Titre : A Neutrino Walks Through a Bar

Auteur : Moku

Disclaimer : Je ne fais que la traduction, l'histoire ne m'appartient pas.

Note de la traductrice : Avant-dernière partie de cette histoire, je suis désolée pour le contre-temps. Je vais, du coup, tout décaler et donc le dernier chapitre sera posté mercredi prochain.

Merci encore pour tous vos commentaires, je suis contente de voir que cette histoire vous plait autant ! Bonne lecture !


Stiles avait eu A- en chimie.

Sa première réaction n'avait pas été de le montrer à son père. Ou à ses amis. C'était de le montrer à Derek.

Par conséquent, dès que la cloche sonna, Stiles se leva d'un bond, renonça à son entraînement de lacrosse, parce que nique lacrosse et Finstock, il avait eu un putain de A- dans le cours de Harris. Il accéléra la Jeep comme si les limitations de vitesse n'était qu'un concept abstrait, se gara au hasard devant la bibliothèque et poussa les portes grandes ouvertes.

Derek fronça les sourcils, la surprise inscrite sur son visage, mais le dissimula rapidement derrière son habituel air renfrogné quand il jeta un coup d'œil à l'horloge. "Ne devrais-tu pas être à l'école ?"

Stiles ignora la question alors qu'il envisageait une danse de la victoire, jetant son poing en l'air, des mouvements de sourcils codée ou quelque chose. Au lieu de ça, il se dirigea vers Derek avec détermination, le torse bombé, posa sa copie sur le comptoir et étudia attentivement son visage alors que les yeux de Derek parcouraient la feuille de papier. Juste comme Stiles, Derek dut plisser les yeux pour comprendre la minuscule lettre en haut de la feuille de façon très légère. En fait, le moment où Harris avait posé le test sur sa table sans même le regarder, Stiles avait supposé qu'il avait oublié de le noter jusqu'à ce qu'il remarque ce qui pouvait facilement être confondu avec une tache rouge.

Il ne s'attendait à rien, vraiment.

Pas à un câlin, pas à des félicitations.

Ok, peut-être un 'Génial Stiles, tu es la personne la plus incroyable du monde. Un génie scientifique. L'enfant de l'amour des frères de science Tony Stark et Bruce Banner, le QI multiplié par 10'.

Ce qu'il obtint fut un 'Génial. Du café ?'.

Le visage de Stiles était abattu. Un peu. Pas visiblement, heureusement. Rien que Derek ne remarqua, il espérait. Il n'était même pas certain de comment traiter sa réaction, qu'est-ce qu'il était censé faire de ça ? Et surtout, il ne comprenait pas. Si ce n'était pour Stiles, Derek aurait au moins dû être fier de lui-même d'être un excellent professeur.

"Ouais, je vais en faire," répondit Stiles en pilote automatique, récupérant le test et l'enfonçant dans la poche de son jean. Il attendit que l'eau bouille avant de se retourner, fixant, avec le regard vide, le dos de Derek, tendu et droit, et son mouvement beaucoup trop gêné. Comme s'il avait remarqué que Stiles le fixait et qu'il savait qu'il avait fait quelque chose de mal mais ne voulait toujours l'admettre ou se remettre en question.

Quelque chose en Stiles s'était simplement cassé.

"Tu es horrible !" Déclara-t-il, frappant Derek dans l'épaule, parce que non, Stiles n'allait pas faire une soirée d'auto-apitoiement ici. Derek grogna de surprise, se retourna mais Stiles continua, imperturbable. "Tu sais quoi ? Je vais à l'entraînement de lacrosse maintenant—que j'ai séché, juste pour ton information—pour évacuer ma colère, et quand je reviendrais, nous parlerons du fait que tu es un gros enfoiré. Encore ! Parce que ça," il tira la feuille de papier froissée de sa poche et le poussa contre la poitrine de Derek, "ça mérite plus qu'un 'Génial'," en répétant le mot avec un ennui exagéré. "Je mérite un putain de cookie." Fixant ostensiblement la vitrine, il passa devant Derek et sortit de la bibliothèque.

Heureusement, Finstock avait perdu environ un quart d'heure à parler de conneries aléatoires qui étaient censées renforcer l'esprit d'équipe. Ce qui fit que Stiles n'était pas en retard, à moins qu'il ait anticipé une autre anecdote sur la grand-mère décédée de Finstock.

Stiles avait peut-être ou peut-être pas joué son jeu le plus agressif, fonçant dans Jackson, écartant Scott de son chemin, donnant involontairement un coup de pied dans le genou de Danny—celui-ci était sérieusement et purement accidentel—plaquant Boyd au sol. Ses coéquipiers fronçaient les sourcils, il pouvait sentir le regard pénétrant de Lydia et quand il se retourna, Cora se tenait juste à côté des gradins, les mains dans les poches, les jambes écartées comme un videur. Stiles souriait en coin parce qu'être ouvertement un enfoiré une fois de temps en temps était un soulagement. Et ce n'était pas comme si les gars étaient sérieusement blessés. Les joueurs des équipes adverses avaient fait pire lors des vrais matchs..

Cependant, quand Finstock en eut marre de son jeu déloyal et le mit sur le banc, entre Lydia qui était en mode petite-amie surprotectrice et Cora, il était certain qu'il préfèrerait faire face à un loup-garou, donc il approcha cette dernière.

"Qu'est-ce qui te prends ?" Demanda-t-elle, et s'il ne savait pas mieux, elle paraissait presque inquiète. "Je peux sentir ta colère à plusieurs kilomètres."

"Je ne suis pas en colère," mentit-il.

"Ne mens pas. Je peux le dire quand tu le fais, tu le sais."

"Je suis presque sûr que je dois donner mon accord pour passer au détecteur de mensonge."

Cora roula des yeux mais ne commenta pas plus. Stiles rebondissait sur ses talons avec une énergie nerveuse et de la frustration avant de finalement laisser échapper. "Derek est un putain de connard, voilà pourquoi."

Elle le fixa, puis roula des yeux. "J'aurais dû te prévenir," marmonna-t-elle dans un souffle et avant qu'il ne puisse répondre, elle continua. "Paige est venue à nouveau hier."

Stiles se figea sur place. Il en avait vraiment marre de ce nom.

"Elle est enceinte. Et elle va se marier."

Stiles la fixa, ouvrant la bouche. "Hein ?"

"Elle voulait s'excuser. Auprès de nous tous. Mais elle voulait parler à Derek d'abord. Ce que nous avons rendu impossible. Alors, elle avait simplement abandonné et nous a expliqué ça sur le pas de notre porte. On dirait qu'elle envisage de ré emménager à Beacon Hills avec son fiancé et ne voulait pas d'ennui avec nous."

"C'est… intelligent ?"

Ce qui expliquait en quelque sorte la mauvaise humeur de Derek. Évidemment, son ex, qui l'avait brisé en mille morceaux, annonçait soudainement qu'elle allait se marier avec un bébé en chemin, toute heureuse et souriante, et Derek était censé accepter ça tout simplement ? Stiles ne pouvait pas imaginer ce que Derek ressentait à ce sujet. Mais ça ne voulait pas dire que Derek pouvait l'utiliser comme une sorte de punching-ball verbal ou un exutoire à sa colère. Pour autant, cela rendait Stiles encore plus furieux et amenait sa colère à un autre niveau. Parce que maintenant, il n'était pas simplement blessé qu'il ait balayé quelque chose dont il était fier mais non, maintenant une jalousie féroce face au pouvoir que Paige conservait encore sur Derek se mêlait à ses émotions négatives déjà existantes.

Comment était-il même supposé de chercher sincèrement quelqu'un pour Derek s'il se sentait comme ça devant son ex ?

Stiles laissa tomber sa tête en arrière, fixant le ciel bleu et les nuages blancs duveteux, pressant les paumes de ses mains à nouveau contre ses yeux et quand il les retira, il repéra un nuage en forme de renard. "Derek m'a dit de lui trouver quelqu'un, tu le savais ?"

"Ouais, il en a parlé," dit Cora en fronçant les sourcils.

"Et si je ne peux pas le faire ?" Continua-t-il, baissant la tête. "Et si Paige était censée être son âme sœur mais qu'elle a paniqué et s'est enfuie. Et s'il se essaie de franchir le pas et qu'il se ramasse, que celui qu'il avait laissé être proche de lui, s'enfuit à cause de que vous êtes ? Et si ça arrive à nouveau, cette fois-ci ce serait ma faute."

"S'ils fuient, c'est qu'ils ne sont pas les bons," déclara Cora avec obstination.

"Cora, la vie n'est pas un film de Disney," Stiles dut se mordre la joue pour s'empêcher de crier. "Ce n'est pas toujours la Bête et la Belle"—il n'y avait qu'un idiot maigrichon et délirant de dix-sept ans—"et je ne peux pas vous promettre, à toi comme à lui, le romantique 'et ils vécurent heureux pour toujours' que tu essaies de trouver."

"Tu vas le faire," répondit-elle fermement, les yeux ne vacillant pas. "Je sais que tu vas trouver quelqu'un."

Stiles était sur le point de taper du pied. Il n'avait pas besoin de ça. N'avait pas besoin de la pression. N'avait pas besoin de ce fardeau. Il devrait juste dire non à Cora. Il devrait juste dire non à Derek. Mais il ne le fit pas. Non, il tourna simplement les talons et se précipita dans les vestiaires, ignorant les appels de Finstock. Après que la porte se soit refermée derrière lui, il s'étira avant de se laisser tomber sur le banc, passant une main dans ses cheveux. Il devrait les couper, ils devenaient trop long.

"Qu'est-ce qui s'est passé ?" Demanda soudainement Scott, se laissant tomber à côté de lui. Stiles poussa un cri de surprise et se décala de quelque centimètres dans l'autre direction. "Tu as presque disloqué l'épaule de Jackson là-bas."

"Rien."

Scott le regarda, les yeux adoucis et chaleureux, et puis, il déplaça sa main pour ébouriffer les cheveux de Stiles. "As-tu craqué pour Cora ?"

Stiles s'étouffa avec sa salive. Ou de l'air. Ou les deux.

"Quoi ?"

"Ce n'est pas le cas ?"

"Oh mon Dieu, non !" Il hurlait maintenant et il espérait que Cora avait quitté le terrain et ne pouvait pas l'entendre, parce que tout le monde serait offensé par la véhémence de la réponse qu'il eut, face à la suggestion absurde de Scott.

"Mais," commença Scott, et puis il s'arrêta, fronçant les sourcils. "C'est ton expression pour Lydia."

"Je n'ai pas d'expression pour Lydia."

"Si tu en as une. C'est cette 'ma vie amoureuse sera à jamais inexistante parce que je continue de tomber amoureux de la mauvaise personne' expression."

Horrifié, Stiles fixa son meilleur ami, puis grogna et laissa tomber sa tête dans ses mains. Son visage était un putain de livre ouvert. "C'est si mauvais que ça ?" Demanda-t-il.

Scott hésita un moment. "Je ne sais pas. Ça l'est ?"

Stiles fronça les sourcils dans sa main, regardant les dalles sur le sol. "Au moins, il sait que j'existe," admit-il avec un haussement d'épaules. Félicitations à Scott pour ne même pas avoir tressailli à l'idée qu'il était bi. Là encore, la façon dont, depuis quelques mois, Stiles écoutait les explications détaillées de Danny sur le sexe aurait pu être un indice.

"Donc ce n'est pas Cora ?"

"Non, ça ne l'est pas," renifla Stiles, cognant leurs épaules ensemble.

"Dieu merci, parce qu'elle me fait encore peur."

A cela, Stiles explosa d'un rire long et fort, un tantinet hystérique. Si Cora faisait peur à Scott, il ne savait pas ce que ferait Derek à son meilleur ami. Stiles s'arrêta seulement quand le reste de l'équipe de lacrosse arriva de l'extérieur, lui lançant des regards noirs.

1000

Stiles entra dans la bibliothèque avec moins de courage qu'il l'aurait souhaité.

Derek leva les yeux du comptoir, haussant ses deux sourcils mais Stiles passa simplement devant lui et s'affala dans son fauteuil, saluant de la main Bonny et Benny.

Il se demandait s'il était fait en verre. Il se demandait si tout le monde pouvait voir ce que Scott voyait. Il se demandait si Derek savait. S'il était au courant, il lui faciliterait probablement les choses, pas vrai ? Le rejetterait ? Soit il n'aborderait jamais le sujet ou le rejetterait gentiment. Ce n'était pas comme si Stiles était étranger avec le concept de rejet et il avait fait en sorte que ça fonctionne avec Lydia. Maintenant, ils étaient incroyablement bien ensemble. Une combinaison dangereuse. Une force qu'il fallait prendre en compte. Peut-être qu'il pourrait être amis avec Derek aussi après le départ de cette expression gênante qui l'entourait.

Ils parlaient beaucoup. Ils avaient des choses en commun. Peut-être qu'il était un bon parti quand il s'agissait d'être ami ? Il voulait au moins rester ami avec Derek. Vraiment. Dès qu'il aurait trouvé quelqu'un qui pourrait sortir avec Derek, yep, Stiles oublierait son stupide béguin.

Roulant des yeux à sa propre consolation intérieure, il se pencha pour brancher son ordinateur portable et fit ses devoirs. Dix minutes plus tard—pas que Stiles ait regardé la petite horloge digitale de son ordinateur—Derek s'arrêta au niveau de sa table. Stiles ne leva pas les yeux. Il n'était pas encore prêt à se lancer. Derek hésita un moment avant de placer une tasse—une vraie tasse en porcelaine—près de l'ordinateur de Stiles. Et puis un cookie aux pépites de chocolat qui n'était pas dans leur assortiment habituel fit une apparition dans son champ de vision. Sa tête se releva brusquement avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Derek était déjà à mi-chemin vers le comptoir, le bout de ses oreilles tout rouge.

Ouais, non, 'juste amis' était totalement exclu en fait.

Avant qu'il ne puisse alimenter cette horrible pensée en une vraie crise de panique, il se jeta dans le travail. Il avait de l'algèbre qui l'attendait. Et de l'histoire. Et de l'anglais. Stiles était absorbé par sa dissertation sur l'Anomalie de la mer Baltique et pourquoi il pensait que cela ressemblait davantage au Faucon Millenium de Star Wars qu'à un putain de champignon, quand quelqu'un près de lui s'éclaircit la voix. Il sursauta, et cligna des yeux vers Derek pendant quelques secondes floues.

"Ouais ?" Demanda-t-il, confus.

"C'est l'heure de la fermeture, dit Derek comme si Stiles était un idiot. Il en était un. Il n'allait même plus essayer d'argument contre ça. "Veux-tu—"

"Ouais, je peux aider," dit-il, étirant ses bras, faisant craquer ses os.

"Non. Ce n'était pas—" Derek roula des yeux. "J'ai fini."

Stiles cligna encore des yeux de confusion. Sérieusement, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas réussi à se concentrer sur un sujet aussi bien. "Oh," dit-il simplement. Pendant un moment, Derek se balançait sur ses pieds, avant de simplement s'asseoir dans le fauteuil en face de Stiles.

Et c'est vrai, Stiles avait dit quelque chose à propos de parler. Là encore, le cookie avait tout effacé, vraiment. C'était à quel point il était facile. Donnez-lui simplement à manger et il pouvait tout pardonner, apparemment. Et ce n'était pas comme s'il ne savait pas que Derek était complètement incapable de montrer de vraies émotions quand il en avait besoin.

Ils restèrent silencieux un moment, et quand il fut clair que Stiles n'allait pas entamer la conversation même s'il le voulait, Derek s'éclaircit à nouveau la gorge. "Est-ce tu veux toujours les cours particuliers ?" Demanda soigneusement Derek, comme s'il s'attendait à ce que Stiles lui dise quelque chose qu'il ne voulait pas entendre.

"Hein ?"

"Tu as eu ton A," dit Derek, étrangement sur la défensive.

Et oh. Oh !

Ça n'avait absolument rien à voir avec Paige. Ça avait toujours été à propos de Stiles.

"Tu dois te foutre de moi," Stiles faillit s'étrangler de rire. "Oh mon Dieu, idiot absurde, socialement maladroit et parfait."

"Quoi." Derek eut l'air offensé.

Et même ça, c'était attachant alors que ça ne devrait pas vraiment être le cas.

"Je pensais que tu—parce que tu—juste que tu es toujours," Stiles agita ses mains pour faire passer son message. À en juger par le visage de Derek, il n'y arrivait pas. Mais sérieusement, il n'allait pas lui dire 'je suis venu ici en premier parce que je voulait te le montrer. Sois fier de moi. Aime-moi, aime-moi.' comme un putain de chiot. "Je pensais que tu t'en fichais. Que je t'agaçais—"

"C'est le cas," dit Derek avec un haussement d'épaules. "Tu parles trop vite. Et trop. Tu utilise des mots là où ils ne sont pas nécessaires. Ou tu les détourne. Tu ne peux pas rester immobile. Tu continue à taper ton stylo contre la table, je peux à peine suivre ton—"

"Si ta liste de toutes mes mauvaises habitudes n'est pas suivie par un 'mais', je vais vraiment être offensé," dit Stiles, un peu abasourdi par la quantité de mots que Derek avait utilisé pour le décrire lui et, pas le ECMLink avec une collecte de données améliorées et un contrôle total du carburant et du timing et de nombreuses autres fonctionnalités. A un moment donné, Derek s'était en quelque sorte extasié devant cette chose stupide, Stiles avait été convaincu que Derek était techno-sexuel et qu'il allait être forcé de lui trouver un androïde mignon ou quelque chose d'aussi high tech.

Derek tourna sa tête sur le côté. "Mais ça ne me dérange pas."

La bouche de Stiles était grande ouverte et Derek haussa à nouveau les épaules. Stiles remarqua enfin que le haussement d'épaules n'était pas un signe qu'il ne s'en souciait pas. C'était un discours flagrant de Derek pour signifier sa perte de mots, sa gêne à propos de quelque chose, pour Stiles et non pas d'une 'oh mon Dieu, je ne peux pas croire que je me permets d'être vu avec lui en public' manière. C'était une 'ça ne me dérange pas du tout de passer du temps avec toi mais tu peux être tellement agaçant que c'est difficile de te le faire savoir' manière. Ou quelque chose.

Derek l'aimait bien.

Aww, nique le fait de garder la face et toutes ces conneries stupides.

"Mec, j'ai récupéré ma copie et je me suis précipité hors de la classe. J'étais terriblement fière de ce A- que je voulait te le montrer d'abord. Et tu m'as verbalement giflé dans la tête." Derek fit un truc, un son léger qui aurait pu être une grimace et quelque chose d'autre avec ses sourcils mais Stiles continua, parce que avec Derek, tu devais utiliser des mots. Derek était si socialement inepte que ça en était ridicule. "Qu'en as-tu pensé ? Que je ne viendrais plus maintenant que j'ai eu mon A ? Est-ce que tu m'écoutes parfois ? Parce que ce n'est pas comme si je t'ai dit souvent que j'aimais passer du temps avec toi. Et que cela ne me dérangerait pas de passer du temps avec toi à apprendre des trucs qui n'ont rien à voir avec l'école. Comme critiquer des films au cinéma," ajouta-t-il, parce que c'était important. Il voulait dire quelque chose comme 'Parce que nous sommes amis' mais il n'allait pas se friend-zone tout seul.

Non, si Derek voulait être ami avec lui—et seulement ça—Derek devrait le rendre péniblement clair, comme il le faisait avec tous les autres gens.

Ce qui était injuste parce que Stiles savait que Derek n'était rien d'autre qu'un gros ours en peluche quand il s'agissait des gens à qui il tenait, comme le prouvait l'air hagard qu'il avait eu quand Emilia s'était agrippée à sa jambe et avait commencé à pleurer. S'il tenait un peu à Stiles… eh bien, il essayerait de le rejeter gentiment. Très, très gentiment. Et pas comme le connard que les gens croyaient qu'il était.

Ce qu'il n'était pas, évidemment.

"Et tu n'est pas un enfoiré, au fait. Même si je continue de te traiter de ça. Je dis ça de façon totalement attachante. Comme un surnom mignon, tu sais ?" Dit Stiles, parce qu'il ne pouvait pas garder sa putain de bouche fermée.

"Merci," répondit sèchement Derek. Et après un moment, il ajouta faiblement, "Merdeux."

Le cerveau de Stiles court-circuita.

Il pouvait sentir le carbone sur sa langue, voir les lumières s'éteindre et sentir la lumière exploser dans sa tête, parce que c'était un honnête, il n'avait même pas besoin de plisser les yeux, minuscule sourire sur les lèvres de Derek. Stiles était heureux que son corps soit pris au piège par la surprise et donc bloqué sur son siège car sinon il aurait sauté sur Derek. D'accord, c'était un sourire à ses dépens mais c'était quand même un sourire à cause de Stiles ou pour Stiles, et c'était le sien à lui.

Il ne savait vraiment pas ce qui n'allait pas avec les ex de Derek. Parce que ce gars était la chose la plus adorable au monde. Embêter Derek était comme donner un coup de pied à un chiot et cela incluait la hypervigilante et trop effrayée Paige qui ne pouvait pas supporter que Derek se transforme en une boule de poils douze fois par an.

Stiles ne comprendrait jamais.

Derek le regarda par-dessus le cahier, il resta silencieux un long moment et son visage faisait des choses incroyablement intéressantes que Stiles ne pouvait déchiffrer mais qui restaient amusantes à regarder. Derek finit par renifler. "Il y a… une exposition scientifique le mois prochain. À Sacramento. Tu veux y aller ?"

"Tout seul ?" Demanda Stiles, son cerveau redémarrant lentement.

Derek roula des yeux. "Ensemble."

"Avec toi ?" S'enquit Stiles, parce que Derek le rendait clairement stupide.

Derek ne daigna même pas lui donner une réponse verbale. Lui jetant simplement un coup d'œil.

"Mais… pourquoi ?"

Derek ouvrit sa bouche, puis pressa ses lèvres en une ligne fine. En fait, il avait l'air de se préparer au combat. "Pour célébrer d'avoir battu Harris dans sa fierté académique ?"

C'était déconcertant à quel point son rythme cardiaque avait accéléré, comment sa posture était devenue soudainement plus droite et son visage probablement rayonnant quand il sourit à ces mots. "Tu veux vraiment aller là-bas avec moi ?"

"Je te l'ai dit, arrête de revérifier. Je ne fais rien sans le vouloir."

En réalité, il dut se donner un coup de pied pour empêcher un 'Oh mon Dieu, oui, oui, oui, et tous les oui du monde' et opta finalement pour un 'Génial' neutre.

Derek lui donna un coup de pied dans le tibia.

Stiles laissa échapper un rire surpris et Derek secoua la tête avec amusement.

"Ouais, faisons-le," dit-il doucement.

Jusque-là, il ferait ce pour quoi Cora l'avait engagé.

Parce que Derek le méritait.

0111

Stiles évitait en quelque sorte la bibliothèque. Surtout, parce qu'il pensait que son ambition qui était déjà à peine là, disparaîtrait complètement quand il verrait Derek. Sa demi-vie était probablement plus courte que celle du Francium. Il avait dit à Derek qu'il serait moins présent, parce qu'il allait être occupé pendant les prochains jours. Mais ça faisait une semaine maintenant et Stiles était toujours au beau milieu de ses recherches et il voulait voir Derek.

Il ne plaisantait même pas.

C'était en train de le tuer.

"Il me tue," éclata Cora quand elle arriva à leur table, poussant son plateau sur la table avec assez de force pour faire trembler le jus de Stiles.

"Qui ça ?" Demanda Scott confus, mâchant ses légumes.

"Mon frère !"

Le cœur de Stiles ne rata pas un battement. Non.

Cora fixa ses yeux dans les siens, puis pointa sa fourchette vers lui. "Qu'est-ce que tu as fait ?"

Stiles resta bouche bée. "Quoi ? Moi ?"

"Il est de mauvaise humeur depuis des jours. Et il continue de me lancer ces regards trahis, comme si j'avais fait quelque chose de mal. Qu'est-ce que j'aurais éventuellement pu faire de mal en dehors de te présenter à lui ?"

"Hé, attends une seconde," dit Stiles, faisant un T avec ses mains et appelant un Time Out, "Premièrement, c'était ta glorieuse idée de me faire l'espionner—" Isaac laissa échapper un rire étouffé, mais Stiles se contenta de le fixer. "Deuxièmement, je ne lui ai pas parlé depuis des jours." Six jours, pas qu'il les comptait vraiment. "Et troisièmement, je travaille dur là pour que tout se passe bien pour vous tous, d'accord ?"

"Il a raison," confirma Stiles, mâchant sa salade. "Il essaie de draguer des filles à droite et à gauche. C'est comme un carnage."

"Tu ne peux pas détourner les yeux," acquiesça Erica.

Cora fronça les sourcils.

"Pour Derek, Cora. Pas pour moi."

Sa bouche s'ouvrit un 'oh' silencieux.

0010

Si Stiles avait appris quelque chose de Goldfinger de Ian Flemming, c'était qu'une fois était un accident.

Donc quand il s'assit dans le bureau de son père, partageant un déjeuner tardif de burgers végétariens ce dimanche-là, il ne réfléchit pas beaucoup au fait que Frédérick et Talia Hale entrèrent dans la pièce. Il avait peut-être été un peu surpris de les voir tous les deux mais son père agit comme si ce n'était pas grand-chose alors Stiles continua simplement à manger.

Jusqu'à ce que Frederick se laisse tomber sur le canapé à côté de lui, son bras jeté sur le dossier, presque enroulé autour de l'épaule de Stiles.

"Stiles," salua-t-il aimablement.

Stiles déglutit, puis laissa échapper un rire tremblotant. "Euh, hey, M. Hale, Mme Hale." Il salua d'un signe de tête la femme, qui le toisait avec un air qui semblait littéralement le mépriser. Il était très familier avec ce genre d'expression. Il en avait reçu pendant des années à chaque fois qu'il essayait de parler à Lydia et elle ne lui accordait même pas un regard.

"Merci encore d'avoir emmené Cora au bal," continua Frédérick, apparemment inconscient des regards hostiles de sa femme.

"Euh, ouais, avec plaisir ?"

"Cora n'arrête pas de parler de toi."

"... Merci ?"

"Derek n'arrête pas de se vanter de toi, aussi," ajouta soudainement Talia Hale avec un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. Elle avait l'air de vouloir le manger au déjeuner. En le tuant de manière extrêmement douloureuse.

"Euh—"

"Techniquement," l'interrompit Monsieur Hale, "il a dit : 'ce petit merdeux à qui je donne des cours, a eut un A- dans le cours de Harris'. Il nous a même montré le test." Il lança un regard désolé au shérif. "Et par ce petit merdeux, il voulait dire—"

Son père lui fit juste un signe de la main.

Merci, papa.

"Et puis, il s'est lancé dans une tirade sur comme tu gaspillais ton potentiel," continua Talia, jetant un coup d'œil à son père comme si elle avait simplement attendu pour jeter ce commentaire. Intervention parentale et ces deux-là n'étaient même pas ses parents ? Qu'est-ce qui se passait ? Ils n'avaient même pas dit ce qu'ils faisaient dans le bureau du shérif ! "Qu'est-ce que c'était que tu voulais faire ?"

Stiles essaya de se rouler en boule, alors que son père croisait les bras sur sa poitrine dans l'expectative, le poussant à répondre avec un regard qui disait, 'Allez, Stiles. Nous aimerions tous connaître tes stupides projets d'avenir'. Il ne pouvait même pas se souvenir d'en avoir parlé à Derek. Et pourquoi Derek le dirait-il à ses parents ?

"Je pensais à la Mythologie ? Peut-être?"

Parce qu'avec l'existence des loups-garous venait certainement d'autres choses. Il y avait la magie, d'accord ? C'était super cool. Ouais, alors peut-être qu'à un certain moment, il avait pensé à se lancer dans la parapsychologie ou la cryptozoologie ou le folklore ou d'autres choses que tout le monde qualifierait de folles, mais ce n'était pas comme si c'était inscrit dans la pierre. Et étrangement, les Hales—putain de loups-garous—ne semblaient pas très enclins à ce qu'il s'intéresse à un quelconque domaine de recherche sur le paranormal, ce qui était un peu suspect.

Donc Stiles plissa les yeux, comme s'il voulait leur dire 'je sais ce que vous êtes, je vous surveille'. Mon Dieu, il se sentait comme Dib parlant de loups-garous et de Nosferatu et stupides aliens verts. Pas étonnant qu'il n'arrive pas à avoir un putain de rencard. Il était une véritable menace.

"Je ne savais pas que Derek te donnait des cours," dit son père, manquant complètement l'essentiel. "Ou à propos de ce A-."

"Je te l'avais pas dit ?" Demanda Stiles, en se raclant la gorge. "Que Derek me donnait des cours ? Non ? J'ai dû oublier."

Son père haussa ses sourcils.

"Eh bien, je suis heureux que nos enfants s'entendent bien," finit-il par dire, mais Stiles était certain qu'il n'avait pas fini d'en entendre parler.

Frederick laissa tomber son bras sur l'épaule de Stiles. Il tressaillit, leva les yeux mais Frédérick avait les yeux rivés sur le père de Stiles. "Ça serait bien si nos familles pouvaient se voir de temps en temps. Je veux dire, Stiles appartient pratiquement à la famille maintenant. Nous n'avons pas encore parler des arrangements floraux mais le mariage avec Cora est toujours sur la table, pas vrai ?"

"Mariage ?"

"C'était une blague !" Cria Stiles, agitant les bras.

"Nous organisons habituellement un barbecue à la fin du mois de juillet avec toute la famille et quelques amis. Voulez-vous vous joindre à nous ?" Continua Frédérick, ignorant complètement l'intervention de Stiles.

Stiles savait ce que c'était. C'était Frédérick Hale flirtant avec son père et il utilisait Stiles comme excuse. Il pleurait intérieurement parce qu'il n'y avait pas moyen que son père refuse cette invitation.

Évidemment, il ne le fit pas.

Il détestait son karma.

0110

Deux fois était une coïncidence.

Donc Stiles aurait peut-être été un peu surpris mais pas complètement préoccupé quand un autre Hale le coinça à l'épicerie entre les fruits et les légumes. Grâce à l'étrange habitudes de Cora, il s'était même habitué à être acculé, ce qui n'était vraiment pas sain.

"Stiles," le salua l'homme, ses yeux bleus perçants s'attardant sur lui comme s'ils essayaient de déchiffrer un message crypté. "N'est-ce pas ?"

"Euh, ouais, hé," dit-il.

"Peter Hale."

"Oh ouais, je sais," mentit-il. Ok, il mentait à moitié. Il savait que c'était un Hale mais faire correspondre un visage à un nom avait toujours été un problème pour lui. Par rapport aux noms et aux faits, eh bien, c'était une toute autre affaire.

Parce que Peter ? Il était connu en ville comme l'excentrique. Peter était l'intrus de la famille. Le moins charmant. Le flippant. Peter gloussa d'amusement et puis, sans véritable transition, il déclara : "Cora pense que c'est sa faute."

Stiles cligna stupidement des yeux. "Qu'est-ce qui l'est ?"

"La condition… de Derek."

"Quelle condition ?" Demanda Stiles, confus.

"Il a perdu son loup," murmura une petite voix au niveau des jambes de Peter et pour la première fois, il remarqua Abhay qui se tenait près de son père, les mains tenant fermement son pantalon, levant les yeux avec une expression ennuyée et des yeux bleus sévères.

Peter devait être fier d'elle.

"Et ça l'est," affirma Peter. "C'est pourquoi, elle veut désespérément trouver quelqu'un à Derek." Stiles plissa les yeux. Peter haussa un fin sourcil, un amusement clair dans le regard. "C'est la raison pour laquelle son âme sœur est une femme dans la quarantaine."

"Excuse-moi," déclara simplement Stiles et il agita la main entre eux, indiquant le manque d'espace. Peter fit un pas en arrière. "Et je n'ai aucune idée de ce dont tu parles," continua-t-il, se détournant déjà.

"Mais tu le sais," décida Peter. "Ce qui rend cela d'autant plus intéressant. Ma sœur ne cesse de se demander quel est ton point de vue. Je pense que c'est simplement de la curiosité. Elle croit que c'est… de l'exploitation. Elle n'est pas très fan de toi."

Stiles jeta sa tête en arrière, fixant le plafond parce que, c'était quoi ce bordel ?

"Toujours pas la moindre idée," chantonna-t-il, poussant Peter hors de son chemin avec son chariot et se dirigea vers les réfrigérateurs.

"Tout le monde sait que Cora fait ça pour se racheter. Mais quelles sont tes intentions ?"

"Des bonnes notes ?" Interrogea Stiles avec espoir. Il voulait juste qu'on le laisse tranquille. Pourquoi toute la famille Hale était soudainement catégorique pour l'arrêter ? Ensuite, ils allaient organiser une intervention. Il ne savait pas quel genre cependant. Par exemple, ça serait un 'ne blesse pas mon neveu' discours ou un 'dépêche-toi et trouve à mon neveu un putain de compagnon' discours ?

Stiles ne le savait vraiment pas.

Peter alla chercher une pomme, la faisant tourner d'une manière nonchalante avant de la jeter à Abhay qui l'attrapa facilement, le remerciant poliment.

"Savais-tu que Cora était allée parler à Paige avant son départ ? Cora avait neuf ans à l'époque. Tout le monde croyait qu'elle était trop jeune pour comprendre ce qui se passait. Quand Derek l'a découvert, il était furieux et il a essayé de l'arrêter. Malheureusement, cela lui a simplement permis de les entendre. Est-ce que tu veux savoir ce que Paige lui a dit ?"

"Non ?" Essaya Stiles, fouillant dans les réfrigérateurs de légumes à la recherche de carottes et de petits pois. Il avait le sentiment que Peter lui dirait quand même.

"Elle a essayé. Mais il n'y avait pas moyen qu'elle puisse aimer un monstre."

Stiles s'arrêta dans son mouvement.

"C'est quand il s'est brisé, pas vrai, papa ?" Demanda Abhay d'une voix ennuyée.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Stiles prit le premier paquet qu'il pu trouver et le jeta à Peter. Les oignons tombèrent sur le sol après qu'ils aient rebondi sur le visage surpris de l'homme et la bouche d'Abhay s'ouvrit.

"Il n'est pas brisé putain, espèce de—" Stiles s'interrompit, fixant la fille avec les yeux grands ouverts. "Tu n'es pas très gentil," corrigea-t-il mollement, mais sa voix redevint grognante. "Il est prudent, pas complètement endommagé. Simplement parce qu'il," il jeta un coup d'œil autour de lui, remarquant que d'autres clients le fixaient. "Il va bien. Tout bien considéré. Cela lui prend juste plus longtemps."

Peter arqua ses sourcils. Abhay l'imita.

"Maman. Peter et Abhay sont encore méchants."

Le corps de Stiles devint rigide. Du coin de l'œil, il put distinguer Emilia, la main dans celle de Laura, qui les regardait avec confusion. Avant qu'il puisse balbutier des excuses ou quelque chose, parce qu'il venait de crier et avait attaqué l'oncle de Laura avec des produits frais, la femme s'avança.

"Oncle Peter !" Grogna-t-elle, tirant Emilia derrière elle alors qu'elle avançait vers son oncle, le tapant dans l'épaule. "Qu'est-ce que tu as fait ? Arrête d'intimider le garçon !"

Stiles les regarda, étouffa un rire en voyant le regard légèrement paniqué et piégé de Peter Hale et sa fille l'imita à nouveau. Stiles regarda Laura le réprimander pendant environ une minute avant de s'ennuyer. Il toussa une fois, puis désigna l'allée suivante. Quand la famille Hale l'ignora, il haussa simplement les épaules, prit son caddie et partit.

0101

"Stiles," demanda son père dès qu'il décrocha le téléphone. "Pourquoi est-ce que je viens d'écouter un de mes adjoints me raconter que mon fils a attaqué Peter Hale dans un supermarché avec des tranches de pommes congelées ?"

"Euh," dit Stiles, et jura. "Ma main a dérapé ?"

Son père fredonna dans le téléphone, puis, "As-tu au moins acheté les pommes ?"

"C'était des oignons," corrigea gentiment Stiles.

"La question subsiste."

"Euh, non."

Son père laissa échapper un bruit réprobateur. "Je pensais que je t'avais mieux élevé," dit-il avant de raccrocher et Stiles n'était pas sûr de savoir quelle partie de l'interaction dans le supermarché dérangeait le plus son père. L'implication d'un Hale et sa fille, les oignons non-achetés ou le fait de jouer avec la nourriture.

Au moins, Stiles savait ce qui le dérangeait le plus lui : le fait que son père semblait amusé.

0110

Une fois était un accident. Deux fois était une coïncidence. Trois fois était une action ennemie.

Et dans la mesure où une action ennemie se faisait, celle-ci commençait comme une attaque sournoise et finissait avec fracas.

Stiles avait innocemment observé une déesse ou peut-être une sainte aux cheveux noirs, parce que la façon dont elle traitait ces monstres diaboliques avec une patience inhumaine était qui avait permis à Stiles de croire qu'elle était une fée ou quelque chose du genre.

Ce qui lui rappela, est-ce que les fées existaient ? Il devrait demander à Cora.

En tout cas, il était là, observant discrètement la femme alors qu'elle continuait de le regarder avec confusion, ce qui le força en quelque sorte à revoir son opinion sur sa sournoiserie, quand quelqu'un s'assit à côté de lui.

Il leva les yeux, puis cacha son visage dans ses mains.

"Oh mon Dieu, finissons-en," dit-il, la voix tendue. "Je veux dire, je ne sais pas ce qui se passe mais fais-le simplement. Et si tu pouvais te calmer sur le cryptique, ça serait génial."

Laura le regarda simplement, de l'amusement jouant dans ses yeux, alors qu'elle se penchait en arrière, ses jambes étirées et croisées au niveau des chevilles. Et puis, il y eut un bruit de pas précipités et avant que Stiles ne puisse voir ce qui se passait, il ressentit une légère douleur dans son genou. Il cria et fixa confus la petite fille brune en face de lui, les poings sur les hanches et le menton relevé en signe de défi.

"Est-ce que tu viens juste de me donner un coup de pied ?"

"Emilia," dit Laura, la voix dure. La petite fille leva simplement son menton encore plus haut. "Excuse-toi."

"Non."

"Emilia," un autre voix s'éleva derrière elle. Stiles voulut s'enfuir quand il aperçut Abhay. "Papa dit que ça va. Qu'ils sont juste des idiots."

Emilia se tourna vers son cousin, dubitative, puis revint vers Stiles. "Je suis désolée. Mais arrête de faire ça !" Continua-t-elle, pointant un doigt accusateur dans sa direction. "Je ne te pardonnerai pas si tu le blesses !"

Stiles se contenta de la fixer, la bouche ouverte, quand les filles commencèrent à se pourchasser l'une l'autre.

"Qu'est-ce qui vient de se passer ?"

Laura, à côté de lui, gloussa doucement. "Je suis désolée pour elle. Elle aime vraiment beaucoup Derek." Ouais, eh bien, elle n'était pas là seule, pensa amèrement Stiles. "Je ne suis pas ici pour faire quoi que ce soit," ajouta Laura, "à l'exemption de les regarder jouer."

"Si tu le dis," répondit avec suspicion Stiles. "Mais si c'est la vérité, ça fait de toi la personne la plus saine de ta famille que j'ai eu le plaisir de rencontrer jusqu'à présent."

Elle ricana à ça. "Que puis-je dire ? Je tiens de mon père."

Qui était peut-être l'un des plus effrayant de tous. Au moins, Talia montrait clairement son hostilité. Frédérick avait été charmant, gentil et normal, et Stiles s'interrogeait constamment sur ce qu'il lui voulait jusqu'à ce qu'il remarque que Frédérick se fichait pas mal de Stiles et encore plus de son père.

"Moi aussi," répondit finalement Stiles.

Après un moment de silence, il recommença à parler. "Qu'est-ce qui se passe, de toute façon ? J'ai l'impression qu'on me tend un piège. Je me sens violé. Et Emilia me déteste. Je pensais qu'elle m'aimait bien mais maintenant elle me déteste. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?"

Laura éclata de rire. "Tu n'as rien fait de mal, Stiles."

"Mais c'est pourtant l'impression que j'ai."

"Je suis désolée pour ma famille," s'excusa-t-elle sincèrement. "Ils veulent juste que Derek soit heureux."

"Il n'est pas malheureux," répondit Stiles, roulant des yeux.

"Non il ne l'est pas," acquiesça Laura. "Mais ils pensent qu'il l'est."

"Avoir une moitié n'est pas le plus important," dit Stiles, même s'il était un loser sur qui personne ne se retournerait, alors peut-être que c'était juste la frustration qui parlait pour lui.

"Le père d'Emilia," commença Laura, "était un sorte de connard, mais je ne voulais pas le voir. Quand il a appris que j'étais enceinte, il a quitté l'appartement et n'est jamais revenu. Chose marrante, il a facilement accepté que je sois," elle jeta un coup d'œil de Stiles, puis elle sourit narquoisement, "une personne qui aimait les chiens," Stiles roula des yeux d'exaspération, "mais un enfant ? Ça gâchait son plan sur dix ans."

"Félicitations, alors," dit Stiles. "Pour t'être débarrassé de lui avant que vous soyez mariés et que vous soyez obligés de remplir les papiers du divorce. Je sais d'expérience que c'est compliqué."

Laura rit de surprise. "Merci, je suppose."

Stiles se pencha en arrière sur le banc.

Laura serait un bonne belle-sœur.

0101

"Stiles ?" Son père toqua contre l'encadrement de la porte avant d'entrer et Stiles leva les yeux de son écran, distrait alors qu'il était encore en plein milieu de son processus d'élimination.

Deux semaines.

Deux putain de semaines et il en avait tellement fini avec cette merde maintenant. Deux semaines durant lesquelles il avait vécu un enfer à récolter des numéros de téléphone, prendre des photos, flâner dans chaque café, club ou salle de sport. Diable, il avait même commencé à draguer des femmes aux supermarchés. La seule raison pour laquelle cela ne s'était pas fini avec lui recevant des gifles, était parce que apparemment, 'sa réputation le précédait'.

Dieu merci, cela lui permis d'expliquer les choses beaucoup plus facilement.

Quand il pensait que quelqu'un pouvait convenir, il les abordait, leur expliquait qui il était et ce qu'il faisait; c'était incroyablement embarrassant, surtout quand ses amis étaient témoins de ses tentatives maladroites à essayer de ne pas paraître vraiment stupides. Il laissa de côté son nom, mais leur dit presque tout ce qu'il savait sur Derek, et évaluait soigneusement leur réaction à chaque mot qu'il disait.

En résumé, Stiles était certain qu'il n'avait jamais parlé à autant de personnes dans sa vie et en vérité, il devenait vraiment bon à ça.

Dommage que ça ne soit pas pour son propre bénéfice.

"Tu as un invité," dit bizarrement son père, et Stiles fronça les sourcils. Habituellement, il laissait Scott ou quiconque rentrer dans la chambre de Stiles, l'avertissant en criant dans les escaliers trois secondes avant.

"Okay ?"

"C'est Derek Hale."

Le corps de Stiles devint rigide. Ses os craquèrent à cause de la vitesse à laquelle il se redressa, et son père le regarda suspicieusement.

"Je vais descendre," dit Stiles, "dis-lui juste de m'attendre."

"D'accord," répondit son père de façon hésitante, puis il quitta la pièce.

Ok, cool. C'était cool. C'était Derek devant sa porte. Rien d'étrange à ce sujet. Rien du tout. Il était en train de paniquer et il ne savait même pas pourquoi. Fixant le document ouvert sur son ordinateur, il jeta sa tête en arrière et appuya sur imprimer, puis il fourra le papier encore chaud dans la poche de son jean. Avant de quitter sa chambre, il jeta un coup d'œil dans le miroir. Il était… présentable… Il s'était rasé la tête donc il n'avait pas à s'inquiéter pour sa coupe de cheveux et, ses vêtements étaient ceux qu'il avait porté au lycée et vu que ni Lydia ni Erica ne s'étaient moqués de lui à cause d'eux, il devrait convenir à Derek aussi. Pas qu'il s'habillait pour Derek. Ou qu'il s'inquiétait de sa tenue pour Derek.

Avant qu'il ne puisse continuer à se mentir davantage à lui-même, il abandonna et descendit, réperant son père dans le salon, le regardant à travers le reflet de la fenêtre du placard en face de lui. Très subtil, vraiment, papa, pensa Stiles en roulant des yeux, et puis il se tourna vers l'entrée. Il pouvait voir Derek à travers la fenêtre, dos à la maison, les mains dans les poches, fixant le sol et les épaules de Stiles détendirent légèrement.

Nique l'apparence qu'il avait, Derek lui avait vraiment manqué et tout ce qu'il voulait était de le revoir.

Quand il ouvrit la porte, Derek tourna la tête. Cependant, voir Stiles sembla lui procurer une réaction complètement opposée. Ses épaules se crispèrent immédiatement.

"Oh mon Dieu, Derek, ça fait plaisir de te voir," offrit Stiles malgré le langage corporel de l'autre garçon, alors qu'il s'appuyait contre le cadre de la porte.

Derek fut surpris par ses paroles, il ouvrit la bouche avant de la refermer, inclinant la tête sur le côté en fronçant les sourcils. "Tu vas bien ?"

"Génial," répondit Stiles, "j'ai juste été très très occupé. Mais maintenant que j'ai vu ton visage grincheux, tout semble déjà plus joyeux. Je dois dire que tes grognements m'ont manqué. Cela dit, qu'est-ce que je peux faire pour t'aider ?"

Derek avait l'air confus.

Stiles espérait qu'il n'allait pas demander. Pourquoi il avait été occupé, qu'est-ce qu'il avait fait, comment ses recherches se passaient. Le papier pesait dans sa poche comme du plomb. "Oh attend !" Continua-t-il avant que Derek n'ait une chance de répondre. "Est-ce que tu voulais prendre de mes nouvelles ?" Derek pressa ses lèvres ensemble et Stiles pensa qu'il aurait dû lui rendre visite. Simplement dire bonjour. Simplement dire à Derek qu'il était toujours en vie. "Aww, c'est si gentil," gazouilla-t-il et il ignora le fait que son cœur rata un battement.

"Je pensais—" commença Derek avant de s'arrêter. "Écoute si tu m'évites—"

"Je ne t'évite pas !" Assura Stiles, les yeux écarquillés. Quoi ? Comment—quoi ? "Pourquoi est-ce que tu penses ça ? Je t'ai dit que j'allais être occupé."

"Nous ne sommes pas obligés d'aller à cette exposition scientifique," continua Derek comme s'il n'avait pas parlé.

Stiles secoua la tête et se jeta presque sur Derek. "Oh. Mon. Dieu. Ça ne va tellement pas arriver. Cette exposition est la seule chose qui me fait tenir en ce moment. Tu ne m'enlèvera pas ça !"

Derek le fixa pendant un moment.

"Je suis sérieux, Derek. Toi. Moi. Sacramento. Ça va être une tuerie. Je ne te permettrais pas de me l'enlever."

Derek pencha la tête.

"Tu ne comprends pas vraiment à quel point je tiens à toi, pas vrai ?" Dit Stiles avec un soupir exaspéré. "Tu—" Et puis il s'arrêta. Fronçant les sourcils. Stiles pensait que Derek était un homme des mots. Dans le sens d'être aussi honnête, vocal et verbal que possible parce qu'il ne comprenait pas une insinuation même si elle le frappait en pleine tête.

Il avait tort.

Derek ne faisait pas confiance aux mots.

Parce que Paige lui avait dit qu'elle reviendrait et elle ne l'avait jamais fait. Parce que cette méchante sorcière avait utilisé des mots pour le persuader. Parce que des inconnus n'arrêtaient pas de lui dire ce qu'ils pensaient qu'il voulait entendre, lui donnant mensonge après mensonge. Derek n'était pas un homme des mots. Derek était un homme des actes. D'actes qui avaient plus de sens que les mots.

"Je quoi?"

"As-tu déjà mangé ?" Stiles changea de sujet. Il serait damné s'il n'arrivait pas à convaincre Derek qu'il existait quelqu'un là dehors qui aimait passer du temps avec lui sans avoir à étudier avec lui. D'après l'horloge, il était un peu avant vingt heures donc Derek était sans doute venu juste après la fermeture de la bibliothèque. "Parce que je meurs de faim."

"Non," répondit Derek.

"Tu veux aller chez Wanda alors ?"

Derek cligna des yeux pendant un moment, puis il haussa un sourcil. "Seul ?"

Stiles rigola. "Je vais prendre ça pour un oui," dit-il et fit un pistolet à Derek avec ses doigts. "Je vais redescendre rapidement et tu vas m'emmener dîner. Je paie." Avant que Derek ne puisse répondre, Stiles se précipita à l'intérieur, laissant la porte grande ouverte. C'était rusé, considérant que c'était la première fois qu'il demandait à quelqu'un de sortir. Même si l'autre personne ne savait pas qu'il traiterait cette soirée comme un rencard.

Un rencard furtif.

Avec Derek Hale.

Euh.

"Papa, je sors un moment," dit-il à son père qui était toujours assis dans le canapé en train de regarder la télévision.

"Avec Derek ?"

"Yep."

"Sois de retour à vingt-trois heures."

"Bien sûr."

"Et dit à Derek que je passe le bonjour à son père."

Stiles fronça les sourcils, roula des yeux avant de jeter un coup d'œil vers la porte où Derek s'était faufilé discrètement, de façon hésitante et peu sûre dans la maison. "Yo, Derek, mon père voudrait le numéro privé de ton père." À la seconde où ses mots s'échappèrent de sa bouche, il se sermonna lui-même à son choix de mots. Ça sonnait trop suggestif.

"Stiles !" Cria son père.

"Je veux dire son numéro de portable," se corrigea-t-il inutilement. "Son numéro de portable perso," ajouta-t-il, chantonnant intérieurement 'Ne pense pas au plan à trois, putain, maintenant je pense au plan à trois'. "Jésus-Christ, donne-lui juste quelque chose pour qu'ils puissent organiser des sorties pêche pour quelques moments entre hommes," finit Stiles, exaspéré par lui-même et et repoussant chaque pensée de plan à trois hors de son esprit.

Il était marqué à vie.

Derek, cependant, haussa simplement les épaules, ne sourcillant même pas devant la folie de Stiles, et sortir son téléphone de sa poche arrière. Stiles ne cesserait de se demander comme il arrivait à le faire rentrer dans sa poche. "Et papa, ne pense pas que je n'ai pas vu que la télé est encore en sourdine," répliqua-t-il alors qu'il se tournait pour monter les escaliers.

Son père jura et Stiles se contenta de rigoler.

Équilibre restauré.


Alors cette offensive des Hales qu'en pensez-vous ? Et le retour de Derek à la fin ?