Disclaimer : Tous les personnages présents appartiennent à Masashi Kishimoto, excepté un (vous comprendrez en lisant ce chapitre).

Note n°1 : Le prochain chapitre sera un petit plus différent que les autres, je n'en dirais pas plus à ce sujet ;)

Voilà le chapitre huit !

Assez parlé, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant qu'il vous plaise.


10 avril 2013

Je toquai à la porte de la suite. À ma plus grande surprise, ce fût Temari qui m'ouvrit, semblant être furieuse. Elle se recula afin de me laisser entrer, ce que je fis. Gaara fumait une cigarette, assit sur le canapé. Il avait l'air contrarié, je remarquai plusieurs cigarettes écrasées sur son cendrier posé sur la table basse. Je m'assis face à lui. Elle vint vers nous, croisant les bras et nous regardant d'un œil colérique. Je savais qu'elle allait nous sermonner : Moi sur le fait que je l'ai dénoncé auprès de Gaara et pour lui sur le fait qu'il ne la soutenait pas. Je commençais à parler.

« Si je l'ai dit à Gaara c'était pour ton bien, et par respect envers amitié pour Gaara. Tu dois m'en vouloir, ce que je comprends, mais je ne regrette pas cette décision. Je ne peux pas regretter.. Le fait que je m'inquiète pour toi ou même que je sois honnête avec Gaara.

- Je ne t'en veux pas. » Me répondit-elle, tout simplement, très calme.

J'en fus un peu décontenancée. Temari était quelqu'un d'impulsive, qui avait parfois des réactions disproportionnées. Elle avait grandi, je voyais dorénavant une femme face à moi. Gaara écrasa sa cigarette sur le cendrier, gardant toujours le silence.

« Si je vous ai réunis ici c'est parce que vous êtes des personnes importantes pour moi, et que vous êtes les seuls en qui j'ai réellement confiance. Naruko je suis désolée de t'avoir mêlé à cette histoire et de m'être énervée contre toi, tu es la meilleure amie de mon frère et je ne peux que respecter ta fidélité envers lui. »

Je lui souris faiblement avant de faire un petit hochement de tête, soulagée. Mais j'appréhendais la suite de cette conversation.

« Grand frère.. »

Gaara dévisagea sa sœur. D'habitude, j'arrivais à deviner l'humeur, et la future réaction de mon ami. Mais là, c'était comme s'il attendait, il n'était pas en colère ou même triste, ce qui me paraissait encore plus étrange. Il dévisagea durement sa sœur qui elle, avait l'air déterminé.

« Je sais que Shikamaru est l'amour de ma vie, je ne me vois pas vivre sans lui. Si tu ne l'acceptes pas.. Je pense que ça sera la dernière fois que tu me verras, car je renonce. » Déclara-t-elle, les larmes aux yeux, puis elle déposa sa bague de mariage sur la table basse.

« Je renonce à cette héritage, à tout cet argent. Je renonce à la famille. »

Je mis automatiquement mes deux mains devant ma bouche, ahurie. La famille No Subaku était très sévère, on pouvait même dire d'elle que c'était un clan. Mais le fait que Temari renonçait à tout ce dont elle avait été habitué, élevé.. Je compris qu'elle aimait réellement Shikamaru, que ce n'était pas juste une petite amourette. Je souris malgré moi, me rendant compte du sacrifice que Temari faisait par l'amour. Elle prit son sac et son manteau posée sur le porte manteau avant de quitter la suite en claquant la porte, me laissant seule avec Gaara. Ce dernier souffla.

« Que vas-tu faire maintenant ? »

Gaara voulut prendre son paquet de cigarette posé sur la table mais je fus plus rapide que lui et le prit des mains. Je connaissais Gaara, il n'aimait pas parler de ce qu'il ressentait, mais je décidai de le pousser un peu quitte à le mettre en colère. Il fallait qu'il me parle, car je ne savais pas à quoi il pensait actuellement, il était complètement fermé face à moi, ce qui me perturbait et m'agaçait à la fois. Je ne voulais pas qu'il devienne un étranger.

« Fumer n'est pas la solution ! On parle de ta sœur bon sang !

- Je sais qu'on parle d'elle ! Mais tu crois que je ne m'inquiète pas pour elle ?! » S'écria-t-il à son tour.

« Je n'ai jamais dit ça, mais tu vas la perdre si-

- Je n'ai pas envie qu'elle revienne avec le cœur brisé ! Je ne veux pas échouer avec elle comme j'ai échoué avec toi. » Me coupa-t-il, perdant son sang froid légendaire, avant de souffler.

J'écarquillai les yeux, abasourdie par ce qu'il avait dit. Jamais j'aurais pensé que Gaara pensait cela. Il ne devait pas penser ça, car c'était faux. Au contraire il avait toujours été là pour moi, et avait même fait plus que son devoir de meilleur ami à mon égard.

« Comment ça ? » Lui demandai-je, fronçant les sourcils pour qu'il m'en dise plus.

« J'ai l'impression d'avoir échoué avec toi, de ne pas t'avoir protégé. Je ne veux pas-

- Tout est différent là, elle n'est pas dans la même situation que moi. » Le coupai-je, étonnée mais aussi agacée qu'il pense cela.

« Shikamaru n'est pas comme Neji ! C'est quelqu'un d'honnête, d'intelligent et de loyale. Et le plus important, c'est qu'il est amoureux de ta sœur. »

Je me levai puis m'assit à côté de lui. Je posai ma tête sur son épaule, retenant une larme en me remémorant de ma rupture et de tout ce que j'avais traversé depuis lors. J'avais perdu beaucoup de choses, tellement de choses, mais j'en avais gagné de nouvelles, j'en ressortais grandi aussi. Je m'en étais remise, même si ça avait été difficile de se reconstruire. On resta ainsi pendant plusieurs minutes, silencieux, avant que je ne brise le silence.

« Tu n'as pas échoué, au contraire. Tu as toujours été là pour moi. Même lorsque tu n'étais pas d'accord avec mes choix, tu m'as soutenu, et je t'en remercie. Là, Temari a besoin de ton soutien et que tu la laisses suivre son cœur. Tu dois respecter son choix Gaara. »

Je lui rendis le paquet de cigarette, qu'il prit. Il en sortit une avant de la mettre en bouche et de l'allumer. J'en pris également une pour décompresser, ce que je faisais rarement. Gaara n'aimait pas le changement, les imprévus de dernière minute, ou même que quelqu'un ou quelque chose contrariait ses plans. Mon rôle s'était de le rassurer, de l'aider à accepter les changements, même si ça lui demanderait beaucoup de travail sur lui-même.

« La vie est faite de surprises et de rebondissements. Regarde-nous par exemple.. »

Je me redressai, puis il expira de la fumée, avant de se tourner face à moi tourna sa tête, me scrutant attentivement. J'expirai également de la fumée. Beaucoup de choses avaient changé, très rapidement en plus de cela. Personne n'avait été préparé à autant de changement, moi la première, mais le changement avait du bon.

« Tu es aujourd'hui PDG d'une grande chaîne d'hôtellerie, de restaurants et j'en passe ! Tu as montré à tout le monde de quoi tu étais réellement capable ! Moi je vais devenir professeur, et c'est une toute nouvelle expérience qui m'attends. Tu te souviens à nos seize ans de tout ce qu'on s'était promit et décidé à atteindre comme objectif ?

- Ça remonte à loin mais oui, je m'en souviens très bien. » M'avoua-t-il.

« Tu pensais que tu allais juste être directeur de l'un des hôtels de ta famille, que c'était Kankuro qui serait à ta place. Ou moi, que je deviendrais conservatrice de musée, et que je peindrais à mes heures perdues. Aujourd'hui je continue de peindre, certes moins qu'avant, mais je ne me vois plus devenir conservatrice de musée. Car j'ai changé, on a changé. Et grandit Gaara. »

Je lui souris, repensant à toutes les promesses qu'on s'était faites, à nos rêves et espoirs qu'on s'était confiés. On avait réellement grandi. Je remis la cigarette en bouche avant d'expirer de la fumée. Il me sourit faiblement, pensant probablement à la même chose que moi. Gaara n'avait pas autant changé que cela, ce qui me rassura. Mon sourire s'agrandit davantage.

« On ne sait jamais à quoi s'attendre, les choses ne se passent parfois pas comme prévu mais.. C'est ça qui fait que la vie est un beau présent et qu'on doit profiter de chaque instant. »


16 avril 2013

Je rentrai chez moi, encore plus fatiguée que d'habitude. Je venais d'effectuer ma première journée en tant que professeur des arts plastiques. Finalement Kuneraï partirait en congé de maternité en fin de semaine. C'était beaucoup de pression. J'avais fait en sorte de ne pas montrer cette pression face aux élèves, ils devaient compter sur moi et avoir confiance en moi, en mes connaissances et mes capacités malgré mon jeune âge. J'enlevai mes chaussures puis partit directement dans ma chambre, m'affalant sur le lit. Je ne savais pas durant combien de temps j'étais affalée sur le ventre, mais je savais que j'étais allongée depuis un moment déjà car je commençais à avoir des crampes au niveau du cou. À vrai dire, je n'avais aucunement envie de me lever de mon lit, ou même de changer de position. Je pensais automatiquement à Gaara et Temari. Cela faisait presque une semaine que je ne les avais pas revu. Gaara était rentré à New York dès le lendemain de notre discussion, il m'avait appelé de là-bas pour me prévenir. Je ne lui en voulais pas, s'il m'avait mit au courant de son départ j'allais l'en empêcher et fondre en larmes. Mais aussi, que j'aurais tout fait pour qu'il revoit sa sœur. Je savais qu'au fond Gaara avait été peiné par ce qu'avait dit Temari. D'ailleurs je n'avais plus eu de nouvelles de cette dernière depuis ce jour. J'avais essayé de l'appeler à plusieurs reprises, en vain. J'avais alors appelé Shikamaru, qui m'avait avoué qu'elle était chez lui et que je n'avais pas à m'inquiéter. Mais je m'inquiétais surtout à propos de la relation de Temari et de Gaara. S'ils prenaient trop de distance, ils risqueraient d'avoir encore plus de rancœurs qu'actuellement et peut-être, ne plus jamais se reparler.

« Ta journée ? » Me demanda Sasuke, m'interrompant dans mes pensées.

Il entra dans ma chambre puis s'allongea de l'autre côté de mon lit, sur le dos. Je levai la tête puis me retournai pour me mettre aussi de dos, regardant le plafond blanc. Je soufflai puis répondis à sa question :

« Fatigante. Et toi ?

- Pareil.

- Discussion intéressante. » Rétorquai-je, ironique.

« Très constructif. Tu as eu de la visite aujourd'hui.

- Ah oui de qui ? » Demandai-je en me redressant, le dévisageant pour qu'il m'en dise plus, ce qu'il fit.

« Hinata Hyûga, elle voulait t'inviter à déjeuner.

- Ah. »

Je fus très étonnée d'apprendre qu'Hinata avait essayé de me voir. Moi aussi je voulais la voir, ce n'était pas juste pour elle que je l'évitais sous prétexte que c'était une Hyûga, ou même parce qu'elle était la cousine de Neji. J'étais amie avec elle avant même de le rencontrer. Et ce que allait me dire Sasuke n'allait que confirmer ce à quoi je pensais.

« Tu devrais aller la voir. Elle avait l'air vraiment attristé lorsque je lui ai dit que tu n'étais pas là. »

[...]

Je regardai la télévision, terminant mes ramens, tandis que Sasuke lisait un livre. C'était comme cela que l'on passait majoritairement nos soirées. Je fus à ce moment là nostalgique de ma vie étudiante, je sortais très souvent sans m'inquiéter du reste et du lendemain. Là, je vivais simplement comme une adulte avec un travail chargé qui m'attendais le lendemain, alors je ne pouvais pas me permettre de sortir. En plus, même si je le voulais, je serais trop épuisée pour enchaîner le boulot puis aller faire la fête. La vie d'adulte était horriblement ennuyante et fatiguant, cela m'obligeait à faire face à mes responsabilités. Comment j'ai pu trouver cela cool à mes dix-huit ans d'être une adulte ?

« Sasuke, quand est-ce que fut la dernière fois que tu es parti en soirée ? Que tu as fait la fête sans penser à la grosse gueule de bois qui t'attendait le lendemain ?

- Pourquoi cette question ?

- J'ai vingt-six ans et j'ai l'impression de vivre comme si j'en avais quarante. Être adulte c'est horrible. »

Quelqu'un sonna à la porte. Sasuke fronça les sourcils, avant de me dévisager gravement, sachant ce qu'il sous-entendait vu la question que j'avais posé un peu plus tôt. Je levai les bras de manière défensive.

« Je n'attends personne, et je t'assure que je n'ai pas organisé de fête surprise ou quoi que ce soit de ce type. »

Il était plus de minuit passé, on se demandait qui sonnait chez nous à une heure pareille. Je me levai, puis ouvrit la porte d'entrée, sachant que Sasuke ne se lèverait pas du canapé. Il suivit des yeux mes mouvements. La porte s'ouvrit sur les dernières personnes que je m'attendais à voir, et qui provoquai en moi une immense joie.

« Naruko !

- Ino ! Karui ! » M'écriai-je, très surprise.

Je les sautai dans les bras, heureuse. Elles étaient rentrées plus tôt que prévu, elles étaient censées rentrer au Japon fin mai. J'étais tellement contente de les voir, je voulais limite hurler de joie. Je les fis rentrer dans l'appartement. Elles avaient leurs valises avec elles, cela voulait dire que juste après avoir atterri elles étaient directement venue me voir, je fus touchée par leurs gestes. Sasuke était toujours assit sur le canapé, lisant son livre. Il le ferma, le posant sur la table, puis se leva en apercevant mes amis.

« Les filles, voilà Sasuke. Et Sasuke, je te présente Ino et Karui.

- Ravie de faire ta connaissance.

- Enchanté. » Dit à peine Ino, rougissant un peu.

« Moi de même.

- On est désolées de débarquer à l'improviste, mais elle nous avait trop manqué ! On voulait lui faire la surprise ! » S'exclama Karui en passant son bras sur mes épaules.

« Et aussi parce que Chôji l'a appelé, il veut la voir parce qu'elle lui manquait trop. Il lui a fait une vraie déclaration d'amour, ça puait tellement le romantisme que j'en avais des hauts le cœur.

- La ferme. » S'exprima Karui, gênée et amusée, donnant un coup de coude à Ino, qui riait.

« D'ailleurs je vais aller le voir maintenant pour lui faire la surprise. » Déclara-t-elle en regardant sa montre.

J'étais contente pour elle, je savais que Chôji et elle flirtaient sans vraiment aller jusqu'au bout des choses. Elle avait prit la peine de venir me voir avant d'aller voir Chôji, qui j'en étais persuadée, allaient se marier un jour ou l'autre. Karui m'embrassa la joue puis celle d'Ino et fit un hochement de tête à Sasuke en guise d'au revoir. Elle quitta l'appartement à la hâte, valise à la main. J'éteignis la télévision puis on partit s'asseoir sur les fauteuils.

« Naruko nous a peu parlé de toi Sasuke, qu'est-ce-que tu fais dans la vie ?

- Je travaille dans les entreprises familiales, et toi ?

- Je suis biologiste médicale. D'ailleurs il va falloir que je les rappelle demain pour reprendre ma place, enfin si je ne l'ai pas encore perdu.

- Je vois.

- Prête à reprendre ta vie là où tu l'as laissé ? » Lui demandai-je, me rappelant de son état d'esprit le jour où nous avions décidé de quitter le pays pour prendre une année sabbatique. Sa rupture avec Omoï l'avait réellement blessé, et la mort de Tayuya également. On avait tous besoin de cette année sabbatique, de prendre du recul sur tout et de mettre notre vie en pause.

« J'aurais voulu rester là bas encore longtemps mais j'allais finir par me ruiner. Et puis il faut bien que je reprenne ma vie en main, et que je me trouve un appartement car je ne veux pas retourner chez mon père ! » Je lui souris faiblement, comprenant ce qu'elle ressentait. Lorsqu'on avait décidé de partir aux États-Unis, j'étais soulagée. C'était comme si j'avais laissé tout mes problèmes ici, au Japon. Mais la réalité nous rattrapait toujours, et la fuite n'était pas la solution. Ino me sourit avant de hocher la tête.

« Bon assez parlé de moi. » Déclara-t-elle en frottant ses mains sur les genoux.

« Et toi Naruko ?

- Je suis professeur des arts à l'université, je vais remplacer Kurenaï pendant son congé de maternité.

- Ah mais c'est génial ! Je ne t'aurais jamais pensé en professeur. Ne les entraîne pas dans ton free-drawing ou dans l'échec. »

Je lui donnai un coup de coude avant d'enchaîner.

« Ce n'est que positif. » Admis-je avant de m'étirer.

« Je vais vous laisser vous reposer, vous devez être crevés.

- Mais toi tu pars chez toi père ?

- Non à l'hôtel, je ne veux pas entendre des reproches tard le soir sur le fait que « je fuis mes responsabilités ». » Répondit-elle, en imitant la voix grave de son père.

« Surtout qu'il a très mal prit mon divorce. Dans ma famille le divorce n'existe pas, lorsqu'on a un problème on le résout, mais on ne divorce pas. »

Je lançai un regard à Sasuke, comme pour lui demander si cela lui dérangeait pas qu'on l'héberge durant quelques jours, jours qui allaient finir en semaines connaissant Ino. Il se leva de sa place, prenant son livre.

« Tu es la bienvenue ici si tu le souhaites, moi je vais aller me coucher. Bonne nuit. » Dit-il tout simplement avant de faire un signe de la main et de quitter le salon.

On entendit la porte de la chambre de Sasuke se claquer puis Ino fit un sourire malicieux. Je compris à quoi elle pensait. Je lui lançai un regard exaspéré.

« Tu vis avec un beau gosse pareil et il n'y a rien entre vous ?

- Non, on est très bien tels quels. Et de toute façon je ne me pense pas assez prête pour débuter une nouvelle relation. Ma vie commence enfin à prendre un nouveau tournent et je ne veux pas être perturbé par quoi que ce soit. »

Ma dernière relation, c'est-à-dire celle que j'avais eu avec Neji, m'avait beaucoup traumatisé. Je m'étais investie à cent pour cent dans une relation qui au final fut un énorme échec et déception. Mais ce n'était qu'un mauvais moment parmi tant d'autres que j'avais surmonté, car ce n'était qu'un moment, et un moment n'était qu'éphémère.

« Tu sais, il faut que tu sortes avec d'autres hommes, tu ne peux pas rester bloquer dans le passé ainsi. Même si je sais que ça été très dur il faut se relever et passer à autre chose, c'est tout ce qu'il nous reste à faire. J'ai pleuré pendant des mois, et là je suis prête à reprendre du poil de la bête et à pêcher de nouveaux gros poissons dans l'eau ! Je suis prête à lancer ma canne à pêche ! »

Je posai ma tête sur l'épaule D'Ino, riant à cause de sa phrase. Elle passa son bras autour de mes épaules. On resta ainsi pendant plusieurs minutes puis une idée me vint en tête. Je me levais automatiquement du canapé, me mettant face à elle avec un grand sourire.

« Je pense que je vais organiser un dîner s'ensuit d'une fête où j'inviterais tout le monde ! On ne s'était pas regroupé depuis des lustres.

- C'est vrai que ça fait longtemps qu'on n'a pas fait ça. Je ne sais même plus c'est quand la dernière fois que j'ai parlé à Kiba, ou même à Lee. Même Lee en est venu à me manquer.. » M'avoua Ino, un peu nostalgique.

« J'enverrai un mail à tout le monde dès demain, pour voir quand on pourra s'organiser ça ensemble ! »

En 2005 on s'était promis qu'on ne perdrait jamais contact, qu'on ne deviendrait pas comme ces adultes ennuyant tellement occupés par leurs travail qu'ils en oublieraient de s'amuser. Et même si tout le monde était occupé avec leur vie d'adulte, il fallait qu'on se rappelle de cette promesse de jeunesse.


26 avril 2013

Dix jours. Cela faisait dix jours que Ino vivait, oui vivait, dans notre appartement. Elle avait emménagé quasiment toutes ses affaires dans ma chambre, heureusement que j'avais une grande chambre. Étonnamment, elle s'entendait bien avec Sasuke. Je pensais que la colocation entre les deux allait être difficile, surtout du côté de Sasuke. Mais non, cela se passait très bien. Dix jours aussi, que j'étais devenue professeur, je leur avais donné un test de culture surprise il y a une semaine de cela pour savoir quelle connaissance chacun avait à améliorer. Sauf que je n'avais pas pensé à l'étape où je devais corriger les soixante-dix copies en moins d'une semaine, il m'en restais quinze à corriger. Dix jours aussi que j'avais envoyé un mail à mes amis les plus proches pour savoir quand est-ce-qu'ils seraient disponibles pour qu'on puisse s'organiser un dîner, et on s'était tous mit d'accord sur le douze mai. J'avais hâte de tous les voir, tous ensemble. Mais un allait manquer à l'appel : Gaara. J'aurais tellement voulu qu'il soit là, mais je comprenais, il était trop prit par le travail, et il ne pouvait pas se permettre de partir à nouveau sans prévenir personne comme il l'avait fait au début du mois. J'allais faire en sorte d'économiser afin de non seulement aller le voir à New York, mais aussi aller voir Iruka qui avait récemment emménagé parti au Pays-bas avec son compagnon Kakashi. J'allais faire ce voyage en fin d'année. Shikamaru ne savait pas s'il devait venir avec Temari ou non à mon dîner. Je ne voulais plus m'immiscer dans leurs histoires personnelles mais accompagné ou non il serait la bienvenu. Même si au fond j'aimerais qu'il vienne avec Temari, que je considérais comme ma petite sœur.

Je parcourus les rues de la ville à grande enjambé, pensant également au bal auquel Sasuke m'avait forcé à y l'accompagner. Je savais que ça allait être une soirée chic avec des gens riches et coincés, qui jugeaient à tout va tout le monde, pensant être supérieur aux autres, en l'occurrence les gens aux revenues modestes comme moi. Je ressentais du stress rien qu'en pensant avoir une discussion avec eux, pourtant j'étais quelqu'un de très sociable. Et pour en ajouter, je n'avais pas de tenue adéquates. Mais ma plus grosse appréhension, c'était de croiser des gens importants qui avait été invité à mon mariage raté, spécialement croiser la famille Hyûga ou même pire, Neji. C'était en pensant à tout cela, qui allait finir par me causer de l'eczéma, que je regardais, pantoise, la résidence dans laquelle vivait Kiba et Hinata. Ayant terminé plus tôt, j'avais fait des courses, acheter du vin et même un fraisier, et étais venue jusqu'ici. Je ne savais même plus c'était quand la dernière fois que j'étais venue chez eux. En y repensant j'avais terriblement honte de ne plus être venus les voir, j'avais même le double de leurs clés bon sang. C'était censé être mes meilleurs amis, j'avais vécu tellement de choses avec Kiba, on avait vécu ensemble, cela faisait presque dix ans que je le connaissais. Je soufflai plus me décidai à entrer dans leur résidence, puis entra dans leur immeuble. J'ouvris la porte d'entrée puis montai quatre par quatre les escaliers jusqu'au dernier étage de l'immeuble, le quatrième étage. Je sonnai à la porte, vérifiant s'il y avait quelqu'un, mais personne ne m'ouvrit la porte. J'entrai dans l'appartement, puis refermai la porte derrière moi. Je me déchaussai puis allai directement à la cuisine. J'allai leur préparer un dîner de roi.

[...]

Je servis tout les plats que j'avais préparé sur la table à manger. Je leur avais fait de la salade, des onigris -fraîchement apprit par Sasuke que je remerciai par la pensée à ce moment là-, du riz, une sauce au bœuf, des haricots. Il y avait de tout, peut-être que j'en avais trop fait, mais au moins il y en avait pour tout les goûts. En installant les derniers préparatifs, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir.

« Bienvenue ! » M'écriai-je, avec un grand sourire.

Hinata sursauta puis me regarda, très étonnée, avant de me sourire. Elle regarda ensuite la table et les plats avec satisfaction, son sourire s'agrandit. Elle enleva son manteau et son écharpe, les portant au bras.

« Merci beaucoup, ça m'a l'air délicieux.

- Je suis désolée de débarquer à l'improviste, je-

- Tu es la bienvenue ici quand tu veux, c'est pour cela que l'on t'a donné les doubles de nos clés. » Me coupa-t-elle en répondant spontanément, avant d'enlever son manteau.

« Je me change et je reviens. »

Elle s'éclipsa rapidement dans sa chambre tandis que moi, je m'assis sur la chaise, attendant. Je répondis rapidement au message d'Ino, l'avertissant que ce n'était pas nécessaire pour moi de me commander à manger car je ne dînerais pas à l'appartement. Hinata revint au salon, vêtu d'un pull et d'un jogging. Elle s'assit en face de moi.

« Kiba rentrera tard aujourd'hui.

- On peut commencer à manger sans lui, on lui en laisserai un peu de côté. »

Hinata me sourit, hochant la tête, puis commença à se servir.

« Bon appétit.

- Merci à toi aussi Hinata ! »

Hinata se servit de la salade et un verre d'eau, tandis que moi je me servis directement du riz. Un silence de mort régnait à table, je pouvais clairement deviner que Hinata était gênée face à moi. Moi aussi je l'étais. Elle fût la première à lancer la discussion, je la remerciais mentalement d'avoir franchi ce premier pas et de prendre l'initiative de le faire.

« Kiba m'a dit que tu étais devenue professeur. J'étais passée chez toi pour venir te féliciter mais je suis tombée sur Sasuke, il m'a expliqué que tu étais au travail et que tu allais sûrement terminer tard.

- Je suis désolée de ne pas t'avoir rappelé. Être prof est plus fatiguant que je le pensais, mais ça me plaît de faire ce métier. » L'avouai-je, buvant mon verre d'eau.

« Et pour toi ? Comment ça se passes au boulot ?

- J'ai été prit par plusieurs affaires juridiques aujourd'hui. Je vais bientôt passer des concours pour être magistrat à la cours suprême, être avocat dans le cabinet familiale m'ennuie un peu.

- C'est génial ça !

- Ça me stresse un peu, mais je vais tout faire pour y arriver. »

Je terminai mon verre d'eau, puis m'en resservit. Je me servis également des onigris. Sans prétention de ma part, le dîner que j'avais préparé était délicieux. Je me donnai comme résolution à ce moment là de cuisiner davantage chez moi et de m'améliorer en cuisine au lieu d'acheter de l'instantané et des plats déjà préparé.

« J'ignorais que tu vivais en colocation avec Sasuke, j'ai été très étonnée. Il n'est pas très sociale. Vous avez des personnalités très opposés.

- C'est vrai. Il est prise de tête uniquement pour le ménage, mais sinon ça va pour le reste. J'ignorais que tu le connaissais.

- Sa mère et la mienne sont de très bonnes amies, et on a fréquenté les mêmes écoles. »

Je m'arrêtai dans mon élan. Cette révélation fût un choc pour moi. Si elles étaient de si bonnes amies comme le disait Hinata, cela confirma que j'allais croiser des Hyûgas au bal des Uchiwas. Je commençai à me gratter légèrement l'avant-bras. Hinata remarqua mon angoisse soudaine, assez surprise. C'était vrai je me montrai rarement mon stresse et ma pression, et je ne savais pas vraiment le gérer.

« Est-ce-que tout va bien ?

- Oui, oui. Juste que Sasuke m'a demandé d'être sa cavalière à un bal organisé par sa famille.

- Chaque année ils organisent un bal avec un thème différent. J'y suis allée l'année dernière avec mon père. Si je me souviens bien le thème de l'année dernière était les années vingt.

- Comme dans Gatsby le magnifique ?

- Hn. » Confirma mes dires Hinata en terminant sa salade.

« Leur mère Mikoto ne manque pas d'inspiration, c'était magnifique.

- Dis-moi que tu y vas cette année je t'en supplie... » Dis-je en prenant une voix aiguë, envahie d'espoirs et de joie.

« Malheureusement non, je suis navrée. »

Je soupirai fortement, démoralisée. J'allais vraiment me retrouver seule là-bas.

« Ne t'en fais pas, il y aura plus de deux cents invités et tu peux facilement t'isoler.

- Heureusement que ça sera un bal masqué. On ne me reconnaîtra pas grâce à mon masque, au pire je me cacherai derrière Sasuke.

- Le problème c'est que tu seras la cavalière de Sasuke. Chaque année il vient seul ou pas du tout, donc beaucoup de personnes vont te dévisager avec curiosité, certains viendront même te parler pour te demander comment as-tu fait pour réussir à venir au bal avec lui. Tu n'auras juste qu'à te présenter puis sourire. Je sais que Sasuke n'aime pas rester longtemps à ce genre de bal, donc ça sera rapide normalement. »

J'avais accepté la proposition de Sasuke trop facilement, et sans y avoir sérieusement réfléchi. J'avais même demandé à Ino d'y aller à ma place, pensant qu'elle aimerait ça. Mais elle avait refusé, disant que c'était trop de pression même pour ses frêles épaules. Puis je me souvins de pourquoi j'avais accepté, c'était pour aider Sasuke à se débarrasser de sa groupie et pour éviter, enfin j'espère, qu'elle me tue durant mon sommeil. Ma générosité et ma bienveillance allait me coûter la vie si je continuais ainsi. J'entendis la porte d'entrée s'ouvrir, me sortant de ma torpeur.

« Bienvenue ! » M'écriai-je depuis le salon.

Kiba fit son entrée dans le salon, un grand sourire aux lèvres, enlevant son manteau et son écharpe. Son sourire s'agrandit davantage en me voyant et en voyant aussi le dîner. Il partit embrasser Hinata sur la joue.

« Salut ! Je crève de faim ça tombe bien ! »

Il s'assit à côté de Hinata, puis se servit du riz avec de la sauce au curry. Hinata le fixa, amusé. Je souris faiblement, les trouvant attendrissant. Leur couple était vraiment un exemple pour moi. Ils étaient opposés sur beaucoup de choses, mais se complétaient. Je me raclai la gorge, afin d'attirer leurs attentions. Je pris la parole.

« Hinata, je tenais à te présenter des excuses. Je sais que tu es proche de Neji, et je suis désolée de t'avoir évité vis-à-vis de lui, surtout que j'étais amie avec toi avant même d'être avec lui. Je suis réellement désolée. Je n'ai pas été une bonne amie.

- À vrai dire, je n'ai plus vraiment de nouvelles de Neji. Je sais juste qu'il a déménagé en Corée du Sud. Mais on est plus aussi proche qu'avant, surtout après ce qu'il t'a fait. »

J'étais à demi-soulagée. Je n'aurais pas à faire à lui lors de ce bal, Neji faisait passer son travail avant tout le reste et il n'aimait pas ce genre de soirée. Hinata me sourit également. Je compris à ce moment là que j'avais retrouvé mes amis, et plus jamais je ne disparaîtrai ou que les éviterai de la sorte.


29 avril 2013

« À demain Naruko-senseï. »

Je hochais la tête, souriant à mes élèves qui quittèrent la salle d'art. Une fois seule, je soupirai puis m'étirai les bras. J'étais vraiment épuisée, j'avais certes terminé ma journée de travail mais je devais faire un peu de rangement. C'était important que chaque objet soient à leurs places, surtout dans une salle d'art plastique. J'ouvris les armoires puis commençai à ranger les pots de peinture et faire l'inventaire du matériel, les élèves amenaient leurs propres pinceaux heureusement, je me voyais mal nettoyer une centaine de pinceau toute seule. Je fis l'inventaire, me demandant si finalement je n'allais pas rester une heure de plus pour peindre. Ce que je fis au final. Je m'installai face à une toile blanche puis commençai à peindre. Aimant particulièrement la couleur orange et ses différentes nuances, et voyant ma vie prendre un tournant nouveau, je peignis un phœnix. J'étais tellement absorbée par ma peinture que je ne remarquai pas qu'une personne était au seuil de la porte, me fixant de ses yeux noisettes. Je l'entendis se racler la gorge, afin d'attirer mon attention. Je tournai la tête en sa direction, sursautant légèrement.

« Bonjour, votre professeur est parti ? »

Je déposai mon pinceau, amusé par sa question. Je n'avais même pas trente ans que j'étais devenue professeur, qui plus était à l'université. Certains étudiants ici avaient le même âge que moi. Dans la profession j'étais jeune et sans expérience, mais je faisais de mon mieux. Personne ne s'était plaint de mon travail, surtout que je reprenais le programme de Kurenaï lorsque j'étais étudiante. Donc tout se passait très bien.

« Bonjour, je suis la professeur remplaçante d'art plastique, Naruko Uzumaki. » Répondis-je, attendant sa réaction qui allais sûrement m'amuser.

Il parût très surprit avant de me sourire et de se présenter à son tour.

« Enchanté, je suis Utakata Suzumura, l'assistant du professeur d'histoire des arts et de l'archéologie.

- De Hasurame Yamauchi ? Ravie de faire votre connaissance.

« À partir de la semaine prochaine, Hasurame va prendre sa retraite et c'est moi qui vais le remplacer. Et j'ai apprit que Kurenaï était partie en congé de maternité.

- Oui pendant deux ans. En quoi puis-je vous aider ? C'est vrai que certains de nos étudiants nous ont en commun. » Me fis-je moi-même la remarque.

« Je me disais que ce serait intéressant de faire un projet pédagogique pour eux.

- C'est une excellente idée. »

Je me levai de mon tabouret, puis pris mon tableau afin de le faire sécher, voulant discuter davantage de ce sujet. Voir un homme aussi beau et jeune professeur dans cette université était aussi rare que de trouver un trèfle à quatre feuilles.

« Désolé de vous déranger.

- Pas du tout, ne vous excusez pas. Et puis tutoyez-moi. »

Il s'avança dans la salle puis scruta mon tableau attentivement par dessus mon épaule. Cela me gêna un peu qu'il le scrute ainsi, surtout que je n'avais pas complètement terminé et que c'était un professionnel. J'étais moins réticente qu'avant de montrer mes toiles, mais je n'aimais pas montrer un travail non-terminé. Ce tableau je voulais le montrer en premier à Sasori, j'aidais parfois ce dernier bénévolement dans certaines de ses expositions, en échange je pouvais y aller, seule, rencontrer des personnes importantes dans le milieu des arts et les nouveaux peintres.

« Il n'est pas terminé mais j'aime beaucoup, surtout les détails de l'ail du phœnix.

- Merci beaucoup.

- Sans être indiscret, pourquoi avoir dessiner un phœnix ?

- C'est par rapport à ma vie personnelle et aux nombreux changements qui l'accompagnent.

- Je vois. Tu me le montreras une fois que tu l'auras terminé.

- Ça marche. »

Je tournai la tête, puis tombai directement sur son regard noisette, virant presque au orange. Son visage était trop proche du mien. Je rougissais malgré moi. Il s'approcha davantage de moi avant de franchir le peu de centimètres qui nous séparaient. J'en fus très surprit avant de répondre à son baiser. Le baiser devint plus torride, je sentis sa main entrer sous mon chemisier rouge. On se sépara, à bout de souffle.

« J'ai hâte de travailler avec vous. » Dit-il simplement avant de m'embrasser à nouveau. J'enroulai mes bras autour de ce baiser, me collant davantage à lui, l'incitant à aller plus loin.

[...]

Je rentrai dans l'appartement avec des sacs de courses aux bras. J'avais couché dans ma salle de classe à quatre reprises, avec un inconnu, enfin plus si inconnu que ça maintenant, et j'avais aimé ça. Ça ne m'avait pas dérangé. Je ne savais même plus c'était quand la dernière fois que je l'avais fait avec quelqu'un. Je devais avoir une discussion très sérieuse avec lui, je ne voulais pas que tout cela gâche mon travail, que je perde le respect et sérieux de mes collègues, mais aussi de mes élèves à cause de cela. En rentrant dans j'aperçus plusieurs portants de robes envahir le salon. J'allai déposer les courses à la cuisine puis regagna le salon, fronçant les sourcils.

« Qu'est-ce-qui se passe ? Ino ? » M'écriai-je depuis le salon, sachant que quelqu'un était là.

Je m'attendais à ce que ça soit Ino qui entre au salon, mais non se fut Sasuke qui le fit. Il mit correctement son nœud papillon, il était élégant dans son smoking. Il me répondit :

« Dans trois jours aura lieu le bal. Et je te connais, je sais que tu vas tout faire à la dernière minute, alors je prends les choses en main.

- Tu exagères.

- Je paris que tu n'as même pas encore de robe ? »

Je gardai le silence, confirmant ses dires. À vrai dire, j'étais tellement occupée avec mon nouveau travail de professeur que je n'avais pas eu le temps de faire un peu de shopping, et je comptais sur Ino pour m'aider. Sasuke soupira fortement face à mon attitude désinvolte.

« Ce n'est pas que je prends la chose au sérieux juste que je suis occupée.

- Tu ne me dis pas tout. » Dis simplement Sasuke.

Je m'assis sur le canapé, à côté d'une robe beige. Je passai un peu trop de temps avec Sasuke, au point qu'il savait lorsque je mentais ou non, pourtant j'étais bonne comédienne. Je devais lui parler de mes doutes, de mes appréhensions vis-à-vis de ce bal. La dernière chose que je voulais c'était d'être jugé.

« Hinata m'a dit que.. »

Je me coupai, sachant qu'il allait deviner le reste de ma phrase. Je lui avais parlé de mon passé tumultueux aujourd'hui avec les Hyûgas. Je trouvai même cela étonnant que aucun membre était venu me voir pour me faire la leçon. Puis je me souvins que j'étais introuvable, presque portée disparue, durant presque trois mois. Je levai mon regard face à Sasuke qui fronçait légèrement les sourcils, comme à son habitude.

« Les Hyûgas sont des amis de ma famille, mais il y aura tellement de monde que tu ne les croiseras probablement pas. Et même si on amenait à les croiser, tu ne seras pas toute seule car je serais là, et je laisserai personne te manquer de respect.

- Merci.

- Maintenant choisis une robe. Te payer la robe serait la moindre des choses vu la soirée ennuyante qu'on va passer là bas.

- À ce point ?

- Oui. »

Je me levai, puis regardai les robes d'un air lasse, Sasuke suivait des yeux mes faits et gestes. Il y avait une cinquantaines de robes, toutes aussi belles les unes que les autres. Mais une attira mon attention, une robe noire fendue. Elle était fluide, élégante et avait l'air confortable. Cette robe était somptueuse, c'était cette robe que j'allai porter.

« N'importe quelle femme aurait crié de joies en voyant toutes ces robes de créateurs en version limité dans leur salon.

- Désolée. Ne fais pas attention à ma tête, j'ai l'air ennuyé quand je suis crevée. Mais je suis contente ! Qu'est-ce-que tu en penses de celle-ci ? Au pire je pourrais porter cette robe rouge, mais ça fait trop femme fatale, je ne veux pas qu'un homme marié tombe amoureux de moi là-bas. » M'exclamai-je en plaisantant en lui montrant la robe rouge, il fit un rictus amusé.

« Je préfère la noire. » Répondit le brun. J'aimais beaucoup cette robe.

« Je ne vais pas te demander où tu l'as eu ni comment, ni combien elle coûte.

- J'ai des contacts qui me doivent des services. » Révéla-t-il en haussant les épaules.

Je pris la robe que je posai sur le fauteuil, puis regardai d'autres robes. Je voulais toutes les essayer. Mais plusieurs choses me trottait également dans la tête, et maintenant que j'étais seule avec Sasuke -ce qui était rare puisqu'on terminait souvent tard et surtout en semaine- je devais lui parler de son futur emménagement à Osaka. Depuis que nous avons fêté la nouvelle, on n'avait pas vraiment eu l'occasion d'en reparler. Je ne savais pas si la situation avançait bien.

« Au sujet d'Osaka. » Commençai-je, un peu attristé, continuant à regarder des robes.

« Je dois emménagé là-bas début de juin. Je vais commencer mes cartons après ta petite fête.

- Tu comptes rester là bas combien de temps ?

- Un an, peut-être même plus. »

Malgré le sale caractère de Sasuke, je l'appréciais beaucoup. Il m'avait beaucoup aidé après la mort de Tayuya, c'était même lui qui m'avait poussé à faire de nouvelles choses, à prendre des risques, ce que je ne savais plus faire à cette époque là. J'étais habituée à notre colocation, à le voir tous les jours ou presque, à nos disputes et débats quotidiens. Mais j'étais heureuse pour lui, c'était une opportunité en or, l'occasion pour lui de réaliser ses rêves. On se fit interrompre par la porte d'entrée qui claqua. Ino entra au salon à la hâte, avant d'ouvrir grand ouvert la bouche, ahurie, puis son sourire s'agrandit petit à petit. Je pouvais même voir qu'elle avait des étoiles pleins les yeux. Elle hurla de joie.

« Suis-je au paradis ? » Demanda Ino, faisant tomber son sac au sol sous le choc.

« Attendais-tu une réaction de ce genre Sasuke ? » Lui demandai-je, riant.

Ce dernier se contenta de hocher la tête. Ino accourut vers une robe, puis une autre, criant et sautant de joie. Je souris, amusée par sa réaction. Sasuke s'assit à côté de moi, haussant un sourcil en voyant Ino dans tout ses états. Elle ressemblait à une gosse devant son cadeau de Noël. J'aimerais avoir le même enthousiasme qu'elle mais j'étais trop épuisée pour.

« C'est la dernière robe en version limitée de Yves-Saint Laurent ?! » S'exclama Ino, puis lança un regard séducteur à Sasuke.

« Dis Sasuke, tu sais que demain c'est mon anniversaire ? » Mentis Ino, voulant une robe.


9 mai 2013

C'était mon dernier jour de travail de la semaine. Je sortis de l'université, m'étirant un peu les bras, en compagnie de Utakata. On avait pratiquement les mêmes horaires et on s'attendait avant de partir, je déjeunais même avec lui à la pause de midi : soit dans sa salle soit dans la mienne. On n'avait plus recouché ensemble, je voulais que notre relation professionnelle passe avant tout. Mais malgré les limites que je m'étais fixée, je m'étais étrangement rapproché de Utakata durant ces derniers jours, je ne savais pas comment. Je commençais à apprécier sa compagnie.

« Naruko ?

- Désolée qu'est-ce-que tu disais ?

- Je me disais que ça serait intéressant pour eux de les emmener à Kyôto, même si c'est un peu loin. Ils pourront non seulement peindre les paysages, mais en plus de cela je leur demanderais de faire une étude sur l'archéologie ancienne.

- Oui c'est une excellente idée.

- Naruko, j'ai quelque chose à te demander. »

Il me devança, puis s'arrêta devant moi, me dévisageant gravement de ces yeux noisettes. Je me demandai à ce moment là si je n'avais pas quelque chose sur le visage ou même, qu'il allait m'embrasser.

« Je sais que tu veux que notre relation soit uniquement professionnelle, mais il faut que je te pose la question malgré tout. Est-ce-que ça te dirais de dîner avec moi pour faire ample connaissance en dehors du cadre scolaire ? »

Je n'avais pas vraiment été surprise par la proposition de Utakata. À vrai dire, j'attendais qu'il ne me le demande. J'aurais perdu toute crédibilité si ça avait été moi qui avait fait le premier pas. Après tout, c'était moi qui voulais que cette relation ne reste que professionnelle. J'avais couché avec lui alors que je ne le connaissais depuis même pas une heure, ce que je ne faisais pas en tant normal. Et on filtrait beaucoup, on avait également beaucoup de points en communs. Je lui souris, m'apprêtant à lui répondre.

« Naruko ! » S'écria une personne derrière moi.

Je me retournai et vis Ino, venant vers moi, portant des sacs. Je devinai aisément qu'elle revenait de Shibuya et qu'elle était partie faire du shopping.

« Je t'ai non seulement acheté plusieurs bijoux pour ta robe, mais je me suis aussi fait plaisir. »

Puis elle se tourna face à Utakata, un peu surprise et gênée.

« Oh désolée je vous dérange ?

- Non pas du tout. » Répondit calmement Utakata en lui adressant un sourire.

Ino se racla un peu la gorge avant de me mettre un cou de coude. Je compris sa requête.

« Ino je te présente Utakata, mon collègue de travail. Et Utakata je te présente ma colocataire et amie, Ino.

- Meilleure amie ! Je suis ravie de faire votre connaissance.

- Moi de même. Naruko on se voit demain. »

Je n'eus pas le temps de lui répondre qu'il me fit un signe de la main et s'éloigna. Je soupirai, puis avec Ino on se décida à rentrer.

« Tu ne m'avais pas dit que tu travaillais avec un beau gosse pareil ?!

- Il y a autre chose chose que je ne t'ai pas dit.. »

J'hésitai à lui en parler. J'avais une confiance aveugle en Ino, mais le problème c'était ses réactions disproportionnées que j'appréhendais. Elle faisait tout une montagne pour rien, et on disait que c'était moi qui dramatisait tout.

« J'ai couché avec lui dès notre première rencontre dans ma salle de classe.

-QUOI ?! » Cria-t-elle, attirant les regards curieux des passants. Puis elle se calma.

« Dès la première rencontre ?! Qui plus est dans ta salle de classe ?! Un lieu publique ?! Bah dis donc tu te lâches enfin ! Coquine ! Et puis pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu sortais avec lui ? Bon je sais que la tradition veut qu'on garde ça secret pendant au-

- Je ne sors pas avec lui. » La coupai-je, pour qu'elle évite de s'enflammer.

« À vrai dire, il me demandait de dîner avec lui un soir, avant que tu débarques.

- Merde, j'ai tout gâché. » Maugréa-t-elle, s'énervant contre elle.

« Mais si je ne vous avais pas interrompu, quelle aurait été ta réponse ?

- Oui, sans doute.

- Tu es réellement prête pour ça ?

- Oui ! Je suis Naruko Uzumaki, je ne compte pas finir vieille fille à cause d'une relation qui ne s'est pas bien terminée ! Il n'y a pas moyens que je reste bloquée au passé. La vie continue et puis, c'est une bête je veux recoucher de nouveau avec lui !

- Elle est de retour ! » S'exclama Ino.

Ino se sauta dans mes bras, enthousiasme, déclarant que j'allais faire des ravages, que j'étais de nouveau dans la course. Moi aussi, j'étais contente. Cette relation commençait doucement, certes, mais bien. Je n'avais donc pas de raison de refuser de dîner avec lui.

« Au final il n'y a jamais eu de projet pédagogique. Il fut ma première relation après Neji, ça n'a duré que sept mois et on s'était quitté d'un commun accord. Cette relation n'avait pas entaché nos rapports professionnels. J'étais ensuite sortis avec trois autres hommes avant de me mettre avec votre père, mais ces relations n'ont pas réellement duré. Mais grâce à la relation que j'ai eu avec Utakata, j'ai réellement comprit que j'étais prête à m'ouvrir à quelqu'un. J'étais réellement passée à autre chose, j'étais prête à rencontrer quelqu'un et a lui ouvrir mon cœur petit à petit. »


10 mai 2013

Je mis ma robe correctement avec l'aide d'Ino qui m'avait aidé à me coiffer et à me maquiller. Sans son aide, j'aurais été complètement débordé, et j'aurais acheté les accessoires nécessaires à la dernière minute. Ce bal m'avait causé beaucoup de stress ces derniers temps, mais je me décidai à ignorer ce stresse. C'était vrai que j'appréhendais de croiser, ne serait-ce, qu'un membre de la famille de Neji, étant donné qu'ils me connaissaient tous, mais je ne regrettais rien. Je n'avais aucun compte à leur rendre, je savais pourquoi j'avais prit cette décision, et personne n'avait à me juger sur ça. Mais malgré ça, je ne voulais pas les revoir de nouveau.

« Tu as hâte ? » Me demanda-t-elle, m'aidant à mettre mon collier.

« Pas vraiment.

- Tu seras avec Sasuke, ça se passera bien. Au pire, appelle-moi et je viendrais te récupérer avec la voiture de Karui, elle m'a passé ses clefs.

- Merci. »

Je me retournai, faisant face à Ino, particulièrement excitée. Elle s'applaudit de son travail avant de faire un grand sourire.

« Si je n'avais pas décidé à travailler dans la biologie, j'aurais sans doute travailler dans la mode.

- En tout cas tu me sauves la vie, alors merci pour tout.

- Tu oublies le plus important. »

Elle fouilla à la hâte dans l'un des sacs plastiques posé au sol avant de crier un eurêka et de prendre le masque.

« Aller à un bal masqué sans masque, ça craint. »

Je lui souris, amusée, avant de mettre le masque noir à plume. Je me regardai sur le miroir de mon armoire, c'était parfait. J'étais prête à sauter dans le lac rempli de requin, avec classe et élégance. Je quittai la chambre avec Ino, rejoignant Sasuke qui nous attendait au salon, tapant du pied. Il se leva du canapé, puis me scruta. Sasuke parut très surprit avant de faire un rictus, très satisfait. C'était la première fois qu'il me voyait aussi élégante, je comprenais qu'il puisse être étonné.

« Allons-y. » M'avertit-t-il: puis on quitta l'appartement laissant Ino.

[...]

Nous étions dans une limousine, allant jusqu'à la demeure des Uchiwa. Le silence en voiture fut d'un silence solennel. Moi je regardai, lasse, les paysages qui défilait par la vitre. Je ne savais pas ce qui m'attendait en allant là-bas, mais c'était trop tard pour faire demi-tour. La limousine s'arrêta devant un grand château, qui devait sans doute de servir de demeure aux parents de Sasuke.

« On est arrivés. » M'avertit Sasuke avant de sortir de la limousine.

Je voulus ouvrir la porte mais Sasuke me devança, me tendant sa main afin de m'aider à sortir. Je haussai un sourcil, amusé, face à l'attitude chevaleresque de Sasuke.

« Depuis quand es-tu aussi galant ? Tu ne me tiens même pas la porte d'entrée de notre immeuble, même lorsque je porte des courses.

- On va à un bal où on est observé par tous, la galanterie est de rigueur mademoiselle Uzumaki.

- Ok, mais tu commences à me faire légèrement peur.. »

Je lui pris la main, puis sortis de la limousine. Le conducteur ferma la portière derrière moi. Je glissai mon bras sous celui de Sasuke, puis nous montâmes les marches du perron afin de faire notre entrée dans la grande demeure. On n'avait même pas encore fait notre entrée qu'on attirait déjà l'attention, à mon plus grand désarroi. Je remarquai plusieurs personnes nous dévisager. Une jeune femme vint à notre rencontre.

« Oh Sasuke-kun ! » S'écria une femme, que je reconnus comme Sakura.

Cette dernière portait une longue robe rose en satin avec un haut chignon, il fallait admettre qu'elle était vraiment élégante. Elle me lança un regard tellement meurtrier que si son regard était une mitraillette je serais morte, gisant dans mon sang. Puis elle feint un sourire poli, même si je savais qu'au fond elle voulait me trucider.

« Naruko, c'est une réelle surprise de vous voir.

- Cela me change de vous voir habillée. Vous réussissez même à vous faire passer pour une femme saine d'esprit. » Dis-je, ironique.

Son sourire poli se crispa à ma remarque, provoquant un sourire de satisfaction de ma part. Elle serra le point, agacée.

« Pourquoi es-tu venue avec elle Sasuke-kun ? C'est humiliant pour toi.

- Non ce qui est humiliant c'est de rentrer par effraction chez un mec qui ne s'est jamais intéressé à vous excepté pour vous bécoter. » Lui répondis-je.

C'était bas ce que je lui avait dit, mais elle commençait sérieusement à m'agacer. Sasuke intervint.

« Je ne t'ai jamais dit de vive voix mais toi et moi on ne sera jamais ensemble. Tu n'es plus ma fiancée et je ne t'ai jamais considéré comme telle.

- Sasuke on-

- Par respect pour tes parents et nos partenariats je t'ai laissé faire. Après ce bal je déménagerais, et tu n'as pas intérêt à me retrouver, ou même essayer. Et si j'apprends que tu t'es de nouveau infiltré dans l'appartement de Naruko, ou de qui que soit qui m'est proche, j'irais faire une demande d'éloignement, mais aussi bien pire. Je n'hésiterai pas à le faire. » Déclara froidement Sasuke, rempli de haine.

Sakura pâlit face à la menace de Sasuke, j'espérais qu'elle ne s'évanouisse pas dû au choc. Elle tourna les talons, s'éloignant, très blessée et énervée. J'en avais presque de la peine pour elle. Je disais presque. Puis je soupirai de soulagement avant de sourire à mon cavalier. Ce dernier fit un rictus victorieux.

« Mission accomplie ! Peut-on rentrer maintenant ? Je veux manger un gros hamburger !

- Certaines personnes nous ont aperçut, on est obligé d'y aller et d'au moins saluer mes parents. Et après cela, on partira. »

Je hochai doucement la tête. C'était malpoli de partir ainsi, mais je ne voulais pas rester. Heureusement que mon masque cachait mon anxiété et ma lassitude vis-à-vis de ce bal. Sasuke serra davantage mon bras, puis on commença à monter les marches du grand manoir, croisant certaines personnes qui nous saluèrent d'un hochement de tête.

« Prête à te lancer dans la gueule du loup ?

- Non. » Lui répondis-je.

Il s'en fichait royalement puisqu'on fit notre entrée dans la salle de réception. C'était encore plus classe et raffiné que je l'avais imaginé. J'entendis un orchestre joué non loin, donnant une atmosphère encore plus solennel. Je ne me sentais pas vraiment à ma place. Je ravalai ma salive, je n'allai pas me laisser démonter. Ce n'était pas mon genre, j'allais rester polie et cordiale, arborant mon plus beau sourire, peut-être même qu'à la fin je m'amuserais. En entrant, on attirait des regards, ce que je n'appréciais pas particulièrement.

« Il y a mes parents là-bas, allons les voir. »

On s'avança dans la foule, je remarquai des regards curieux, d'autres envieux. Certaines personnes nous sourirent et hochèrent de la tête pour nous saluer. J'aperçus deux couples discutés au fond de la salle. Une femme nous aperçut à son tour, puis venir vers nous. Elle avait l'air très jeune, et était très belle. Elle ressemblait beaucoup à Sasuke.

« Sasuke mon chéri. » Salua la femme.

« Tu ne me présentes pas à ta charmante cavalière ? Ou plus ?

- Loin de là mère. Je te présente Naruko Uzumaki, une amie.

- Enchanté madame.

- De même ! Vous avez réussi à faire ramener mon fils à un de mes bals annuelles, j'en viens presque à vous admirer.

- Croyez-le ou non mais c'est lui qui a insisté pour que je vienne. »

Je pris une pause avant de chuchoter, méfiante.

« Je suis ici contre ma volonté madame. »

Ma phrase fit rire la mère de Sasuke, à mon plus grand étonnement. Elle l'avait sans doute prit cela comme une blague venant de ma part. Je souris, suivant le mouvement, même si j'étais très sérieuse. Un homme d'une imposante carrure vint derrière la mère de Sasuke. Ce dernier fut le seul de la salle à ne pas porter de masque. Il me fixa d'un air dur, il était intimidant. Je compris que c'était le père de Sasuke, cet homme qui était contre les projets de ce dernier.

« Père, je vous présente Naruko Uzumaki, ma cavalière.

- Enchanté de vous rencontrer monsieur Uchiwa. » Répondis-je, masquant mon appréhension.

Il était vraiment imposant, c'était comme si je m'étais retrouvé dans le bureau du directement de l'école et qu'il s'apprêtait à me donner une punition. Il me salua d'un simple hochement de tête. À première vue, je comprenais pourquoi Sasuke ne passait pas beaucoup de temps avec son père. La mère fit un sourire bienveillant à son mari. Sa mère était vraiment chaleureuse.

« On va vous laisser, amusez-vous bien les jeunes. » S'exclama sa mère. Sasuke fit simplement un hochement de tête, puis ils s'éloignèrent, allant parler à d'autres personnes.

« Bonsoir Sasuke. »

Ce dernier se retourna, j'en fis de même. On fit face à un homme, de très grand de taille. Ils serrèrent la main. L'homme me salua d'un hochement de tête, que je rendis :

« Naruko je te présente Jugo Sakaguchi, un ami de longue date. Et Jugo voici Naruko Uzumaki, cavalière et colocataire.

- Ravie de faire votre connaissance.

- Moi aussi. Excusez-moi mais il faudra que je vous emprunte votre cavalier, c'est important.

- Je comprends, je vais aller par là. » Dis-je tout simplement, montrant du doigt au hasard la direction que j'allais prendre.

Je m'éloignai d'eux, voulant aller à l'autre bout de la salle. Ce n'était pas prévu que je reste seule dans un coin à attendre Sasuke, déjà que je pensais qu'on devait directement partir après sa confrontation avec Sakura. Accidentellement, je bousculai quelqu'un. Je me retournai aussitôt, voulant m'excuser. Mais ma phrase mourut en voyant la personne qui était face à moi : Tokuma Hyûga. Le cousin de Neji et également son meilleur ami. Ce dernier me reconnut aussi malgré mon masque, puis me lança un regard dédaigneux.

« Vas-tu longtemps me fixer la bouche entre-ouverte ? Je t'ai connu plus bavarde que ça. »

Je clignai des yeux, reprenant mes esprits.

« Pardon de t'avoir bousculé.

- Ce n'est pas de cette excuse que je veux. »

Je fronçai les sourcils, sachant ce qu'il voulait dire. Je ne pouvais pas me mettre en colère contre lui, Neji n'avait probablement pas révélé les réelles raisons de notre rupture.

« Tu ne sais pas de quoi tu parles.

- Tout ce que je sais, c'est que tu as laissé en plan mon cousin, et qu'il t'a attendu pendant presque quatre heures, debout, espérant que tu le rejoignes à l'autel.

- Il m'a aussi détruit.

- Pauvre de toi. Sauf que ce n'est pas toi qui s'est fait humilié devant plus de deux cents personnes. » Rétorqua-t-il, grinçant presque des dents, en colère, n'élevant pas la voix afin de ne pas attirer l'attention.

« Tu crois que ça m'a amusé de fuir de mon propre mariage ?! De rompre mes fiançailles avec l'homme qui était censé être l'homme de ma vie ? C'est lui qui a détruit notre histoire, c'est lui qui- »

Je me coupai dans mon élan. Pourquoi me justifiais-je auprès de lui ? Quelle satisfaction cela m'apporterai de dire la vérité maintenant, trois ans plus tard, mis à part fermer le clapet de Tokuma ? Rien du tout. J'avais fait le bon choix à l'époque. J'étais passée à autre chose, cela n'allait rien changer à ma vie. Mais cela allait changer la vie de Neji, l'opinion que les gens avaient de lui. Neji avait grandi dans une famille très stricte qui avait un code éthique des valeurs qui faisaient en sorte de respecter. Il serait très mal vu s'ils apprenaient qu'il m'avait trompé, et qu'il avait envisagé de le faire même après notre mariage.

« Alors pourquoi l'as-tu fait ?

- Cela ne regarde que Neji et moi. » Lui avouai-je, très froide.

« Tiens, qui voilà. Naruko Uzumaki.. » Intervint une voix.

Je me retournai face à la personne qui avait dit la phrase, faisant face à Natsu Hyûga, la cousine de Neji. Décidément j'allais croiser tout son arbre généalogique à ce bal, et c'était ce que je redoutais. Je savais également que la famille Hyûga était très fidèle auprès des siens, et étaient rancuniers. On pouvait comparer leur famille à une mafia. Deux autres Hyûga, dont j'avais oublié le prénom, vinrent à leurs tours.

« La dernière fois que je t'ai vu c'était il y a trois ans, à notre dîner familiale, où tu disais aimer Neji et d'avoir hâte de l'épouser.

- Avant Neji maintenant Sasuke.. Elle les aime riche.

- Elle n'a aucune estime d'elle-même. » Chuchota l'une des filles, croyant que je ne l'avais pas entendu.

Je les écoutais que d'une oreille, me jugeaient et m'insultaient, car oui, ils m'insultaient, même s'ils n'employaient pas de gros mot. Ils me manquaient de respect, et moi je restai là, pantoise, à les laisser parler. Plus ils m'insultaient, plus je perdis patience. Je serrai les poings, de plus en plus agacée et en colère. Je n'étais pas de nature très patiente.

« Vous ne savez RIEN, mais absolument RIEN de mon histoire avec Neji. Et s'il ne vous a pas dit toute la vérité, ce n'est pas mon problème. Alors, foutez-moi la paix et allez vous faire foutre ! » M'écriai-je, en colère, attirant les regards de tout les gens présents de la salle.

De la gêne, voilà ce que je ressentais en voyant toutes les personnes ne dévisageaient, choqués et indignés. Puis l'agacement reprit le dessus. Je bousculai de nouveau Tokuma afin de passer, puis vit un grand balcon au fond de la salle. J'accourus presque à lui. J'avais besoin d'air, j'étouffais dans cette grande salle. J'allai dans le balcon, puis prit une grande inspiration, avant de souffler. L'air frais de la nuit me fit un peu de bien, mais je ne décolérais pas totalement. J'en avais plus que marre de ce foutu bal masqué, en plus de cela j'avais complètement perdu Sasuke. C'était sûr qu'il était parti sans moi cet enflure. Qu'est-ce-qui allait m'arriver de bien dans cette soirée ? Pourquoi même restais-je ? Je sentis quelqu'un me tapoter l'épaule et je me retournai, me demandant qui me dérangeais. À ma plus grande surprise, je vis un homme, plus grand que moi, avec un costume noir, portant un masque noir avec de fins détails doré. Je ne pouvais voir que ces yeux ébènes, ils étaient hypnotisant. J'en fus légèrement étonnée et troublée.

« J'ai été témoin ce qui c'était passé tout à l'heure.

- Comme tout le monde, je ne suis pas vraiment passer inaperçue.. Avez-vous fait le déplacement pour me faire la morale ? Ou même me juger ? Allez-y, ma soirée est assez lamentable comme ça. » Lui avouai-je, excédée.

« Je ne suis pas là pour cela. » M'avoua-t-il avant de regarder l'intérieur.

Je suivis son regard et aperçus plusieurs personnes danser. Je tournai la tête pour le regarder et je tombai sur ces yeux. C'était bizarre et même très perturbant pour moi, mais j'aimais la façon dont il me regardait. On ne m'avait jamais regarder ainsi. Je ne pouvais pas mettre un nom sur ce regard. Malgré moi je rougissais, heureusement que je portait un masque. Il me tendit sa main.

« Voudriez-vous m'accorder une danse ? »

J'en fus très surprise, avant de hocher timidement la tête en guise de réponse. Je posai ma main sur sa main tendue. Il me guida jusqu'à la salle de bal. J'entendis des murmures derrière notre dos et remarquai que plusieurs personnes présentes me dévisageaient et chuchotaient. Je détestais cela. Il me serra davantage la main, comme s'il avait senti mon anxiété. Il me prit par la taille et on commença à danser.

« Ne regardez pas autour de vous, ne regardez que moi. » Me susurra-t-il à l'oreille pour me rassurer.

Je hochai la tête et ne le quitta pas des yeux, il fit de même. On dansa ainsi pendant plus d'une vingtaine de minutes. À vrai dire je n'en savais rien, c'était comme si le temps c'était arrêté, qu'il n'y avait que lui et moi dans la salle. C'était étrange de ressentir et partager un moment comme ça avec un homme dont je ne connaissais toujours pas son prénom, un inconnu dans le fond.

« Ne comptez-vous pas me dire votre nom ?

- Gardons ce côté mystérieux.

- Je n'aime pas les mystères.

- Vous mentez. Tout le monde aime le mystère. C'est dans la nature de l'homme de chercher à savoir ce qu'il ne sait pas, de comprendre ce qu'il ne comprend pas et de vouloir ce qu'il ne peut pas avoir.

- Et qu'est-ce-que vous voulez, vous ?

- À vrai dire, je ne sais pas. Mais je sais qu'il me manque quelque chose..

- J'espère que vous trouverez ce que vous recherchez.

- Merci. Vous aussi. »

Je lui souris, ce fut mon premier vrai sourire de la soirée. On dansa ainsi durant plusieurs minutes. J'avais l'impression d'être Cendrillon, puis la musique cessa. Il se décala de moi et je pouvais deviner qu'à travers son masque, il me souriait. Mais je fus un peu déçue que ce moment ne dure pas un peu plus longtemps. Chaque belle chose avait une fin. Peut-être qu'au fond, il avait raison, qu'il valait mieux conserver ce mystère. Cela me fit m'interroger davantage sur lui, et ça serait un souvenir énigmatique d'une soirée monstrueuse.

« Je vous remercie de m'avoir accordé cette danse.

- Avec plaisir, je voudrais aussi vous remercier d'avoir mit une touche positive à ma soirée. Au final je ne serais jamais comment vous vous appelez, mais j'ai passé un excellent moment avec vous.

- Vous le serez plus vite que vous le croyez je pense. »

Je n'avais pas eu le temps de lui répondre qu'il me fit un chaste baiser sur le front et disparût dans la foule, me laissant dans la plus grande incompréhension au milieu de la salle. Je souris, puis décidai de quitter ce bal. Ma soirée avait terminé sur une bonne note, je n'avais plus rien à faire ici. Je décidai de rentrer à l'appartement à pied.

« Cette année 2013 a été signe de beaucoup de changements pour moi. Je n'aimais pas les grands changements, il y a même eu un temps où je détestais ça. J'avais détesté ça car les conséquences qu'il y a eu avec m'avait beaucoup blessé. Comme la mort de vos grands-parents, ou de ma rupture avec Neji par exemple. À cause de la vie d'adulte, je ne voyais plus mes amis autant qu'avant. Mais chacun avait grandi et changé. Mais on avait trouvé une nouvelle dynamique face à tout ces changements. On doit s'adapter au changement, on n'a pas le choix, même si ça peut faire mal. Mais parfois, le changement a du bon. Oui parfois, le changement est tout ce dont on avait demandé, c'était un tout. Cela pouvait mettre de la lumière et de la gaieté dans nos vies.. »

12 mai 2013

Tous mes amis et moi étions réunis autour de ma table à manger. Avec Ino, on avait préparé ce dîner. Ce dîner serait suivit d'une fête, une fête en hommage à l'amitié qui nous réunissais tous. Je fis le tour des yeux la table, dévisageant un à un mes amis, avec un petit sourire aux lèvres. Kiba parlait de sport avec Karui, cette dernière tenait timidement la main de Choji qui lui, terminait son plat. Lee était également devenu professeur, mais de sport dans mon ancien lycée. Il racontait son quotidien à Shikamaru, Ino, Hinata et Sasuke, qui ne l'écoutait que d'une oreille. Gaara manquait à l'appel, mais je fus également un peu attristé de voir Shikamaru venir seul. Temari refusait de me parler, et j'aurais voulu la voir ce soir. Il remarqua que mon regard s'était attardé sur lui puis me sourit faiblement, sourire que je rendis. Kiba se racla la gorge avant de se lever de sa chaise, tenant son verre.

« Je voudrais d'abord remercier Naruko et Ino, car sans elles on ne serait pas tous réunis autour de cette table et on aurait dû vous annoncer la nouvelle séparément par message ou autre.. » Commença Kiba, faisant grandir ma curiosité et celles des autres. Il fit durer le suspens, mettant ma patience et celle de Karui à dure épreuve.

« Allez ! » M'exclamai-je, à la hâte, l'encourageant à en dire plus.

« Crache le morceau Inuzuka ! » S'écria Karui, s'impatientant.

Hinata se leva également de sa chaise, puis se tint le ventre avant de faire un sourire bienveillant. Je mis automatiquement mes deux mains devant ma bouche, devinant la nouvelle qu'ils étaient en train de nous annoncer, trouvant cela dingue.

« Je suis enceinte de quatre mois. »

Lee hurla de joie, hurlant que c'était la consécration de la vie de couple. Karui, Ino et moi nous nous levâmes à la hâte, enlaçant Hinata. Sasuke fit un rictus, levant son verre à Kiba, qui lui sourit en se grattant l'arrière de la tête. On suivirent tous le mouvement de Sasuke et on leva nos verres pour les féliciter, fêtant la bonne nouvelle toute la nuit.

« Je suis devenue la marraine de Masamune Inuzuka, né le 8 octobre 2013. Cela a été le plus bel événement de l'année. Je compris réellement qu'une mauvaise passe n'était qu'éphémère, et que le lendemain tout pouvait s'arranger et s'améliorer. Il fallait essayer de garder en tête que les beaux moments, comme celui. Ou comme ma rencontre, presque irréelle, avec votre père au bal masqué. Cette nuit là j'ai apprit que la vie avait un sens si on savait ce que l'on voulait. C'est ce que m'avait appris votre père en dansant avec moi. Parfois, juste en quelques secondes, en parlant ne serait-ce que quelques minutes avec une personne, notre perception des choses pouvaient changer. Moi je ne savais pas ce que je voulais mais lui avait trouvé ce qu'il cherchait ce soir là : de la spontanéité. Et il avait raison sur un autre point, j'allai le revoir plus vite que je ne le pensais car un an plus tard.. »

31 décembre 2014

Il était vingt trois heures cinquante six et le décompte allait bientôt avoir lieu. Je mettais perdue dans l'immense villa des Uchiwa. Tous les couloirs et les portes se ressemblaient, je n'arriverais probablement jamais à temps pour rejoindre les autres pour le décompte. Je courrais dans les couloirs du grand manoir, mes talons claquaient au sol. Puis fis face à la dernière grande porte en bois du couloir. Les portes dans ce manoir se ressemblaient toutes, je ne savais pas où il était et c'était agaçant. J'entrai sans demander mon reste et vis un homme, assis de dos à moi en regardant la baie vitrée qui donnait une vue sur Tokyo.

« Bonsoir, je suis désolée je me suis trompée de-

- Ce n'est rien, entrez. »

Je masquai mon étonnement puis entrai, fermant derrière moi la porte tout doucement. J'avais l'impression de le déranger. L'homme se retourna et fit face à moi, me fixant. Ces cheveux ébènes lui tombèrent sur les épaules, mais ce qui attira mon attention étaient ses yeux d'un noir profond. Je pouvais reconnaître ce regard entre mille. Je souris malgré moi, reconnaissant l'homme du bal. J'admis également que c'était un bel homme. Cette part de mystère allait disparaître ce soir, je le compris aussitôt en le voyant faire un faible sourire.

« Bonsoir, vous devez sans doute être l'ancienne colocataire de Sasuke ?

- C'est exact. Je m'appelle Naruko Uzumaki. » Me présentai-je, m'avançant dans la grande pièce. Il s'avança également vers moi.

« Et vous, vous êtes sûrement le grand frère de Sasuke ?

- Itachi Uchiwa. Je suis ravie de faire votre connaissance.

- Le plaisir est partagé. »


Hâte de lire vos réactions en découvrant l'identité du père :D Même si certain(e)s avaient deviné, je ne pouvais rien confirmer, désolée.

Au début je voulais faire de ce chapitre le dernier de cette fiction, mais les prochains chapitres mettront en scène l'évolution de l'histoire entre Naruko et Itachi, et des amis de Naruko. Car oui, d'autres aventures (bonnes et mauvaises) les attendent..

L'intégralité de la rencontre entre notre jeune héroïne et l'Uchiwa n'est pas dévoilée, je dois laisser un peu de mystère tout de même.