Salut tout le monde ! Je vous présente le dernier chapitre de ma fiction. Cela m'ému de le publier, d'ailleurs je m'excuse de le publier aussi tardivement. Le publier, c'est mettre fin à cette fiction (chose que je ne veux pas) mais toute belle chose a une fin, et vous avez attendu assez longtemps pour cela. Je m'excuse encore pour ce retard, et j'espère que ce dernier chapitre vous plaira.

Note n°1 : Toutes mes fictions en cours sont mise en pause, je ne publierai pas de nouveaux chapitres tant que je ne l'ai pas fini entièrement.

Note n°2 : J'écris actuellement trois nouvelles fictions, de style complètement différent et le couple est un Sasu/FemNaru. Mais je ne publierai également pas de nouveaux chapitres car je veux les terminer entièrement.

Bonne lecture


8 février 2018

J'entrai dans la galerie de Sasori hâtivement. J'avais reçu un coup de fil inquiétant venant de sa part et j'avais quitté précipitamment le musée où j'aidais Karui pour une expertise, elle qui était mécène. Je montai quatre par quatre les marches puis toquai avant d'entendre Sasori lui dire « entrez ». En entrant plusieurs personnes surgissent, en criant en cœur et me faisant sursauter :

« Félicitations ! »

Je mis une main sur le cœur, vraiment surprise et ne comprenant ni ce qui se passait, ni pourquoi tout ces gens étaient là à me féliciter. Sasori s'approcha de moi, puis mit son bras autour de mes épaules. Deidara me servit un verre de jus puis me fit un clin d'oeil, devinant sûrement que je ne pouvais pas boire d'alcool.

« Levons nos verres à Naruko Uzumaki-Uchiwa, ma nouvelle collaboratrice et partenaire dans cette galerie. Mais également la nouvelle consultante d'art pour le patrimoine d'art japonais de Tokyo.

- Qu-quoi ? » M'écriai-je sous le choc.

Il y a plusieurs mois de cela j'avais postulé pour ce poste, mais n'ayant pas eu de réponses de leur part je pensais ne pas avoir été prise. Je mis mes mains devant sa bouche, j'étais à deux doigts d'hurler de joie mais je devais me contenir et avoir un peu de retenu devant tout ces gens. C'était une grande opportunité pour moi, des milliers de personne avait postulé pour ce poste. J'avais toujours rêvé d'être consultante d'art, et je pourrais également exercer mon métier actuelle de galeriste car j'aimais découvrir de nouveaux artistes en herbe. Je pouvais aussi profiter de certaines expositions caritatif pour peindre et exposer mes travaux. J'enlaçais Sasori que je considérais comme mon grand frère et un mentor, sans lui je n'aurais jamais eu ces opportunités dans l'art.

« À la nouvelle consultante d'art pour le gouvernement japonais.

- Merci à tous ! »

Suite à cette annonce tous crièrent de nouveau de joie, levant leurs verres. Je levai mon verre de jus de fruit avec un peu d'hésitation. J'avais eu une promotion, c'était super, mais j'appréhendais la suite des évènements.

[…]

Je me garai puis rentrai rapidement dans notre nouvelle maison à l'ouest de Tokyo, la villa pour laquelle Itachi avait travaillé si dur pour la rendre parfaite. Elle l'était, ma vie était parfaite en ce moment. Je n'avais jamais été aussi heureuse et un nouvel événement allait combler mon bonheur. Je fermai la porte derrière moi, enlevant mes chaussures avant de rentrer au salon où Itachi rangeait les jouets d'Akira éparpillé au sol. Ce dernier était sans doute en train de dormir.

« Bonsoir.

- Hey, je suis désolée de rentrer aussi tard. »

En guise de réponse Itachi m'embrassa sur le front puis on s'assit sur le canapé. Je déboutonnais les premiers boutons de ma chemise blanche avant de lui raconter ce qui m'étais arrivée aujourd'hui.

« J'ai eu le job, celui de consultante d'art pour le patrimoine d'art japonais de Tokyo.

- Félicitations ! » Me félicita-t-il en m'enlaçant. « Tu le mérites tellement, tu as travaillé tellement dur pour y arriver. » On mit fin à notre échange.

« Merci, mais je suis un peu inquiète pour les mois à venir. Comment vais-je faire pour tout gérer ?

- Tu es Naruko Uzumaki-Uchiwa, rien ne t'est impossible. Et je serais là pour t'aider. » Me rassura-t-il avant de me caresser le ventre et de mettre sa tête contre mon ventre, me faisant rougir face à ce geste inattendu.

« Tu entends ? Ta mère s'inquiète. On va faire de notre mieux pour ne pas qu'elle s'en fasse d'accord ? » Dit-il en caressant mon ventre et le regardant. Je ris. Il m'avait soulagé un peu et j'étais moins inquiète.

« Je ne suis enceinte que de huit semaines. On va bientôt devoir l'annoncer à nos proches.

- Je n'en ai pas envie, peut-on garder le secret jusqu'à la naissance du bébé ?

- Au fil des semaines cela se verra. En plus je pense que Deidara a deviné, en même temps c'est une personne très perspicace.

- Hmm. On devrait organiser un grand dîner pour l'annoncer, cela fait longtemps en plus que tu n'as pas vu tout tes amis n'est-ce-pas ? »

J'hochai la tête. La dernière fois que j'avais vu mes amis c'était lors de mon mariage. Tous était très occupé. Hinata et Kiba étaient en plein déménagement, ils avaient emménagé à dix minutes de chez nous en voiture. Ino vivait avec Saï, ces derniers partaient très souvent en voyage ensemble et étaient actuellement en Indonésie. Temari et Shikamaru étaient de nouveau en voyage, ils étaient actuellement à Okinawa. Gaara ouvrait un nouvel hôtel en Amérique du sud, il vivait au Mexique depuis quatre mois. Depuis sa fausse couche Karui prenait un traitement hormonal pour tomber enceinte, Chôji la soutenait et ouvrait un nouveau restaurant à Tokyo. Ce n'était pas un combat facile, je la trouvais très forte psychologiquement. J'appréhendais de lui annoncer ma grossesse, j'ignorais qu'elle serait sa réaction. Je soufflai, puis Itachi m'embrassa tendrement dans le cou avant de m'embrasser sur la bouche. Il me fit doucement basculer sur le canapé, m'allongeant. Il se mit au dessus de moi, s'appuyant sur son coude et faisant attention à ne pas m'écraser, avant de reprendre possession de mes lèvres. Ce baiser chaste devint vite passionné, on passa le reste de la nuit sur notre canapé.


27 février 2018

Je fixais l'immense immeuble auquel je faisais face, poussant la poussette où Akira jouait avec ses doigts. Gaara habitait de nouveau dans cet immeuble. La dernière fois que j'étais venue ici j'avais vingt et un an, Gaara m'avait annoncé qu'il allait déménager à New York pour une durée indéterminée, j'étais à ce moment là avec Neji, je travaillais dur pour devenir conservatrice de musée. Il y a dix ans, je m'imaginais une vie complètement différente de maintenant. La vie que je menais actuellement était encore plus belle, passionnante que celle que je m'imaginais avoir il y a dix ans. La vie était surprenante et belle, tout simplement. Je souris doucement puis entrai dans l'immeuble. J'arrivai rapidement au dernier étage du bâtiment puis sonnai. Gaara m'ouvrit la porte, un rictus s'afficha sur son visage :

« T'es en retard.

- Ce n'est pas de ma faute, j'ai un enfant qui m'accompagne désormais.

- Vas-tu ressortir cette excuse à chaque fois ?

- Autant de fois que possible oui. » Lui dis-je avec un sourire espiègle.

Il se recula pour me laisser entrer puis ferma la porte derrière moi. Nous faisons notre entrée dans le salon, je pris Akira dans mes bras l'enlevant de sa poussette. Il s'agitait dans mes bras, voulant être au sol.

« Tu devrais le poser par terre.

- Ton appartement n'est pas sécurisée, un accident peut vite arriver.

- Tu es devenue parano depuis que tu es devenue mère.

- Ce petit être est toute ma vie, mon rôle est d'assurer qu'il reste en vie et de faire en sorte qu'il soit heureux dans ce monde. Tu comprendras lorsque tu seras père.

- Cela ne risque pas d'arriver tout de suite. Pose-le par terre, de toute façon on est deux à le surveiller et il n'ira pas loin. »

Je soupirai puis le posai au sol. Il se déplaça rapidement à quatre pattes, étonnant son oncle assit sur le fauteuil, jusqu'à la table basse puis s'appuya dessus pour tenir debout. Il fit quelques pas avant de tomber la fesse la première au sol. Il se leva de nouveau, fronçant légèrement les sourcils, puis reproduit la même action, finissant toujours au sol. Gaara et moi le regardons faire pendant dix minutes, amusés.

« Cet enfant est aussi obstiné que toi.

- Je prends ça pour un compliment. »

Puis j'annonçai aussitôt :

« Je suis enceinte.

- Je le sais et félicitation.

- Hein ? » ne puis-je que dire, assez surpris. Puis je souris légèrement, il me connaissait vraiment bien.

« Tu es la première personne à qui je l'annonce.

- Je suis flatté. Je vais être tonton de deux enfants cette année.

- C'est marrant que Temari et moi soyons enceinte au même moment, nos enfants auront le même âge. Je suis censée arrivée à terme le seize août et son enfant fin mars. »

Gaara soupira, exaspéré. Temari m'avait annoncé il y a une semaine qu'elle était enceinte, je ne lui avais pas encore dit pour ma grossesse, je voulais vraiment prévenir Gaara en premier, après tout c'était mon meilleur ami.

« Y'a-t-il un mais ?

- Karui. »

À l'entende de ce simple nom, Gaara fit une mine crispée, sachant tout ce qu'elle avait traversé ces derniers mois. Elle avait prit un traitement hormonal pour tomber enceinte, elle avait fait une fausse couche quelques jours après Noël. Je m'inquiétais beaucoup pour elle et je culpabilisais de tomber enceinte avant elle, surtout que pour moi cette grossesse avait été une magnifique surprise : Itachi et moi vivons au jour le jour. Je ne savais pas qu'elle serait sa réaction si je lui annonçais ma grossesse.

« Elle sera contente pour toi.

- Je le sais, mais je n'ai pas envie de lui rappeler tout ce qu'elle endure ces derniers mois.

- Tu devrais en parler avec elle en tête à tête et lui en parler avant de l'annoncer de manière officielle à tout le monde.

- Tu as sans doute raison, je vais essayer d'aller la voir dans la semaine.

- J'ai raison. » Répondit-il de manière radicale, m'amusant.

Akira continuait toujours de prendre appui sur la table pour marcher, mais ce fut de nouveau un échec. Je le portai et le mit sur mes genoux

« Ton enfant est inépuisable. » Fit la remarque Gaara en faisant un rictus.


5 mars 2018

Je sonnai devant la porte de mon amie, on avait convenu que je la retrouverai chez elle après le travail. C'était mon premier jour en tant que consultante d'art pour le patrimoine et j'étais épuisée, la suite s'annonçait encore plus épuisante. À chaque fois j'étais enceinte je me fatiguais plus facilement, j'appréhendais la suite car lorsque j'avais postulé je leur avais dit que je serai disponible dans l'immédiat sans savoir que j'étais enceinte. J'allais devoir prendre un congé de maternité. Je n'eus pas le temps de réfléchir d'avantage à cela que Karui m'ouvrit la porte. J'entrai puis fermai la porte derrière moi. Je m'installai sur le canapé et elle sur le fauteuil. Je mis carte sur table immédiatement.

« Je suis enceinte, et je m'inquiète pour toi. » lui avouai-je.

Elle écarquilla légèrement les yeux puis son regard s'assombrit, voulant que j'en dise plus.

« On ne te voit plus, tu es toujours enfermée dans ton appartement et ce n'est pas sain. Tu nous manques Karui... »

Il eut un moment de silence pour aucune de nous ne savaient quoi dire. Elle soupira légèrement puis elle me déclara en souriant, embarrassée :

« Je... Je suis désolée. J'avais juste besoin d'un peu de temps pour moi, d'être un peu seule chez moi et de m'isoler, peut-être que ce n'est pas une manière saine de faire mais c'est la mienne. Hey Naruko, tu pensais réellement que je n'allais pas être heureuse pour toi ?

- Non juste... Je ne voulais pas te faire rappeler tout ça. »

Karui secoua la tête avant de dire en souriant :

« Je sais qu'un jour viendra mon tour, je serais mère un jour et je me battrai pour ça. En attendant, félicitation Naruko. »

Elle me sourit tendrement avant de me prendre dans les bras. Inconsciemment je commençais à pleurer, j'avais l'impression d'être une enfant.

« Je m'inquiétais pour rien pour elle car le 8 août 2019 elle mit au monde Chôchô Akimichi. J'envisageais bien l'avenir pour tout le monde. À la surprise de tout le monde, Temari accoucha le 23 mars d'un petit garçon appelé Shikadai. Je pensais que cela serait une année tranquille, avec une grossesse tranquille comme cela l'avait été avec Akira. Mais cette année, qui commençait si bien pour nous tous, prit un horrible tournant... »


07 mai 2018

Je tirai la poussette où Akira était assit, silencieux, dans les couloirs de l'hôpital. Je détestais réellement les hôpitaux, je n'avais que des mauvais souvenirs dans ce genre de lieu et j'en ajoutai un de plus à la liste. On fit face à une porte qui se trouvait au fond du couloir. Je toquai puis j'entrai timidement dans la chambre d'hôpital. Akira se leva de la poussette et essaya de marcher vite, d'une drôle de manière, jusqu'au lit où reposait Mikoto qui nous souriait tendrement. Elle se pencha puis le prit sur ses genoux.

« Salut mon grand !

- Obaa-san !

- Je t'ai dis de ne pas m'appeler ainsi jeune insolent ! » Dit Mikoto en prenant une mine faussement fâchée. Akira gonfla ses joues, l'imitant, puis ils rirent ensemble. J'aimais les voir ensemble.

Je m'assis sur la chaise la plus proche du lit, tenant mon ventre qui avait prit beaucoup de volume. Je masquai la douleur que je ressentis en m'asseyant. Cette grossesse était difficile. J'avais arrêté de compter le nombre de fois où j'ai dû venir à l'hôpital en urgence car j'avais eu de grosse douleur au ventre. On m'avait annoncé il y a un mois que si je souhaitais un troisième enfant, mon corps ne le supporterai pas et que je devais envisager une mère porteuse, j'avais beaucoup pleuré. Itachi et moi voulions quatre enfants, mais on essayait de voir le côté positif : C'était mieux d'en avoir deux que zéro. Mais je ne voulais pas en parler à Mikoto.

« J'ai les résultats. »

- Alors ? Ne me fais pas attendre plus longtemps !

- C'est une fille. »

Itachi et moi voulions connaître le sexe du bébé à sa naissance, mais dû aux problèmes de santé de Mikoto on avait décidé de prendre nos résultats et de lui dire. Elle avait toujours voulu d'une fille, elle aimait ses garçons, mais elle rêvait de pouvoir gâter une fille.

« Une fille ! J'ai pleins de vêtements que j'ai rangé dans un coin et elle sera magnifique ! J'ai hâte de la rencontrer et la voir dedans.

- Et moi donc ! » Répondis-je en souriant.

« Elle décéda un mois avant la naissance de sa petite-fille, elle n'a jamais pu la rencontrer. »


07 juillet 2018

« Tu es sûr que ça ira avec Akira ?

- Bien sûr. C'est un garçon très calme pas vrai Akira ? »

Mon petit bout de chou, âgé de bientôt deux ans, hocha la tête avant de me sourire. Il écarta les bras pour me faire un câlin et je précipitai vers lui. Je le serrai fort dans mes bras. Itachi et lui partaient pour la Thaïlande car Itachi avait une urgence là-bas. Je ne pouvais pas voyager avec eux car j'étais enceinte de huit mois, prendre l'avion m'était interdit surtout que j'avais eu une grossesse difficile.

« Tu vas adorer Phuket mon chéri !

- Y'a la plage et bateau ?

- Oui ! Ton père t'y emmènera, tu vas adorer !

La voiture se gara devant notre maison. Akira me fit un bisou sur le front puis courut dans les bras de son père. Ce dernier vint vers moi et m'embrassa :

« Appelle-moi lorsque vous arrivez.

- Promis. Tu vas nous manquer.

- Vous aussi ! »

Ils rentrèrent dans la voiture noire puis s'éloignèrent. Je restai sur le perron jusqu'à ne plus les voir dans mon champ de vision.


9 juillet 2018

Durant la nuit, les douleurs que je ressentais au ventre étaient encore plus douloureuses. C'était tellement douloureux que j'en pleurais et haletais. J'essayai de me redresser mais une douleur, plus grande que les autres, me prit. J'en hurlai tellement que c'était douloureux. Je retentais de me redresser de nouveau, toujours en hurlant. C'était différent qu'avec Akira, les contractions étaient moins douloureuses et j'avais Itachi à mes côtés. En me redressant, je remarquai que j'avais taché les draps avec mon sang. Déchirure. Ce fut le seul mot auquel je pensais. Je perdais beaucoup de sang, me donnant des vertiges. Cette douleur me tuait de l'intérieur, j'avais peur pour mon bébé. Souffrait-elle elle aussi ? Je rassemblai mes dernières forces pour prendre avec beaucoup de difficulté mon portable posé sur la table de chevet et appela un contact au hasard. J'avais juste besoin de l'aide de quelqu'un, et vite.

« Pourquoi m'appelles-tu à trois heures du matin ? » Grogna Sasuke, la voix presque cassée. Je devinai aisément que je l'avais réveillé.

« C'est vraiment.. Important là. » Dis-je difficilement et en pleurant. Il le comprit au son de ma voix.

« Naruko, qu'est-ce-qui ne va pas ?

- Le bébé.. J'ai mal... Je perds... Du sang...

- Naruko ! Ne raccroche pas j'arrive tout de suite !

- Aide-moi... Mon bébé. »

La voix au téléphone me paraissait tellement lointaine. J'avais l'impression que d'avoir donné ce coup de téléphone avait été un effort surhumain. J'avais peur, extrêmement peur, pas pour moi mais pour mon bébé. La douleur fut tellement insupportable que je perdis connaissance. Lutter était épuisant.

[…]

J'ouvris lentement les yeux, j'avais l'impression que mon corps était secoué dans tout les sens et à cause de la douleur j'étais incapable de bouger ni de savoir ce qui se passait autour de moi. J'étais dans le brouillard, tout tournait autour de moi. J'entendais des voix, elles paraissaient tellement lointaine. Une voix résonna plus que les autres, voix que je reconnus :

« Naruko, tiens bon on est bientôt arriver à l'hôpital ! »

Je pus reconnaître la voix de Sasuke, il avait l'air réellement inquiet. Puis je me souvins. Du sang, trop de sang sur mon lit. Mon bébé, mon enfant, j'avais horriblement mal. J'avais peur, je souffrais, la douleur était insoutenable. Je voulus crier, leur supplier de sortir mon enfant de mon ventre, de sauver mon enfant. On essaya de me calmer en me maintenant contre la civière. Étais-ce moi ou mon enfant qui mourrait ? J'espérais que ça soit moi, que mon enfant ne souffre pas. Mais je ne voulais pas mourir et les laisser, elle, Akira, Itachi. Si je souffrais, que je ressentais toute cette douleur cela voulait dire que j'étais bien vivante. Il n'y avait rien de plus vivant que la douleur. Je restais optimiste malgré tout. Étrangement j'avais moins mal, j'entendais clairement ce qui se passait autour de moi. J'étais allongée, et on me déplaçait. J'avais un masque à oxygène, j'étais incapable de parler.

« Naruko, on est arrivé à l'hôpital !

- Monsieur reculez on va devoir l'opérer de toute urgence ! »

Itachi, Akira.. Je voulais les voir maintenant. Une lumière m'aveugla, je fermai automatiquement les yeux.

« Madame Uchiwa je suis le docteur Nawaza et on va devoir faire une césarienne.

- Docteur l'anesthésie fait effet. »

J'avais complètement perdu le sens de la réalité, j'étais là sans être là. Endurer, m'accrocher, c'était tout ce que j'avais à faire pour mon enfant. Je ne pus penser davantage que je m'endormis.

[…]

« -Aruko, Naruko... » Chuchota une personne en caressant lentement mes cheveux.

« Sasuke..? » Ma voix était grave et rouillée.

Sasuke était assit à côté de moi. Il me sourit tendrement, c'était la première fois qu'il me souriait ainsi, il avait l'air soulagé. J'aurais voulu faire une remarque et le taquiner mais je sentais que ce n'était pas le bon moment pour.

« Mon bébé...

- Elle est sous couveuse, elle va bien. Itachi arrive ce soir avec Akira. Tu m'as beaucoup inquiété.

- Tant.. Mieux. »

Puis sans me rendre compte je m'endormis, soulagée.

[…]

Quelques heures plus tard j'étais installée sur une chaise roulante, une infirmière me poussait pour me déplacer. On entra dans la nurserie. Elle était née cinq semaines plus tôt, les médecins avaient décidé de la mettre dans une couveuse. J'avais tellement hâte de la voir, de la toucher, de l'avoir contre moi. L'infirmière ouvrit la couveuse puis porta mon enfant. Elle le plaça dans mes bras. Elle était tellement petite, tellement fragile, j'avais peur de l'avoir dans mes bras, peur de lui faire mal. Elle tenta d'ouvrir les yeux.

« Tu es magnifique.. » Chuchotai-je en la bordant un peu contre ma poitrine.

Au bout d'une dizaine de minutes, qui paraissaient tellement court pour moi, l'infirmière l'installa de nouveau dans la couveuse. C'était horrible de ne pas pouvoir tenir son propre enfant dans les bras aussi longtemps que je le souhaitais. Mais je souris en la voyant respirer. C'était ça le plus important : Qu'elle respirait et qu'elle soit en vie.

« Mihoko Uchiwa.. Tu m'as fait une sacrée peur bleue. »


31 décembre 2018

Tout les gens auxquels je tenais étaient là, autour de cette grande table. Kiba et Hinata discutaient avec Shikamaru qui lui, tenait discrètement la main de Temari. Gaara jetait des regards en leur direction de temps en temps, méfiant et surveillant sa sœur ce qui m'amusa. Il était devenu un tonton gaga. Karui donna un coup à Lee sous le regard un peu effrayé de Chôji. Ino regardait, les joues rougis Saï qui lui, buvait un verre en discutant avec Sasuke. Iruka et Kakashi discutaient avec Itachi. Les autres invités discutèrent entre eux. Itachi et moi avons décidé d'organiser un réveillon chez nous. L'année avait été longue pour tout le monde, avec des hauts et des bas.

« Votre attention s'il vous plaît. »

Tout les regards se tournèrent vers Itachi, qui levait son verre. J'étais un peu étonné qu'il prenne la parole.

« Je tiens à porter un toast à une femme qui a toujours été là pour moi, et pour son prochain. À une femme qui a traversé tellement d'épreuves sans jamais abandonner, qui même malgré tout ça a toujours gardé le sourire, à la recherche du bonheur et essayant de rendre heureux ses amis. C'est la personne qui à la plus grande force émotionnelle que je connaisse, sincèrement. Aujourd'hui cela fait quatre ans qu'elle fait parti de ma vie, elle l'a littéralement changé en quelque chose de meilleure. Cela a été une longue route pour moi mais je suis tellement reconnaissant que nos routes se soient enfin croisées. Santé à tous et en particulier à toi Naruko. »

Tous crièrent à l'unisson santé. On leva tous nos verres et trinquèrent. Il s'assit de nouveau à côté de moi et m'embrassa.

« C'était vrai, cela a été une longue et difficile route. Mais je n'avais aucun regret, sans tout ces malheurs et cette tristesse je ne serais jamais devenue la personne que je suis aujourd'hui. Chaque jour que je passais avec votre père était un beau présent précieux. Le jour de notre mariage je m'étais promis d'aimer votre père aussi longtemps que possible, à chaque seconde, à chaque dispute, à chaque crise de jalousie, à chaque anniversaire, à chaque mauvaise passe, à chaque célébration, tout le temps je me rappelais. Même lorsqu'il est tombé malade. »


08 février 2024

J'avais reçu un appel de l'hôpital et je devais y aller le plus tôt possible. Si je le pouvais, j'aurais passé toutes mes journées à l'hôpital. Je préparai mes affaires et celle d'Itachi, retenant mes larmes, sous les yeux curieux de Akira qui me dévisageait depuis le seuil de la porte. Il était très intelligent et mature pour son jeune âge, il savait que quelque chose n'allait pas avec son père mais n'osait pas demander. Je ne voulais pas leur en parler. Peu importe si je souffrais, mes enfants ne méritaient pas de ressentir cette souffrance, ils n'étaient que des enfants et ce n'était pas juste.

« Maman qu'est-ce-que tu fais ?

- Je fais les valises de ton père..

- Papa part encore en voyage ? Quand est-ce qu'il revient ? »

Je ne savais pas quoi lui répondre, il n'avait que huit ans. Comment dire à son enfant de huit ans que son père allait bientôt mourir, qu'il n'allait plus jamais le revoir ? Surtout que ce dernier ne voulait pas que ses enfants le voient à l'hôpital faible et malade selon ses dires. Il ne voulait pas que le dernier souvenir de Mihoko et Akira aient de lui, mourant sur un lit d'hôpital. C'était l'une de ses dernières volontés, je comprenais et respectais sa décision, même si c'était dur.

« Oui. » Finis-je par lui répondre en fermant la valise.

« Papa me manque beaucoup maman..

- À moi aussi mon cœur. » avouai-je en le prenant dans mes bras.

« C'est pour cela que je vous filme tout le temps, comme ça il voit ce que nous faisons.. »

Et c'était à ce moment là que je commençais à pleurer. Il manquait tellement de choses dans la vie de ses enfants, des souvenirs précieux que je partageais avec les enfants et que j'aurais voulu qu'il partage avec nous. Une larme coula le long de ma joue. Akira l'essuya à l'aide de sa main.

« Ne pleure pas maman, papa reviendra bientôt. »

Je le pris dans mes bras et restais ainsi pendant plus de dix minutes avant de me calmer. Il me regarda d'un air triste, s'inquiétant pour moi.

« Merci de m'avoir consolé Aki..

- Je ne veux pas te voir triste, s'il te plaît.. »

Je hochai la tête en lui souriant, lui promettant. Je lui caressai lentement ses cheveux bruns. Il sourit.

« J'ai appelé ta tante Hinata et ton oncle Kiba, vous allez dormir chez eux cette semaine.

- C'est.. C'est vrai ?! » s'écria-t-il en rougissant.

« Oui.

- Je vais aller le dire à Miho. »

Je riais légèrement en le voyant surexcitée et nerveux, chose très rare lui qui était si calme. J'aimais le voir ainsi. Il quitta la penderie en courant. J'allai rester à l'hôpital cette semaine. L'état de Itachi s'était empiré et je devais rester à ses côtés. Je préparai également les affaires des enfants. En descendant ils m'attendaient devant la porte. Une fois tous prêts je les conduisit chez Kiba et Hinata. On arriva très rapidement. Je sonnai à la porte de leur grande demeure et elle s'ouvrit sur Kiba.

« Bonsoir Kiba.

- Bonsoir Naruko.

- Salut les enfants !

- Bonsoir tonton Kiba ! » saluèrent-ils en cœur.

Il se recula pour nous laisser passer. Il ferma la porte derrière nous puis on alla au salon où il y avait Hinata et ses trois enfants : L'aîné, Masanume, bientôt âgé de onze ans, regardait la télévision. Il était le portrait de son père sauf qu'il avait la même couleur de cheveux de sa mère. Leur chiot, un petit labrador noir du nom de Ikki essaya d'attirer l'attention de cadette, Jun, du même âge que Akira, caressait leur golden retriever, Hatchi. Ses cheveux châtains lui arrivaient jusqu'au cou et sa frange masqua légèrement ses yeux gris. Elle ressemblait beaucoup à sa tante, Hanabi. Le regard de Jun se tourna vers Akira, elle lui sourit les joues rosies. Et la plus petite, Saki, âgée de quatre ans, était assise sur les genoux de sa mère à côté de leur chat persan blanc, Yuki. Elle essayait de toucher le ventre arrondi de sa mère. Cette petite était le portrait craché de Hinata, sauf qu'elle avait la peau mâte.

« Bonsoir.

- Bonsoir Naruko. » répondit Hinata en se levant, tenant son ventre arrondi.

« Bonsoir les enfants.

- Bonsoir tante Naruko ! » répondirent-ils en cœur.

Mes enfants et ceux de Hinata et Kiba coururent automatiquement en haut en riant, suivit des chiens. Le chat resta sur le canapé, se léchant une patte avant de s'endormir. J'étais heureuse de voir que mes enfants et ceux de mes meilleurs amis étaient également amis et s'entendaient très bien. Je souris faiblement. Je m'assis à côté de Hinata et Kiba s'assit sur le fauteuil.

« Comment va le petit gars dans ton ventre ?

- Il va bien, si tout ce passe bien il verra le jour dans deux mois.

- Le temps passe vite..

- Hn. » répondit-elle d'un hochement de tête.

« Comment va Itachi ?

- Son état a empiré.. » dis-je ne marquant une pause.

« Les médecins disent que ses jours sont comptés et qu'il n'y a plus rien à faire. »

En disant cela, Hinata posa sa main sur la mienne, compatissante. Je pouvais voir que Kiba avait serré les poings face à mon annonce. Les médecins nous avaient annoncé cette nouvelle il y a deux semaines.

« Je vous remercie d'avoir accepté de surveiller les petits cette semaine.

- Tu rigoles ?! J'adore tes gosses et on s'amuse beaucoup avec eux ! »

Je souris en entendant sa phrase. Je ne voulais embêter personne avec mes problèmes mais je devais laisser mes enfants à des personnes de confiance, et puis ils adoraient venir chez eux.

« Il faut que j'y aille, j'ai promit à Itachi de passer ce soir.

- Je comprends. »

Je me levai et allai en haut pour dire au revoir aux enfants. Je montai les escaliers quatre par quatre et arrivai dans la salle de jeux. Dès qu'ils me virent ils accoururent vers moi.

« Promettez-moi de rester sage ?

- Promis ! » répondirent mes deux petits bouts de choux en cœur.

« Miho ne pleure pas, je te téléphonerai demain d'accord ? Vous allez pouvoir parler à papa aussi. »

Elle hocha la tête, retenant ses larmes. Elle n'arrivait pas à dormir chez des gens sans pleurer et demander son père ou moi. Je leur fis un chaste bisou sur le front avant de quitter la demeure.

[…]

J'arrivai devant l'hôpital une heure plus tard. Je dis bonjour à la réceptionniste qui avait maintenant l'habitude de me voir tous les jours avant de prendre l'ascenseur pour aller au dernier étage du bâtiment. Je traversai le couloir et arrivai face à la porte de sa chambre. Je soufflai un grand coup avant de toquer et entrer dans la chambre. J'entrai et le vit, en train de lire le livre que je lui avais acheté.

« Bonsoir, je vois que le livre que je t'ai acheté te plaît.

- Hn. Sasuke s'est amélioré. »

Je lui souris, il fit de même. Il était beaucoup plus pâle et avait maigrit. Cela me faisait mal au cœur et me détruisait de l'intérieur de le voir ainsi mais je m'étais jurée pour lui et moi de ne pas pleurer devant lui. Il ferma le livre et le posa sur la table de chevet.

« J'ai laissé les enfants chez Kiba et Hinata. Ils aiment beaucoup aller là-bas, surtout Akira !

- Moi je pense savoir pourquoi.. » dit-il lourd de sous-entendu avant de tousser.

Je m'assis à son chevet, lui prit sa main et le regarda pour qu'il m'en dise plus. Ce qu'il comprit.

« Notre Akira est amoureux de Jun. Je te parie que plus tard, il se mariera avec elle.

- Tu as l'air sûr de toi Uchiwa ! On verra cela dans quelques années.

- C'est mon fils après tout. Je ne pourrais pas voir cela de mes propres yeux.. » Dit-il avant de se perdre dans ses pensées. Je devais lui faire changer les idées. Je fouillai dans mon gros sac et en sortis mon ordinateur portable avec une feuille. Je mis les vidéos des enfants et lui donna.

« J'ai filmé les enfants cette semaine. Akira a eu la meilleure note de sa classe, comme d'habitude. Oh et tiens Miho t'as fais un dessin ! »

Il sourit en regardant le dessin fait par notre fille et je m'allongeai à côté de lui, lui tenant la main. J'installai l'ordinateur sur mes cuisses puis on regardait les vidéos de nos enfants. Cette semaine on était parti au zoo. Miho voulait absolument voir des pandas et Akira des lions, leurs animaux préférés. Miho s'amusait à faire des grimaces aux singes sous le regard exaspéré de Akira et sous mes rires. Ils avaient nourri des moutons et des canards. Miho avait pleuré car un coq l'avait coursé. Akira scrutait avec admiration le lion. Durant la vidéo, je jetais des coups d'œils à Itachi. Une larme coula. C'était la première fois que Miho allait au zoo et je savais qu'il n'aurait voulu manquer ça pour rien au monde, il voulait être présent pour ses enfants. La vidéo finit, je lui racontai ce qui s'était passé au travail et racontai les nouvelles comme je le faisais d'habitude, dans les moindres détails. Je le voyais qu'il était préoccupé. Je me levai et fouillai dans mon sac pour lui donner un livre que j'avais acheté ce matin.

« Naruko.

- Oui ?

- Je sais que cela te fais mal de venir ici, je ne veux te forcer à rien..

- Tu ne me forces à rien, je veux venir ici pour te voir.

- Mais pourquoi venir si cela te fais mal ?! Je ne serais plus de ce monde à la fin du mois ! » Hurla-t-il avant de tousser et de se calmer, serrant les points. Il me fit sursauter.

« Je ne veux pas te voir souffrir après mon départ.. Je ne veux pas te voir seule. Je veux que tu recommences ta vie, si tu en as besoin oublie-moi pour avancer car tout ce que je veux c'est ton bonheur. Tout ce que je veux c'est votre bonheur.

- Tu n'as toujours pas compris.. » Commençai-je en retenant mes larmes et en serrant les poings à mon tour.

« C'est parce que je t'aime bon sang ! Lorsqu'on s'est marié je t'ai promis de t'aimer dans les meilleurs et pires moments, dans la santé et dans la maladie ! C'est parce que je t'aime que je viens tous les jours, que je garde espoir pour que tu restes et que tu sois en meilleur santé. C'est parce que je t'aime, que je me fais violence à chaque fois.. »

Il se leva difficilement du lit et me prit dans ses bras. Je commençai à pleurer sans le vouloir. J'ai failli à ma promesse. Je n'avais pas pleuré quand on m'avait annoncé qu'il était malade, ou lorsque Itachi avait été contraint de vivre à l'hôpital, ou lorsqu'on m'avait annoncé que les chimiothérapies, les opérations, et j'en passe, n'étaient plus efficace, ou même lorsque on m'avait annoncé que ces jours étaient comptés, qu'il me quitterait les enfants et moi. J'accumulai beaucoup trop de choses. Il me berça, posant une main sur mon dos et l'autre sur ma tête, me caressant lentement les cheveux. J'étais désolée de pleurer, de craquer devant lui, ce n'était pas juste pour lui.

« C'est parce que je t'aime Itachi et rien de tout ce que tu me diras ne changera ça, je ne pourrais jamais t'oublier car sinon, ça ne serait pas de l'amour.. »

Je le tenais désespérément. Il posa sa tête sur mon épaule. Il tremblait. J'ignorai durant combien de temps on était resté ainsi mais je m'endormis. Je n'arrivais plus à dormir correctement depuis qu'il avait quitté la maison pour aller vivre à l'hôpital. Je me sentais faible, il avait toujours été là pour moi et c'était à mon tour d'être là pour lui. Mais même là, j'avais toujours besoin de lui. Je ne voulais pas qu'il parte, je voulais qu'il reste avec moi, qu'on voit nos enfants grandir, qu'on s'amuse avec nos futurs petits-enfants, qu'on vieillisse ensemble au bord de la mer Méditerranée au sud de la France. Ce n'était pas juste..

« Vous savez, lorsque j'ai appris que votre père était malade, j'étais en colère. Je me suis demandée pourquoi cet univers était aussi tordu, mauvais et horrible. J'avais l'impression que chaque chose que j'aimais partait mais j'ai dû accepter cette dure réalité et j'ai remercié tout les Dieux de cette Terre, l'univers, tout ce que je pouvais, de m'être trompé de salle, d'être entré sans toquer dans cette pièce... De m'avoir fait rencontré votre père.. »


31 décembre 2014

La demeure des Uchiwa était immense, j'étais persuadée que même Sasuke ne la connaissait pas par cœur. Des gens tueraient pour être à ma place actuellement, j'avais été invité au réveillon annuel qu'organisait les Uchiwa. Il avait également invité nos amis au réveillon annuel. Sasuke avait intégré notre cercle d'amis, mes amis étaient devenus également les siens, il était surtout proche de Hinata, Shikamaru et Ino, cette dernière était sa meilleure amie. Il était vingt-trois heure cinquante-six et le décompte allait bientôt avoir lieu. Tout ce que je voulais c'était d'aller aux toilettes pour me refaire une beauté, mes cheveux avaient frisés. Je fis maintenant face à une grande porte en bois. Les portes dans ce manoir se ressemblaient toutes, je m'étais perdue. J'entrai sans demander mon reste et vis un homme, assis de dos à moi regardant la baie vitrée qui donnait une vue sur Tokyo.

« Bonsoir, je suis désolée je me suis trompée de-

- Ce n'est rien, entrez. »

Je masquai mon étonnement puis entrai, fermant derrière moi la porte tout doucement. J'avais l'impression de le déranger. L'homme se retourna et fit face à moi, me fixant. Ces cheveux ébènes lui tombèrent sur les épaules, mais ce qui attira mon attention étaient ses yeux d'un noir profond. Je pouvais reconnaître ce regard entre mille. Je souris malgré moi, reconnaissant l'homme du bal. J'admis également que c'était un bel homme. Cette part de mystère allait disparaître ce soir, je le compris aussitôt en le voyant faire un faible sourire.

« Bonsoir, vous devez sans doute être l'ancienne colocataire de Sasuke ?

- C'est exact. Je m'appelle Naruko Uzumaki. » Me présentai-je, m'avançant dans la grande pièce. Il s'avança également vers moi.

« Et vous, vous êtes sûrement le grand frère de Sasuke ?

- Itachi Uchiwa. Je suis ravie de faire votre connaissance.

- Le plaisir est partagé. »

Je jetai un coup d'œil à la pièce, qui était spacieuse et lumineuse. Je tournai ma tête vers ma gauche et quelque chose attira mon attention. Quelle ne fut pas mon étonnement en voyant un de mes tableaux accroché au mur. C'était le premier tableau que j'avais exposé en 2005. Je croyais ne plus jamais le revoir de ma vie. Je m'approchai à pas de loup de lui, ahurie, et vit que c'était bel et bien lui, ma signature d'artiste était en dessous.

« Ce tableau..

- Vous aimez ? » Me demanda-t-il en se tenant derrière moi. En entendant sa voix, je frissonnai, c'était perturbant.

« C'est la première fois qu'un tableau me fascine autant. Je me vois dans ce tableau. »

Je rougis automatiquement en entendant ce compliment. C'était la première fois que l'on me disait cela sur l'une de mes œuvres avec autant de spontanéité. C'était grâce à cet achat que j'avais pris confiance en moi et que j'avais continué. C'était grâce à cet achat que mon amour pour la peinture avait augmenté. C'était grâce à lui.

« Ce tableau.. C'est moi qui l'ai peins en 2005.

- Pour une exposition organisé par l'université Konoha.

- Mon ancienne université, l'achat a été anonyme..

- Et vous pensiez ne plus jamais le revoir.

- Et je pensais ne plus jamais le revoir. » Répétai-je pour affirmer ces dires.

Je souris et me tournai vers lui, qui lui, souriait également.

« C'est bizarre, la façon on retrouve des choses que l'on pensait avoir perdu.. »

On se regarda longuement. C'était comme s'il me comprenait, c'était étrange cette sensation. J'avais l'impression de l'avoir toujours connu.

« C'est marrant, j'ai l'impression de vous connaître..

- Peut être dans une vie antérieur.

- Qui sait. » Répondis-je en souriant, amusé.

Je ne savais pas ce que je ressentais à ce moment là. C'était bizarre, mais vraiment bizarre. Il jeta un coup d'œil à la grande horloge.

« C'est bientôt l'heure du décompte, il est vingt trois heure cinquante neuf.

- On n'aura jamais le temps de descendre et-

- Est-ce-que cela vous dirait qu'on fasse le décompte ensemble ? Enfin si cela ne vous dérange pas.

- Oui, avec plaisir. »

Mon regard se tourna vers la grande horloge. On attendait dans le silence les dix dernières secondes de cette dernière heure de l'année 2013.

« 9.. 8.. 7.. 6.. 5.. 4.. 3.. 2.. 1.. 0. »

On pouvait voir de la baie vitrée des feux d'artifices, c'était vraiment magnifique. Je regardai la baie, admirative. Puis je me tournai vers Itachi, le sourire aux lèvres. C'était une belle manière de commencer l'année.

« Bonne année à vous ! » M'exclamai-je, heureuse.

« À vous aussi. »

Son visage se rapprocha du mien, je ne me reculais aucunement. Je voulais l'embrasser, et ça depuis que je l'avais rencontré au bal. Il y avait une attirance entre nous c'était indéniable. Il posa ses lèvres contre les miennes, puis entrouvrit mes lèvres pour approfondir le baiser. Ses mains enroulèrent ma taille, me rapprochant encore plus de lui. Mes mains se posèrent sur son torse. J'en voulais plus, et il le comprit.

« Allons-nous en d'ici.

- Je vous suis. » Conclu-je avant de l'embrasser de nouveau. Il tint ma main, nos doigts s'entrelacèrent. Il éteignit la lumière puis referma la porte de la pièce derrière nous.

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21 juin 2033

La mère scruta ses enfants un à un. Elle fut soulagée de leur raconter cette histoire, son histoire. C'était l'histoire de sa vie. Elle espérait qu'ils comprendraient certains des choix qu'elle avait dû faire, qu'ils comprendraient également comment elle était devenue la personne qu'elle était actuellement. Le plus grand soutenait son regard et la plus petite baissa la tête, attristée et gênée.

« Voilà les enfants comment j'ai rencontré votre père. »

Il eut un long moment de silence dans la pièce où chacun était perdu dans ses pensées. Jusqu'à que Mihoko prit la parole.

« 'Man.. » Naruko regarda sa fille, l'écoutant. « Je suis vraiment désolée de t'avoir organisé ce rencard..

- Mais ?

- Cela fait neuf ans que papa est parti.

- On ne voulait plus te voir malheureuse..

- Qu'est-ce-qui vous fait croire que je suis malheureuse ?

- Il y a deux semaines c'était l'anniversaire de papa. Je t'ai vu pleurer dans la salle cinéma en regardant les vieilles vidéos de nous et de papa.. Et je les ai regardé à mon tour, tu étais tellement heureuse dessus.. Je voulais te revoir comme ça. »

La blonde regarda le cadre photo qui était posé sur le bureau, où y figurait Itachi, elle et ses deux enfants enfant. Elle se rappela très bien de ce jour, c'était un jour heureux.

« Vous savez, lorsque c'est l'anniversaire de votre père j'aime regarder des vielles vidéos me remémorant des souvenirs passés avec lui. Il aurait eu cinquante et un ans cette année..

- On ne veut pas que tu vis dans le passé et que tu ais des regrets.

- Je n'ai aucun regret. Il m'a donné tout l'amour qu'il pouvait me donner, il m'a aimé de toutes ses forces et m'a donné deux enfants qui sont les fruits de notre amour. J'aime et j'aimerais toujours votre père. À vrai dire, j'ai déjà eu des rencards, trois pour être précise depuis qu'il est parti. » Avoua-t-elle avant de soupirer.

« Mais votre père est mon âme-soeur, l'amour de ma vie. Un amour aussi précieux et unique.. Cela n'arrive qu'une fois dans une vie. Je ne pourrais jamais revivre ça avec une autre personne. Comment le pourrais-je ? »

Elle marqua une pause pour reprit :

« Je ne veux pas que vous vous inquiétez pour moi, pour moi le plus important c'est vous.

- Maman, on s'inquiétera toujours pour toi comme toi pour nous. »

Elle sourit en entendant la phrase de sa fille. Akira hocha la tête pour affirmer les dires de sa sœur, leur mère sourit à son tour. Naruko ne pouvait pas aimer quelqu'un d'autre que Itachi, ce qu'ils avaient vécu était unique. C'était l'amour de sa vie, le seul et unique. Elle avait essayé de passer à autre chose, tous ses amis disaient qu'elle pouvait rencontrer quelqu'un si elle le voulait, mais elle n'y arrivait pas. Pour elle, l'important c'était ses enfants.

« Je vous aime.

- Nous aussi on t'aime. »

Ils se levèrent et s'enlacèrent. Ils séparèrent et le sourire de Naruko s'agrandit. Ses enfants, elle les aimait de tout son cœur, c'était les plus beaux cadeaux de Itachi. Ils avaient tellement grandi, ils s'épanouissaient, ils allaient devenir des gens bien. Elle les avait élevé pour qu'ils deviennent des gens biens, honnêtes et forts. Elle ne savait pas encore si elle avait réussi parfaitement, mais elle n'en s'inquiétait pas. Elle était fière d'eux.

« Je vais aller me coucher, j'ai un examen de maths dès la première heure demain et Jun va me tuer si je me réveille encore en retard. »

Naruko hocha la tête puis le brun quitta la pièce avant de sourire à sa mère et de leur souhaiter bonne nuit.

« Je suis désolée maman, tu me pardonnes ?

- Pardonnée.

- Assez pour lever ma punition ? » Demanda-t-elle d'une petite voix.

« Non petite teigne. » Répondit-elle en donnant une petite tape sur le front de sa fille, elle avait prit la mauvaise attitude de Itachi.

« Pendant les vacances tu seras la stagiaire d'Ino, elle travaillera à l'hôpital pour aider un chirurgien dans son essai clinique contre l'Alzheimer.

- C'est vrai ?! » Demanda-t-elle, surexcitée, n'en croyant pas ses oreilles.

Sa fille voulait devenir chirurgien. Son rêve depuis qu'elle avait huit ans était de créer des essais cliniques contre le cancer des poumons et contre la tuberculose. Elle travaillait très dure pour cela.

« Hn. Ça ne sera pas facile je te préviens !

- La difficulté ne me fait pas peur ! Merci maman ! » Miho fit un chaste bisou sur la joue de sa mère. « Bonne nuit maman !

- Bonne nuit Mihoko. »

Cette dernière lui sourit avant de quitter la pièce, laissant sa mère plongée dans ses pensées. Elle tourna la chaise de son bureau, dévisageant de la grande baie vitrée la vue qu'elle avait. Son défunt mari aimait cette vue, il aimait la contempler pour se vider la tête. Malgré elle, elle se rappela de la semaine la plus horrible de sa vie, qui l'avait anéantit et presque tué. Après la mort d'Itachi, cela avait été trop dur de rester dans leur maison de rêve, chaque objet, mur, parcelles de la maison lui faisait rappeler Itachi. Elle avait loué un appartement en ville et y avait vécu pendant presque quatre ans avant d'être de nouveau capable de vivre dans cette maison. Elle avait même failli vendre cette maison, mais elle ne pouvait pas. C'était la maison de leur famille.

« C'est dur parfois mais j'y arriverai Itachi. Je peux le faire, pour eux.. » Murmura-t-elle dans la pièce, espérant que son mari défunt l'entende de là où il était, en souriant, avant d'éteindre les lumières et de quitter la pièce.


Voilà, c'est la fin. Je n'aime pas vraiment les fins heureuses sans une leçon de vie et j'ai été heureuse d'écrire cette fiction. Merci à tout ceux qui m'ont lu, et pour vos encouragements !

À bientôt pour une nouvelle fiction !