miracle que je ne me sois pas faite virée.

[…]

J'arrivais devant la boulangerie quelques minutes plus tard, faisant au plus vite. J'attendis Kiba devant celle-ci. Cela faisait plus de quinze minutes que je l'attendais, m'impatientant et tapant du pied, j'espérais que c'était vraiment important. Je sentis quelqu'un me tirer par le bras, m'attirant dans une ruelle qui se trouvait derrière la boulangerie.

« Hé ! Ça ne va pas la tête ou quoi ?!

- Chuuuuuuuuuuuuuuut ! » M'incita-t-il à chuchoter avec insistance, mettant son doigt devant sa bouche.

« J'ai besoin de ton aide !

- Bien sûr tant que cela ne prends pas trop de temps, je te signale que dans deux deux heures je dois reprendre le travail et je dois repasser à l'appart !

- C'est à propos d'Hinata..

- Qu'est-ce-qu'il y a ?

- Elle est avec un autre homme..

- Hein ?

- Regarde ! » Dit-il en me pointant du doigt le restaurant qui se trouvait sur le trottoir d'en face.

Je plissai mes yeux et vit une jeune femme, de notre âge, c'était vrai qu'elle était belle. En compagnie d'un homme, qui avait la même couleur de yeux qu'elle, ses cheveux châtains étaient longs. Il était tout à fait mon genre.

« Il est pas mal en tout cas... Tu joues les voyeurs maintenant ?

- Hé ! » S'écria-t-il en me donnant un léger coup de coude au bras.

« Je suis plus beau et attirant que lui ! Et puis je les ai croisé par hasard.

- Bien sûr mais en attendant, il a un rencard avec ta chère et tendre. » Rétorquai-je en pouffant avant de reprendre mon sérieux en voyant Kiba, qui commençait à démoraliser.

Ils sortirent du restaurant et Kiba sortit de la ruelle pour les suivre. Je le suivis au talon. On aperçut le jeune homme passé son bras sous le bras de Hinata. Kiba accourut vers eux, furieux. Il traversa la route, faisant klaxonner plusieurs voitures. Il n'avait pas peur de mourir celui là. Je courus après lui. Hinata l'aperçut, étonnée.

« Kiba ? »

Il donna un coup de poing à l'homme qui était avec Hinata. Son coup de poing était tellement magistral que j'en fus très ahurie. J'ouvris grand la bouche, si elle pouvait tomber au sol elle le serait actuellement. Je ne savais pas qu'il avait autant de force en lui. L'homme valsa au sol.

« C'est-c'est mon cousin Kiba.. » Murmura Hinata, elle aussi, abasourdie.

Kiba décoléra lorsqu'il entendit sa phrase. Il tourna la tête en sa direction et elle avait accourut vers son cousin, qui saignait du nez. Il ne l'avait pas raté, je sifflai presque d'admiration. Le visage de Kiba devint rouge pivoine, honteux.

« Je-je suis désolé. » S'écria-il simplement, mort de honte, avant de courir. Je m'excusai à mon tour et essayai de rattraper Kiba. J'allais une fois de plus rater une journée de travail..


9 décembre 2005

L'exposition était demain, à vingt et une heure pour être précise. J'avais invité tous mes amis à l'exposition. Plus les heures approchaient, plus j'angoissais. Et si mon tableau était accroché dans un coin, loin de la vue de tous ? L'emplacement d'un tableau dans une exposition était très important. Et si mon tableau allait faire un flop, tout simplement ? Rien qu'en pensant à ça je faisais des crises d'angoisses. Et autre chose me stressais, ce stresse là était causé par Kiba. Depuis que Kiba avait frappé le cousin de Hinata, il n'osait ni aller au travail, ni aller à l'université, par peur de la croiser. Il était dix heure seize, je devais aller à l'université à onze heure. J'étais passée au Starbuck pour acheter des pancakes, des muffins, des viennoiseries, la totale, avec trois chocolats frappuccino, sa boisson préféré. Il n'y avait rien de mieux que cela pour se consoler. Je toquai à la porte de sa chambre.

« Chui pas làaaaa ! » S'écria-t-il.

Je pouvais sentir à l'entende de sa voix qu'il était au fond du gouffre.

« Si tu n'es pas là alors pourquoi réponds-tu ? » J'ouvris la porte, la chambre était plongé dans le noir. La lumière du couloir éclairait peu la chambre.

« Heureusement que tu ne m'as pas écouté. »

Il resta silencieux.

« Tu n'as toujours pas réparé le verrou de ta porte. » Lui fis-je remarquer.

J'entrai dans la pièce et m'assis au bord du lit. Il avait la tête plongé dans son coussin, il n'avait même pas bougé. Seul la lumière du couloir éclairait la pièce. Cela faisait plus de dix minutes qu'on était ainsi, immobile et silencieux.

« Dis moi ce qui se passe, j'ai besoin de mon ami. Celui qui me fais rire, qui est maladroit, qui a toujours la pêche...

- Il est en vacances..

- Et quand va-t-il revenir ?

- À voir.. »

Je soupirai, je devais rester optimiste même si ce n'était pas gagné.

« C'est un bon point tu m'as répondu ! »

Il resta de nouveau silencieux, je soupirai de plus belle.

« Qu'est-ce-qui ne vas pas ? Je peux peut-être t'aider..

- Remonte le temps et empêche-moi d'avoir donné un coup de poing à son cousin.

- J'avoue que le coup était mémorable, un bon crochet du droit ! Je devrais te prendre comme garde du corps.

- Ce n'est pas drôle !

- Désolée.. Je ne peux pas remonter le temps, sinon j'aurais changé tellement de choses.. » Répondis-je en pensant à mes parents décédés à mes sept ans et à l'orphelinat.

« Mais tout ce que je peux te dire c'est de te bouger, affronter tout ça et aller de l'avant.

- J'ai trop honte.

- La honte n'est qu'éphémère ! Soit on l'affronte soit on la fui.

- La fuite.

- Les plus courageux l'affrontent. Et tu n'es pas un fuyard ! »

Je marquai une pause puis reprit.

« Tu sais que j'ai raison sinon tu m'aurais répondu avec un humour qui laisse à désirer. Tu fais mieux d'habitude.

- C'est à cause de la tristesse.

- La tristesse ne te va point mon ami. Je vais te raconter l'histoire d'une fille de seize ans. Elle était tombée amoureuse du capitaine de tennis de son lycée. Un jour à la saint Valentin, elle prit son courage à deux mains et elle lui avait cuisiné un gâteau, elle avait passé toute la nuit à le faire et était satisfaite du résultat. Je-Elle lui a donné le gâteau le lendemain, il était content et flatté et elle l'était également. Il lui avait répondu qu'il avait besoin d'y réfléchir. Il n'est pas venu en cours pendant une semaine. Il avait attrapé une intoxication alimentaire..

- Une intoxication alimentaire ? » Répéta-t-il, étonné, se tournant vers moi.

« Hn. Ils n'avaient plus osé se parler après cela et elle avait tellement honte qu'elle s'était enfermée chez elle pendant presque une semaine..

- La pauvre.. Moi j'aurais changé de lycée à sa place !

- Ne pousse pas trop le bouchon non plus ! » Répondis-je, irritée et piquée par sa remarque.

« Tout ça pour te faire comprendre que cela arrive à tout le monde d'avoir des moments gênants en amour. Mêmes aux meilleurs. Mais il faut les affronter ! » M'exclamai-je en me levant, tirant les rideaux.

Il grogna à cause de la lumière du jour.

« Allez lève-toi, je t'ai acheté pleins de bouffe, tu vas adorer. Tu dois reprendre des forces, ensuite tu vas déclarer ta flamme à celle que tu aimes avant que quelqu'un d'autre le fasse, comme Omoï par exemple ! »

Il me regarda longuement avant de me sourire. Je lui souris également. Il se leva, puis prit des vêtements dans son armoire.

« Merci Naruko !

- C'est normal. » Répondis-je, suivi d'un clin d'œil.

« Bon.. » Commençai-je en regardant ma montre, il était dix heure trente neuf.

« Il faut que j'aille à l'université parler à Kurenaï-senseï de l'exposition.

- Tu n'es pas trop stressée pour demain ?

- Tu rigoles, j'angoisse !

- T'abuse ! Je suis persuadé que quelqu'un l'achètera !

- J'aimerais tellement avoir ton optimiste, merci de ton soutien ! Et je dois aller déjeuner avec Temari. » Déclarai-je en sortant de la chambre, suivit par Kiba. J'allai à l'entrée et mis mes doc martens.

« Ce soir tu-

- Je ramènerai à manger. Ce soir c'est italien.

- Merci tu me sauves ! »

Il fit le signe de la victoire. Le visage de Lee se superposa sur celui du brun. Je secouais la tête, je restais trop souvent avec Lee ces derniers temps. J'enfilai mon manteau orange et partis de l'appartement.

[…]

J'arrivai devant le restaurant vingt minutes après avoir quitté l'université. J'aperçus Temari devant celui-ci, en train de m'attendre. Elle me fit un signe de la main. J'accourus vers elle puis on fit notre entrée dans le restaurant. On s'installa à la table qui était au fond de la salle à côté de la terrasse pour être au calme. Le serveur arriva vers notre table, un serveur que je reconnus aussitôt avec sa queue de cheval en forme d'ananas.

« Shikamaru ! » M'écriai-je, étonnée, avant de me lever de ma chaise, attirant le regard curieux des clients.

« Oh Naruko ça va ? » Me répondit-il à son tour avant de me faire la bise.

Je l'avais rencontré au collège en même temps que Ino et Chôji. Eux trois ensemble se connaissaient depuis toujours, formant un trio inséparable. Depuis notre entrée à l'université, je n'avais pas eu trop l'occasion de le revoir, il faisait ses études dans une école d'ingénieurs. Je me rassis et on se raconta les nouvelles avant que j'entende quelqu'un se racler la gorge. Je me tournai la tête vers Temari, qui prenait une mine boudeuse avant de dévorer des yeux Shikamaru. Je pouffai.

« Temari je te présente Shikamaru et Shika je te présente Temari, c'est la petite sœur de Gaara.

- Enchanté de faire ta connaissance. » Répondit-elle d'une voix mielleuse, faisant légèrement peur à Shikamaru.

« Moi de même.. »

Il se tourna et aperçut son patron au loin l'observer les bras croisées d'un air mécontent, une cigarette à la bouche.

« Bon écoute, Asuma n'a pas l'air vraiment ravi de me voir faire la causette. Appelle-moi quand tu auras passé ta commande. » Conclu-t-il lasse, avant de soupirer et de partir en direction du comptoir.

Quelques minutes passèrent après qu'il nous ai donné les menus et j'avais enfin choisi ma commande.

« Alors Temari sais-tu ce que tu vas commander ? » Lui demandai-je sans quitter le menu des yeux. Aucune réponse.

« Temari tu m'écoutes ou- »

Je m'interrompis en voyant qu'elle était trop concentrée à regarder quelque chose, ses mains encadraient son visages et ses coudes étaient sur la table. Je suivis son regard des yeux, fronçant les sourcils, et tourna la tête. Je tombai sur Shikamaru, en train de bailler. Puis je tournai la tête vers elle, puis vers Shikamaru, puis vers elle, hallucinant. J'éclatai de rire. Elle dédaigna me regarder, enfin.

« Puis-je savoir pourquoi tu rigoles ?

- C'est toi qui me fais rire.. Temari est amoureuuuuuuse~ »

Elle rougit aussitôt, tournant sa tête. Je continuai à la taquiner ainsi durant le reste du repas.

10 décembre 2005

La soirée d'exposition arriva trop vite à mon goût. L'exposition avait lieu dans la salle de réception de l'université. J'ignorai jusque là qu'il y avait une salle de réception. La salle était bondée de monde. Je visitai et observai les œuvres de mes camarades, ils s'étaient vraiment investis. Et je cherchais mon tableau, je voulais voir la réaction des autres.

« Hey Naruko ! » S'écria quelqu'un derrière moi, m'attrapant par les épaules.

Je sursautai, une main sur le cœur, puis me retournai pour faire face à Ino qui était avec Karui et Choji.

« Je stresses. Je cherche mon tableau.

- Viens il est par là. »

Je les suivis, j'aperçus Gaara qui parlait affaire avec un homme qui avait l'âge d'être mon père. Il m'aperçut à son tour et me fit un rictus. Je lui souris. Je me laissais guider par Ino et elle me montra du doigt mon tableau. Il était plutôt bien situé, cela me faisait tout drôle de le voir, exposé ainsi. C'était vraiment un tableau personnel. Je m'éloignai de lui, voulant observer la réaction des gens. Certains l'ignorèrent, d'autres le regardèrent avec curiosité, d'autres appréciaient mais pas au point de l'acheter. C'était vraiment la consécration d'un peintre que son œuvre soit reconnu et acheté. Un couple passa devant. Ils l'observèrent. Ino me rejoignit à ce moment là.

« Tu es encore là.

- Oui.. Attends je veux entendre ce qu'ils en pensent.. » Chuchotai-je avant de m'approcher un peu.

« Ce tableau, je me demande ce que avait le peintre en tête. C'est assez désordonné je trouve. Ils n'auraient pas dû exposer cette peinture.. »

J'étais abattue. Je n'avais pas entendu la suite que Ino me tira par le bras, entendant également ce qu'avait dit cette femme.

« Tu as besoin d'un verre, allez viens ! »

Elle avait raison, je commençais à avoir un mal de tête. Je bus une coupe de champagne, puis une deuxième. Je préférais rester au buffet, c'était mieux. Je m'apprêtais à boire ma troisième coupe lorsque Kurenaï s'approcha de moi, arborant un grand sourire aux lèvres.

« Ton tableau vient d'être acheté.

- Comment ça, acheté? » Répondis-je, abasourdis, posant mon verre.

« Oui. L'acheteur a payé le double du prix originel.

- Sérieux ?! » M'écriai-je de joie, attirant des regards curieux et dédaigneux.

« Calme-toi, tu n'es pas chez toi ! Oui quelqu'un a acheté ton tableau.

- Savez-vous qui l'a acheté ? J'aimerais remercier cette personne.

- L'achat a été anonyme. »

Une part de déception m'emparai, j'aurais voulu savoir qui l'avait acheté et la remercier en personne. Mais elle se fit remplacer par de la joie et de la reconnaissance. Quelqu'un avait acheté mon tableau, et au prix double. Quelqu'un avait aimé ma toile, au point de la vouloir chez elle. Quelqu'un avait acheté ma toile. Un grand sourire s'afficha sur mon visage. Ma professeur s'éloigna puis Ino me sauta dans les bras :

« Félicitation Naruko !

- Merci beaucoup. »

« La soirée avait été bonne pour tout le monde. J'avais été ravi et très flatté que quelqu'un achète mon tableau, je pensais je n'allais jamais avoir l'occasion de remercier la personne qui avait acheté mon tableau. Mais c'était seulement que quelques années plus tard que j'ai pu le faire, j'ai pu remercier votre père. »

La mère tourna la tête, suivit de ses deux enfants, à gauche. Elle scruta longuement son tableau accroché au mur. Un sourire nostalgique se dessina sur son visage en le voyant.


*Bâtiment de Droit

*Dans cette fiction, Temari est plus jeune que Gaara et n'ont pas la même mère. C'est Kankuro l'aîné.

*Naruko va vivre là-bas bientôt, petit spoil ;)

*Il les appelle les pieuvres parce qu'il les trouvent trop collantes.