Bonjour à tous et à toutes, je voulais vous présenter un chapitre spécial et qui me tient à coeur : Comment faire son deuil.

Ce chapitre est, comme vous l'aurez deviné en lisant le titre, assez triste, il va aborder des sujets telle que la mort donc les âmes sensibles abstenez-vous de lire ce chapitre.

Disclaimer : Cinq personnages viennent de mon imagination mais sinon les autres personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.

Bonne lecture.


26 février 2024

« Heure du décès : une heure seize du matin. »

À l'entende de cette phrase, Naruko stoppa tout mouvement et fit tomber son café au sol. La blonde garda le silence, immobilisé, au seuil de la porte de la chambre de son mari. Le temps s'était arrêté autour d'elle. Elle sentit son cœur se briser. Tout son être se brisait. Elle n'entendait plus rien, excepté le bip du électrocardiogramme qui était strident et en continue. Elle n'y croyait pas, elle ne pouvait pas le croire. Elle ne pouvait pas l'accepter. Elle ne s'était absentée que seulement pendant trente minutes, seulement trente minutes. Il était parti, parti sans dire ni au revoir à ses enfants, ni à elle. Il ne pouvait pas partir, pas maintenant. Des infirmières commencèrent à éteindre les machines, à les débrancher d'Itachi. Il était tellement malade qu'il avait besoin d'une machine pour l'aider à respirer. Itachi avait refusé la réanimation, donc il était mort sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit.

« Je suis désolé madame.

- La ferme, pour vous ce n'était qu'un patient de plus.. » Déclara-t-elle d'une voix cassante.

Aucune larme, elle était toujours sous le choc. C'était comme si tout s'était stoppé autour d'elle. Son monde s'était stoppé. Elle resta immobile, scrutant toujours le corps inerte de son mari, de son confident, de son partenaire, de l'amour de sa vie. Elle n'osa pas s'approcher de lui, de son corps. Pour elle faire cela rendait la chose encore plus réelle. Les infirmières quittèrent la pièce à l'exception d'une. Elle ne savait ni quoi faire, ni comment réagir. Elle était déboussolée et complètement désorientée. Qu'est-ce-qu'elle devait faire ? Comment pouvait-elle accepter cette horrible réalité qui lui faisait face ? Elle n'en savait rien, comment le pourrait-elle ?

[...]

Naruko avait conduit durant presque deux heures sans s'arrêter. Elle avait peu dormi depuis presque une semaine, elle s'était refusée à le faire. La santé d'Itachi s'était détériorée de jour en jour, il pouvait partir à tout moment, c'était ce que les médecins lui disaient. Elle avait prié et espéré chaque jour que les médecins lui annonceraient qu'ils avaient trouvé le moyen de combattre la maladie, qu'il n'allait pas mourir, qu'il vivrait de nouveau dans la demeure familiale et qu'il verrait ses enfants grandir, en vain. Ses prières, ses supplications, ses négociations avec les êtres supérieurs de l'univers n'avaient pas suffit à le faire rester. Elle était en colère et dans le déni. Pour elle ce n'était pas possible, il n'était pas parti. Elle conduisait dans les routes sombres sur le point de quitter la ville. Puis elle freina au milieu de la route déserte. Elle pensa à ses enfants, elle fit demi-tour en tournant le volant très rapidement. Elle voulait voir ses enfants. Elle devait les voir, elle avait besoin de les voir, de s'assurer que eux étaient toujours là, maintenant, avec elle. Ses deux petits anges dormaient à cette heure tardive, mais le besoin irrationnel de les voir prenait le dessus sur tout le reste. Elle conduisit très vite, manquant de griller des feux. Elle se gara devant la maison de ses amis. Elle resta longuement devant le volant, scrutant les rues illuminées par les lampadaires. Elle descendit lentement de sa voiture avant de claquer la porte derrière elle. Elle sonna à la porte de ses amis de manière insistante. Son ami ouvrit vivement la porte, visiblement très agacé et encore à moitié endormi.

« Naruko ? » Dit simplement Kiba. La colère de son ami se fit aussitôt place par une expression de surprise, très étonné de la voir à cette heure-ci.

« Itachi est mort. »

L'expression de surprise qu'il abordait se fit aussitôt remplacer par la tristesse. Il lui lança un regard navré, sans doute ne sachant pas quoi dire. Elle détestait ce regard, ce regard rempli de pitié et de peine envers elle. Tous avaient ce même regard, elle avait grandi avec et ils lui lanceront ce même regard pour le restant de sa vie. Peut-être était-elle réellement maudite. Elle sentit Kiba la prendre dans ses bras. Ce câlin ne lui fit rien, elle ne ressentait plus rien. Elle avait l'impression d'avoir perdu toute sensation. Elle vivait, mais sans rien ressentir. Il se défit de son étreinte.

« Je viens chercher mes enfants.

- Naruko ils peuvent dormir ici-

- Je viens.. Chercher mes enfants. » Répéta Naruko avec une voix éraillée, plus difficilement.

Kiba se recula pour la laisser entrer, n'insistant pas. Hinata descendit les escaliers, venant de s'être fait réveiller. Naruko continua à monter les escaliers sans lui adresser un regard. Tout ce qu'elle voulait c'était de voir ses enfants et personne ne lui en empêcherait. Elle alluma la lumière du couloir, puis entra dans la chambre de Masamune, l'enfant aîné de Kiba. Elle vit son petit garçon endormi profondément sur un futon. Naruko s'accroupit à côté de lui, puis caressa lentement ses cheveux ébènes, ne voulant pas le réveiller brusquement. Ce dernier ouvrit lentement les yeux. Puis il fronça les sourcils en la reconnaissant dans l'obscurité.

« Maman ?

- Salut mon petit gars.. Prends ton sac et attends-moi en bas. »

La blonde lui embrassa le front puis se leva, laissant son petit garçon prendre son sac. Elle entra ensuite dans la chambre de Saki et Jun, les filles cadettes de ses amis. Elle aperçut son fils fermer la porte de la chambre derrière lui et descendre, comme elle lui avait demandé de faire. Elle entra dans la chambre. Sa fille dormait avec Jun car elle avait peur de dormir loin de la maison. Elle perçut le sac de sa fille et le porta à l'épaule. Puis elle porta sa fille profondément dormi. Il était difficile de la réveiller lorsqu'elle dormait ainsi. Sa fille reposa automatiquement sa tête sur son épaule.

« Papa.. » Murmura-t-elle dans son sommeil.

La mère lui caressa lentement les cheveux, puis descendit les escaliers. Hinata pleurait silencieusement dans la cuisine, tandis que Kiba aida Akira à mettre son manteau. Elle sentit sa fille bouger, puis elle bâilla avant de se frotter les yeux. La petite fille se rendit compte que sa mère la portait. Elle se tapa les joues, une mauvaise habitude qu'elle avait prit, afin de bien se réveiller. Elle lui adressa un grand sourire. Elle avait perdu une dent de lait, Naruko trouvait son sourire adorable. Ses grands yeux bleus presque ténébreux la dévisageaient, enjouée. Elle était complètement réveillée.

« Maman t'as les yeux tout rouge ! » Lui fit remarquer sa fille en lui touchant les joues de sa mère de ses petites mains. Naruko lui embrassa le front.

« Papa est rentré ?! » Lui demanda Mihoko, surexcitée.

Naruko la déposa au sol à côté de Akira. Ce dernier gardait le silence, comprenant que quelque chose n'allait pas. Itachi lui avait fait promettre de ne rien dire à leurs enfants jusqu'au dernier moment, au moment où leurs enfants devaient lui dire au revoir. Ils étaient censés le voir aujourd'hui, elle leur avait promis. Mais ce moment leur avait été enlevé. Ils n'auront jamais l'occasion et l'opportunité de voir leur père une dernière fois. Comment allait-elle leurs annoncer cela ? Comment dire à ces enfants innocents et heureux que leur père était mort ? Qu'ils n'allaient plus jamais le revoir ? Qu'elle leur avait menti durant presque un an en disant qu'il était en voyage alors qu'il était à l'hôpital ? Peu importe si elle souffrait, peu importe si elle était seule, ses enfants étaient le plus importants pour elle comme ils l'étaient pour Itachi.

« Maman tu sais j'ai été très sage ! J'ai même pas pleuré avant d'aller dormir ! J'ai promit à maman et pa' de ne pas pleurer et d'être sage ! Demande à tonton Kiba ! »

Naruko allait briser ce sourire, ce magnifique sourire innocent rempli de malice. Elle s'accroupit face à ses enfants, les scrutant un à un. Ils ressemblaient tellement à leur père que ça en était douloureux. Elle prit ses enfants dans ses bras, les serrant tellement fort contre elle. Elle était soulagée, ils étaient là, en bonne santé. Ils étaient , avec elle. Elle les serrait désespérément, retenant un sanglot.

« Maman tu m'fais mal.. »

Elle se recula légèrement, essuyant rapidement ses larmes naissantes. Elle souffla puis se redressa. Hinata vint à eux, ses yeux étaient rougis. Hinata s'avança en silence, rejoignant son mari. Ce dernier restait interdit, ne sachant pas quoi dire ni faire.

« Nous pouvons prévenir les autres si tu veux, comme tu veux. » Surenchérit Kiba à son tour. Naruko se tourna face au couple.

« Non je vais le faire, vous en avez déjà fait beaucoup pour moi. Merci d'avoir veillé sur eux, merci pour tout. »

Kiba hocha la tête tandis que Hinata lui sourit faiblement. Ils avaient fait bien plus que leur devoir d'amis ces derniers mois, elle leur en serait éternellement reconnaissante. Elle ouvrit la porte d'entrée puis tint la main de ses enfants.

« On rentre à la maison. »

[...]

Naruko gara sa voiture dans son garage, à côté de la voiture de son mari. Elle coupa le contact, puis s'appuya davantage contre son siège en cuir. Elle regarda son reflet sur le rétroviseur. Elle semblait épuisée, elle se contenait de pleurer et de hurler. Elle jeta un coup d'œil à ses enfants. Ces derniers détachaient leurs ceintures. Naruko ouvrit la portière, descendant de la voiture. Puis elle ouvrit la portière arrière pour les laisser sortir. Ils entrèrent dans la maison par le garage. Ses enfants déposèrent leur sac dans le couloir. Ses enfants entrèrent dans le salon, tandis qu'elle restait sur le seuil. Mihoko alla en courant à son mini parc à jeu que son père lui avait offert pour son cinquième anniversaire, Akira la rejoignit en marchant.

La petite blonde était toute seule sur le lit d'hôpital, silencieuse. Elle fit le tour de la chambre d'hôpital de ses yeux bleus. Puis elle scruta son plâtre rose au bras et toucha son ventre qui lui faisait mal. Elle voulait voir ses parents. Ils étaient venue la chercher à l'école car ils lui avaient promit d'aller à la patinoire ensemble. Mais ça ne s'était pas passé comme cela. Elle revoyait encore tout ce sang dans la voiture, elle qui n'arrivait pas à bouger ni à entendre sa mère gémir de douleur. Son père n'avait pas bougé, comme si il dormait paisiblement. Elle entendait les adultes chuchotaient dans les couloirs.

« Perdre ses parents si jeune et dans de telles circonstances.

- Elle n'a que sept ans la pauvre.. Elle n'a aucune famille proche. »

Naruko n'avait pas quitté son plâtre rose des yeux, restant immobile. Elle entendit la porte de la chambre s'ouvrir puis se refermer. Un homme en blouse blanche se tint devant elle, lui faisant un sourire bienveillant. Où étaient ses parents ? Pourquoi n'étaient-ils pas là pour la rassurer ? Mais surtout, est-ce qu'ils allaient bien ?

« Bonjour, comment vas-tu Naruko ? » Lui demanda-t-il.

« Je veux voir mes parents. »

Le médecin garda le silence face à sa requête, gêné, elle répéta sa phrase en hurlant, les yeux bleus remplis de larmes.

« JE VEUX VOIR MES PARENTS ! » Hurla-t-elle à pleins poumons.

Elle leva la tête vers le médecin, serrant les poings. Ce dernier lui lança un regard compatissant et rempli de pitié. Ce regard qu'elle commençait à détester. Elle comprit aussitôt ce qui se passait, mais elle voulait l'entendre à haute voix. Tant qu'elle ne l'avait pas entendu, elle n'y croirait pas. Elle espérait avoir tort. Elle ne devait pas avoir raison. Le médecin s'assit sur le bord du lit, puis lui prit la main.

« Je suis désolé, tes parents sont morts dans l'accident. »

La blonde secoua légèrement la tête, se reprenant. Elle entra à son tour dans le salon. Elle avait une sensation bizarre en y entrant, quelque chose manquait. Ou plutôt quelqu'un.

« Les enfants.. Il faut que je vous parle. Asseyez-vous sur le canapé. »

Ils exécutèrent puis s'assirent sur le canapé en cuir. Elle s'assit face à eux sur la petite table basse en verre. Akira appréhendait tandis que Mihoko était enjouée, n'ayant pas remarqué l'ambiance tendue qui régnait dans la pièce. Elle enviait cette innocence, se soucier de rien et voir que ce qu'il y avait de beau dans ce monde. Et elle allait briser cette innocence. Elle devait être honnête avec eux. C'était injuste pour eux, mais ils méritaient de savoir. Elle espérait que lorsqu'ils seront plus grands, en âge de comprendre les choses, ils n'en voudront ni à leur père ni à elle de les avoir menti. Naruko garda le silence face à ses enfants, retenant ses larmes. La petite fille prit la parole.

« Papa va bientôt arriver ? »

- Non. Papa.. Était très malade. Il n'était pas en voyage mais à l'hôpital. Je suis désolée de vous avoir menti, mais on ne voulait pas vous inquiéter. »

Akira baissa la tête, comprenant ce qui se passait et ce que leur mère allait leur annoncer. Naruko posa sa main sur la sienne, la caressant lentement avec son pouce. Elle le sentit légèrement trembler. Naruko souffla, elle ne devait pas s'effondrer et pleurer devant eux. Elle devait être forte. Le sourire de Mihoko se fana un peu. Elle commença à s'inquiéter, surtout en voyant sa mère aussi triste. La mère lui caressa lentement la joue, voulant la rassurer.

« C'est grave ? Il va bien ?

- Non.. » Répondit la mère, commençant à avoir les larmes aux yeux, hochant la tête de gauche à droite.

« Mais les médecins vont le guérir hein ? On doit aller le voir à l'hôpital !

- Mihoko...

- Je veux voir papa ! » Surenchérit sa fille.

« Les médecins ne peuvent pas le guérir Miho car... Papa est mort. »

Le visage de Mihoko, sa fille de six ans, se décomposa. C'était comme si le monde sous ses petits pieds s'était effondré. Naruko souffla, retenant un sanglot. Akira se leva, puis enlaça sa mère. Mihoko se leva à son tour, commençant à pleurer et hurler, puis enlaça sa mère. Ils restèrent ainsi dans les bras pendant presque une heure, le temps s'était suspendu autour d'eux. Naruko se promit qu'elle n'allait pas s'effondrer, elle ne devait pas s'effondrer. Pour eux.


2 mars 2024

Naruko tenait fermement les mains de ses enfants, regardant le cercueil de son mari être mit sous terre. Elle n'écoutait ni les discours d'adieux, ou même les sanglots. Ses oreilles sifflaient. Elle ne pleurait pas, elle n'y arrivait pas. Elle serrait fortement les mains de ses enfants, elle avait peur qu'en lâchant leurs mains ils disparaitront à leur tour. Ils étaient au premier rang pour voir Itachi se faire enterrer. Devoir organiser les funérailles, devoir appeler tous ces gens un à un pour leur annoncer la nouvelle, sans pleurer ou même hurler, avait été la pire des tortures pour elle.

« Je peux vivre sans toi.. Mais je fais le choix de ne pas le faire Naruko, je ne le veux plus. »

Mais elle, arriverait-elle à vivre sans lui ? Est-ce-qu'elle pourrait vivre sans lui ? Depuis qu'il était parti, tout était différent, tellement différent. Elle l'avait perdu à jamais. Maintenant elle devait juste l'accepter, mais c'était dur et douloureux à accepter. Il était parti, et il ne reviendra jamais : C'était la phrase qui tournait en boucle dans sa tête pour faire face à la réalité. Il était parti, il ne reviendra jamais et elle devait l'accepter.

« Non tu ne comprends pas ! Nous n'avons pas surmonter les mêmes choses. Tu ne sais à quel point cela peut te détruire de pleurer sur le corps de la personne que tu aimais le plus dans ce monde. »

Elle comprenait mieux la douleur de Tayuya. L'amour d'un enfant à l'égard de ses parents et l'amour que l'on ressent lorsqu'on tombait amoureux d'une personne étaient différents. C'était une douleur insupportable qui lui comprimait la poitrine, elle avait l'impression de suffoquer. Elle n'arrivait pas à gérer cette douleur. Qu'est-ce-qu'elle devait faire ? Elle entendait le bip strident et en continue du électrocardiogramme dans sa tête, elle n'en pouvait plus. Elle prit une grand inspiration.

« Je suis amoureux de toi, je veux vivre de nouvelles choses et partager de nouveaux souvenirs avec toi. Ce n'est pas complètement parfait pour l'instant mais je t'aime... Et j'espère que cela suffira à te convaincre de rester encore longtemps à mes côtés.

- Je t'aime et tu m'aimes, tout est déjà parfait Itachi. »

« Naruko. »

Elle sursauta légèrement, son regard se tourna vers Sasuke. Ses yeux étaient rouges, et abordait de grosses cernes sous les yeux. Il l'avait aidé avec ses enfants ces derniers jours, elle l'entendait pleurer tard la nuit lorsqu'elle errait dans les couloirs de la maison. Il ne montrait jamais ce qu'il ressentait, donc elle avait ressenti beaucoup de peine lorsqu'elle l'entendait pleurer. Il faisait en sorte de se montrer fort devant eux. Il hocha simplement la tête, comprenant qu'elle souhaitait rester seule.

« Je vais les prendre avec moi, ne t'inquiète pas. Akira, Mihoko. »

Elle sentit ses enfants lui lâchaient la main. Elle n'arrivait pas à les regarder, elle ne pouvait pas les regarder, voir leurs visages tristes et abattus. Elle ne pouvait pas, elle n'en avait pas la force. Elle entendit les gens partir autour d'elle. Elle entendit des gens lui présentaient leur condoléances, d'autres lui tapotèrent à l'épaule ou l'enlaçaient. Tous ses amis étaient présents, chacun avait essayé de la réconforter à sa manière mais en vain. Elle ne voulait pas être réconforter, elle voulait Itachi. Elle voulait passer plus de temps avec lui, plus qu'elle en avait fait. Mais elle ne pouvait pas faire marche arrière, le temps filait à toute vitesse. Le temps n'attendait personne, il prenait des personnes. Tout ce qu'elle voulait, c'était plus de temps avec Itachi.

« Tu es mon âme-sœur !

- Ton âme-sœur ? » Répéta Itachi, amusé. Naruko lui balança un coussin, faisant une fausse mine boudeuse.

« Hé ne te moque pas ! Je sais que c'est cucul ce que je dis mais c'est vrai. Et puis c'est à cause de toi que je suis devenue aussi cucul !

- Je ne me moque pas, je pense simplement la même chose. » Puis Itachi enroula ses bras autour de sa taille, la collant davantage contre lui.

Naruko prit de nouveau une grande inspiration, perdant toutes notions du temps et de la réalité, le regard vide.

« Je veux t'épouser, qu'on ait d'autres enfants ensemble, des tas d'enfants. Grâce à nous ils deviendront des personnes extraordinaires. Puis qu'on vieillisse dans une maison au sud de la France près de la mer Méditerranée. Je suis désolé de t'avoir fait attendre aussi longtemps... Alors, quelle est ta réponse ?

- Oui idiot ! »

Je m'assis sur ses genoux, enroulant mes bras autour de son cou avant de l'embrasser. Je sentis les mains de mon fiancé enrouler ma taille et se faufiler sous mon tee-shirt, caressant mon dos et me procurant des frissons. Je rompis notre baiser, à bout de souffle. Itachi m'embrassa tendrement le front. Je m'exclamai, amusé.

« Tu ne sais pas dans quoi tu t'embarques !

- Tant qu'on est ensemble, rien ne me fait peur. »

« Je veux t'épouser, qu'on ait des enfants ensemble, des tas d'enfants. Grâce à nous ils deviendront des personnes extraordinaires. Puis qu'on vieillisse dans une maison au sud de la France près de la mer Méditerranée. Je veux que tu sois la dernière chose que je verrais lorsque je mourrais à cent ans. Alors, quelle est ta réponse ?

- Oui ! »

Elle lui sauta dessus avant de l'embrasser. Elle sentit les mains d'Itachi l'entourer sa taille et remonter jusqu'à son dos. Itachi rompit leur baiser, à bout de souffle. Naruko lui embrassa tendrement le front. Itachi déclara :

« Tu ne sais pas dans quoi tu t'embarques !

- Qu'importe ce qui arrivera, tant que tu es avec moi. »

La blonde ne savait pas depuis combien de temps elle était ici à scruter la tombe d'Itachi, mais remarqua que le soleil commençait doucement à se coucher. Tout les plus beaux souvenirs qu'elle avait avec Itachi, tout ce qu'ils s'étaient dit, promit, confiés, elle le repassait dans sa tête comme un beau présent. Elle sentit quelqu'un lui tenir la main. C'était une grande main chaude. Elle ne voulait pas savoir qui c'était, qui tentait encore une fois de la réconforter.

« Naruko. » Dit simplement Iruka.

« J'ai encore tellement de choses à te dire, tellement de choses à faire avec toi, Akira et Mihoko. Je ne sais même pas quand sera le dernier baiser qu'on échangera. Je pensais avoir toute la vie devant moi mais.. Je meurs à petit feu. »

« Il est parti. Maintenant tout ce qu'il me reste à faire c'est de l'accepter n'est-ce pas ? Mais je ne peux pas.. Je ne veux pas me dire que tout est fini. Je sais ce que je devrais faire mais je ne sais pas, je ne sais pas.. » Termina-t-elle sa phrase, chamboulée.

L'emprise de la main de Iruka se resserra, lui montrant qu'il était là pour elle. Naruko serra davantage la main, tremblant presque. Ses émotions prirent le dessus en disant à vive voix ce qu'elle pensait. Elle pleura, elle pleura comme jamais elle l'avait fait ces derniers jours. La dernière fois qu'elle avait pleuré ainsi c'était lorsque ses parents se faisaient enterrer.

[...]

Naruko était assise sur son canapé. Elle était restée assise dessus depuis des heures, fixant le feu de la cheminée. Le seul moment où elle s'était levée c'était pour aller coucher ses enfants. Mihoko ne voulait dormir qu'avec Akira. Elle ne voulait pas dormir avec elle parce que ça lui rappelait que son père n'était pas là. Elle était attristée que sa fille lui dise cela, mais comprenait. Sasuke était également là, dormant dans la chambre d'ami, s'assurant que tout allait bien. Ses amis étaient restés tard avant qu'un à un partent, rentrant chez eux. Gaara fut le dernier à partir, il lui avait même proposé de rester mais elle avait refusé. Elle, elle était là, attendant que le temps passe. La journée avait été très courte pour la blonde. Tout allait très vite, les gens autour d'elle allaient très vite. Tout était rapide, trop rapide pour elle. Elle regarda l'heure de l'horloge en bois et vit qu'il allait bientôt être trois heures du matin. Elle se leva de son canapé, puis monta les escaliers. Elle passa d'abord devant la chambre d'Akira, ouvrant doucement la porte. Ses enfants dormaient à point fermé. Elle referma la porte doucement derrière elle puis alla dans sa chambre. Elle ouvrit la porte puis alluma la lumière. Elle fit le tour de la pièce des yeux, détaillant chaque objet présent. Elle soupira, puis ferma la porte derrière elle. Elle se changea rapidement, jetant ses vêtement au sol, éteignit la lumière, se glissa sous ses couvertures. Elle agissait de manière automatique. Elle resta sur le côté droit du lit, soncôté. Elle resta sur le dos, contemplant le plafond, voulant que Morphée vienne à elle. C'était difficile pour elle de dormir dans ce grand lit depuis qu'Itachi avait dû quitter la maison pour vivre à l'hôpital pour recevoir ses soins. Elle se sentait seule dans son lit, elle n'arrivait plus à dormir seule.


19 mai 2024

Naruko était la première réveillée, comme chaque matin. Elle plaça les assiettes de crêpes et de gaufrettes, c'était le petit-déjeuner de rêve pour ses enfants. Hier Akira lui avait demandé s'il pouvait y retourner à l'école, il en avait marre de rester cloîtrer dans cette maison, ce qu'elle pouvait comprendre. Elle entendit ses enfants descendre les escaliers, elle remarqua qu'Akira était prêt pour aller à l'école. Mihoko, elle, était en pyjama. Cette dernière ne voulait pas y retourner, elle ne voulait pas voir ses camarades de classe et suivait Akira partout car elle ne voulait pas être seule. Sasuke descendit les escaliers. Ce dernier s'était limite installé chez elle.

« Je les ai réveillé. »

Naruko garda le silence, coupant des morceaux de pommes, agacée. Elle avait des sauts d'humeurs, elle pouvait aller bien comme elle pouvait aller mal, mais faisait en sorte de ne pas le montrer devant ses enfants. Elle n'avait pas le temps de s'effondrer, elle devait s'occuper de ses enfants et faire en sorte qu'ils aillent bien, son bien-être passait après. Akira et Mihoko s'installèrent, puis commencèrent à manger. Naruko alla les rejoindre, puis s'assit à son tour, mangeant des morceaux de pommes. Sasuke s'assit à son tour.

« Akira. » Commença la blonde.

« Tes camarades de classe te poseront sans doute des questions. Tu n'es pas obligé de répondre à leurs questions, mais reste poli car ils ne comprennent pas sûrement pas. Et remercie-les lorsqu'ils te présenterons leurs condoléances. D'accord chéri ? »

Ce dernier hocha la tête, silencieux, mangeant ses gaufrettes. Ses enfants faisaient l'école à domicile depuis le décès d'Itachi. Elle ne voulait pas les brusquer, elle voulait qu'ils prennent leurs temps pour faire leurs deuils. Akira voulait retourner à l'école. Elle trouvait que c'était trop tôt pour qu'il y retourne mais c'était son choix, et elle devait le respecter si cela l'aidait à aller mieux.

« Tu n'es pas obligé d'y aller, je-

- Je veux y aller. Je veux retourner à l'école maman. » Le coupa son fils, avant de reprendre son petit-déjeuner.

« Si tu veux je peux l'accompagner à l'école.

- Ce n'est pas la peine.

- Ce n'est pas une bonne idée qu'il y aille seul-

- Je te répète que ce n'est pas la peine. Il a bientôt huit ans et peut aller à l'école seul. De plus, il rejoint Jun en route. » Répéta froidement la blonde avant de jeter un œil à la grande horloge.

« Akira tu devrais y aller maintenant si tu ne veux pas arriver en retard. »

Il hocha la tête, puis alla débarrasser son assiette. Mihoko mangea à peine son plat. Naruko s'inquiétait beaucoup pour elle. Elle parlait peu, souriait moins, ne jouait plus dans son parc à jeux depuis l'annonce du décès de son père. Elle ne voulait pas voir ses amis, elle ne voulait jouer avec personne sauf avec Akira et Sasuke. Elle refusait même de jouer avec sa propre mère. Elle devait remédier à cela, sa fille ne devait pas s'éloigner d'elle et des autres. Naruko savait ce que l'on ressentait lorsqu'on perdait ses parents jeune, et s'isoler n'était pas la solution même si elle comprenait son ressenti.

« Mihoko on va passer la journée ensemble d'accord ? On passera au travail de maman puis on ira au parc. »

La petite fille hocha seulement la tête, puis but son verre de jus d'orange d'une traite, silencieuse. Sasuke commença à débarrasser les assiettes.

« Tu n'es pas obligée d'aller travailler-

- Sasuke STOP! » Hurla Naruko, à cran. Elle fit sursauter sa fille. Elle se calma, ne voulant pas s'emporter devant elle.

« Tu es toujours là. Tu n'as pas besoin d'être constammentlà ! » Déclara Naruko calmement, à bout. Sasuke fronça les sourcils.

« Je vais bien d'accord ? J'ai perdu mon mari et le père de mes enfants mais je suis encore capable de prendre des décisions. J'essaie de trouver un nouvel équilibre dans ma famille, et le fait que tu remettes sans cesse en question mon autorité et mes décisions ne m'aide pas. Je suis indépendante depuis l'âge de huit ans, je n'ai pas besoin d'avoir quelqu'un sur mon dos ni de ton aide.

- Excuse-moi de vouloir être présent pour la seule famille qu'il me reste, même si elle me met de côté !

- Qu'est-ce-que tu veux dire par là ? » Lui demanda Naruko, se retournant pour faire face au brun. Ce dernier semblait être en colère.

« Tu aurais dû me le dire qu'il ne lui restait peu de temps, mais tu ne l'as pas fait ! Tu nous as juste dit qu'il était malade et qu'il faisait de la chimio, pas qu'il était condamné !

- Je n'ai pas eu le choix ! C'était le choix de Itachi et je l'ai respecté ! C'était l'une de ses dernières volontés !

- Arrêtez de vous disputez ! » Hurla Mihoko avant de partir en courant dans sa chambre.

« Mihoko ! » S'écria Naruko avant de soupirer fortement et de passer ses mains au visage.

« Je partirai ce soir. »

Naruko se leva à son tour, exaspérée par l'attitude du brun. Elle accourut à son tour, montant les escaliers quatre par quatre. Elle s'arrêta devant la porte de sa fille, puis toqua avant d'y entrer. Cette dernière était sous ses couettes. Naruko remarqua qu'elle tremblait et l'entendait pleurer. Elle ferma doucement la porte derrière elle, puis s'allongea à côté de la masse de couverture où sa fille se cachait.

« Toi aussi tu me boudes Miho ?

- Non.. »

Elle renifla, calmant ses pleurs, puis reprit :

« J'aime pas quand vous vous disputez tonton Sas'ke et toi.

- Ce n'est rien. Tu sais parfois lorsque les adultes sont en désaccord, ils crient pour se faire entendre plus que l'autre. Et ce n'est pas la solution.

- Oui mais normalement c'est papa qui vous réconcilie. Et papa n'est plus là.. Donc toi et tonton Sas'ke vous z'allez plus jamais vous parler. »

Naruko retira doucement les couvertures sous lesquelles sa fille se cachait. Cette dernière se retourna, son regard bleuté était voilé par les larmes. La mère essuya les larmes de sa fille, lui caressant lentement la joue.

« Ton oncle et moi on va se réconcilier, ne t'inquiète pas pour nous, et tu continueras à le voir quand tu le voudras.

- Oui.. Mais plus papa.. »

Mihoko pleura de plus bel. Mihoko nicha sa tête contre la poitrine de sa mère, cette dernière lui caressa lentement les cheveux, enroulant ses bras autour d'elle.

« Tu sais.. Tu es assez grande pour entendre ce que je vais te dire. Je suis très inquiète pour toi, tu ne joues plus dans le parc à jeux que papa t'as offert, tu ne veux pas jouer avec tes amis. Je sais que ça fait mal, que tu ressens beaucoup de choses.. »

Elle sentit sa fille se calmer au fur et à mesure qu'elle parlait. Elle lui caressa lentement ses cheveux ténébreux. Elle espérait que sa fille comprenne, elle devait expliquer à sa fille ce que c'était le deuil. Elle lui expliqua en repensant à sa propre expérience.

« Mais je te promets qu'avec le temps, à chaque que tu penseras à papa ça te fera moins mal. Et il est important d'en parler, que ce soit à moi ou même à un autre adulte. Je serais la première à t'écouter, d'accord ? »

Sa fille hocha la tête contre sa poitrine puis s'endormit au bout de quelques minutes, et Naruko en fit de même.

[...]

Naruko, tenant fermement la main de Mihoko, entra dans la galerie de Sasori. Elle monta à son atelier et ce dernier était en train de nouer des fils de laine reliant une marionnette à une croix d'attelle. Il leva la tête et leur sourit faiblement. La petite fille regarda la pièce, presque fasciné. Naruko sourit en voyant sa fille ainsi.

« Hey, salut princesse. »

Mihoko lui sourit légèrement, se cachant un peu derrière sa mère. Sasori se leva, prenant sa marionnette. Il s'accroupit face à Mihoko, puis lui tendit la marionnette à l'effigie d'une petite bergère rousse. La petite fille dévisagea avec curiosité la marionnette. Le roux lui sourit. Elle se rapprocha légèrement du roux.

« Elle s'appelle Maï-Chan, tu veux bien jouer avec elle le temps que je parle avec ta maman ? »

La petite brune hocha timidement la tête, puis Sasori lui donna la petite marionnette. Mihoko la prit avant de faire un sourire radieux à Sasori. Naruko écarquilla les yeux en voyant son sourire, son magnifique sourire. Elle fut heureuse de voir sa fille sourire de nouveau. Mihoko s'assit sur le fauteuil tournant au fond de la pièce, tandis que Naruko et Sasori s'assirent face à son bureau, afin que sa fille n'entende pas la conversation. Naruko jeta un coup d'œil à sa fille puis Sasori prit la parole.

« Comment vas-tu ? Et les enfants ? Je vois qu'Akira n'est pas avec vous.

- Il y a des jours avec et des jours sans. Akira a reprit l'école aujourd'hui mais Mihoko refuse d'y retourner. Elle ne veut pas en parler, elle ne veut pas jouer avec ses amis. Elle est jeune et.. Je m'inquiète pour elle. Je devrais peut-être prendre un rendez-vous avec un psychologue pour elle.

- Je la comprends. »

Sasori marqua une pause, jetant un coup d'œil à la petite fille six ans.

« Lorsque j'ai perdu mes parents, j'avais son âge. Je n'ai parlé à personne pendant presque un an.

- Je l'ignorais.. »

Sasori lui sourit faiblement puis reprit.

« Mon refuge c'était le dessin, puis je me suis intéressé aux différentes formes de l'art et j'en suis là où j'en suis. Le refuge d'Akira c'est d'aller à l'école et de travailler. Mihoko n'a toujours pas trouver son refuge, ce qui lui fera du bien et l'aidera à avoir moins de peine.

- Lorsque tu lui as donné la marionnette, c'était la première fois que je la voyais sourire depuis le décès de son père. Peut-être que ce sont les marionnettes son refuge.

- Elle peut venir ici quand elle le veut, n'hésitez pas.

- Merci beaucoup. »

Naruko lui sourit faiblement. Sa fille essayait de manier la marionnette, les fils entremêlaient les doigts. Elle essaya de se débattre mais sans succès. Sasori et Naruko sourirent, amusé.

« Je voulais aussi te voir pour m'excuser. Je suis désolée de te laisser dans un moment aussi important mais je dois faire passer ma famille avant tout le reste.

- Tu n'as pas à t'excuser. Reviens travailler dès que tu te sens prête à le faire.

- Merci beaucoup. »

[...]

Mihoko glissa dans le grand toboggan du parc, désert car les enfants étaient à l'école à cette heure-ci. Naruko s'assit sur un banc en face, la regardant jouer. Elle remarqua un autre enfant la rejoindre, qu'elle n'en fut pas sa surprise en reconnaissant Shikadaï. Ce dernier la salua de la main, elle en fit de même, puis rejoignit sa fille. Une ombre apparut sur sa gauche, elle se tourna face à celle-ci. Elle sourit faiblement.

« Yo.

- Salut. Je suis étonnée de vous voir.

- Moi aussi. Shikadaï avait rendez-vous chez le dentiste. Pour le réconforter je l'ai ramené ici.

- Je vois. »

Shikamaru s'assit à côté d'elle. Ils dévisagèrent leur enfants jouer aux balançoires, s'aidant chacun et l'autre de se pousser. Naruko eut un petit sourire en voyant sa fille s'amuser. Elle fut heureuse de voir Mihoko jouer avec Shikadaï, peut-être que ça aidera Mihoko à plus s'ouvrir et éviter la thérapie. Ils avaient le même âge et c'était l'un de ses meilleurs amis. Shikamaru soupira de bien-être puis prit la parole, un petit sourire aux lèvres.

« On est devenus de vraisadultes.

- Des parents qui plus est.

- Des parents exemplaires. On emmène nos enfants jouer au parc.

- Et nos enfants sont amis et ont le même âge !

- Cela ne nous rajeunit pas.

- S'il te plaît ne me rappelle pas le fait que j'aurais trente neuf ans cette année. » Surenchérit Naruko, souriante, avant que son sourire ne se fane. Shikamaru reprit la parole.

« Sasuke m'a raconté votre altercation.

- Je n'ai pas besoin d'un sermon. »

Naruko se leva, voulant partir. C'était la dernière chose qu'elle voulait entendre, qu'on lui fasse un serment sur son comportement. Mais Shikamaru prit de nouveau la parole :

« Tout semble différent depuis qu'il est parti n'est-ce pas ? » Déclara Shikamaru. Naruko s'arrêta dans son élan, restant debout.

« Mêmes ces petites choses que tu ne remarquais pas. Il y a sans cesse cette douleur envahissante, tu as l'impression qu'elle est sans fond. Tu n'arrives pas à évacuer cette douleur en pleurant, à vrai dire il n'y a aucune larme qui vient, tout est bloqué à l'intérieur. Tu réfléchis, tu repasses sans cesse le fait qu'il soit parti dans ta tête. Tu n'y crois pas alors tu penses, tu ressasses.. Comme si en y repensant, c'était le seul moyen de faire face à la réalité et de ne pas sombrer dans la folie. »

Naruko se rappela de Shino, la première petite amie de Shikamaru au lycée, depuis qu'ils avaient douze ans. Elle s'était faite renversée par une chauffard en rentrant de ses cours facultatifs lorsqu'ils étaient en première au lycée. Elle et les autres n'avaient pas vu Shikamaru pendant presque trois mois, et ce dernier n'avait adressé la parole à personne durant presque une année entière. Elle ne l'avait jamais vu pleurer, il n'était pas venu à l'enterrement. Il n'avait parlé à personne de ce qu'il ressentait, ni même à Ino et Choji, qui étaient ses meilleurs amis. Naruko se rassit aux côtés de son ami. Ce dernier ne quittait pas des yeux leurs enfants en train de jouer dans le petit parc. Naruko tourna à son tour son regard en leur direction.

« J'ai ressenti tout cela lorsque j'ai perdu Shino, mais ce sentiment doit être encore plus horrible pour toi, tu as perdu ton mari et le père de ses enfants.

- Comment as-tu fais ? Tu semblais si calme et posé, c'était comme si.. Tu maîtrisais la situation. Je ne sais pas... Il doit y avoir un moyen de laisser tous mes fantômes derrière moi. »

Shikamaru sortit son paquet de cigarette, il tendit une cigarette à Naruko qu'elle refusa. Il la mit entre ses lèvres puis l'alluma. Il expira de la fumée avant de continuer.

« Tu es en colère, tu es une bombe à retardement. Ce n'est qu'une question de temps avant que tu exploses. Ce qui s'est passé avec Sasuke n'en est qu'un petit aperçu. On ressent tous les choses différemment, toi tu es la première touchée par ce qui est arrivé. »

Naruko tendit la main. Shikamaru sourit faiblement puis lui tendit son paquet de cigarette et son briquet. Elle les prit puis alluma une cigarette avant de la mettre en bouche. Après sa première expiration elle ressentait déjà les effets de la nicotine.

« Le pardon Naruko. Il ne sert pas seulement à soulager une personne, mais pour avancer et être en paix avec toi-même. Tu ne dois pas en vouloir à Sasuke de ne pas être le bonUchiwa, d'être celui qui te fait rappeler que Itachi te manque et que tu ne peux rien faire pour le ramener. »

C'était le premier à dire son prénom depuis le décès de ce dernier. À croire que dire son prénom était quelque chose d'interdit à dire devant elle. Il expira de nouveau de la fumée, puis reprit.

« Pardonne à Sasuke d'être en colère. On a tous une façon différente de voir les choses et de faire son deuil. Pardonne aux médecins présents dans la pièce et que malgré leur effort, cela a coûté la vie à ton mari. Pardonne à Itachi.. »

Il marqua une pause, puis reprit :

« D'être parti trop tôt, te laissant ses deux enfants et toi derrière lui. Pardonne-toi de le détester d'être mort trop tôt. Pardonne.. Pas seulement pour les autres, mais pour te guérir. »

Shikamaru écrasa sa cigarette, tandis que Naruko expira de la fumée, le regard lointain et écoutant son ami.

« Le pardon est un choix, c'est le choix que j'ai fait il y a vingt-trois ans. C'est un choix douloureux à faire, car tu acceptes d'aller de l'avant et de reprendre le cours de ta vie sans la personne. Si à mes seize ans on m'aurait dit la vie que je mènerais serait celle-ci, je ne l'aurais jamais cru et j'aurais probablement insulté cette personne. Mais c'est tonchoix, c'est à toi de décider. »

[...]

Naruko rentra chez elle, accompagnée de Mihoko et d'Akira, elle était partie le chercher un peu plus tôt. Elle referma la porte derrière eux, ses enfants partirent en courant dans leur chambre, manquant de se pousser.

« Sans courir. » S'écria Naruko avant d'aller au salon.

Elle remarqua les valises de Sasuke posées à côté de la porte d'entrée. La blonde alla la cuisine. Elle aperçut Sasuke faire la vaisselle. Elle s'assit sur un tabouret face au bar de la cuisine. Elle sortit deux verres avec du jus et du whisky, la boisson préférée de son ami. Sasuke soupira puis s'assit à côté d'elle. Elle se servit un verre de jus tandis que lui un verre d'alcool. Ils restèrent silencieux, sirotant leurs verres. Naruko repassa en boucle leur dispute qui a faillit dégénérer. Si Mihoko n'avait pas crié, elle lui aurait dit des choses qu'elle aurait regretter par la suite. Sasuke prit la parole.

« Si je suis ici.. C'est parce que je sais que si je reste seul chez moi je vais péter les plombs. J'ai besoin de me sentir utile.. J'ai besoin de faire quelque chose, et je pense que Itachi aurait voulu que je reste à vos côtés.

- Tu sais.. J'ai été contre le choix que Itachi a fait, mais je l'ai comprit et respecté, c'était ses dernières volontés et je ne voulais pas me disputer avec lui. On n'avait plus ce temps, ce temps pour se disputer puis pour se réconcilier. Les enfants devaient lui dire au revoir le jour de sa mort... »

Elle se resservit un verre de jus, ne pouvant pas boire d'alcool à cause des enfants. Elle scruta le verre de jus d'orange, continuant à parler. Elle connaissait Sasuke depuis très longtemps, et voyait un nouvel aspect de sa personne. Mais cela ne devait pas le consumer.

« Jouer les femmes aux foyers avec moi ne te va pas. Toi tu écris des best-sellers, tu voyages, tu fais des remarques sarcastiques. J'ai même l'impression que ton rôle principal dans ma vie c'est de m'agacer.

- Tu m'exaspères aussi. »

Naruko sourit, pouffant légèrement.

« Lire tes livres a beaucoup aidé Itachi à l'hôpital, il n'arrêtait pas de se vanter auprès des infirmières d'être le « frère du génie qui a écrit ces chefs d'œuvres. ». Il était très fier de toi. ».

Sasuke feint un sourire, puis reposa son verre.

« Tu as raison.

- Excuse-moi mais j'ai mal entendu ce que tu as dit.

- Je ne le répéterais pas. Je vais partir ce soir.

- Tu es toujours le bienvenue ici, c'est pour cela que l'on t'a donné le double des clés. »

Sasuke lui sourit faiblement, Naruko lui rendit son sourire puis lui révéla.

« Je vais déménager. »

Sasuke ne masqua pas son étonnement, sachant que cette maison était la maison de rêve de Itachi et elle. Elle marqua une pause, puis continua :

« Cette maison est trop grande, trop silencieuse.. Je ne supporterai pas d'être seule ici pendant que les enfants seront à l'école. Lorsque je suis ici.. J'ai l'impression qu'Itachi peut entrer à tout moment dans la pièce, me saluer, m'embrasser sur le front puis me demander comment s'est passé ma journée. Tout ici me fait rappeler Itachi. Il faut que je parte d'ici durant quelques temps et lorsque je serais prête.. Je reviendrai et peut-être que la douleur que je ressens à la poitrine sera moins douloureuse. »


19 juin 2024

Naruko ouvrit la porte de l'appartement. Il était assez grand pour les enfants, elle aurait un garage à elle et ce n'était pas trop loin de l'école. Elle se recula pour laisser entrer ses enfants. C'était la première fois qu'elle les emmenait ici. Avec Gaara ils avaient visité plusieurs appartements dans le centre-ville, celui-là était le bon. Ses enfants n'avaient pas réellement comprit pourquoi ils devaient subitement déménagés mais n'avaient pas posé plus de questions que cela.

« Vos chambres sont à l'étage, pas de bêtise. »

Mihoko et Akira lui sourirent puis montèrent à l'étage. Gaara entra à son tour dans l'appartement, l'aidant à porter le dernier carton. Heureusement que l'appartement était déjà meublé, elle se voyait mal de transporter certains meubles de leur maison ici ou même acheter de nouveaux meubles. La blonde lui sourit, sourire qu'il rendit.

« Tu as tout ce dont tu as besoin ?

- Oui, c'est parfait. Merci pour ton aide, je ne sais pas comment j'aurais fait sans toi. Surtout que ton fils doit t'attendre..

- Tu n'as pas à me remercier et Shinki est avec sa nourrice. Appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit.

- Je le ferais. »

Elle raccompagna Gaara jusqu'à l'entrée de l'appartement. Ils se dévisagèrent longuement puis se prirent dans les bras. Gaara quitta l'appartement, elle referma la porte derrière elle. Elle regagna le salon, faisant le tour de la pièce des yeux. Elle ne savait pas combien de temps elle allait rester ici, mais elle avait besoin de s'éloigner de cette maison qui lui faisait tellement rappeler sa vie d'avant avec Itachi. Elle devait s'éloigner et prendre du recul pour pardonner et guérir. C'était son choix. Elle devait penser que c'était possible, qu'il devait avoir un moyen de tout recommencer, de ne plus ressentir autant ce mal. Ça n'allait pas être facile, mais elle devait prendre un nouveau départ pour y arriver. Et lorsqu'elle sera assez forte, qu'elle ne ressentira plus autant cette douleur, elle reviendra dans sa maison, leur maison de rêve. Une phrase que Iruka lui avait dit des années avant lui vint en tête.

« Tu as subit beaucoup de pertes dans ta vie, beaucoup de déceptions, et tu en connaîtras d'autres malheureusement car la vie est faite ainsi. Mais chaque déception te rendra plus forte, tu dois te relever comme tu l'as toujours fait. Avec ton plus beau sourire. »

« Tout ce que j'ai à faire c'est de me lancer. »