Disclaimer : À l'exception de deux personnages, aucun personnage ne m'appartient.

Bonne lecture !


2 février 2011

Je terminai de nettoyer la suite dans laquelle j'avais vécu pendant presque quatre mois. C'était la dernière suite que je devais nettoyer. Je sortis de la pièce, un peu essoufflée. Depuis que j'avais été viré de mon travail, j'avais essayé d'en retrouver un nouveau mais sans succès. C'était après mon licenciement que je me suis rendue compte que j'avais vraiment eu de la chance d'avoir obtenu ce travail en tant que conservatrice de musée, mais je l'avais prit pour acquis. C'était mal-vu d'avoir un renvoi sur son C.V, et vu mon « jeune » âge.. Je soupirai pour la énième fois en même pas l'espace d'une heure. J'avais l'impression d'avoir régressé : Je vivais dans mon appartement d'étudiante et je travaillais dans cet hôtel afin de payer mes fins de mois mais cette fois-ci je travaillais à temps plein. Jiraya avait réussi à me trouver une place malgré qu'ils étaient au complet. Une fois terminé, je rangeais rapidement mes outils de travail puis allai dans les vestiaires pour me changer rapidement. Je sortis de l'hôtel, une brise glaciale me fouettai légèrement le visage. Je levai la tête pour regarder le ciel, le soleil se couchait timidement. J'habitai à vingt minutes de l'hôtel à tout casser, je décidai de marcher. En chemin j'aperçus quelques lycées rentrer chez eux. Parfois j'aimerais retourner à l'époque de mes seize ans, tout était facile et simple. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne me rendis pas compte que j'étais déjà arrivée devant mon immeuble. Je montai rapidement les escaliers puis entrai dans l'appartement. J'enlevai mes chaussures puis allai m'allonger sur le canapé. Je regardai l'heure de ma montre, il était dix huit heure vingt quatre. Je contemplai le plafond, je n'aimais pas vraiment vivre seule, tout était trop calme. Je m'endormis..

[...]

J'entendis mon portable sonné sur la petite table basse. Je sursautai, tombant presque du canapé. Je me massai la tête, espérant que ce coup de fil soit vraiment important car sinon je risquerais d'être de mauvaise humeur. Je pris mon portable et grommelai un peu avant de dire un mot compréhensif.

« Allô ?

- Naruko ?

- Iruka ? » M'écriai-je en entendant sa voix, sursautant presque.

Je me redressai rapidement puis jeta un coup d'œil à ma montre. Il était vingt heure quarante six, je m'étais endormie sans m'en rendre compte. En Espagne il devait être midi, voir treize heures. Je me demandai pourquoi Iruka m'appelait à cette heure-ci.

« Comment ça va ?

- Je- Ça va et toi ?

- Super. Je me demandais ce que tu faisais.

- Rien, j'ai terminé le travail et là je suis chez moi.

- Alors je tombe bien. » Me dit-il avant que j'entends quelqu'un sonner à la porte.

Je fronçai un peu les sourcils, n'attendant aucune visite, puis accourus jusqu'à la porte.

« Attends deux minutes Iruka quelqu'un a sonné à la porte. »

Puis je l'ouvris.

« Surprise ! » S'écria Iruka.

C'était la plus belle surprise que j'avais eu depuis presque un an, je lui sautai dans les bras, les larmes aux yeux. Avant de pleurer à chaude larmes. Il me caressa doucement les cheveux.

« C'est bon je suis là.. »

Je ne savais plus la dernière fois que j'avais pleuré dans ses bras, je pense que c'était lorsqu'il m'avait adopté.

« Joyeux anniversaire Naruko. » Me soufflai-je à moi-même avant de souffler ma bougie.

J'avais volé le dernier muffin au chocolat de la cantine de l'orphelinat et avais trouvé la bougie que j'avais utilisé l'année dernière pour mon onzième anniversaire, c'était Gaara qui me l'avait acheté. Malheureusement il était en Chine et je fêtais mon anniversaire seule, une année de plus. Je m'étais réfugiée dans le grenier de l'orphelinat, à l'abri des regards. Seule la lune qui se reflétait sur la petite fenêtre du haut éclairait la pièce. J'étais la peste noire de l'établissement, je ne savais pas exactement pourquoi. Certains, même les adultes, pensais que j'étais une ratée car mes résultats à l'école n'était pas vraiment excellent, que plus tard j'allais sombrer dans la drogue et dans l'alcool, donc il n'y avait aucun espoir pour moi. D'autres trouvait ça étrange que je fus la seule survivante d'un accident de voiture qui avait coûté la vie à mes parents. Ils disaient je portais la poisse, que j'étais maudite. Une unique larme coula, pensant à mes parents. Cela faisait presque trois ans qu'ils étaient partis, et chaque jour ils me manquaient. À chacun de mes anniversaires ma mère faisait des crêpes et mon père ramenait un fraisier et mon cadeau, qu'il cachait à son travail. Ma mère donnait toujours le reste des crêpes aux voisins. Ces petites choses simples me manquaient. Tout me manquaient. Je mangeai rapidement mon muffin, faisant attention à ne pas me mettre de miettes dessus pour éviter de me faire griller. Puis je sortis discrètement de la pièce, regagnant rapidement ma chambre, refermant la porte de ma chambre le plus discrètement possible.

« T'étais où ? » me demanda ma camarade de chambre, Karin, avant de remettre correctement ses lunettes.

« J'étais aux toilettes ! » Dis-je à la hâte, très mauvaise menteuse.

Les règles de l'orphelinat était très strict. On n'avait plus le droit de circuler dans les couloirs à partir de vingt-et-une heure, et il devait être vingt deux heures. Karin, ma camarade de chambre, prenait un malin plaisir à faire de mon quotidien à l'orphelinat un cauchemar, me balançant à chacun de mes mauvais pas.

« Pendant presque une heure ?

- Oui, tu veux aller vérifier peut-être ? » Lui répondis-je, exaspérée.

Elle avait lancé la rumeur comme quoi je me droguais, ils m'avaient même fait passer un test de dépistage, et à cause de cela j'avais raté l'opportunité de me faire adopté par une famille qui commençait à m'apprécier comme j'étais. J'en étais sûre, elle l'avait fait exprès. Quelqu'un toqua à la porte de notre chambre puis entra. C'était la directrice de l'orphelinat en personne, Yûgao Uzuki, qui entra dans notre chambre.

« Madame, Naruko a quitté sa chambre sans autorisation ! » S'écria Karin en se levant à la hâte de son lit.

« Cela n'a plus d'importance maintenant. » Commença la directrice, en lui répondant froidement.

Je souris faiblement de satisfaction, narguant presque Karin.

« J'ai une bonne nouvelle pour toi Naruko, c'est ta dernière journée ici à l'orphelinat. Une nouvelle famille t'attend à l'accueil et je pense que tu vas l'aimer. »

Je la regardai, choquée et excitée. Je n'y croyais pas, c'était trop beau pour être vrai. La directrice me sourit, chose qu'elle faisait rarement, avant de hocher la tête. Je pris un grand sac et rangeais toutes mes affaires en vrac rapidement, sous l'œil mauvais de Karin. Une fois mon sac prêt, la directrice et moi quittâmes la chambre. Je commençai à appréhender, et si la famille me détestait ? Que ça se passait mal ? Qui était cette famille ? J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne remarquai pas Iruka-senseï m'attendre devant l'entrée.

« Naruko ! » S'écria-t-il, me sortant dans mes pensées.

Je sursautai puis le fixai, les yeux écarquillés. J'accourus vers lui. Il me prit dans mes bras. Je n'avais jamais autant pleuré de joie et de reconnaissance.

Lorsque j'étais enfant, Iruka avait été le seul adulte à avoir cru en moi. C'était grâce à lui que j'étais devenue la femme que j'étais, c'était grâce à lui que je pus apprendre à m'affirmer, à m'accepter telle que j'étais. Je lui devais beaucoup, je ne savais pas ce que je deviendrais sans lui, ni ce que je serais devenue s'il ne m'avait pas adopté. Il m'avait sauvé la vie. C'était lui ma famille. Je me défis de son emprise et le laissai entrer dans mon appartement. Je refermai la porte derrière lui.

« C'est mignon. » Fit-il la remarque en faisait le tour du salon des yeux avant de s'asseoir sur le canapé.

Je partis rapidement dans la cuisine puis mis sur un plateau une bouteille de jus et des cookies. Je regagnai le salon puis déposai le plateau sur la table basse.

« Désolée je n'ai que ça, je ferai des courses demain.

- Et si on sortait manger ? J'ai envie de manger dans le bar à ramen dont tu m'as tant parlé.

- Ah euh.. Ok allons-y ! » Répondis-je, un peu au dépourvu.

[...]

On entra dans le restaurant, Chez Ichiraku. Teuchi, le propriétaire, me vit faire mon entrée au restaurant depuis le comptoir. Je ne savais plus c'était quand la dernière fois j'étais venue manger ici, sûrement lorsque j'étais étudiante. Je me souvins que je passais au moins deux fois par semaine pour manger ici. Cela remontes à tellement loin, l'endroit n'avait pas réellement changé.

« Oh Naruko ! Cela faisait longtemps ! Installez-vous, Ayame prendra votre commande. »

Je hochais la tête de haut en bas, lui souriant. Je ne savais même plus c'était quand la dernière fois que j'avais mangé ici. Je ne savais pas pourquoi j'avais arrêté de venir ici. On s'installa à la table de libre au fond à l'abri des oreilles indiscrètes.

« Qu'est-ce-qui t'amène de beau au Japon ? Et quand est-ce que je pourrais rencontrer Kakashi ?

- Il travaille, il n'a pas pu m'accompagner. » Me révéla-t-il en prenant la carte des menus.

« Je suis venue au Japon pour voir ma blonde préférée. »

Je me grattai l'arrière la tête, un peu nerveuse et contente à la fois. Ça me rappelais que je devais me débarrasser de ce tic. Ayame vint à notre table. La dernière fois que je l'ai vu c'était au réveillon de 2005.

« Oh Naruko, quelle surprise !

- N'est-ce pas ? Comment vas-tu ?

- Super ! Je suis revenue au Japon il y a presque deux mois et toi ? J'ai entendu dire que tu étais fiancée ? Félicitations ! » S'exclama-t-elle, un grand sourire aux lèvres.

J'étais vraiment gênée à ce moment là. Je ne savais pas quoi dire. Je soufflai légèrement.

« Je- On a rompu.. » Lui avouai-je, un peu dans le vague.

« Je-je suis désolée. » S'excusa-t-elle, très gênée. Je secouai la main en lui souriant, ne lui en voulant pas.

« Je vais prendre vos commandes ! » Dit-elle à la hâte, changeant de sujet, avant de prendre nos commandes puis de rebrousser chemin.

« Est-ce que ça va ?

- Euh oui, juste que ça fait bizarre d'en reparler.

- Je vois.. »

Iruko n'insista pas, il comprit que c'était un sujet sensible. Je m'en étais remise, enfin j'essayai de m'en convaincre que c'était le cas. Mais je ne voulais pas en parler, pas maintenant. C'était douloureux et humiliant. Ayame arriva avec nos plats de ramens. Je pris les baguettes et attaquai directement le bol, j'avais vraiment faim.

« Eh bien, je vois que ton amour pour les ramens n'a pas changé ! » Me fit remarquer Iruka, mangeant son bol tranquillement.

« Alors, tu restes ici combien de temps ?

- Je repars après demain. »

Je m'arrêtai dans mon élan. Je restai figée, silencieuse, un peu déçue qu'il ne reste pas un peu plus longtemps. Le reste du repas fut plus léger, on parlait de tout et de rien, en évitant les sujets un peu fâcheux et gênant.


3 février 2011

« Debout ! » Hurla quelqu'un qui tira mes volets et mes rideaux.

Je grommelai quelque chose d'incompréhensible, puis me réfugiai davantage dans mes couvertures. Iruka me tira la couverture.

« Je dois partir dans la soirée, Kakashi m'a appelé et il est malade. Donc je veux profiter de cette dernière journée avec toi ! »

Je rassemblai toutes mes forces pour me lever, j'étais vraiment épuisée mais ce n'était pas tous les jours que je voyais Iruka. Après que j'ai commencé l'université et que j'avais emménagé dans cet appartement avec Kiba, il avait aussi décidé de vivre son rêve : Voyager à travers le monde. Il avait économisé pendant presque vingt ans pour y parvenir. Comme il était enseignant, il enseignait à l'étranger.

[...]

Iruko m'avait incité à l'emmener dans tout les endroits dont je lui ai parlé dans nos conversations. Le starbuck, passant par le parc, puis à Shibuya. On avait dû retourner à l'appartement pour prendre la valise de Iruka avant de repartir de nouveau. Cette fois-ci il voulait que je lui montrai la station où j'y allais pour faire du free-drawing. Je ne savais plus c'était quand la dernière fois que j'y avais mit les pieds. Il fût un temps où je ne pouvais pas passer ne serait-ce deux jours sans y aller. On fit notre entrée dans la station de métro, Iruka derrière moi. Certaines personnes étaient déjà sur place en train de faire des graff. On fit le tour de l'endroit, racontant des anecdotes. La station avait beaucoup changé, elle était plus spacieuse qu'avant. Mais un graff attira mon attention, mon graff. J'y avais dessiné mes initiales. Je me souvins du jour où je l'avais fait. Je le scrutai longuement avant de parler, repensant à ces derniers jours où Iruka était là.

« Tu l'as fait exprès.. »

Iruka ne répondit pas, je pouvais sentir son regard de derrière moi. Il avait fait exprès de me ramener dans tout les endroits que j'aimais, où je me sentais le plus à l'aise. De moi-même, je n'y serai jamais retournée.

« Un jour en repensant à cette histoire tu ne sentiras qu'un petit pincement au cœur. Et tu m'en parleras lorsque tu seras prête. Depuis cette rupture, tu as perdu une part de toi. Je sais que c'est dur, et je suis désolé de ne pas avoir pu être là pour t'aider, mais maintenant je suis là.. »

Il s'approcha puis me tapota l'épaule.

« Tu as subit beaucoup de pertes dans ta vie, beaucoup de déceptions, et tu en connaîtras d'autres malheureusement car la vie est faite ainsi.. »

Il fit une courte pause avant de reprendre.

« Mais chaque déception te rendra plus forte, tu dois te relever comme tu l'as toujours fait.. »

Il me tourna pour que je sois face à lui.

« Avec ton plus beau sourire. »

Il me sourit, puis me pinça légèrement la joue. Je fis une grimace enfantine avant de lui sourire à mon tour, les larmes aux yeux.

« Merci. »

Il me prit dans ses bras avant de m'embrasser le front. En même pas deux jours il m'avait tellement aidé, et m'avait rassuré. Son portable sonna, c'était le taxi qui l'attendait devant la galerie de Sasori. Il soupira, me prenant une dernière fois dans ses bras. Je le sentais légèrement trembler, je savais qu'il allait pleurer en prenant le taxi.

« Je dois y aller Naruko, à bientôt.

- C'est moi qui viendra vous voir cette fois-ci ! »

Il me sourit avant de quitter la station, me laissant seule. Je m'assis face à mon graff, perdue dans mes pensées.

« Je ne savais pas combien de temps j'étais restée devant ce graff, à le contempler. Je l'avais fait à mes vingt ans, je pense, ou peut être dix neuf ans. Mais je me souviens de ce jour là, de mon état d'esprit.. J'étais tellement sûr de moi, je savais où je voulais aller, ce que je voulais faire. Je savais qui j'étais. Cette histoire m'avait presque fait perdre mon identité. C'est à partir de ce moment-là que j'avais décidé de prendre du recul. Cette année j'avais décidé de prendre une année sabbatique pour me ressourcer et me retrouver. Mais cette année avait prit une autre tournure pour certains.. »

26 mai 2011

Tayuya et moi décidâmes de passer à l'improviste chez Ino. Cela faisait presque un mois qu'on ne l'avait pas vu, depuis que Omoï avait décidé de se porter volontaire dans l'humanitaire en tant que médecin. Il était parti pour le Kenya sans mettre personne au courant et on n'avait plus eu de nouvelles de lui, même Karui n'en avait pas. Ino devait sûrement se sentir seule sans son mari, alors on avait prit l'initiative de venir la voir. La porte s'ouvrit sur Ino, portant uniquement un vieux tee-shirt sale, ses yeux étaient rougis.

« Qu'est-ce-qui ne vas pas ?! » M'écriai-je presque, inquiète.

Elle souffla, retenant ses larmes. Puis nous avoua.

« Omoï et moi.. Nous allons divorcer. »

Tayuya et moi écarquillèrent les yeux, abasourdies par la nouvelle. J'étais choquée. Leur couple paraissait tellement solide, ils se complétaient sur certains points. Ino avait eu une éducation très stricte, et le divorce n'était pas envisageable. Je compris que ça n'avait pas été la décision de Ino, mais celle de Omoï. Ino se recula pour nous laisser entrer dans son appartement. On entra dans le salon. Tayuya s'installa sur le fauteuil et Ino et moi sur le canapé. Cette dernière se réfugia dans sa couverture, puis prit un mouchoir pour se moucher.

« Son boulot de résident l'a complètement bouffé. Il voulait toujours en faire plus pour aider d'autres personnes, me laissant complètement de côté. Et puis un jour, il est revenu à la maison, il m'a annoncé qu'on lui avait proposé un boulot de médecin, qu'il allait travailler dans l'humanitaire en Afrique, et qu'il partait dans deux jours. Il a accepté le job sans même m'en parler. Je ne lui avais fait aucun reproche. Après tout, quelle genre d'épouse serais-je à l'empêcher de partir pour aider les plus démunis ? C'est cette qualité là que j'aime et respecte particulièrement chez lui.. »

Elle souffla avant de reprendre, essuyant ses larmes naissantes.

« Il est parti là-bas, sans m'appeler une seule fois. C'était comme si il m'avait oublié. Il y a une semaine, il m'appelles pour la première fois pour m'annoncer.. »

Elle marqua une pause, riant jaune. Elle passa nerveusement sa main dans sa chevelure. On pouvait clairement deviner qu'elle était à la fois en colère et triste.

« Qu'il ne peut plus être avec moi. Il veut passer à autre chose, devenir une personne meilleure. Il ne m'a même pas donné de réels arguments. Il ne m'a plus rappelé depuis. » Révéla-t-elle, dans le vague.

« Il ne veut juste plus de moi.. ou il a rencontré une autre femme là-bas.. Il a juste.. Changé. Tout a changé, et c'est difficile à accepter.. »

Elle prit une enveloppe marron assez grande, des mains. Cette enveloppe attira notre curiosité. Puis elle la jeta sur la table basse.

« J'ai reçu les papiers du divorce aujourd'hui. Son avocat me les a donné en mains propres, j'en ai de la chance de ne pas les avoir reçu par courrier.. »

Je la regardai, compatissante, puis la pris dans mes bras.

« Pourquoi suis-je la seule qui soit plus bas que terre ? Il m'a blessé comme personne ne l'avait fait auparavant.. Et lui avait l'air d'aller bien.. Comment fait-on pour oublier toute cette douleur ?

- La bière ! C'est la solution pour digérer la nouvelle.. Puis tu dois sortir un peu, changer d'air. Demain accompagnes-moi en boîte si tu veux. »

Ino se leva à la hâte du canapé, comme si elle avait eu une révélation après ce que lui avait dit Tayuya.

« Tu as raison, lui il a décidé de me rayer de sa vie et de passer à autre chose.. Je dois en faire de même. Je reviens ! »

Elle partit rapidement de la pièce, me laissant seule avec Tayuya. Je fronçai un peu les sourcils, inquiète. Tayuya enchaînait les soirées, ou si elle n'y allait pas buvait beaucoup et consommait beaucoup de bonbons* seule. On était à la période de l'année que Tayuya détestait le plus, cela allait faire trois ans que son fiancé s'était suicidé.

« Tu ne penses pas que t'abuse un peu.. » Lui fis-je remarquer.

« Ces derniers temps tu enchaînes les soirées arrosées avec Pakura.

- On ne vit qu'une fois Naruko, ne commence pas.

- Tu ne peux pas m'interdire de m'inquiéter pour toi. Je comprends que tu ne veuilles pas y repenser mais-

- Non tu ne comprends pas ! Nous n'avons pas surmonter les mêmes choses ! Tu ne sais à quel point cela peut te détruire de pleurer sur le corps de la personne que tu aimes le plus dans ce monde. Alors arrête, s'il te plaît. » M'interrompit-elle, plus durement, tellement que sa voix me fit sursauter.

Je décidai de ne pas en rajouter, même si j'aurais pu lui rappeler que j'avais pleuré toute seule et sans personne pendant un an sur la tombe de mes parents. Je ne voulais pas me disputer avec elle, et encore moins de réveiller d'anciennes blessures ou la mettre mal à l'aise. Ino revint dans la pièce avec trois bières. L'ambiance était un peu plus tendu de mon côté, je décidai de ne pas boire de la soirée, les regardant faire.

« J'aurais dû plus m'inquiéter plus, être plus insistante.. J'avais échoué dans mon rôle d'amie, voilà. Vous savez, le réel regret que j'ai eu cette année et je m'en mords les doigts jusqu'à aujourd'hui c'était de ne pas avoir répondu à son appel.. »

16 décembre 2011

Je me réveillai en sursaut, mon portable sonnait sur ma table de nuit. Récemment j'avais beaucoup de mal à dormir, je n'aimais pas particulièrement le mois de décembre car cela me rappelait de mauvais souvenirs. Je soufflai avant de prendre mon portable et de voir que c'était Tayuya qui m'appelait. Il était dix heures du soir et je n'étais pas partie en boîte avec elle la veille, voulant rester un peu seule. Je savais qu'elle m'appelait pour qu'on puisse sortir, mais le cœur n'était pas à la fête. Je décidai d'éteindre mon téléphone à ce moment là et de me rendormir. Je la rappellerai plus tard.

« Mais j'avais oublié de la rappeler.. »

17 décembre 2011

Je fermai la porte de l'appartement de Ino derrière moi. Plus le temps passait moins elle allait, Omoï lui manquait. Ce que je pouvais comprendre, leur histoire s'était terminée du jour au lendemain sans qu'elle l'ait vu venir. Elle avait vraiment besoin de beaucoup de réconfort et de soutien. Avec Karui on l'avait aidé toute l'après-midi à expédier les dernières affaires de Omoï. Je sortis de l'appartement, voulant rentrer chez moi pour me coucher plus tôt. En descendant les escaliers de l'immeuble de Ino, j'entendis mon portable sonner dans ma poche. C'était un numéro masqué. La curiosité prit le dessus et je répondis.

« Allô ?

- C'est bien Naruko Uzumaki à l'appareil ?

- Oui c'est bien moi, qui est-ce ?

- Je m'appelle Fû Shinora, je suis une amie de Tayuya.. »

- Oui, elle m'a déjà parlé de toi ! Qu'est-ce-qui se passe ?

- Je- Je dois vous parler car, vous êtes vous aussi une amie de Tayuya. Un peu plus tôt dans la matinée.. »

J'entendis des reniflements et des soupirs à l'autre bout du combiné, comme si elle était sur le point de pleurer. Sa voix était un peu cassée et parlait doucement. Je fronçais les sourcils, inquiète.

« Un peu plus tôt dans la matinée, Tayuya a fait une overdose dans son appartement.. Elle est morte. »

Mihoko posa sa main sur la main de sa mère. La mère souffla, retenant ses larmes, levant la tête. Naruko avait apprit très tôt petite qu'il était impossible de « faire son deuil » car ce serait faire en sorte d'oublier la personne, mais il était impossible pour elle d'oublier, tout simplement. C'était toujours douloureux, et ça le sera toujours. Tout ce qu'on devait faire face à la mort de quelqu'un qu'on aimait c'était de l'accepter. Elle dévisagea ses enfants.

« Je sais qu'un jour ou l'autre vous allez en prendre, peut être pour impressionner des gens, ou par curiosité. Et je ne serais pas toujours là pour vous surveiller vos faits et geste mais si je venais à perdre l'un de vous deux de cette manière.. Je ne pourrais jamais m'en remettre.. »

Akira la regarda, compatissant. Les enfants commencèrent réellement à comprendre leur mère au fur et à mesure que l'histoire avançait. Naruko essuya rapidement ses larmes naissantes, avant de reprendre l'histoire.

« Mais aux fils des années j'ai apprit à me pardonner pour mes erreurs. J'avais aussi apprit que l'on devait profiter au maximum de la présence des gens qu'on aime car on a qu'une vie, et qu'on ne sait pas de quoi est fait le lendemain. J'ai aussi comprit que dans ce genre de.. Tragédie, il ne fallait pas s'isoler, au contraire, il fallait s'entourer pour être épaulé. Ce soir là j'avais trouvé mon épaule ».

28 décembre 2011

La neige recouvrait un peu la tombe mais également le sol qui l'entourait, mais je pouvais voir ce qui était inscrit dessus. Je m'accroupis face à elle puis frôlai des doigts l'inscription gravée sur la tombe, retenant mes larmes. Être devant sa tombe fut horrible. Cela rendait la chose plus réelle. C'était comme si la vie me ruait de coup à nouveau : C'était avec son aide que je m'étais relevée d'une énième blessure. Mais personne pouvait guérir ce que je ressentais en ce moment même. J'avais perdu mon amie, et je me sentais mal et seule tout à coup. Je scrutais la tombe, lisant ce qui y était gravée.

Tayuya Watanabe.

15 février 1987 – 16 décembre 2011

C'était ses parents qui avaient organisé ses funérailles. Je n'y étais pas allée pour deux raisons : Premièrement sa mère ne voulait pas me voir, selon elle c'était de ma faute si Tayuya était tombée dans la drogue, j'étais « l'une des fréquentations pas nettes de sa fille et que si elle ne m'avait pas rencontré elle serait encore vivante. ». Et la deuxième raison : Je n'en avais pas la force. Non je n'étais pas prête à dire adieu à mon amie, elle m'avait aidé, soutenu, fait rire. C'était mon amie, et je l'aimais.

« Bonsoir. »

Je tournai la tête face à l'origine de la voix. C'était un jeune homme de mon âge, je n'étais pas sûre à cause de l'expression froide et vide qui était affiché sur son visage. Ses cheveux ténébreux cachaient légèrement ses yeux ébènes. De la neige recouvrait un peu les épaules de son manteau noir. Il avait un bouquet de roses blanches à la main. Il ressemblait à une poupée en porcelaine tellement sa peau était blanche et net, pouvant rivaliser avec la neige. Je lui répondis à mon tour :

« Bonsoir. »

Il fit un léger hochement de tête avant de poser un bouquet de fleur sur la tombe. On resta silencieux devant la tombe de Tayuya avant qu'il ne coupe le silence.

« J'aurais voulu avoir tord..

- Comment ça ?

- Elle était l'ex-fiancée de mon ami. Je l'ai vu sombrer dans l'alcool et la drogue après le décès de Suigetsu.

- On ne peut pas aider quelqu'un qui ne veut pas de notre aide. » Déclarai-je simplement, pensive, repensant à la petite altercation que j'avais eu avec elle chez Ino.

Je me levai lentement aux côtés de l'homme brun qui n'avait pas quitté des yeux la tombe. La neige commença à tomber doucement sur nous. Cette neige qui me rendait mélancolique. C'était sous un temps complètement différent que je l'avais rencontré pour la première fois, sous la chaleur de l'été.

« Je m'appelle Naruko Uzumaki.

- Sasuke Uchiwa. » Répondit-il à son tour avant de me serrer la main.