Titre : A Neutrino Walks Through a Bar

Auteur : Moku

Disclaimer : Je ne fais que la traduction, l'histoire ne m'appartient pas.

Note de la traductrice : Voici la quatrième partie de cette histoire ! On va apprendre plus de choses sur le passé amoureux de Derek et le rapprochement se poursuit… Bonne lecture !


Le visage de Derek fit quelque chose. Pour être juste, le visage de Derek faisait toujours quelque chose. Comme s'il essayait d'exprimer des émotions mais qu'il se débattait pour savoir comment. Stiles était sur le point de se diriger vers la section sur le comportement social et de récupérer chacun des livres sur le langage corporel pour les donner à Derek. Il avait juste l'impression que ça ne se finirait pas bien.

Comme maintenant, en fait.

Derek était un soupirant furtif. On ne remarquerait même pas qu'il flirtait avant qu'il ne soit trop tard.

Ce n'était pas comme si Stiles ne savait pas que Derek avait des attentions gentilles et agissait ensuite comme s'ils n'étaient jamais arrivé ou comme s'il n'en était pas la cause. Il l'avait fait avec la table, il continuait de le faire en remplissant gratuitement la tasse de Béatrice en café et il l'avait encore fait en cachant un sandwich dans le sac de Stiles.

Mais c'était tout simplement ridicule.

Stiles avait simplement voulu le remercier, mais maintenant Derek donnait l'impression qu'il aurait préféré mourir ou le frapper dans le visage avant même qu'il puisse prononcer la première syllabe et Stiles aimait vraiment son visage, merci beaucoup.

À la place, il fixait maladroitement Derek à présent, ne sachant pas quoi faire parce que ce joyeux moment fraternel fut détruit par un Derek renfrogné et bouleversé, et semblant embarrassé, énervé, anxieux et nerveux tout ça à la fois.

Stiles ne savait même pas de quoi Derek avait peur. Comme si Stiles allait se moquer de lui, le ridiculiser ou quoi ?

Stiles voulait blesser quiconque était responsable de la façon dont réagissait Derek quand il montrait de la gentillesse. Ou peut-être que c'était un truc propre à Derek. Il espérait que c'était un truc propre à Derek. Ce n'était pas sain et Stiles allait devoir s'efforcer de le faire changer sur ce point, même si c'était mieux, du moins, que si c'était quelqu'un qui avait convaincu Derek d'agir de cette manière.

Cependant, au lieu de se faire frapper, Stiles décida de remercier furtivement Derek.

Il quitta la bibliothèque et alla au café qui se trouvait quelques rues plus bas.

"Il y a ce gars qui vient toujours ici," dit-il à la barista, qui le regardait avec impatience. "Grand, renfrogné—"

"Derek Hale ?" L'interrompit-elle, pas du tout impressionnée.

"C'est lui !" Dit Stiles, imitant un pistolet avec ses doigts, mais puis il baissa sa main quand elle le fixa. "Je veux ce qu'il prend habituellement."

La femme roula des yeux, ce qui était impoli et elle lui tourna le dos, marmonnant quelque chose à propos de stupides adolescents harceleurs avec beaucoup trop d'estime de soi que ce qui était bon pour eux, comme si Derek allait un jour choisir un enfant comme lui. Stiles se demanda si elle savait qu'il pouvait l'entendre. Vexé et peut-être un peu blessé par son discours méprisant, il posa l'argent sur le comptoir et partit avec le gobelet.

Elle sentait le chocolat chaud.

Donc Derek n'était vraiment pas un mec qui aimait le café. Ou la vieille sorcière était juste en train de se foutre de lui. Il s'arrêta à la supérette d'à côté et fixa l'étalage de magazines jusqu'à ce qu'il choisisse finalement le dernier numéro de American Scientists, espérant que Derek n'y était pas abonné aussi. Et après coup, il prit un Us Weekly pour pouvoir le cacher.

Quand il retourna à la bibliothèque, Derek était en train de fixer une femme, son corps penché fortement sur le comptoir, à tel point qu'elle allait presque tomber de l'autre côté. Stiles la frappa avec sa hanche sur le côté, la faisant trébucher, et posa la tasse en face de Derek. "Hé Derek, comment va ta femme ?" Demanda-t-il sur le ton de la conversation, le regardant avec intérêt comme s'il se souciait vraiment de la réponse, tout en ignorant le regard semi-confus de Derek. "Bien," répondit-il avec ironie après une pause. "L'idiote s'est endormie dans un fauteuil la nuit dernière et s'est réveillée courbaturée."

C'était… une critique envers lui. Pas vrai ? Derek venait de faire de lui sa femme, pas vrai ?

"Tu es un mari horrible. Tu aurais dû la réveiller," le taquina Stiles, essayant d'ignorer les palpitations de son stupide, stupide coeur.

"Le mari horrible lui a acheté son petit-déjeuner," fit remarquer sèchement Derek, haussant ses deux sourcils.

Stiles dut se mordre la joue. "Je suis sûr qu'elle a apprécié."

La femme grommela derrière eux. Derek laissa ses yeux se tourner vers elle pour la première fois. "Excusez-moi," dit-il tout chevaleresque, puis frappa une fois le comptoir, avant de tourner les talons et de se diriger vers sa place habituelle. Quand il retourna son attention vers Derek, la femme était partie et Derek jouait avec le gobelet en papier, le retournant dans sa main, intrigué et perplexe, avant de lever les yeux et de croiser le regard de Stiles.

Stiles détourna le regard précipitamment.

D'accord, en ce qui concernait la discrétion, il devrait probablement travailler un peu plus sur sa finesse.

Ce n'était qu'une heure plus tard qu'il réalisa que ses remerciements furtifs avaient été si sournois qu'il ne l'avait même pas remarqué. Parce que putain, il avait involontairement remercié Derek pour le sandwich et le chocolat chaud. Avec des mots. Dans une plaisanterie. Et ce, sans se faire frapper.

Il entoura ce jour avec un marqueur rouge dans son calendrier.

Sans rire. Il le fit vraiment.

0110

La première fois que Stiles vit Derek… eh bien, avoir un sourire narquois, et c'était déjà un progrès, c'était quand il était allé chercher Cora pour le bal. Stiles avait hésité pendant une dizaine de minutes devant la maison, faisant les cent pas, même s'ils savaient déjà probablement qu'il était là.

Alors voilà, la famille Hale, les loups-garous, la petite sœur.

À quel point pouvaient-ils être protecteurs ?

Évidemment, pas surprotecteur en mode arrachage de gorge mais c'était quand même intimidant.

Quand Stiles finit par apercevoir un groupe de curieux qui l'observait à travers l'une des fenêtres, probablement en train de se moquer de lui, il baissa la tête, se ressaisit et frappa à la porte. Derek fut celui qui ouvrit et pour tout ce que savait Stiles, c'était parce qu'il avait gagné à pierre-feuille-ciseaux.

Stiles détestait un peu Derek pour apprécier la situation autant qu'il le faisait visiblement, mais cette pensée fut en quelque sorte poussé dans le fond de sa tête parce que le brun lui offrit ce minuscule petit demi-sourire qui fit battre son cœur.

Stiles devrait faire vérifier son cœur.

Ce truc n'était pas normal.

Cependant, avant que Derek ne puisse dire quelque chose ou plutôt avant que Stiles ne puisse dire quelque chose de stupide tel que 'je veux lécher ta mâchoire', Derek fut pousser sur le côté par un mouvement de hanche de sa sœur aînée, Laura.

Derek renifla d'amusement, se retourna et s'éloigna dans le couloir avant de disparaître dans une pièce au fond.

Bon Dieu.

Stiles était foutu. Parce que Derek Hale chez lui n'était absolument pas comparable au Derek Hale que les gens voyaient en public. Et c'était probablement la meilleure chose que Stiles ait jamais vu. Derek avait l'air détendu, ouvert et amical. Laura haussa un sourcil à Stiles quand il eut enfin la volonté de détourner le regard de la silhouette de Derek qui s'éloignait, et à la place, lui lança un petit sourire, peu rassuré. C'était probablement plus une grimace qu'autre chose.

"Laura," se présenta-t-elle.

"Stiles," dit-il, offrant sa main. Elle l'attrapa par le poignet et l'entraîna vers la même pièce dans laquelle Derek avait disparu et ce qui semblait être le salon. Plein de monde. Il y avait pas mal d'adultes, puis les deux filles qu'il avait déjà vu une fois à la bibliothèque et un petit garçon qui jouait dans un coin avec une figurine de Thor.

Bon choix, mon pote, voulait lui dire Stiles. Au lieu de ça, il se frotta nerveusement la nuque, ses yeux dérivèrent sur Derek qui s'appuyait contre un mur, les bras croisés sur sa poitrine. Souriant toujours.

"Alors, euh, je suis Stiles. Stilinski. Le fils du shérif. Ravi de tous vous rencontrer," dit-il pour combler le silence. Ils le regardaient tous. "Vous n'allez vraiment pas me faciliter la tâche, n'est-ce pas ? Est-ce que c'est votre technique d'intimidation ou quoi ? Un rituel ? Laissez-moi vous dire, je traine avec lui," — il pointa Derek avec son pouce qui le regardait avec un amusement non dissimulé maintenant et Stiles trébucha un peu sur ses mots quand il remarqua l'expression sur le visage de Derek. Peut-être. Non pas que quelqu'un l'ait remarqué — "presque tous les jours, il n'y a plus rien qui puisse vraiment me faire peur maintenant."

Derek renifla, Stiles ne le regarda pas délibérément et finalement, la femme la plus loin à gauche rompit le silence et se présenta comme Talia Hale, l'homme à côté d'elle comme Frédérick. Apparemment, tout la famille vivait ensemble. Talia et ses deux frères, ainsi que son mari et leurs épouses, et leurs enfants et leurs parents. C'était une grande famille. Stiles avait ses propres théories à ce sujet, étant des loups-garous et tout. En tout cas, il y en avait… beaucoup. Des noms qu'il allait oublier à la seconde où il quitterait la maison, il en était sûr. Cependant, ils étaient polis et il essaya de ne pas se ridiculiser.

Au lieu de ça, ils lui parlèrent des excitantes semaines de Cora, partagèrent des blagues sur les journées où Cora était allée faire du shopping avec quelques unes de ses amies — Lydia et Allison, supposait Stiles — et cela le frappa lentement, ce que Derek avait voulu dire quand il avait dit que les préparatifs pour le bal de Cora était un pur divertissement. Leurs histoires furent interrompues par des cris venant de l'étage. Quand Cora descendit enfin les escaliers, le visage complètement rouge, vêtue uniquement de ses sous-vêtements, ses cheveux relevés en chignon, pour leur dire de se taire, ils finirent par le faire.

Stiles, tel le gentleman qu'il était, détourna les yeux à la seconde où il remarqua son état à demi-habillé.

"Excuse-la de prendre si longtemps."

"Pas de problème, vraiment," assura Stiles.

Mon Dieu, il voulait sortir d'ici.

"Pourquoi va-t-il au bal avec Tante Cora ?" Demanda soudainement Emilia. "Est-ce que c'est pas de l'infidélité ?"

Stiles se figea à ses mots. Vraiment, quelqu'un devrait apprendre à cette petite fille que deux personnes pouvaient être amis.

"On a déjà parlé de ça, Emilia," lui dit Laura avec un visage sévère.

"Mais," recommença la fillette, mais fut interrompue par son cousin ? Grand cousin ? Cousin au second degré ? Qu'était la fille du frère de votre grand-mère de toute façon ? Stiles n'avait jamais été bon pour garder une trace des relations familiales. "Allons jouer avec tes poupées," dit Abhay, tendant la main et récupérant Emilia des genoux de sa mère.

"Non," refusa Emilia, se détachant d'elle, fixant Stiles comme si c'était l'Antéchrist. "Je vais jouer avec Oncle Derek." Souffla-t-elle alors qu'elle passait à côté de Stiles en lui lançant un autre regard méchant et se dirigeait vers Derek. Stiles était honnêtement à quelques secondes de sortir son téléphone portable pour prendre une photo, parce que Derek se pencha vers la petite fille, l'accueillant à bras ouverts, lui souriant avant de la prendre dans ses bras et de la mettre sur ses épaules, et Stiles pensa que le putain de soleil était en train de se lever.

Oh mon Dieu, où diable se trouvait Cora ? Il devait sortir de là ou il allait mourir d'une crise cardiaque ou quelque chose du genre.

"Cora devrait pas tarder à descendre," dit Talia avec un sourire comme si elle pouvait sentir sa panique et peut-être qu'elle le faisait. Peut-être que tout le monde dans la pièce pouvait et que, ouais, ce n'était pas une pensée réconfortante. A défaut d'autre chose, ça ne faisait qu'empirer la situation.

Avant qu'il ne puisse tomber dans l'hyperventilation cependant, Cora descendit enfin les escaliers, complètement habillée cette fois-ci. Derek se tourna légèrement et tous les autres se rapprochèrent presque pour avoir une meilleure vue. La bouche de Stiles s'ouvrit. Cora entra dans la pièce avec un sourire timide, ayant l'air absolument stupéfiante dans sa… robe blanche. C'était une robe, courte et blanche. Et ses cheveux étaient relevés en une sorte de chignon. Elle était belle. Un peu comme une princesse Disney. Stiles était certain que s'il lui disait ça, elle le frapperait assurément dans les couilles. Il voulait les garder encore un peu, merci beaucoup.

"Wow," souffla-t-il à la place.

Elle lui sourit. "Tu as le droit de regarder, pas de toucher."

Stiles se contenta de rire et lui offrit son bras. "Prie pour que mon père ne te demande pas de m'épouser alors."

"Nous serions heureux que tu rejoigne notre famille," dit Frédérick avec un pétillement dans le regard.

"Ouais, eh bien, mon père paierait cher pour que vous m'adoptiez. Un grand fan de vous."

Frédérick regarda au loin pendant quelques instants à la mention du père de Stiles, puis il toussa d'embarras. "C'est un homme bien." C'était… une défaillance verbale. Il y avait eu une putain de défaillance dans sa voix qui était légèrement plus aiguë que d'habitude.

Oh mon Dieu.

Oh mon Dieu.

Le béguin de son père était mutuel.

Stiles n'avait pas besoin de savoir ça.

Pendant un moment, il se demanda si Talia le savait aussi. Elle était probablement au courant. Parce qu'elle semblait être une madame je-sais-tout. Avant qu'il ne puisse s'en empêcher, son cerveau se posa la question de savoir si elle était dérangée par le fait que son mari ait un béguin pour un autre homme. Elle ne l'était probablement pas, décida-t-il rapidement, puis rigola intérieurement. Compte tenu de la façon dont elle adorait aussi son père, cela se finirait probablement en plan à trois.

À la seconde où cette pensée traversa son esprit, il pâlit.

Mais qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Oh mon Dieu, il venait d'imaginer son père dans un plan à trois.

Où était Scott quand il avait besoin de lui ? Parce que Scott aurait arrêté le fil de ses pensées à la seconde où il aurait vu son visage et lui aurait dit d'arrêter de penser à ce à quoi il pouvait bien penser.

Oh mon Dieu, Freud aurait eu une journée bien remplie avec les pensées de Stiles. Mais encore une fois, nique Freud. Freud était un connard misogyne avec un énorme complexe d'Oedipe.

Il avait lu Dora, okay ? Il connaissait son affaire.

Les pensées qui dansaient dans son cerveau prirent probablement trois secondes dans la vraie vie, mais quand il émergea de cet endroit terrible appelé son cerveau, c'était parce que quelqu'un s'était éclairci la gorge, tout le monde le fixait étrangement et bon Dieu, son visage ? Un livre ouvert ?

Ouais, ce n'était pas une exagération.

Tout ce que Stiles voulait faire était de de se cacher le visage dans les mains et de grogner devant sa propre stupidité.

Les loups-garous pouvaient-ils lire dans les pensées ?

Mais avant qu'il ne puisse le découvrir ou que quelqu'un puisse ouvrir sa bouche, Stiles jeta un dernier sourire hésitant à Derek, et tira pratiquement Cora hors de la maison. Elle continua de lui lancer des regards suspicieux pendant tout le trajet jusqu'à chez lui, mais il était déterminé à l'ignorer.

Comme prévu, son père était extatique. Il prit plus de photos que Stiles ne poulait compter, posa des questions sur ses parents, leur souhaita de passer une bonne soirée et les jeta presque de la maison après ça.

Stiles ne savait s'il était heureux ou insulté. Cora le tira simplement par la main, en riant, et l'emmena vers la voiture.

Le bal fut plus amusant que ce à quoi il s'attendait. Quelqu'un avait pimenté leurs boissons peu après vingt-deux heures. Stiles, en tant que chauffeur désigné, devait évidemment rester sobre, partageant son fardeau avec Lydia et Allison. Même si Cora descendait verre après verre, elle n'était même pas pompette.

Stiles décida que cela avait quelque chose à faire avec son état unique.

Ce soir-là fut la première fois où il réalisa parfaitement à quel point Cora faisait vraiment partie intégrante de leur groupe. Ça le frappa quand il la vit danser avec Jackson. De toutes les personnes. Les filles dansant avec elle ne le surprenait pas. Elles s'étaient rapprochées pendant leur chasse à la robe parfaite et pendant de nombreuses autres sorties; Scott était un chiot qui voulait être gentil avec tout le monde, et Danny s'entendait bien avec tout le monde, mais Jackson. Jackson était la cerise sur le cocktail.

Et puis Stiles réalisa que cela faisait déjà deux mois depuis qu'il avait accepté… la requête de Cora. Pour le bien de leur amitié, il allait appeler ça une requête et pas du chantage.

La chose était que la soirée avait été super. Même après la fermeture des portes du gymnase pour la nuit, les adolescents s'étaient rassemblés sur le terrain de Lacrosse, partageant des blagues et baisers ivres, parlant de choses aléatoires. Quand Erica chatouilla Boyd pour le faire rire, cela se transforma en un véritable match de chatouilles. Erica déchirait tout. Stiles rigolait tellement fort que les larmes lui montèrent aux yeux devant la pile humaine.

Cependant, son esprit était encore suffisamment distrait pour réaliser qu'il aurait préféré passer la nuit à parler à Derek de Fusion et Fission. Et cela signifiait seulement que quelque chose n'allait pas.

1110

Stiles était peut-être ou peut-être pas devenu limite effrayant dans son obsession pour tout ce qui était lié à Derek Hale, après le bal. Il savait que ce n'était plus strictement lié au travail maintenant, parce qu'il avait arrêté de prendre des notes en cours de route à propos des trucs vraiment importants. Des trucs comme 'Comparé à la vie, les maths sont faciles'.

En fait, il avait suffisamment de données pour trouver quelqu'un de décent pour Derek mais il continuait de se dire que cela n'était pas suffisant. Il voulait en savoir plus, encore plus, toujours plus. Il voulait lui parler, il voulait que cet idiot stupide lui sourit encore une fois, il voulait écouter ses réponses beaucoup trop sérieuses aux questions visiblement stupides de Stiles.

Et Stiles devenait de plus en plus gourmand. Parce qu'à la fin de la journée, toutes les connaissances qu'il continuait d'accumuler, il n'était plus disposé à les partager avec qui que ce soit.

Comme par exemple, l'habitude bizarre de Derek de faire des blagues sournoises que Stiles comprenait qu'une heure plus tard, parce qu'il n'était absolument pas préparé au fait que Derek puisse faire des blagues, et elles étaient tellement putain de subtiles qu'il ne pigeait pas immédiatement. Cependant, Derek semblait aimer la réaction tardive qu'il avait vis-à-vis d'elles. Parce que quand la compréhension le frappait enfin et qu'il bredouillait sa réponse, Derek avait cette ride au coin des yeux.

Stiles n'aurait jamais pensé qu'il devrait lire les minuscules muscles faciaux pour comprendre une autre personne et ne pas être agacé par ça. Au lieu de ça, il trouvait ça partiellement stimulant, fascinant et adorable. Ce n'était pas quelque chose que les autres comprendraient quand ils ne connaissaient que superficiellement Derek. C'était comme leur langue des signes super secrète à eux, à peine perceptible par les autres. Ils pourraient devenir des agents secrets grâce à leur niveau en communication de sourcils et de rides.

Derek n'avait même pas besoin d'étudier parce que ouais, le langage facial de Stiles était aussi voyant et aussi énervant que sa voix, criant ses émotions et pensées à tout le monde. Il avait cet air que Scott appelait son air de 'pensées de connards' chaque fois que des pensées malfaisantes, méchantes ou vraiment mauvaises traversaient son cerveau. Les premières fois Scott avait commis l'erreur de demander à Stiles de lui dire ce à quoi il pensait. Il avait arrêté après la troisième ou quatrième fois, et à la place, se contentait de lui indiquer qu'il le faisait encore.

Stiles ne savait pas à quoi cela ressemblait, mais même Isaac avait appris à craindre cette expression, donc elle devait être assez visible.

En tout cas, le fait que Stiles connaissait si bien le visage de Derek ?

Eh bien, c'était un beau visage, d'accord ?

Ce n'était pas sa faute si Derek choisissait de le regarder avec ce genre de yeux parfaits et ces pommettes et cette mâchoire ciselée et cette constante barbe de trois jours, d'accord ? Derek devrait simplement porter un putain de sac en papier sur sa tête s'il ne voulait pas que Stiles le regarde et ait des pensées distrayantes comme ce à quoi il ressemblait à six ou neuf ou dix ou dix-sept ans ou ce à quoi il allait ressembler à quarante ou cinquante ou cent ans.

Stiles réalisa que qu'il voulait voir ce visage vieillir.

Aussi loin que les moments qui changeaient la vie, venaient, celui-ci s'était glissé en lui lentement et l'avait comme frapper sur la tête avec une putain de massue.

Pour un moment de la vie décisif, celui-ci avait été putain de fourbe.

Ils ne s'étaient jamais touchés encore.

Et quel genre de moment décisif, était celui-là de toute façon ? Vouloir voir le visage de quelqu'un vieillir ? Nique ça. Quand est-ce que Derek était devenu aussi scintillant dans le regard de Stiles que Edward putain de Cullen ? Où était le contact accidentel de leurs mains quand Stiles avait fait tomber son stylo et qu'ils s'étaient tout le deux penchés pour le récupérer et que leurs doigts s'étaient effleurés, et où était l'étincelle magique dont tout le monde parlait ? Où était ce stupide échange de regards rêveurs pendant un feu d'artifice ?

Il n'y avait aucun de ces grands moments romantiques montrés dans les films. Stiles l'aurait su s'il y en avait eu.

Il se sentait trompé.

Putain de tromper par son propre corps.

Parce que nique sa vie, il était amoureux de Derek putain de Hale.

0010

La première fois qu'il avait rencontré Lydia Martin, Stiles avait dix ans et était tombé éperdument amoureux de sa traduction en anglais du Petit Prince.

Cela lui prit près de six ans pour passer au-dessus de son béguin.

Maintenant, il avait dix-sept ans et il lui avait fallu deux mois pour se rendre compte qu'il commençait à développer des sentiments pour Derek 'Évidemment, Cora, je vais lui trouver son âme-sœur même si cela me brise le cœur' Hale, qui n'avait rien à voir avec son enquête.

Il n'y avait que Stiles pour tomber amoureux de la personne-slash-loup-garou le plus émotionnellement indisponible de tout Beacon Hills.

Vraiment, il aurait dû le remarquer à la seconde où il avait fait le pacte avec lui-même de faire sourire Derek Hale quoi qu'il arrive. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas remarqué qu'il aimait bien Derek, mais il avait toujours supposé que cela était comme avec un grand frère. Mais penser à embrasser Derek ? Ouais, pas des pensées que tu as à propos de ton grand frère. Surtout pas lorsque tu es en train de te masturber et que tu jouis dans tes mains de manière désordonnée à la seule pensée des lèvres de Derek sur les siennes.

Mon Dieu, il était tellement vierge.

Ce qui le conduisit à la crise existentielle numéro deux.

Il n'était pas seulement vierge, il était un garçon inexpérimenté vierge.

Avec une bite.

Il ressentait le besoin de souligner particulièrement ce point.

Et puis, il y avait le fait que Stiles n'était même pas au même level que Derek physiquement. Ouais, il faisait du sport avec Boyd mais son régime alimentaire comprenait beaucoup trop de snacks et de chocolats ainsi que de la malbouffe pour lui permettre de développer des abdos digne de ce nom. Et de toute façon, depuis qu'il avait commencé à passer du temps à la bibliothèque, il n'avait même regarder un tapis roulant. Pas même une fois. Sa vie était tellement triste qu'il tombait toujours pour l'inatteignable. Mentalement et physiquement dans la cas actuel.

Heureusement, il n'était pas trop tard pour écraser ces terribles sentiments. C'était très probablement une forme de syndrome de Stockholm. Parce qu'il avait été investi professionnellement dans Derek Hale, ses habitudes, ses bizarreries et son comportement depuis un long moment maintenant.

Quelques jours de distance et tout partirait, se dit-il et il évita la bibliothèque comme la peste pendant une semaine. Il se détestait un peu qu'il y retournait de temps en temps et il ne se souvenait que quelque mètres avant d'atteindre les portes la raison pour laquelle il l'évitait.

Quand il revint enfin, il prit une profonde inspiration avant d'ouvrir les portes, juste un aperçu, s'était-il dit. Dès qu'il verrait Derek, il se rendrait compte que ce n'était vraiment que les hormones, ou quelque chose du genre. Rien de grave, du moins.

Il garda les yeux rivés sur le sol jusqu'à ce qu'ils atteignent le comptoir de réception, les relevant et les laissant vagabonder jusqu'au comptoir à café. Quand ses yeux rencontrèrent ceux de Derek, il grogna intérieurement.

Il était putain de foutu.

Sérieusement, Stiles devrait y aller et trouver l'âme sœur de Derek.

Mais il ne le voulait vraiment, vraiment pas.

Cela, en toute honnêteté, aurait dû être un autre indice.

0000

Stiles avait peut-être ou peut-être pas essayer de toucher furtivement Derek.

En vérité, cela le gênait beaucoup qu'ils n'aient même pas partagé le moindre soupçon de contact physique. Et les opportunités avaient été limitées. Leurs doigts se frôlant quand ils échangeaient ses notes de chimie, leurs épaules se heurtant quand ils se trouvaient côte à côte au comptoir à café, dos à dos quand Derek se penchait vers les étagères supérieures pendant que Stiles était accroupi ou à demi-accroupi.

Tous ces moments miraculeux qui s'étaient vraiment passés ?

Ouais, ils n'avaient jamais inclus de contacts.

Pas d'effleurement de doigts, pas de dos qui se touchent, pas d'épaules qui se heurtent, pas d'action tactile du tout.

Et cela commençait à l'ennuyer.

Comme si Derek prenait soin d'éviter tout contact. C'était probablement un truc de Derek, décida-t-il, alors qu'il regardait l'autre homme jouer avec ce qu'il s'appelait une source d'ions. Apparemment, des amis — première fois que Stiles entendait parler d'amis, mais il soupçonnait Derek d'utiliser le terme librement pour éviter de dire 'les gens avec qui j'ai étudié avant d'abandonner pendant un an pour une raison quelconque' — de l'université étaient en train de travailler actuellement sur la construction d'un GC-MS à partir de débris métalliques ou je ne sais quoi. Il avait vu une photo sur le téléphone de Derek et ça ressemblait à un fouilli de câbles, d'attaches et de micro-ondes assemblés ensemble à l'aveugle sur un support.

Quoi qu'il en soit, Derek leur avait qu'il avait une source d'ions qui traînait —personne avait quelque chose comme ça qui traînait ? —et pendant que Stiles était en train de résoudre un quiz de Derek de troisième semestre sur l'ingénierie thermodynamique, Derek s'employait à vérifier que la source d'ions n'était pas endommagée. Il portait des gants en latex et toute cette merde, et avait posé sur la table des clés fines et minuscules qui semblaient pouvoir casser à la moindre résistance.

Stiles était peut-être un peu étonné de voir les grandes mains de Derek manipuler avec précaution les petites pièces métalliques qu'il continuait d'extraire de quelque part. Et sérieusement, quelle était cette étrangement longue pièce en forme de papillon maintenant ?

"Quadrupôle," dit Derek. Stiles referma brusquement la bouche, qui était restée grande ouverte d'une façon absolument peu attrayante. "Ça s'appelle un quadrupôle," répéta Derek, puis il désigna les quatre bords arrondis. "Quatre pôles. Comme son nom l'indique."

"Euh," dit-il en hochant la tête.

"Tu réalise que tu as posé la question ?" Offrit lentement Derek, hésitant probablement sur la question.

"Je l'ai fait ?"

Derek roula des yeux, et puis désigna le test alors qu'il continuait à fractionner de plus grosses parts en plus petits morceaux, fronçant les sourcils de temps en temps.

"Est-ce que je dois savoir ce qu'est le cycle de Carnot ?" Demanda Stiles, lisant la question pour la troisième fois, se rappelant vaguement quelque chose au sujet du rendement maximal.

"As-tu besoin de savoir tout ça ?" Demanda Derek, retirant une autre vis sans lever les yeux.

"Et écoute cette merde," continua Stiles, comme si Derek n'avait jamais parlé, "Un navire ayant une capacité de 0,05m³, contient un mélange de satur—"

"Je connais ce papier," l'interrompit Derek. "Si tu ne veux pas le faire, tu n'es pas obligé," finit-il par offrir, levant les yeux cette fois-ci, les sourcils froncés. "Ou si c'est trop compliqué, juste—"

"Oh non, je ne suis peut-être qu'au lycée mais je suis intelligent, d'accord ? Je ne comprends pas tout ce que tu dis, mais j'essaie !"

Quelque chose sur le visage de Derek s'adoucit. C'était minuscule et Stiles le remarqua seulement parce qu'il observait le visage de Derek depuis des années. Littéralement des années. Stiles envisageait, en fait, d'étudier la psychologie simplement pour rédiger une thèse sur les expressions faciales de Derek. Il était certain d'obtenir un A simplement en mettant une photo de Derek sur la couverture.

"Ton engagement envers quelque chose que tu déteste est admirable," déclara Derek, prenant un corps rond et tirant un câble carré. "Ça frise la stupidité."

"Hein ?"

"Science ?"

"Quoi à propos de la science ?"

Derek fronça les sourcils. "Tu déteste ça ?"

"Non, je ne déteste pas," déclara Stiles, incrédule. "Je veux dire, oui, je la critique comme tout le temps mais je ne déteste pas complètement ça. Je veux dire, c'est génial en fait. Je déteste simplement Harris. Si ce n'était pas pour lui, je ne sais pas, peut-être que je serais déjà en train de construire des fusées énormes."

"J'ai toujours pensé que tu n'aimais pas ça" Les yeux de Derek survolaient les pièces posées en face de lui.

Stiles souffla. "Eh bien, je ne le fais pas. Et tu aide. À surmonter cette—aversion. A cause de Harris. Tu es un bon professeur, tu sais ça ? Je veux dire, même si tu as tendance à t'écarter du sujet. Pas que cela me dérange," rassura-t-il rapidement. Derek avait arrêté de fouiller sa source d'ions, regardant simplement Stiles avec une sorte d'expression vide.

"J'ai essayé de comparer mes notes à celle de Cora," dit-il après un moment. "Je ne sais pas jusqu'où tu veux aller."

"Ça ne me dérange pas d'aller au fond des choses," répondit-il avec un haussement d'épaules. "Je veux dire, la connaissance, le pouvoir et tout le reste."

"Bon à savoir," répondit Derek, avant de commencer à dévisser une autre vis.

Stiles continua simplement à regarder ses mains.

Après un autre moment, Derek leva à nouveau les yeux.

"Viens ici," ordonna-t-il avec un soupir exaspéré Surpris, Stiles sauta de sa chaise et contourna la table, planant au-dessus de l'épaule de Derek, quand il se leva soudainement et le poussa sur la chaise. Avec ses mains. Sur ses épaules.

Le touchant !

Stiles bougea, puis leva les yeux vers Derek avant de regarder à nouveau en direction de la table, alors que le brun retirait les gants sans les mettre à l'envers, tirant sur le bout des doigts, avant de les tendre à Stiles. "Porte-les. Ne mets pas de transpiration ou de fromage sur les pièces."

"Quoi ?"

"Tu donnais l'impression que tu voulais le faire," dit Derek, lui tendant toujours les gants. "Allez, ce n'est pas sorcier."

"Ça ne l'est pas ? Tu es sûr ?" Demanda Stiles en prenant les gants et les enfilant, toujours un peu gêné avec ce sentiment étrange. "Peut-être de la nanotechnologie ?"

Derek souffla. "Je vais te guider."

"Je ne vais pas accoucher," Stiles détourna le sujet mais, prit ensuite un des tournevis avec empressement. Derek se pencha vers lui et Stiles se pendant un peu en arrière sans aucune vergogne, parce que contact. Derek ne sembla pas le remarquer. Ou ça ne le dérangeait pas. Du moins, il ne dit rien. Il enleva juste l'outil de la main de Stiles et le remplaça par un autre tournevis, peut-être plus épais ou plus mince, compte tenu de leurs tailles minimales, Stiles ne pouvait pas vraiment dire.

"Est-ce que nous le démontons davantage ?" Demanda-t-il, et quelque chose à la pensée d'une destruction calculée faisait briller ses yeux. "Ou est-ce que nous le rassemblons ?"

"Ce dernier," répondit Derek.

Stiles fit la moue. Et puis, il oublia pourquoi, parce que maintenant, la main de était sur la sienne. Certes, ses propres mains étaient couvertes en latex violet mais il pouvait toujours sentir la chaleur qui émanait d'elles et cela fit accélérer son coeur.

"Je ne peux pas toucher les pièces," expliqua Derek, comme s'il s'excusait, ce qui n'était absolument pas nécessaire pour Stiles. Oh non, Derek était tellement pas excusé par quelque chose qui était aussi étrangement incroyable. Toujours pas d'étincelles, mais Stiles avait un peu l'impression qu'elles étaient surestimés de toute façon. Pas comme s'il aurait été capable de les gérer aussi.

"Pas d'inquiétude," répondit Stiles avec un sourire de travers, "je serais ton outil pour aussi longtemps que tu auras besoin de moi."

Derek s'arrêta un moment. Puis se tourna pour regarder Stiles. "Merci," répondit-il faiblement.

"Très bien, que veux-tu que je fasse ?"

"Rassemble la source d'ions," commença Derek, puis désigna plusieurs pièces rondes que Stiles devait placer dans un autre corpus rond et oui, Derek utilisait les termes appropriés mais Stiles n'était pas capable de se souvenir de tout ça.

Les seules choses dont il voulait et pouvait encore se souvenir quand il fut couché dans son lit cette nuit-là, fixant son plafond, se souriant stupidement à lui-même, étaient les petits contacts. Comme si Stiles se penchant en arrière vers Derek avait cassé un barrage. Peut-être que Derek s'était abstenu de le toucher, attendant un signe de la part de Stiles pour lui montrer qu'il pouvait, et Stiles avait accordé la permission sans un mot en établissant le premier contact.

Stiles devrait arrêter de penser à Derek comme à un extraterrestre.

Sur une note moins romantique, Derek s'était probablement seulement appuyé aussi étroitement parce qu'il craignait que Stiles casse quelque chose.

Il l'avait fait, en effet.

Derek l'avait rassuré en lui disant que ce n'était pas de sa faute si cette minuscule bague en porcelaine — un isolant — s'était cassé. Cependant, cette fois-ci, Stiles avait tiré une des vis par-dessus son épaule quand Derek avait involontairement souffler dans son cou ? Ouais, ok, c'était sa faute et le brun lui avait grogné dessus, et Stiles n'arrivait même pas à s'en soucier parce qu'une seconde plus tard, ils étaient tous les deux à quatre pattes à la recherche de la partie perdue et Stiles eut une belle vue sur le cul de Derek plus d'une fois.

Stiles était tenté de jeter une autre vis sur le sol, simplement pour voir plus de Derek à quatre pattes par terre mais la façon dont l'autre homme l'avait regardé la première fois, pas vraiment énervé ou meurtrier, mais un juste milieu entre déçu et ouais, meurtrier, le retint.

Maintenant dans son lit, Stiles avait ses mains fermement posé sur son estomac, les membres tendus et les doigts blancs là où ils tenaient étroitement sa couverture, parce que non, il ne le ferait pas. Non. Il ne le ferait pas.

Un battement plus tard, ses mains relâchèrent le tissu.

Oh nique ça, il le ferait.

Le lendemain, il évita de regarder Derek dans les yeux pendant trois minutes. Parce peu importe à quel point il se sentait mal, Stiles ne pouvait pas s'empêcher de les regarder désormais.

Stiles était foutu.

0111

L'ex de Derek se pointa à la bibliothèque un vendredi soir.

Derek était sur le point de fermer et Stiles était déjà en train d'essuyer les tables quand la cloche au-dessus de la porte sonna et une femme aux cheveux noires entra d'un pas désinvolte. Stiles sut qui elle était à la façon dont Derek se tint soudainement droit, le corps tendu comme un ressort, son visage portant cette expression douloureusement vide pendant une fraction de seconde avant de se transformer en un froncement de sourcils.

Elle n'était en rien comme l'avait imaginé Stiles. Belle, oui. Mais il s'attendait à ce qu'elle soit élégante ou plus féminine. Cependant, elle était plutôt garçon manqué. Les cheveux tirés en une queue de cheval désordonnée, aucune trace de maquillage, des vêtements amples. Peut-être qu'elle ne s'était pas dérangée à se pomponner pour aller voir son ex. Peut-être qu'elle revenait d'un jogging. Elle était confiante dans sa démarche mais négligente dans ses manières alors qu'elle passait à côté de Stiles avec un bref signe de tête.

"Derek," salua-t-elle et Derek tressaillit légèrement à son nom. Stiles pensa à la renverser avec sa Jeep juste pour cette réaction. Si Scott avait été là, il aurait pointé un doigt accusateur vers lui et lui aurait dit : 'ne le fais pas. Quoi que ce soit à quoi tu penses, ne le fais pas!'.

"Paige," répondit Derek, ses sourcils faisant un mouvement compliqué que Stiles n'avait jamais vu, communiquant quelque chose qu'il ne comprenait pas. Et voilà comment son Master en Lecture des Expressions de Derek Hale vola par la fenêtre.

"Est-ce que tu, euh, veux que je parte ?" Demanda Stiles, jetant un coup d'œil en direction de la femme.

"Non," répondit Derek, poussant Stiles en direction de leur table habituelle. Stiles trébucha sur ses pieds à la bousculade, et Derek le rattrapa pour stabiliser sa chute, avant de se retourner pour s'adresser à la femme. "Je suis occupé. Ne reviens plus jamais ici." Son visage était figé, dur et inflexible, et même Stiles ne l'avait jamais vu comme ça.

"Je veux te parler."

"Cette décision ne t'appartient pas," répondit Derek, "Maintenant, va-t-en. Je dois fermer à vingt heures."

Elle souffla, lança un regard à Stiles qui était toujours dans une sorte de semi-étreinte, tourna les talons et partit.

La séance de travail fut étrange pendant dix minutes. Et puis, cela s'aggrava quand Stiles essaya de demander qui elle était—comme s'il ne le savait pas—ce qui fut le moment où Derek se referma complètement.

"Tout le monde n'est pas comme elle," commença présomptueusement Stiles.

Derek renifla.

"Pas vraiment. Je veux dire, je ne sais pas ce qui s'est passé mais—"

"Alors ne présume pas."

"Eh bien, elle est la raison pour laquelle tu crois que je perds mon temps, pas vrai ? A te trouver quelqu'un?"

Derek cligna des yeux. "Tu fais toujours ça ?"

"En quelque sorte ?"

Derek gémit dans sa main. "Je t'ai dit d'arrêter."

"Mais… c'est tout ce que je peux faire pour te rembourser…" argumenta-t-il. "Je veux dire, pour me donner des cours ? Tu ne gagne rien à m'aider. Parce que Cora et le groupe, nous sommes comme ça," il croisa son majeur et son index, les poussant vers le visage de Derek. "Comme ça doublement. Attachés par la hanche, partageant des bracelets d'amitié, se tressant les cheveux les uns des autres et tout le tralala. Et laisse-moi te dire un secret, Jackson a l'air incroyable avec des tresses."

Derek renifla, mais ses épaules se relaxèrent alors Stiles appela ça une victoire.

"Et tu sais, il y a des gens qui voudraient sortir avec toi. Qui pourrait t'aimer. Si tu les laissais t'approcher." Comme moi, moi, moi. "Je veux dire, pourquoi personne ne le ferait ?"

Derek le regarda, puis leva la main et commença à réciter une liste qu'il avait dû compiler pendant les cours de physiques ennuyeux parce que quoi ? "Grincheux, ennuyeux, ne parle pas à moins que ce soit à propos de science—"

"Très bien, arrête-toi là," l'interrompit Stiles, horrifié. "Est-ce que tu es à la recherche de compliments ? Parce que je te l'ai dit il y a longtemps, tu es génial." Derek fronça les sourcils. "Oh mon Dieu, recommençons : qu'est-ce qui te fait croire que tu es ennuyeux parce que, Jésus, tu es une aventure ou une chasse au trésor. Dans le bon sens. Je veux dire, il y a toujours quelque chose à découvrir ? Et tu es passionné par les sciences, prudent dans tes affections—" si foutrement prudent "—et—"

"Tu es doué à ça," l'interrompit Derek. "C'est comme ça que tu les mets ensemble."

Derek avait l'air dégoûté.

"Quoi ?"

"En mentant et déformant la vérité ?"

"Je ne mens pas. Putain, Derek, es-tu réel ? Tu peux dire si je mens, pas vrai ?" Parce que Cora le pouvait. Apparemment, tous les loups-garous le pouvaient. Et oh, putain de putain de merde. Derek ne savait pas que Stiles savait pour les loups-garous ! Oh merde, oh—

"Je ne peux pas," dit Derek en plissant les yeux. "Qu'est-ce qui te fais penser que je peux ?"

"Parce que, euh, Cora ? Elle a comme un sixième sens pour ça ? Je pensais que c'était peut-être héréditaire ?"

Derek le regarda de haut en bas avec suspicion, son expression encore plus sombre qu'elle ne l'était auparavant. "Ça ne l'est pas," répondit-il finalement avec un petit grognement à la fin. "Et je ne peux pas."

Stiles savait que Derek essayait de détourner la conversation, mais quelque chose dans ses mots sonnait juste.

Parce que c'était peut-être la vérité. Parce que Derek ne pouvait plus se transformer—'changer, Stiles, on dit changer, nous sommes des métamorphes, pas des putains de transformers'—en un vrai loup, parce que quand Stiles avait demandé à Cora si Derek était un loup-garou, elle s'était arrêté un moment. Parce que Cora n'avait pas eu peur que Derek soit capable de les entendre parler dans la bibliothèque. Ce qui expliquait le 'techniquement' et le 'compliqué'. Ce qui expliquait le 'Paige s'est produite'.

"Putain de merde," murmura-t-il à lui-même, mais la tête de Derek se releva néanmoins de surprise.

Paige avait rompu les putain de liens de Derek avec son loup.

Ou quelque chose du genre.

D'une certaine manière.

"Je vais vraiment lui rouler dessus avec ma Jeep," conclut Stiles à voix haute.

"Cora ?" Demanda Derek, horrifié pendant une brève seconde.

"Quoi ? Non. Je voulais dire Paige ! Putain, je vais—"

"Stiles, c'est quoi ce bordel ?"

"Tu sais quoi ? Je ne vais pas faire ça avec toi. Peu importe les conneries d'auto-dépréciation qui se passent dans ta tête ? Règle-les putain. Tu n'es pas ennuyeux, tu n'es pas grincheux. Tu es un connard désobligeant, suffisant et intelligent qui peut me donner un récapitulatif de chaque élément du tableau périodique, y compris le Copernicium—dont je ne connaissais même pas l'existence et j'ai vérifié, d'accord ? Mon manuel de chimie me dit toujours que cela s'appelle le Ununbium, pour information donc je ne suis pas le seul à blâmer ici—mais qui ne sait rien à propos de la cuisine parce que je rigole encore du fait que tu ais réussi à mettre le feu à des spaghettis. Des spaghettis crues. Deux fois. Et je ne dis pas ça parce que je suis bon dans ce que je fais. Je te l'ai dit je ne suis pas vraiment un entremetteur. J'ai mis des gens ensemble, qui étaient déjà attirés l'un par l'autre. Ce qui explique le taux de réussite de 100%, d'accord ? Si peu importe ce que ton ex t'a reproché est la raison pour laquelle tu ne te mets pas sur le marché, ouais, eh bien, c'est ta perte. Parce qu'il y a des personnes géniales là-dehors. Et tu vas rater chacune d'entre elles."

Derek le fixait.

"Parce que tu es un enfoiré à la tête dure," ajouta Stiles, se jetant en arrière sur son fauteuil, soufflant de contrariété.

Les yeux de Derek se baladait sur son visage, comme s'ils cherchaient quelque chose. Peut-être la trace d'un mensonge. Peut-être enfin la vérité derrière ses mots. "D'accord," déclara-t-il après un moment. "Mets-moi sur le marché. Prouve-moi que j'ai tort. Trouve-moi une personne qui vaut la peine que je me remette à la recherche de l'amour. Donne-moi un nom et j'essayerais."

Le cœur de Stiles palpita.

Et puis ça s'arrêta, tombant dans son estomac.

Parce que, putain.

Mesdames et Messieurs, je vous présente Stiles Stilinski, le seul homme sur terre assez stupide pour convaincre son très réel et pas du tout virtuel crush de lui arranger un coup avec quelqu'un d'autre.

0100

"La première fille avec qui Derek est sorti, c'était assez profond," lança Cora avec un manque d'introduction qui laissa Stiles dans une sorte de limbe confuse pendant quelques secondes. Elle s'assit à côté de lui, croisant les jambes sous son corps et prenant une grande respiration comme si elle allait lui raconter un conte de fées. Stiles soupçonnait que cela n'allait pas finir avec un 'Et ils vécurent heureux pour toujours'.

"Euh, pourquoi me dis-tu—"

"Derek était un peu démodé à l'époque," continua-t-elle, imperturbable, "il voulait faire les choses bien. Il savait en quelque sorte qu'elle était son unique pour la vie."

"Derek sut ça à quoi ? Seize ans ? Dix-sept ans ?" L'interrompit Stiles, fermant son cahier avec un soupir. Il était évident que Cora ne s'arrêterait pas quoi qu'elle avait à lui dire. Ce n'était pas comme s'il faisait quoi que ce soit d'important. Il fixait simplement ses notes sur Derek, se lamentant sur sa vie et jurant intérieurement qu'il n'y avait personne là dehors qui, à son avis, méritait Derek. Pas qu'il cherchait fortement. Et par cela, il voulait dire pas du tout.

Cora se pinça les lèvres. "Rappelle-toi ? J'avais dix ans."

"Bien," dit Stiles et il haussa les épaules. Parce qu'il ne savait pas vraiment comment on pouvait savoir ce genre de choses à un si jeune âge. Stiles avait dix-sept ans et avait peur de s'engager envers qui que ce soit. N'importe qui sauf Derek, mais c'était probablement ses hormones qui parlaient.

"Elle était intelligente. Elle jouait d'un instrument. Du violoncelle ou quelque chose comme ça. Elle était très extravertie. Elle était gentille. Nous l'aimions bien. Beaucoup. Derek a demandé la permission à ma mère de lui dire. Parce qu'il voulait… euh… se lier à elle. Je suppose."

"Se lier," répéta-t-il et il se rappela que Cora avait utilisé le terme 'âme sœur' pour décrire sa petite-amie.

"C'est un truc de loup-garou," expliqua-t-elle.

Peut-être que c'était comme un serrage de main ? Ou une sorte de morsure ? Marquage ? Revendication ? Et puis, il se rappela que les loups s'unissaient pour la vie donc peut-être que les loups-garous le faisaient aussi, et c'était d'où les liens provenaient, scellant l'accord. Mais Cora était un peu mal à l'aise donc peut-être que c'était quelque chose de pervers en rapport avec le sexe entre loup-garou ? Et puis, il se souvint que Cora lui avait dit qu'il n'y avait rien de sexuel entre elle et sa compagne.

Stiles était confus.

"Il y a des choses," dit Cora avec un soupir frustré, "que tu ne fais pas avec des humains, qui ne sont pas dans le secret." La jeune fille était clairement inconfortable. C'était une première. "Surtout quand tu es… jeune. Les choses peuvent s'échapper. Et il l'aimait beaucoup, donc il ne voulait pas tout bousiller en la faisant flipper ou quelque chose du genre. Je pense."

"Euh…" dit Stiles, comprenant l'essentiel.

"Alors, eh bien, ils sont sortis ensemble pendant deux ans—"

Deux ans ?!

"—et maman a fini par accepter. Quand Derek lui a dit, elle était calme au début. Elle lui a dit qu'elle avait besoin de temps. Pour traiter l'information. Pour s'y habituer. Nous avons compris." Elle fronça les sourcils un moment et Stiles choisit d'ignorer l'utilisation des pronoms pluriels. "Quelques jours plus tard, elle est apparue à notre porte, nerveuse. Elle a dit qu'elle allait bien. Mais chaque fois que Derek essayait de la toucher, elle tressaillait. Je pense qu'elle a vraiment essayé, mais après quelques jours à garder ses distances, même moi, j'ai réalisé qu'elle ne reviendrait jamais. À la fin, ils sont allés dans des universités différentes. Fin de l'histoire. Je ne sais même pas s'ils ont eu une rupture officielle ou si elle a tout simplement disparu. Ils étaient censés aller dans la même université. Elle a dû changer d'avis."

Stiles pensait que son cœur se brisa peut-être un peu pour le compte de Derek.

Cora haussa les épaules, ses yeux errant sur le terrain de lacrosse vide. "Ça arrive tout le temps, mais c'était un peu, tu sais ?"

"Ouais," affirma Stiles, dessinant des gribouillis dans le sable avec son stylo fermé.

"Cette fille était Paige." Son visage devint aigri avant qu'elle ne continue. "Il a perdu la connexion à… son loup à cause d'elle."

"J'avais compris."

Elle le regarda du coin de l'oeil, puis retourna regarder le terrain. Ils restèrent silencieux pendant un moment, Stiles traitant ce que Cora venait de lui dire. Sur le plan intellectuel, il savait que ce n'était probablement pas facile d'apprendre l'existence des loups-garous. Puis, que le garçon avec qui tu sortais depuis deux ans en était un. Et toute sa famille, aussi. Qu'il ne savait pas ce qu'elle avait vécu. Que les gens, en général, ne s'adaptaient pas facilement à la connaissance des choses qu'ils ne pouvaient pas expliquer à la base. Cependant, une autre partie de lui était juste énervé pour Derek avec toutes ces hormones protectrices de merde qui jouaient sur son subconscient.

"La deuxième femme avec qui il est sorti était au courant pour nous," continua Cora après une pause.

"Un loup-garou?" Demanda Stiles.

"Non, une chasseuse."

Stiles fronça les sourcils.

"Il y a des loups-garous qui ne sont pas comme nous. Qui sont dangereux. Les chasseurs s'occupent d'eux."

"Comme une police surnaturelle," conclut Stiles.

Elle hocha la tête.

"Ça ressemble à une affaire à la Roméo et Juliette." Stiles pouvait sentir la tragédie dans l'air.

"Pas vraiment. C'est toujours plus facile avec des gens qui savent et ce n'est pas exactement interdit ou quoi que ce soit. Peut-être un peu mal vu."

Même différence vraiment, pensa Stiles.

"Il n'y a pas beaucoup de gens qui savent pour nous. Ce sont généralement les membres humains de la meute, les chasseurs ou les personnes que nous appelons des émissaires."

"Tu me l'as dit cependant."

Son visage était sombre quand elle se tourna vers lui alors qu'il faisait la remarque.

"Oui, eh bien, non. Tu m'as demandé. Et si tu ne m'avais pas harcelé à travers toute l'école, me tapant sur les nerfs avec des questions tout le temps et criant à plein poumon 'Cora, tu es un loup-garou?'. Je n'aurais pas eu à te le dire."

"Ça n'est jamais arrivé," dit Stiles en clignant des yeux.

"Si ma famille demande, c'est exactement comment ça s'est passé."

"Mais—"

"Exactement."

Stiles marmonna quelque chose pour lui-même, puis lui fit un signe de la main. "D'accord. Alors. Lucas Lee?"

"Quoi ?"

"La seconde ex démoniaque," expliqua-t-il avec un soupir exaspéré. "Vraiment ?"

Cora haussa simplement les épaules. "Pas grand-chose à dire. Derek est une personne très orientée famille, elle ne nous aimait pas tant que ça. Quand il a rompu avec elle, elle a mis le feu à notre maison. Bien que je pense que cela était son plan depuis le début."

Il y avait eu le cas d'un incendie criminel alors. Génial. Derek avait presque fait tuer toute sa famille parce qu'il était sorti avec une psychopathe. Stiles pouvait seulement imaginer la quantité de dégoût de soi, de culpabilité et de colère dans laquelle Derek baignait tous les jours.

"D'accord, oui, pas grand-chose à raconter. Simplement comme n'importe quelle rupture," grimaça Stiles en roulant des yeux. "Juste la rupture habituelle avec une psychopathe pyromane. C'est un classique."

"La troisième," continua Cora, l'ignorant complètement, "était une sorcière malfaisante. Ou quelque chose du genre."

"Ou quelque chose du genre ?"

"Ouais. Elle n'était pas tout à fait humaine, mais elle n'était pas un métamorphe. Je ne devrais pas te parler d'elle, parce que je ne pense pas que Derek ait eu son mot à dire dans cette relation." Stiles avait déjà des pensées amusantes sur une dominatrice méchante, quand Cora continua. "Nous n'avons compris ce qui se passait que quand il a dit à ma mère qu'il voulait se lier à elle. Après une semaine."

Stiles ne savait si c'était rapide mais considérant que Derek avait attendu deux ans pour la première fois, il supposa que c'était le cas.

"Elle était gentille, mais envahissante. Il s'avérait qu'elle voulait intégrer une meute parce qu'elle avait besoin de protection contre son ancienne meute. Meilleur moyen pour faire ça est généralement le mariage. Trouvez le premier loup-garou crédule et l'enroulez autour de son petit doigt avec l'aide d'un peu de magie."

"Magie," répéta Stiles.

La magie existait.

Pourquoi n'était-il même pas surpris ?

"Donc quoi, le lien est comme un mariage ?"

"Non, pas vraiment, mais ça va généralement de pair."

"Donc le lien est comme un mariage de loup-garou?"

Elle dit une pause.

"Je pense que tu as vraiment besoin de m'expliquer comment fonctionne le lien parce que tu ne veux pas savoir ce que j'imagine en ce moment."

Cora gloussa. "Ce n'est pas vraiment quelque chose que tu as besoin de savoir. A moins, bien sûr, que tu penses à te lier avec un loup-garou."

"Et si je le fais ?" Et, oh mon Dieu, il n'allait pas sur ce chemin. Pourquoi se faisait-il ça à lui-même ? Stiles blâmait une étincelle dormante de masochisme en lui parce que c'était le seule chose qui pouvait expliquer Lydia et Derek.

"Alors, tu devrais demander au loup-garou avec lequel tu pense te lier. Parce que cela dépend de la personne et de la relation."

"C'est la conversation la plus étrange que j'ai jamais eu. Et je suis moi."

Cora le frappa dans l'épaule avec une fausse sympathie.

"Eh bien, alors, continuons avec Roxie," dit-il, faisant tournoyer le stylo entre ses doigts. Et ne serait-ce pas amusant si le numéro quatre était un homme ? Il devait y avoir une sorte d'humour dans cette série de ratés tragiques. Bien qu'il ne voulait pas vraiment en savoir plus. Alors que la première relation avait été au moins mutuelle et pas folle, la conclusion avait été un peu déchirante. Les deux autres étaient simplement répugnantes. 'Un peu de difficulté dans les relations', son cul. C'était l'euphémisme du siècle.

Parce que cette merde n'était pas un peu de difficulté.

C'était traumatisant.

Stiles espérait que Derek voyait un psy pour affronter tout ça.

Génial, maintenant il se sentait comme une connard pour avoir crié sur Derek, laissant entendre qu'il était un trouillard à se dégonfler devant la romance. Et puis, il paniqua intérieurement au fait que Derek lui faisait confiance pour lui trouver quelqu'un qui valait la peine de se battre pour.

"Ouais, la quatrième." L'expression de Cora s'assombrit visiblement. "Elle préférait le frisson de la chasse à la proie en elle-même. À la seconde où il a cédé, elle a perdu tout intérêt. Tu ne peux même pas appeler ça une relation, mais elle avait tout mis en place pour le séduire au début. L'a jeté avant même d'avoir réclamé son prix. Cependant, je pense que Laura à quelque chose à voir avec ça. La seule fois où elle est intervenue."

"Comme quoi ?"

"Lui a dit ce que je t'ai dit. Elle a dit qu'elle n'arrêterait pas Derek mais que si elle n'était pas sérieuse, elle devrait tout arrêter. En réponse, elle a dit à Derek qu'elle n'était plus intéressée parce qu'il était, je ne sais plus, déprimant ou quelque chose dans le genre.

"Grincheux," Stiles se rappelait des mots de Derek. "Ennuyeux, qui ne parlait pas à moins que ce soit à propos de science."

Cora plissa les yeux.

De la colère froide commença à pourrir son estomac. "Je pensais que c'était ses mots. J'aurais dû le laisser finir. J'aurais réfuter chacun. De. Ces. Putain. De. Mots !"

"C'était probablement sa façon de se débarrasser de lui aussi rapidement et finalement que possible," supposa la fille. "Ça s'appelle un meurtre par compassion ?"

"Je me sens malade." Stiles ne mentait pas. Il était fatigué de toute cette merde. "S'il te plaît, dis-moi que c'est tout."

"C'est tout," dit Cora.

"Oh merci, mon Dieu," gémit Stiles. "Je veux dire, merci, mon Dieu pour Derek parce que je pense qu'il mérite une pause des humains et des non-humains, parce que c'est vraiment de la grosse merde. Alors, en tout cas—" il s'arrêta, quand les mots sortirent enfin. "Mais… il a seulement eu des petites-amies."

Cora haussa un sourcil. "Ouais ?"

"Tu as dit qu'il était bi ?"

"Non, j'ai dit qu'il sortirait probablement avec un mec, si c'était le bon."

"Cora," grogna Stiles dans sa main, "tu ne peux pas simplement rendre ton frère gay. Ou… je ne sais pas, bisexuel, alors qu'il ne l'est pas."

"Je pensais qu'il laisserait plus facilement un mec se rapprocher après toutes ses mésaventures avec les femmes."

"Cora, le dernier gars qui s'est approché de Derek s'est presque retrouvé avec le bras cassé !" Déclara Stiles se souvenait de la scène dans la bibliothèque où un gars avait pincé le cul de Derek quand il remplissait la tasse de Béatrice.

Elle lui jeta un coup d'œil. "Il s'en fiche." Stiles ne savait pas trop pourquoi elle insistait mais il n'avait vraiment pas besoin de fausses—quoi ? Informations ? Attentes ? Espoirs ? Qu'est-ce qu'il foutait, à avoir accepter de trouver la bonne personne pour Derek. Il n'était même plus adapté pour le job à présent parce qu'il ne voulait vraiment, vraiment pas trouver quelqu'un à Derek.

Sérieusement, il ne voulait vraiment, vraiment pas.


Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Et que pensez-vous qu'il va se passer dans la suite ?