Allô ? Voilà le chapitre huit, encore désolée du retard !

Disclaimer : Les personnages présents dans ce chapitre ne m'appartiennent pas.

Case infos/réponses/Spoil :

#Info n°1 : Itachi est né le 6 juin 1982, il a donc cinq ans de plus que notre blonde préférée.

#Info n°2 : Tous les amis de Naruko sont de la même année qu'elle.

#Info n°3 : Je le répète encore une fois MAIS dans ma fiction Temari est plus jeune que Gaara ! C'est sa demi-sœur.

#Info n°4 : Le fils aîné de Naruko et d'Itachi, Akira Uchiwa, est né le 4 novembre 2016 et miss Mihoko Uchiwa est née le 9 juillet 2018.

Si vous avez d'autres questions (au sujet des personnages ou autres) n'hésitez pas à me les poser, j'y répondrai sous formes d'informations au début de chaque chapitre.

Bonne lecture !


« Les enfants, je dois vous avouer que je suis le genre de personne à régler mes problèmes par moi-même. L'un de mes dictions est « confronte tes problèmes avant qu'ils ne deviennent plus grave » quitte à foncer dans le tas sans réellement réfléchir. Il y a dans mon comportement quelque chose de très paradoxale : J'aime aider les autres, leur apporter mon aide même lorsqu'ils ne me la demandent pas -ce qui m'avait valu beaucoup de reproches et de désagréments-. Je pense que les problèmes ne devraient pas être affronter seul. Mais moi, je n'aime pas parler de mes problèmes. J'ai toujours eu cette impression que si j'en disais trop, je dérangeais. Lorsque j'étais enfant, j'attirai la pitié des adultes et je détestais cela, je pense que c'est de là ce fait de ne pas vouloir en dire trop. »

07 septembre 2015

Donc me voilà face à mon pire cauchemar : Samui Yono, thérapeute de renom à voir la plaque dorée mise en avant sur son bureau et des divers diplômes accrochés aux murs. Cette dernière me fixait de ses yeux bleus glacial, me mettant mal à l'aise. Tout était froid et glaciale venant de cette thérapeute : Son regard, ses cheveux blonds coupés au carré, sa tenue stricte noir, et même sa voix. La première fois que je l'avais vu, je pensais que c'était un mannequin. Non pas dans le sens péjoratif, mais elle était vraiment élégante et j'enviais sa poitrine généreuse. Je jouais nerveusement avec mes doigts, seul le bruit de l'horloge résonnait dans la grande pièce. Elle attendait sûrement que je parle, que je dise quelque chose, n'importe quoi. Mais pour une fois, je ne savais pas quoi dire. Que dire en vérité ?

« Mademoiselle Uzumaki, je vous trouve vraiment têtue.. » Dévoila-elle en soupirant, attirant un froncement de sourcil de ma part.

« C'est notre troisième séance et vous n'avez encore rien dit. Non pas que je déteste le silence...

- L'important c'est que je sois là non ? C'est déjà un GRAND pas pour moi ! Juste le fait de venir ici en thérapie, m'asseoir, réfléchir dans le silence... Cela m'aide. » Répondis-je avec un faux sourire poli.

« C'est donc en gardant le silence que vous allez résoudre vos problèmes ?

- Je n'ai pas de problèmes ! J'ai toujours réussi à affronter mes traumatismes et mes problèmes sans aide.. Médicale. Tout cela est nouveau pour moi.

- Je ne suis pas un médecin.

- Qu'est-ce-que vous êtes alors ?

- Une personne qui veut juste voir si tout va bien..

- Je-vais-bien. » M'écriai-je en citant un à un les mots.

« Alors si tout va bien, pourquoi êtes-vous là ? »

La garce ! C'était le seul mot qui me venait à l'esprit à l'instant, sûrement parce que je n'avais pas la réponse moi-même. Je n'aurais pu ne pas venir, être en train de peindre ou alors aider Sasori avec la nouvelle galerie qu'il montait sur Tokyo, ou même prendre de l'avance pour corriger les travaux de mes élèves. J'aurais pu être n'importe où, mais j'étais là. Je soupirai, puis avouai :

« Je n'aime pas vraiment parler de moi..

- Mais vous allez devoir le faire si vous voulez ne plus me revoir. »

Elle n'avait pas tort, plus vite j'en finissais plus vite je partirais d'ici et je pourrais être de nouveau avec Itachi. C'était pour lui que je faisais cela. Je soupirai, baissant les bras.

« Je suppose que je dois commencer par vous raconter mon enfance, les gens qui m'entourent, comment j'en suis arrivée là.. Et... »

Je ne savais pas par quoi commencer, je n'avais pas eu une enfance facile, au contraire. Je pensais à un événement en particulier, c'était à partir de là que ma vie avait changé à jamais. Je ne voulais pas raconter cela, en tout cas pas maintenant.

« J'ai passé le reste de mon enfance à l'orphelinat. J'ai rencontré une fille, Karui, elle était à l'orphelinat car sa mère l'avait abandonné. Jusqu'à aujourd'hui je suis très amie avec elle, d'ailleurs j'étais avec elle avant de venir ici. Ses frères sont venus la récupérer deux ans plus tard. Je ne sais pas combien de temps j'avais pleuré après son départ, je me retrouvais encore seule.

- Vous n'aimiez pas la solitude ? N'aviez-vous pas d'autres amis en dehors d'elle ?

- Je pense que la solitude est un choix, c'est bien parfois de se retrouver seul et de penser. Mais lorsqu'on se retrouve seul et que l'on n'a pas choisi de l'être.. C'est difficile. Je n'avais pas d'autres amis, les autres enfants se demandaient sans cesse pourquoi j'étais là. J'ai été harcelé et insulté. Ça a été une dure période, mais je suis restée forte malgré tout ! » Terminais-je en souriant, n'aimant pas être dramatique et attirer la pitié. Enfant je ne souriais que faussement après le départ de Karui.

« À cette époque j'ai rencontré un garçon de mon âge et qui est depuis mon meilleur ami, Gaara. Avant que je le rencontre, j'étais persuadée que le bonheur était dans le fait d'avoir ses parents et de l'argent, mais lui avait tout cela mais n'était pas heureux. J'avais aussi rencontré Iruka, qui était mon maître à l'école. Je n'avais que eux, et j'étais heureuse. J'aurais donné et je donnerai ma vie pour eux.

- Pourriez-vous m'en dire plus sur Iruka ?

- C'est le premier adulte à avoir cru en moi et à m'avoir tendu la main. Il m'a beaucoup aidé et m'a adopté. Il m'a beaucoup apporté et sans lui je ne sais pas ce que je serais devenue. J'ai repris confiance en moi, je me suis fait de nouveaux amis du coup je n'avais plus de réelles raisons d'être triste. Kiba, Ino, Shikamaru, Chôji... » Finis-je la phrase dans un chuchotement dans le vague, qu'entendit la thérapeute.

« Eux aussi ont vécu beaucoup de choses. Mon amie Ino a avorté à l'âge de seize ans et ça été la décision la plus difficile qu'elle ait prise. Les parents de Kiba ont divorcé et il ne voyait son père que pendant les fêtes, et encore. La petite-amie de l'époque de Shikamaru est morte dans un accident alors qu'il n'avait que quinze ans. Chôji est hyperphagique*... On en a vécu des choses ensemble mais ces moments douloureux nous ont encore plus rapprochés. Je suis désolée je m'égare j'étais censée parler de moi. Je fais ça à chaque fois que je suis un peu nerveuse et tendue.

- Non ne vous excusez pas. Ici vous n'avez pas à être nerveuse, vous pouvez parler de tout. Chaque chose, chaque détail est important. Là vous m'avez parlé de vos amis, chacun à un rôle très important dans votre vie actuelle. »

Une petite alarme retentit, signifiant que la séance était terminée. Le temps passait plus vite lorsqu'il y avait un dialogue. Je me levai de ma chaise puis sera la main de mon thérapeute.

« Je vous dis à vendredi Naruko. »

Je lui fis un dernier sourire avant de quitter la salle.

[….]

Je rentrai chez moi, lasse. La première chose que je fis avait été de me prendre une bière à la cuisine puis de m'affaler sur le canapé. Je bus seule ma bière, dans un silence religieux, repensant à tout ce qui se passait dans ma vie. Premièrement, la décoration de l'appartement avait changé, les murs autrefois beige étaient devenu blanc. Il y avait de plus en plus de photos accrochés sur le mur, qu'on avait baptisé le mur à photo : c'était sur cette partie du mur qu'Ino et moi accrochaient leurs photos. Mais une photo attira mon attention. Une photo, et j'avais l'impression que mon cœur allait exploser en détaillant au loin son visage. Je me levai puis m'approchai de la photo. C'était une photo de Itachi et moi à Séoul. Il avait un voyage d'affaire là-bas et je lui avais fait la surprise en le rejoignant là-bas. C'était l'un des plus beaux moments de ma vie. Tout ce que je vivais avec Itachi était beau, et c'était cela qui me faisait peur. Je n'y pensai pas davantage car j'avais été interrompu par la porte d'entrée qui claquait. Ma colocataire et très chère amie Ino me prit la bière des mains, puis s'affala sur le canapé en soupirant fortement. Je m'affalai à côté d'elle, attendant qu'elle parle. Au bout de vingt minutes de silence, qui en paraissait être une heure, elle parla :

« Naruko, j'ai vingt sept-ans ans, bientôt vingt-huit ans.

- Je le sais, moi aussi Ino. Et ?

- Au lycée je pensais qu'à mes vingt-cinq ans je serai mariée avec une brillante carrière, puis qu'à mes vingt-sept ans je tomberai enceinte de mon premier enfant, puis du deuxième à mes trente ans. Être célibataire, vivre avec toi -ne le prends pas mal- ne faisait pas parti de mes plans.

- J'en conclus que ton rendez-vous de ce soir a été une catastrophe.

- Tu n'as pas idée. Ce mec me disait sans cesse qu'il était médecin alors qu'il est DENTISTE ! Il s'est vanté toute la soirée d'avoir enlever les dents de sagesses de notre premier ministre. »

Je me retenais de rire, mais en même temps m'inquiétais pour Ino. Cela faisait deux mois qu'elle enchaînait les rendez-vous, et qu'elle rentrait toujours aussi déçue. Je savais que quelque chose s'était passé pour qu'elle ait un déclic de ce genre, mais elle refusait d'en parler ou évitait le sujet, alors je n'insistais pas. Je repris ma bière puis en bus également.

« Et toi avec Itachi ? Est-ce-que tu comptes l'appeler ?

- Non, je ne peux pas le faire. »

Je ne voulais pas en parler. Je n'avais dit à personne, même pas à Gaara, que j'avais commencé une thérapie. Tout le monde connaissait mon opinion à ce sujet, je n'y croyais pas. Mais je n'avais pas le choix si je voulais arranger la situation avec Itachi. C'était à moi de changer, c'était donc pour cela que j'allais en thérapie et que je ne pouvais pas parler à Itachi. C'était de ma faute.

« Les break en couple c'est ce qu'il y a de pire. La distance t'éloigne de ton partenaire et c'est soit bénéfique soit une catastrophe, qui entraîne la rupture.

- Je sais, mais c'est nécessaire dans notre cas. Si je ne tenais pas autant à lui j'aurais rompu..

- Mais fais attention à ce que ce break ne perdure pas éternellement. Cela fait bientôt deux semaines quand même, et j'adore le Itaruko**.

- Je le sais, moi aussi je l'adore.. » Répondis-je en riant légèrement du nom, puis me passai une main dans les cheveux. Je me levai puis la saluai de la main pour me réfugier dans ma chambre, masquant mes larmes naissantes. Pas deux semaines, mais dix jours. Cela faisait dix jours que je n'avais ni vu ni parlé à Itachi.


18 septembre 2015

La thérapeute me dévisageait avec curiosité, m'écoutant attentivement. Je parlais de tout et de n'importe quoi, cela me détendait de faire cela avant de parler des sujets sérieux. J'allais la voir trois jours par semaine : Le lundi, le mercredi et le vendredi. Je me surprenais même à parler autant et à être à l'aise. Non seulement je m'y habituais mais j'étais plus en confiance, heureusement que j'avais une bonne mutuelle. Je ne l'avais jamais vu prendre de note durant nos séances, chose qui me rassurait car sinon j'aurais eu l'impression d'être un rat de laboratoire, une expérience ratée de la vie.

« Jusqu'à cette année, je n'avais pas vraiment eu de chance en amour. Je suis nulle dans ce domaine mais personne ne s'y connaît réellement en amour, c'est tellement imprévisible ce truc. J'avais quatorze ans lorsque j'ai eu mon premier petit-ami, Karashi. Il sortait avec moi juste pour frimer, je l'ai surprit une fois à dire « je sors avec une orpheline, ce n'est pas si horrible et déprimant que ça ». Puis en seconde avec un garçon plus âgé, je ne me souviens plus de son prénom... » Avouais-je un peu honteuse et amusé avant de reprendre.

« J'ai eu deux ou trois coup de cœur au lycée avant de sortir avec un garçon en terminale pendant plusieurs mois, il s'appelait Kozuchi. On a rompu d'un commun accord parce qu'il allait déménagé à l'autre bout de la métropole. Même s'il serait resté sur Tokyo je ne pense pas qu'on serait resté longtemps ensemble. Puis... » Je m'arrêtai. L'histoire avec Neji était compliquée, je ne savais pas par ou commencer. Puis je m'étais dit autant tout lui raconter.

« Pendant le mariage de Kiba avec Hinata, j'ai rencontré l'un des témoin, qui n'était d'autre que le cousin d'Hinata, Neji. Lorsque j'ai commencé à le fréquenter j'ai reçu des retours assez négatifs à son sujet.

- De quels types ?

- Il y avait eu plusieurs rumeurs comme quoi il enchaînait les relations sans lendemain, que c'était un vrai playboy. Mais d'autres comme Gaara par exemple qui ne le sentait pas. Mais je n'avais pas prit en compte l'avertissement de Gaara alors que c'était mon meilleur ami, je l'écoutais et je prenais son avis en considération à chaque fois. Mais pas cette fois-ci. Je n'écoutais pas les bruits de couloirs, j'en avais été victime enfant. Je suis tombée amoureuse de lui, c'était comme être sur un petit nuage.. Je l'aimais et lui aussi enfin.. Tout cela n'a pas suffit. Plus le temps passait, moins je le voyais. Parfois il ne dormait pas chez nous à cause du travail. Il avait loué un appartement, ou plutôt une garçonnière, à côté de son travail. Je sentais que notre couple n'allait pas, alors un soir... Je voulais réanimer la flamme, j'avais décidé de lui faire la surprise car je le voyais de moins en moins. Je suis allé à son appartement et je l'ai surprend avec quelqu'un que je pensais être mon amie, en pleine.. Jouissance.. » Révélai-je en crachant presque sur le dernier mot avec dégoût.

« Je peux vous dire que je suis vite tombée de mon nuage et que l'atterrissage a été dure.

- Comment s'est terminé cette histoire ?

- Même en ayant apprit son infidélité, je suis restée avec lui pour sauver notre couple. Tout est allé très vite ensuite : Il m'a demandé en mariage devant tout mes proches. Je ne savais pas quoi faire d'autre à ce moment là, je l'aimais et je me disais que cela faisait parti de nombreuses épreuves à surmonter lorsqu'on était en couple, rien n'est parfait après tout. Le mariage serait la preuve que notre couple était solide, quelle conne j'ai été à ce moment là... »

Je soufflai avec un sourire mauvais sur le visage, me rendant réellement compte à quel point j'ai été naïve, puis reprit :

« Je l'ai surpris le jour même de notre mariage avec elle. Ils voulaient continuer leur liaison même après le mariage. Il pensait que j'étais assez bête pour ne jamais me rendre compte qu'il me trompait ou que je n'allais jamais le découvrir. On ne m'avait jamais autant manqué de respect. J'avais même l'impression que je m'avais trahi moi-même en continuant cette histoire. J'ai fui mon propre mariage. » Révélai-je avant de rire légèrement en surprenant ma thérapeute être surprit de la chute de l'histoire.

« Je ne l'ai plus jamais revu depuis et je me suis jurée que plus jamais je ne pardonnerai la tromperie. Je ne me rabaisserais plus mes critères et mes valeurs pour un homme. J'ai beaucoup souffert de cette rupture. J'avais perdu mon identité, j'étais malheureuse, triste, je me sentais indésirable. J'ai vécu dans une chambre d'hôtel sans y sortir pendant deux mois, coupant tout contact avec mes amis. Parfois je voulais en finir et abandonner tout simplement. Je voulais tout simplement disparaître, je me demandais sans cesse pourquoi j'étais là. Un jour j'ai reçu un appel de Neji, cela m'avait mis dans une telle colère que je me suis coupée les cheveux. Pour moi c'était une façon de couper définitivement les ponts avec lui et avec le passé. Ça avait été le déclic, de me dire que je valais mieux que tout cela et qu'il fallait que je surmonte cela. Mais j'avais également comprit que j'avais de la chance d'être encore en vie et je ne voulais pas gâcher cette chance. C'est surtout grâce à Tayuya que j'ai comprit cela, elle m'a beaucoup soutenu.

- Qui est Tayuya ? Vous ne m'avez jamais parlé de cette personne. » Me fit remarquer ma thérapeute.

« C'était une amie très proche. Elle m'a beaucoup soutenu durant cette sombre période. Elle est morte d'une overdose. »

Je secouais la tête, ne voulant pas me mettre à pleurer. C'était toujours douloureux pour moi de parler d'elle.

« Cela fait cinq ans que mon histoire avec Neji est finie, et même après tout cela je ressens toujours du dégoût et une certaine colère vis-à-vis de lui.

- Vous pensez que vous avez besoin de le revoir une dernière fois ?

- Je ne ressens pas ce besoin de le voir et je suis bien ainsi.

- De mon point de vue, vous êtes passé à autre chose. La preuve vous m'avez raconté cette histoire au passé. »

Ce fut la première fois que je vis ma thérapeute sourire, je lui souris également. L'un des rares vrais sourires que j'ai pu faire depuis vingt-et-un jours.


20 septembre 2015

J'avais passé mon week-end enfermé chez moi. J'avais passé mon dimanche matin à corriger des copies. C'était fatiguant d'être professeur, mais ce n'était pas cela qui me ruinait le moral. Normalement les vendredis soirs et les week-end je les passais avec Itachi. Cela était devenu notre habitude. Il travaillait beaucoup en semaine alors je le voyais peu, voir pas du tout sauf le week-end. On s'appelait tous les jours, on parlait par messages. Ces week-end là on se coupait du monde, ce monde pouvait tourner sans moi, il pouvait s'arrêter même cela m'était égale, tant que Itachi était là, dans mon monde à moi. Mais il n'était pas là, et cela faisait exactement vingt-trois jours que je n'avais ni de nouvelles ni l'avait vu. Je me passai les mains sur le visage, soupirant fortement. Je ne savais même pas où il était. Qu'est-ce-qu'il faisait ? Est-ce-que je lui manquais ? Parce que à moi il me manquait terriblement, je me sentais seule et déprimée. C'était sûr que je lui manquais, ce n'était pas juste si cela n'était pas le cas, non ? Sa voix me manquait, c'était horrible. Je pris mon portable des mains, prête à l'appeler lorsque je revins à la raison, me rappelant de la dernière phrase qu'il m'ait dit.

« Lorsque tu seras où tu en es tu m'appelleras, tu sauras où me trouver. »

Je soupirai un énième fois plus fort, je ne voulais pas passer mon après-midi toute seule. Il fallait que je me change les idées et que je parte de cet appartement surtout qu'Ino ne serait pas là. Je savais exactement qui appeler. Elle répondit au bout de la deuxième tonalité.

« Allô Naruko ?

- Hinata, est-ce-que je pourrais venir voir mon neveu préféré maintenant ? S'il te plaiiiiiiiiiit. » Insistai-je de manière dramatique.

« Je t'attends alors.

- À toute ! » Puis raccrochai, enthousiasme.

[...]

J'avais passé toute mon après-midi avec Hinata et le petit Masamune. Ce dernier ressemblait étrangement à son père sauf qu'il avait hérité des cheveux de jais de sa mère. Il était âgé de seulement un an et demi. Il grandissait tellement vite, c'était impressionnant et me faisait aussi sentir très vieille. Il marchait et courait d'une drôle de façon, épuisant sa pauvre mère. Hinata avait décidé de prendre deux ans de congé de maternité afin de s'occuper à plein temps de son fils.:J'étais assise sur le canapé, attendant que Hinata couche Masamune. Elle revint au bout de vingt minutes, puis s'assit à côté de moi en soufflant de soulagement.

« Masamune est encore plus agité que d'habitude lorsque tu es là.

- Je ne sais si c'est une bonne ou une mauvaise chose ce que tu me dis là.

- Un peu des deux. Il est fils unique, il n'a pas l'occasion de voir beaucoup d'enfants de son âge. Ça a été une bonne journée, merci d'être venu nous voir Naruko.

- Merci à toi.

- Tu manges ici ce soir ?

- Pourquoi pas ? » Lui répondis-je en lui souriant. Je pris mon téléphone afin de passer commande pour dîner, Kiba rentra à ce moment là du travail.

« Bonsoir, femmes ! » S'exclama-t-il avec un grand sourire, jetant le courrier sur la table basse. Je le regardai faire, mais une lettre rouge attira mon attention, qui fut aussi le cas pour Hinata. Cette dernière prit la lettre et l'ouvrit, c'était un faire-part de mariage. Hinata le lit à voix haute :

« Vous êtes conviés au mariage de Amaru et d'Omoï qui aura lieu le 1er novembre 2015 à 15h à Shinagawa*... »

Je ne l'écoutais même plus, abasourdie et très énervée. Omoï était parti du jour au lendemain vivre au Kenya, laissant seule Ino. Il l'avait fait souffrir mon amie à distance, il lui avait demandé le divorce via courrier. Il ne l'avait même pas appelé, rien. Il s'était évaporé. Ino ne l'admettra jamais mais moi je sais qu'elle avait beaucoup souffert de cette rupture. Personne ne méritait de se faire ignorer de la sorte, surtout par son propre mari.

« Tu savais qu'il était revenu au Japon Kiba ?

- Non.. » M'avoua le brun en haussant les épaules avant de poursuivre.

« J'ai très peu de nouvelles de lui, mais je savais qu'il fréquentait quelqu'un là-bas.

- Vous comptez aller à son mariage ?

- Non. » Répondit Hinata, catégorique. Puis Kiba enchaîna :

« Omoï est un ami mais je suis l'ami de Ino avant tout, même si elle a une façon assez spéciale de le montrer.

- Tu penses qu'elle est au courant ? Elle enchaîne les rendez-vous depuis plusieurs semaines...

- À mon avis ? Oui. On parle d'Ino quand même. »

Je soupirai fortement, Kiba n'avait pas tort.

« Je dois y aller, elle est peut-être rentrée. »

[….]

En franchissant la porte de notre appartement, j'espérais tomber sur Ino. Je ne savais pas comment lui dire. Après tout, comment dire à l'une de ses meilleures amies que son ex-mari qui lui a demandé le divorce par carte postale, qu'il allait,se marier dans deux semaines. Je pensais aussi à Karui, elle était sûrement au courant. Je devais être celle qui devait annoncer la nouvelle à Ino. C'était en pensant à ce que j'allai dire à mon amie que je rentrai dans le salon. Je tombai sur Ino qui dévisageait l'enveloppe rouge sur la table, identique à celle de chez Kiba. Elle n'était ni triste, ni en colère. C'était la première fois que je voyais une expression aussi froide et déçue venant d'elle. Je lui lançai un regard navré, elle leva la tête à ce moment là :

« Tu le savais depuis longtemps qu'il était rentré au Japon n'est-ce-pas ? » Lui demandai-je sans réellement attendre une réponse de sa part, car elle le savait.

« Il a reprit contact avec moi. Je l'ai revu il y a deux mois. » Commença Ino, étrangement calme, en se levant puis reprit.

« J'ai accepté de le revoir. Je ne savais pas pourquoi après quatre ans d'absence et de silence il voulait me parler. Une part de moi voulait qu'il regrette, qu'il voulait me voir pour me récupérer. Mais... Il s'est juste excusé sans être réellement sincère. Il n'avait aucun regret sur la manière dont ça s'est fini entre lui et moi. Il m'a demandé de lui rendre la bague qui appartenait à sa grand-mère. Cette foutue bague que je portais toujours autour du cou parce que... Je savais qu'elle était importante pour lui. Il était heureux, je ne l'avais jamais vu comme cela, même avec moi. Il avait l'air d'être... Plus détendu. Il souhaite même que l'on redevienne ami car malgré tout « on avait une belle complicité ». J'ai toujours su que c'était un homme désinvolte mais là.. ». M'avoua-t-elle en riant jaune.

Ino était restée immobile. Je n'osais pas bouger, ou dire quoi que ce soit. Le rire jaune d'Ino s'intensifia, puis elle se prit la tête entre les mains. Elle fit les cents pas dans la pièce. Ino prit son verre posée sur la table basse près de l'enveloppe puis le jeta contre le mur en hurlant, me faisant sursauter.

« Ce n'est pas juste ! » S'écria-t-elle les larmes aux yeux. « J'ai tout fait pour lui, j'étais toujours là pour lui dans les bons et les mauvais moments ! Je ne me suis jamais plainte auprès de personne ! Lorsqu'il disparaissait pendant des jours et qu'il revenait en sentant l'alcool à plein nez, lorsqu'il perdait des patients, lorsqu'il doutait de lui c'était moi qui était à ses côtés pour l'encourager et rebooster sa fierté. Qu'est-ce-que j'ai fait de mal ? »

Ino commença légèrement à gratter ses cheveux lâchés, les secouant légèrement. Je la regardai faire, triste, impuissante et compatissante.

« Il m'invite à son mariage, il a invité mes amis à son mariage... Qu'est-ce-que je lui ai fait de mal pour qu'il veuille m'humilier de la sorte ? »

La blonde se mit de dos à moi et s'effondra au sol, j'accourus vers elle puis la pris dans mes bras. Son dos était posé contre mon buste. Je la regardais s'effondrer, impuissante et triste. On resta ainsi pendant presque deux heures, seul les pleurs de Ino résonnaient dans la pièce.


23 septembre 2015

« Quel est le réel problème Naruko ?

- Je ne contrôle pas tout ce qui se passe dans ma vie non pas que ça soit dérangeant au contraire, je pense qu'il est important de vivre des choses de manière spontanée. Mais parfois il y a des choses qui m'échappent, et je ne peux rien y faire et ce n'est pas dépendant de ma volonté.

- Quelles choses vous échappent ?

- Par exemple voir mes amis souffrir et ne rien pouvoir faire pour les aider à part être là. Ou même en amour..

- C'est-à-dire ? » Demanda la thérapeute, m'encourageant à en dire plus.

« L'amour que l'on ressent pour une personne peut-être tellement...

- Fort ? »

Je hochai la tête, pensant immédiatement à Itachi. Cela faisait aujourd'hui vingt-six jours.

« Je sors avec cette homme depuis bientôt neuf mois. Tout se passe bien mais... »

28 août 2015

Huit mois. Cela faisait huit mois que je sortais avec Itachi. Huit mois que ma vie changeait petit à petit. Quatre mois que je lui avais dit je t'aime pendant l'acte, sous l'émotion. Il m'avait déstabilisé. Il n'avait pas parlé pendant plusieurs minutes, qui paraissaient être des heures pour moi, avant qu'il ne m'embrasse. Il m'a embrassé passionnément avant de me répondre une semaine plus tard lorsque je mettais à table les couverts pour notre dîner, j'avais cassé une assiette sous le choc. Itachi exprimait ses sentiments à travers les gestes, il n'était pas vraiment expressif.

Je dînais, comme tout les vendredis soirs, avec Itachi. Je le retrouvais le vendredi soir, passais mon week-end chez lui et repartais chez moi le dimanche soir, parfois le lundi matin. Lorsque je passais les week-ends en sa compagnie je me coupai littéralement du monde, mon monde était Itachi dans ces moments-là. On se racontait nos journées, parlant de tout et de rien. Parfois on sortait, mais on préférait rester que tous les deux, seuls. Je chérissais toutes nos petites habitudes et les petites choses que l'on faisait avec spontanéité. Itachi avait besoin de lâcher prise, disons que je lui apprenais à le faire. J'étais dans la cuisine à terminer de laver mon assiette lorsque je sentis deux bras m'enrouler la taille, un torse se colla à mon dos. Je soufflai de bien-être avant de sourire.

« J'ai quelque chose à te donner. »

Je me retournai, faisant face à Itachi, curieuse. Il me prit la main puis y mit un petit objet que je reconnus immédiatement dans la paume de ma main avant de la refermer.

« Une clé ?

- Pas seulement. J'aimerais te voir tous les soirs lorsque je rentre le soir, je veux que tu sois la première chose que je vois lorsque je me réveille.

- Tu me demandes de vivre avec toi ? » Demandai-je dans un souffle, sous le choc.

« Oui. » Répondit-il avant de se reculer, sûrement pour analyser ma réaction. « Alors, Naruko, veux-tu vivre avec moi ? »

J'ouvris la bouche en o, incapable de lui fournir une réponse. Je le voulais, mais une part de moi me hurler non. Comment dire à l'homme qu'on aime sans le vexer qu'on ne voulait pas vivre avec lui ? C'était en me posant la question que je me rendis compte que j'avais surtout des doutes sur notre relation. Tout allait trop vite, cela ne faisait même pas un an qu'on se connaissait et j'avais l'impression qu'on était en couple depuis six ans.

« On n'est pas bien comme cela ?

- C'est-à-dire ?

- J'aime passer du temps avec toi, on passe de merveilleux moments ensemble mais nous allons trop vite là je- »

Je me coupai, me rendant compte que le regard d'Itachi s'était assombri. Je l'avais blessé. Je voulus attraper sa main mais il se recula davantage. Je baissai légèrement la tête, culpabilisant.

« On n'est pas sûr la même longueur d'onde Naruko.

- Je suis d'accord. » Approuvai-je ce qu'il ait dit dans un murmure.

« On devrait peut-être prendre une pause, réfléchir chacun de notre côté.

- Itachi, je ne pense pas que cela soit nécessaire que-

- Si, tu en as besoin. » Me coupa-t-il doucement avant de reprendre.

« Tu as peut-être raison notre histoire va sans doute trop vite mais je sais ce que je veux. J'aime passer du temps avec toi, j'aime imaginer le fait que tous les matins et tous les soirs je te verrais. Peut-être que tu n'es pas prête pour tout ça ou même pour une relation sérieuse plus poussée. Peut-être que moi aussi j'ai besoin de cette pause pour ralentir un peu le rythme.

- Je ne veux pas te blesser ou te faire souffrir, c'est la dernière chose que je veux faire.

- Je le sais. » Il me sourit faiblement.

« C'est ton ressenti et je respecte totalement cela. Je préfère que tu sois honnête avec moi quitte à me blesser plutôt que tu me mens. Je veux que tu acceptes de vivre avec moi non pas pour me faire plaisir mais parce que tu en as autant envie que moi. »

Il s'approcha de moi puis m'embrassa le front et me confia quand même la clé de son appartement.

« Je ne veux pas te brusquer ou te mettre la pression. Lorsque tu seras où tu en es tu m'appelleras, tu sauras où me trouver. »

« Alors, de quoi avez-vous peur ?

- Je ne sais pas, et c'est pour cela que j'ai commencé cette thérapie : Pour avoir des réponses et y voir plus clair là-dedans.

- Et pensez-vous trouver des réponses jusque là ?

- Non, mais ce dont j'en suis sûre c'est que je ne veux pas le perdre car je suis amoureuse de lui. »

[….]

En arrivant sur mon palier, je remarquai quelqu'un devant ma porte. Je fronçai aussitôt les sourcils avant de reconnaître Karui. C'était sûrement l'une des dernières personnes avec qui Ino voudrait parler, j'étais même un peu agacée de savoir que tout le monde, ou presque, était au courant du retour d'Omoï sauf moi. Personne ne m'avait mit au courant.

« Tu es devant la porte depuis combien de temps ? » Lui demandai-je en cherchant mes clés dans mon sac.

« Une bonne heure. Je t'ai appelé à plusieurs reprises mais tu ne répondais pas. D'ailleurs où étais-tu ?

- À l'université. » Mentis-je, masquant mon malaise, avant de continuer. « Désolée j'avais éteint mon portable. »

Karui m'attrapa par l'épaule alors que j'étais sur le point d'insérer la clé dans la serrure. Elle m'arrêta dans mon élan.

« Je voulais te dire quelque chose avant de le dire à Ino. Chôji m'a demandé en mariage hier soir et j'ai dit oui. »

Je mis mes mains devant la bouche, trop choquée et heureuse pour moi amie. Je lui sautai dans les bras en riant et la félicitant tout en chuchotant. Karui me sourit, émue, avant que son sourire ne se fane.

« Je ne sais pas comment l'annoncer à Ino, je ne pense pas qu'elle soit d'humeur à entendre ce genre de nouvelles.

- Je ne sais pas non plus. Elle n'est pas complètement elle-même depuis qu'elle a reçu le faire-part du mariage de ton cher cousin.

- Attends pause... Il lui a envoyé une invitation ?! Tu me fais marcher ?

- Si seulement.. »

Karui était agacée. J'ouvris la porte puis entrai en première dans l'appartement, suivi de Karui qui ferma la porte derrière elle. Ino était assise au sol, en train de disséquer une grenouille sur notre table à manger. Je me retins de crier de dégoût. Étant biologiste médical sur une nouvelle thèse, elle faisait souvent cela, mais à son travail mais non ici. Je compris qu'Ino avait encore plus mal que je le pensais : Elle n'était pas allée à son boulot alors qu'elle était passionnée par ce qu'elle faisait. Elle n'avait jamais manqué un seul jour de travail sauf lorsqu'on était parti en voyage en 2012.

« Ino je- »

- If you want my future, forget my past. If you wanna get with me, better make it fast » L'interrompit Ino en commençant à chanter, couvrant la voix de Karui qui essayait de parler.

Cela faisait des jours depuis qu'on avait reçu le faire-part du mariage elle s'était enfermée dans l'appartement. Le plus inquiétant là-dedans c'était qu'elle chantait. Elle chantait en faisant le ménage, elle chantait lorsqu'elle cuisinait, elle chantait constamment. Elle n'était pas censée chanter, je savais qu'elle allait mal. Lorsque je commençais à lui parler du sujet Omoï elle chantait encore plus fort, me faisant clairement comprendre qu'elle ne voulait pas parler ni m'écouter. Et elle chantait la même chanson à chaque, Wannabe des Spice Girls.

« Ino j'ignorai que Omoï était revenu, je ne l'ai apprit que ce matin. Je ne lui adresse plus la parole depuis que-

« I'll tell you what I want, what I really, really want. So tell me what you want, what you really, really want.. »

Karui soupira, frustrée et perdant patience. Elle s'assit face à Ino, qui continuait de chanter tout en dédaignant de ne pas nous regarder.

« Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous, j'ignore si tu l'as revu ou non depuis qu'il est revenu, mais parle-moi Ino.

- If you wanna be my lover, you gotta get with my friends...

- Je n'irais pas à son mariage foireux, pas après tout ce qu'il t'a fait. Et il regrettera tôt ou tard de t'avoir quitté crois-moi !

- If you wanna be my lover, you have got to give. Taking is too easy, but that's the way it is... »

C'était comme faire la conversation avec un mur, ou devant sa radio. Karui s'arrêta de parler. C'était insupportable d'essayer d'avoir une conversation avec Ino à ces moments-là. Je ne savais pas quoi lui dire pour qu'elle arrête de faire cela et qu'elle communique, comme elle savait si bien le faire. Alors Karui s'écria d'une seule traite, la voix presque brisée :

« Je vais me marier ! Je panique complètement et c'est ton rôle de me remettre les idées en place, c'est toi la romantique perfectionniste du groupe ! »

Ino se tut aussitôt et releva la tête vers Karui, très étonnée. Ino et Karui étaient opposées sur beaucoup de choses, comme par exemple pour la question du mariage. Ino aimait les grands mariages traditionnelles, avec une réception, les mariés ouvrants le bal et tout ces détails tandis que Karui trouvait cela inutile de se marier, pour elle c'était gaspiller son argent pour une journée, et elle refusait catégoriquement d'être uniquement considéré comme la « femme de ». Pour elle le mariage n'était qu'un bout de papier et une pression en plus pour le couple. Elle nous jurait même que l'homme qui réussira à lui faire changer d'avis là-dessus n'était pas né.

« Je ne cautionne pas que tu déprimes et deviennes folle à cause de ce lâche et con qui me sert de cousin ! J'ai besoin que Naruko et toi comme demoiselles d'honneurs et je ne pourrais pas aller jusqu'à l'autel sans toi.. » Reprit-elle, plus calme.

Ino ne l'avait pas quitté des yeux, mais restait toujours silencieuse.

« Puisqu'on en est au confidence.. Je suis une thérapie, d'ailleurs je viens d'en revenir. » Avouais-je à mon tour.

Leurs regards se tournèrent vers moi, et l'expression de surprise qu'affichait Ino sur son visage s'accentua.

« J'y vais car si je n'arrive pas à surmonter cette peur et ce blocage, si je ne les surmonte pas je risque de perdre l'homme que j'aime. Donc le rôle de la dépressive et de la folle me revient. »

Ino sourit légèrement avant de se lever. Elle prit Karui dans ses bras avant de me faire signe de la main pour que je les rejoigne, ce que je fis.

« Merci, je me sens un peu mieux maintenant.

- La morale de cette histoire : On ne sors plus jamais avec les cousins de nos copines. » Ajoutai-je pour faire rire mes amies, ce que je réussi.


30 septembre 2015

« Ce fût une bonne semaine. »

J'essayais de rester positif. Ma thérapeute hocha la tête puis soupira. Elle enleva ses lunettes avant de me dévisager d'un air grave.

« Écoutez je vais vous dire cela car va faire bientôt un mois que nous nous voyons, deux fois par semaine qui plus est et j'ai l'impression qu'il faut aller droit au but avec vous.

- Je vous écoute. » Dis-je avec un petit sourire.

« Vous ne racontez que des bêtises. Ce n'était pas une bonne semaine, ni un bon mois pour vous.

- Mais qu'est-ce-que vous racontez ? » Mon sourire se fana aussitôt.

« Vous essayez de vous persuader que vous allez bien.

- Oui mais-

- Vous êtes seule. » Déclara aussitôt la thérapeute.

« Non je-

- Vous êtes toute seule. » Répéta de nouveau la thérapeute, m'interrompant.

« Pourquoi me répétez-vous cela ?

- Parce que peut-être qu'en le répétant vous verrez que cela ne va pas et que vous trouverez le problème. Vous êtes seule et effrayée, et plus le temps passe plus vous vous éloignez de l'homme que vous aimez et je suis sûre que vous faites le décompte des jours depuis la dernière fois que vous l'avez vu. Ne voyez-vous pas un problème là-dedans ?

- On a décidé de faire une pause d'un commun accord, c'est pour cela que je suis là !

- Vous êtes terrifiée. Si vous ne voyez pas le problème par vous-même, votre couple avec Itachi risque d'en périr. »

Énervée, je me levai puis pris mes affaires avant de claquer la porte derrière moi, laissant ma thérapeute pantoise. Je savais que commencer une thérapie était une mauvaise idée.

[….]

Je rentrais chez moi, sachant que je ne trouverai personne à l'appartement. Depuis notre fameuse conversation avec Karui, Ino reprenait du poil de la bête, elle avait arrêté les rendez-vous foireux et mettait toute son énergie à la finition de sa thèse pour obtenir son doctorat. Elle n'était donc pas là pour m'écouter me plaindre. Je me réfugiai dans ma chambre, allumai mon ordinateur pour appeler mon meilleur ami qui vivait à l'autre bout de la planète. Malgré la distance j'appelai Gaara tous les deux jours. Au japon il était treize heure huit, à New-York sûrement trois heures du matin. C'était en plus le moment idéal pour l'appeler car il dormait peu, ce qui m'inquiétait. Le visage de Gaara, portant des lunettes, s'afficha sur l'écran de mon ordinateur.

« Gaara... » Commençai-je en gémissant comme une enfant

« Tu penses que je suis une trouillarde ?

- Pourquoi ? Est-ce une question piège ? Une question rhétorique ?

- Aucune.

- Alors je peux te demander pourquoi me poses-tu cette question ?

- Je suis une thérapie, que je compte arrêter d'ailleurs. Elle m'agace et me elle me prend de haut. »

Gaara ne masqua pas sa surprise avant de froncer les sourcils.

« Depuis combien de temps ?

- Depuis que mon couple fait un break.

- Je vois.» Il réfléchit un instant avant de me répondre. « Dans ce cas-là oui.

- Tu es censé être de mon côté !

- Pas lorsque tu as tort et que tu me poses cette question. »

Je soupirai fortement, passant mes mains sur mon visage.

« Regarde, tu veux arrêter la thérapie parce que ta thérapeute a sans doute dit quelque chose que tu ne voulais pas entendre, ou t'as fait comprendre un point que tu essaies d'ignorer. Tu fuis.

- N'as-tu jamais envisager d'être psy ?

- Naruko... Ne te cache pas derrière tes faux sourires, tes mauvaises blagues et ton sarcasme.

- Alors je dois me cacher derrière quoi ? Et mes blagues sont hilarantes !

- Tu vois tu recommences... Tu dois juste faire face. Tu es en thérapie sans doute pour cela. Je suis aussi en thérapie pour cela.

- J'ignorai que tu suivais en thérapie.

- Moi aussi j'ignorais que tu y allais, et je ne comptais pas te le dire après t'avoir entendu dire maintes fois que la thérapie c'était des conneries.

- Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. »

Ce fût au tour de Gaara de soupirer puis il reprit :

« Et toi, penses-tu être une trouillarde ?»

Je ne répondis pas, ne sachant pas quoi répondre. J'étais censée répondre du tac au tac non, je n'avais peur de rien, j'étais Naruko Uzumaki. J'avais tout affronté et surmonter seule, sans l'aide de personne. À ce moment-là je compris un point important : J'affrontais tout toute seule et c'était peut-être ça le problème.

« Gaara je te rappellerai, j'ai besoin de réfléchir et de dormir. Merci.

- Il n'y a pas de quoi.

- Et va dormir ! » Gaara grogna avant de raccrocher.


1er octobre 2015

Je retournai d'un pas déterminée au cabinet du docteur Samui Yono. j'y avais réfléchi toute la nuit, je n'avais peu dormi à cause de trop penser. Je toquais à la porte de son bureau puis entrai sans attendre une quelconque autorisation. Elle leva la tête de son ordinateur avant de se lever et de s'asseoir sur le fauteuil, à sa place habituelle. Je pus percevoir un rictus victorieux de sa part. Je refermai la porte derrière moi puis m'assit face à elle. On resta dans le silence pendant plusieurs minutes avant de le briser :

« J'avais sept ans lorsque mes parents sont morts. »

Elle me lança un regard navré, m'incitant à continuer d'en parler, ce que je fis.

« La voiture de mes parents est entrée en collision avec un camion. Je me souviens de ce jour comme si c'était hier.. »

Je soufflai légèrement, me remémorant de ce pénible moment. C'était moins difficile d'en parler. Le temps ne guérissait pas les blessures, et je ne pense pas être capable de faire le deuil de mes parents un jour. Juste que la douleur dans la poitrine était moins douloureuse avec le temps. Le temps avait seulement soulagé ma blessure, mais ne l'avait pas guéri.

« Ils venaient tout les deux me chercher à l'école ce jour là. Mon père avait prit sa journée afin qu'on aille nous trois au parc d'attraction, j'avais beaucoup insisté -même supplié- mes parents pour qu'on y aille ensemble. On était sur la route, il neigeait donc mon père conduisait très lentement. Un camion nous a foncé dessus, il a dérapé sur la route glissante. Je ne me souviens pas du reste, mais j'ai entendu les médecins dirent que mon père était mort sur le coup et ma mère à l'hôpital. J'ai eu beaucoup de chance d'être en vie.

- Êtes-vous déjà sentie coupable d'être en vie ?

- Oui, j'ai lu dans un livre qu'on appelait cela la culpabilité du survivant. Parfois j'avais envie d'abandonner, mais je ne pouvais pas.. Pas après la façon dont j'ai survécu à l'accident et que mes parents ont perdu la vie. J'avais ce sentiment d'être abandonné et ignoré par le monde entier. J'étais devenue la petite orpheline qui méritait de disparaître.

- Personne ne devrait ressentir ni vouloir souhaiter disparaître juste parce que cette personne n'éveille pas passez d'intérêt selon les autres, surtout à un âge aussi jeune. Vous avez beaucoup de ténacité Naruko. »

Une larme incontrôlable coula le long de ma joue. Ma thérapeute me tendit une boîte de mouchoir, sûrement habituée aux crises de larmes de ses patients, puis j'en pris un pour essuyer rapidement la larme.

« Mais plus maintenant, je ne ressens plus cela.

- Qu'est-ce-que vous ressentez maintenant Naruko ? »

Je me tournai vers elle, surprise par la question. Je ne savais pas exactement.

« Beaucoup de doutes, de la tristesse, et un manque... J'ai peur de ressentir cette même douleur que celle de la mort de mes parents.

- Pourquoi ?

- Itachi me manque. » Répondis-je naturellement, me surprenant.

« Alors pourquoi n'allez-vous pas le voir ? Y a t-il un rapport avec votre histoire passée avec Neji qui vous fait douter de celle-ci ? Celle que vous vivez actuellement ?

- Non.

- Alors pourquoi ?

- Parce que..

- Parce que ? » Me demanda-t-elle en me poussant à bout, ce qui fonctionna.

« Tout va trop vite ! » M'écriai-je malgré moi. Puis reprit plus calmement :

« Je n'ai jamais été autant amoureuse de quelqu'un en si peu de temps, aussi vite et aussi passionnément. J'ai besoin de lui, à chaque fois que je le vois j'ai envie de l'embrasser. Je pense à lui constamment, c'est comme si j'étais enchaînée à lui. Lorsqu'il m'arrive quelque chose même la chose la plus inutile en soi c'est à lui que je veux en parler en premier. Cela me fait peur parce que s'il me brise le cœur, ou si notre histoire ne fonctionne pas, je n'arriverai pas à me relever. Je ne pourrais pas me relever... Ni aimer quelqu'un d'autre comme cela... Je ne pourrais pas.

- Mais ne vaux-t-il pas vivre une histoire d'amour sans regret, plutôt que de vivre ainsi, dans le doute et la tristesse ? »

Je la regardai longuement, elle avait raison.

« J'ai peur qu'il m'abandonne et de me retrouver seule à surmonter cela encore une fois. J'ai peur de dépendre de lui.

- Vous avez trouvé la réponse à votre question. Qu'est-ce-que vous attendez pour le retrouver maintenant ? »

Je lui souris faiblement, me sentant mieux, avant de m'en aller.

[...]

Un mois et quatre jours. Cela faisait trente trois jours que je n'avais pas vu Itachi. J'étais devant la porte de son appartement depuis plus d'une trentaine de minutes déjà. Je soufflai puis insérai la clé dans la serrure avant de faire mon entrée dans l'appartement. Il était grand, lumineux et propre comme à son habitude. Je refermai la porte derrière moi puis m'aventurai davantage dans l'appartement, comme si je le découvrais pour la première fois. À vrai dire, je le découvrais sous un nouveau jour. L'appartement paraissait plus grand, plus vide sans la présence d'Itachi. Il était au travail à l'heure actuelle et il ignorait que j'étais chez lui. Il finissait bientôt le travail et allait rentrer dans une bonne heure. Je connaissais cet appartement -ou presque- par cœur. Je fis le tour de l'appartement. Chaque pièce me rappelait un souvenir que je partageais Itachi. On avait fait l'amour dans toutes les pièces de l'appartement, je rougis aussitôt en mettant mes mains sur mon visage, gênée et amusée à la fois. Puis remarquai certains petits détails. Dans la salle de bain en tirant le deuxième tiroir j'ai pu retrouver l'une de mes brosses à cheveux, l'une de mes brosses à dent, trois de mes rouges à lèvres, du mascara. Tout ces objets m'appartenaient. J'entrai dans la pièce la plus intéressante, là où j'ai passé le plus de temps avec Itachi : sa chambre. Le lit n'était pas fait, un costume était posé, ou plutôt jeté, au pied du lit, à mon plus grand étonnement car Itachi était quelqu'un de très ordonné et organisé. J'ouvris automatiquement l'un des tiroirs de la commode, il y avait les vêtements que j'avais oublié, ou ramener au cas-où je restais plus longtemps dans l'appartement. Je souris malgré moi en me rendant compte d'une évidence : j'emménageais petit à petit inconsciemment dans cet appartement car je m'y sentais bien, car Itachi était là. Je sortis de la chambre puis au moment de regagner le salon Itachi fit son entrée dans son appartement. L'expression de surprise d'Itachi ne dura que quelques secondes avant qu'il ne reprenne cet air impassible.

« Bonsoir.

- Bonsoir. » Me répondit-il simplement.

On se regarda pendant de longues minutes, aucun de nous deux ne savaient quoi faire ou dire par peur de faire fuir l'autre. J'en avais marre de réfléchir, j'en pouvais plus de me poser toutes ses questions. Il fallait que je montre honnête avec lui et que je lui déclare ce que je ressentais, même si je n'utilisais pas des mots. C'était le seul moyen d'en finir avec cette situation horrible et incompréhensible. J'accourus presque à lui avant de l'embrasser. Ahuri, il ne répondit pas au baiser. Je m'éloignai de lui, ce n'était pas réellement un baiser mais il avait comprit ce que je ressentais, c'était le plus important.

« J'ai eu peur, et j'ai encore peur. Peur que tu t'éloignes de moi, peur que tu me quittes, peur de ce que je ressens pour toi, peur que cette relation me détruit parce que ce que l'on vit depuis neuf mois c'est quelque chose de fort, de puissant, de passionnée et d'authentique. C'est la première fois que je ressens cela pour quelqu'un. C'est comme si je m'apprêtais à faire du saut à l'élastique. »

Je remarquai Itachi sourire légèrement à ma comparaison puis poursuivis :

« J'ai peur de sauter dans le vide, ça me terrifie même. Mais je ressens aussi beaucoup d'émotions comme à la fois l'adrénaline, le plaisir, la liberté et j'aime ça. J'aime le danger et la spontanéité, j'ai juste peur de me cracher sur le sol, que tout s'arrête et qu'il me reste seulement des souvenirs. Cette peur a prit le dessus sur tout le reste et je ne veux pas de ça. C'est toi que je veux et rien d'autre. Je sais que je reviens un mois après, j'ai commencé une thérapie pour mettre un peu d'ordre sur ce que je ressens pour toi, tu me- »

Je n'avais pas eu le temps d'en dire plus que les lèvres d'Itachi se pressèrent contre les miennes. Une main était sur mon dos, me pressant davantage à son torse et l'autre sur ma nuque, afin d'approfondir ce baiser. Mes mains se glissaient dans sa chevelure ébènes. J'entrouvris mes lèvres laissant sa langue accédé à ma bouche. Ce baiser était passionné et désespéré en même temps. Je compris à ce moment là que je lui avais manqué aussi. On se séparait à bout de souffle. Je soupirai de soulagement avant de lui sourire, sourire qu'il me rendit. Je ratai un battement en voyant son sourire, ce sourire qui apparaissait rarement et que je ferais en sorte qu'il apparaisse plus souvent. Il fit un baiser chaste sur mes lèvres, posa son front contre le mien sans me quitter des yeux avant de prendre la parole.

« Tu m'as manqué.

- Je suis désolée d'avoir prit autant de temps. Tu me pardonnes ?

- Pas complètement. » M'avoua-t-il avec ce petit rictus que je connaissais si bien. Je posais mes mains sur son torse avant de me coller davantage à lui, faisant mon sourire le plus aguicheur.

« Je serais comment me faire pardonner.

- Tu devrais vraiment arrêter de m'allumer comme ça. » Me réprimanda-t-il avant de m'embrasser de nouveau.

« J'étais prête à commencer ma nouvelle vie avec lui car j'étais tombée amoureuse de lui. Mon amour pour lui avait primé sur ma peur. J'étais prête à partager ma vie avec lui, à me donner à lui à 100% sans aucun regret. »


* Hyperphagique : C'est un trouble du comportement alimentaire. Elle est semblable à la boulimie dans le sens qu'elle implique à consommer en quantité importante de la nourriture dans une courte période de temps. Sauf que contrairement à la boulimie, la personne souffrant d'hyperphagie consomme de la nourriture même si elle ne ressent pas de faim et ne se fait pas vomir. La prise alimentaire hyperphagique est suivie d'un sentiment de honte et de culpabilité, encore amplifié car le patient souffre souvent d'obésité.

** Nom de couple entre Naruko et Itachi, un mixte de leur deux prénom quoi (Comme le Brandgélina)

* Shinagawa : C'est l'un des 23 arrondissements de Tokyo.


Je sais je sais u_u On n'a pas vu beaucoup de Ita/Naru dans ce chapitre mais c'était important pour l'histoire de cette fiction de vous faire comprendre que Naruko est prête pour une nouvelle relation, voulant rendre cela plus vrai et authentique. Mais je vous promets que vous allez adorer le prochain chapitre !