Titre : A Neutrino Walks Through a Bar
Auteur : Moku
Disclaimer : Je ne fais que la traduction, l'histoire ne m'appartient pas. L'histoire originale se trouve sur AO3.
Note de la traductrice : Voici la deuxième partie de cette histoire ! Merci pour tous vos commentaires et vos likes que j'apprécie énormément.
Je m'excuse pour les fautes, erreurs de frappe qu'il y avait dans la première version de la première partie, normalement ça devrait être mieux cette semaine ^^
"Non.
"Oh, allez !" Stiles était en train de supplier là. Stiles n'était pas au-dessus de la mendicité. "Laisse-moi tranquille, c'est sans espoir."
"Un après-midi et tu me dis que c'est sans espoir ?"
"Il m'a traîné dans toute la bibliothèque !"
"Parce que tu es allé derrière le comptoir," expliqua Cora, incrédule, le regardant comme si elle ne pouvait pas le croire. Et quoi ?
"Il te l'a dit ?"
"Evidemment qu'il me l'a dit. Stiles, je t'ai présenté comme un ami. Il est rentré à la maison, énervé contre moi parce que tu as agi comme un petit con."
"Hé, je n'ai pas—"
"Tu ne l'as pas fait," dit-elle ou plutôt demanda-t-elle, ou qu'est-ce qu'elle faisait avec sa voix ? "Tu ne l'as vraiment pas fait."
Stiles s'arrêta pour réfléchir un moment et puis, il haussa les épaules. "Peut-être un petit peu ?"
Cora leva les yeux au ciel.
"Allez, ça a été un connard avec tout le monde, pas que moi. C'était simplement un aperçu de sa propre médecine."
"A-t-il était impoli avec toi ? "
"Oui !" Siffla Stiles, et un autre regard noir l'arrêta, parce que, mec, non, il ne l'avait pas été. Peut-être un peu monosyllabique, mais pas complètement méchant.
"Il n'est pas beaucoup payé," dit soudainement Cora. Stiles plissa les yeux. "Linda est tombée malade. Il ne fait que donner un coup de main pendant quelques mois, alors laisse-le tranquille à propos de ne pas avoir gérer les conneries des autres. Il a pris une année sabbatique avant son Master. Ingénieur en mécanique, au fait."
"Écris ça, Stiles," grogna-t-elle. Il fut stupéfait pendant un instant et puis il chercha son cahier et un stylo.
"Jésus, il doit être vraiment bon en physique et tout." Ce qui expliquait les faibles aptitudes sociales, ajouta-t-il dans sa tête. Évidemment pas à voix haute devant Cora. Parce que sérieusement, elle montrait le même manque de conscience sociale. Il était impressionné. Elles rivalisaient presque avec celle de Stiles. Ce qui en disait long. Il se demandait si cela était encore une affaire de famille parce que, pour autant qu'il sache, Talia et Frédérick Hale — il ne les avait jamais rencontré de sa vie, mais il en avait assez entendu parler pour toute sa vie. Et celle d'après aussi — ne montraient pas le même problème que leurs enfants. Ou peut-être que ça avait sauté une génération. Ou peut-être qu'engendrer trop d'enfants les avait poussé à laisser les deux derniers se débrouiller tout seul ou quelque chose ? Non pas que Stiles soit au courant de ce genre de choses. Il était enfant unique et il avait hérité du meilleur de ses deux parents. Et plus encore. Bien qu'il aurait vraiment pu se passer du 'et plus encore'.
"Est-ce que tu m'écoute ?" Grogna Cora.
"Nope," répondit-il, appuyant sur le 'p' et il fut absolument surpris par son propre comportement effronté et son manque d'instinct de survie. Hier encore, il frémissait au moindre mouvement de Cora. Ouais, eh bien, il ne fallait probablement pas tant de livres d'images avec des lapins duveteux pour détruire une image. Elle était toujours aussi agressive verbalement, mais pas aussi physiquement qu'il avait prévu, compte tenu des rumeurs qui circulaient.
Cependant, jusqu'à présent elle l'avait seulement trainé derrière elle — et ouais, il y avait eu l'incident de la table avec sa tête, comment pouvait-il l'oublier ? Ça avait laissé un putain de bleu et avait dû dire à son père qu'il s'était pris une porte pour l'expliquer.
Ouais, Stiles n'avait jamais pensé qu'il utiliserait un un mensonge aussi évident, parce que c'était stupide. Mais il en était là. Être stupide. Prenant des notes. Sur la tarte préférée de Derek Hale.
D'accord, quoi — non. Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?
"De la tarte, Cora ?" Demanda-t-il, incrédule.
Elle se pinça l'arête du nez. "Il aime les tartes."
"Tout le monde aime les tartes. Seul Satan détesterait les tartes. J'ai écrit un essai entier sur mon penchant sur les tartes en CM2 pour le cours d'anglais. Mais pourquoi devrais-je connaître sa tarte préférée si j'essaie de trouver son âme sœur ou quelque chose de ressemblant ?"
Cora grimaça au mot 'âme soeur'.
Il leva simplement les yeux au ciel. "Penses-tu sérieusement que les âmes sœurs," d'accord, il n'avait vraiment répété ça que pour voir Cora se crisper à nouveau — "se soucient des préférences en terme de tartes ?" Et quoi… urgh, évidemment, c'est la rhubarbe. "Probablement aussi amer que son âme", marmonna-t-il. Et cela lui valut une claque à l'arrière de la tête. Ce qui faisait vraiment mal. "Fais gaffe avec ta putain de force de loup-garou. Humain, ici," gronda-t-il. Ses yeux s'écarquillètent légèrement avant qu'elle ne rigole.
"Tu es étrange, Stilinski," choisit-elle finalement. "Pourquoi n'as-tu pas peur ? D'habitude, les gens s'enfuiraient en hurlant."
"Effrayé de quoi exactement ?" Demanda-t-il, mâchouillant son stylo et relisant les notes que ses mains avaient prises alors que son cerveau était préoccupé par la recherche d'un moyen d'échapper à cette folie tout en conservant une certaine dignité et toutes les parties de son corps intactes. Il avait des bleus maintenant grâce à Cora. De vraies ecchymoses. Celles marron foncé-bleu-vert-violet. Des bleus.
Il reprenait ce qu'il avait dit.
Cora Hale était violente physiquement et ce n'était pas une contribution saine dans une relation.
"Nous. Ma famille."
Stiles fronça les sourcils à ses mots. "Je ne sais pas. Peut-être parce que ta sœur a sauvé tout un foutu bus plein d'enfants de la noyade ? Probablement avec l'aide d'un pouvoir de loup-garou étrangement pratique. Ou peut-être parce que ta mère est la meilleure maire que cette ville ait jamais eu ? Et ça inclut Peggy Delanore et ça avait été une vieille femme rusée jusqu'au jour où elle est morte dans le même fauteuil qu'utilise actuellement ta mère dans son bureau. Ou peut-être parce que ton père a sauvé plus de chats de grands méchants arbres que tous les pompiers et tous les policiers réunis ? Sérieusement, si vous vouliez nous éliminer ou nous exploiter ou, je sais pas, nous féconder, vous l'auriez probablement fait depuis très longtemps."
"Vous fécondez ?"
"Il y a des conneries perverses sur internet et je suis toujours en train de faire le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Tout ce sur quoi je peux me baser, c'est toi." Il fit tourner son stylo entre ses doigts, traitant pensivement ses propres mots. "Tu sais quoi," déclara-t-il finalement et Cora le regarda. "Nique le bal. Si je trouve l'âme-sœur de Derek, je veux des réponses. A chacune de mes réponses."
Cora sourit, doucement et facilement. "Nope," dit-elle en l'imitant. "Un accord est un accord. Tu voulais le bal, tu as le bal. Où vas-tu revenir sur ta parole ?"
Stiles voulait dire 'oui, oui, s'il te plait, laisse-moi'.
"Allez, tu dois me donner quelque chose, si tu veux que j'accepte de subir l'attitude de connard de Derek pendant tout le temps qu'il faudra."
Cora le frappa dans l'épaule. Durement.
Il ne grimaçait pas, non. Sa respiration était juste super sacadée.
"Je vais te dire quoi," déclara-t-elle, "chaque jour que tu passe à essayer de trouver 'l'âme sœur' de Derek," même les guillemets en l'air étaient sarcastiques, "je répondrais à une de tes questions. Ça te va ?"
Stiles sourit.
0000
L'Opération 'Âme Soeur' était officiellement en marche.
Il allait trouver quelqu'un pour Derek, même si cela devait être la dernière chose qu'il ferait sur terre. Et si cela prenait, par exemple, peut-être six mois ou plus, la famille Hale n'aurait simplement qu'à le supporter, parce que Stiles allait obtenir des informations secrètes sur les loups-garous en échange ! Meilleur paiement de tous les temps.
Il était tellement étourdi par la perspective qu'il avait failli danser dans la bibliothèque et pas même le regard de la mort de Derek ne pouvait le décourager. Si Stiles avait arrêté de lui faire signe avec enthousiasme un peu plus tôt que prévu, ce fut la seule conséquence de son regard.
Peut-être que dans l'intervalle, Derek pourrait même chercher de son côté et se trouver lui-même une âme sœur. Stiles remarquait l'attraction avant tout le monde, aussi pouvait-il prétendre avoir cherché l'élu et peut-être qu'il pourrait même mettre la main sur un héritage de famille super secret et super génial. Avec des super pouvoirs.
Peut-être qu'ils feraient de lui un loup-garou honoraire.
Ça serait génial.
Cependant, ils ne feraient rien s'il ne se bougeait pas les fesses. Il avait un plan et il le suivrait, car c'était ce qu'il— non, il n'irait pas dans ce chemin.
Étape 1: Entrer en contact avec le sujet. Essayer de rendre cet échange sympathique.
Il jeta son sac à dos sur l'une des tables inoccupées, tourna les talons et se dirigea droit vers Derek.
Qui leva les yeux vers lui.
Stiles se retourna et s'enfuit dans l'autre sens.
Il ne devrait pas être si effrayé par le gars, mais Derek était plus intimidant que Lydia quand elle avait un besoin critique de chocolat alors qu'elle suivait l'un de ses très nombreux régimes. Stiles jeta un coup d'œil vers Derek, détournant aussitôt le regard. Sérieusement, si les regards pouvaient tuer. Et pour autant qu'il sache, peut-être que les regards de loups-garous pouvaient tuer. Google avait été assez en désaccord sur ce sujet.
Stiles jouait avec la bandoulière de son sac pendant un moment, contemplant sa position actuelle dans la bibliothèque. La table sur laquelle il était actuellement obstruait sa vue, il avait donc besoin d'un autre bon endroit d'où il pourrait facilement espionner Derek. Parce que espionner était ce qu'il allait faire jusqu'à ce qu'il trouve le courage d'entamer une vraie conversation avec cet effrayant gars. Son plan initial n'allait tout simplement pas marcher s'il était trop froussard pour ne serait-ce que parler à cette menace brune.
Étonnamment, il réalisa que la bibliothèque n'était pas aussi remplie que la veille, même si la table sur laquelle il avait été assis était maintenant occupé par deux petites filles vêtues de robes roses à froufrous avec de mignonnes coiffures tressées. Stiles n'était pas assez cruel pour les faire partir et arrêter de colorier leurs livres. Pas de parents en vue cependant. Et la table était grande, conçue pour plus de dix personnes, alors.
Il se dirigea vers elles, son sac à dos sur l'épaule et s'agenouilla devant les enfants, attendant qu'une des filles lève les yeux avant d'afficher son sourire le plus lumineux, un large et charmant sourire, et avec un peu de chance, pas trop louche. "Ça vous dérange si je me joins à vous ?" Demanda-t-il, montrant les chaises vides de façon aussi peu menaçante qu'un ado de dix-sept ans pouvait l'être. La fillette aux cheveux blonds le regardait avec des yeux rétrécis, l'autre cependant acquiesça simplement avec enthousiasme, tapotant la chaise à côté d'elle avec un gentil 'assis, assis'.
Stiles s'assit sur la chaise à côté de celle proposée parce qu'il savait qu'il allait étaler ses livres et ses notes partout. Et cette fois, il était même venu préparer. Avec son ordinateur. Simplement, urgh, évidemment. Pas de prise de courant. Merde. Il avait oublié. Il n'y en avait pas beaucoup déjà.
Il grogna d'agacement.
"Tout va bien, Monsieur ?" Demanda la fillette brune.
Le cerveau de Stiles se figea pendant quelques secondes malsaines, parce qu'il venait d'être appelé Monsieur. A dix-sept ans. Et quelque chose dans sa conception du monde changea soudainement. Cela n'aurait pas été pire si la fille l'avait appelé 'enculé'. Même son père n'était pas un monsieur. Son père était le Sheriff.
"C'est Stiles, mec," répondait-il, vexé.
La jeune fille brune fronça le nez. Elle fronça les sourcils avant de se tourner pour regarder le guichet avec confusion. Il suivit son regard et remarqua que Derek le fixait. Stiles recula sur sa chaise et nooon, mon dieu, s'il te plaît, nooon.
"Je m'appelle Emilia !" Lança-t-elle soudainement et alors qu'il tournait brusquement la tête, mais Stiles l'entendit à peine sous l'accusation flagrante de ces méchants sourcils.
"Est-ce que Derek est de ta… euh… famille ?"
La blonde renifla.
"C'est mon oncle," déclara fièrement la brune, puis elle tressaillit et regarda sa sœur, qui s'était relevé pour mieux se pencher. "C'est papa ici. Nos mères l'ont dit," murmura-t-elle assez fort pour que tout le monde l'entende.
Eh bien, cela expliquait le manque d'intrus. Tout le monde se sentirait mal à l'aise de flirter avec quelqu'un pendant que ses enfants regardaient. Bonne stratégie, en fait. Stiles était un peu fier de quiconque avait pensé à ça.
"Même pour lui ?" Demanda la brunette, les yeux grands ouverts. Stiles fronça les sourcils, ouvrit la bouche pour interrompre leur petite réunion étouffée —
"Tout le monde," grogna la blonde.
Emilia se pinça les lèvres, puis se tourna vers Stiles. "C'est mon papa," corrigea-t-elle comme s'il n'avait pas été capable d'entendre leur conversation.
C'était probablement très impoli, mais Stiles rit. "Ton père," acquiesça-t-il, jouant le jeu. "Qui est ta maman alors ?"
"Ma maman," répondit-elle sincèrement, ce qui lui valut un coup de pied de la part de sa sœur sous la table. Cette fois, Stiles le remarqua à la façon dont la blonde glissa un peu sur chaise tout en se tenant de chaque côté.
"Ne lui parle pas."
"Mais—"
"Non," ordonna à nouveau la blonde, lançant des regards de tueurs à Stiles. Honnêtement, Stiles ne serait même pas surpris de découvrir que c'était la fille de Derek parce qu'ils semblaient avoir beaucoup en commun.
Stiles n'était pas fier du jour où il avait découvert qu'il pouvait avoir peur d'une fillette de six ans ou plus avec des rubans roses dans les cheveux. Non, il ne l'était vraiment pas.
"Je suis toujours autorisé à rester ici, pas vrai ?"
"Oui !" Cria Emilia, au même moment où l'autre laissa échapper un "Non."
"Mais… il est de la famille," fit remarquer la brune et — attendez. "Il sent comme la famille."
Les yeux de la blonde s'écarquillèrent de surprise à ces mots et elle regarda Stiles de haut en bas de façon calculatrice. Deux fois. Et puis ses yeux s'agrandirent encore davantage et sa bouche s'ouvrit — et puis son visage se durcit en un instant, son regard redevint désintéressé comme précédemment et son attention retourna à son livre de coloriage.
Stiles rassembla discrètement ce qu'il avait déjà sorti de son sac. Il ferait mieux d'essayer de trouver une prise libre, même si la probabilité était très faible. Et de toute façon, ce n'était probablement pas une si bonne idée de donner l'impression qu'il essayait de créer des liens avec la famille de Derek. Ce n'était pas son intention. Du moins, pas comme ça. Il essayait en effet d'établir une sorte de relation amicale avec Cora pour obtenir des informations sur leurs affaires de loups-garous.
Parce qu'ils étaient réels.
Et il ne pouvait le dire à personne.
C'était incroyable.
Jusqu'à que ça ne le soit plus.
"Où vas-tu?" Des yeux bleus perçants le traversèrent directement dans le cœur quand il se leva. Stiles se retrouva à reculer. Oui papa, tu as certainement élevé un beau spécimen de vrai homme, juste là.
"Euh," dit Stiles avec éloquence.
"Tu n'es pas obligé de partir," dit Emilia en attrapant sa main.
"Prise de courant," déclara-t-il faiblement, montrant la prise de son chargeur.
Les deux filles regardèrent la prise, puis elles acquiescèrent, compréhensives, et Stiles partit en quête pour trouver une prise de courant libre, qui lui permettait toujours de regarder Derek dans une certaine mesure. Il trouva une table à côté de Benny et Bobby, avec une vue imprenable sur le guichet de réception, même si l'angle était un peu étrange. Cependant, la prise de courant était située juste à côté de la table d'échecs. Stiles les regarda, mesura la longueur de son câble et décida qu'il devrait être assez long. Les méchants vieillards lui sourirent à l'unisson quand il se mit à genoux, essayant de se faufiler furtivement sous la table d'échecs pour passer le câble entre leurs pieds de manière à ne pas les déranger. Ou plutôt de manière à ce qu'ils ne le débranchent pas pendant l'une de leurs querelles.
"Un peu d'aide ici, les gars," gémit Stiles avec agacement.
Ils se contentèrent de rire et il se frappa la tête contre la table alors qu'il était sur le point de se lever. Quand son ordinateur fut enfin branché à l'électricité, il jeta un regard noir aux vieux, les traita de vieux schnoques et puis se laissa tomber dans le fauteuil rembourré.
C'était au moins quelque chose.
Ce jour-là, il écrivit un devoir d'histoire détaillé sur les méthodes de tortures utilisées pendant la révolution algérienne des deux côtés de la guerre, il finit ses devoirs d'algèbre vectorielle, traduit un poème de l'anglais en espagnol, et apprit que Derek Hale détestait toujours tout le monde.
Dans l'ensemble, ce fut un bon après-midi.
Au moins, pour son travail scolaire.
0110
"Ah oui, Abhay et Emilia," déclara Cora en buvant sa boisson avant d'écraser la canette avec sa main, de la jeter par-dessus son épaule et de la faire atterrir dans la poubelle derrière eux sans aucun effort. Stiles observa sa grâce naturelle avec émerveillement. "Les enfants de Peter et Laura," expliqua-t-elle.
Stiles fronça les sourcils. Laura était la sœur aînée, Peter était le frère de Talia et —
"Pas comme ça, pervers !" Grogna-t-elle, jetant une copie de 'Le monde de Charlie' à la tête. "Mon dieu, arrête avec ton esprit mal placé ! Emilia est la fille de Laura, Abhay est celle de Peter, abruti."
"Eh bien, excuse-moi. Je ne connais pas les relations entre les loups-garous," se défendit Stiles. "Comment je pourrais savoir que vous n'êtes pas comme la vieille aristocratie ? À faire en sorte de garder le sang pur ou quoi que ce soit, même si cela signifie de l'inceste."
Les yeux de Cora étaient écarquillés. Une part de Stiles savait qu'il disait des conneries, et l'autre part avait étudié excessivement la sociabilité des loups-garous sur internet et, la ligne entre la vérité et la fiction commençait à s'estomper.
"Nous avons les mêmes relations que les autres. Mon dieu, sérieusement," Cora leva les yeux au ciel, puis s'arrêta. "Eh bien, pas exactement. Il y a quelques différences mais pas comme ça."
"C'est bon à savoir."
"Au fait, c'était ta question de la journée."
Stiles la fixa. "Alors je veux des détails. Quelles différences ?"
Elle lui jeta un coup d'œil, puis elle haussa les épaules. "Les loups-garous peuvent plus ou moins savoir grâce à l'odeur qui pourrait être un partenaire potentiel. C'est un truc de chimie. Les humains le font aussi, mais à un niveau plus subconscient."
"Alors, c'est comment, vous vous renifler le derrière les uns des autres et vous savez si vous voulez vous taper ça ?"
Cora le frappa violemment à l'arrière de la tête. Putain de stupides loups-garous et leur putain de stupide super force et leur tendance à utiliser la violence pour faire passer leur message. Ou peut-être que Stiles n'était qu'un bébé, parce qu'il avait encore dû mal à assimiler le fait qu'il avait été effrayé par une petite fille.
"Pourquoi as-tu besoin de moi alors ? Ne peux-tu pas simplement flairer l'âme-sœur de Derek ou quelque chose du genre ?"
"Tu trouve des personnes qui sont psychologiquement compatibles avec Derek, je vérifie la partie chimique, c'est comme ça que ça va fonctionner."
"C'est pourquoi, tu voulais que je dresse une liste ?"
"Yep," dit-elle avec un haussement d'épaules.
"Quelqu'un qui sentirait compatible avec moi ? Parce que j'aimerais vraiment avoir des relations sexuelles dans cette vie."
"Non," répondit impassiblement Cora.
C'était sympa.
Stiles maugréa mais réalisa qu'il était humain et que les humains trouvaient leurs partenaires sans renifler leurs hormones donc il ne pouvait pas plus se ficher de cette révélation écrasante. Là encore, les humains utilisaient aussi leur nez, tout comme l'avait dit Cora. Peut-être que c'était la raison pour laquelle Allison et Scott s'étaient immédiatement bien entendus. Ils avaient attrapé l'odeur de l'autre et ils étaient comme 'copain, copine, viens ici et séduis-moi!'.
"Tu aurais pu me mentir. Je veux dire, tu devrais être gentille avec moi," gémit-il. "Après tout, je suis de la famille, pas vrai ?"
Cora s'étouffa et Stiles leva les yeux, surpris par sa réaction peu caractéristique. "Qui a dit ça ?"
"Emilia me l'a dit. Elle a dit que je sentais comme un membre de la famille."
"Ouais, à cause de moi, idiot," expliqua la jeune fille, en levant les yeux au ciel.
"Quoi ?" Il leva le bras, reniflant ses vêtements, puis fronça les sourcils. "Elle peut le relever ? Nous nous sommes à peine touchés. Pas que ça me dérangerait qu'on se touche. Si c'était du genre pas mortel."
"Les loups-garous ont des sens amplifiés, comme l'odorat et l'ouïe," expliqua-t-elle comme si c'était normal. Et peut-être que ça l'était. Pour eux. "Nous pouvons même entendre les battements de cœur et savoir si quelqu'un ment. Et nous pouvons aussi sentir les émotions."
"Attends une minute," dit Stiles, repensant à ces derniers jours. "Est-ce que cela veut dire que Derek a pu nous entendre dans la bibliothèque ?"
Elle pinça ses lèvres en une fine ligne. "Non."
"Mais c'est un loup-garou, pas vrai ?"
Elle hésita clairement sur sa réponse. "Techniquement, il l'est." Stiles haussa les sourcils. "C'est compliqué." Cora soupira, exaspérée. "Arrête de poser tant de questions," grogna-t-elle, le poussant de l'épaule avant de s'éloigner.
Stiles se releva, parce qu'il était — évidemment — tombé, confus et un peu énervé. Il roula des yeux, balança son sac à dos sur son épaule et se dirigea vers le terrain de Lacrosse pour son entraînement. Parce qu'il n'avait pas déjà été assez humilié depuis une semaine.
Quand il arriva dans le vestiaire, Scott l'attendait avec impatience. Stiles lui jeta un coup d'œil, puis ouvrit son casier.
"Tu retournes à la bibliothèque de Linda aujourd'hui ?" Demanda Scott de sa place sur le banc.
"Yep," dit Stiles, en utilisant son doigt pour mettre sa chaussure. "Et c'est Hilda."
"Mais Linda est la propriétaire," déclara Scott, confus.
"Hilda était sa mère," continua Stiles, changeant son t-shirt actuel pour un simple t-shirt gris et plaçant dessus la protection de la poitrine.
"Mec," Stiles s'arrêta aux mots hésitants de son ami et le regarda d'un air interrogateur. "On dirait que tu es vraiment investi ?"
"Yep," acquiesça-t-il. "Mais Cora va au bal avec moi en échange, alors."
Les yeux de Scott s'écarquillèrent à ces mots. C'était vraiment amusant. "Les filles sont au courant ?" Demanda-t-il, un peu essoufflé. Stiles se contenta de froncer les sourcils.
"Je ne pense pas —"
"Mec, tu dois leur dire !"
"Quoi ?"
"Elles se sont occupées de tous nos vêtements. Avec la combinaison de couleurs et les couleurs assorties par couple et tous ces trucs que je ne comprends même pas !" Ouais, Stiles ne comprenait pas non plus. "Stiles ! Lydia t'a demandé il y a quelques semaines qui tu emmenais au bal ! Tu as répondu personne !"
"Parce que personne ne voulait venir avec moi, merci de me le rappeler. Vraiment génial pour mon égo, bro."
"Tu ne comprends pas !"
"Non, je—"
"Elles ont fait en sorte que nous puissions tous danser les uns avec les autres et que les robes soient toujours assorties; Allison et Lydia ont passé des heures à planifier les couleur. Elles ont même prévu le maquillage et — et —" Et Scott commença à hyperventiler.
"Relax, je vais envoyer un message à Lydia," le rassura Stiles, ne suivant pas vraiment, mais si Scott lui disait que c'était important, ça l'était probablement. Scott acquiesça, mais ses yeux étaient toujours écarquillés et sa respiration encore un peu difficile. Stiles essaya d'être un bon ami et de ne pas rire.
1100
Stiles commença à aller à la bibliothèque presque tous les jours, faisant ses devoirs, se perdant sur Wikipedia, ou lisant les livres les plus étranges qu'il trouvait par hasard sur les étagères, ignorant tout en n'ignorant pas Derek. A cause de ses recherches.
Ce n'était pas mal de revenir à la bibliothèque de Hilda. Sa concentration était meilleure qu'à la maison, où il était distrait par chaque petite chose. À présent, il n'y avait que Derek, son ordinateur et ses devoirs et parfois, un client énervé.
Ainsi, après une semaine et demi à endurer les grognements plus ou moins énervés de Derek et l'affreux café — parce que le mauvais café était toujours mieux que pas de café du tout — il rassembla enfin son courage inexistant et s'approcha de Derek pour finalement déclencher l'opération 'Âme Sœur'. À nouveau. Après dix jours de salutations silencieuses à l'aide de signe de tête stoïque, il supposait qu'ils pouvaient avancer dans leur relation et commencer à vraiment utiliser des mots.
De moins, Stiles l'espérait.
"Je ne peux plus supporter ça," déclara Stiles en agitant le gobelet en plastique devant lui. "Je ne sais vraiment pas comment tu ne peux pas faire un café décent. Ou de gérer le service client. Est-ce que tu veux vraiment détruire le business de Linda ?"
Derek fronça les sourcils.
"Je sais que tu ne le sais pas, mais demande aux autres, je vivais pratiquement là—"
"Je sais," l'interrompit Derek. Stiles s'arrêta. Derek designa Benny et Bobby, qui leur firent signe.
Stiles se contenta de lever les yeux au ciel. "Alors, vas-tu me laisser t'aider, s'il te plaît ?"
"M'aider ?" Répéta Derek.
"Ouais, laisse-moi t'aider à ne pas gâcher la vie de Linda. Parce que ce café ? Il est horrible. Tes compétences sociales ? Au mieux, en-dessous de la moyenne."
Un des sourcils de Derek se releva encore plus et il était sur le point de se détourner mais Stiles n'avait pas fini. Sa main saisit son épaule pour le stopper et puis, il la relâcha à la seconde où il reçut un regard tueur de la part de Derek. "Écoute, Cora m'a dit que tu étais du genre scientifique. Et j'ai des problèmes en chimie. Et en physique. Donc si tu m'aides avec mon problème, je t'aiderai ici, d'accord ?"
"Tu veux que je te donne des cours particuliers ?" Demanda Derek, les sourcils arqués et le regard incrédule.
Pour Stiles, cela sonnait comme s'il avait demandé à Derek de le torturer.
"J'ai besoin d'aide, alors," il haussa les épaules, laissant sa phrase en suspens.
"Je n'ai pas besoin de ton aide," déclara Derek en se détournant de lui.
Eh bien, va te faire foutre aussi, pensa Stiles et il retourna à son siège.
0110
Stiles était assis à la cafétéria. Il devrait vraiment arrêter de faire ça. De toute évidence, ça faisait de lui une proie facile. Cependant, c'était le seul endroit où avoir un bon repas dans l'enceinte de l'école. Alors, non.
Quoi qu'il en soit, il était dans la cafétéria, s'occupant de ses propres affaires, mâchouillant son crayon et réfléchissant à une autre stratégie pour s'occuper de Derek, quand un pied vint soudainement s'écraser sur la chaise à côté de lui. Dangereusement proche de la main qu'il avait placé là. Son cœur se serra, et il laissa échapper une série de jurons avant de se tourner vers le coupable.
Cora le fixait.
Elle n'avait pas l'air ravie.
Stiles était peut-être sur le point de se faire pipi dessus.
"Alors," commença-t-elle avec un air d'indifférence, les bras croisés sur son genou alors qu'elle se penchait en avant. C'était un peu trop menaçant à son goût. "J'ai reçu un appel de la Princesse Lydia."
"Euh," répondit intelligemment Stiles. "Comment a-t-elle eu ton numéro ?"
"Comment en effet," répondit-elle, enlevant son pied de la chaise et se laissant tomber dessus. Stiles s'était peut-être ou peut-être pas déplacé légèrement sur sa chaise, à l'opposé d'elle. "Elle veulent m'emmener faire du shopping."
"Et c'est ?" Demanda-t-il, lui faisant signe de finir sa phrase.
Au lieu de répondre, elle le foudroya du regard, puis lui vola sa purée et ses légumes.
Stiles n'osa pas se plaindre.
Deux jours plus tard, il ne fut pas surpris de voir Cora assis avec le reste du groupe à leur table, riant gaiement à quelque chose que Erica venait de dire, avec son raclement unique et bruyant.
Lydia avait l'air scandalisée alors que le rire d'Allison se joignait à celui des deux filles.
Quand Stiles s'assit, il fut confronté à quelques regards inquiets de la part de la gente masculine de la table, comme s'ils voulaient qu'il donne un sens à la manière dont les filles devenaient amies afin de comprendre comment quelqu'un comme Cora se trouvait assise avec eux. Et rire.
Évidemment, Cora et Erica s'entendirent très bien immédiatement. Elles partageaient le même humour, le même goût pour les films et pour les vêtements et apparemment pour les comics. En revanche, il y avait une tension entre Cora et Lydia qui était, à la fois, énervée et légèrement sexuelle. Stiles pouvait voir Jackson imaginer un plan à trois dans sa tête par la façon dont ses yeux regardait sa petite-amie à chaque fois qu'elle réprimandait Cora pour son attitude. Allison était neutre, trop prudente et timide pour promettre des bracelets d'amitié, mais suffisamment sociale pour accepter la fille et l'inclure dans leur conversation. Scott était simplement Scott. Un petit chiot qui était heureux d'avoir un autre compagnon de jeu dans la portée qui n'arrêtait pas de grandir. Assez curieusement à cause de Stiles. Comme s'il était la mère donnant naissance — Oh mon dieu, il n'allait absolument pas dans cette direction !
Clairement, Isaac ne pouvait pas s'en soucier moins, même s'il ressentait le besoin d'exprimer à quel point il pensait que Cora était incroyablement sexy. Danny le suça dans les toilettes des garçons pour ce commentaire, s'arrêta juste avant qu'il jouisse et s'en alla. Stiles le savait seulement parce qu'il était entré au moment où Danny était sorti en disant 'demande à Cora de finir' et Stiles avait eu le plaisir d'avoir un aperçu de quelque chose qu'il aurait vraiment voulu ne jamais voir.
"Sérieusement, les gars ?" Réprimanda-t-il, faisant marche arrière et se retournant pour trouver des toilettes de l'autre côté de l'école.
Tout se passait bien cependant. Ils s'entendaient tous bien et Cora s'intégra dans le groupe comme la chaussure perdue de Cendrillon.
0101
"Qu'est-ce que tu ne comprends pas ?" Derek se tenait derrière lui, la cafetière dans la main tout en regardant le manuel de chimie et les cours sur lesquels Stiles était pratiquement allongé dans une tentative pour ignorer la métaphysique de tout ce qu'il essayait de lire.
Il détestait la chimie.
En fait, il détestait la chimie parce qu'il détestait Harris.
"Ce que j'ai fait dans une vie antérieure pour être puni de la sorte," répondit Stiles, inutilement. Derek leva les yeux au ciel, mais avant qu'il puisse se retourner et partir, Stiles l'arrêta en attrapant son tablier. Que seul Derek pouvait porter tout en ayant toujours aussi l'air viril. "Attends. Non. Ce n'est pas comme si je ne comprends pas. Je ne suis pas si mauvais."
Derek haussa un sourcil.
"Je veux frapper Harris dans la gueule avec mon super savoir, c'est ce que je veux."
"Harris ?" Répéta Derek.
Stiles acquiesça.
Derek posa la cafetière, tourna le livre et laissa ses yeux parcourir la page, puis il attrapa la feuille de questions qu'il devait remplir pour le prochain cours. "J'ai jamais eu mieux qu'un C dans la classe de Harris," déclara finalement Derek. Avec des mots. Beaucoup de mots les uns à la suite des autres. Presque comme une phrase !
"J'imagine que ça veut dire que ce n'est pas un connard qu'avec moi, alors."
"Ça veut dire qu'il sacque ceux qui sont trop intelligents," expliqua Derek et il retourna le manuel vers Stiles. Il ne savait pas si Derek complimentait Stiles ou lui-même, mais il n'allait pas cracher sur un compliment gratuit, alors ouais, un compliment ! "Tu t'en sors bien."
"Ouais, eh bien, je ne veux pas 'y arriver'," imita-t-il, offensé. "Je veux écraser le gars avec mes immenses connaissances sur les atomes et les particules. Je veux l'impressionner jusqu'à ce qu'il le reconnaisse. Je ne veux lui donner aucune raison de me donner un C quand je mérite un A +++++. Je veux le voir lutter contre lui-même quand il devra me rendre ma copie avec un A dessus parce qu'il détestera ça. C'est ce que je veux."
Derek le regarda un moment, puis récupéra la cafetière et se retourna pour repartir vers le comptoir. "Montre-moi comment fonctionne la machine à café," dit-il alors qu'il s'éloignait. Stiles resta bouche bée. Puis se précipita après lui avec un sourire éclatant.
"Est-ce que ça veut dire que tu vas m'aider ?"
"Oui," répondit Derek.
Stiles ne savait pas ce qui était en train de se passer, mais c'était probablement un petit miracle.
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Étonnamment, Derek était peut-être malin mais c'était aussi un étudiant nul. Sérieusement, Stiles l'avait observé passer en revue les étapes de comment faire du café. Il n'y avait rien de mal avec ce qu'il faisait en soi, mais le résultat était toujours, eh bien, tiède et trop liquide au mieux.
Stiles était stupéfait. Derek était embarrassé.
C'était hilarant.
Stiles écrivit dans son carnet de notes : Génétiquement incapable de faire un café décent. Il n'y avait pas d'autre explication, vraiment. Ça devait être les gènes.
"J'ai entendu dire que tu emmenais Cora au bal," déclara soudainement Derek, à côté de lui, la voix tendue par la défaite, quand Stiles écarta sa main pour fermer le couvercle de la machine. Sérieusement, le problème ne pourrait pas être quelque chose comme ça.
"Oui," répondit Stiles, mettant en marche la machine à café. "Je l'aide avec quelque chose, et elle va devoir supporter mon père s'extasiant devant elle. Le deal parfait."
"La regarder se préparer," l'interrompit Derek avec un petit rire. "Je devrais te remercier." Le brun ne développa pas plus et Stiles dut se contenter de cette déclaration, même s'il aurait vraiment voulu approfondir le sujet. Au moins, maintenant, il savait pourquoi Derek était d'accord pour l'aider. Tout ce qui se passait dans la maison des Hale à cause du bal de l'école, devait être hilarant. Derek semblait en fait un peu moins énervé, ce qui signifiait probablement beaucoup. Stiles voulait des photos. Stiles voulait des vidéos.
"Eh bien, au moins, je n'ai pas à y aller tout seul, alors que tous mes amis ont leur moitié à leur bras."
"Elle non plus maintenant," dit Derek alors qu'il se détournait vers la caisse, remettant des brownies pendant que l'eau chauffait bruyamment. "Elle se plaignait que personne ne lui avait demandé de l'accompagner. Pas même en amis."
Stiles ne savait même pas que Cora avait des amis. Elle était toujours tout seule, enfin d'après ce qu'il savait. Cora interagissant avec ses amis avait été la première fois où il l'avait vu agir comme une lycéenne et pas comme une rebelle sans cause.
"Oh, alors c'est comme si je lui rendais deux services ?"
"Ouais."
"J'aurais vraiment dû prendre de l'argent pour mon aide," marmonna Stiles dans un souffle.
Stiles regarda Derek pendant un long moment, jusqu'à ce que les lèvres de Derek se tordent en un grognement et il réalisa qu'il avait été… eh bien… en train de le fixer. "Alors, du cafééééééé—" dit-il en se retournant.
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La routine de Stiles avait changé après ça. Dès qu'il entrait dans la bibliothèque, il se frayait un chemin derrière le comptoir, préparait une nouvelle cafetière de café, ce qui atténuait visiblement la tension des habitués déjà assis à une table. Habituellement, ils finissaient leur vieux café d'un trait et faisaient la queue à l'avant pour avoir le café fraîchement préparé. Stiles essayait de minimiser son autosatisfaction et en retour, Derek essayait d'utiliser des phrases simples pour lui expliquer des problèmes scientifiques.
Stiles finissait ses devoirs, en s'arrêtant parfois pour préparer une nouvelle cafetière. Quelques jours plus tard, sa table habituelle avait été remplacée par une table d'échecs, lui offrant un meilleur accès à la prise de courant et une encore meilleure vue sur Derek. Stiles avait remercié Benny et Bobby pour leur courtoisie, mais ils s'étaient simplement moquer de lui et lui avaient dit que c'était déjà comme ça quand ils étaient entrés ce jour-là.
Stiles nota dans son journal sur Derek : N'aime pas montrer ouvertement de la gentillesse.
Il essaya de ne pas trop réfléchir à ce geste. Au moins, maintenant, il n'avait pas besoin de ramper à quatre pattes pour brancher son ordinateur.
Linda était même venue leur rendre visite dans son fauteuil roulant quand elle avait entendu dire que le café de son magasin avait soudainement retrouvé son ancien goût. Stiles avait ressenti une pointe de culpabilité en voyant la vieille femme, qui l'avait élevé comme son propre petit-fils et il n'avait même pas pris le temps de lui rendre visite à l'hôpital.
Elle ne sembla pas en avoir quelque chose à faire, ce qui rendait ça pire pour Stiles. Elle lui avait simplement parlé comme elle le faisait avant, le scintillement malicieux dans les yeux, lui demandant si elle devait le payer lui aussi.
Stiles refusa immédiatement avec tous ses membres et il arrêta seulement de radoter quand Derek posa une main sur son épaule et l'arrêtant littéralement de gesticuler. Et puis, Derek, cet enfoiré, dit à Linda qu'elle n'avait pas à s'inquiéter du paiement parce que c'était déjà suffisant que Derek ne l'ait pas déjà viré de la bibliothèque pour avoir harcelé ses employés.
Stiles fit la moue à ça, mais Linda se contenta de rire et dit à Derek de laisser Stiles boire gratuitement.
Il exalta à ces mots et agita ses sourcils devant Derek, et n'essaya même pas d'atténuer sa suffisance cette fois-ci.
Cela prit du temps mais finalement, même la dernière femme commença à laisser tranquille Derek. Cela leur prit étonnamment longtemps pour comprendre que Derek était autant disponible sur le plan émotionnel qu'un répondeur. Après que les gens aient arrêté de l'approcher et qu'ils se contentaient simplement de le reluquer de loin, il était en fait plus facile de lui parler. Bobby avait eu raison de dire à Stiles que Derek ne grognait pas sur tous les clients. Il était crispé, un peu mal à l'aise mais il essayait de répondre à toutes les questions tant qu'il ne s'agissait pas de son numéro de téléphone, de son quoi que ce soit préféré, sa taille ou encore ses habitudes d'entraînements.
Qui voulait savoir le programme d'entraînement de quelqu'un d'autre ?
Parfois, Stiles ne comprenait vraiment pas certaines personnes.
La première fois que Stiles assista à une telle conversation de près, il avait failli trébucher de stupéfaction devant leur… faute de meilleurs mots, effronterie. A présent, cela n'arrivait que tous les quelques jours d'une façon qui laissait penser à Stiles que des paris avait été faits sur qui pourrait arriver à charmer le mec sexy de la bibliothèque.
"Quelque chose que vous conseilleriez ?" Demanda la blonde, qui harcelait Derek de façon éhontée devant Stiles, ses longs doigts manucurés frottant l'avant-bras de Derek, son corps penché au comptoir, ce qui ne laissait absolument rien à l'imagination en ce qui concernait son décolleté. Stiles était surpris qu'il ne soit pas tout émoustillé par sa… générosité visuelle, mais il était légèrement dégoûté à la place.
"Eh bien," dit Stiles, avant que Derek ne puisse ouvrir sa bouche pour lui grogner dessus. "Nous avons toute une section dédiée au bricolage DIY dans l'allée cinq." Elle lui jeta un regard noir pour avoir l'audace d'interrompre sa technique de séduction. Il remua les sourcils en réponse. Quand elle comprit enfin, ce qui lui a prit assez longtemps, elle fronça le nez, tourna les talons et retourna à la table qu'elle occupait avec ses amis.
"C'était bizarre," rit Stiles, souriant à Derek quand il se tourna pour lui faire face.
Derek fronça les sourcils. "Nous avons une section sur le bricolage DIY ?"
"Bien sûr. Pour l'aménagement ménager. Pour la construction d'abris de jardin. Des rénovations pour la maison," décompta-t-il sur ses doigts. "Et je ne mentais pas. Je crois même avoir vu des trucs sur la masturbation là-bas."
Les lèvres de Derek tressaillirent un peu.
Stiles sourit.
Un de ces jours, il allait faire sourire Derek.
Même si c'était la dernière chose qu'il ferait.
0111
Stiles faisait des courses au centre commercial avec la Team Parfaite, et il était actuellement en train de garder une table chez le glacier, avec Isaac qui s'accrochait à lui comme une moule à son rocher pendant que Danny faisait semblant de ne pas être jaloux d'eux.
Il ne savait vraiment pas ce qui se passait.
Peut-être qu'ils faisaient un jeu de rôle ? Peut-être que c'était leurs préliminaires ? Lydia avait dit que cela avait quelque chose à voir avec l'estime de soi de Isaac. Sérieusement, Stiles ne savait pas et il n'avait vraiment pas besoin de savoir.
Le fait était que Isaac était littéralement en train de mordiller l'oreille de Stiles — la machouillant, en réalité — son souffle chaud contre sa nuque, alors qu'ils attendaient que le reste du groupe reviennent avec leurs commandes de glaces. Quelque chose attira soudainement son attention du coin de l'œil et il aperçut Derek sortir de Luxury Perfume avec une Emilia hurlante dans les mains. Il avait l'air bouleversé, en quelque sorte paniqué, les épaules voûtées quand il se retourna et s'accroupit pour se mettre au niveau d'Emilia, disant quelque chose, ses sourcils levés jusqu'à la racine de ses cheveux et les yeux écarquillés.
C'était adorable.
Stiles était en train de les fixer.
Et comme le faisait tout le monde.
Stiles était déchiré entre courir là-bas pour aider — non pas qu'il puisse vraiment aider parce que son expérience avec les enfants était inexistante — et être un casse-pieds. Isaac qui avait un bras autour de ses épaules, suivit son regard et renifla.
"Il est sexy," lui dit Isaac dans l'oreille. "Tu le connais ?"
"Le frère de Cora," répondit-il et il regarda Emilia taper du pied et ses petites mains serrées en poing le long de son corps. L'expression de Derek devint plus anxieuse et quelques femmes qui se trouvaient à côté, commençèrent à rigoler, tandis que d'autres levèrent les yeux au ciel face à l'agitation.
"Putain de merde, sérieusement ? Qu'est-ce qu'il y a dans ces gènes, vraiment ?"
Les oreilles de Derek étaient rouges, ses mains à mi-hauteur des épaules de la fillette comme s'il ne savait pas s'il pouvait la toucher.
C'était juste trop triste.
"Emilia," murmura-t-il dans un souffle, parce que c'était un loup-garou et avec un peu de chance, elle pourrait l'entendre. "Je t'achèterai une glace si tu arrête de pleurer." Emilia s'arrêta soudainement, les yeux écarquillés et elle pencha la tête sur le côté, fronçant le nez et Stiles sut qu'elle l'avait entendu. Derek laissa échapper un souffle hésitant alors qu'elle se retournait et fixait directement Stiles. Il délogea Isaac de son épaule, essuya la salive de son oreille parce que c'était dégoûtant, Issac, dégoûtant, à la seconde où Derek suivit son regard. Et soudainement, son expression se durcit. Toutes ses émotions disparurent, à la place son masque était de retour et Stiles était tellement habitué à cette vue qu'il ne fut même pas insulté par le changement soudain.
Stiles leur fit signe, et puis Emilia s'approcha de lui avec une étrange détermination.
Isaac était encore à moitié enroulé autour de lui, observant curieusement la petite fille qui se précipitait vers eux avec Derek qui la suivait à contrecœur. "Tu ne devrais pas faire ça," dit-elle, pointant un doigt accusateur sur Isaac. "Avec quelqu'un qui ne t'appartient pas."
Isaac mordilla à nouveau l'oreille de Stiles, taquinant la petite fille, puis lui lança un large sourire espiègle alors que Stiles se demandait ce qui était en train de se passer jusqu'à ce qu'il réalise qu'ils pouvaient probablement sentir Danny partout sur Isaac. Ce qui était une idée dégoûtante. Juste en passant.
"Bonjour Emilia," la salua Stiles. "C'est un plaisir de te voir ici. Et toi aussi, Derek," ajouta-t-il, comme si c'était une pensée d'après coup. "Je vous présente Isaac, une machine à câlins humaine. Et son petit-ami," Stiles pointa du doigt Danny qui se tenait au comptoir du glacier, attendant toujours son atrocité aux trois saveurs menthe-chocolat-cerise et les fixait avec curiosité. Cora derrière lui avait l'air de réfléchir à un meurtre. "Ne vous inquiétez pas, il sait très bien que le petit Isaac est un chiot qui aime mâchouiller ses jouets."
Isaac lui toucha à nouveau l'oreille et Stiles repoussa son visage avec sa main.
Derek et Emilia les fixaient en silence.
Et puis, avant que Stiles puisse faire quoi que ce soit, la petite fille s'installa sur ses genoux, poussant la manche de son haut sur sa main et essaya furieusement l'oreille de Stiles comme si elle essayait de se débarrasser de la présence de Isaac sur lui.
"Euh ?"
"Emilia," dit Derek, s'approchant d'un pas, mais elle se contenta de grogner. Et puis, elle lui lécha l'oreille.
"Emilia !"
Derek grogna, Stiles couina, mettant sa main sur l'endroit qu'elle venait de lécher, Isaac rigola et Cora cria depuis le glacier.
Emilia les ignora. "Toi aussi, Derek," déclara-t-elle après s'être éloignée de son visage.
"Non !" Cria Stiles paniqué parce qu'il n'avait vraiment pas besoin d'érections embarrassantes juste en pensant à ça. Derek le regarda comme s'il était stupide. Ouais, comme s'il avait été ne serait-ce qu'en danger de se faire lécher par Derek Hale. Bien sûr, peu importe.
Derek souleva la fillette par-dessous ses bras et la posa devant Stiles.
Les glaciers choisirent ce moment précis pour finir leurs commandes et ses amis se dirigeaient vers eux avec leurs glaces. Lydia balança ses cheveux derrière son épaule et poussa le cornet de yaourt à la vanille et à la fraise de Stiles vers lui, avant de s'asseoir à côté d'Isaac, l'air ennuyé comme si tout était normal.
Mon dieu, dans son cercle d'amis, ce niveau de folie était normal.
"Tu ne peux pas faire ça, Emilia," gronda Derek. "Excuse-toi."
"C'est sa faute," répondit-elle, le regard furieux.
"Emilia," dit Cora, haussant les sourcils.
"Mais il était—"
"En train de jouer," répondit fermement la brune. "Ils sont amis. Ils étaient en train de jouer."
Emilia fronça les sourcils à Stiles et Isaac, puis leva les yeux vers Derek. "Je ne suis pas désolée," grogna-t-elle finalement, tapant à nouveau du pied, puis elle attrapa la main de Derek et l'entraina au loin. "Tu me dois une glace," cria-t-elle à Stiles par-dessus son épaule tout en s'éloignant.
Stiles était carrément confus.
Et voilà, que pensez-vous de cette deuxième partie ?
