Titre : A Neutrino Walks Through a Bar
Auteur : Moku
Disclaimer : Je ne fais que la traduction, l'histoire ne m'appartient pas.
Note de la traductrice : Voici la troisième partie de cette histoire ! On est déjà à la moitié de cette histoire. Bonne lecture !
Derek était un professeur étonnamment bon, patient avec le nombre illimité de questions que Stiles posait sur n'importe quoi et dans n'importe quel domaine, de la loi d'Arrhenius à la loi de Beer-Lambert en moins d'une seconde.
Stiles avait apprit à comprendre l'état de confusion de Derek de minime à complètement perdu en comptant les rides sur le front de Derek à chaque fois qu'il fronçait les sourcils, et puis il essayait de faire marche arrière dans son processus de réflexion pour faire en sorte qu'ils soient sur la même voie.
Cela fonctionnait bien.
En fait, cela fonctionnait un peu trop bien. Derek démontrait une habileté incroyable à suivre les pensées de Stiles dans des endroits où d'autres personnes auraient peur d'y toucher avec un bâton de trois mètres de long. Même Scott ne mettrait pas en danger sa santé mentale et ne se disputerait pas avec Stiles à propos du film Que justice soit faite et de rendre la justice soi-même après avoir parlé de thermodynamique quelques secondes auparavant seulement. Il n'était même pas sûr de comment Derek avait comprit sa question et l'avait correctement relié au film comme si c'était la chose la plus naturelle à faire. Bon sang, même Stiles ne savait pas comment il en était arrivé là.
Et même en répondant stupidement mais avec sérieux que non, Stiles, la scène de funérailles ne fonctionnerait pas comme ça dans la vraie vie et consistait seulement en éléments d'action.
Le cerveau de Stiles s'était déconnecté pendant quelques secondes. Il avait dû subir quelques dégâts lors du démarrage parce que soudainement, Derek Hale n'était plus aussi effrayant, même quand il parlait des mécanismes de déclenchement d'un pistolet mitrailleur avec des détails effrayants.
Stiles avait peut-être ou peut-être pas été impressionné pendant encore quelques secondes.
Stiles ne savait pas comment mais Derek avait fait un enchaînement qui les avait ramené au calcul de la transmission de la lumière à travers une substance.
Ils étaient habituellement concentrés sur leurs tâches, unis par le désir de donner un coup dans les testicules académiques de Harris avec une certaine subtilité scientifique, mais ils se trouvaient le plus souvent à dériver vers autre chose, parlant de n'importe quel film Stiles avait vu. Stiles découvrit assez vite que Derek était un nerd caché en ce qui concernait la science-fiction et s'amusait à trouver des absurdités scientifiques dans les films, ou à expliquer la vraisemblance de certaines choses.
Stiles ajouta nerd caché à sa liste de pros, quand le brun ne regardait pas, puis il rigola au fait qu'il partageait les pour et les contre selon ses critères et cela le fit revenir sur terre.
Il raya le pour et le contre avec un marqueur épais et choisit d'ignorer l'impulsion qui l'avait conduit à ce mauvais comportement.
0010
"Ma transformation ?" Demanda Cora perplexe. Stiles hocha la tête avec enthousiasme, se penchant en avant pour murmurer à son oreille. Ils regardaient l'important match de Lacrosse contre Middlelake High; le chaos régnait tout autour d'eux quand Danny arrêta la balle qui arrivait dans le but, il restait seulement trois minutes restantes à jouer et un point d'avance pour eux ; tout le monde hurlait et applaudissait. Stiles n'avait pas vraiment besoin de baisser la voix, mais c'était plus ou moins pour produire un effet.
"Ta forme de loup. J'aimerais voir ça."
Cela lui prit des semaines pour enfin avoir le courage de lui demander, parce qu'il avait vraiment, vraiment, vraiment envie de la voir depuis longtemps.
Les yeux de Cora scrutaient les alentours. "Derek te donne des cours, pas vrai ?" Demanda-t-elle, ce qui n'avait pas beaucoup de sens, mais Stiles acquiesça quand même. "Et comment vont tes… progrès ?"
Stiles haussa les épaules. "Je suppose qu'il n'est pas aussi mauvais que ce que je pensais. Il y a de l'espoir à l'horizon ?"
Ce qui était un euphémisme complet et total.
Derek Hale ne correspondait en rien à ce que Stiles avait imaginé qu'il serait. Parce qu'il était plus que l'amas de muscles ténébreux qu'il semblait être à première vue. Derek était intelligent, il avait un sens de l'humour horrible et ça faisait toujours rire Stiles. Il ne parlait pas beaucoup, mais quand il le faisait, ce n'était pas sans rythme ni raison. Il savait de quoi il parlait et il ne cédait pas pour éviter une discussion houleuse. En fait, parfois, Stiles mentionnait simplement quelque chose qu'il avait lu sur internet et, sans vraiment croire ce qu'il disait, il défendait ces théories juste pour que Derek s'enflamme.
A propos de ces sujets.
Pas pour Stiles.
Évidemment.
Stiles avait décidé que dès qu'il aurait plus de connaissances sur plusieurs sujets et qu'il se serait fait une opinion sur eux, il engagerait Derek dans toutes les discussions du monde simplement pour le voir grogner et lui aboyer dessus avec impatience.
D'un autre côté, Derek rendait l'apprentissage amusant, il rendait la science amusante, le faisait rester tard le soir, oubliant le temps à parler de sciences amusantes. Il n'avait même pas fallu d'analogie de videurs et de clubs pour décrire la photosynthèse à Stiles, alors qu' il avait dû en utiliser avec Scott et Allison pour rendre l'épreuve plus agréable. Derek lui expliqua le cycle de l'acide citrique sans aucune métaphore et le faisant ressembler à de la pornographie scientifique. Et Stiles s'était peut-être ou peut-être pas retrouvé incapable de détourner le regard de la bouche de Derek, absorbant chaque mot avec un intérêt et une attention qu'il pensait impossible à cause de son TDAH.
Cora regarda son visage devenir vide et, quelque part entre sa réponse et sa rêverie, Jackson devait avoir marquer un dernier but, parce que tout le monde se levait dans les gradins, hurlant et criant ; quelqu'un renversa son Coca sur ses vêtements. Stiles poussa un cri et sursauta, mais la personne était déjà partie et perdue dans la foule de gens qui se précipitaient au milieu du terrain.
"D'accord," répondit finalement Cora, et Stiles la regarda, haussant ses deux sourcils. "Aujourd'hui chez toi, ça te va ?"
Stiles cligna des yeux. "Tu veux dire maintenant ?"
"Oui," répondit-elle simplement.
Stiles fut pratiquement malmené et traîné par Cora jusqu'à sa Jeep avant qu'il ne puisse même dire au revoir à leurs amis qui les regardaient avec une confusion amusée. Il respecta les limitations de vitesse parce que connaissant sa chance, un des adjoints de son père les aurait surpris ensemble à dépasser la vitesse autorisée et alors, il n'aurait pas arrêté d'en entendre parler.
Chez lui, il fit rapidement monter Cora dans sa chambre, où il verrouilla la porte et la fenêtre. Il ferma les stores avant de s'asseoir sur son lit, les mains sur ses jambes, attendant avec impatience. Cora roula des yeux devant son enthousiasme, mais elle ne pouvait pas être aussi fâchée vu la façon dont elle avait accepté le comportement autoritaire de Stiles sans un mot de protestation.
"Nous allons commencer doucement, d'accord ?" déclara-t-elle, les mains serrées sur son t-shirt.
Stiles hocha la tête. "L'as-tu déjà montré à quelqu'un — euh, comme moi ?"
"Non," admit-elle. Quand Stiles avait demandé, il ne savait pas vraiment si c'était si important. Si c'etait peut-etre considere comme quelque chose d'intime ? Comme une affaire de famille ? Peut-être que Stiles était en train de s'immiscer ou de pietiner des rituels de loups-garous sérieux ou quelque chose du genre ?
Il était sur le point de lui présenter des excuses, quand elle renifla d'amusement. "Relax," dit-elle, à quelque soit la partie de son corps qui avait laissé échapper son malaise. Puis, elle laissa échapper un petit rire. "Donne-moi ta couette et retourne-toi."
Stiles fit ce qu'elle lui avait dit, et puis il entendit une fermeture éclair s'ouvrir, un froissement de vêtements et oh mon Dieu, il n'avait pas pensé à cela. Elle avait besoin d'être toute nue pour ça ? Putain, non, Stiles ne savait pas. "Euh, Cora, je, euh, n'essayais pas de te faire te déshabiller et des trucs dans ma chambre—"
"Tais-toi, Stilinski," répondit-elle. "Tu peux te retourner maintenant."
Stiles se retourna, les yeux impudemment écarquillés alors qu'il regardait Cora, enveloppée dans sa couette, ses vêtements posés sur la chaise.
"Regarde," déclara-t-elle avec un sourire narquois.
Et Stiles le fit.
La première chose qu'il remarqua fut ses yeux bleus brillants, puis ses dents, l'arcade de son nez qui gonflait, ses sourcils qui se rapprochaient et ses oreilles qui s'allongeaient. Il y avait un bruit écœurant d'os qui se brisent et qui se réalignent, et Stiles pouvait entendre ses propres battements de cœur accélérés à la transformation; elle n'était pas totalement loup mais pas non plus humaine, recroquevillée et poilue, le visage pointu avec encore quelques traits humains, des pattes à la place des mains et des pieds, la poitrine complètement plate, et à moitié à quatre pattes. Ça devrait être bizarre ou dégoûtant, mais Stiles se retrouva à se mettre à genoux devant elle et elle leva les yeux vers lui, les yeux hagards.
"Je peux ?" Demanda-t-il.
Elle hocha la tête et Stiles tapota le pli entre ses sourcils avec sa main, avant de la retirer immédiatement, puis il rigola nerveusement et tremblotant.
"Mon dieu, c'est réel," souffla-t-il avant de s'arrêter.
Elle grogna quelque chose autour de ses dents, une combinaison de grognements, de sifflements et de gémissements, et il lui fallut un moment pour déchiffrer l'ébauche de 'changer à nouveau', ce qui était une indication pour Stiles de se reculer.
"Je vais, euh, nous chercher quelque chose à boire et puis ouais, de l'eau, d'accord ?" Demanda-t-il, n'attendant pas sa réponse. À la place, il se précipita dans les escaliers. Son cœur battait encore à la chamade, son visage était cramoisi et ça n'avait rien à voir avec de la gêne. Il était super excité et super heureux, et putain de merde, les loups-garous étaient réels ! Et ils étaient incroyables et pas des machines tueuses inhumaines. Il s'était attendu à ce qu'ils ressemblent plus à des loups mais peu importe.
Quand il revint dans sa chambre, Cora s'était retransformé, complètement vêtue à nouveau, attendant patiemment sur sa chaise de bureau, son visage soigneusement prudent.
"C'était incroyable," lui dit-il et il lui tendit un verre d'eau, se laissant tomber sur son lit à nouveau. Elle laissa échapper un souffle tremblant, puis elle s'autorisa à se relaxer. "Je veux dire, avec cette fourrure et tes oreilles. J'étais tenté de les tirer," admit-il. Cora pencha la tête, puis rigola sincèrement, heureuse.
"Fais-le et je t'arracherai la tête."
"Noté," acquiesça Stiles. "Je pensais que tu ressemblerais plus à un loup. Mais tu es toujours partiellement humaine, pas vrai ?"
"Ma mère et Derek avaient l'habitude d'être les seuls qui étaient capables de faire la transformation complète. En loup, je veux dire."
"Et maintenant ?"
"Maintenant, il n'y a que ma mère." L'amertume teintait ses mots alors qu'elle détournait le regard, vers la fenêtre et les stores fermés. "Laura sera capable de le faire au plus tard quand elle deviendra la prochaine Alpha. Ça aide à provoquer les capacités naturelles. Je travaille dur depuis des années, mais c'est le maximum que j'arrive à faire. Derek était un naturel. Ma mère lui a seulement enseigné pendant trois semaines et il y arrivait à la perfection."
"Que s'est-il passé ?"
Cora grogna, faisant tourner le verre dans sa main. "Paige," répondit-elle simplement et laissa ça là. Elle partit peu après et Stiles continua à fixer le verre d'eau intact sur son bureau, avant de tirer les couvertures sur lui et de tomber dans un long sommeil agité.
0000
Derek aimait lire les magazines Popular Science et Scientific American. Stiles n'était même pas surpris. Ce qui le surprenait cependant était le fait que Derek le cachait. Comme si c'était honteux. Pire, il les cachait derrière des magazines Muscles & Fitness. Mis à part le fait qu'ils étaient légèrement plus grands et dépassaient donc aux extrémités — non pas que quelqu'un l'ait remarqué, et s'il l'avait fait, ils supposaient probablement qu'il cachait le dernier Playboy ou US Weekly — c'était étrange.
Cela dérangeait Stiles mais il ne savait pas pourquoi, et c'était la seule raison pour laquelle il continuait à fixer les bordures qui dépassaient du magazine d'entraînement, répondant à une question de Derek avec du retard.
"Quoi ?" Répondit Derek et Stiles recula, parce que depuis quand Derek était-il aussi proche ? Il était penché sur les notes de Stiles, le regardant à travers ses cils, cils que Erica tuerait pour avoir, confus et partiellement agacé.
"Quoi quoi ?" Demanda en retour Stiles.
"Qu'est-ce que tu n'as pas compris ?' Demanda Derek, en se reculant. "Veux-tu que je te dessine un diagramme ?"
Stiles ne savait même pas de quoi parlait Derek, mais il était rebelle par défaut. "Oui, s'il te plait. Si ça aide."
Derek le regarda pendant une bonne seconde, essayant de déterminer si Stiles était sérieux.
Les yeux de Stiles se posèrent sur le tableau périodique dont ils avaient discuté. Ou plus exactement, avaient essayé de discuter avant qu'il ne perde le fil de la conversation.
Et puis, Derek lui dessina un putain de schéma.
Stiles ne se remettrait jamais de son écriture. La sienne était désordonné et c'était impressionnant que Derek puisse, en réalité, lire ses notes. Stiles expliquait que c'était parce que ses pensées allaient plus vite que sa main pouvait suivre. Qu'il était intelligent. Trop intelligent pour sa main. Il était certain que certains scientifiques assis dans leur bureau, comparaient l'écriture aux profils des personnes et à leur test de QI pour prouver qu'il avait raison.
Derek lui avait parlé d'une expérience impliquant de la poix et un entonnoir avec des gouttes qui tombaient toutes les quelques années. Cela devait être l'expérience la plus ennuyante de tous les temps, donc il devait y avoir quelqu'un qui travaillait sur ce qui était vraiment important.
A savoir, prouver l'intelligence de Stiles.
L'écriture de Derek cependant, elle n'était pas seulement lisible, elle était soigné, sans boucles inutiles ou autres trucs superficiels, simple et clair. C'était un putain d'Arial. Cela réfutait sa théorie sur l'intelligence parce que Derek était l'une des personnes les plus intelligentes qu'il connaissait, dans lesquelles se trouvait Lydia et Danny — et sérieusement, ces trois-là n'étaient pas autorisés à se rencontrer. Jamais. — et son écriture était parfaite.
Tout comme ses mains en fait, remarqua distraitement Stiles, clignant des yeux.
Et puis il y eut des doigts qui claquèrent juste devant son visage. Derek le regardait, les sourcils froncés et Stiles ne prit même pas la peine de cacherr son absence mentale.
"Fatigué ?" Se renseigna Derek, poussant les notes à nouveau vers Stiles. Sa voix était soigneusement dépourvue d'émotions, ce qu'était quelque chose que Stiles avait remarqué pendant les jours qu'ils avaient passé ensemble.
Derek n'était pas brisé. Il n'était pas malheureux. Il n'était pas misérable. Il était simplement sur la réserve. Il pouvait être impertinent, il pouvait être sarcastique, il pouvait montrer de la colère ou de la confusion. Ce n'était que quand ca se rapprochait de sa vie privée, qu'il se refermait. C'était mignon et Stiles espérait que Derek ne le remarquerait jamais. La façon dont il se refermait ne le rendait pas moins accessible ou plus difficile à lire. Cela le rendait en fait plus facile à lire. Parce que si Derek se détournait, devenait dédaigneux ou distant sur un certain sujet, c'était que cela était important pour lui.
Stiles sourit en coin doucement.
Parce que Derek l'aimait bien jusqu'à un certain degré. Il le montrait en essayant de ne pas le faire. Et c'était adorable.
L'homme fronça à nouveau les sourcils.
"Fais tes propres phrases si tu veux," dit-il, posant son crayon sur la table. "Celles-là sont celles que j'utilisais. Cela t'aidera si tu le fais toi-même. Ou si tu utilise les plus connues. J'ai lu quelque chose à propos d'une chanson. Utilise ça."
Stiles baissa les yeux vers le tableau périodique que Derek avait griffonné dans ses notes, ajoutant des lettres aux éléments. Et puis, il commença à rire. Parce que qu'il n'y avait que Derek Hale pour choisir des phrases plus compliqués encore que de mémoriser le tableau périodique entier sans utiliser de moyens mnémotechniques.
0111
"Juste un avertissement," déclara Cora quand elle s'assit sur la chaise à côté de la sienne pendant le cours d'anglais. "Une des ex de Derek est de retour en ville."
Stiles la regarda en fronçant les sourcils.
"Ca veut dire qu'il risque d'être un connard pendant un moment."
"Donc je devrais l'éviter ?"
"Non. Mais elle pourra venir sur son lieu de travail."
Les yeux de Stiles s'écarquillèrent alors qu'il la fixait incrédule. "Elle quoi ?"
"Elle a essayé d'entrer en contact avec lui pendant un moment, mais il ne veut pas la voir. Ma mère lui a dit de partir. Elle a laissé son numéro de téléphone et quand on lui a donné, il l'a jeté dans la cheminée sans même le regarder."
"Sérieusement ?"
"Sérieusement," dit Cora, levant les yeux au ciel.
Stiles dut se mordre la lèvre même s'il voulait en savoir plus. Que s'était-il passé ? Qu'avait-elle fait ? Etait-ce celle qui avait essayé de brûler leur maison ? Cora lui jeta un coup d'oeil et pendant une seconde, son visage était ouvert et vulnérable
Il garda sa bouche fermée et ne posa pas de questions.
0100
Cora avait eu raison.
Derek était irascible, fermé et plus distant qu'il ne l'avait été avant que Stiles ne le connaisse. Tout se résumait à quelque chose et Stiles ne savait pas quoi et, cela le rendait nerveux et à cran.
"Ta réputation te précède," déclara Derek un soir pendant qu'ils nettoyaient. C'était devenu une autre partie de leur routine, Stiles restant tard, aidant Derek à ranger avant qu'ils ne s'assoient ensemble pour que Derek enseigne des choses à Stiles dont il n'aurait jamais besoin à l'école.
Stiles leva les yeux de la table qu'il était en train d'essuyer, fronçant les sourcils. Sa première réaction fut de regarder autour de lui pour trouver à qui Derek parlait, mais évidemment, il n'y avait personne d'autre.
Il se pointa quand même du doigt juste pour en être certain.
Derek roula des yeux. "Oui, toi. L'entremetteur." Derek cracha le mot comme si c'était du poison.
"Quoi ? Je suis—" Stiles s'arrêta devant le regard sceptique de l'autre homme. "C'est simplement arrivé en quelque sorte. Je ne suis pas vraiment un entremetteur ou quoi que ce soit," avoua-t-il. Derek pencha un peu sa tête sur le côté avant de continuer à balayer entre les tables.
"Je sais ce que Cora essaie de faire," révéla Derek et le coeur de Stiles se serra, parce que c'était le moment où Derek allait le mettre à la porte, lui dire de dégager, de le laisser tranquille, et d'aller mourir dans un fossé ou quelque chose comme ça, et Stiles perdrait sa source d'informations sur les loups-garous. C'était un peu inacceptable.
"Depuis combien de temps es-tu au courant ?"
"Quelques semaines," répondit Derek avec un haussement d'épaules.
Stiles avait commencé à arracher les peluches du torchon qu'il tenait, arrêtant dès qu'il s'en rendit compte. "Et tu as accepté ?"
"Je ne me rappelle pas avoir donner mon consentement pour être suivi," répondit Derek, se concentrant sur ce qui devait être un coin vraiment sale vu la vigueur avec laquelle il le nettoyait; invisiblement sale.
"Je parlais du tutorat. Pourquoi ?"
Derek resta silencieux un moment. "Cora," offrit-il finalement et il arrêta de frotter l'endroit invisible.
Stiles le regarda, tordant le linge entre ses mains, réfléchissant à la réponse. Stiles savait que Derek avait commencé à lui donner des cours pour quelque soit le divertissement que Cora avait fourni après avoir été forcé d'aller faire du shopping avec Lydia et le reste des filles.
"Pourquoi tu me le dis maintenant ? Que tu es au courant ?" Demanda-t-il parce que Stiles ne comprenait pas. C'était comme si Derek essayait de se débarrasser de lui. Et peut-être qu'il le faisait, parce que son ex était de retour en ville et qu'elle voulait probablement qu'il se remette ensemble, et peut-être même que Derek envisageait activement de dire oui.
"Je ne veux pas nourrir tes illusions."
Stiles joua avec le tissu dans sa main. "Illusions ?"
Derek renifla. "A propos de ce que tu fais. Tu peux essayer, mais tu perds ton temps."
"Comment tu le sais ?"
Ce n'était pas comme si Derek le savait. Il n'essayait même pas, parce qu'il n'était pas intéressé, mais ça ne voulait pas dire que personne d'autre ne pouvait l'être et peut-être que tout ce que Derek devait faire, était de s'ouvrir, de laisser quelqu'un d'autre entrer. Peut-être que s'il souriait une fois de temps en temps, montrait le sarcasme que Stiles trouvait secrètement plutôt attachant mais ce n'était peut-être pas vraiment excitant ? Stiles l'avait mis dans sa colonne plus — non, pas qu'il avait encore une liste, nope — dans ses notes, mais maintenant qu'il y pensait, la plupart des gens n'aimaient pas le sarcasme. Etait-ce pour ça que Stiles était célibataire ? Il devrait avoir de sérieuses réflexions sur ses échecs passés.
Derek s'arrêta un moment, roulant les yeux. "M'aurais-tu parler ? Si ce n'était pas pour votre arrangement ?" Sa question n'était pas énervée ou même curieuse. Elle était juste là.
Stiles déglutit parce que non, il ne l'aurait pas fait. Il aurait changé de trottoir en voyant le regard de Derek et aurait essayé de ne pas se faire tuer par ce mec effrayant. Ce qui rendait encore plus surprenant le fait que les femmes ignoraient simplement son aura qui promettait une mort en d'atroces souffrances si elles ne l'approchaient pas avec prudence et venaient encore pour son apparence.
Parce qu'à la fin, tout n'était qu'une question d'apparence. Une question de trophée. Même les gens qui continuaient à flirter avec Derek, ils le faisaient probablement parce qu'il était difficile à avoir, parce que c'était un challenge, parce qu'ils voulaient se vanter du mec sexy qu'ils avaient dans leur lit avant même que la transpiration de leurs ébats n'ait séché.
Stiles se détourna pour essuyer la table.
"C'est ce que je pensais," déclara doucement Derek.
Et Stiles se sentit comme un connard.
Et un menteur.
Parce que nique ça.
"Tu sais quoi ?" Grogna Stiles, se retournant avec énervement et jetant le torchon à Derek mais le connard n'eut même pas l'élégance de le laisser le frapper au visage, à la place il l'attrapa au vol facilement. "Ouais, je ne t'aurais pas parlé s'il n'y avait pas eu cet 'arrangement',"dit-il, imitant des guillemets avec ses doigts. "Parce que tu es putain d'effrayant, mec. La première fois que je suis passé, tu avais l'air de vouloir m'utiliser comme un jouet à mâcher" — haha ! Blague sur les chiens ! — "tu criais sur toutes les personnes qui s'approchaient de toi et quand j'ai demandé un café, tu donnais l'impression que je t'avais demandé de me ramener la putain de lune !" — il était sur une lancée là — "donc excuse-moi de m'être enfui comme un petit lapin effrayé devant un prédateur" — d'accord, celle-ci était intentionnel — "Et tu veux savoir autre chose ? Je suis content que Cora m'ait fait faire ça, parce que mec, sous tout cet extérieur bourru, les regards noirs de tueur et les sarcasmes mordants, tu es génial. Et absolument pas effrayant. Et drôle. Tu discute des pour et contre de la nourriture génétiquement modifiée juste parce que je continuais de me demander si ma pêche pourrait un jour m'attaquer. Tu dis que la seule raison pour laquelle les gens ont entendu parler du chat Schrödingers est la série The Big Bang Theory et puis tu es capable de radoter sur leurs théories. Tu radotes, Derek. A propos d'axions. Je dirais que tu t'émerveille de l'exactitude scientifique décrite dans la série," Derek ouvrit la bouche, "sauf cette fois avec le jeu de mots sur Indiana Jones," se corrigea-t-il avant que Derek ne puisse recommencer avec cette conversation à nouveau, "si tu ne me tues pas pour ça. Et de toute façon, tu es un ingénieur en mécanique. Es-tu même censé connaître des trucs en neuroscience ou en physique quantique ou autre chose ? Pourquoi n'étudies-tu pas la physique appliquée ? Où est-ce juste ton passe-temps ? Et la façon dont tu es nul pour faire du café ? Parce que, oui, tu es tout simplement nul. Et c'est adorable."
Derek fronça les sourcils au dernier mot et Stiles détourna la tête. Okay, peut-être qu'il n'aurait pas dû utiliser le mot 'adorable' pour décrire Derek Hale, loup-garou grincheux de luxe.
"Ce que je veux dire," recommença Stiles après une toux, mais Derek l'interrompit.
"Je n'ai pas été accepté."
"Quoi ?" Demanda Stiles, confus.
"J'ai postulé en génie physique. Je n'ai pas été accepté," expliqua Derek et Stiles ajouta 'À cause d'Harris' dans sa tête.
"D'accord," déclara-t-il lentement.
Puis, ils se fixèrent maladroitement.
Derek se détourna ensuite, balayant le sol, les yeux baissés. "Arrête de perdre notre temps," dit-il. "Si tu es seulement ici pour collecter des informations pour le petit jeu de Cora, arrête."
"Je ne le suis pas," dit Stiles. "C'est amusant d'apprendre avec toi. Et le truc à propos des cours particuliers était vrai, d'accord ?"
"Je ne te crois pas," répondit Derek.
Stiles soupira d'exaspération. "Quelle personne, saine d'esprit, investirait autant de temps dans quelque chose pour lequel il n'est même pas payé ? Ce qui me ramène directement à toi, Derek, pourquoi te prêtes-tu au jeu ?"
"Cora," répondit à nouveau Derek après un moment.
"Oui, je sais tu as commencé ça pour Cora. Mais pourquoi as-tu continué ?"
Derek roula les yeux. "Parce qu'elle est enfin heureuse."
Stiles secoua la tête. "Quoi ?"
"Je ne suis pas stupide, Stiles," dit Derek en grognant. "Elle était une paria à l'école. Elle n'a jamais eu d'amis."
"Et maintenant, elle en a," réalisa Stiles, abasourdi. Et Derek avait raison. Elle avait été intégrée dans leur groupe, Erica l'aimait et Stiles savait pertinemment qu'elle passait de plus en plus de temps avec les filles au centre commercial ou au cinéma. Elle étudiait avec Lydia et Allison, et jouait à Lacrosse avec les gars lors de leur entraînement privé. Elle riait plus que Stiles ne l'avait jamais vu auparavant et, elle était enjouée et détendue, et les gens avaient cessé de l'éviter.
"Oh," dit Stiles alors que la réalisation le frappait. "Oh, tu m'as utilisé ! Tu pensais que si tu arrêtais de me donner des cours, je supposerai que cela ne fonctionnait pas. Et puis, Cora n'aurait plus aucune excuse pour traîner avec nous."
Derek se balança sur ses pieds, ne le regardant pas.
"Oh wow, tu es un connard." Estima sèchement Stiles. "Un connard stupide. Désolé de t'annoncer ça, mais il n'y a rien que je pourrais faire pour détacher Cora de mes amis. Parce qu'ils l'adorent putain." Derek grogna. "Pas que je le veuille. La détacher. Je l'adore aussi," souligna Stiles, acquiesçant pour souligner ses mots. "Elle est comme la petite sœur que je n'aurais jamais souhaité avoir. Chahuteuse, puérile, violente et super mignonne. Elle adore les livres d'images, Derek. Les livres d'images. Avec des minuscules petits lapins roses. Ceux qui font du bruit." Parce que quand ils se retrouvaient dans une librairie, Cora se dirigeait généralement vers la section enfants et appuyait sur chaque livre audio.
Derek resta silencieux un moment, et puis : "Cora cherche toujours des livres qu'elle pourrait lire à Emilia. Elle n'arrête d'oublier qu'elle n'a plus trois ans."
"Était-ce censé changer mon opinion sur elle ? Parce que cela la rend simplement cent fois plus mignonne."
"Tu peux sortir avec elle, mais—"
"Quoi ? Whoa là ! Doucement, mec ! Oh mon dieu, euh, non ! Je ne veux pas dire ça dans ce sens-là. Je te l'ai dit, comme une sœur !"
Derek leva les yeux au ciel. "Est-ce que ça fait de moi ton frère?"
Il rigola après une picoseconde d'un silence stupéfait. "Bien sûr, tu serais un bon frère aîné. Tu pourrais me protéger contre les brutes. Tu n'aurais qu'à les fixer."
L'homme brun eut l'air offensé, puis il jeta le chiffon à Stiles, qui se débattit pour l'attraper. Cela le frappa en plein visage. Derek renifla d'amusement et puis retourna au nettoyage du sol.
Stiles l'observa un court instant, réalisant que oui, en effet. Il ne le faisait pas pour Cora, ni pour le tutorat, mais pour Derek. Parce qu'il aimait passer du temps avec lui.
"Hé Derek, tu vas toujours me donner des cours maintenant ?"
Il y eut un moment de silence, puis un rapide soupir. "Oui."
"Génial. Euh. Merci."
Stiles n'allait pas demander. Non, il n'allait pas le faire.
Il ne savait même pas ce que cela signifiait.
0110
"Derek m'a dit que tu ne m'aimais pas", grogna Cora, fermant la porte de son casier, lui écrasant presque les doigts. Stiles gémit et sursauta, fixant la jeune fille avec des yeux écarquillés. "Pourquoi," continua-t-elle, imperturbable, se rapprochant de lui de façon intimidante, "Derek a-t-il ressenti le besoin de me faire savoir de façon gentille que tu ne m'aimais pas ?"
Stiles se frappa le front avec sa main et gémit contre sa paume. "Parce qu'il est nul. Nul !" Cria-t-il, avant de s'arrêter soudainement. "De quelle quantité de gentillesse parlons-nous ?"
Cora croisa les bras sur sa poitrine, haussant les sourcils. "De la glace Häagen Dazs au Chocolat blanc, Framboise et Truffes et les films de Stallone."
Stiles se trouvait dans un dilemme. Parce qu'il ne pouvait tout simplement pas décider si c'était adorable, génial, drôle ou frustrant. Il n'était même pas sûr de ce que son visage était censé faire. Il savait enfin ce que devait ressentir les muscles du visage de Derek chaque jour, tout confus et indécis.
"Il pensait que j'étais amoureux de toi," finit-il par dire, parce qu'il semblait que Cora était sur le point de le frapper dans l'épaule et il avait eu assez d'ecchymoses suite à leurs discussions, il n'en avait pas besoin de plus.
"Quoi ?
"Ce que je ne suis pas."
Cora frappa dans le casier à côté de celui de Stiles. Ce qui était gentil. Sa porte était déjà un peu dégondée, ce qui rendait son ouverture désespérément difficile, sans avoir besoin une autre entaille dedans.
"Par principe, je lui ai donné un coup de poing," déclara Cora après un moment, "maman m'a assigné à résidence, mais ça en valait la peine. Et j'ai volé les films et je lui ai laissé la glace. Et puis je suis revenue pour la glace."
Stiles étouffa un rire. Et puis, il eut une image mentale de Derek assis seul sur le canapé, mangeant la crème glacée pour un chiot maltraité avant que sa sœur ne revienne pour lui prendre ça aussi. Cora était démoniaque. "Pourquoi pensait-il que tu étais amoureuse de moi de toute façon ? Tu as une petite-amie."
Elle hésita un moment.
"Tu en as une, pas vrai ?"
Les épaules de Cora s'affaissèrent et elle prit une profonde inspiration. "Son nom est Petya. C'est mon âme-sœur." Elle se tourna pour le regarder dans les yeux. "Elle a quarante-sept ans."
"Euh."
Quoi ?
"Nous nous sommes rencontrés quand j'avais dix ans. Tu te rappelles quand je t'ai dit que nous le savions grâce à l'odorat ? Je l'ai su au moment où j'ai posé les yeux sur elle. J'ai seulement vu une photo d'elle. Elle avait perdu son compagnon à cause d'un chasseur quand elle avait trente ans." Cora posa une main sur son coude, peut-être pour l'empêcher de fuir ce qui était inutile vu que ses muscles avaient décidé qu'ils n'avaient plus besoin de fonctionner. Cependant, elle le poussa en direction de la bibliothèque. "Je l'ai embêté pendant quatre ans, jusqu'à ce que mes parents soient d'accord."
Cora le fit asseoir à une table dans un coin éloigné, ce dont il était reconnaissant parce que son cerveau ne fonctionnait plus vraiment.
"Tes parents ont accepté ?"
"Eh bien, ils n'étaient pas ce que tu peux appeler extatiques," elle haussa les épaules, "mais je savais qu'elle était la personne que j'aimerais toujours le plus. Ça n'a rien de sexuel cependant. J'aurais des copains, je me marierai peut-être, mais ça ne sera pas pareil."
"Je ne comprends pas," dit-il.
Cora lui tapota l'épaule. "Tu n'as pas à le faire," lui garantit-elle simplement.
1000
Stiles ne savait pas vraiment comment cela était arrivé, mais ils s'endormirent tout les deux dans la bibliothèque. Il se souvenait avoir résolu les exercices de chimie du premier semestre à l'université de Derek, pendant que l'autre sommeillait dans le fauteuil en face de lui. Stiles ne voulait pas le réveiller, sachant que Derek se levait tôt le matin pour ouvrir la bibliothèque et restait tard pour l'aider à résoudre ses problèmes de fierté. Gratuitement, devrait-il ajouter.
Quelque chose semblait étrange à propos de ça, mais Stiles n'avait pas l'intention de détruire quelque chose de bien quand cela lui arrivait juste en se posant des questions dessus.
Pas maintenant, du moins.
Il laissa Derek ronfler, même s'il était distrait par les petits bruits qu'il émettait de temps en temps. Pour un si grand gars, on pourrait penser qu'il rugirait dans son sommeil. Au lieu de ça, cela sonnait comme s'il ronronnait. Putain c'était injustement adorable. Un moment, Stiles prenait secrètement des photos de l'homme endormi et le moment suivant, il s'était réveillé à l'aube avec mal au dos comme si un camion lui était passé dessus, ayant bavé sur ses notes et Derek n'était plus là.
Jurant et supposant que Derek l'avait laissé seul, il rangea ses affaires dans son sac avant de se précipiter dans les toilettes. Sa vessie était sur le point d'exploser et, il se sentait dégueulasse et transpirant. Il fit son affaire et s'engagea à se nettoyer rapidement tout en ignorant complètement le goût dégoûtant dans sa bouche ou la sensation de ses dents quand il passait sa langue dessus. Son doigt et l'eau devraient faire l'affaire et avec un peu de chance, il lui restait un chewing-gum quelque part. Il éviterait simplement de parler dans la direction des gens. Quand il revint à la table, son t-shirt encore enlevé pour laisser son corps sécher à l'air libre, il était au milieu d'une autre tirade à voix basse et prêt à traiter Derek de connard indélicat et méchant, mais il s'arrêta pour voir le connard susmentionné attendant à leur table, deux gobelets en papier fumants devant lui et la tête penchée.
"Qu'est-ce que c'était ?" Demanda Derek avec un haussement de sourcils, le regardant de haut en bas.
Stiles rougit, enfila son t-shirt précipitamment et ignora comment il collait à son corps humide, avant de littéralement tomber à genoux pour implorer son pardon. "Je récupère tout. Tu es un Samaritain. Le Dieu des réveils tôt ! Mon Saint Druon personnel. Dans le sens du café. Pas dans le sens répugnant. Donne-moi !" Stiles n'avait pas honte de faire des mouvements de main en direction de ce qu'il supposait être du café venant du petit café se trouvant quelques magasins plus loin.
"S'il te plaît ?" Essaya encore Stiles, alors que Derek se contentait de le fixer.
Secouant la tête, murmurant quelque chose dans un souffle, Derek finit par offrir une tasse à Stiles, puis il fit craquer sa nuque et prit une gorgée de sa boisson. Stiles remarqua que Derek, lui aussi, portait toujours les mêmes vêtements qu'hier, les cheveux ébouriffés, le visage toujours injustement beau même avec des cernes dus au manque de sommeil, le t-shirt de travers, le jean légèrement froissé — ce qui était quasiment impossible vu comment il était serré. Derek ne pouvait pas s'être réveillé longtemps avant lui et la vue de son état débraillé conduit ses pensées à s'égarer. Derek avait dû sortir comme ça pour aller acheter le café. Quelque soit la personne malchanceuse qui l'avait servi, il espérait qu'elle avait survécu.
Les doigts de Stiles se réchauffèrent autour du gobelet en papier et quand il le porta à sa bouche, il s'arrêta au goût.
"Pourquoi m'as-tu pris du chocolat chaud et toi du café ?" Demanda-t-il avec une moue. Pas que ça le dérangeait vraiment. Cela lui donnait juste l'impression que Derek se montrait condescendant avec lui.
"Premièrement, tu bois trop de café," répondit Derek, étirant ses bras, son t-shirt se soulevant légèrement et Stiles ne regarda pas, non Monsieur, il ne le fit pas. "Deuxièmement, je ne bois pas de café."
"Ça explique pourquoi la machine à café te déteste," marmonna Stiles dans sa tasse, détournant les yeux. "Qu'est-ce que tu bois alors ?"
"La même chose," répondit facilement Derek, récupérant un sandwich dans le sac en papier. Stiles espérait presque que Derek en avait acheté un pour lui aussi mais il n'osa pas demander. À la place, il décida de le fixer ouvertement. A cause de la faim. Garçon en pleine croissance et tout le tralala. "Tu devrais y aller. L'école commence dans vingt minutes," Derek interrompit ses pensées avant de prendre une bouchée. Les yeux de Stiles s'ecarquillèrent et il se tourna pour regarder l'horloge au-dessus du comptoir et — Oh mon Dieu, il allait être en retard ! Il balbutia des remerciements pour le chocolat chaud, s'excusa pour les avoir obligé à dormir dans la bibliothèque et il fila. Derek le chassa d'un signe de la main sans un mot et Stiles quitta le bâtiment, se précipitant derrière le volant de sa voiture.
Heureusement, il avait aucun appels manqués donc son père n'avait pas remarqué qu'il n'était pas rentré de la nuit. La protection de l'enfance serait scandalisée. Stiles se sentait coupable d'apprécier les heures supplémentaires. Il n'avait même pas le temps de repasser à la maison et se changer ou manger un morceau s'il ne voulait pas rater le premier cours de la journée — le cours de chimie. Il accéléra, avec seulement deux minutes restantes et se précipita dans la salle de classe, se laissant tomber à côté de Scott qui fronça les sourcils devant son apparence froissée.
"Trop dormi," souffla simplement Stiles, se faisant inefficacement de l'air avec sa main. "Mon Dieu, j'ai trop faim," gémit-il, laissant tomber sa tête sur la table. "Scott. Tu es mon ami. Donne-moi quelque chose."
Scott grimaça de confusion, mais se pencha pour récupérer son sac. Stiles jeta un regard noir, ouvrant son propre sac pour récupérer ses livres quand il s'arrêta, fronçant les sourcils devant le sac au papier se trouvant sur ses livres.
"Là," dit Scott.
"Je n'en ai pas besoin," réalisa stupidement Stiles.
Derek avait dû le mettre là avant qu'il ne revienne des toilettes. Du moins, c'est ce qu'il supposait. Ou alors un fantôme bien intentionné s'était glissé dans la bibliothèque et lui avait laissé un sandwich au beurre de cacahuète dans son sillage. Ce qui était impossible. Ou pas. Peut-être que les fantômes étaient réels aussi ? Considèrant l'existence de gentilles fées, la seule conclusion logique restait Derek.
Stiles réalisa qu'il ne pouvait même pas envoyer un message à Derek pour le remercier. Parce qu'il n'avait pas son numéro.
Et qu'il le voulait.
Eh bien, putain.
0110
Cora le coinça dans les toilettes des garçons. Stiles était heureux d'avoir pu ranger son bazar avant qu'elle n'ouvre brusquement la porte et entre sans une once de conscience de soi. Stiles se sentait un peu dégoûtant cependant, collé contre le mur, les mains non lavées et levées devant lui dans une posture de défense, alors que Cora se rapprochait un peu trop pour son confort.
"Il n'est pas rentré à la maison aujourd'hui," déclara-t-elle avec un calme délibéré.
"On s'est endormi dans la bibliothèque," répondit sincèrement Stiles, parce que mentir à un loup-garou ? Probablement pas une bonne idée. Et ce n'était pas comme s'il devait avoir honte de quelque chose. Ce n'était pas comme s'ils avaient fait quelque chose. Hormis dormir, évidemment.
Elle fronça les sourcils et heureusement, fit un pas en arrière. "Quoi ?" Demanda-t-elle en fronçant les sourcils, plissant les yeux, puis les écarquillant à nouveau. Honnêtement, c'était amusant. Stiles ne rigola certainement pas ou ne le commenta pas cependant. Contrairement à la croyance populaire, il accordait de l'importance à sa vie.
"Mon frère. S'endormir. Dans la bibliothèque. Avec toi ?" Demanda Cora avec incrédulité. Stiles souffla.
"Pour information, je suis un bon compagnon de sommeil. Selon Scott, je ne ronfle pas. Et à la grande surprise de tout le monde y compris moi, je ne donne pas des coups de pied ou je ne parle pas dans mon sommeil et, surtout je ne vole pas les couvertures."
Stiles était une personne incroyable avec qui partager son lit.
Cora le regarda.
"Quoi ?" Demanda-t-il défensivement, baissant les mains. Et puis, ça le frappa comme un train à grande vitesse. Derek Hale qui avait des problèmes de confiance, s'était endormi avec quelqu'un d'autre dans un espace semi-public. "Oh."
"Peut-être que c'est à cause de la pleine lune," réfléchit Cora, "ça doit être ça. C'est épuisant pour lui."
"Attends, quoi ?" Dit Stiles, clignant des yeux lentement. "La pleine lune ?"
"Stiles, sérieusement ?" Grogna-t-elle, le tirant par le col. "Tu traîne avec des loups-garous et tu ne suis pas les cycles de la lune ? Es-tu fou ?"
"Je ne pensais pas que j'étais censé le faire," se défendit Stiles. "Je veux dire, qui surveille les cycles de la lune de toute façon ?" Cora ouvrit la bouche pour répondre. "En dehors des sorcières et des loups-garous et qu'est-ce que j'en sais."
Cora roula des yeux tellement fort que Stiles pensa que sa tête allait tomber. C'était une imitation terriblement bonne de Derek en fait. C'était définitivement des frères et sœurs. "Deux jours, le déclin et l'ascension sont importants aussi. Mais pas pour Derek."
Stiles acquiesça lentement. Pas qu'il savait quoi faire de cette information. Était-il censé éviter Derek ?
"Un autre truc," dit-elle, bien plus hésitante, le laissant finalement partir. "Ne fais pas ça juste pour avoir des informations."
"Faire quoi ?"
"Te rapprocher de lui. Amicalement."
"Comme si je ferais ça." Cela le dérangeait sérieusement que les frères et sœurs Hale semblaient penser que c'était la seule raison pour laquelle il passerait des semaines avec quelqu'un. Stiles n'était pas si altruiste. Pour personne. Pas même pour Scott. "J'associe trois choses à la fois ici. Je peux être multitâche. Et de toute façon, j'aime passer du temps avec lui. C'est amusant."
"Amusant."
"Ouais, il est, tu sais, plutôt malin. J'aime ça. Et drôle aussi." Répondit Stiles en haussant les épaules.
"Mon frère n'est pas drôle," déclara impassible Cora, comme s'il l'avait insulté.
"Évidemment qu'il l'est."
Elle secoua la tête. "Même avant tout ça, il ne savait même pas raconter une blague. Du tout. Il se mettait toujours à rire avant de dire la chute. Et puis ce n'était même pas drôle ! Il fait des blagues sur les électrons."
Stiles se retint de répondre, parce qu'il savait qu'elle avait raison. Il était bien conscient qu'il ne devrait pas rire autant qu'il le faisait, quand Derek disait 'garder un ion sur ça'. Et il y avait tellement de blagues sur un 'neutron/électron/n'importe quoi qui entre dans un bar' qui l'amusaient.
Franchement, c'était probablement le fait que ce soit Derek qui les lui racontait qui lui donnait envie de rire. N'importe qui d'autre et il aurait essayé de cacher son visage derrière ses mains, embarrassé. La plupart d'entre elles étaient tellement faciles, même Derek le savait. Il essayait de les dire avec un visage impassible, mais ses lèvres le trahissaient toujours en tressautant, indiquant son propre amusement. Derek était tellement ringard. Stiles roulait des yeux à ça, mais intérieurement il hurlait de rire, même quand il était allongé dans son lit et qu'il rejouait la scène dans sa tête.
"Oh mon Dieu. Tu pense vraiment qu'il est drôle."
Stiles haussa les épaules.
"Oh mon Dieu," répéta-t-elle, battant en retrait hors des toilettes.
Alors, que pensez-vous de la conversation de Derek et Stiles ? Ca commence à se rapprocher doucement.
